Face à Face : Patrick Martin - 22/10
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:16OuverteRéponse directe
Bonjour Patrick Martin, merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions
- 0:30OuverteRéponse directe
Vous dénoncez un budget qui pourrait avoir de lourdes menaces pour l'emploi
- 0:57OuverteRéponse directe
Quel impact sur les entreprises et l'emploi avec ce budget ?
- 1:06OuverteRéponse directe
Pourquoi dites-vous qu'il y a une lourde menace sur l'emploi ?
- 1:37RelanceRéponse partielle
Ce n'est pas juste une histoire de gros capitalistes ?
- 1:53OuverteRéponse directe
Quelles sont les causes qui entraîneraient ces conséquences sur l'emploi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:23InvitéChiffre
« Par centaines de milliers simplement dans l'économie sociale et solidaire »
- 1:30InvitéChiffre
« Il est estimé qu'il pourrait y avoir 180 »
- 2:05InvitéFait
« Le coût du travail en France est supérieur à ce qu'il est dans les autres pays »
- 2:16InvitéPromesse
« A défaut de remettre en cause cette mesure imaginée par le gouvernement, il y aura des suppressions d'emploi »
- 2:23InvitéFait
« Il n'y aura pas d'augmentation de salaire et notamment sur les bas salaires »
- 3:27InvitéChiffre
« On a multiplié par trois le nombre d'apprentis : 350 000 à 1 million »
- 3:30InvitéChiffre
« 98,5% de ces apprentis dans le privé »
- 3:34InvitéChiffre
« Il n'y en a que 25 000 dans le public »
- 3:50InvitéChiffre
« 30% des jeunes issus de milieux modestes qui disent qu'ils n'auraient pas poursuivi leurs études s'ils n'avaient pas eu ces aides à l'apprentissage »
- 5:26InvitéFait
« A partir de 2,1 SMIC, la France n'est plus compétitive par rapport à l'Allemagne »
- 10:19InvitéChiffre
« On paye beaucoup plus en France que dans n'importe quel autre pays pour les retraites : 14% du PIB »
- 10:24InvitéFait
« On accumule des déficits chroniques »
- 17:01InvitéChiffre
« En baissant leurs dépenses publiques de 10% du PIB, ça veut dire en France 300 milliards d'euros par an »
Temps de parole
- Invité61 %
- Présentateur39 %
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Vous écoutez
RMC
RMC jusqu'à 9h
Apolline Matin Face à face
Apolline de Malherbe Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour Patrick Martin Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions Vous êtes celui qu'on appelle communément le patron des patrons Vous êtes le patron du MEDEF Qui représente bien sûr les patrons de France On a beaucoup de questions à voir ensemble Parce que vous dénoncez Je cite un budget qui pourrait avoir de lourdes menaces Pour l'emploi Vous menacez de destruction d'emploi Enfin vous dites que ça pourrait entraîner des destructions d'emploi Un risque de bloquer les augmentations de salaire Voir même d'entraîner un mouvement de délocalisation On va y revenir dans le détail Puisque ce budget il est donc examiné Depuis hier soir à l'Assemblée Nationale Il y a dedans des impôts Des baisses d'aide à l'embauche Des rogneuses sur les niches fiscales Quel impact donc voir avec vous Sur les entreprises Et quel impact sur l'emploi D'abord sur la question de ces destructions d'emploi Vous dites qu'il y a une lourde menace aujourd'hui sur l'emploi Pourquoi ?
Alors on a fait hier une déclaration commune Avec nos homologues La CPME, de l'UDEP, de la FNSEA Les agriculteurs Et ce qui est important de l'économie sociale et solidaire Pour dénoncer le risque effectivement de destruction d'emploi Par centaines de milliers Simplement dans l'économie sociale et solidaire Qui n'est pas sur le même modèle Ce n'est pas un modèle capitaliste Il est estimé qu'il pourrait y avoir 180
Ce que vous voulez nous dire c'est que ce n'est pas juste une histoire de gros capitalistes Je caricature mais c'est aussi votre idée
Ce n'est pas une histoire juste de patron Donc il faut raison garder On est parfaitement conscient qu'il faut rétablir les finances publiques Parce que si elles ne le sont pas Ça menacera tous les acteurs économiques et le pays plus généralement Mais pas avec des remèdes
Mais qu'est-ce qui est en cause précisément Patrick Martin ? Quelles sont les causes qui entraîneraient ces conséquences-là ?
