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Podcast / conversationFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 31 décembre 2025 26 minComplaisantDivertissementCulture, médias & sport

Comment se réinvente l’art circassien ?

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:01OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui nous rassemble encore aujourd'hui ?

  • 0:08OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui est réuni, les milieux sociaux, les générations ?

  • 1:51OuverteRéponse directe

    Que représente le cirque pour vous, Camille Decourty ?

  • 2:48OuverteRéponse directe

    Pour vous, Alexandre Edelstein, qu'est-ce que le cirque ?

  • 3:17OuverteRéponse directe

    Pascal Jacob, votre définition du cirque ?

  • 3:36OuverteRéponse directe

    Avez-vous chacun une madeleine, un moment que vous n'oublierez jamais ? Pascal Jacob ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:09InvitéFait
    « Le cirque n'est pas si vieux que ça. Le cirque, il date du 18e siècle, du 4 avril 1768 précisément. »
  • 7:21InvitéFait
    « Un cavalier, un officier de cavalerie démobilisé a présenté un spectacle équestre. Il était tout seul avec sa femme qui battait le tambour. »
  • 8:08InvitéFait
    « C'est 1825, puisque... Et pour l'Europe, le chapiteau est arrivé très, très tard. »
  • 15:51InvitéFait
    « C'est un des noms, sinon peut-être le nom, qui évoque le plus le chapiteau rouge et jaune. »
  • 19:51InvitéFait
    « Pour nous, le Cirque Fénix ça fait plus de 20 ans qu'il n'y a plus d'animaux. »
  • 20:11InvitéFait
    « Les animaux au cirque en Europe, c'est à la fin du 19e au début du 20e siècle. »
  • 24:43InvitéFait
    « Fin 28, début 29, probablement. »

Temps de parole

  • Présentateur39 %
  • Invité21 %
  • Invité 221 %
  • Invité 318 %

0,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Qu'est-ce qui nous rassemble encore aujourd'hui ? Qu'est-ce qui est réuni, les milieux sociaux, les générations ? On essaie de trouver du commun et surtout de s'évader, de rêver dans ces matinales de fin d'année. La semaine dernière, nous parlions par exemple des comédies musicales, un genre qui a été à certaines époques un peu boudé, un peu méprisé, qui a connu des hauts, des bas, des âges d'or et des renaissances, mais qui a su se réinventer. Eh bien, on pourrait dire la même chose de l'art dont nous allons parler ce matin. On parle du cirque avec nos invités et l'on réunit différentes familles du cirque.

Un cirque, d'abord, dont le nom va rappeler des souvenirs d'enfance à beaucoup d'entre vous. C'est le cirque Pinder et vous en êtes l'héritier et le directeur, Alexandre Edelstein. Bonjour. Oui, bonjour à tous, merci. Cirque qui a dû justement se réinventer après la faillite il y a quelques années. Vous revenez sans animaux sauvages cette fois et on va en parler. Un cirque, de l'autre côté de la table, dit moderne, contemporain, c'est la compagnie Phénix, dont vous êtes le directeur artistique, Pascal Jacob. Bonjour. Vous êtes aussi historien du cirque. Vous allez nous apporter ce regard d'historien, auteur entre autres d'une histoire du cirque aux éditions du Seuil.

Phénix qui fête ses 25 ans en ce moment à Paris. Et puis une autre compagnie moderne, contemporaine, c'est la compagnie franco-catalane Barro-Dével, dont vous êtes la créatrice, la directrice artistique avec Blay Matei Trias et l'une des interprètes, Camille Decourty. Bonjour. Bonjour. Merci d'être en ligne avec nous. Vous revenez de Barcelone, je crois, où vous avez joué hier soir. Venez-vous aussi qui nous écoutez nous parler de vos souvenirs du cirque, de ce que ça représente pour vous. Posez-nous vos questions au 01 45 24 7000 et sur l'application de Radio France.

