#RDLS53 : MAL-LOGEMENT, SCANDALE VOLKSWAGEN, LÉGISLATIVES PARTIELLES, «LA TOMATE»
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:00Locuteur 1Chiffre
« il y a eu une abstention absolument monstrueuse de 71% ! »
- 10:00Locuteur 1Chiffre
« Dans le Territoire de Belfort, ils font 2%. »
- 11:00Locuteur 1Chiffre
« nous sommes les 3ème. Et, dans les deux cas... Dans le Val d'Oise, nous améliorons notre niveau... notre score par rapport à juin dernier. »
- 21:00Locuteur 1Chiffre
« 900 000 comme ça ! 900 000 !! »
- 25:00Locuteur 1Chiffre
« Combien il y a de gens qui sont concernés par le mal-logement ? 8 millions ! 8 millions !! »
- 30:00Locuteur 1Fait
« Pour ceux pour qui ça va le mieux socialement, pas de problème, ça ne bouge pas. Le surpeuplement n'est pas là. Pour les classes moyennes, situation stable... se détériorant. Et pour les milieux populaires, situation se dégradant de manière vertigineuse. »
- 35:00Locuteur 1Chiffre
« 934 000 personnes concernées par les situations extrêmes. »
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Bonjour les amis ! C'est la 53ème édition de la Revue de la semaine ! Merci d'être là !
Si ça vous plaît, il faut mettre des petits pouces bleus. Et si vous avez oublié... abonnez-vous, parce que ça...
ça nous stimule. Alors, je vous signale que cette revue... est maintenant entrée dans l'histoire, parce que... dans la série Baron Noir, le personnage qui est censé me... me représenter, enfin de loin... - ce n'est pas un documentaire Baron Noir... par certains côtés, oui - Mais enfin, le personnage qui est... censé... qui m'incarne quoi... qui me représente, il s'appelle Vidal.
Et alors, dans le... dans Baron Noir, on voit Vidal qui est assis sur un petit canapé, avec, derrière lui... il y a une série de... d'affichettes, et puis il y a un... un... un mug comme le mien, là... enfin tout blanc à l'époque, exactement comme quand on a commencé à faire... la Revue de la semaine.
Alors... si vous regardez ça...
ça vous donne une occasion de savoir que, voilà, on est... on a fait notre entrée dans la fiction.
C'est beau, non? Bon. Allez, merci.
On démarre. Générique ! Cette semaine... qui vient de s'écouler, il y a eu deux élections partielles... législatives.
Vous savez ce qu'est une élection législative partielle. C'est quand le Conseil constitutionnel a été saisi d'un recours sur la régularité pour... quelle que soit la raison, d'une élection législative.
Il examine, et il peut décider d'annuler l'élection. Et on recommence. Bon.
C'est ce qui se produit pour... cinq... circonscriptions, six peut-être maintenant.
Alors, au total, on aura eu : le Val d'Oise, le Territoire de Belfort, la Guyane, la Haute-Garonne, le Loiret. Et je crois que, maintenant, il y a une circonscription de Mayotte... dans les Comores, là-bas dans l'Océan Indien.
Mayotte est un département français. Nous, au niveau national, on suit ça de très près. Il y a une équipe qui est constituée, avec quelqu'un qui... qui l'anime, aux côtés de Manuel Bompard.
Le gars qui s'occupe de ça, c'est Paul Vannier. C'est un professeur... un jeune professeur, et... qui a lui même été candidat.
Donc, il sait de quoi il parle, iI a fait une campagne électorale. Ça...
On a une équipe nationale, qui fait intervenir ce qu'on appelle nous le "Fi phone", c'est-à-dire, dans tout le pays, les membres de la France Insoumise passent des coups de téléphone aux gens, sur place... pour les motiver à aller voter et à connaître notre candidature.
Alors, c'est toujours une opération nationale et évidemment locale. Parce que c'est l'équipe locale qui décide de tout, pour la conduite de la campagne. Mais, je tiens à préciser que ce n'est pas l'équipe locale qui décide qui est candidat, Parce qu'on considère que c'est une élection nationale, qu'on est un très jeune mouvement.
Donc, on ne va pas accepter que tout se cartélise... et... bon... qu'on oublie que c'est une élection de type national que d'élire un député ou une députée.
Alors là, bon, tout s'est très bien passé pour ces deux... ces deux circonscriptions.
Les gens ont envoyé localement... les Insoumis du coin nous ont envoyé leurs propositions, et le national a pris... la commission nationale qui s'occupe de ça, qui est composée d'un groupe de personnes qui sont là représentant le mouvement, et d'un groupe de personnes qui ont été tirées au sort parmi les membres du mouvement.
Puis, c'est eux qui... qui tranchent sur tous ces sujets.
Alors là, bon, c'était facile : on a reconduit les candidats qu'on avait la dernière fois. Je vous rappelle que... on a toujours considéré, nous, qu'une élection législative, c'est national.
Parce que, en juin dernier, on avait tenu une convention nationale pour valider l'ensemble des désignations. Alors, les deux campagnes ont été brillantissimes. C'est-à-dire que... on a beaucoup milité, beaucoup fait de porte à porte, envoyé des équipes des départements d'autour, qui venaient donner le coup de main.
Et donc, le...
C'est pour dire, tout ça, qu'on a traité ça très au sérieux. Évidemment, une fois que le résultat était là, on a été déçu par l'ampleur de l'abstention. Parce que nous, on pensait que les gens allaient peut-être avoir envie de se saisir de l'élection pour... pour... pour faire connaître... faire entendre leur protestation et leur opposition à la politique du gouvernement.
Ce n'est pas ce qui s'est passé, parce que il y a eu une abstention absolument monstrueuse de 71% ! Et, cette abstention elle-même, elle doit faire réfléchir. Parce que... c'est une abstention au lendemain d'une élection présidentielle.
Alors, on a une comparaison : c'était la dernière fois... ou plus exactement la fois d'avant, quand Hollande a été élu.
Quand il y a eu des élections partielles, après, il y avait un niveau d'abstention qui était beaucoup moins élevé. On tournait autour des 50% et même moins. Là, c'est une abstention absolument abyssale...
Et, elle nous apprend quelque chose. Pas seulement que les gens sont fâchés... qu'ils ont été peu alertés... sur l'existence de ces élections partielles... mais que c'est une grève civique froide C'est-à-dire que les gens ne vont pas voter, parce qu'ils ne veulent pas voter.
Ils disent : tout ça...
ça ne sert à rien, donc on n'y va pas. Moi, je considère qu'ils ont tort. Mais, il faut respecter aussi cette manière de... de... de s'exprimer qu'ils ont.