Sur l'emploi ?
On a des allègements de charges Certains disent que c'est des cadeaux aux entreprises Pas du tout Le coût du travail en France est supérieur à ce qu'il est dans les autres pays Donc on a un enjeu d'emploi On a un enjeu de compétitivité Donc il faut aller chercher d'autres économies Il faut sanctuariser l'emploi Parce que je le redis A défaut de remettre en cause cette mesure imaginée par le gouvernement Il y aura des suppressions d'emploi Mais ce qui est certain C'est qu'il n'y aura pas d'augmentation de salaire Et notamment sur les bas salaires Alors on ne peut pas d'un côté nous dire Il faut des smicardisés On est évidemment d'accord pour ça Et d'un autre côté Augmenter le coût du travail C'est le meilleur moyen pour qu'on ne puisse pas augmenter les salaires
Cette baisse des allégements de charges Avec en particulier la question des bas salaires Et puis la question de l'emploi des seniors Et enfin la question de l'apprentissage Voilà trois points sur lesquels ce budget Aujourd'hui vous apparaît comme une menace Parlons d'abord de l'apprentissage Jusqu'à présent il y avait une aide qui était prévue Pour l'embauche dans les entreprises Une aide de 6000 euros Qui serait réduite à 4500 euros Est-ce que franchement les entreprises n'ont pas les moyens Aujourd'hui d'embaucher des apprentis Ce sera quand même une aide Ça ne veut pas dire que vous n'aurez plus d'aide du tout Mais qu'elle ne sera effectivement pas à la hauteur de ce qu'elle était jusqu'à présent
Non mais j'ai dit et ça a pu surprendre Que les entreprises, en tout cas celle du Medef Était prête à contribuer au rétablissement des finances publiques Qu'il y ait une réduction des aides à l'apprentissage Oui mais il faut qu'elles soient raisonnables, raisonnées C'est quand même terrible C'est un immense succès collectif l'apprentissage Je rappelle qu'on a multiplié par trois Le nombre d'apprentis 350 000 à 1 million 98,5% de ces apprentis dans le privé Je signale qu'il n'y en a que 25 000 dans le public Donc oui on peut imaginer réduire ces aides Il faut que ce soit uniforme, quelle que soit la taille de l'entreprise Quel que soit le niveau de qualification Je m'explique Il est imaginé qu'on réduise les aides pour les formations supérieures Eh bien non, il y a 30% des jeunes issus de milieux modestes Qui disent qu'ils n'auraient pas poursuivi leurs études S'ils n'avaient pas eu ces aides à l'apprentissage
Ça veut dire aujourd'hui que vous refusez En fait la question face à cette baisse des aides à l'apprentissage Je le précise bien pour tous ceux qui nous écoutent C'est que le gouvernement dit Oui mais c'est utilisé pour des bacs plus 5 Qui donc ont des salaires Ensuite qui ne nécessiteraient pas ces aides Pour les entreprises C'est pour eux une sorte d'effet pervers De cette aide à l'apprentissage Mais vous vous dites non non pas du tout On en a vraiment besoin parce que ces bacs plus 5 Ce n'est pas tous des gens qui seraient aidés par leurs parents par exemple
Mais on en a besoin qu'on se comprenne bien Les entreprises oui Mais les jeunes et leurs familles Parce qu'ils doivent s'héberger Ils doivent se déplacer pour poursuivre leurs études Payer leurs frais de scolarité Et donc étant rémunérés en tant qu'apprentis Ils sont plus rémunérés à ces niveaux de qualification Et bien cela leur permet de poursuivre leurs études C'est l'ascenseur social
La baisse sur l'allègement de charges A la fois pour les jeunes embauches Pour les premières embauches Et pour les seniors Est-ce que là vous redoutez en effet Que ça ait des conséquences encore une fois Alors pas de destruction d'emplois forcément Mais de non-emplois prévus