Je voudrais d'abord, puisqu'on a la chance de vous faire dialoguer tout ce matin, que vous nous donniez chacun, chacune, votre définition personnelle, intime. C'est quoi le cirque pour vous, Camille Decourty ?

2:04
Invité

Ben, disons que c'est un point de départ sur un geste de... Les gens de cirque sont souvent en permanence, en transformation, parce qu'ils sont au service d'un projet. Et donc, ils s'adaptent en permanence à ce que le projet demande. Donc, en fait, c'est toujours une pratique qui demande de se déplacer, de s'adapter. Et c'est aussi un endroit où on sépare peu la vie et l'œuvre. Et où, finalement, tout fait sens dans un geste de vie entier et partagé avec une troupe.

2:40
Présentateur

Une belle définition de la troupe, de l'itinérance. On va parler de ces éléments indissociables du cirque. Pour vous, Alexandre Edelstein ?

2:50
Invité

Ah, pour moi, le cirque, c'est avant tout une passion, dans un premier temps. C'est un spectacle qui se joue sous chapiteau, sur une piste ronde, où on retrouve des ingrédients indispensables au cirque traditionnel, comme les clowns, les jongleurs, les trapézistes. C'est un spectacle intergénérationnel, où chacun peut interpréter à sa façon le spectacle qui se produit devant ses yeux. Et ça permet à toute la famille et à un large panel de publics de rêver les yeux ouverts, en fait. Pascal Jacob ? Alors, pour moi, c'est un art du rassemblement, en fait.

C'est un point de convergence, c'est deux communautés qui se rencontrent et qui vivent des moments souvent très intenses et qui sont partagés. Je pense que c'est ça le plus important de tout.

3:34
Présentateur

Et évidemment, le cirque, c'est l'enfance. Est-ce que vous avez chacun une madeleine, un moment que vous n'oublierez jamais ? Tiens, je vais faire le tour de table dans l'autre sens. Pascal Jacob ?

3:43
Invité

C'est compliqué. Moi, des madeleines, j'en ai beaucoup par rapport à ça. Écoutez, je... D'enfance... Un numéro qui vous revient comme ça ? Oui, un numéro, c'est probablement un peu fantasmé, mais Gunther Gabel-Williams avec sa cavalerie quand il était à Paris à la fin des années 60. Voilà, ça a été un choc. Alexandre Edelstein. Moi, j'avais une vérité... J'ai grandi, j'ai grandi vraiment dans le cirque. Enfin, grandi à proprement parler, pas vraiment, puisque j'ai été sédentaire petit. Donc, j'ai grandi dans un rythme normal, en ayant une scolarité normale.

J'avais juste la chance, pendant les vacances, de rejoindre le cirque en tournée, notamment en été, pendant les deux mois d'été, où je m'étais pris de passion pour une discipline qui est assez iconique dans le cirque, puisque c'est l'art clownesque. J'étais vraiment passionné au niveau des clowns, des différents styles qui existaient, contemporains, traditionnels, modernes. Voilà, c'est vraiment ça mon souvenir.

4:43
Présentateur

Le clown. Et vous, Camille Decourty, qui était sur les routes, je crois, avec vos parents aussi, très jeunes ?

4:49
Invité

Oui, moi, j'étais sur les routes, mais je n'étais pas forcément d'une famille de cirque. J'étais dans une famille itinérante, en tout cas, qui vivait avec les chevaux. Moi, mon souvenir, il est très frais, il est d'hier. Je suis dans le présent, je vous avoue, je suis encore à Barcelone. Voilà, hier, nous, c'est une troupe qui finit dans le hall du Théâtre National à Barcelone, avec tout le monde qui danse, autour d'une troupe qui a fait une pièce dans une salle et qui finit dans la rue, avec le public. C'est ça aussi, le geste du cirque.

