BAYROU/MACRON : ON OUBLIE LES RETRAITES, ON ACHÈTE DES ARMES
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
nous pouvons j'en ai la conviction rechercher une voie de réforme nouvelle sans aucun totem et sans aucun tabou pas même l'âge de la retraite à condition qu'elle réponde à l'exigence fixée en cas de blocage lorsqu'il n'y a pas de résolution possible j'ai toujours dit que le référendum était une issue lâche-t-il au Figaro une sortie d'autant plus étonnante que le chef du gouvernement réaffirme quelques lignes plus tôt qu'un échec du conclave serait synonyme de maintien du système actuel c'est c'està-dire l'âge légal à 64 ans la première des choses c'est d'arrêter la réforme et si on narrête pas la réforme ou si on fait mine de la suspendre en fait la montre joue pour la réforme notre nation s'est endormie dans un confort illusoire et nous nous réveillons dans un monde brutal et dangereux il va falloir qu'on arrête de gaspiller trop d'argent dans la cistana parce qu'on va en avoir besoin pour pouvoir se protéger mais compte tenu de l'évolution des menaces de cette accélération que je viens de décrire nous aurons à faire de nouveaux choix budgétaires et des investissements supplémentaires qui sont désormais devenus [Musique] [Musique] indispensables Le Figaro le journal du groupe d'assaut a publié le 28 février dernier au lendemain de l'ouverture de 3 mois de négociation visant selon le Premier ministre a amélioré la réforme des retraites de 2023 une longue interview de François berou dans cet entretien le Chef du Gouvernement évoquant la situation en Ukraine explique qu'au moment de l'attaque de la Russie de Poutine contre ce pays il y a 3 ans nous avons changé de monde fin de citation le détonnateur de cette séquence dramatique nous le connaissons c'est un événement précisément daté l'invasion en vue d'annexion de l'Ukraine par les forces armées de la Fédération de Russie sur ordre de Vladimir Poutine le 24 février 2022 cette date a été un basculement entre deux mondes un basculement aux conséquences planétaires plus précisément ajoute-t-il le monde organisé autour de la loi internationale du jour au lendemain a basculé dans un autre univers qui est celui de la loi du plus fort le Premier ministre emprunte ici un raccourci un peu rapide car dans la vraie vie la tentation d'imposer partout la loi du plus fort ne date bien sûr pas de l'invasion de l'Ukraine par la Russie comme le sait quiconque se rappelle par exemple les innombrables exactions qui ont été perpétrées par les États-Unis en Asie du Sud-Est et en Amérique centrale au siècle dernier pour ne rien dire de l'invasion de l'Irak en 2003 mais il est vrai qu'en attaquant l'Ukraine la Russie dont un rapport publié mardi dernier par amnestie internationale soulligne qu'elle piétine tous les principes du droit international et qu'elle inflige à des prisonniers de guerre et à à des civils Ukrainiens des tortures constituant des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité a très activement contribué à la dévastation de la loi internationale le problème est que le gouvernement français est très moyennement crédible lorsqu'il fait mine par la voix de François berou de s'émouvoir de cette brutalité car depuis un an et demi un autre pays piétine lui aussi le droit international et multiplie lui aussi les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité également dénoncé par amnestie internationale et par de très nombreuses autres organisations de défense des droits humains ce pays c'est Israël bien sûr mais loin de l'accuser d'avoir lui aussi contribué à remplacer la loi internationale par la loi du plus fort la France n'a jamais cessé de soutenir le gouvernement israélien et de réprimer le soutien aux Palestiniens de sorte que François berou n'est pas très convaincant lorsqu'il dénonce le saccage du droit international par la Russie alors qu'il s'accommode parfaitement de sa dévastation par Israël aujourd'hui la guerre face au terrorisme en Israël n'a pas cessé elle doit se poursuivre et donc is Israël doit être en capacité en pleine capacité de se défendre dans l'entretien qu'il a accordé au Figaro le Premier ministre se désole par ailleurs d'avoir été je cite nommé dans les pires circonstances sans budget sans majorité au lendemain de la censure du gouvernement précédent là encore ces propos sont pour le dire très gentiment très approximatifs et cette complainte est un peu étonnante puisque le Premier ministre qui pousse cette lamentation c'est fort bien qu'il n' n'a pas la moindre légitimité et qu'il occupe indûement un poste qui n'aurait jamais dû lui être attribué car si berou a été nommé à Matignon c'est d'abord et avant tout parce que Macron a une nouvelle fois décidé comme il l'avait déjà fait en nomant Michel Barnier au mois de septembre 2024 de confisquer le résultat du second tour des dernières élections législatives dont il faut une nouvelle fois rappeler qu'il a été remporté par la gauche uni autour d'un programme promettant notamment l'abrogation de la réforme des retraites de 2023 berou après son installation à Matignon avait quant à lui promis comme on l'a dit au début de cette chronique d'ouvrir un nouveau cycle de négociation autour de cette réforme tout en précisant que si ces discussions n'aboutissaient pas et ne débouchaient pas sur un accord entre les syndicats et le patronat la réforme s'appliquerait nous pouvons j'en ai la conviction rechercher une voie de réforme nouvelle sans aucun totem et sans aucun tabout pas même l'âge de la retraite à condition qu'elle réponde à l'exigence fixée la seule exigence fixée est que nous ne pouvons pas laisser dégrader l'équilibre financier que nous cherchons et sur lequel presque tout le monde s'accorde comme l'avait alors observé l'économiste Michael Zemour dans un entretien accordé à Mediapart ce dernier point garantissz que ces négociations ne mèneraient à rien puisque les gens pour qui la meilleure solution est de ne