Formations à la transition écologique, gestion de l'eau, difficultés à l'école... Le "8h30 franceinfo" d'Estelle Brachlianoff et Jean-Michel Blanquer
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Questions et réponses
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De quel métier on parle déjà Jean-Michel Blanquer ?
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On parle de nouveaux métiers aussi ou alors c'est des formations supplémentaires aux métiers qui existent déjà ?
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Mais ça veut dire, Estelle Brachlianoff, que vous ne trouvez pas les profils qui correspondent aux besoins de votre entreprise.
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L'école Tara Academia, c'est bien plus qu'une école Veolia pour les besoins de Veolia, même si nous avons 2000 postes aujourd'hui ouverts, donc 90% en CDI en France.
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Votre démarche, quand même, de créer une école, et vous dites ancrée dans les territoires, ça veut dire qu'il y en aura plusieurs sur le territoire français.
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Vous vous concentrez sur des villes moyennes. Pourquoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« une étude récente montre que 8 millions de personnes sont concernées par les transformations qu'induit la transition écologique. »
- 0:44Invité politiqueChiffre
« Vous avez à peu près 400 000 emplois qui vont être créés dans les temps qui viennent en lien avec la transformation écologique. »
- 1:18Invité politiqueFait
« Pour poser les panneaux solaires aujourd'hui, vous avez besoin d'une formation spécifique. »
- 1:23Invité politiqueFait
« Pour lutter contre les passoires thermiques, vous devez former des façadiers. »
- 1:27Invité politiqueFait
« Pour les sujets relatifs à l'eau, vous avez les électromécaniciens dont on a besoin. »
- 2:55InvitéFait
« aujourd'hui, il y a des métiers qui se transforment. Les métiers dont vient de parler Jean-Michel Bancaire, ils n'existaient pas il y a 5 ou 10 ans. »
- 3:11InvitéFait
« les compteurs, ils sont très souvent, les compteurs d'eau, ils sont relevés automatiquement. »
- 3:29InvitéFait
« on est sur des métiers du digital, même de l'intelligence artificielle. »
- 4:38PrésentateurFait
« Là, c'est une entreprise privée qui finance des programmes d'éducation. Ça peut parfois heurter en France. »
- 5:00Invité politiqueFait
« Quand vous vous occupez d'enseignement professionnel, vous êtes toujours dans la relation avec les entreprises. »
- 6:00Invité politiquePromesse
« Je rappelle que c'est une association à but non lucratif. Beaucoup de nos formations seront gratuites, par exemple. »
- 6:48Invité politiqueFait
« aussi bien les jeunes, bien sûr, qui sont prioritaires, mais aussi les adultes, notamment les adultes en reconversion. »
- 7:05Invité politiquePromesse
« Certaines de nos formations vont être diplômantes, avec nos partenaires académiques. »
- 10:10InvitéFait
« Veolia a une empreinte mondiale, des capacités d'innovation, de recherche, qui nous ont permis de trouver toutes sortes de solutions de traitement pour filtrer en fonction des besoins et des situations locales. »
- 12:28InvitéFait
« l'eau du robinet, c'est un des produits les plus surveillés de France. »
- 13:42InvitéChiffre
« quand on laisse le robinet ouvert, c'est 12 litres par minute. »
- 15:10Invité politiqueChiffre
« la France était le pays qui, avec le Portugal, avait progressé de 2016 à 2021, ce qui n'était le cas d'aucun autre pays mesuré dans cette étude. »
- 15:30Invité politiqueFait
« non seulement nous avons traversé la crise Covid en fermant moins les écoles, mais en plus, nous avons progressé malgré cette crise. »
- 15:40Invité politiqueFait
« le dédoublement des classes de grandes sections de CP, de CE1, qui fait que nous ne sommes plus le pays le plus inégalitaire. »
- 21:07InvitéFait
« Veolia n'est absolument pas concernée par les notions de super profit. »
- 21:26InvitéChiffre
« Nous avons 55 000 salariés en France. On crée des emplois. »
Temps de parole
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Bonjour Estelle Braffianoff. Bonjour. Bonjour Jean-Michel Blanquer. Bonjour. Vous êtes réunis tous les deux aujourd'hui sur le plateau du 8-30 parce que vous avez décidé de fonder une école ensemble, Terra Academia, une école pour préparer au métier de la transition écologique. De quel métier on parle déjà Jean-Michel Blanquer ?