5:17
Présentateur

Le public, la proximité avec le public. Alors, vous avez parlé, Alexandre Lestein, de l'importance de cette piste, de ce cercle, le public tout autour. Alors, aujourd'hui, il y a de plus en plus de compagnies qui jouent dans des théâtres, pour des raisons aussi de budget et de commodité. Mais cette proximité avec le public, elle est constitutive du cirque, elle est essentielle ?

5:39
Invité

Je pense qu'elle fait partie de l'atmosphère qu'on a dans le spectacle. En tout cas, chez Pinder, c'est vraiment le côté interactif, la réaction des gens, l'engouement du public pour les disciplines qui se présentent sur piste. Donc, en effet, ça fait partie vraiment de cet univers, un peu du cirque, de pouvoir rentrer sous un chapiteau, d'avoir une piste ronde et d'avoir des numéros qui s'y produisent.

6:03
Présentateur

Et puis, le cirque, c'est évidemment la succession, le festival des émotions. On rit avec le clown, on a peur pour le trapéziste, on est émerveillé par l'équilibriste. Il n'y a pas beaucoup d'autres spectacles qui peuvent proposer autant d'émotions en aussi peu de temps, Pascal Jacob ?

6:21
Invité

C'est sûr, c'est une mosaïque. En fait, un spectacle de cirque, c'est une mosaïque, quel que soit le courant ou sa forme. Et je pense qu'effectivement, c'est une manière de toucher le plus grand nombre en faisant appel à des émotions multiples. Donc, en fait, on est constitué d'émotions en tant qu'être humain. Et un spectacle de cirque, il va chercher les émotions, comme vous l'avez évoqué, l'émerveillement, la surprise, la peur aussi parfois, le rire évidemment. Et donc, c'est ça probablement qui fait sa force.

6:53
Présentateur

En un mot, vous qui êtes historien du cirque, qui est un projet d'ailleurs de musée du cirque à Châlons-en-Champagne, nous en parlez. Un mot des origines du cirque, on pense tout de suite à la Rome antique, les jeux du cirque. Ça vient de là ?

7:05
Invité

Pas du tout. Pas du tout. Le cirque n'est pas si vieux que ça. Le cirque, il date du 18e siècle, du 4 avril 1768 précisément. Donc, c'est vraiment très... C'est daté. Ça, c'est le point de départ. C'est ce qu'on appelle le cirque moderne, le modern circus en Angleterre. Qu'est-ce qui s'est passé ce jour-là ? Ce jour-là, un cavalier, un officier de cavalerie démobilisé a présenté un spectacle équestre. Il était tout seul avec sa femme qui battait le tambour. Et voilà, il se tenait debout sur un cheval. Il a émerveillé les gens. Et ce faisant, il a tracé un cercle. Et donc, c'est un premier attroupement.

Et très, très vite, parce qu'il était entrepreneur dans l'âme, il a imaginé d'abord une clôture, puis une charpente. Et le cirque est né de cette manière-là.

7:49
Présentateur

Et depuis, le cirque a évolué. Il y a eu plusieurs révolutions. Est-ce qu'une autre date importante, ça peut être 1984, création du Cirque du Soleil au Québec ?

7:59
Invité

Oui, alors ça, ça peut être effectivement... L'arrivée de ces citres contemporains. C'est une date. Mais il y en a une qui est peut-être plus importante, parce qu'on a évoqué tout à l'heure le chapiteau. C'est 1825, puisque... Et pour l'Europe, le chapiteau est arrivé très, très tard. Le cirque, c'est avant tout une affaire de bâtiments. Les cirques se donnaient dans des lieux fixes, comme des théâtres. Donc, en fait, quand les troupes contemporaines retournent dans les théâtres, dans une certaine mesure, elles renouent avec leurs origines.

8:25
Présentateur

Alexandre Eisenstein, vous avez vu, vous et votre famille, et puis tous les cirques traditionnels qu'on connaît, ces noms qui sont dans l'imaginaire collectif, vous, Pinder, Bouglion, Grusse, Zavata. C'est arrivé des compagnies modernes, sans animaux, il y a déjà 40 ans. Vous faites votre évolution sans animaux aujourd'hui. Ça a été un bouleversement que peut-être les cirques traditionnels ont mis longtemps à intégrer ?

