Face-à-Face : Louis Aliot - 25/08
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse directe
Bonjour Lou Elio. Merci de répondre à mes questions ce matin.
- 0:29OuverteRéponse directe
Vous êtes candidat pour prendre la succession de Marine Le Pen et aujourd'hui par intérim de Jordan Bardella.
- 0:31RelanceRéponse partielle
On va y revenir sur la question des dividendes et des résultats des grandes entreprises. Mais quand vous dites qu'il est seul responsable, vous considérez que la classe politique est seule responsable des incendies, de la sécheresse, de la guerre en Ukraine ?
- 2:06RelanceRéponse partielle
On va revenir sur la question des dividendes et des résultats des grandes entreprises. Mais quand vous dites qu'il est seul responsable, vous considérez que la classe politique est seule responsable des incendies, de la sécheresse, de la guerre en Ukraine ?
- 2:35RelanceRéponse partielle
Pour vous, c'est-à-dire que vous relativisez l'idée d'une sorte de choc cet été qui se serait manifesté par les incendies. Pour vous, les incendies sont moins dus au réchauffement climatique qu'à la bêtise humaine ?
- 4:18OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'il aurait fallu en faire ? Est-ce que vous étiez partisan du fait de taxer, par exemple ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:41Invité politiqueFait
« Je crois pour ma part que ce que nous sommes en train de vivre est plutôt de l'ordre d'une grande bascule ou d'un grand bouleversement. »
- 0:50Invité politiqueFait
« nous vivons, et cela pas simplement depuis cet été et ces dernières années, au fond, la fin de ce qui pouvait apparaître comme une abondance. »
- 4:27AuditeurPromesse
« Marine Le Pen l'avait annoncé, oui, il fallait surtaxer un certain nombre de profits de grandes entreprises qui ont vécu sur le dos de la crise. »
- 4:47AuditeurChiffre
« Je crois que l'Espagne a taxé à 25% les profits des grandes entreprises pour les redistribuer à ceux qui en avaient le moins. »
- 5:24AuditeurFait
« Et au milieu, vous avez une classe moyenne qui est en train de s'appauvrir et qui, demain, très certainement, sera à l'origine de troubles sociaux graves. »
- 8:52AuditeurFait
« Ce n'est pas nous qui avons mis la France entre les mains de la Russie en lui achetant un certain nombre de gaz et d'autres énergies. »
- 9:14AuditeurFait
« Et on n'a rien fait sur la reconversion énergétique de la France ou sur la reconversion, par exemple, de notre PAC nucléaire français. »
- 10:00AuditeurFait
« On peut envoyer de l'argent, on peut les aider d'une manière humanitaire, mais je pense qu'il ne fallait pas envoyer d'armes, notamment. »
- 12:47AuditeurFait
« C'est l'affaire de l'immigration d'un certain nombre de jeunes Algériens que nous retrouvons dans nos rues et qu'on n'expulse pas et qui cause un certain nombre de problèmes partout. »
- 13:39AuditeurFait
« On a eu un conflit avec l'Algérie. Ce qui m'intéresse c'est de savoir ce qui s'est passé pour mes compatriotes. »
- 14:51AuditeurFait
« Et là j'espère que M. Macron aura le courage de dire à M. Thébou d'un certain nombre de choses car moi j'ai à côté de Perpignan le camp de Rivezalte, des familles abandonnées, abandonnées par la France. »
- 15:36AuditeurFait
« Les jeunes qui ne trouvent plus d'avenir là-bas et qui veulent venir trouver une place ici en démocratie. »
- 19:40AuditeurFait
« Oui, dehors. Pour moi, c'est dehors. Si le Conseil d'État se soumet à cela, il faut changer la loi pour permettre, dans l'avenir, de pouvoir expulser toutes les personnes comme lui. »
- 20:05AuditeurFait
« ce qui est une honte. Je ne vois pas le rapport direct. C'est le même fonctionnement des magistrats. »
Temps de parole
- Auditeur72 %
- Présentateur27 %
≈ 4,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez RMC, Apolline Matin, face à face, Apolline de Malherbe. 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Lou Elio. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le maire Rassemblement National de Perpignan et vous voulez prendre la direction du Rassemblement National. Vous êtes candidat pour prendre la succession de Marine Le Pen et aujourd'hui par intérim de Jordan Bardella. On va y revenir évidemment, mais je voudrais d'abord vous interroger sur ces mots du Président hier. C'est la fin de l'abondance, on l'écoute.