Alors si je peux me permettre Les seniors c'est autre chose Il y a une négociation qui se réengage Qui ouvre là à 13h Voilà et ça ça n'est pas pris en compte Dans le projet de loi de finances Ni dans le projet de loi de finances Vous allez y revenir dans un instant Voilà Non après je reviens quand même Sur les allègements de charges Qui je le redis sont plus lourdes en France Que dans n'importe quel autre pays Développés Il y a deux segments Qui sont particulièrement menacés Les bas salaires Et les salaires intermédiaires Et là on a un sujet d'emploi Mais on a aussi un sujet de compétitivité Pour illustrer mon propos A partir de 2,1 SMIC La France n'est plus compétitive Par rapport à l'Allemagne On ne peut pas dire Là non plus Il faut gérer ces contradictions On ne peut pas dire On est rentré dans l'économie De la compétence Il faut que nous gagnons En compétitivité Il faut attirer vers des métiers Notamment industriels Qui décideront de notre avenir Et puis finalement Amputer la capacité Des entreprises françaises A recruter A promouvoir A ces niveaux de rémunération
Vous parliez à l'instant aussi De la question des seniors Je le précise Sur l'assurance chômage Vous allez avoir à nouveau la main C'était fini ça Pour le coup J'imagine que vous saluez Cette décision du gouvernement De renouer le dialogue
Alors le Premier ministre Le gouvernement Font beaucoup de choses Très bien Pas toutes Notamment sur le plan De la fiscalité Mais le fait que le Premier ministre Veuille restaurer en définitive Les partenaires sociaux Dans leurs prérogatives En particulier en rouvrant La négociation assurance chômage Qu'on avait conclue En novembre dernier Et la négociation senior Je trouve ça très bien
Vous aviez conclu Sur la partie assurance chômage Vous n'aviez pas réussi A conclure sur la partie senior
Voilà Et les deux étaient conditionnés Les deux étaient liés J'insiste sur un point L'accord qu'on avait trouvé Sur l'assurance chômage Prévoyait une baisse De cotisation patronale Ça me renvoie A un propos Je crois important Si vous me permettez Il y a une bonne qualité De dialogue Entre les partenaires sociaux Ça n'a rien à voir Avec ce qu'on observe D'assez désolant A l'Assemblée nationale On se considère On se respecte Même si on a des contradictions De fond Et l'entreprise Reste un lieu Encore pacifié Et le Premier ministre En est parfaitement conscient Et donc le fait Qu'il nous redonne La main sur ces sujets-là Je pense que c'est L'intérêt des entreprises C'est l'intérêt des salariés C'est l'intérêt du pays
Quand vous dites ça Patrick Martin Ce que j'entends Au fond De manière sous-jacente C'est que vous estimez Que les politiques Aujourd'hui Ne sont pas à la hauteur De l'enjeu Sur lequel vous-même Vous êtes prêt A faire des efforts
Je me garde D'en faire une généralité Et puis il y a le Sénat Il y a l'Assemblée nationale Tout ça est beaucoup plus nuancé Mais ce qu'on a observé En commission des finances Ces derniers jours Pour les observateurs Et les acteurs économiques Que nous sommes C'est assez angoissant Et c'est assez désolant C'est le concours Les pins Ça a été dit De la créativité fiscale Et moi j'insiste sur un point Il y a beaucoup de propositions Qui sont faites Pour certaines de bonne foi Sans la moindre étude d'impact Moi j'invite Nos parlementaires A regarder Ce que leurs décisions inappropriées Ont pu provoquer de grave Dans la filière automobile Ou dans la filière construction Voilà Il faut à un moment donné Prendre un petit peu de recul Bien sûr Il y a des jeux politiques Bien sûr Il y a de prochaines échéances électorales Tout ça C'est la règle du jeu Mais nous En tant qu'acteurs économiques Ça nous inquiète Et donc on retient Nos décisions D'investissement D'embauche
Ça veut dire que Cette insécurité fiscale Notamment dans laquelle Vous vous retrouvez Avec effectivement Après l'insécurité politique Des derniers mois A tout mis sur pause Vous avez Parmi vos adhérents Des patrons qui disent On a tout mis sur pause On n'investit plus On n'emploie plus Oui
Oui oui C'est mon cas Dans mon entreprise
C'est votre cas A vous Patrick Martin
Bien sûr On aimerait bien savoir A quelle sauce Entre guillemets On va être