8:51
Invité

Non, je pense que chacune des compagnies de cirque avait aussi son public. C'est différent.

8:59
Présentateur

Ils n'opposaient pas les deux.

9:00
Invité

Offre de spectacle. Voilà, il y avait vraiment un public, peut-être qui était plus à même pour, à l'époque, avec le cirque traditionnel et le cirque contemporain. Aujourd'hui, il y a, comme vous le disiez, une évolution de l'innovation, en tout cas, dans tous les spectacles de cirque. On fait toujours du traditionnel, par exemple, chez Pinder, avec des clowns trapézistes jongleurs. Le clown avec le nez rouge, qui est forcément une icône. Et on fait également de la nouveauté, l'innovation, on pourra même en parler tout à l'heure.

On a des spectacles qu'on n'a pas l'habitude de voir sous chapiteau, cette année, chez Pinder, pour ce retour explosif avec des artistes qui viennent des quatre coins du monde. Donc, c'est vraiment un retour coloré et plein d'innovations, plein de surprises, où on vient surprendre le public pendant près de deux heures de spectacle.

9:47
Présentateur

Une question, d'ailleurs, au standard, dans un instant, à ce sujet, au sujet des innovations. Mais Camille Decourtille, je voulais vous demander, vous qui êtes directrice artistique de l'une de ces compagnies contemporaines, qui s'appelle Barreau-des-Velles, on pense à Phoenix, bien sûr, Pascal Jacob, il y a aussi la compagnie Plume, qui est connue à travers le monde, pour citer quelques exemples. Quel rapport vous entretenez-vous avec le cirque traditionnel ? Quel regard vous portez sur ce cirque-là ?

10:15
Invité

En fait, nous, c'est surtout qu'on vient de la pratique du cirque, c'est-à-dire que, moi, je me suis formée au Centre National des Arts du Cirque, donc j'ai pratiqué pendant cinq ans les portées acrobatiques, donc on vient de ce monde, de la performance, en fait, et de ce travail d'entraide, en fait, et de dangers partagés, parce qu'il y a une forme d'authenticité dans ce geste-là, c'est-à-dire qu'on ne triche pas avec ces prises de risques-là. Donc, nous, on vient de ça, on a fait aussi dix ans de chapiteaux, on a monté des chapiteaux, on a attelé des caravanes. Et donc, voilà, toute cette histoire, celle-là, c'est la mienne.

Après, voilà, moi, j'ai eu des cours d'histoire de cirque avec Pascal Jacob dans cette école. Et bien sûr que c'est une continuité, mais à chaque fois, une vie, elle ne s'inscrit pas forcément dans une histoire officielle, elle se tisse entre des histoires intimes, en fait. Donc, moi, c'est un mélange entre ma famille, qui a beaucoup passé de temps avec les chevaux, celle de Bly, dont les parents sont clowns et ont monté un cirque, mais non pas dans un héritage de tradition de cirque, mais plutôt en réaction au régime franquiste, en fait. Qui est catalan. Qui est catalan, et donc, les parents de là, ils sont allés utiliser... Bly Maté y Trias, qui est directeur avec la compagnie.

Voilà, avec qui je dirige la compagnie. Donc, ils sont allés essayer de parler catalan dans la rue. Ils revenaient de Monte Carlo, ils ont mis le nez rouge, ça les a aidés, a osé. Ils avaient besoin d'aller dans la rue, de jouer. Et donc, en fait, c'est par ces histoires-là, en fait, que la nôtre s'est écrite.

