Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFM TV (sur YouTube)· 25 septembre 2025 15 min

Condamné à deux ans de prison, Brice Hortefeux, ancien ministre de l'Intérieur, se défend

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonsoir Brisorte Tefeu. Bonsoir. Merci d'avoir accepté notre invitation.

Vous êtes un très proche de Nicolas Sarkozy, peut-être son plus proche même depuis plusieurs décennies. Vous avez été condamné aujourd'hui, je disais tout à l'heure, à 2 ans de prison sous bracelet électronique pour association de malfaiteurs. Il y avait 3 ans euh de prison qui étaient requis contre vous.

Euh vous êtes condamné aussi à une amende de 50000 € une privation des droits civiques et familiaux de 5 ans. Vous êtes l'un des hommes clés euh de ce dossier puisque ce sont vos voyages à vous et à Claude Guéan en Libye. Vous vous en avez fait un de voyage en Libye.

On va en parler dans quelques minutes. Ces voyages qui ont intrigué la justice et qui ont amené ce procès et cette condamnation aujourd'hui. On va parler du fond de ce dossier dans quelques minutes.

On va y passer le temps qu'il faudra. Euh mais d'abord ce matin, vous étiez assis, je crois juste à côté de Nicolas Sarkozy au moment euh du jugement, au moment où la présidente a annoncé les Penes les exécutions provisoires, l'exécution provisoire pour Nicolas Sarkozy. Est-ce que vous avez pu à ce moment-là voir sa réaction et quelle a été la votre ?

Si vous me permettez, d'abord à titre personnel, moi ce soir je suis affecté et en colère l'un et l'autre. Comprenez bien que cela fait 12 à 13 ans d'enquête, 3 mois de procès qui était censé établir une preuve irréfutable d'un financement de la campagne présidentielle d'il y a 18 ans, c'estàd de 2007. C'est dites-vous bien que quand vous me recevez ce soir, c'est dites-vous bien que ça a été pour moi une épreuve bien sûr, mais pour moi c'est pas grave.

Mais pour ma famille, pour mes proches, pour tous ceux qui partagent mes convictions et qui savent quelles sont les racines de mon engagement. Et à l'arrivée ce soir, qu'observe-t-on ? Que voit-on ?

Premier élément, on observe, j'écoutais ce qui venaient vient d'être dit sur le plateau mais pardon, les mots ont un sens. Cette affaire est partie d'une note de Méiapartliquait qu'on avait signé un accord pour une subvention, une aide de 50 millions d'euros. Je vous rappelle que les campagnes présidentielles c'est 23 millions d'euros.

Déjà ça paraissait ça paraissait très bizarre par la justice par en partie le tribunal a la présidente du tribunal a parlé de faute qui est d'ailleurs une confirmation mais nous avions porté plainte avec Nicolas Sarkozy justement contre médiia part sur ce sujet aujourd'hui c'est fait cette note est qualifiée de faux par la présidente du tribunal il y avait une deuxième chose c'était l'enrichissement personnel certains qu'il pouvaient le supposer certains peut-être même qui pouvait l'espérer et à l'arrivée que se passe-t-il ? Aucun enrichissement personnel. Il y avait une troisième chose, c'était la corruption.

Et là aussi, il est établi qu'il n'y a eu aucune corruption. Et enfin, le financement et on était au tribunal 13 années d'enquête pour établir un financement et il est établi ce soir qu'il n'y a pas de preuve et qu'il n'y a pas de preuve de financement. Et vous savez et vous savez attendez et vous savez pourquoi attendez et vous savez pourquoi il n'y a pas de preuve de financement ?

Vous savez pourquoi ? Parce qu'il y a pas de financement et quand il y a pas de financement évidemment c'est difficile de poursuivre. Alors vous avez raison, il reste une chose me concernant pas une petite chose association de malfaiteur il reste une chose me concernant une seule chose le fait que j'ai rencontré pendant une quarantaine de minutes traduction comprise hm hm le numéro 2 du régime libyen.

Le numéro 2 pas le numéro 2 du régime libyen à l'occasion d'un seul déplacement et c'était il y a 20 ans. Vous m'entendez bien ? Allons-y, soyons extrêmement précis.