D'une certaine façon on parle de presque tous les métiers puisque une étude récente montre que 8 millions de personnes sont concernées par les transformations qu'induit la transition écologique. Donc c'est d'une certaine façon tous les métiers. Vous savez on est tous concernés par les grandes mutations de notre époque qu'elles soient écologiques ou numériques d'ailleurs puisque par exemple il faut mettre en relation le sujet de l'intelligence artificielle avec celui de la transformation écologique. Mais c'est vrai que ça touche tout particulièrement les métiers techniques.
Vous avez à peu près 400 000 emplois qui vont être créés dans les temps qui viennent en lien avec la transformation écologique. Il faut être à ce rendez-vous. Ça suppose une mobilisation de toute la société. Ça suppose d'être très pragmatique, c'est-à-dire de faire ça avec les institutions de formation, les entreprises. Et donc on fait une coalition d'entreprises et d'institutions de formation pour ensemble au plus près du terrain puisqu'on crée des campus dans chaque région de France.
On va rentrer dans le détail mais on parle de nouveaux métiers aussi ou alors c'est des formations supplémentaires aux métiers qui existent déjà ?
C'est les deux évidemment mais vous avez plein d'exemples. Par exemple pour poser les panneaux solaires aujourd'hui, vous avez besoin d'une formation spécifique. Vous avez pour lutter contre les passoires thermiques, vous devez former des façadiers. Pour les sujets relatifs à l'eau, vous avez les électromécaniciens dont on a besoin. Tout cela, il y a des formations qui existent. Il faut déjà les remplir, il faut donc attirer les jeunes et ça on va beaucoup le faire. C'est-à-dire par exemple, vous voyez pendant trois jours on prend des jeunes, c'est ce qu'on fait en ce moment.
Et au bout de trois jours, quand on leur a expliqué toute la transformation écologique de manière un peu panoramique, on leur montre les métiers qui correspondent à chacun des enjeux de la transformation écologique. Par exemple, tout récemment dans une session qu'on a faite, il y a trois jeunes sur une session de 15 qui ont dit je veux être électricien parce qu'ils ont vu le lien avec les grands enjeux que l'on montrait.
Mais ça veut dire, Estelle Brachlianoff, que vous ne trouvez pas les profils qui correspondent aux besoins de votre entreprise.
L'école Tara Academia, c'est bien plus qu'une école Veolia pour les besoins de Veolia, même si nous avons 2000 postes aujourd'hui ouverts, donc 90% en CDI en France. Mais ça va bien au-delà de ça. Tara Academia, c'est bien plus qu'une école, Jean-Michel l'a dit, c'est plutôt un catalyseur. C'est-à-dire un catalyseur qui associe des entreprises, Veolia est entreprise fondatrice, mais il y en a d'autres également, des associations, l'éducation nationale, des collectivités locales. Et c'est depuis le départ et depuis sa conception, ancré dans les territoires en France.
Et finalement, ça part d'une conviction qui est qu'il n'y aura pas de transformation écologique sans des gens formés partout en France et à tous les niveaux pour la mettre en œuvre.
Et encore une fois, ça, aujourd'hui, on ne les a pas.
Aujourd'hui, il y a des métiers qui se transforment. Les métiers dont vient de parler Jean-Michel Bancaire, ils n'existaient pas il y a 5 ou 10 ans. Donc, il faut accompagner cette transition et cette transformation. Je vais vous donner un exemple. On avait, il y a quelques années, beaucoup de gens chez Veolia qui faisaient de la relève de compteurs. Vous imaginez que maintenant, les compteurs, ils sont très souvent, les compteurs d'eau, ils sont relevés automatiquement.