Je crois pour ma part que ce que nous sommes en train de vivre est plutôt de l'ordre d'une grande bascule ou d'un grand bouleversement. D'abord parce que nous vivons, et cela pas simplement depuis cet été et ces dernières années, au fond, la fin de ce qui pouvait apparaître comme une abondance. Et c'est, je dois le dire aussi, la fin pour qui on avait d'une forme d'insouciance.
Est-ce que vous partagez le constat ? Alors le constat, oui et non, parce qu'il prend conscience d'un certain nombre de problèmes importants aujourd'hui, dont il est, avec la classe politique, le seul responsable. Car depuis 40 ans, la France est gouvernée avec la même politique. On est passé de François Mitterrand à Jacques Chirac, de Chirac à Sarkozy, de Sarkozy à Hollande, et de Hollande à Macron. Mais depuis 40 ans, c'est la même politique qui est appliquée.
Et c'est ce système, à la fois mondial et européen, qui aujourd'hui fait exploser les questions sociales, fait exploser les questions écologiques, fait exploser les questions de misère dans un certain nombre de pays, qui fait qu'on se retrouve un peu avec un vide devant nous, et une France, alors je ne dirais pas en faillite, mais en quasi-faillite, en tout cas, dont tous les indicateurs sont au rouge, sauf la bourse et les dividendes, dont on vient de voir qu'ils sont distribués cette année à une hauteur jamais atteinte jusqu'à présent. Dividendes record. 44 milliards, ce que je trouve, moi, extravagant dans la situation de pauvreté et de difficulté que connaissent nos concitoyens.
Il y a deux choses dans ce que vous dites. On va revenir sur la question des dividendes et des résultats des grandes entreprises. Mais quand vous dites qu'il est seul responsable, vous considérez que la classe politique est seule responsable des incendies, de la sécheresse, de la guerre en Ukraine ?
Les incendies, il y a une accentuation aussi par la bêtise humaine, il faut quand même le dire, en plus du réchauffement climatique. Mais il y a toujours eu des incendies, il y a toujours eu ce genre de choses. Il y a eu une accélération, mais on ne peut pas résumer la politique aux incendies. Il y a, moi, ce qui m'intéresse aujourd'hui, en plus des incendies...
Pour vous, pardon, Louis Alliot, mais c'est-à-dire que vous relativisez l'idée d'une sorte de choc cet été qui se serait manifestée par les incendies. Pour vous, les incendies sont moins dues au réchauffement climatique qu'à la bêtise humaine ? Ou deux.
C'est un cumul, mais ça a toujours été plus ou moins ça, les inondations. Je veux dire, les catastrophes naturelles, on voit bien qu'il y a une accélération qui est très certainement due, d'après ce qu'on peut lire, aux dérèglements climatiques. Mais il n'en demeure pas moins que ça, c'est la vision que l'on a sous les yeux. Il y a le reste.
Il y a un petit doute, quand même, dans ce que vous dites.
Il n'y a pas de doute.
Certainement, très certainement.
Non, mais il y a un réchauffement climatique et des conséquences. Je veux dire, les incendies, il y a toujours des incendies. Chez nous, il y en a toujours eu. Des inondations dans le midi, il y en a toujours eu. C'est des choses qui, voilà, ça revient chaque année. On est bien d'accord. Le froid, le réchauffement, etc., il y en a toujours eu. OK, mais ça, c'est la partie naturelle dont il faut s'inquiéter et dont il faut essayer de corriger les effets, avec les moyens humains. Je suis moins sûr, là, sur les moyens qu'on met en œuvre pour le faire.
Mais il y a le reste, et le reste, c'est une rentrée où des familles entières que je vois moins, moi, pardon, sur le terrain à Perpignan, qui n'arrivent pas, tout simplement, à boucler les fins de mois, à acheter du matériel scolaire pour les enfants, et puis qui prévoient de l'hiver avec une certaine anxiété, parce qu'il faut se chauffer, il faut faire manger sa famille, etc., etc. Et ça, j'ai l'impression qu'on le met un peu sous le tapis. En tout cas, le président essaie de le mettre sous le tapis pour essayer de faire peur, encore une fois, à l'opinion publique.