pas toucher à la réforme auraient donc tout intérêt à ne rien négocier la première des choses c'est d'arrêter la réforme c'est-à-dire que le compteur tourne sur la réforme qui a été lancée en 2023 et on réfléchit à tout le reste on l'arrête et ensuite on réunit c'est ce que demandaient les organisations syndicales notamment une grande conférence sur les retraitees où on parle de tout le financement l'âge l'égalité femme homme et la pénibilité et si on narrête pas la réforme ou si on fait mine de la suspendre en fait la montre joue pour la réforme et de fait le président du meddeef s'est empressé de décréter le 28 février dernier dans le journal Le Monde qu'il n'avait pas l'intention de faire la moindre concession qu'il n'était en particulier pas question pour lui de céder sur l'âge de départ à la retraite à 64 ans et qu'il était donc je cite pessimiste sur l'issue des discussions ce qui est une façon de suggérer sans le dire explicitement qu'il fera en sorte qu'elle n'aboutisse pas au passage le patron des patrons a aussi demandé que pour réduire le déficit public le gouvernement fasse également des économies sur l'assurance chômage et sur l'assurance maladie fin de citation un tel discours n'est pas exactement nouveau comme le relevêrait justement l'historien Gilles Richard dans une tribune publiée la semaine dernière par le monde ça fait 40 entend que tous les gouvernements français qui se sont succédés répètent obsessionnellement qu'il faut faire des économies pour réduire l'endettement de l'État et que les plans d'économie et autres réformes des retraites de l'assurance chômage et de l'assurance maladie se sont donc enchaîné pourtant observe Gill Richard l'endettement public n'en a pas moins explosé car l'État en même temps qu'il ne cessait ainsi de réduire les aides et les garanties sociales consenties aux catégories les plus vulnérables n'a jamais cessé durant ces 40 années de distribuer toujours plus d'argent au Pat patronat et aux catégories les plus favorisées ouvrons ici une parenthèse un peu longue pour constater que depuis quelques jours la droite a d'ailleurs trouvé un nouveau prétexte tout à fait original pour justifier la poursuite de cette politique consistant à prendre aux pauvres pour donner aux riches elle explique désormais que la France confrontée au désengagement américain en Ukraine va devoir investir massivement dans le renforcement de son appareil de défense si elle veut pouvoir se protéger efficacement contre la menace russe le 2 mars dernier Laurent voquier qui qui a commencé à organiser des dîners à 100000 € au frais des contribuables lorsqu'il dirigeait la région Auvergne ronalpe et qui peut donc se prévaloir dans ces matière d'une véritable expertise a ainsi déclaré sur une chaîne dite d'information en continu notre nation s'est endormie dans un confort illusoire et nous nous réveillons dans un monde brutal et dangereux il va falloir qu'on arrête de gaspiller trop d'argent dans la cistana parce qu'on va en avoir besoin pour pouvoir se protéger l'éditocrate Nicolas bouou avait quant à lui posté le 1er mars sur le réseau social du milliardaire d'extrême droite Elon Musk un message décrétant je cite que face au risque de guerre la France devait adopter un programme de puissance économique pour ne pas refaire les mêmes erreurs que dans les années 1930 et qu'augmenter le temps de travail partir en retraite plus tard simplifier radicalement la vie des entreprises et libérer l'innovation était désormais des impératifs sécuritaires puis 24 heures plus tard il a confectionné un nouveau poste pour répéter je cite toujours que la stratégie de réarmement de l'Europe nécessitait une baisse de la fiscalité sur le capital et sur les entreprises et une augmentation du taux d'emploi c'est-à-dire par exemple le maintien de l'âge de départ à la retraite à 64 ans Le Figaro compte à lui a publié un éditorial dont l'auteur se demande gravement si les Français et les Européens sont prêts aux efforts et aux sacrifices que leur impos désormais la nécessité de s'armer à grande vitesse pour continuer de soutenir l'Ukraine mais il oublie soigneusement de préciser que ses efforts et ses sacrifices profiteront d'abord aux marchands d'armes comme le groupe d'assaut propriétaire de son journal biberonné aux aides publiques tout indique donc que c'est cette fois-ci au nom du droit international et du soutien à l'Ukraine que les salariés et les retraités vont être soumis à une nouvelle cure d'austérité pour que les entreprise puissent bénéficier de toujours plus de largesse étatique cela dit tout ce qu'il y a à savoir du gigantesque cynisme de ceux qui depuis un an et demi n'ont jamais levé le petit doigt pour les Palestiniens fermons la parenthèse et revenons pour finir à François qui a déclaré que si personne ne se mettait d'accord à l'issue des 3 mois de discussion visant selon lui à améliorer la réforme des retraites un référendum sur le sujet pourrait être organisé il reconnaît ainsi sans le dire explicitement qu'il sait fort bien que ces négociations en trompeleœuil n'ont aucune chance d'aboutir mais surtout lorsqu'il se fait passer pour un irréprochable démocrate en évoquant la possibilité d'organiser un référendum sur la réforme des retraites il fait semblant de ne pas savoir qu'une telle consultation a déjà eu lieu le juillet dernier quand les Français ont majoritairement voté au second tour des élections législatives pour la gauche qui leur promettait d'abroger cette réforme avant qu'Emmanuel Macron ne leur confisque cette victoire pour nommer à Matignon le très hypocrite monsieur berou merci d'avoir suivi cette chronique à jeudi prochain j'ai demandé au gouvernement d'y travailler le plus vite possible ce seront de nouveaux investissements qui exigent de mobiler de mobiliser des financements privés mais aussi des financements publics sans que les impôts ne soi augmenter pour cela il faudra des réformes des choix du courage [Musique]
François Bayrou