Et maintenant, il nous faut former des gens qui soient dans le digital pour arriver à interpréter toutes les données que nous rapportent finalement ces compteurs dans notre hub centralisé pour arriver derrière à faire faire des économies d'eau. Donc, on est sur des métiers du digital, même de l'intelligence artificielle.
Votre démarche, quand même, de créer une école, et vous dites ancrée dans les territoires, ça veut dire qu'il y en aura plusieurs sur le territoire français. Ça veut dire aussi que le système éducatif français aujourd'hui n'est pas actualisé aux différents métiers qui vont soit apparaître ou soit être transformés par la transition écologique.
Il y a déjà, je le disais, c'est bien plus qu'une école. C'est plutôt un catalyseur. Donc, il y a l'éducation nationale dans Terra Academia sous différentes instances académiques, mais ça va au-delà. C'est finalement un agrégateur ou un catalyseur de volonté et d'ambition sur un territoire donné en partant d'un diagnostic. Jean-Michel disait, on ouvre notre premier campus à Arras.
Vous vous concentrez sur des villes moyennes. Pourquoi ?
À Arras, le sujet principal, c'est parti d'un diagnostic qui est comment former tous les gens qui vont faire la transition énergétique, notamment. Il y a des gigafactories qui ne s'installent pas loin. Il y a besoin d'installer des panneaux solaires. Ce ne sera pas la même problématique à l'autre bout de la France.
Jean-Michel Blanquet, vous êtes ancien ministre de l'Éducation nationale. Là, c'est une entreprise privée qui finance des programmes d'éducation. Ça peut parfois heurter en France. Vous n'avez aucun complexe là-dessus ?
Non, d'abord, c'est une association 1901 qui fait une coalition non seulement d'entreprises. On a cité Veolia depuis tout à l'heure, mais par exemple, il y a EDF, il y a Dassault Systèmes, il y a des entreprises, par exemple, du bâtiment. Donc tout ça fait une coalition entreprise. Et malgré tout, les entreprises, c'est la vie. Quand vous vous occupez d'enseignement professionnel, vous êtes toujours dans la relation avec les entreprises. Donc il n'y a aucun problème de ce point de vue-là. Et puis, c'est une coalition aussi de collectivité locale. Là, on vient de parler d'Arras, de la région Hauts-de-France. Demain, la région Normandie.
On installera un campus à Touc dans l'agglomération de Deauville. On va le faire dans chaque région de France. Donc c'est vraiment un projet au plus près du territoire.
Je vous ai question, parce que vous savez qu'il y a eu des exemples, notamment à Polytechnique, quand Total, Total Énergie, est venue financer certaines activités. Il y a eu des manifestations d'étudiants. On sent bien que parfois, ça peut être un petit peu irritant.
Bien sûr, c'est normal qu'il y ait du débat. Mais l'objectif, c'est toujours de tirer tout le monde vers le haut. Vous savez, on ne réussira pas la transformation écologique si on n'emmène pas tous les acteurs, que ce soit chacun d'entre nous, que ce soit les entreprises, que ce soit les associations, tous les acteurs, vers une vision volontariste, constructive, de comment nous transformons le territoire. Si vous prenez l'exemple d'Arras, notre but, c'est de vraiment changer, auprès des collectivités locales, de changer la donne. Je rappelle que c'est une association à but non lucratif. Beaucoup de nos formations seront gratuites, par exemple.
Donc le principe, c'est vraiment d'emmener tout le monde vers la transformation écologique du territoire en étant ultra pragmatique. Et pour ça, il faut le faire et avec les entreprises et avec les collectivités locales.
Je me permets d'ajouter à ce que vient de dire Jean-Michel que c'est une école de la transformation écologique. S'il y a bien un sujet qui rassemble et pour lequel on a une conviction partout, c'est que la transformation écologique, il faut la mettre en action, il faut la déployer dans les territoires. Et ça, c'est un sujet qui rassemble beaucoup, beaucoup de collectivités, d'entreprises et de jeunes.