Et par contraste, dites-vous, il y a ces familles qui peinent à finir les fins de mois et à pouvoir se chauffer ou acheter de quoi faire manger leurs enfants. À l'inverse, vous mettez en contraste les résultats records des grandes entreprises. Qu'est-ce qu'il aurait fallu en faire ? Est-ce que vous étiez partisan du fait de taxer, par exemple ? On sait que, finalement, le gouvernement n'a pas choisi de taxer les surprofits. Il aurait fallu le faire, une entreprise comme Total, par exemple ?
Marine Le Pen l'avait annoncé, oui, il fallait surtaxer un certain nombre de profits de grandes entreprises qui ont vécu sur le dos de la crise. Pas seulement, d'ailleurs, depuis l'affaire ukrainienne, qui ont même vécu sur la crise du Covid. Je vous signale, un certain nombre de cas, Marine l'avait dit. J'ai vu que, par exemple, l'Espagne, le Portugal, le Royaume-Uni, un certain nombre de pays l'ont mis en place. Je crois que l'Espagne a taxé à 25% les profits des grandes entreprises pour les redistribuer à ceux qui en avaient le moins. Ce n'est quand même pas une idée révolutionnaire, en soi. Ça s'appelle la solidarité.
Pourquoi la France n'a pas-t-elle fait preuve de solidarité dans cette affaire ? Et là, je trouve que le gouvernement est coupable. Parce que, quand vous êtes au cœur de la vie des gens, et le maire, il est au cœur de la vie des gens, vous vous rendez compte de l'extrême difficulté. Il y a une classe sociale haute qui n'a aucun problème. Vous avez une classe basse qui pourrait, de toute façon, elle a connu que les difficultés, elle est toujours dans les difficultés. Et au milieu, vous avez une classe moyenne qui est en train de s'appauvrir et qui, demain, très certainement, sera à l'origine de troubles sociaux graves.
De troubles sociaux graves, c'est ce que vous prédisez, quoi, pour l'automne ?
Écoutez, je ne sais pas si... Moi, je ne suis pas Madame Soleil, mais je vois les difficultés. Et on voit bien les banques, les difficultés bancaires. On voit bien ces difficultés-là, qui est d'achat de maison.
Vous le constatez ou vous l'appelez ? Est-ce que vous appelez, par exemple, ici même, sur BFM TV, Philippe Martinez, hier, appeler à des mobilisations, à des journées de grève, à des manifestations ? Est-ce que vous dites, à ceux qui nous écoutent, mobilisez-vous ?
Les syndicats sont les croque-morts du monde économique et du monde du travail. Ils ont toujours accompagné le désarroi des gens, mais n'ont jamais réussi à s'opposer pratiquement à rien. Moi, j'ai toujours vu des grèves, la CGT, un certain nombre de personnes dans la rue. Mais en fait, ils se sont opposés à quoi ? Ils ont accompagné le mouvement, aujourd'hui, que nous connaissons, j'allais dire, qui est en ultra dérégulation de l'économie à l'échelle européenne et mondiale, mais ils ne se sont jamais opposés à rien. Et quand ils ont un choix clair entre M. Macron et Marine, au deuxième tour de l'élection présidentielle, et bien, systématiquement, ils appellent à voter M. Macron.
C'est ça, les syndicats. Ils ne servent à rien. Et les travailleurs le savent, d'ailleurs, parfaitement. Il n'y a pas grand monde.
C'est-à-dire que le président ne sert à rien, il est coupable de tout. Les 40 ans de politique ne servent à rien. Les syndicats, il ne faut pas les écouter.
En fait, il n'y a que vous qu'il faut écouter, quoi. Madame de Malherbe, oui, si on nous avait écoutés depuis déjà longtemps, on aurait évité un certain nombre de problèmes. Mais ceux qui sont aujourd'hui au pouvoir sont aussi à l'origine des problèmes qui se posent à nous. Et je ne crois pas en leurs compétences pour pouvoir les régler. Donc oui, nous avions prédit un certain nombre de choses. Et oui, je pense que nous ne sommes peut-être pas les seuls. Mais en tout cas, la partie majoritaire de ceux qui pourront demain gouverner le pays avec une autre politique.
On va revenir sur le Rassemblement National que vous ambitionnez de présider. Mais parmi les propositions, et même le ministre des Transports dit y réfléchir, il y aurait l'idée d'interdire les jets privés, par exemple. Et peut-être même de restreindre l'accès à l'eau, le fait de re-remplir ces piscines. Est-ce que ce genre de piste vous paraît acceptable ? Vous avez l'air de ricaner.
