TRUMP CONTRE LE VENEZUELA : LES VÉRITÉS D'UN ANCIEN PROCHE DE MADURO ET CHAVEZ
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Pour rappel, je suis en direct avec Temir Poras. Temir Poras, est-ce que vous m'entendez ? Je vous entends parfaitement.
Super. Bonsoir. Merci de cette invitation.
Merci à vous. Je rappelle, vous êtes vous êtes ancien vice ministre des affaires étrangères de la République bolivarienne du Venezuela et ancien directeur de cabinet de Nicolas Madura. Vous avez quitté ce gouvernement en 2013.
Euh, si on parle de l'agression des États-Unis, est-ce que vous l'avez vu venir ce kidnapping américain ou est-ce que c'était vraiment une surprise pour vous ? Non, l'agression des États-Unis au Venezuela ne n'a pas été une surprise. Après, effectivement, pourquoi le 3 janvier ou la manière dont ça s'est passé ?
Et il faut rappeler tout de même que bah ne serait-ce que dans cette dernière séquence, le gouvernement des États-Unis et l'administration de Trump avait mobilisé une force militaire euh disproportionnée euh sous prétexte et qu'il y avait des problèmes de trafic de drogue au Venezuela au passage en bombardant euh des des des bateaux de petite taille sans apporter même la preuve d'ailleurs que c'était dans les Caraïbes ou même au Venézuela, enfin vous en voyez juste des images de bateau se faisant bborder et des gens se faire assassiner. Euh et et donc cette cette mobilisation qui incluait d'ailleurs l'un des plus gros porte-avions euh de de de des très nombreuses, comment dirais-je capacité logistique de l'armée américaine. Euh 15000 hommes, on ne je ne crois pas qu'on puisse dire que c'était une surprise.
Néanmoins, je je crois que c'est jusqu'au dernier moment et pas uniquement au Venezuela ou à Caragas ou dans les dans les sphères du pouvoir du Venezuela. Il a toujours été l'option de d'éviter ce conflit et d'éviter cette intervention a toujours été privilégié. la recherche de voix euh de dialogue, de négociation, de concession, mais finalement la décision euh a été prise aux États-Unis et puis évidemment la violation de la souveraineté vénézuolienne, le bombardement de la capitale, si vous le rappelez, on parle souvent avec des adjectifs qui ont tendance à à diminuer.
Évidemment, c'est beaucoup plus facile de commenter depuis Paris ou depuis, je ne sais pas un autre endroit, une opération militaire, mais des bombes sont tombées sur une capitale euh où des civils sont morts. Il y a effectivement il y a la cit cette intervention et cette invasion a duré un peu plus de 2h mais en 2h 80 personnes ont été tuées civil et militaires. Euh des bombes ont été lâchées sur des infrastructures, des infrastructures électriques, des infrastructures de télécommunication.
Euh il y avait il y a au centre de Caracas un aéroport qui sert très peu d'ailleurs qui sert maintenant plutôt de parc euh pour aller faire du jogging qui a été bombardé c'est entouré de maison. Enfin, c'est c'est euh c'est c'est c'est une intervention américaine par la une intervention militaire euh par la plus grosse puissance militaire du monde contre un pays une nouvelle fois qui est accusé de choses diverses et variées mais qui n'a en tout cas jamais euh agressé les États-Unis ni un quelconque autre pays. Une nouvelle fois, c'est c'est choquant, c'est scandaleux mais c'est malheureusement pas surprenant.
H on va revenir plus en détail sur sur cette agression, le contexte un petit peu. Euh avant ça, j'aimerais qu'on parle de la réaction d'Emmanuel Macron. Sa première réaction euh a été assez critiquée parce qu'elle s'est faite en deux temps.
Euh je vais vous lire une partie du message qu'il a posté sur son compte X samedi soir. Le peuple vénézuélien est aujourd'hui débarrassé de la dictature de Nicolas Maduro et ne peut que s'en réjouir. Du coup, à aucun moment, le président français n'évoque l'intervention militaire des États-Unis en dehors du cadre international, je dois le rappeler.
Emmanuel Macron a condamné cette attaque mais plusieurs jours après, il a condamné surtout la méthode employée, je le cite. Qu'est-ce que ça dit selon vous cette première réaction à chaud d'Emmanuel Macron ? Mais écoutez, je euh je voudrais pas être pêché par un excès de diplomatie, mais je vous dire une réaction en deux temps.