Et puis surtout, ça va vous apprendre une deuxième chose : c'est que d'habitude, quand vous avez une élection présidentielle, elle purge la situation politique. En gros, on remet les compteurs à zéro, comme on dit vulgairement Bien là, ça n'a rien mis à zéro du tout. C'est-à-dire que la crise politique, qu'il y avait avant, elle continue.
Et elle continue de la façon suivante : une abstention ultra massive. On en avait déjà eu, en juin dernier. Si vous vous rappelez, c'était quelque chose...
C'était une abstention gigantesquissime. Et bien là, ça continue, et c'est encore approfondi. Donc ça, c'est un signe de crise politique.
Pardon de dire ça, mais dans un pays... qui tourne normalement, les gens, ils font leur devoir de citoyens, parce qu'ils ont l'impression que ce qu'ils font sert à quelque chose.
Donc ça, c'est un premier signe de crise politique. Puis surtout, si vous avez regardé, même de loin... moi, je regarde très peu...
Je... je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais par exemple, je ne regarde pratiquement plus... le journal de 20 heures.
Je regarde celui du Média. Mais bon, le reste...
D'ailleurs, vous changez de chaîne, c'est toujours la même chose. Donc, il vaut mieux regarder le Média, parce qu'au moins on apprend quelque chose sur ce qui se passe dans le monde. Alors donc, si vous avez regardé un peu... vous savez que... il y a eu des... des crises dans tous les partis.
Au Front National, c'est la pagaille la plus noire. Aux Républicains, ils ont tenu un conseil national. Des gens qui étaient là, je ne sais pas pourquoi, ont sifflé leur nouveau Président, puis sifflé Mme Pécresse.
Enfin, on a l'impression que ça siffle beaucoup maintenant, dans ce genre de réunion. Quant aux socialistes, ils ont tenu une préparation... une séance de préparation de leur congrès, et ils ont... il y a quatre textes qui vont être discutés.
Alors on ne comprend rien. Il y en a trois qui sont quasiment les mêmes. C'est donc juste une bataille de personnes... qui sont là.
Et puis, il y en a un quatrième... qui correspond à la gauche de ce qui reste de gauche de ce parti, qui... dit qu'il faut parler avec la France Insoumise.
Les trois autres vivent dans l'irréalité, et continuent à dire : c'est autour de nous que va se faire le rassemblement. Enfin, tout ça est absolument incroyable qu'ils puissent croire que quelque rassemblement que ce soit se ferait autour d'un parti qui a maintenant des scores misérables. Et je ne me moque pas des petits scores.
Je dis que, comme leurs scores étaient avant très élevés, et qu'ils sont maintenant misérables, c'est que les gens n'en veulent pas. Ce n'est pas simplement par hasard que c'est comme ça. Bon.
Bref. Le seul qui dit qu'il faut parler avec nous... alors les autres lui jettent des pierres : c'est un proche ami de Mélenchon !
Comme si c'était une honte. Il veut parler avec Mélenchon. Et bien, oui.
Il part des réalités, le gars...
Donc, il réfléchit. Il s'appelle Maurel. C'est vrai que je le connais... et que c'est un ami.
Mais enfin, bon sang, on a le droit d'avoir des amis ! Moi, je ne tire pas les ficelles de ce... de ce que disent mes amis.
Ils disent bien ce qu'ils veulent. Ce sont mes amis, pas mes... mes... mes collaborateurs ou mes affidés.
Bon. Qu'est-ce que ça veut dire ? Bref.
Tout ça, ça a dégoûté les gens qui voient ça de loin ! Qu'est-ce que c'est que ce truc ? Alors ça, ça participe à une crise politique : l'abstention, l'environnement.
Et après, quand vous regardez le résultat de... de l'élection... il est différent dans les deux circonscriptions.
En tout cas, il y a des traits communs. Dans les deux circonscriptions, il y a une énorme abstention. Dans les deux circonscriptions, le parti du Président Macron... perd beaucoup, beaucoup, beaucoup de voix par rapport à juin dernier... mais vraiment ce qui s'appelle beaucoup.
Et, la troisième caractéristique, c'est que, dans les deux élections, la France Insoumise est devenue la troisième force. Avant, on était quatrième dans ces deux-là. Parce que, il faut bien que je vous le dise et vous le répète : ce sont deux circonscriptions qui ont votées, en juin dernier, à droite, et ce sont deux circonscriptions dans lesquelles, nous, on n'était pas présent au deuxième tour.
Donc, c'était difficile pour nous... et, honnêtement, on était un peu angoissé.
On s'est dit : mais qu'est-ce qui va rester de nous... dans une élection partielle, où les gens ne voient pas le rapport avec... avec l'élection présidentielle ?
Ils ne voient pas le rapport avec la précédente élection législative. Tout ça peut leur paraître lointain. Et puis, comme on n'arrête pas de dire du mal... de... de la France Insoumise, de moi, de... des autres députés, et on essaie de nous salir sans arrêt, sur le plan personnel.
Bon. Je ne veux pas cacher que c'était un peu angoissant. Est-ce qu'on n'allait pas, comme ça arrive souvent...
Vous avez été là pendant la présidentielle, vous avez été là à la législative qui suit, et puis vous êtes effacé du tableau. Et bien, ce n'est pas du tout ça qui s'est passé. Nous sommes les 3ème.
Et, dans les deux cas...
Dans le Val d'Oise, nous améliorons notre niveau... notre score par rapport à juin dernier.
Et, au Territoire de Belfort, c'est à peu près pareil avec juin dernier. Donc, c'est assez réconfortant. Mais...
Et enfin, caractéristique suivante commune : dans les deux cas, le parti socialiste reste à un niveau qui... qui...qui montre qu'il n'est plus la force de référence qu'il a été... il y a encore quelques temps.
Bon. Alors, dans le Territoire de Belfort, ils font 2%. Il faut quand même vous rendre compte de l'énormité de cette information.
Parce que, dans cette circonscription qui est passée à droite, autrefois, il y a vingt ans... c'est la circonscription dans laquelle a été élu... le président socialiste de l'Assemblée nationale...
Raymond Forni, qui était un personnage brillant et respecté. C'est aussi une circonscription dans laquelle a été élu Jean-Pierre Chevènement. Donc, avant d'être de droite, elle a été socialiste, mais bien socialiste.
Donc, imaginez-vous que, là-dedans, il reste 2% de gens... qui vont voter... socialiste.