Oui, non, mais voilà, ça fait partie du gadget politicien. Ce n'est pas parce que vous allez arrêter les jets, que vous allez favoriser je ne sais quelle avancée de défense de la planète. Tout ça n'est pas vrai.
Donc taxer les surprofits, oui, interdire ce genre de choses qui vous paraissent presque symboliques comme les jets, non ?
Ce qui n'est pas symbolique, c'est qu'on n'a pas le TGV chez nous. Ça, c'est symbolique. Quand vous dites chez nous, c'est à Perpignan. Exactement. Le maillage du territoire en matière de transport ferroviaire, qui est écologiquement parlant quelque chose de plutôt positif, nous ne l'avons pas. On attend toujours les décisions. L'Espagne, je le répète, a fait venir le TGV jusqu'à Perpignan. La France est incapable de terminer le fameux sillon Montpellier-Perpignan. Alors, tant qu'on n'aura pas maillé notre territoire en transport écologique ou en transport plus propre, eh bien, nous aurons tous ces problèmes, à la fois de transport, d'énergie et d'écologie sur le dos.
Mais là aussi, vous voyez bien, aucune décision n'est prise.
Louis Alliot, il dit aussi, Emmanuel Macron, que l'une des crises auxquelles on fait face et qui va avoir comme conséquence cette fin de l'abondance, c'est la guerre sur le sol européen, la guerre ukrainienne. Il avait dit quelques jours plus tôt qu'il faudrait que les Français se préparent à payer le prix de la liberté. Comment est-ce que vous comprenez cette phrase et jusqu'où est-ce qu'il faudra qu'on paye le prix de la liberté ?
Écoutez, ce n'est pas nous qui avons mis la France entre les mains de la Russie en lui achetant un certain nombre de gaz et d'autres énergies. C'est quand même l'Europe en général, notamment l'Allemagne. Et aujourd'hui, on se retrouve un peu en train de constater les dégâts, des mauvaises décisions qui ont été prises avant, parce qu'il était facile d'aller chercher du gaz chez M. Poutine et chez d'autres. Et on n'a rien fait sur la reconversion énergétique de la France ou sur la reconversion, par exemple, de notre PAC nucléaire français. Je veux dire, nous aurions pu, pendant 30 ans, améliorer les choses, rendre compétitif un certain nombre d'industries.
Dans la phrase d'Emmanuel Macron, il y a aussi « payer le prix de la guerre », c'est-à-dire, y compris peut-être d'aider, et aider jusqu'à quand faut-il ? Et est-ce que vous soutenez l'aide ? Le président Zelensky a remercié particulièrement et de manière très appuyée la France pour son aide. Est-ce que vous vous dites qu'il faut continuer à aider l'Ukraine ?
Moi, je pense qu'il faut aider le peuple ukrainien, et notamment ces populations qui souffrent et qui ont été obligées de quitter leur pays par rapport à cette guerre.
Ça veut dire qu'on les aide ici, mais on n'envoie pas d'argent ou d'armes là-bas ?
On peut envoyer de l'argent, on peut les aider d'une manière humanitaire, mais je pense qu'il ne fallait pas envoyer d'armes, notamment. Parce que j'ai quand même du mal à comprendre comment on peut dire « M. Poutine est un dictateur et il faut haro sur la Russie » et recevoir en grande pompe le roi d'Arabie Saoudite, enfin le prince d'Arabie Saoudite, qui est, j'allais dire, en matière d'atteinte aux droits de l'homme, de guerre en ce moment, je pense au Yémen, d'atrocité commise l'affaire Khashoggi, etc. Enfin, je veux dire, les Français ne sont pas dupes. Et ils se disent « Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? » On nous dit « Un tel est un dictateur, il fait la guerre ».
Très bien, oui, cette guerre, c'est l'agresseur, la Russie. Et puis à côté de ça, on fait venir en grande pompe des gens qui sont équivalents en matière de violence.