Dites-moi ce que vous faites Parce qu'au fond On vous connait Comme patron du Medef
Oui alors moi Je suis à la tête D'une entreprise familiale Bientôt bicentenaire Qui emploie un peu plus De 3000 salariés D'une part dans la distribution B2B en bon français Donc on approvisionne L'industrie On approvisionne le bâtiment Donc moi je vois Au jour le jour La conjoncture se dégrader Et puis par ailleurs On a une activité industrielle Tournée vers la grande D'exportation Notamment vers l'Afrique
Il y a plein de choses Dans ce que vous dites Parce qu'il y a la question De l'industrie Notamment l'industrie automobile Je voudrais y revenir Dans un instant Et la question de l'exportation Parce que les chiffres Sont tombés hier soir Ils sont désastreux Pour la France Qui notamment dans l'agroalimentaire Qui était quand même Normalement un de nos fleurons Est en train de considérablement baisser Mais avant de pouvoir Ouvrir ce chapitre là Je voudrais quand même Que vous finissiez Sur l'emploi des seniors Parce que oui Ça va faire partie De ce dont vous allez discuter Avec les autres partenaires sociaux A partir de 13h tout à l'heure Sur l'emploi des seniors Qu'est-ce qui peut ressortir De cette négociation ?
On va Enfin j'espère Et je pronostique d'ailleurs Que nous allons avancer En particulier Sur Sur les retraites progressives Qui est une vraie solution Donc il y a des mesures D'accompagnement financier Il y a des mesures D'accompagnement juridique Sur lesquelles on est en train De discuter Il y a ce qu'on a appelé Le CDI senior Qu'on a rebaptisé Parce que ça heurtait certain Je pense que là aussi On va pouvoir avancer Tout ça est de nature Finalement A augmenter le taux d'emploi Des 60-64 ans C'est là Où la France Est profondément défaillante Par rapport aux autres pays Et pour la bonne raison Qu'on avait un âge de départ en retraite Qui était plus tôt Que dans les autres pays
Là encore Il y a une forme d'incertitude Puisque vous le savez La semaine prochaine Le RN va déposer Une proposition de loi D'abrogation Purement et simplement De la réforme des retraites Si certains du côté de la gauche S'y associaient Parce qu'ils ont le même but C'est-à-dire abroger Cette réforme des retraites La réforme des retraites Pourrait sauter Comment vous vivez ça ?
Très mal Très mal Le problème de fonds De l'économie française Et des finances publiques Par voie de conséquence Ce sont les retraites On paye beaucoup plus en France Que dans n'importe quel autre pays Pour les retraites 14% du PIB Et on accumule des déficits Chroniques Mais au-delà de ça Il faut que dans ce pays On travaille plus Et il y a beaucoup de seniors Qui souhaitent travailler d'ailleurs Donc Si on revient sur cette réforme Ça sera terrible Pour la performance économique Du pays Pour le taux d'emploi dans le pays Mais ça sera terrible également Pour les marchés financiers Donc Ne nous racontons pas d'histoire Si on abroge Cette réforme des retraites On part alors là Carrément en vrille J'insiste Alors que la conjoncture économique Est déjà très fragile
Patrick Martin Vous parliez à l'instant De votre cas personnel Et du fait que finalement Dans votre entreprise Vous-même Vous aviez tout mis sur pause En attendant De savoir à quelle sauce Vous alliez être mangé En quelque sorte Sur la question des exportations Et sur la question de l'industrie Sur l'industrie On l'a entendu Il y a notamment Cette grève illimitée Chez Valeo Qui est donc L'un des sous-traitants Du secteur automobile Le secteur automobile J'ai eu de nombreux témoignages Ce matin Sur RMC Sur ce point Notamment d'anciens garagistes Qui avaient décidé Tout simplement de fermer Parce que c'est toute la chaîne Avec des conséquences Jusqu'eux Effectivement Dans tous les territoires Qui disent Il y a eu des choix Politiques Plus Qu'industriels Est-ce que c'est aussi Comme ça Que vous Les patrons Vous le vivez ?