C'est un signal d'une force inouïe, pour ce parti. Et, dans le Val d'Oise, ils ont légèrement progressé par rapport à juin. Ils doivent faire... 6, alors qu'ils avaient fait 5,5 - et ils considèrent ça comme un exploit - ce qui les met à la moitié de... du score par rapport à nous... nous, on est à douze et des choses... donc à la moitié.
Alors, ils disent : très beau résultat, 6 ! Enfin, il y a encore... il y a encore un an, qui aurait dit que 6%, c'est un beau résultat pour le Parti Socialiste, quand la France Insoumise est à plus de 12 ?
Et enfin, il y a une dernière leçon à ces élections, c'est que dans les deux cas... le candidat d’Europe-Écologie-Les-Verts a bien résisté.
Il a retrouvé son score de l'élection précédente. Alors, à Belfort, ils n'avaient pas de candidat à cet endroit-là : ils soutenaient les socialistes. Bon.
Cette fois-ci, ils ont amené un candidat, celui de la circonscription voisine. Et, il a fait un score où il retrouve le niveau qu'avait Europe-Écologie-les-Verts en 2012. Donc, c'est quand même un signal.
Et, la même chose s'est produite dans le Val d'Oise, où... la candidature Europe-Écologie-les-Verts retrouve le total des voix des candidats... qui se réclamaient de l'écologie, en dehors de nous, en juin dernier.
D'accord ? Donc, ils sont stables. Et ça aussi, c'est un fait qu'il faut prendre en considération...
Bon. Nos...
En quelque sorte... la France Insoumise, qui est un mouvement écologiste, et Europe-Écologie-les-Verts ne se prennent pas... des voix l'un à l'autre...
C'est ce que... c'est ce dont atteste cette... cette élection.
En tout cas, dans une élection législative. Il est clair qu'aux présidentielles, beaucoup d'électeurs d’Europe-Écologie-les-Verts ont voté pour moi. Je le sais très bien, et... et j'en suis très content.
Alors ça, c'est les... les leçons.
Après, je vais vous donner un autre fait... en dehors de ceux-là qui sont les caractéristiques communes... quelque chose qui marque des différences de situation... qui est lié aux différences de situation entre le Val d'Oise et... le Territoire de Belfort.
C'est que, dans le Territoire de Belfort, il n'y avait pas de candidat Europe-Écologie-les-Verts. Il en est venu un cette fois-ci... parce que, le coup d'avant, il soutenait le socialiste, ou plus exactement, le candidat présenté par les socialistes.
Et ce candidat, il a appelé à nous soutenir. Il... il vient du mouvement des citoyens.
D'accord ? Alors, il a appelé à nous soutenir, de même que le Parti Communiste. Et... normalement, l'addition des deux... c'est-à-dire nous plus eux, ça devrait donner 20.
C'est comme ça. Ça ne donne pas du tout 20. C'est juste que la France Insoumise se retrouve à son niveau de juin dernier.
Donc, on ne peut pas passer à côté d'une réalité comme celle-là. C'est-à-dire que là, dans le cas précis, et bien, le fait de s'être regroupés a diminué, a bloqué ce qu'on a pu observer dans le Val d'Oise, où c'est l'inverse : on a avancé, on a progressé en score. Alors, je pense que, dans le cas précis de cette élection partielle, cette forme de... de soutien, cette forme de... qui a été fait avec beaucoup de loyauté... et très bruyamment, sur le rassemblement de la gauche et tout, pas par nous, par les autres... et bien, ça a bloqué ça.
Et on a connu des gens qui disaient : ah bon, vous êtes alliés avec les autres là... avec les socialistes, c'est ça que ça voulait dire, puisque le gars qui était candidat socialiste, il appelait à voter pour nous...
Bon. Alors... ah bon, vous êtes avec eux ? alors là, pas question !
Bon. Bref. Je le pose... pour dire que là... cette alliance a fonctionné comme un étouffoir.
C'est un fait. Je n'ai pas dit que j'en suis content. Je n'ai pas dit que c'était une situation définitive.
Je ne dis pas que toute forme de... de... de... de regroupement... est négatif.
Je dis seulement qu'il ne suffit pas de se regrouper, de mettre des sigles, même pour la France Insoumise, pour que ça marche. Non. Il faut aller gagner ses galons.
Et aujourd'hui... s'allier, ou recevoir, parce qu'on ne s'est même pas allié, on a reçu le soutien d'un ancien candidat socialiste, et bien franchement... ce n'est pas une recommandation pour les électeurs.
Hein. Aussi longtemps que le Parti Socialiste continuera sa tambouille, à ne pas savoir s'il est dans l'opposition ou dans la majorité... et bien voilà, ça donnera ça.
Donc, c'est ça que j'ai voulu dire, et que je répète, devant vous, pour que vous l'entendiez. Parce qu'à l'inverse, dans le Val d'Oise, nous étions candidats, les socialistes étaient candidats, les Verts étaient candidats, le PCF était candidat. Et là, nous avons progressé.
Par conséquent, c'est une leçon... que nous devons tirer de la situation, puisque là on fait 12... le PCF fait... presque 3, et, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, les Verts retrouvent le total de leurs voix.
Alors, si on veut faire des constructions politiques dans le futur, il faudra partir de l'idée que d'abord il faut régler les comptes du passé, et puis qu'il faut faire une proposition qui ne soit pas seulement : ça y est, on a mis des sigles ensemble. Parce que ça, tout le monde s'en fout ! C'est ça que je veux dire.
Tout le monde s'en fout. Et au contraire, c'est un repoussoir. Bon.
En tout cas, ce qui est sûr, c'est que ce ne sont pas nos candidatures qui ont posé problème, parce que ce sont des candidatures brillantes de deux femmes, extrêmement présentes, avec une grande force de... de conviction.
Et puis, c'étaient des bons tandems...
à chaque fois. Les campagnes ont été... très appliquées, très acharnées, avec tout le sérieux que les amis y ont mis.
Dans certains endroits, je l'ai dit, les départements... les amis des alentours venaient donner un coup de main.
Ceux de toute la France l'ont fait. Donc ce n'est pas... ce n'est pas elles qui sont en cause.
Ce qui est en cause, c'est un contexte... dans lequel... le... l'abstention est gigantesque...
Évidemment, c'est dans les quartiers populaires... qu'elle est la plus forte.
C'est d'ailleurs dans les quartiers populaires qu'on fait les plus gros cartons, nous, la LFI. Là-bas - j'ai pris l'habitude de dire la LFI pour dire la France Insoumise - et là-bas dans le... dans le Val d'Oise, il y a... il y a au moins une ville où on fait un carton.