Il y a deux camps qui s'opposent, évidemment, les Russes et les Ukrainiens. Et hier, vous l'avez peut-être vu à Bergerac, enfin vous l'avez sans doute vu, ça m'étonnerait en tout cas que vous jouiez l'idée de ne pas l'avoir vu, ce suppléant du député de la deuxième circonscription de Dordogne, député du Rassemblement National. Il y avait un rassemblement de familles ukrainiennes. Son suppléant. Et il est venu, son suppléant. Le suppléant, il s'appelle Luc Brouk. Le député, il s'appelle Serge Muller. Et il est venu, le suppléant, agiter un drapeau pro-russe alors qu'il y avait des familles ukrainiennes qui se rassemblaient en ce jour d'indépendance.
Eh bien, il sera viré parce que quand on a un tel abruti qui fait ce genre de choses, au même moment, à Perpignan, nous étions dans une fête avec les Ukrainiens où nous recevions les familles de réfugiés, les familles d'accueil, les humanitaires. Et avec des groupes folkloriques. Et je recevais d'ailleurs le maire de Tchervo-Nograd avec qui nous jumelons notre ville pour nouer des relations de fraternité, de solidarité, d'humanité. Voilà, mais c'est un exemple, c'est, j'allais dire, de débilité politique. Et il sera, de toute façon, traduit devant nos instants disciplinaires et viré du Rassemblement National. Il sera viré, c'est un abruti. Voilà ce que vous dites de Luc Brouk.
Il avait quand même été choisi comme suppléant du député RN.
Oui, d'accord. Mais vous n'êtes pas dans la tête des gens. Vous pouvez choisir des gens qui ne se dévoilent pas jusqu'au moment où ils sont. Et quand ils sont, eh bien, voilà, vous avez ce genre de cas. Ça peut arriver. Mais ce qui est important, c'est qu'il n'y soit plus demain.
Oui, enfin, quand même, le député en question a dit encore hier soir, après ces actes-là, que ça restait un suppléant plein de valeurs et qu'il partageait les mêmes valeurs que lui. Il n'a pas eu la réaction aussi nette et claire que pour le coup, on entend...
Écoutez, quand on est capable de faire ça et qu'on est un responsable politique, je pense qu'on n'a rien à faire en politique. Voilà.
Algérie, il y a ce voyage aujourd'hui d'Emmanuel Macron qui part en Algérie pour une visite, dit-il, historique de réconciliation entre les deux pays. Louis Alliou, vous en attendez quoi de cette visite ?
Rien. J'espère que M. Macron évoquera au moins un problème qu'on a avec l'Algérie. C'est l'affaire de l'immigration d'un certain nombre de jeunes Algériens que nous retrouvons dans nos rues et qu'on n'expulse pas et qui cause un certain nombre de problèmes partout. Voilà, ça c'est un sujet prioritaire dans les discussions qu'il doit avoir avec le président algérien. Pour le reste, je n'en attends rien car M. Macron est un président de soumission qui a toujours donné plus ou moins raison à la vieille classe dirigeante du FLN à Alger et donc il est dans cet esprit de soumission à l'Algérie. C'est comme ça qu'il a nommé M. Stora la tête de la commission de je ne sais quoi.
Comment ça la commission de quoi que ce soit ?
Non mais Louis Alliou...
Mais c'est la vérité ! Moi ce qui m'intéresse c'est de savoir... Ça c'est votre vérité ? Non, non, ce n'est pas ma vérité. Moi je suis français. On a eu un conflit avec l'Algérie. Ce qui m'intéresse c'est de savoir ce qui s'est passé pour mes compatriotes. C'est-à-dire quoi ? D'abord les disparus. Il y a plein de civils militaires qui ont été, on ne sait pas où, sûrement tués par le pouvoir FLN de l'époque. Nous ne savons toujours rien.
Mais il y a des morts de côté, vous le savez bien.
Moi je suis français, bien sûr qu'il y a des morts de côté. Mais je veux savoir d'abord... Ces autres morts-là ne vous intéressent pas ? Mais moi ce qui m'intéresse c'est les miens pour l'instant. Encore une fois je suis un politicien français et je veux savoir ce qui s'est passé car il y a des familles qui attendent.
Vous aviez d'ailleurs inauguré l'an dernier à Perpignan une exposition que vous aviez appelée, de l'expression que vous venez de dire, des victimes oubliées de la guerre d'Algérie et vous ne parliez que des harkis et des pieds noirs.
Écoutez quand même, heureusement...
Il n'y a pas des victimes de l'autre côté.