Quelques dizaines de minutes, un seul déplacement et il y a 20 ans. Vous dites le numéro 2 du régime libyen, on parle d'Abdalla Senusi, il est aussi chef des services secrets du régime libyen qui est une dictature. Il est aussi commanditaire d'un attentat qui a fait 170 morts, attentat contre le décès 10 du théâtre, 170 morts dont des dizaines de Français. condamnés en France, recherché par la France.

Il est aussi le beau-frère de Mohamad Kaddafi. C'est pas le ministre des des comptes publics. Enfin, je farci que vous rencontrez.

C'est d'ailleurs pas non plus votre homologue parce que vous à ce moment-là, vous êtes ministre des collectivités territoriales. Qu'est-ce que vous êtes allé rencontrer en Libye ? Pardon, il faut être très précis parce que vous comprenez bien que tout se fait sur la précision.

J'étais ministre délégué à l'intérieur en charge des collectivités territoriales. C'était ça. C'est pas toujours le cas.

Vous avez des ministres des collectivités territoriales qui sont pas du tout du ministère de l'intérieur. Regardez aujourd'hui d'ailleurs, il y a pas de lien. Qu'est-ce que vous allez faire en lib jours de Noël en Oui, justement c'était c'était ti le moment où il y avait un creux parce que c'est le moment où il y a le moins d'activité.

Vous avez parfaitement raison. Moi quand j'ai des creux dans mon agenda, je pars pas en Lib moi non plus. D'ailleurs la preuve, j'y suis allé qu'une seule fois en plus de 60 ans.

Donc c'est la preuve qu'effectivement c'était pas forcément ma tasse de thé mais vous avez parfaitement raison. C'est un personnage totalement euh sulfureux et il y a une évidence et c'est d'ailleurs ce qu'on va souligner parce que naturellement je fais appel encore une fois tout le reste a été balayé, tout le reste a été écarté. Il reste juste ça pour moi le rendez-vous.

Et bien je fais appel tout simplement parce que je vais souligner et rappeler que bien évidemment moi pas plus qu'un autre n'importe quel autre gauche de droite du socialisme des républicains de Renaissance n'aurait pris le risque je mets de côté toute considération morale d'aller rencontrer ne serait-ce que quelques minutes le le responsable de la mort de 54 français et de 160 personnes. Quand vous prenez le billet pour aller en Libye, vous avez rendez-vous avec lui. Pas du tout.

Non, vous le découvrez à quel moment ? Mais bien sûr. Il y a quelqu'un qui vous pousse dans le dos en vous disant rentre dans la pièce.

Bien sûr. Vous pensez bien à quel moment vous découvrez qui vous avez façu d'un rendez-vous avec ce personnage, naturellement je n'y serai pas allé. Et encore une fois, je vous le dis, moi ou n'importe qui d'autre, personne vous trouverez pas un responsable politique français qui dirait "Tiens chic, je vais prendre un café avec le responsable de la mort de 150 personnes." Donc comment ça s'est passé ?

Je je l'ai expliqué, je l'ai expliqué au tribunal et il avait été annoncé que je devais voir le chef de l'État. Très bien. Et finalement, c'était pas le chef de l'État.

Et on me dit à la fin d'un des dîners après le le un banquet en quelque sorte de protocolaire avec le le ministre de l'intérieur tout ça c'est il y a des photos, il y a des il y a un accord, l'accord a été d'ailleurs aujourd'hui reconnu comme étant tout à fait sérieux et ainsi de suite. Et on m'a à la suite ce ce dîner, je suis tombé, appelons ça comme on veut, un guet tapan, un piège, un trac mais un trac oui de quelques dizaines de minutes de question de tra Mais vous avez ce qu'il faut aussi bien comprendre c'est si c'était que moi qui disait je comprends très bien que vous puissiez m'interroger soupçonneux et vous auriez raison simplement vous avez cinq témoins qui ont été sollicités des deux ambassadeurs un responsable de policiers, d'autres diplomates qui tous ont dit que c'était dans les méthodes de la Libye, c'était dans la méthode de ce régime de l'époque c'est un piège. Je me suis rendu compte une fois sur place qui était cet homme et à aucun moment aucun moment il y a eu d'échanges de rien.