11:41
Présentateur

Justement, ce qui caractérise les compagnies modernes aussi, c'est un propos, je vais mettre beaucoup de guillemets, mais peut-être un propos plus politique. En tout cas, on raconte davantage une histoire que dans le cirque traditionnel, qui est une succession de prouesses artistiques, et physiques, et athlétiques. Dans le cirque traditionnel, Camille Decourty, il y a une volonté d'avoir un propos, peut-être, et plus de sensibilité aussi ?

12:09
Invité

Je crois qu'en fait, en tout cas, j'ai beaucoup de respect pour les gens qui se dédient à un cirque plus traditionnel, parce que c'est un geste de vie très fort, donc c'est très politique. Après, nous, c'est des chemins où les écoles se sont ouvertes, où on s'est autorisé beaucoup plus à aller brasser d'autres langages, autour de la danse, de la musique, du jeu d'acteur. Donc, en fait, ça ouvre des chemins, en fait. Et donc, c'est toujours le même geste, finalement, sauf qu'on le rend plus ample, et puis c'est des rencontres. Donc, petit à petit, il y a des écritures qui se fabriquent avec ça, et donc, on fabrique des mondes, en fait.

12:45
Présentateur

Et on voit aujourd'hui, vous parliez effectivement de ces différents mondes qui se nourrissent. Par exemple, la chanteuse Pomme, qui adapte son dernier album sur scène avec des circassiens, mais c'est aussi ça, les barrières qui tombent entre le théâtre, la chanson, le cirque. Et j'aurais dit qu'il ne s'agit évidemment pas du tout d'opposer un cirque qui serait ringard, un autre qui serait moderne. Ce n'est pas du tout le propos. D'ailleurs, au sujet des innovations dont vous parliez, Alexandre Edelstein, chez Pinder, je crois que c'est le sujet de la question de Jean-Louis, qui est au standard de France Inter ce matin. Bonjour, Jean-Louis. Bonjour, Simon. Bonjour à vous trois.

Effectivement, j'ai une question sur l'avenir du cirque ou des cirques. Selon vous, qu'est-ce qui fait qu'un cirque d'aujourd'hui peut encore surprendre un public qui a déjà tout vu ? Il y a bien sûr l'utilisation des fameuses nouvelles technologies, générant par exemple des hologrammes, et de fait un spectacle son et lumière, mais est-ce suffisant ? Et est-ce que c'est vraiment du cirque ? Merci beaucoup, Jean-Louis, pour cette question. Alexandre Edelstein, vous avez des hologrammes ? Des drones, peut-être ? On n'a pas d'hologrammes,

13:48
Invité

mais en effet, on a un spectacle de drones sous chapiteaux, ce qui est très rare dans le monde du cirque aujourd'hui. Voilà, donc, ce sont des nouvelles disciplines qu'on vient greffer au spectacle, en tout cas, ce que les gens s'attendent à voir sous un chapiteau de cirque. Mais ça reste du cirque pour répondre à la question de Jean-Louis ? Ça reste du cirque, bien évidemment, et vous savez quoi ? On a vraiment toujours, puisqu'on demandait si, dans la question de monsieur, il demandait si les gens étaient toujours surpris, s'ils n'avaient pas déjà tout vu. Eh bien, vous savez quoi ?

Le cirque a vraiment cette faculté à transmettre des émotions, comme on le disait tout à l'heure, et c'est vraiment à la sortie du spectacle qu'on voit sur chacun des sourires, des parents, des grands-parents, des enfants, des petits-enfants, une interprétation différente, et un joie et une bonheur d'avoir passé ce moment ensemble.

14:43
Présentateur

Pascal Jacob, sur l'évolution du cirque aujourd'hui et la question de Jean-Louis.

14:48
Invité

Je pense, justement, pour répondre à la question, qu'en fait, à partir du moment où, comme l'évoquait Camille tout à l'heure, le cirque, c'est une forme de vérité, une vérité absolue, on ne triche pas. je pense que le public s'émerveillera toujours d'un geste, d'un mouvement, d'une intention, d'une narration, et nous, on le vérifie avec le Festival Mondial du Cirque de Demain, par exemple, puisque chaque année, on est en quête de nouveaux artistes, de nouveaux talents, de nouveaux numéros. On ne va pas se mentir, on se contorsionne aujourd'hui comme il y a 5000 ans, et pourtant, c'est la manière de faire qui l'emporte.