Moi, contrairement au président Macron, je n'ai pas l'habitude justement de m'imisser dans la politique des autres pays. Enfin, je reste j'aime beaucoup hein la la France, je m'intéresse à sa politique mais je n'ai pas l'habitude de distribuer si et là euh les recettes pour trouver les solutions, c'est au peuple français de trouver ses propres solutions et cetera. L'une des premières donc ma première réaction, mais ce n'est pas uniquement dans cette dans cette dans cette déclaration, ni ce n'est pas uniquement le monopole d'Emmanuel Macron ou du président français.
C'est une habitude fâcheuse euh du leadership européen, en tout cas si on se concentre sur l'Europe euh qui est d'un côté de distribuer euh de par le monde euh des félicitations ou des ou des recommandations ou des condamnations qui sont souvent voilà qui s'accommode euh d'intérêt politique ou économique. Et donc ce côté prescriptif est très énervant en fait. Je bon j'imagine que vous le savez, mais je si je l'apprends à quelqu'un euh quand on est en Amérique latine, se faire donner des leçons comme ça depuis Paris, Londres ou New York, c'est c'est extrêmement énervant.
Et d'un autre côté et évidemment, je pense que ça dit euh le moment dans lequel on vit, c'est-à-dire d'un côté les doubles standards, bon nous dans la pays du sud, nous nous y sommes habitués. Et qu'est-ce que je veux dire par là ? côté, on passera des moins et des moins à se frapper la poitrine pour le sort du peuple ukrainien et condamner donc la violation du droit international et se remplir la bouche de droit international parce que la Russie a agressé l'Ukraine.
Et bon, avant le Venezuela, on constate que cette formule ou que ce cadre de pensée n'est pas du tout appliqué au génocide en Palestine par Israël que d'ailleurs les les auteurs des crimes sont souvent pas nommés même. Il y a toujours des références un peu vagues et cetera aux violences, aux événements. Je suppose qu'il y a ce type de formule aussi dans le communiqué euh euh du président et et par contre justement une prudence un un langage soyeux pour soigner euh finalement sa relation avec les États-Unis quand indépendamment des des inances internes, de l'échelle et cetera, le fait est que une armée qui pénètre le territoire d'un autre pays avec des forces armées lâche des bombes, tue des civils et des soldats et en plus kidnappe le chef d'état.
Ça s'appelle une invasion et ça s'appelle bon après il y a des gens qui peuvent être d'accord avec une invasion mais il faut qu'ils les assume du moins qu'ils sont d'accord avec une violation du droit international et au moins ils auront le bénéfice de la franchise. Donc voilà, je je pense que ça ça en dit long et je dirais peut-être une une chose de plus parce qu'évidemment il la question de la soumission face aux États-Unis qui est bon qui n'est pas nouvelle non plus. Je pense qu'il y a dans les dans les affaires internationales une conception un peu étrange parfois des leaders européens qui se disent les alliés des États-Unis.
Je pense que dans ce type de relation comme celle qu'à l'Europe avec les États-Unis, c'est surtout les Européens qui veulent bien se concevoir comme alliés des États-Unis et les États-Unis au gré des circonstances peuvent considérer euh bon les empires n'ont pas d'alliés finalement hein. Les empires ont soit des sujets soit des ennemis et ils ont que des intérêts. ils poursuivent des intérêts et puis s'il faut se débarrasser de tel ou tel comme on peut voir par exemple avec le Groenland actuellement la rhtorique de Trump sur le Grenland.
Ouais voilà, je je toucherai pas ce ce sujetl mais je je je voudrais sur le sur le sujet donc de des des doubles standards simplement dire qu'il y a en plus dans cette période une composante de peur de peur personnelle mais vraiment de crainte personnelle parce que cette administration américaine a démontré qu'elle peut donner le traitement à des Européens qu'elle réserve d'habitude à des pays euh qu'il considèrent inférieur, donc des pays du sud, du sud global et ça comme le Venéuela. Qu'est-ce que je veux dire par là ? Si vous avez un comportement jugé déviant et cetera, vous serez vous ferez l'objet de sanctions américaines qui s'applique habituellement à des Africains, des Latino-Américains, à des à des gens au Moyen-Orient, en Asie, mais rarement à des pays d'Europe. et on a vu je reviendrai pas sur les débats et cetera peu importe qui en a été l'objet mais on voit que cette administration américaine est disposée à imposer des sanctions aussi quand même mentionné à des à des juges de la Cour pénale internationale à la rapporteuse de l'ONU des nationalités italienne Francesca albanaise et les sanctions de des États-Unis les sanctions de l'OFA on en parle comme ça non seulement elles empêchent euh les sanctionner de visiter les États-Unis, mais leur aspect financier leur empêche même d'avoir un compte bancaire.