Mais alors, justement, qui peut entrer dans vos écoles ? Quels sont les profils recherchés ?
Alors, tout le monde est concerné. On a volontairement voulu être spectre large. Aussi bien les jeunes, bien sûr, qui sont prioritaires, mais aussi les adultes, notamment les adultes en reconversion. Vous voyez la formation à laquelle je faisais allusion tout à l'heure. Elle est faite pour des adultes en reconversion aussi. C'est fait aussi bien pour un niveau technique, dès le niveau CAP, par exemple, que pour des niveaux de décision, avant des niveaux, disons, master. Certaines de nos formations vont être diplômantes, avec nos partenaires académiques.
Par exemple, souvent, c'est avec l'université localement, telle licence professionnelle, par exemple, ou telle BTS, par exemple, avec un centre d'apprentissage. Donc, à chaque fois, tout est co-construit localement, très pragmatiquement. Et donc, un besoin est exprimé localement. Quand nous arrivons quelque part, si on prend l'exemple d'Arras, on fait un diagnostic écologique. Ce diagnostic écologique nous permet de voir la situation, de voir aussi les métiers qui existent sur le territoire et les métiers qui devraient exister. Et c'est cette différence qui crée notre programme de formation. Et donc, tout le monde doit se sentir bienvenu.
Comme l'a dit Estelle Brachlianoff, c'est non seulement une école, mais c'est aussi un accélérateur localement, un accélérateur de la transformation écologique. Aucun des sujets qui touchent l'écologie n'est étranger à cette institution.
J'ai juste un mot. Les premiers étudiants vont arriver dans quelques années sur le marché du travail. En attendant, Estelle Brachlianoff, vous faites appel aux travailleurs immigrés ?
De façon générale, en France, on fait appel à tous les gens qui ont envie de répondre à nos critères sur nos offres d'emploi. Donc, il n'y a pas particulièrement de préférence, si ce n'est celle de prendre des gens de talent compétents qui ont souhaité travailler dans nos entreprises.
Une question à Jean-Michel Blanquer. les voeux sur Parcoursup ont été retardés jusqu'à ce soir puisqu'il y a eu une panne. Vous connaissez bien ça en tant qu'ancien ministre de l'Éducation nationale. Est-ce que vous, vous êtes déjà sur Parcoursup ?
Avec vos parents, vous voulez dire ? Non, non, Terra Académia, là, votre école. En tant que Terra Académia, est-ce qu'il y a des étudiants
qui nous écoutent ce matin qui peuvent se dire en fait, je vais peut-être ajouter Terra Académia ?
C'est ça, la question. Dans les années futures, c'est tout à fait possible. Là, ça n'est pas le cas. Vous savez, on avance pas à pas. En ce moment, on fait plutôt des formations courtes. Un jour, il y aura des formations d'enseignement supérieur avec nos partenaires et ce sera l'occasion de le faire. Et bien sûr, on jouera le jeu de Parcoursup. Bien sûr.
Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Braclia. Jean-Michel Blanquer et Estelle Brachlianoff, on a beaucoup parlé de votre école. Beaucoup de questions aussi dans vos domaines respectifs. Estelle Brachlianoff, Veolia, multinationale qui joue évidemment un rôle central dans la gestion de l'eau en France. L'Assemblée nationale s'attaque aujourd'hui aux polluants éternels, des composés chimiques qu'on retrouve dans de très nombreux produits et qu'on retrouve aussi en grande quantité dans les nappes phréatiques à proximité des usines notamment. Est-ce que vous soutenez, à la place qui est la vôtre, l'interdiction des PFAS ?