Et je pense que, de ce point de vue-là, parce que ça relève de la création, de l'imaginaire de chacun, c'est sans fin.

15:33
Présentateur

Un mot, puisqu'on a le directeur du Cirque Pinder qui est en face de vous, Pascal Jacob, je vous remets votre casquette d'historien sur la tête, mais qu'est-ce que c'est Pinder dans l'imaginaire collectif des Français ?

15:49
Invité

C'est un des noms, sinon peut-être le nom, qui évoque le plus le chapiteau rouge et jaune. Oui, rouge et jaune maintenant, mais la famille Pinder est arrivée en France, puisque c'est un cirque anglais d'origine, avec des chars décorés en bois sculpté au milieu du 19e siècle. donc c'est une longue histoire. Et en fait, cette famille s'est fixée en France, et Pinder est devenue un cirque français, en fait. Mais c'est Pinder, et non pas Pinder, mais maintenant, évidemment, dans l'inconscient collectif, c'est devenu Pinder, et c'est français depuis très très très longtemps. Mais oui, je pense que ça fait partie de l'histoire commune des Français.

16:35
Présentateur

Et effectivement, une manière de rassembler, vous le disiez, Alexandre Hélène Steyl, les générations, c'est ce que nous disent par exemple Jacques et Sylvie sur l'application de Radio France. Jacques, le cirque, c'est la vie. Amener son enfant au cirque, c'est de la joie de vivre. Sylvie, le samedi soir, on regardait la piste aux étoiles avec ma grand-mère. C'était magique, on ressentait plein d'émotions et c'est comme ça que j'ai découvert le cirque. Voilà, encore une fois, c'est peu de lieux et de spectacles qui peuvent rassembler. Vraiment, on a l'expression 7 à 77 ans qui est un peu tarte à la crème, mais là, c'est vrai chez vous. C'est vrai, c'est tout à fait vrai.

17:09
Invité

C'est tout à fait vrai et on arrive encore à transmettre des émotions et surprendre le public. là, dans notre spectacle cette année, on a deux grosses attractions qu'on n'a pas l'habitude de voir ensemble. On a le retour de l'homme canon en Europe, donc cette attraction qui surprend toujours toutes les familles et qui fait frissonner avant le coup de feu. Et on a également le globe des motos où on a jusqu'à 4 montards qui vont s'engouffrer dans une sphère de 4 mètres de diamètre à plus de 80 km heure effectuant des figures à couper le souffle. Donc tout ça permet aussi ce nouveau souffle au cirque et du coup de continuer à surprendre, de continuer à étonner, à émerveiller.

17:51
Présentateur

Ça promet. Camille Decourty, vous l'avez constaté aussi dans votre public cette magie intergénérationnelle aussi dans votre cirque qui est plus onirique, peut-être plus poétique, mais vous avez aussi des enfants, des grands-parents.

18:06
Invité

Oui, oui, c'est quelque chose de très fort de pouvoir convier vraiment des gens de toute génération, de toute classe sociale. Parce qu'en fait, je pense que ce qu'on a tous en commun dans cette pratique-là, c'est l'engagement du corps et l'engagement des imaginaires par le corps, c'est-à-dire de l'incarnation de ça, ça s'incarne au présent. Donc ce n'est pas une histoire de projection d'idées, c'est une histoire de vivre le présent et dans l'art du clown, c'est-à-dire dans les yeux d'un public et se faire traverser par ça.

Donc oui, c'est très fort d'avoir des spectacles qui ont plein de couches de lecture, mais dont l'engagement et l'énergie de la puissance de vie au présent fait que toutes les générations peuvent faire leur voyage.

