Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo (sur YouTube)· 13 février 2026 11 min

Mathieu Darnaud, président du groupe LR au Sénat est l'invité politique

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Mathieu d'Arnaud. Alors ça tombe bien que je vous ai invité puisqueon a appris hier que Bruno Retaillot était donc officiellement candidat à la présidentielle. Alors on dit qu'il a envoyé un certain nombre de SMS pour prévenir ses proches, les élus.

Vous aviez été dans la confidence hier. Oui, nous en avons échangé très très rapidement. Nous avons évoqué le sujet et son souhait d'être d'être candidat à cette élection présidentielle.

C'est pas une surprise pour vous. On attendait juste le moment. Est-ce que c'est le bon moment ?

D'ailleurs, je crois qu'une élection présidentielle, c'est un moment privilégié de débat de débat qui doit justement permettre à celui ou celle qui se porte candidat de parler de la France au Français, de dire quelle est sa vision pour notre pays et je crois que ça prend du temps. C'est un moment qui doit aussi permettre de poser des idées dans le débat public et je crois qu'on en a cruellement besoin. et puis de donner quelques directions pour dire surtout dans un temps où la France a été confrontée et confrontée à de nombreuses crise, comment on entend les dépasser ces crises ?

Comment on entend élever la ligne d'horizon et finalement proposer des solutions qui permettront demain de faire en sorte que le quotidien des Français soit meilleur qu'il ne l'est aujourd'hui ? Alors, on va évoquer un certain nombre d'éléments de programme qu'il a avancé hier, mais revenons à ce à ce à cet instant précis. Euh on le sait depuis qu'il a été euh mis euh dans la lumière au ministre de l'intérieur sous euh les gouvernements euh euh Barnier Bairou, un départ un peu étonnant euh sous euh Sébastien Lecornu.

Euh on pensait qu'il allait attendre les municipales. Est-ce que c'est pas un peu risqué de se lancer avant éventuellement, je ne vous souhaite pas de mal, mais un mauvais résultat au municipal qui pourrai entacher un peu cette démarche de candidature de Bruno Rotaillot. La politique, c'est aussi parfois prendre des risques, c'est aussi savoir se consacrer à à l'essentiel.

Et je pense qu'en cela, Bruno Retaillot répond à une exigence, une exigence des Françaises et des Français qui veulent que soit posé encore une fois dans le débat public des idées et que cette élection qui est l'élection suprême en France puisse permettre de nourrir un un débat un débat public. Alors oui, on peut s'interroger sur le calendrier. Moi, je pense que le temps long, c'est important.

C'est important pour éclairer aussi les enjeux de cette élection présidentielle. Je crois que cette élection présidentielle et c'est important, on le voit dans ce temps de crise, dans cette vie politique atomisée, sans fait majoritaire à l'Assemblée nationale, a besoin de porter un peu d'espérance, d'espoir et je crois que c'est l'objet de la candidature de de Bruno Rotaillot. Alors, on va venir sur un certain nombre de propositions qu'il fait ou en tout cas d'éléments programme.

Alors, il dit que c'est pas pour le pouvoir, mais c'est une candidature de devoir. Bon, ça c'est un petit peu euh mot valise, mais sans doute que il le il le pense. Moi, j'aimerais vous entendre par rapport au programme qu'il avance.

Par exemple, l'immigration n'est plus une chance, dit-il, une société multiculturelle et multiconflictuelle. Ça c'est du retaillot dans le texte. Ça veut dire que ce sera une campagne pour lui d'une droite dure, conservatrice.

Vous partagez par exemple, je crois que c'est une c'est la volonté d'avoir une une droite qui soit une droite assumée et puis euh d'un sujet l'immigration qui est au cœur des préoccupations des Françaises et des Français. Mais je crois qu'il y a à éclairer là encore. Il a même parlé d'un référendum sur le sur le sujet.