Alors, les PFAS, je ne sais pas si vos auditeurs effectivement savent par clair social, c'est des polluants de diverses catégories et c'est une question qui se pose partout dans le monde, aux Etats-Unis, en Australie et désormais en France. Question importante qui est posée aux autorités sanitaires, au gouvernement et même à l'échelle européenne, ce qui est, faut-il modifier ou pas les normes ? Et je crois que je vais laisser les autorités en décider sur la base de données scientifiques. Mais alors, techniquement,
est-ce que vous, en tant que spécialiste de l'eau, vous savez les filtrer, ces composants ?
Alors, en effet, la bonne nouvelle, c'est que Veolia a une empreinte mondiale, des capacités d'innovation, de recherche, qui nous ont permis de trouver toutes sortes de solutions de traitement pour filtrer en fonction des besoins et des situations locales. Donc oui, nous avons la capacité de filtrer ces polluants. Donc ils ne sont pas
si éternels que cela, comme on les appelle polluants éternels,
c'est un but de langage ? Le mot éternel, c'est parce qu'ils ne se destruisent pas tout seuls si on attend sans rien faire. Mais ils ont la capacité d'être éliminés. En l'occurrence, c'est moins détruit que mis de côté et neutralisé, finalement. Et oui, on sait faire et on a développé ce savoir-faire, je le disais, et notamment, on l'a déployé, par exemple, aux Etats-Unis. Et nous sommes prêts.
Premier exemple, en France, avec le contrat du CEDIF, donc les eaux d'Île-de-France, qui est une grande partie de la région parisienne, sur lequel nous avons là un exemple assez clé d'une collectivité locale qui a passé un appel d'offres et qui a été en avance de face, si je puis dire, en anticipant ce type de normes qui peuvent évoluer, notamment sur l'épiface, mais il y a beaucoup d'autres types, d'autres polluants, et qui est un modèle de ce que pourrait être le service d'eau du futur. On a dix premières mondiales, le traitement de différents polluants, mais aussi l'intelligence artificielle au service de la réduction des fuites dans les réseaux.
Il y a un autre sujet ce matin à propos de la qualité de l'eau, une étude de l'ANSES, l'autorité sanitaire, qui pointe le niveau de confiance insuffisant pour garantir la sécurité sanitaire des eaux minérales de Nestlé. Est-ce que la question se pose aussi dans les mêmes termes pour l'eau du robinet ? Est-ce qu'on y retrouve aussi des bactéries en quantité trop importante ?
C'est une question légitime que se pose la population. Je me permets de dire que les acteurs de l'eau sont très nombreux, publics, privés. Dans l'exemple que vous citez, c'est les autorités sanitaires. Vous avez cité l'ANSES, il y a les agences régionales de santé, les ARS. C'est elles qui vérifient la conformité aux normes sanitaires et qui définissent éventuellement s'il faut les modifier. C'est très évolutif, mais on a des solutions qui existent.
Il n'y a pas de problème au niveau de l'eau du robinet ? C'était la question de base.
Votre question, je vais dire, l'eau du robinet, c'est un des produits les plus surveillés de France. Donc, surveillés par les autorités sanitaires, par les acteurs publics ou privés qui sont les opérateurs. Et c'est ce que l'on vérifie les uns et les autres tout au long de la journée, heure par heure, minute par minute.
Estelle Brachillanoff, comme l'année dernière, la sécheresse risque d'être plus intense cet été. On parle déjà de sécheresse critique. Comment vous, chez Veolia, vous l'anticipez ?
Alors, vous avez raison. On pensait que comme il a beaucoup plu, pas partout, mais dans un certain nombre de régions de France, la question ne se poserait plus. Et non, en fait, elle va se poser, elle va se poser de plus en plus. Pourquoi ça ? Parce que l'eau, c'est une des premières conséquences du dérèglement climatique. C'est soit il y a trop d'eau, soit il n'y en a pas assez ou pas au bon moment dans l'année. C'est la raison pour laquelle le maître mot, c'est non pas seulement gérer des crises, mais s'adapter, s'adapter, anticiper, prévoir. Et donc, comment on fait ?