18:49
Présentateur

Marie-Pierre, ça c'est un autre message sur l'application de Radio France, nous dit en revanche, on avait des messages de souvenirs heureux de Sylvie et Jacques, mais Marie-Pierre dit « Le cirque d'antan représente pour moi l'horreur, les animaux maltraités, exploités. » et ça c'est l'autre révolution du cirque. Aujourd'hui, on disait que la compagnie Pinder a fait faillite il y a 7 ans avec votre grand-père Alexandre Edelstein, vous revenez aujourd'hui sans animaux, vous devancez en fait l'interdiction dans 3 ans de tout animal sauvage dans les cirques en France.

19:23
Invité

En tout cas, cette année, c'était un choix artistique pour nous de ne pas repartir sur un spectacle avec animaux puisqu'on est vraiment sans animaux. Donc voilà, on a fait le choix de l'innovation encore une fois et de prendre ce qui est du traditionnel humain dans le cirque et de le confondre avec de nouvelles disciplines tout simplement.

19:45
Présentateur

Révolution, c'est le terme Pascal Jacob ?

19:48
Invité

Oui, oui, oui, pour nous, le Cirque Fénix ça fait plus de 20 ans qu'il n'y a plus d'animaux. La question en fait, c'est que les animaux exotiques ont représenté quelque chose à un moment donné, ça faisait partie d'une découverte du monde et je pense qu'effectivement quand on parle et c'est une arrivée tardive, les animaux au cirque en Europe, c'est à la fin du 19e au début du 20e siècle. Ce n'est pas constitutif de l'histoire et je pense que ça répondait à un désir de mieux comprendre le monde, de la diversité des choses que l'on pouvait voir. Ça a été un moment de l'histoire ? Oui, et puis on n'avait pas de la télé, on n'avait pas de le cinéma, etc.

Tout ça, voir un animal était une expérience vraiment forte. Donc, je pense que ça, ça fait partie. Est-ce que je peux rajouter une petite chose ? Vous m'avez vraiment pris de court, un peu au saut du lit sur le souvenir d'enfance, mais comme on évoque les souvenirs, en fait, je crois qu'un de mes plus beaux souvenirs, c'est quand j'ai découvert Annie Fratellini, le petit chapiteau, et Annie Fratellini en auguste, avec Pierre Etèque, c'était probablement un de mes souvenirs d'enfance les plus forts.

21:01
Présentateur

Je suis content qu'il soit revenu pendant cette interview. En un mot, Alexandre Edelstein, ils deviennent quoi les animaux sauvages ? Dans ce qui nous concerne,

21:10
Invité

après notre arrêt en 2018, suite à des raisons surtout économiques, plus que des raisons au niveau des animaux, il y a un certain nombre d'éléments qui ont fait à l'époque que la conjoncture était moins bonne, en tout cas pour Pindère, qui s'est un peu essoufflée. Nos animaux, nous, ont été transmis à des zoos, à des refuges ou à des cirques aussi étrangers à l'époque assez rapidement en 2018, vers le mois de juillet au plus tard pour les derniers. Et voilà, depuis cette période, on n'en a plus du tout.

21:47
Présentateur

On parle des animaux sauvages. Les chevaux, par exemple, l'utilisation, en tout cas, les spectacles avec chevaux restent autorisés et resteront autorisés au-delà de 2028. Il y a aussi des auditeurs comme Marc et Florence qui nous écrivent et qui nous disent qu'eux regrettent la fin des numéros avec Fauve. Mais voilà, c'est comme ça, c'est l'évolution. Est-ce qu'on a un chiffre, simplement, Pascal Jacob, du nombre de spectateurs aujourd'hui ? En préparant l'interview, le dernier que j'ai trouvé date de 2018, 14 millions de spectateurs en France et l'article disait deuxième divertissement collectif après le foot en France.