Et puis, il y a plein de bureaux de vote populaires où c'est 30%, 47%. Mais bon, dans un océan d'abstentions. Il y a un bureau de vote à 47% à la France Insoumise au premier tour...
Je veux dire que presque un sur deux a voté pour nous. Bon. Donc... voilà, ça joue contre nous.
Aussi longtemps que les nôtres ne sortent pas... pour aller voter, et bien, qu'est-ce que vous voulez ?
On ne peut... on ne peut pas avancer plus vite.
Et puis alors, il y en a qui me disent : ouais... vous devriez vous poser des questions.
En effet, on s'en pose. C'est clair que ce n'est pas facile, dans un océan d'abstentions. Alors, ceux qui nous donnent des conseils, ils n'ont qu'à y aller, et nous dire comment... comment on doit s'y prendre pour dire aux copains, qui restent chez eux, qu'il faut aller voter.
C'est ça, le coup de main à nous donner. Ce n'est pas de nous demander de nous interroger. Ça ne sert à rien.
Merci. Ça va. On est au courant.
On le fait, s'interroger. On passe notre vie à ça. Et puis, c'est nous qui mouillons la chemise.
Donc moi, je... je demande qu'on ait du respect pour les candidates, et du respect pour tous ceux qui se... qui se... qui sont dans... dans la bataille, comme ça.
Bon, je vous rassure...
ça ne va pas du tout...
ça ne va pas du tout nous atteindre, ça nous encourage. Je vous dis la vérité. Le résultat nous a encouragé.
On s'est dit : bon, on est là...
Alors qu'il y avait des copains qui disaient : oh la la, vous allez voir... on va être... on n'existe pas... parce que... on est... c'était pour la présidentielle, et tout ça.
Et bien non. Si, on est là. Voilà.
Alors, ça aussi, ça rassure tout le groupe, à l'Assemblée nationale. Les copains étaient super contents de voir ça. Et hier, on a reçu, tous en groupe... notre ami, qui est le candidat qu'on soutient en Guyane, qui est Davy Rimane.
Il est venu nous voir... au groupe.
Il a participé à une discussion...
Et ensuite, il a été au siège de la France Insoumise. Et toute la machine se remet en route pour l'aider. Bon.
Évidemment, la Guyane, c'est... pour nous, en Métropole, c'est loin.
Moi, je ne prétends pas savoir comment on fait une campagne électorale en Guyane. Donc, clairement... c'est des amis, là-bas, qui vont décider.
Alors, c'est pareil. Là-bas, sur place...bon, il y a eu des... des amis qui n'ont pas été contents qu'on désigne... ils disent : depuis Paris.
Mais oui, depuis Paris ! Voilà. Et je le redis, et je le redis pour toutes les autres circonscriptions : c'est depuis Paris que ça se décide !
Parce que c'est une élection nationale, parce que nous devons tenir compte du fait qu'on veut une alternance homme-femme....
Voilà. Oui, et bien là, il y avait deux femmes qui ont été désignées... par chance, c'était par la base.
Mais, il y avait d'autres propositions... qui m'avaient été faites d'envoyer d'autres personnes.
Non ! Donc, c'est une décision nationale. Mais à chaque fois, on consulte, on demande aux gens localement : alors, comment vous voyez la chose ?
Bon. Alors, ce n'est pas quand on ne conclut pas... favorablement, qu'il faut aussitôt monter aux rideaux, en disant : c'est Paris !
Qu'est-ce que c'est que ce vocabulaire ? On est dans le même pays, non ? On est des citoyens égaux.
On a des cadres communs. Il ne faut pas me la jouer, à moi, cette histoire-là ! Le gars qui est dans le coin, et qui a des racines qui lui ont poussé sous les godasses, ça n'existe pas ça Ça, ça ne marche pas.
Bien sûr que le niveau local a une appréciation politique. Bien sûr ! Et c'est d'ailleurs pour ça qu'on demande à chacun : comment vous voyez ?
Mais moi, quand je participe à une élection, et vous autres qui m'écoutez... on participe pour gagner.
D'accord ? Donc, la dernière fois, en juin dernier... mes... mes amis, là-bas sur place, avaient choisi un candidat. puis, trois jours avant les élections, ils en ont changé.
Et c'est leur droit. Je... je...
Ils étaient maîtres. Mais à la fin, on a fait 1,37 ! Voilà.
Nous, on ne participe pas à des élections pour faire 1,37. On participe à des élections pour essayer de les gagner. Et là, le gars Davy Rimane qui est candidat, c'est un meneur de la lutte sociale de la Guyane.
C'est un homme jeune, il a 38 ans. Il renouvelle complètement les conditions... locales.
Et là-bas, ça bouge. Tout bouge, partout. Mais en Guyane, les gens sont tellement pris à la gorge, qu'ils ont bougé plus fort... qu'ailleurs, dans le pays.
Et des leaders sont apparus. Et ce... cet homme, qui est un syndicaliste, il a été présent... au deuxième tour, en juin dernier.
D'accord ? Et à 46 voix près, il gagnait ! Donc, c'est vraiment un homme qui est capable de porter la parole de ses concitoyens.
Nous, on s'incline devant le résultat et devant lui. C'est un type super brillant, qui signifie quelque chose de... de la nouvelle Guyane.
Et puis c'est un syndicaliste, un meneur social. Et dans le Loiret aussi, on présente un syndicaliste. Pas un apparatchik, un militant... un militant, qui est un militant du syndicalisme de... du syndicat Sud de l'énergie, le reste du temps.
Un gars qui a été sanctionné pour avoir déjà été candidat, dans une autre circonscription. Je vous raconte tout ça, pour que vous sachiez que les élections, c'est important, que ça compte pour nous. C'est la seule manière qu'on a de voir le peuple entrer dans un combat politique.
Peut-être qu'il le fait dans des mobilisations sociales. Bien sûr qu'il le fait ! Mais, il entre dans un combat politique... c'est par les élections.
Vous connaissez une autre méthode ? Il y en a une autre qui est apparue quelque part, qui donne quelque chose ? Non.
Donc, c'est là que ça se passe. Et il faut se battre pour qu'un maximum de gens participent aux élections, même partielles, parce que c'est ça qui va donner le la. Et moi, je souhaite que les candidats du pouvoir soient battus, parce que c'est la seule manière que nous avons de dire au gouvernement que nous ne sommes pas contents, et de le faire politiquement.
Socialement, on a d'autres moyens : il y a des manifestations, il y a des grèves et tout ça. Mais là, je parle de la politique. La seule manière de dire : nous ne sommes pas d'accord avec votre vision politique du monde, à Monsieur Macron, d'une manière démocratique, d'une manière tranquille, calme, pacifique, c'est de voter !