On offre toute une palette de nos savoir-faire pour inciter les habitants à faire des économies d'eau à la maison avec un certain nombre de bons gestes du quotidien. Je ne sais pas si vous savez, quand on laisse le robinet ouvert, c'est 12 litres par minute. quand on se lave les dents, on peut tout à fait fermer l'eau du robinet. On économise beaucoup, beaucoup d'eau, par exemple.
Moduler le prix de l'eau en fonction de la saison comme s'apprête à le faire là aujourd'hui même, la ville de Toulouse. C'est une bonne idée ? Alors, moduler le prix de l'eau.
Le prix de l'eau, il est défini par les collectivités locales, la tarification. Et vous imaginez bien que la ville de Toulouse a pris cette décision, qu'elle ne pourrait pas être la même dans le nord de la France ou pas le même...
Mais ça peut avoir des effets, c'est ça ma question.
Alors, la volonté de la collectivité de Toulouse, c'est de donner un signal en été que l'eau est précieuse et que donc, il faut économiser goutte après goutte. De ce point de vue-là, oui, ça va dans le bon sens.
Jean-Michel Blanquer, pendant 5 ans, vous avez été ministre de l'Éducation nationale d'Emmanuel Macron, mais depuis votre départ, pas mal de mesures que vous aviez mises en place ont été soit détricotées, soit tout simplement supprimées. Je pense par exemple à la réforme du BAC. Aujourd'hui, Gabriel Attal vente son choc des savoirs avec la mise en place de groupes de niveau. Vous, vous en pensez quoi ?
D'abord, heureusement que ce que vous venez de dire n'est pas exact. La réforme du BAC, elle est un des choses très peu détricotables. Il y a des choses à l'heure, mais d'ailleurs, même pendant que j'étais là, nous étions dans une logique d'écoute, d'ajustement permanent. Donc, ce n'est pas un vrai problème. Le choc des savoirs, il a commencé en 2017 avec la réforme de l'école primaire qui commence à donner ses premiers résultats. Vous savez, on parle toujours de PISA qui concerne les élèves de 15 ans.
personne n'a parlé de l'étude qui s'appelle PEARL, ce qui est moins connu, mais qui est tout aussi robuste et qui concerne la lecture à l'âge de 8 ans et qui a montré que la France était le pays qui, avec le Portugal, avait progressé de 2016 à 2021, ce qui n'était le cas d'aucun autre pays mesuré dans cette étude. Autrement dit, non seulement nous avons traversé la crise Covid en fermant moins les écoles, mais en plus, nous avons progressé malgré cette crise. Autrement dit, tout ce que nous avons fait, les évaluations de début d'année, le dédoublement des classes de grandes sections de CP, de CE1, qui fait que nous ne sommes plus le pays le plus inégalitaire. Toutes ces choses ont déjà...
Mais il y a quand même
un problème de niveau en France. D'ailleurs, le Premier ministre lui-même le dit et il veut mettre en place des groupes de niveau. Comment vous voyez cette réforme ?
C'est la suite logique de ce que nous avons fait pour l'école primaire. Et je vais vous dire, c'était même prévu dès 2017. Si vous regardez ce que j'écrivais à l'époque, il y avait l'idée qu'on devait reprendre à la base, c'est-à-dire à l'école maternelle, puis CP, CE1, et ainsi de suite. Et cette génération qui est maintenant en train de sortir de CM2, elle arrive au collège et il est normal qu'elle ait une pédagogie de plus en plus personnalisée. Autrement dit, qu'on sache différencier en fonction du niveau, notamment dans les savoirs fondamentaux que sont le français et les mathématiques. Et donc, c'est ce qui se passe.
Tout ceci ne devrait pas donner lieu à tant de polémiques, mais notre pays aime les polémiques.
Les enseignants sont totalement contre. Ils disent, nous, on ne veut pas trier les élèves. Vous l'entendez bien ?