Quelle est la meilleure façon de savoir ce que pensent les Français de ce que veulent les Français que de leur rendre la parole ? Moi je pense et j'attends depuis longtemps justement que le président de la République que celles et ceux qui aspirent à être candidat aspire à demain exercer cette fonction suprême puisse proposer la voix du référendum parce que c'est encore une fois la meilleure façon de faire trancher ces sujets, d'apporter du souffle et de la force pour pouvoir derrière bien légiférer parfois et c'est important de le dire aussi et il l'a dit de modifier la constitution toujours bien sûr d'une d'une main tremblante parce que il faut veiller à ce que notre constitution justement puisse permettre de de respecter à la fois cet état de droit, mais surtout d'avoir une législation notamment en matière d'immigration, mais aussi en matière de sécurité qui permettent de répondre aux enjeux de dont notre pays a a besoin. Vous parlez de la constitution sur ce sujet-là, mais quelle pourrait être une question qui correspond à la Constitution sur un référendum, sur l'immigration ? parce que ce n'est pas forcément un des sujets sur lequels on peut organiser un référendum.

Est-ce que ça c'est pas une façon de poser un certain nombre de jalons mais qui ne sont pas forcément réalisables ? Écoutez, c'est pas en 2 minutes qu'on peut répondre à cette question là. Il faudra vraiment encore une fois éclairer, voyez, d'où la nécessité de partir relativement tôt dans dans une campagne.

Et je pense justement encore une fois qu'il faut éclairer les enjeux de de cette campagne notamment sur des sujets comme celui-ci parce qu'effectivement et là je je vous donne raison, on a trop souvent vu jusqu'à présent poser dans le débat public des sujets comme ça l'emporte-pièce. Oui, c'est il dit la vérité, c'est voilà, c'est des sujets qui méritent euh d'être traités dans le temps, d'arriver à maturité et de voir comment le droit permet de les poser utilement. Alors, avant de parler de son programme, avant de le développer, on se pose la question de la désignation.

Il ne l'a pas évoqué hier dans cette allocution d'à peu près 10 minutes cette adresse au français. Vous en pensez quoi vous ? Il faut une une primaire parce que on dit qu'il s'est un peu précipité parce qu'une tribune serait en préparation signée de monsieur d'Armanin Voquier et Lissenard réclamant une primaire.

On devait le savoir au mois de juin. Pourquoi ne pas avoir attendu cette cet élément là qui est quand même fondamental ? Est-ce qu'il sera le seul candidat des républicains pour les Républicains ?

Écoutez, à cette heureelà je ne suis pas en capacité de de le dire. Deux choses, c'est important ce sujetl. La première euh le président euh l'archer conduit actuellement un groupe de travail au sein de notre famille politique qui doit permettre de définir les contours de ce que pourrait être la règle de départage.

Donc attendons de voir quelles seront les conclusions de ce de ce groupe de travail. Et il pouvait pas attendre monsieur Retaillot c'est son c'est son calendrier encore une fois je viens d'expliquer c'est son calendrier personnel c'est son choix. Euh je pense qu'en tant que président de notre famille politique, il il a conscience bien évidemment de tout cela et je pense qu'il a euh lui-même euh plaidé pour qu'il y ait ce travail autour des des règles de départage.

Ça ça concerne notre famille politique. Et c'est important parce que nous avons toujours dit que nous portions une voix singulière au niveau des républicains, une voix euh qui ne se retrouve pas dans dans la macronie et qui n'aspire pas non plus à regarder plus à droite. nous l'avons toujours dit, y compris même au moment d'entrer en responsabilité avec Michel Barnier parce qu'il nous semblait que seul l'intérêt supérieur de la France prévalait et de répondre aux interrogations des Françaises et des Français.

Et puis il y aura un second temps bien sûr parce qu'il y a plusieurs candidats et ça n'a échappé à personne et donc il faudra se poser la question d'une primaire. Oui ou non. Je ne suis pas un adepte absolu de de la primaire, mais y a-t-il y a-t-il un meilleur y a-t-il une meilleure solution ?

Y a-t-il une meilleure voie de passage ? J'en doute. Oui, parce que certains ont dit qu'ils diraient par exemple, je prends qu'un exemple he David Lissard qui est candidat dit s'il y a pas de primaire, moi j'irai coûte que coûte.

Donc ça, est-ce que ça engage à faire une primaire ouverte ou très fermée ? Vous vous préfériez quoi ? Même si vous n'êtes pas favorable à une Ça engage en tout cas les uns et les autres à se parler.

Je crois que c'est important et à définir effectivement la règle du jeu pour la prédésignation du candidat LR. Si ce encore une fois ce groupe de travail vient à conclure qu'il faut passer par un mode de départage. Alors sans doute que cette déclaration de candidature va accélérer les choses, j'en suis sûr.