Je ne dirais même pas Des choix politiques Je dirais des choix dogmatiques Et une forme d'amateurisme Quand vous avez des réglementations Qui d'une année sur l'autre Changent complètement Y a-t-il ou pas Des aides A l'achat de véhicules électriques Va-t-on maintenir L'échéance de 2035 Pour interdire La vente des véhicules thermiques Etc Pour l'industrie en amont Et pour toute la chaîne Et à la fin Pour les consommateurs C'est extrêmement déstabilisant Il en va de même Pour le bâtiment On a des réglementations Qui changent tous les ans Et bien ce qui doit arriver Arrive Beaucoup d'investisseurs se disent Je n'y vais pas Beaucoup d'acquéreurs se disent Je n'y vais pas Parce qu'il y a des dispositifs Fiscaux et réglementaires Qui changent sans arrêt Il faut des études d'impact Il faut Ça renvoie Au texte de loi Sur la simplification Des tests de PME Il faut qu'en amont De leurs décisions Les législateurs Les réglementeurs S'interrogent Sur les conséquences De leurs actes Et qu'ensuite Ils se tiennent A leurs décisions
Est-ce que l'une des conséquences Pourrait être Le retour des délocalisations On a l'impression Que les délocalisations Les grandes vagues De délocalisations C'était du passé Ce qu'on voit ce matin Et j'avais notamment Le témoignage d'un des ouvriers De Valeo A la Suisse-sur-Sarthe Qui est donc une des usines Qui s'est mise en grève Illimitée depuis 13h hier Qui a débrayé à 13h hier Parce qu'ils sont sous le coup De la menace Justement de délocalisation Ça fait partie De ce sur quoi Vous alertez Depuis ce matin La reprise D'un mouvement De délocalisation Pourquoi est-ce que Vous dites ça ?
Parce que La France Qui avait beaucoup progressé En termes d'attractivité De compétitivité D'emploi De qualification Risque Je dis bien Risque de régresser Brutalement Moi je suis très frappé Par le changement De regard De mes pères Les chefs d'entreprise Et les dirigeants patronaux Étrangers En l'espace de quelques mois La vision positive Qu'ils avaient de la France Est devenue négative Et ils me disent Vous êtes repris Par vos vieux démons On repart 20 ans en arrière Ou 40 ans en arrière C'est quand même incroyable Dans votre pays Alors que vous faites Des choses positives Qu'à un moment donné Vous vouliez les casser Et je partage totalement Cette analyse
Patrick Martin Chez Valeo 7% du capital Est la propriété De l'État On voit que Sur cette bataille Du Doliprane La réponse A finalement été Là encore La montée De l'État Au capital Puisque L'État va prendre Des participations Dans la filiale De Sanofi Opela Qui fabrique Le Doliprane Avant qu'elle ne passe Sous pavillons américains D'abord Comment est-ce que Vous observez Ce mouvement-là C'est-à-dire L'idée D'une défiance Vis-à-vis des investisseurs Étrangers Sur des secteurs Considérés comme stratégiques Avec une réponse Qui est celle De faire monter L'État Dans le capital Des entreprises