Voilà. Et c'est notre rôle... nous la France Insoumise, de vous le dire à vous autres... qui êtes là, qui nous écoutez et puis qui, des fois, hésitez à savoir si vous allez voter ou pas.
Si, il faut le faire ! Voilà, mes amis. En tout cas, là, quand même, ça nous a réconforté, je... je... je vais vous le dire bien franchement.
Et j'espère que... que dimanche prochain... vous irez voter.
Même si c'est pour voter blanc. Il faut aller voter ! Il faut montrer que la chose publique vous appartient, que ce pays est à vous.
Et le moyen que vous avez de le montrer, c'est le bulletin de vote. Voilà. Bon.
Maintenant, je fais une chose que je ne fais pas souvent : je vous montre un livre que j'ai reçu. Là, c'est une bande dessinée. Bon.
Comme vous le savez, je suis amateur du genre...
C'est... c'est très marqué dans ma génération... la place des bandes dessinées...
Et, il y a un courrier qui va avec, qui va vous expliquer pourquoi je vous la... je vous la montre...
Ça s'appelle : "La Tomate"...
Les auteurs sont Anne-Laure Reboul et Régis Penet. Bon. S'il fallait vraiment que je donne un point de vue qui ne soit que personnel, c'est à la fois...
Pour moi, l'essentiel dans une bande dessinée c'est que le... le dessin... l'esthétique colle à la nature du récit.
D'accord ? Que ce ne soit pas une chose...
Donc, quand vous voyez ça, vous voyez que c'est un sujet...
Je suis content que vous le voyez de loin, parce que vous ne voyez rien. Mais, ça vous donne une image générale. Vous voyez que c'est un sujet qui est grave... dur.
Et ça colle à l'histoire. Alors... j'ai reçu un courrier avec.
Je vous le lis, comme ça... voilà...
L'auteur me met : "C'est avec émotion que je vous adresse cette bande dessinée. J'ai cru comprendre que vous étiez amateur du genre. Celle-ci tente d'illustrer un monde possible qui vient, et dont nous ne voulons pas"...
Attention... ce... le livre décrit une situation, et la décrit pour la combattre, pour dire... pour alerter, pour dire : attention c'est ça qui nous arrive dessus. "Un monde aux mains d'une caste minuscule, aux pleins pouvoirs.
Un monde où les faibles sont maintenus en état de survie. Un monde qui fait du vivant une marchandise." Après, il y a un passage... qui est très amical pour moi.
Et si je vous le lis, vous allez croire que je ne fais de la pub que pour les... les gens qui me trouvent intéressant.
Bon. D'ailleurs... il n'y a pas que... des compliments.
A la fin, il est dit que je dois arrêter de parler des gens, de dire "les gens"...
Bon. En réalité, je dis" les gens", parce que c'est une... un terme qui a été mûri.
On cherchait une interpellation qui soit inclusive. Et moi, comme vous le savez, je viens de l'histoire de la gauche. Et on disait : "camarades" ...
Bon. Aujourd'hui, vous dites "camarades", ce n'est pas du tout inclusif. Pourtant, c'est un mot sympa...
Mais, ce n'est pas inclusif. Il y a des tas de gens qui se disent : oh là là, c'est un truc de communistes ! Ce n'est pas qu'un truc de communistes.
Dans tous les syndicats, on disait : camarades. Et puis... après...
ça faisait plus poli, on disait : amis. C'est sympa "amis", aussi. D'ailleurs, ça me vient souvent à la bouche, comme "camarades". "Les gens", c’était inclusif, parce que c'était un mot nouveau, qui arrivait dans le vocabulaire politique, qui est... qui est un mot qui... qui inclut... qui ne repousse personne.
Vous dites : les gens... tous ceux qui m'écoutent se sentent concernés.
Ils savent bien qu'ils sont dedans. Voilà. Bon.
Ça, je le dis, c'est pour l'auteur et aussi pour vous, au passage. En tout cas, le... la... la BD, là, elle est... elle est super... elle est super.
Ceux d'entre vous qui ont vu "Soleil vert"... vont trouver un... un écho... lointain de Soleil Vert...
Et puis, si vous ne l'avez pas vu, et bien, il faut le voir. Parce que c'est le film qui... a mis le pied à l'étrier de l'écologie... dans...
à un tas de gens. Voilà. Je ne vous dis que ça.
Mardi, j'étais...
à la... la session annuelle de la Fondation Abbé Pierre.
La Fondation Abbé Pierre, elle s'est vouée... consacrée à la question du logement.
Et, c'est une question qui est...
Comment dire ? On pourrait dire : c'est une question parmi...
Non. C'est une question fondamentale dans la vie des gens. Tout commence par le logement.
Et, chaque fois qu'il y a une... cette réunion annuelle de l'Abbé Pierre - moi, c'est la troisième année que j'y vais - D'abord... j'en prends... comme on dit... plein la figure.
Parce qu' ils ont des toutes petites vidéos qui illustrent... les thèmes que... qu'ils soulèvent.
Et ces toutes petites vidéos, elles sont super performantes. Par exemple, là, ça s'ouvrait sur : comment une personne, qui était une personne qualifiée... qui bosse dans une entreprise, est licenciée.
Et, de ce licenciement... il va jusqu'à la rue.
Et... il y a un petit slogan qui défile : "La précarité, le début de la perte de notre humanité".
Tu vois le... les gens... on voit les gens... on voit la personne passer d'un... d'un point à l'autre.
Et puis après, le film se rembobine. Et le gars, il repart de la rue, il retrouve son logement, il retrouve sa clé, il retrouve ses décors, et il retrouve son entreprise. C'est une sorte de vidéo réversible.
Vous pouvez la voir sur le site de la Fondation Abbé Pierre. Franchement... c'est quelque chose.
Il y aura le lien dans la description, en bas, pour le cas où vous voulez y aller. Mais, la force de la Fondation Abbé Pierre, c'est qu'ils vous montrent à quel point le logement est le début de tout. Alors... tout le monde sera d'accord pour dire : oui, c'est vrai !
C'est une formule un peu abstraite. Mais, là, cette année, ils traitent le thème du surpeuplement. Alors, j'aime mieux vous dire que... vraiment, c'est un choc.
Parce que, c'est une chose de savoir les choses... c'en est une autre de les voir.
Et quand on sait et qu'on voit, honnêtement, on ne ressort pas indemne. Le surpeuplement... avec le surpeuplement aggravé... parce qu'il y a des niveaux de surpeuplement...
Ça donne des situations concrètes de déshumanisation. Alors, dans leur petit film, on voit un cas, où c'est une famille...