22:21
Invité

Oui, alors c'est compliqué d'avoir un chiffre exact, mais des millions, c'est sûr. Une des formes de spectacles vivants parmi les plus populaires et les plus visités, c'est sûr. Donc voilà, moi, effectivement, on n'a pas un chiffre exact. Moi, je dirais entre 10 et 15 millions, probablement. et qui tire sa force,

22:43
Présentateur

ce spectacle et son côté rassembleur de l'itinérance. Vous allez repartir en tournée avec Pinder ? Tout à fait, c'est ça.

22:51
Invité

Dès début 2026, on commencerait par la ville de Rennes, mais pour le moment, je ne peux pas vous en dire plus.

22:56
Présentateur

Avec la voiture, je ne vais pas faire ce soir dans votre ville.

23:02
Invité

Alors, c'est des méthodes qui pourraient encore marcher, mais désormais, on a des méthodes peut-être plus dans l'air du temps. On passe par les réseaux sociaux, par de la prospection différente, mais le plus compliqué dans le cirque itinérant, c'est de faire savoir qu'on est là, de faire savoir que l'événement est en cours puisque c'est assez spontané, nos passages, et donc on a ce besoin de faire savoir qu'on est là, tout simplement.

23:27
Présentateur

Camille Decourty, l'itinérance pour vous, justement, on disait, vous êtes à Barcelone, vous allez revenir, je vais donner quelques dates, en France, dans les prochains jours, l'itinérance est essentielle, c'est vraiment l'essence du cirque ?

23:42
Invité

Oui, en tout cas, c'est...

Oui, c'est-à-dire qu'il y a quelque chose au service de ces spectacles que l'on emmène comme ça, et puis, il y a quelque chose de très fort, en tout cas, sur les années de chapiteaux que nous, on a eues, où très vite, en fait, la troupe se met en place, et puis, en quelques gestes, en fait, on fabrique un espace éphémère, mais on va pouvoir inviter les gens dans cet endroit, chez nous, et un chez-nous qui ne tient à rien, quand ça va se démonter, il reste juste de l'herbe jaunie, et en même temps, c'est cette espèce d'utopie, comme ça, de quête, voilà, de déborder, de pousser les frontières que l'on travaille chaque jour, faire grandir les familles là-dedans, ce sont des moments de vie, des intensités de vie très belles.

24:24
Présentateur

Et c'est aussi l'itinérance qui coûte cher, donc c'est pour ça qu'il faut soutenir le cirque et le mettre en valeur, avec notamment le futur musée des arts du cirque à Châlons-en-Champagne, dont vous rédigez le catalogue Pascal Jacob. En un mois, il est très très court, il ouvrira à quelle échéance ? Alors,

24:43
Invité

fin 28, début 29, probablement,

24:45
Présentateur

on espère,

24:46
Invité

début 29, c'est sûr, peut-être fin 28, et je pense que ce sera un outil de reconnaissance pour les arts du cirque à l'échelle de la planète.

24:52
Présentateur

Et en attendant, il y a l'exposition Panache, les origines équestrées militaires du cirque au musée des Beaux-Arts de cette ville de Châlons-en-Champagne. Merci beaucoup Pascal Jacob. Le cirque Phénix, dont vous êtes directeur artistique, est jusqu'au 11 janvier sur la pelouse de Reilly à Paris, juste à côté du chapiteau du cirque Pinder qui se produit jusqu'au 25 janvier. Merci à vous Alexandre Lennstein. Merci à vous. Il reste des places pour vos deux spectacles jusqu'à trois séances par jour, parfois. Camille Decourty, vous êtes sur les routes avec votre compagnie Barreau d'Evel. Non pas un, mais deux spectacles.

Là, qui sera notamment du 10 au 24 janvier à Toulouse ou qui somme du 5 au 13 mars à Rennes, du 25 au 26 à Albi, du 1er au 4 avril à Montpellier. On retrouve toutes ces dates sur votre site internet. Merci beaucoup à tous les trois. La revue de presse à suivre. Merci.

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Locuteur

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