Mais les victimes de l'autre côté c'est l'affaire du pouvoir algérien. C'est à eux de savoir avec la France éventuellement ce qui s'est passé. Mais ce n'est pas comme ça qu'on va faire la réconciliation. Mais la réconciliation, j'allais dire, elle aura lieu avec les générations d'après. Moi je ne suis pas hostile à discuter avec l'Algérie. Mais on ne peut pas discuter avec une dictature militaire qui tient son peuple en oppression et dont une majorité de jeunes ne rêvent que d'une chose, c'est de quitter l'Algérie pour aller en Europe et pour pouvoir se libérer un peu du FLN. Donc tant qu'on ne sera pas sorti de cet étau-là, eh bien nous aurons les problèmes.
Et j'ajoute que tant qu'on n'aura pas réglé cette tâche que constitue le génocide des harkis sur notre sol, eh bien je pense qu'on n'aura rien réglé. Et là j'espère que M. Macron aura le courage de dire à M. Thébou d'un certain nombre de choses car moi j'ai à côté de Perpignan le camp de Rivezalte, des familles abandonnées, abandonnées par la France, mais aussi abandonnées par la France. Attendez, attendez, à la violence du FLN qui constitue un génocide, tant qu'on n'aura pas réglé cela, on n'aura rien réglé entre la France et l'Algérie.
Vous dites-vous que ce régime aujourd'hui en Algérie est un régime dictatorial, est un régime autoritaire. Les jeunes qui ne trouvent plus d'avenir là-bas et qui veulent venir trouver une place ici en démocratie...
Mais il y a des moyens de pression qu'on n'utilise pas. Et là on va aller négocier du gaz parce que comme on ne veut plus du gaz de M. Poutine, on va aller chercher le gaz d'une autre dictature, en l'occurrence l'Algérie. Mais il y a des moyens de pression. Vous avez toute une caste plutôt algérienne au pouvoir qui a des biens chez nous. On avait gelé des biens de certains chefs d'État... Qu'on devrait faire comme pour les oligarques russes. Oui, comme pour certains chefs d'État africains aussi. On a des moyens de pression.
Je veux dire, il est anormal aujourd'hui que dans le flux des mineurs isolés qui posent des problèmes dans les villes de France, nous retrouvions des Algériens et des Marocains. On a quand même, avec le roi du Maroc et avec le pouvoir algérien, des moyens de discussion, évidemment, de dialogue, mais aussi des moyens de pression.
Et c'est peut-être précisément aussi pour ça que ce voyage a lieu, pour ce dialogue. Louis Alliot, à quoi ressemblera le RN version Louis Alliot ?
D'abord, le RN, il aura un leader qui est à l'Assemblée nationale qui s'appelle Marine Le Pen. Elle est à la tête d'un groupe de 89 députés. Personne ne conteste son autorité. Elle a choisi de quitter la tête du RN et il faut bien qu'il y ait un remplaçant. Ce remplaçant, j'estime qu'il doit, moi, se focaliser sur deux choses. L'implantation du mouvement, c'est-à-dire aller dans le territoire, l'ensemble du territoire, le plus petit village de notre pays, et puis la formation des cadres. Parce que je suis persuadé qu'à la vitesse où vont les choses, nous serons en charge des intérêts de la France dans les années qui viennent, avec d'autres.
Mais ça se prépare maintenant. Mais pourquoi ce n'est pas vous qu'elle a choisi Marine Le Pen comme président par intérim ? En créant comme ça une sorte de succession naturelle ? C'est Jordan Bardella qu'elle a choisi ?
Oui, elle a choisi, mais je venais d'être élu aussi maire de Perpignan. Ça ne faisait qu'un an que j'y étais, etc. Mais encore une fois, moi, je ne suis pas dans une guerre contre Jordan Bardella. On fait partie de la même équipe. On s'est battus ensemble à la présidentielle, on s'est battus ensemble aux législatives. Et là, c'est une compétition interne pour, j'allais dire, trouver les équilibres nécessaires à progresser, voilà, à progresser. Et de ce point de vue-là...
Elle va choisir, Marine Le Pen ? Elle va dire lequel des deux est son favori ?
Écoutez, je crois qu'elle a dit dans les médias qu'elle ne choisirait pas. Parce qu'elle considère effectivement qu'aujourd'hui, elle est libérée de cette responsabilité. Elle a dit que les deux candidats...
Mais elle vous dit quoi ? Elle vous soutient dans votre démarche ?