Ils sont... cinq.
Et ils vivent dans un 30 m². Et... une des femmes, de ces cinq personnes, est enceinte.
Alors... déjà, ça commence par des trucs terribles.
On est cinq dans un endroit où il n'y a pas d'aération, où les gens ont du mal à respirer. Et on vous montre, à partir d'un exemple comme ça, cinq personnes dans 30 m². Et puis, il y en a un autre, encore plus terrible, derrière.
C'est une dame qui s'appelle Mme Mbemba. Elle est là avec ses... ses... ses trois enfants.
Et c'est une autre dame qui l'a accueillie, qui elle-même a des enfants, dans... 11 m² ! 11 m² !
Ils sont six dedans ! Et personne ne leur trouve de solution. Alors, qu'est-ce que c'est la vie à six, dans 11 m² ?
C'est ça que la petite vidéo vous montre. Et vous voyez que ça veut dire que...on n'a plus le droit...
à être soi. Parce qu'il n'y a aucun moment qui vous appartient. Vous êtes tout le temps avec les autres, empilés avec eux, dépendant d'eux, etc.
Avec toutes les tensions, évidemment, que vous imaginez. Clairement, il n'y a pas d' équilibre possible dans une situation comme ça, que ce soit dans 11 m², ou dans 30...
à cinq ou à six. Ce n'est pas possible. Donc, les gens sont continuellement en lutte contre des instincts les plus fondamentaux ... qui sont en eux-mêmes... et qui suggèrent la mise à distance.
Vous le savez ça ? Il y a des animaux - on l'a calculé tout ça - en dessous d'une certaine distance, c'est considéré comme une agression. Donc, si vous passez une certaine distance, la bête vous agresse.
Voilà, c'est comme ça. Et bien, pour les êtres humains aussi... on contient des programmes de cette nature.
En-dessous d'une certaine distance, l'agressivité et les mécanismes de défense... sont... sont survoltés en soi.
D'ailleurs, les êtres humains... on arrive à se presser comme des sardines dans le métro et le reste, parce qu'il y a des conventions sociales qui nous permettent de savoir que c'est une situation provisoire.
Là, c'est une situation de tout le temps ! Alors, vous voyez cette dame et ses enfants, qui errent dans les rues, parce que... on ne peut pas rester... au logement.
Surtout que ça dérange la personne qui les a hébergés. D'accord ? C'est terrible, terrible, terrible, terrible.
Il y a 900 000 comme ça ! 900 000 !!
Ce n'est pas ça, le scandale ? Et pendant ce temps-là, bla bla bla bla bla...
Oui, je m'occupe du logement social... il diminue les... les sommes qui sont données !
Je ne veux plus voir une seule personne à la rue... il y en a partout !
Rien n'est fait ! Rien ! Ces gens-là n'ont même pas idée que ça existe.
Moi, j'aimerais qu'on... qu'on montre au président de la République, qu'on montre... aux ministres pas une, mais dix vidéos comme ça !
Ça lui prendrait dix minutes, ou ça lui prendrait une demi-heure, pour se rendre compte de ce que c'est, chaque minute de la vie des gens... de ces gens-là, de la faute du... de... de... de ceux qui dirigent, de la faute... parce que des logements vides, il y en a !
Des espaces vides, il y en a ! De l'argent pour loger les gens, il y en a ! Et ça coûte moins cher de loger décemment les gens, que de les abandonner à cette situation.
Parce que cette situation déclenche des maladies - oui déclenche des maladies, le lien est avéré - crée un stress... qui démolit psychologiquement les gens crée une situation pour les enfants, dans leur construction comme personne, avec un droit à l'intimité.
Ça existe pour les adultes et aussi pour les enfants... c'est-à-dire le droit de s'appartenir à soi-même.
C'est grave, cette histoire ! Alors, ils ont publié un rapport...
Moi, je... je vous demande de... si vous avez de... un peu de temps... allez lire ça...
Il y a...
C'est un gros parpaing. Dedans, on nous donnait... on nous donnait ça.
Là, il y a les chiffres du mal-logement...
Il y a d'autres fiches comme ça. Vous pouvez la voir. Vous pouvez la passer.
Ah ça, c'est les notes que j'ai prises pendant qu'on était là-bas Bon. Alors, voilà...
Tiens... j'ai bien fait de noter ça.
Le surpeuplement, ça reculait, avant... c'est-à-dire dans les années 50-60... après la guerre, et puis... et... et puis tout le reste... et 70.
Et depuis 2006, hop, c'est reparti. Mais ce n'est pas reparti partout pareil. Pour ceux pour qui ça va le mieux socialement, pas de problème, ça ne bouge pas.
Le surpeuplement n'est pas là. Pour les classes moyennes, situation stable... se détériorant.
Et pour les milieux populaires, situation se dégradant de manière vertigineuse. 934 000 personnes concernées par les situations extrêmes. C'est énorme, non ?
Bon. Combien il y a de gens qui sont concernés par le mal-logement ? 8 millions ! 8 millions !!
Vous vous en rendez compte... du nombre de gens qu'il y a...
à loger... dans ce pays ?
A bien loger ? Et, bien loger les gens, ça rapporte à la société, puisque maintenant il faut tout mettre en chiffres. Le surpeuplement, ça provoque des maladies... oui, des maladies !
Le lien est fait. Si vous êtes trop nombreux, dans un espace trop petit, vous tombez malade psychologiquement, vous tombez malade physiquement, ça provoque de l'humidité qui... pourrit l'alimentation, et pourrit aussi l'être humain : des problèmes de peau, des problèmes d'asthme, etc.
Le lien est fait. Ce n'est pas la peine de dire : on ne sait pas. Si, on sait !
Deuzio, ça provoque d'autres problèmes, que les gens qui sont correctement logés ne peuvent pas avoir à l'esprit. Moi, j'ai... j'ai appris.
Tout d'un coup, je me suis dit : ah mais oui, mais c'est vrai. Et donc, c'est pour ça qu'il faut que les... les...tous ceux qui ont une responsabilité se rendent compte.
Des exemples ? Bon...
Stocker ? Vous ne pouvez pas stocker. Quand vous êtes à six dans 11 m², il n'y a pas de place pour stocker... les aliments, que vous achetez plutôt en grosse quantité, parce que vous êtes nombreux et que ça vous permet de les avoir à moins cher.
Vous ne pouvez pas stocker. Vous ne pouvez pas stocker, non plus, tant d'habits que ça... parce qu'il y a six personnes.