Alors revenons au Sénat dont je rappelle vous êtes membre bien évidemment et vous avez succédé à Bruno Retaillot à la tête du groupe des républicains et d'ailleurs vous ne lui avez pas redonné la place. Peut-être qu'il ne la voulait pas. Il va avoir autre chose à faire maintenant.

Euh il y a un petit bras de fer qui s'est créé entre le président du Sénat, monsieur Larch et l'exécutif. Logiquement, il y a une conférence des présidents le mercredi pour euh parler un petit peu du calendrier euh des textes qui vont être étudiés. Pourquoi monsieur Larcher n'a pas voulu qu'elle se tienne ?

Euh il trouve que l'exécutif euh ne joue pas son rôle. J'ai dit que l'élection présidentielle devait permettre de trancher, d'éclairer les sujets importants. En revanche, je pense que d'ici à 2027, on ne peut pas avoir un parlement à tonne, un parlement qui ne légifère pas, à commencer par les sujets essentiels, les sujets de de sécurité.

On a voté un texte, un projet de loi sur les polices municipales cette semaine au Sénat, un texte sur les gens du voyage. On aura demain à parler de la justice avec un texte qui se profile de Gérald d'Armanin et puis des textes annoncés sur la loi de programmation militaire. C'est important euh dans par rapport au monde qui nous entoure et à la nécessité qu'il y a à travailler sur notre base industrielle et technologique de défense ou encore une loi d'urgence agricole.

Et puis on nous annonce un grand texte sur la la décentralisation. Nous nous souhaitons connaître euh finalement quel sera euh l'agenda parlementaire pour éviter euh que ces textes ne s'évanouissent ou que on évite d'aborder des sujets qui sont euh parfois assez assez clivants, disons-le très clairement. Mais la politique c'est aussi décidé et on a le sentiment parfois que euh le gouvernement a voulu gagner un petit peu de temps après cette période budgétaire qui n'a pas été simple, tout le monde en conviendra.

Tout le monde semble dire que tout va se trancher à la présidentielle. Ça, voyez-vous, je refuse je refuse cette idée qu'on att 202 pour répondre à nos agriculteurs qui sont en souffrance pour penser le budget militaire et de défense de la France pour répondre au sujet important de décentralisation. Nos nos concitoyens veulent que l'on décentralise plus, veulent que la prise de décision soit faite plus sur nos territoires qu'à Paris.

Et puis euh d'autres sujets comme la justice qui est une préoccupation avec la sécurité, encore une fois une des priorités euh pour nos concitoyens et on ne peut pas attendre 2027. Il faut trancher ces sujets. On donnera pas euh le souffle attendu, mais ce sont des premières réponses importantes et puis il y aura cette séquence présidentielle encore une fois qui permettra d'aller plus loin.

Un dernier mot très rapide, les municipales, c'est bientôt 15 et 22 mars. Vous craignez cette étape électorale pour les républicains ou pas ? Non, je ne la crains pas.

Je crois qu'on a des candidats qui sont engagés, des candidats qui sont encrés, des sortants, euh des nouveaux candidats. C'est un moment d'expression important. Je crois que dans notre pays, la démocratie locale a permis avec nos 550000 élus d'endiguer beaucoup de crises.

Euh, la crise du Covid, la crise sanitaire, la crise des gilets jaunes. Je crois qu'aujourd'hui, on a besoin d'avoir une vitalité démocratique et ces municipales, on les aborde avec beaucoup de motivation, beaucoup d'engagement et je crois des choses à dire. notamment, on vient de parler de l'enjeu de la sécurité, euh de l'enjeu du développement économique, du cadre de vie.

Je crois que les Républicains euh sont toujours présents lors des élections municipales. Nous sommes la première force en en nombre d'élus dans notre pays et nous aspirons euh à le rester. Vous êtes serein donc pour ce scrutin ?

Je suis serein euh lucide aussi des enjeux parce que encore une fois l'atomisation de la vie politique a un impact et puis parce que nos concitoyens sont parfois un peu euh critiques vis-à-vis euh de la politique euh nationale. Et bah la vie politique locale, c'est aussi une façon euh de retisser ce lien entre les responsables politiques et puis nos concitoyens. Et bien Mathieu Dernous, merci d'être venu au lendemain de la déclaration de candidature.