Donc vous imaginez euh dans le monde actuel vous avez une vie économique normale dans un pays stable et vous êtes complètement coupé tout à coup de toute possibilité d'exercer votre métier, d'envoyer de l'argent à vos enfants et cetera et c'est la c'est la mort économique qui vous attend par les sanctions. Et je pense sincèrement que des dirigeants européens aujourd'hui considèrent qu'ils peuvent être punis et qu'ils ont peur et qu' du coup voilà, ils prennent des décisions qui sont influencées d'une certaine manière par le risque personnel qu'il encourit de contester les actions des États-Unis. Alors justement Temir Poras, pendant qu'on parle de la position européenne, j'aimerais vous faire écouter quelques petits extraits.
La position, la réaction d'Emmanuel Macron a été a été jugée timide, on l'a dit, et elle reflète quand même assez bien la position européenne, ça aussi on l'a dit. Euh hier, notre journaliste André Manivit s'est entretenu avec le chercheur spécialiste du Venezuela, Thomas Passado. Il a vivement critiqué l'attitude des Européens face à ce kidnapping.
On l'écoute tout de suite. Ça fait quelques mois maintenant que Trump balance des des sortes de menaces ou des envies de vouloir récupérer ce territoire. Est-ce que c'est est-ce que c'est possible ?
Est-ce qu'il en est capable ? Est-ce que l'Union européenne pourrait enfin s'exprimera par rapport à ça ? Mais je sais enfin je j'attends les réactions fermes de l'Union européenne.
Enfin, je les attends toujours sur l'intervention contre Nicolas Madoro, hein. Je les ai pas vu. Il y a Kaya Kalas, la la respons la hautre représentante despolitique étrangères qui a qui a qui a utilisé le droit international, l'Espagne qui a condamné de manière un peu plus ferme.
À l'inverse, Georgia Meloni et Emmanuel Macron qui ont été particulièrement servile à l'égard de de de de Donald Trump. Euh mais euh face à une puissance euh états-unienne qui montre aucune limite. Enfin le euh enfin je je je n'ai pas confiance pour l'instant dans dans ces exécutifs-là pour pour mener une résistance, mais cette résistance serait nécessaire.
Euh que les peuples s'expriment aussi. hein, qui qui a besoin de de d'une d'une résistance euh implacable et la plus dure possible parce que Donald Trump ne connaît que ça. Enfin, je lisais des articles sur le sujet où il y aurait peut-être des deals euh où l'Union européenne ferme les yeux sur sur le le Vénézuela et et en espérant s'attirer les bonnes grâces de Donald Trump sur l'Ukraine.
Mais on sait que c'est des deal perdants avec Donald Trump. Donald Trump se se fiche qu'on a été gentil avec lui sur un sujet. Sur ce même sujet, nos confrères ont interrogé à l'Assemblée nationale Pierre Alexandre Anglade, président de la Commission des affaires européennes, lui affirme au contraire que les Européens font preuve de fermeté mais devrait en faire quand même un peu plus, notamment sur le dossier du Groenland, un territoire convoité par les États-Unis.
Il y a aujourd'hui la menace de notre principal partenaire historiquement qui sont les États-Unis d'Amérique sur le Groenland. Moi, je pense qu'il faut réaffirmer de manière extrêmement claire que le Groenland n'est ni à prendre ni n'est pas à prendre et n'est pas à vendre et que ce territoire est européen, que le Groenland est constitutif du royaume du Danemark, lui-même faisant partie de l'Union européenne et les Européens au lieu de faire des communiqués qui sont certainement très utiles devraient se rendre physiquement sur place pour marquer le soutien et la solidarité de l'ensemble des 27 et de nos partenaires britanniques peut-être sur place pour marquer la solidarité avec le Groenland et dire à Donald Trump que le Groenland n'est pas un territoire américain. Alors, on a commencé à parler à évoquer de cette position européenne, mais voilà, au regard de ce qu'on vient d'écouter, qu'est-ce que vous en pensez vous, Temir Poras ?
Je pense une nouvelle fois que le risque est est est est croissant dans des dans des régions l'Europe euh qui n'était pas habitué en fait à être traité euh je suis désolé mais comme comme nous pays du tiers monde par la puissance hégémonique le fait de de de d'opposer et peut-être peut-être l'exemple vénéuelien bien euh peut illustrer ce que je veux dire dans la mesure où certes euh enfin il a fallu euh la puissance militaire des États-Unis euh pour d'une certaine manière bon décapiter euh en kidnappant président Nicolas Madura. Il a il donc il a fallu qu'ils y aillent militairement euh pour que finalement euh le Venezuela d'une certaine manière se voit contraint euh de suivre euh les orientations décidées par les États-Unis. Mais on a vu aussi euh qu'immédiatement après l'intervention, c'est la même administration américaine qui euh a pris acte d'une certaine manière qu'il n'y avait que les autorités du tabisme à l'intérieur de Caracas qui étaient capable d'assurer la stabilité du pays.