Je comprends Cette inquiétude Mais là aussi Il faut un petit peu De rationalité Je pense que L'accord Qui a été trouvé Pour le Doliprane Pour faire court Est un bon accord Ça sécurise Les sites de production En France Et ça sécurise L'approvisionnement Du marché français Ça ne m'empêche pas De penser que L'État doit être Beaucoup plus réactif Beaucoup plus mobile Sur ses participations L'idée qui a été proposée Monter ou descendre Mais bien sûr Souvenons-nous Qu'à une époque Quand Alstom Était en difficulté L'entreprise L'entreprise avait été Nationalisée D'une certaine manière En tout cas Il y a un noyau dur Qui avait été constitué Ça avait été efficace Maintenant que l'État Reste actionnaire
Donc ce n'est pas un tabou C'est-à-dire que Pour vous Patrick Martin Qui est à la tête Du MEDEF Ce n'est pas un tabou Que l'État français D'une manière Très étatiste Pour le coup Puisse ponctuellement Prendre le contrôle D'une entreprise
Non mais en l'espèce L'État via BPI Prendrait 2% Mais ça lui donne Un droit de regard Et un droit de décision Moi je trouve ça Très rassurant Pour qui avait besoin D'être rassuré A contrario Que l'État reste actionnaire De certaines entreprises Qui ne contribuent pas A la souveraineté Ou qui ne sont pas stratégiques Ça n'a plus de sens A fortiori Dans l'État Des finances publiques actuelles Que l'État se dégage Que l'État cède En définitive Tout ou partie De sa participation Dans certaines entreprises Ça me permettrait De bonne gestion
C'est ce que propose Hier Gérald Darmanin Et Olivier Grégoire Ancien ministre Cédé des participations De l'État Ils posent cette question Comme ça Ils disent Que faisons-nous encore Dans Orange C'est l'Antis Ou la Française des Jeux
Ils ont raison Si vous voulez On ne peut pas dire Une chose et son contraire On ne peut pas dire On va appliquer Par exemple Une augmentation massive Des impôts Sur les entreprises One shot Parce qu'il y a une urgence Et puis avoir Sous le coup De cette cagnotte Qui n'est pas stratégique Et ne pas la réaliser Ne pas la vendre
La réaliser Ça veut dire Vendre ses participations Récupérer l'argent Qu'on y a mis Voir même une plus-value
Mais bien sûr Et puis le jour venu Pour une raison X ou Y L'État réinvestit Dans une entreprise Typiquement Ce qu'il est en train de faire Sur Doliprane Mais ce qui me frappe
C'est aussi la posture C'est-à-dire que Quand vous dites 2% Chez Doliprane Honnêtement Avec 2% Chez Doliprane Qu'est-ce qu'ils vont faire ? Quand on voit Qu'ils ont 7% Chez Valeo Et qu'ils sont incapables D'empêcher la fuite La fuite des emplois De Valeo
C'est quoi l'alternative ? C'est qu'on nationalise tout ? Je pense qu'on a déjà une certaine
En tout cas S'ils veulent C'est-à-dire le décalage Entre bon On prend des participations Donc on va être en mesure D'empêcher un actif stratégique Comme le Doliprane De passer sous le pavillon américain Et quand on regarde Dans les chiffres Les 2% Ce n'est pas grand-chose Ce n'est pas avec ça Qu'ils auront vraiment un levier
Je ne sais pas jusqu'où Il faut aller sur ce dossier Mais par exemple Les principes actifs Qu'on met en oeuvre Dans le Doliprane Sont toujours fabriqués en Inde Alors est-ce qu'il faut aller Racheter des entreprises en Inde ? Pourquoi pas ?