Elle ne soutient pas. Elle se tient un peu en retrait, mais elle est vigilante sur la manière dont se passe le débat interne. Et elle a raison. Parce que je pense qu'il faut donner aussi cette image. On peut avoir une compétition interne sans que ce soit la guerre civile permanente comme on l'a vu dans les autres partis. Et ça, moi, c'est une ligne de conduite que j'ai et une priorité que j'ai.
Donc, pour le coup, si c'est Jordan Bardella qui est élu, vous lui ferez allégeance. Enfin, on ne fait pas allégeance dans les partis aujourd'hui. Mais enfin, en gros, vous lui apporterez tout votre soutien.
Évidemment, la question ne se passe pas. Et si je suis président, il fera de même. Et de toute façon, si je suis président du RN, il sera le premier vice-président. Et des membres de mon équipe qui me soutient, des membres de son équipe seront appelés dans un équilibre, j'allais dire, savant, à cohabiter et à développer le parti sous la nouvelle direction. C'est cette collégialité, cet équilibre qu'il faut trouver à la tête du Rassemblement National. Parce qu'encore une fois, il faut se tenir loin du tumulte de la vie politique qu'on a pu voir au PS, au LR, etc. Mais il faut savoir aussi prendre ses responsabilités, défendre ses idées. C'est ce qu'on fera.
Et celui qui gagne, eh bien, aura la confiance des autres.
Louis Alliot, demain, le Conseil d'État va lancer ses réquisitions dans la question de l'expulsion de l'imam Ikoussen avec une décision qui sera rendue samedi. Gérald Darmanin avait annoncé son expulsion. Et en fait, on découvre qu'il sera en conférence le 2 septembre à 18h. Les affiches sont partout à Châtellerault pour une conférence spirituelle. Qu'est-ce que vous attendez du Conseil d'État ? Et si le Conseil d'État ne remettait pas en cause la décision du tribunal administratif de refuser cette expulsion, faut-il changer la loi ?
Oui, dehors. Pour moi, c'est dehors. Si le Conseil d'État se soumet à cela, il faut changer la loi pour permettre, dans l'avenir, de pouvoir expulser toutes les personnes comme lui. Mais il faut faire changer un certain nombre d'autres lois. Par exemple, celle qui permet à des dealers de se faire arrêter par les policiers tous les jours et de se faire remettre en liberté par la justice, comme j'ai pu moi-même le vérifier en tant que premier magistrat de ma ville, ce qui est une honte. Je ne vois pas le rapport direct. C'est le même fonctionnement des magistrats. C'est quoi ?
C'est la question des magistrats ? C'est l'action de la justice ?
Une sorte de l'actif ? Oui. Non, oui. Vous avez des faits graves qui, dans la tête de tout le monde, y compris des policiers, en l'occurrence même du ministre de l'Intérieur lui-même, doivent conduire à l'expulsion de cet imam et d'autres dans son pays d'origine. En plus, il ne veut même pas être français. Mais c'est la même logique que dans d'autres cas d'insécurité liée à la drogue, puisque M. Darmé... Il est né en France. Oui, M. Darmé. Oui, il est né en France, mais il ne veut pas être français. Donc, il faut le renvoyer dans le pays d'où il vient. Je ne sais pas s'il est marocain, je crois, ou algérien, peu importe. Mais voilà, il ne faut pas hésiter.
Et de la même manière pour les dealers, car c'est la même logique judiciaire, quand vous arrêtez quelqu'un qui n'a, je vais dire, rien à faire dans les rues et en liberté, eh bien, il ne faut pas hésiter à le mettre en prison, sauf que vous avez des magistrats qui les remettent en liberté, en permanence, et qui pourrissent la vie des honnêtes citoyens et de ceux qui subissent en permanence. C'est inadmissible. Et ça finira mal, je le dis, je vous l'avais déjà dit, viendra le jour, si on ne change pas la loi, où les citoyens se défendront eux-mêmes. Et ce jour-là, il ne faudra pas venir chercher, j'allais dire, le Rassemblement National en disant, oui, vous avez toujours dit ça.
Non, ce sera, pardon, la responsabilité de M. Darmanin et de cette casse politique qui a été incapable de modifier les textes.
Louis Elio, maire RN de Perpignan et candidat donc à la présidence du parti. 8h54 sur RMCB FM TV.
Louis Aliot