Et et immédiatement après l'intervention militaire, cette dame Maria Corina Machado qui avait malgré avoir appelé à l'intervention militaire sur son pays, reçu le prix Nobel de la paix et qui se voyait désigné comme la présidente instaurée par les États-Unis, bah elle a été mise de côté tout simplement parce que jugé incapable d'assurer la stabilité du pays. Cela veut dire que d'une certaine manière, un empire, les États-Unis de Donald Trump ne respecte que la force, finalement ne respecte que des acteurs entre lesquels ils peuvent aller hein. C'est il faut avoir le courage finalement de courir le risque de de se soumettre ou de subir les foudres des États-Unis, mais il ne respecte que des acteurs qui finalement ont une colonne vertébrale, ont une capacité politique, ont une ont une capacité d'organisation, sont respectées dans leur pays, ont les capacités de gouverner et ce n'est pas effectivement en faisant des des gestes en courant les Chines d'une certaine manière comme l'a fait madame Machado avec Trump et puis c'est retrouve trouvver euh dans les marginaliser dans les plans de Trump au Venezuela.
Ce n'est pas en faisant ça qu'on qu'on réussira en Europe finalement d'empêcher Donald Trump d'avancer et d'obtenir ses objectifs politiques quit d'ailleurs une nouvelle fois a violer le droit international de la même manière que la Russie et et qui d'ailleurs pardon je finis avec cette idée. Ouais. J' bien qu'on bascule sur un un autre un autre volet, il nous reste plus beaucoup de temps.
Euh j'aimerais revenir avant sur les accusations euh de conspiration narcoterroriste à l'encontre du président Nicolas Maduro et donc en gros voilà et c'est pour ça que les les États-Unis sont intervenus, ont mené ce kidnapping. Il risque la prison à perpétuité. L'implication réelle de l'État vénézuéin dans ce trafic de drogue à destination des États-Unis est bien évidemment très discuté.
Quel regard vous vous portez sur ces accusations ? Oui, mais c'est une c'est une fabrication. une nouvelle fois, on peut on peut reprocher à Nicolas Madoro.
Enfin, il y a suffisamment de choses à reprocher Nicolas Madoro pour ne pas venir inventer que le président d'un pays qui produit un million de variles de pétrole par jour et à 300 milliards de variles de pétrole de réserve euh bah, je sais pas pour quelle raison décider de de s'engager dans c dans son temps libre dans le trafic de drogue. Cela n'a aucun sens. Euh le fait qu'on ait imaginé euh regardez un exemple concret, on a dit pour cela qu'il était à la tête d'un cartel.
Donc qui sont les membres du cartel finalement ? ce même cartel qui était qui a été désigné ce cartel fantaisiste, le cartel de Los Soles, immédiatement après sa capture qui avait été désignée comme une organisation narcoterroriste par les États-Unis, c'est cette cette désignation a été laissée de côté et il n'y a plus d'accusation sur le cartel de Los Soles. Pourquoi ? parce qu'il il faudrait qu'il y ait des complices.
Je sais pas, quartel n'est pas fait juste de du président et de sa femme. Euh et c'est donc les les l'entourage ou l'État vénésien qui reste aux commandes. Donc on peut pas en même temps leur demander de gouverner le pays, continuer les à les accuser de de trafic de drogue.
C'est c'est c'est ceci est une éème variante du low ferme et de et de la et de la criminalisation des adversaires politiques de gauche en Amérique latine qui est une vieille tactique de la droite et et qui a connu un regain depuis Albaro Ribé en Colombie dans les années 2002 2003 et qui aujourd'hui effectivement a une variante instrumentalisée par l'administration Trump. Ouais. vous, tout au long de votre carrière politique, vous avez quand même eu des rôles au sein des administrations et des gouvernements du Venezuela.
Pourquoi est-ce que vous avez pris votre distance avec Maduro ? Euh, ça s'appelle des désaccords et vous savez en politique enfin prendre ses distances est un euphémisme. Il arrive un moment enfin il était président au début de son mandat.
J'avais des positions, il ces positions ne lui ont pas plu et du coup bah j'étais démite mes fonctions. Donc euh c'est c'est assez simple. Non, j'avais j'avais j'avais à ce moment-là des désaccords sur la politique économique du Venezuela mais enfin c'était des désaccords qui restent dans le cadre de la politique normale.