Imaginez-vous ce que ça représente. Je vous parlais d'une surface de 11 m² tout à l'heure. Je peux aussi bien vous parler de celle où ils sont cinq dans 30 m².
Où vous voulez stocker ? Dans celle où ils sont cinq dans 30 m², il y a un bébé qui arrive. Ça va être quelque chose là-dedans... pour eux tous.
Ils se font un souci d'encre de savoir que ça va être ça, leur situation. On ne peut pas stocker. On ne peut pas archiver...
Ben oui...
Vous, peut-être que chez vous, vous avez... vous savez ce que c'est archiver.
Tout n'est pas dans votre ordinateur. Soit dit par parenthèse, il faut pouvoir se le payer l'ordinateur. Parce que, si vous avez un ordinateur, il faut aussi avoir une imprimante...
Pourquoi ? Pour stocker les documents administratifs. C'est ça dont je vous parle.
En tout cas, quand vous voulez les stocker... compte-rendus bancaires, carte de ceci, relevé de cela, etc...
Où ? Où vous mettez ça ? Où vous mettez la boîte ?
Et si vous êtes plusieurs adultes, ça en fait des papiers, plus ceux des enfants. On ne peut pas. On ne peut pas archiver.
Et puis après, la construction d'une vie privée. Quand je parle de vie privée, je ne parle pas... de je ne sais pas quoi moi... vie de couple et tout ça, parce que ça, bon, zéro pour la question.
Mais une vie privée, ça veut dire : il y a un moment où vous vous reconstituez dans une certaine forme de... d'isolement, de solitude.
Vous êtes... vous vous appartenez à vous-même.
Vous pouvez... vous n'êtes pas confronté aux autres.
Donc, vous reprenez... de l'épaisseur... du déstress... et une capacité à être plus bienveillant et plus accueillant à l'égard des autres, et de leur participation à votre vie.
Donc, on peut dire la chose suivante : tout commence par ça ! Voilà. Ils ont raison les gens de la fondation Abbé Pierre, quand ils vous disent : tout commence par le logement !
Et bien, oui ! Parce que, pour chercher un boulot, il faut pouvoir stocker, etc... des papiers et tout ça.
Il faut pouvoir répondre. Il faut pouvoir avoir un... abonnement.
Il faut pouvoir avoir une adresse ! Une adresse, où recevoir les autres papiers... et ainsi de suite.
Et puis, il faut pouvoir se sentir en sécurité. Et puis, il faut pouvoir se sentir s'appartenir. Parce que, dans la vie, il y a peu de moments où on s'appartient, quand on est dans la vie sociale.
On est beaucoup dans les rites... sociaux et dans les participations.
Vous comprenez, les gens ? Le logement, ce n'est pas une question parmi d'autres. C'est celle qui commence, pour la vie des gens.
A l'heure à laquelle on parle - je ne sais pas qui va me voir parmi ceux qui sont dans cette situation-là - rappelez-vous qu'il y a 930 000 personnes dont la vie est quasiment confisquée par ceux qui leur refusent les moyens d'être logés décemment... un logement décent, auquel ils ont droit !
Alors, il y a eu un moment, on a opposé... on a inventé un truc : le droit opposable au logement.
Très bien. Donc, les gens maintenant, on les appelle les DALO... ceux qui font la demande...
Droit... etc...
Au Logement. Qu'est ce que ça change pour eux ? Bah... de temps à autre, ça change quelque chose.
Mais le reste du temps, rien. Parce que le DALO dit : mais, je n'ai pas de logement ! Donc, on verra.
On verra un peu plus tard. Mais les gens n'ont pas le temps ! Et on a vu une assistante sociale... au bord des larmes.
C'est une femme qui a...
Vous savez, assistant social... il faut être fort... pour faire ce métier-là.
Parce que vous êtes sur la ligne de front des misères des gens, tout le temps ! On voit qu'elle a un mal de chien. Elle a les larmes au bord des yeux, en disant : moi... de quelque côté que je me tourne... il n'y a pas de réponse.
Personne ne me propose une solution pour cette dame, qui s'appelle Mme Mbemba, par exemple...
Mais, c'est un exemple parmi d'autres. Il n'y a pas de solution. Et alors, elle, son métier c'est de trouver des solutions, et d'aider les gens à accéder aux solutions.
Et elle dit : alors moi, qu'est-ce que je fais maintenant ? Quel est le sens de son métier ? Elle-même, elle est... elle est percutée...
Voilà encore une victime, collatérale cette fois-ci, du surpeuplement de logement. Parce que... l'image de cette famille ne quitte pas cette assistante sociale.
Quand elle rentre chez elle, quand elle a fini le boulot, qu'elle pense à son boulot... et bien, elle pense à ça, à des gens qui, à la même heure... ne peuvent pas rentrer chez eux, parce qu'ils n'ont pas de chez eux.
Alors, ils sont dans la rue avec des petits gosses... et puis ils attendent l'heure à laquelle on va rentrer pour se coucher et manger.
Et souvent, on ne peut pas manger tous ensemble, parce qu'il n'y a pas assez de place. D'accord ? Pensez-y !
Quand on se met en colère, vous voyez... quand on ressent et on dénonce l'injustice de cette société... pensez-y les gens... ce n'est pas seulement qu'on est énervé par nature, c'est parce qu'on pense à tout ça, à toute cette misère qui n'a aucune raison d'être !
Construire des logements et loger les gens, ce n'est rien du tout... comme coût, pour la société !
Ce n'est que du bénéfice ! C'est un investissement ! Voilà.
Il faut s'en souvenir. Alors les gens, dites voir...
Quand j'ai fait le livre "Le hareng de Bismarck", où j'expliquais que l’Allemagne, ce n'était pas un modèle pour nous... pour sa politique sociale, pour sa politique écologique, et que je dénonçais la brutalité du gouvernement de la droite allemande, de Mme Merkel qui, paraît-il, fait l'admiration du monde entier... on m'a traité de germanophobe...
Vous vous en souvenez de ça ? Germanophobe, ça veut dire que je n'aimerais pas les Allemands. Ni "j'aime", ni "je n'aime pas" les Allemands.
J'aime des personnes en Allemagne, et d'autres je ne les aime pas. Je sympathise avec des gens qui ont les mêmes idées que moi, comme mon camarade Oskar Lafontaine, qui est un Allemand, ou sa femme, qui est la présidente de la fraction au Bundestag, Sahra Wagenknecht. Oui, oui, ceux-là je les aime.
Les autres, non ! Ceux de droite, non ! C'est même...
Enfin, je ne les aime pas, ce n'est pas que je ne les aime pas, c'est que je les combats politiquement. Je vous avais dit. Cette façon qu'ils ont de traiter... les êtres humains, en Allemagne, avec les lois qu'a fait voter le... le gars du PS là-bas...