Ils ont bien raison. Si c'était le cas, on a tout à fait raison de dire ça si c'est ce qui se passe dans les faits. Mais dans les faits, ce qui doit se passer, c'est d'avoir une forte autonomie du collège concerné pour que les enseignants eux-mêmes puissent définir à quel moment quel élève a besoin de quelque chose. Il ne s'agit pas de trier les élèves définitivement. Il s'agit de donner à chacun ce dont il a besoin. Donc, c'est cette philosophie-là qui doit s'appliquer, ce qui suppose de la fluidité. C'est-à-dire, on n'est pas enfermé dans un groupe pour toute l'année, par exemple, mais on passe d'un groupe à l'autre.
Et c'est ça qui sera bon et pour les bons élèves et pour les élèves plus faibles qui, d'ailleurs, ne sont pas condamnés à être toujours les élèves plus faibles. Vous savez, ça a toujours été ma philosophie et ça doit le rester. On tire tout le monde vers le haut. C'est ça qui doit être fait. Et nous l'avons fait à l'école primaire. C'est pour ça que je n'étais pas complètement d'accord avec la formulation de votre question. C'est qu'à l'école primaire, des choses fondamentales ont été faites. Mais vous savez, on ne fait pas pousser les fleurs en tirant dessus. Il faut arroser doucement, lentement, progressivement.
Et c'est un travail de Romain qui a été fait qui, parfois, c'est un peu ingrat pour moi parce qu'évidemment, les résultats ne se voient pas immédiatement. Mais j'invite chacun à regarder ce que j'ai cité tout à l'heure, c'est-à-dire Peirce, ou de regarder les évaluations. Nous sommes le seul pays au monde à faire ça maintenant de début d'année des élèves qui nous permettent de voir les progrès. Ces progrès sont longs, lents. Nous arrivons d'une situation qui a été dégradée. Mais sur 10 ans, je pense qu'on va arriver à ce qu'est cette augmentation du niveau de la France. Je donne rendez-vous pour les prochaines évaluations internationales.
Le 8.30 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Brachia. Et toujours avec Estelle Brachlianoff, la directrice générale de Veolia, et Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l'Éducation. Question pour vous, Jean-Michel Blanquer. On l'entendait dans le fil Info. Les ministres de l'Éducation, de la Justice, de l'Intérieur se penchent aujourd'hui sur la sécurisation des établissements les plus à risque. Ce n'est pas sans lien avec le plan Laïcité qui a été annoncé il y a quelques jours. Brigade d'intervention, c'est ce qui va être déployé dans les prochaines semaines. Vous aviez créé, vous, des équipes Valeurs de la République. Là, on en est maintenant au déploiement de magistrats, de policiers.
C'est quoi la prochaine étape ?
Je pense qu'on doit toujours ajuster les dispositifs. Depuis 2017, il y a eu beaucoup de choses qui ont été faites, notamment avec ces équipes dont vous venez de parler, qui là aussi font beaucoup de bien sans faire forcément du bruit. Mais il y a des centaines d'interventions dans les établissements qui ont lieu de la part de ces équipes depuis 2017. Aujourd'hui, la ministre souhaite mettre un cran supplémentaire avec une dimension, disons, nationale, peut-être pour les cas les plus difficiles. Mais c'est très important que les établissements ne se sentent pas seuls. Mais comment vous expliquez
qu'on ne s'en sorte pas ? Parce que ce sont des choses qui existent depuis maintenant des années, que vous aviez prises vous-même en main lorsque vous étiez ministre de l'Éducation.
Vous savez, ces problèmes ont quand même leur source fondamentalement dans l'évolution de notre société, beaucoup plus que dans l'évolution de l'école elle-même. L'école est obligée de réagir par rapport à des évolutions de la société. C'est pourquoi, chaque fois qu'on analyse ces questions, il est important de voir ce que fait l'éducation nationale. Et elle fait de plus en plus, beaucoup plus que dans n'importe quel pays au monde sur ce sujet. En revanche, ce qu'il faut analyser plutôt que de se focaliser uniquement sur l'éducation nationale, c'est les causes de tout cela, les causes sociales. Et que faisons-nous, nous tous, citoyens, pour qu'il en soit autrement ?