Rien bien sûr. Et quelques minutes et au bout de quelques minutes ça a duré encore une fois. Je vous dis quand je dis ça 40 minutes c'est peut-être le maximum et avec une traduction c'estàd qu' il n'y avait rien du tout de sur ce document que je comprend pas c'est pourquoi vous êtes pas partis au bout de 5 minutes mais parce que je vais vous dire vous êtes vous mett admettez que vous soyez un jeune journaliste.

Moi si je vois qu'un jour on me pousse dans un bureau et que j'ai face à moi un homme qui a du sang sur les mains et que je d'abord je connaissais pas le détail puisque personne personne moi ne m'avait mis en garde personne. J'avais pas de note du service du ministère, j'avais pas de note du quai d'Orset, j'avais pas d'avertissement de l'agent de sécurité intérieure. Je n'avais pas de précaution par l'ambassadeur.

Personne me l'avait dit. Donc moi, pardon, je voilà, c'est comme ça, je connaissais pas. Mais je suis je suis resté encore une fois quelques minutes et bien évidemment oui que quelques dizaines de minutes encore une fois traduction comprise.

Bon et au cours de ces 40 minutes, on a parlé du problème de l'immigration et de la demande formulée par le régime de financement par la France et par l'Europe de la lutte contre les migrations qui arrivaient dans leur pays. Et là et là vous rentrez à Paris et après plus rien plus aucun exfe ce que vous dites est exact par vous rentre pas le si est de trop pardon c'est ce que je vous dis exact vous rentrez à Paris vous vous rendez compte du piège immense qui vous a vous aurait été pardon il s'est rien passé vous n'en parlez pas à Nicolas j'en ai parlé j'en ai pardon d'abord il ne s'est rien passé au cours de cet entretien rien du tout de rencontrer un criminel il n il n'est Oui attendez il ne s'est rien passé bon j'ai rencontré le numéro 2 du régime de manière non pas demandée, de manière non pas souhaitée mais de manière subie. C'est ça la réalité.

Voilà. Et quand je suis rentré, je l'ai évoqué naturellement avec Claude Guéan qui était le directeur de cabinet. Mais encore une fois, il ne s'est rien passé.

Il ne s et c'est là où d'ailleurs et c'est là où il m'a dit qu'il s'était fait piéger. Exactement la même condition. Vous comprenez bien que si dites c'est pas très difficile d'ailleurs à comprendre. s'il y avait eu une arrière-pensée, s'il y avait eu quelque chose, s'il y avait eu en l'occurrence un demande de financement, mais je vous aurais donner une explication bien plus précise, bien sûr bien plus rationnelle, bien plus construite et tout ça.

Moi ce que je ce que j'ai dit et ce que je vous dis, c'est la spontanéité de la vérité. C'est ça la réalité. Alors pour tout ça, c'est très simple. effectivement on fait appel et moi j'ai toute confiance d'ailleurs vous savez le tribunal dit son droit et l'appel dira le droit et c'est pour ça que j'ai toute confiance dans quelques semaines Nicolas Sarkozy va rentrer en prison ne sait pas encore la date exacte.

Qu'est-ce que vous dites ? est un scandale comme il l'a dit lui aujourd'hui devant le tribunal où nul n'est au-dessus des lois. Oui, Nicolas Sarkozi, j'en suis totalement convaincu et totalement totalement totalement totalement totalement innocent.

Peut le répéter 100 fois ce mot-là et donc qu'il soit très touché, c'est tout à fait normal. Alors, chacun s'exprime avec ses mots, avec son histoire, avec son tempérament. Mais moi, je vous dis une chose, c'est que quand il y a une injustice, que doit-on faire ?

On doit combattre l'injustice et moi c'est ce que je fais, c'est ce que je vais faire en faisant appel appel que j'ai d'ailleurs fait aujourd'hui. Voilà. Mais pas avec les mêmes mots.

On leura noté que Nicolas Sarkozy contre la justice qui a dénoncé la haine contre lui aujourd'hui. Ce sont pas vos mots ce soir. Chacun s'exprime avec ses mots.