Mais le vrai problème N'est pas là Le vrai problème C'est qu'on a un état boursouflé Qu'on a un niveau de dépense publique Qui bat tous les records mondiaux Qu'on est incapable Et le projet de loi de finances N'est pas suffisamment volontariste De ce point de vue On est incapable de faire Ce que le Portugal L'Espagne Les Pays-Bas En fait En baissant leurs dépenses publiques De 10% du PIB Ça veut dire en France 300 milliards d'euros par an Et vous imaginez Si on avait 300 milliards d'euros De dépenses publiques De moins chaque année Pour des performances Des services de santé De l'enseignement De la sécurité Tout à fait comparable Voire meilleur On ne se crêperait pas le chignon Pas vous et moi Mais comme on est en train de le faire A l'Assemblée nationale en particulier Il faut un peu de bon sens Il faut un peu de rationalité Il faut un peu de courage politique Le Premier ministre en a Il faut qu'il en ait plus encore
Si je vous écoute Vous dites qu'il y a une grosse menace Sur l'emploi Vous dites qu'il y a même Une menace de délocalisation Vous parlez également d'attentisme C'est-à-dire de ce moment Où vous êtes tous un peu sonnés Et vous attendez Avant de faire des choix D'investissement ou d'emploi Est-ce que ça veut dire Que le budget tel qu'il est présenté A pour risque Non pas finalement De récolter ses emplois Mais de casser la croissance Et qu'il n'y ait même plus D'impôts Ou de levage d'impôts réels
Bien sûr C'est ce que je m'emploie à dire Depuis un certain temps
Obtenir l'effet inverse De celui qui était scompé Absolument
C'est-à-dire que ça va ralentir La croissance Ce qui est déjà très molle Moi mon pronostic c'est qu'on est d'ores et déjà Légèrement en récession Légèrement Et que la prévision de croissance Pour 2025 1,1% Je crois que l'OFCE en particulier l'a dit Est probablement très optimiste Donc il ne faut rien faire Qui altère en définitive La dynamique des entreprises Moi ce que je peux vous affirmer C'est que les 200 000 chefs d'entreprise Du Medef Qui emploient 10 millions de personnes Ne sont pas résignés Ils commencent à être un petit peu en colère Mais ils ont plein de projets Et donc il ne faut pas leur taper sur leur museau En leur disant Voilà c'est votre contribution à l'effort de guerre On est les entreprises les plus taxées au monde Charge sociale et fiscalité On veut nous en remettre une louche Ça n'est pas la bonne solution Ça n'enlève rien à ce que j'ai dit tout à l'heure Nous sommes conscients de l'état critique des finances publiques Il y a des sources d'économies bien ailleurs
Lesquelles vous feriez vous en priorité ?
D'abord il ne faut pas mollir ce que vous permettez sur les retraites Moi je pense que le report de la revalorisation des retraites au 1er juillet Est une bonne chose C'est 4 milliards de rendement Les retraités ont une augmentation de 5,3% des retraites Moi je suis très à l'aise pour en parler Parce que qui a défendu les retraites complémentaires l'année dernière ? C'est moi C'est le MEDEF Alors que l'état voulait prélever les réserves Ou les excédents de l'agir carco Donc je suis très à l'aise pour en parler
Ce que vous voulez dire et c'est ce que disait le ministre du budget qui était à votre micro hier matin Il disait au fond décaler dans le temps cette revalorisation des pensions de retraite Ce n'est que rééquilibré parce qu'ils ont eu une forme de trop perçu l'an dernier Ayant une revalorisation supérieure à ce que finalement l'inflation a été
Qu'est-ce qu'est l'essentiel ? L'essentiel c'est que ce pays conserve une bonne dynamique économique Donc si tout le monde doit faire des efforts Je l'ai dit, je le redis, y compris les entreprises Mais il faut savoir allouer des efforts à l'endroit où c'est le moins douloureux Que je sache, si on porte atteinte à l'emploi, à l'investissement L'investissement est en baisse actuellement en France, c'est dramatique Donc si on porte atteinte à l'emploi, à l'investissement, à la trésorerie des entreprises On ne pourra pas payer, y compris nos retraites
C'est quand même important aussi ce que vous avez laissé entendre Votre perception de ce qui vous remonte des différents chefs d'entreprise du MEDEF C'est que nous serions déjà actuellement dans une légère récession
Oui, je le déplore Alors à côté de ça, on a plein de projets Nous on lance le Tour de France de l'intelligence artificielle J'étais au Salon Mondial de l'Automobile Il y a plein de projets de déconstructeurs européens et français Je pars tout à l'heure au Salon de l'agroalimentaire Là aussi, il y a de l'innovation, il y a de la créativité Sur les enjeux de santé publique, de gastronomie, de souveraineté Donc ça bouge, ça bouillonne, venant pas casser cette belle dynamique
Merci Patrick Martin d'être venu répondre à mes questions ce matin Président du MEDEF