Schröder, une espèce de... de brute sociale... dans le même genre que Hollande... et que maintenant...
Macron, ça c'est une société de violence qui est créée...
Et j'avais mis en cause... dans le livre...
J'avais expliqué que ce n'était pas le peuple le plus écolo d'Europe. Il fallait arrêter ces histoires-là. Au contraire, c'est parmi les plus sales.
Ils polluent toute l'Europe avec... les mines de charbon à ciel ouvert.
Il y a d'ailleurs plein d'Allemands qui vont faire des manifestations contre la mine à ciel ouvert. Mais, si tu dis ça en France, tu passes pour un ennemi des Allemands. Ce n'est pas sérieux.
J'ai dit : attention, l'économie allemande, pour 17%, c'est fabriquer des voitures. Fabriquer des voitures, dans des conditions socialement insupportables, écologiquement insupportables. Quand je dis socialement insupportables, je ferais mieux de dire : l'économie allemande en général.
Parce que... les lois qui ont créé des jobs à 1euro, qui obligent les gens à prendre n'importe quel travail, sinon, tout ce qu'ils ont leur est supprimé...
Ce n'est pas vraiment vrai dans l'industrie automobile... où toutes les pièces sont fabriquées dans les pays environnants, à bas prix, et où elles sont assemblées... en Allemagne-même, et où le syndicat IG Metall, qui est le syndicat... certainement le plus puissant d'Europe... bon... est très combatif et défend les situations des travailleurs de l'automobile Là, ils sont en train de revendiquer la semaine de 28 heures...
D'accord ? Dites. Ça me rappelle que, quand on a fait la semaine de 35 heures, il y avait quelques uns de ces bureaucrates d'IG Metall qui avaient dit : ah ben, ça tombe bien, ça va nous faire de l'avance pour nous... on vendra plus de voitures, nous.
D'accord ? Ce n'était pas très malin de se comporter comme ça, et de se moquer d'une conquête sociale des travailleurs français. Et bien maintenant, ça leur revient dans la figure !
Parce que c'est eux qui demandent 28... 28 heures par semaine.
Bon. Très bien...
Pourvu qu'ils y arrivent ! En pleine solidarité ! Mais moi, j'ai de la mémoire, et je vous redis à tous que... vouloir faire les gros malins... les plus intelligents que les autres, et montrer du doigt les conquêtes sociales de telle ou telle catégorie... là, je ne vous parle pas entre pays, mais y compris dans notre pays... si vous commencez à montrer du doigt la conquête sociale de telle ou telle corporation, attendez-vous à ce que le lendemain, ce soient les vôtres qu'on vienne chercher.
Là c'est pareil. Je ne pouvais pas ne pas en parler, puisqu'ils produisent 17%... leur industrie, c'est 17% des automobiles.
On a vu... l'histoire de Volkswagen qui mentait sur le niveau de pollution au diesel.
Alors là, c'est le pompon ! Mais, regardez comme c'est significatif... et le pompon !
Ils ont fait renifler de... de la fumée de pots d'échappement à des pauvres macaques qui sont des animaux, des singes... extrêmement...
C'est des singes, des animaux, des êtres sensibles. Alors, ils les ont enfermés dans des cages, tourné la tête vers les tubes, pour qu'ils respirent plein pot du diesel ! Mais quand même, quelle idée de... de dingue... de je ne sais pas quoi, absurde, insupportable, que de faire ça.
Et puis alors, on dit...
Toutes sortes de gens ont commencé à protester en disant : mais qu'est-ce que c'est que ça ? Toutes sortes de genres, y compris des Allemands, qui ont dit : mais c'est insupportable, enfin ! Qu'est-ce que vous avez dans la tête pour inventer un test pareil ?
Et voilà que, de fil en aiguille... maintenant on apprend qu'ils l'ont aussi fait sur des jeunes gens !
C'est-à-dire des gens qui ont 25 ans. Et on leur a dit : venez, vous êtes payés pour respirer du diesel. Ceux qui ont été là, je suppose que c'est qu'ils ne pouvaient pas faire autre chose...
Parce que n'importe qui, à qui on propose d'aller respirer du diesel, il ne le fait pas, sauf s'il est obligé Donc, ils ont tiré parti de situations de faiblesse. La première, c'est celle des animaux. Et quand on a le goût de tirer parti des situation de faiblesse, et bien, on se paye des cobayes humains.
Et ça, c'est la pente sur laquelle cette société est engagée, sur la base de ce qu'ils appellent "le modèle allemand", mais qui est en réalité le modèle de tous les champions du CAC 40, de tous les pays du monde : faire des profits, et prouver par des moyens - n'importe lesquels - que ce qu'ils font est très bien, et est bon pour tout le monde. Voilà. Réfléchissez à cette affaire !
Pas en vous disant : c'est des Allemands qui font respirer des gaz à des macaques et à des jeunes gens, mais en vous demandant quel genre d'industrie, quel genre de monde, quel genre de société permet que de telles choses puissent venir à l'esprit de ceux qui les organisent. Je n'ai pas de doute qu'ils vont être punis...
J'ai vu une déclaration de... du président du Land, qui est actionnaire de l'usine Volkswagen.
Le gars, il dit : mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Il est écœuré...
Bon. Donc, ce n'est pas une histoire allemande. C'est une histoire d'un monde particulier...
Et, s'il apparait d'une manière aussi violente en Allemagne, c'est parce qu'aujourd'hui le gouvernement de la CDU-CSU de Mme Merkel est le gouvernement le plus terrible, à poigne... de l’Europe.
Et M. Macron espère faire mieux, bien sûr, bientôt...
Mais...
Il est d'ailleurs en train d'y travailler activement, en détruisant le code du travail et le reste. Mais, regardez. C'est... des aspects comme ça, qui vous choquent, qui vous permettent de réaliser dans quel monde ces gens nous font aller.
Non seulement ils détruisent la planète, mais ils n'ont aucun respect, à aucun moment, pour quoi que ce soit qui soit vivant, même leurs propres amis, leurs propres enfants. Parce que, quand vous êtes un décideur et que vous envoyez un jeune respirer du diesel, après que vous l'ayez fait sur des macaques, c'est comme si c'était... comme si vous le faisiez pour... pour quelqu'un que vous connaissez personnellement.
Et ce n'est pas une excuse de dire qu'il ne les connaissait pas. Hein ? Voilà.
Réfléchissez-y. Ce monde est fou. Il faut le changer !
Jean-Luc Mélenchon