Et encore une fois, je comprends que Nicolas Sarkozy soit personnellement très touché par cette décision qui est objectivement totalement surprenante. Vous lui avez parlé depuis ce matin ? Non, j'étais je l'ai vu euh ce matin, mais on ne se pas reparler aujourd'hui.

Vous parlez toujours ? Oui, bien sûr. Oui.

Euhz, on se reparle aujourd'hu on se reparle on se reparle depuis aujourd'hui puisqueil avait un contrôle judiciaire. Mo il avait pas de contrôle judiciaire mais lui avait un contrôle judiciaire donc on se parlait pas avant. Oui.

Et là vous vous reparlez aujourd'hui, vous avez le droit de le faire. Euh vous reparlez de cet épisode là entre vous ? Ah non mais ça on l'a pas.

On l' pas. Je vous pose la question parce que pendant le procès Nicolas SarkoZi interrogé sur vos déplacements en Libye et ceux de Claude Guant a dit "Je n'étais informé de rien. Ils ont été naïfs, ils ont commis une erreur.

Ça ressemble quand même un petit peu à un lâchage." Non pas du tout. Il a dit "Non, il a été bien Non, mais il a dit à vrai dire quelque chose de très juste et et il a dit que c'était une erreur." Mais bien sûr que c'est une erreur.

Cette erreur, il me l'a reproché une fois. Mais pardon, mais moi je me la reproche tous les matins. Vous rendez compte ? 13 années d'enquête, 3 mois de procès.

Mais qu'est-ce que vous croyez que je me félicite le matin d'avoir vu un un le bras droit d'un despot ? Non mais pardon, c'est pas ma motif de fierté dans ma vie ça. Donc bien sûr, il a dit que c'était une erreur.

Mais en même temps, il a bien dit une chose. C'est pour ça que je je suis il m'inscrit totalement en faute sur ce que vous dites. Et il a pas dit que c'était une faute parce que une faute ça suppose l'intention.

Ça suppose l'intention. Il y avait naturellement aucune intention, une erreur. Mais bien sûr, voilà.

Mais moi je vous dis une chose. Quelqu'un à à cette époque, ça fait 20 ans, encore une fois, ça fait 20 ans, jeune ministre inexpérimenté, pas proche à l'époque du président de la République, j'en connais pas un seul qui aura réagit différemment de moi. Pas un seul.

Voilà, je vous le dis, c'est comme ça. Vous êtes là, vous êtes dans une situation, vous la subissez, vous la vivez, vous me dites vivement que je m'en aille. ce qui est fait.

D'ailleurs, je suis parti très vite et puis après plus jamais de nouvelles, plus aucun contact, rien du tout pendant 20 ans et un seul déplacement. Vous ne parlez pas de procès politique comme certains aujourd'hui en France. Les juges n'ont pas voulu se faire la SarkoZi et ses proches.

Moi je suis moi je suis concentré sur la la vérité. Je suis satisfait parce que il y a eu la vérité sur cette note bidon de médiia part. Je suis satisfait parce que il y a la vérité sur le fait qu'il y a pas eu d'enrichissement personnel.

Je suis satisfait parce que il n'y a pas eu il y a il n'y a pas eu de de de corruption. Je suis satisfait parce que il n'y a pas de financement de campagne euh de la campagne présidentielle. En revanche, c'est vrai que je suis totalement mobilisé sur cette injustice à la suite de ce rendez-vous pour lequel personne ne peut dire qu'il y a eu autre chose que ce que je vous affirme.

Personne ne peut dire le contraire. Et donc c'est pour ça que moi j'ai confiance dans la procédure d'appel. Quel est le message que vous auriez envie d'envoyer à Nicolas Sarkozy ce soir ?

J'ai pas j'ai pas de un message oui un message d'affection, d'amitié et j'ai pas besoin de lui souhaiter du courage et de la détermination parce que la sienne est intacte. Merci à vous Bris Sortefeu d'avoir accepté l'invitation de de BFM après votre condamnation. Donc je rappelle 2 ans sous bracelet électronique vous savez pas d'incarcération vous sans sans passer par la prison avec bracelet vous savez déjà quand vous l'aurez.

Non non ça je sais pas du tout. çait pas encore. Merci beaucoup Brisortfeu.