Enfin, on prend comme on dit en France responsabilités et on accompagne ou on accompagne pas un gouvernement en fonction du rôle qu'on peut avoir et si ce rôle est est cohérent d'une certaine manière avec les idées qu'on veut défendre. Mais mais bon, c'était c'était des désaccords sur des options euh de politique économique n'a rien à voir euh sur une condamnation euh ou une ou des questions philosophiques. Euh donc je me suis voilà, je me suis éloigné à ce moment-là et puis j'ai fait ma vie.
J'ai fait les cours à sciences, j'ai fait professeur et cetera. Enfin, j'ai fait j'ai fait autre chose. Cela étant dit, une nouvelle fois, je n'ai jamais renié de mon de mon de dans mon allégance d'une certaine manière au chavisme comme courant politique.
J'étais très fier de servir le président Hugo Chavez et et comme vice-ministre du ministre des affaires étrangères Nicolas Maduro parce que c'était essentiellement dans ce cadre que j'ai travaillé avec lui avant qu'il ne soit président et et évidemment je suis très très affecté par le sort de mon pays avant tout et et je reste finalement un patriote vénézuélien le patriotisme latinoaméricain qui n'est pas du tout xénophobe, qui est généreux et cetera. Et euh je vois triste, enfin je suis très attristé et révolté euh du fait que que mon pays se voit dans la situation dans laquelle il se trouve, du fait exclusivement de la décision des États-Unis euh de l'attaquer et de et de et de et de le de le mettre sous pression finalement uniquement pour s'approprier de son pétrole. Mais euh comme on a vu, les choses ne sont si simples que ça dans des pays où les peuples, les gouvernements, les courants politique ont une colonne vertébrale et sont obligés de de faire face à la situation actuelle euh mais euh mais mais ne se soumettent pas euh par avance ou euh ou volontairement à à la à la volonté de les Gémons qui euh et qui veut la dominée.
Et si on évoque le sort du Venezuela, euh il y a une présidente par intérim qui a été propulsé à la tête du pays là depuis quelques jours. Elle s'appelle Delsier Rodriguez. C'est l'une des figures de prou du régime chaviste.
Elle s'est dit prête à coopérer avec les États-Unis selon Donald Trump. Comment est-ce que vous vous voyez l'avenir au Vénézuela ? Ben écoutez, elle elle ben curieusement une nouvelle fois, c'est la Constitution vénézuélienne qui dit qu'en l'absence du président de la République, c'est la vice-présidente en l'occurrence la vice-présidente puisque c'est une femme qui devient présidente par intérim.
Curieusement, ce détail a été peu remarqué. Elle n'est que présidente par intérim. Et donc selon le droit constitutionnel vénézuélien, le président euh le le président de la République du continue à être Nicolas Madé et et je pense que cette situation décrit à la fois que c'est un gouvernement et un état sous contrainte.
Je voudrais rappeler ce cette situation, elle se rapproche davantage, même si politiquement ça n'a rien à voir, mais elle se rapproche davantage d'une situation comme celle de l'après-gerre où vous avez une armée d'occupation en réalité qui est à vos portes, qui euh qui vous entoure finalement, même si il n'y a pas d'occupation militaire telle qu'elle parce que c'est quelque chose de très dangereux pour la l'armée américaine d'aller, on a le souvenir, l'Irak, la Libye et cetera. C'est très dangereux pour les Américains de venir et occuper le territoire, mais il y a la menace toujours d'attaquer. C'est un pays encerclé.
Et donc la la présidente Dels Rodriguez est un peu dans cette situation euh euh un peu hybride dans laquelle elle préserve l'intégrité euh de la nation, elle assure la continuité des institutions, assure d'une certaine manière la paix et la stabilité, ce qui est quand même un objectif important dans un pays qui vient de se faire bombarder. Mais en même temps sur les choix de politique économique, sur les choix de gouvernance, elle va devoir composer bah que que peut-on d'autres lui demander quand on a des portesavions aux portes ? Certes, la décision de chercher le conflit pourrait être théoriquement à sa disposition, mais cela ne déclencherait que de nouvelles attaques sur le Venezuela sans bien savoir effectivement quels effets ça pourrait avoir sur la population.
Donc je pense que cette position un peu de de prudence évidemment est conditionnée. C'est une c'est un deal qu'elle signe avec un pistolet sur la tente. Et donc du coup je je je le trouve une nouvelle fois qu'il est dans une position à la fois délicate et et et à la fois courageuse.
Merci Temir Poras euh pour vos précieuses analyses.
Emmanuel Macron