Que disons-nous à nos enfants ? Regardez l'attitude de cette jeune fille qui est à l'origine de la crise du lycée Ravel. C'est tout simplement honteux.
Le proviseur a décidé de quitter l'établissement.
Il y a une plainte qui a été déposée contre elle. Bien sûr. Et donc là, ça y est, on est dans le domaine pénal, et tant mieux. Mais on voit bien qu'on est dans le domaine extrascolaire et de l'éducation qui est donnée par les parents. Donc, bien sûr, l'éducation nationale doit être toujours au plus près des réactions nécessaires. C'est le cas. Mais ça nous amène vers des sujets beaucoup plus larges que ceux de l'éducation nationale. Il faut faire très attention à ne pas toujours avoir comme premier réflexe de critiquer l'institution en disant qu'elle est nulle, mauvaise, immobile, etc. Ce qui n'est pas vrai, d'ailleurs. Il y a des tas de gens très dévoués sur ces sujets.
Elle est toujours imparfaite. Dévouée, mais souvent découragée. Oui, bien sûr. Parfois, on peut l'être. On l'a vu avec le provisoire qui s'y révèle justement. Bien sûr. C'est un échec, le fait qu'il ait eu à partir ainsi. Je ne dis absolument pas le contraire. Mon message, c'est un message de responsabilisation. Ne nous plaignons pas de conséquences dont nous n'allons pas regarder les causes. Et donc, là, il y a une question de se ressaisir à l'échelle de la société entière
Brachlianoff. Vous entendez le débat du moment face aux difficultés économiques que traverse le pays. Nombreux sont ceux qui appellent à une taxation des multinationales comme la vôtre, Veolia. Plus de 45 milliards de chiffre d'affaires en 2023. Un record. 937 millions de bénéfices. Est-ce que les mots taxation exceptionnelle vous font peur ?
Veolia n'est absolument pas concernée par les notions de super profit. Moi, ce qui me paraît essentiel, c'est de voir comment on redistribue les richesses que l'on crée dans une entreprise. 80% sont redistribués sur les territoires de France. On a parlé de Terra Academia il y a un instant pour lequel nous sommes le monde refondateur. Nous avons 55 000 salariés en France. On crée des emplois. Au-delà de ça, les salariés du groupe, par exemple, sont le premier actionnaire de Veolia avec 7,5% du capital.
Et j'ai même lancé, il y a quelques mois maintenant, un plan assez unique, mondial, de minimums sociaux, si je puis dire, garantis par l'entreprise, quelle que soit la législation locale, le plan Veolia-Kers, qui veut dire qu'on soit aux Etats-Unis ou en Inde, on a au moins droit à un certain nombre de choses comme du congé maternité ou une assurance santé. Je crois que c'est l'ensemble de ces composantes qui est la façon dont on mesure comment une entreprise redistribue les richesses qu'elle crée.
Vous, vous faites part aujourd'hui de tous les efforts que vous faites, mais vous entendez quand même 146 milliards d'euros de bénéfices nets cumulés pour les entreprises du CAC 40 à un moment où le pays traverse une crise avec une dette publique totalement record, 3 000 milliards d'euros. Il faut que tout le monde participe à l'effort ?
Je crois que le fait de dire tout le monde participe à la richesse collective, oui, c'est une évidence. Je suis là pour vous parler de Veolia et non pas d'autres entreprises et je peux vous dire que participer à accélérer la transformation écologique dans tous les territoires de France, c'est le métier de Veolia, c'est ma conviction et c'est sur quoi nous mettons les moyens et l'accent.
On aura parlé de beaucoup de sujets avec vous, notamment de la fiscalité, de l'éducation évidemment et donc de cette école que vous venez de lancer avec vous, Jean-Michel Blanquer, Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia. Merci d'avoir été les invités du 830 France Info.