N. Arthaud: «Je concours dans une catégorie très spéciale, la catégorie communiste révolutionnaire!»
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:35OuverteRéponse directe
Pourquoi vous présentez à nouveau ?
- 1:38OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez l'impression d'être entendus par les travailleurs ?
- 2:42OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous leur proposez à ces travailleurs pour améliorer leur vie, leurs conditions de travail ?
- 4:26OuverteRéponse directe
Vous êtes candidate pour quoi ?
- 6:30FerméeRéponse directe
Est-ce qu'on peut les résumer à ça, Nathalie Arthaud ?
- 6:47FerméeRéponse directe
Est-ce que ce ne sont pas eux aussi qui créent les emplois pour les milliers de Français ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:19Invité politiqueChiffre
« 11 000 milliards »
- 6:24Invité politiqueFait
« il y a des femmes et des hommes, y compris dans ce pays, qui touchent plusieurs millions d'euros par jour. »
- 9:08Invité politiqueChiffre
« 6 millions de femmes et d'hommes qui cherchent un emploi, un vrai emploi. »
- 10:54PrésentateurChiffre
« l'INSEE prévoit un fort taux de recul du taux de chômage à 7,8% pour le troisième et quatrième trimestre 2001. »
- 12:57Invité politiqueChiffre
« sixième hausse du gaz. »
- 13:01Invité politiqueChiffre
« près de 60% de hausse. »
- 13:51Invité politiqueChiffre
« 20%. »
- 15:08Invité politiqueChiffre
« le SMIC, même pas à 1300 euros net, c'est indigne. »
- 16:58Invité politiqueChiffre
« 58 milliards au premier semestre, ça veut dire plus de 100 milliards sur l'année en 2020. »
Temps de parole
- Nathalie Arthaud82 %
- Présentateur15 %
- Invité4 %
≈ 1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Et notre invitée politique ce matin, c'est Nathalie Arthaud. Bonjour. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes candidate à la présidentielle pour Lutte Ouvrière. Et on est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la Presse quotidienne régionale, représentée par Fabrice Vessard-Rodon du groupe Ebra. Bonjour Fabrice.
Bonjour Auriane.
Le groupe Ebra, les journaux de l'Est de la France. On ne le dit plus, mais on le précise quand même. Nathalie Arthaud, vous allez lancer demain votre campagne présidentielle, premier meeting de campagne demain. C'est la troisième campagne présidentielle pour vous. Vous avez fait 0,6% des voix environ les deux précédentes fois. Pourquoi vous présentez à nouveau ?
Pour porter les intérêts du monde du travail. Pour dire que rien ne changera pour le monde du travail, pour les ouvriers, les employés, les salariés, ceux qui galèrent entre période de boulot, période de chômage, les intérimaires, sans renouer avec les luttes collectives, sans se faire respecter du patronat. Vous savez, on va beaucoup parler effectivement des programmes électoraux et de ce que pourrait faire un tel ou un tel, une fois président de la République. Mais ce qui gouverne véritablement la société, c'est cette loi du profit, c'est cette loi de l'exploitation. Et ça, elle s'abat sur l'ensemble du monde du travail.
Et face à elle, nous disons qu'il faut que les travailleurs se défendent, qu'ils renouent avec les luttes collectives, avec les mouvements sociaux, avec les grèves, avec les manifestations. Donc voilà, je porte cette perspective-là dans cette campagne présidentielle.
Mais est-ce que vous avez l'impression d'être entendus par les travailleurs, qui sont quand même beaucoup plus que 0,6% des électeurs ? Est-ce que vous avez l'impression que du coup, c'est vers vous qu'ils se tournent ?
Ah mais moi, je sais que quand ils veulent se battre, quand ils veulent se battre, c'est-à-dire quand la colère finalement passe sur la peur, sur l'attentisme, eh bien c'est vers nous, effectivement, qu'ils regardent. Et c'est ce qu'il faut qu'on retrouve, parce qu'on le voit bien, c'est pas les élections qui changent nos vies, qui changent nos vies. Et ce ne sont pas les élections qui mettent un coup d'arrêt à cette crise climatique, à cette crise économique et à cette crise sociale. On est confronté à tout un système qui a une logique, c'est un rouleau compresseur, où il n'y a finalement que le fric qui compte. Et c'est cela qu'il faut arrêter.
Et encore une fois, on ne l'arrêtera pas, on ne l'arrêtera pas au travers des élections, en choisissant lequel, parmi tous les postulants, veut gérer cette société-là. Mais du coup, allez-y, Fabrice, après je vais poser ma question.
Qu'est-ce que vous leur proposez à ces travailleurs pour améliorer leur vie, leurs conditions de travail ?
Eh bien, je leur propose ce que les salariés aujourd'hui de Transdev, vous savez, cette entreprise, donc, dans les transports, ce sont des conducteurs de bus, maintenant aussi des conducteurs de train, qui travaillent pour Transdev, qui auparavant étaient intégrés sur des régies publiques plus importantes, de se battre, de défendre leur salaire, de défendre leurs conditions de travail, de s'opposer à l'allongement du temps de travail, de s'opposer à toutes ces attaques qui consistent à reprendre des minutes de pause, qui consistent à intensifier les cadences. Les salariés de Transdev, dans la Grande Couronne, la parisienne, sont en grève, pour certains, depuis cinq semaines.
Depuis cinq semaines, ils sont en grève pour dire, ça suffit, se recule des conditions de travail, ça suffit, être présent à disposition du patron sans être payé, on n'en veut plus. Donc, voilà, ils jouent le rapport de force. Et moi, je suis convaincue que c'est comme ceux-là, effectivement, qu'ils se feront respecter. Donc, moi, je suis effectivement candidate pour dire, eh bien, c'est ce chemin-là qu'il faut suivre.
Sans cela, on vivra ce qu'il y a dans toutes les entreprises, parce que dans toutes les entreprises, il faut le dire, on ne parle que des profits, des super profits qui sont réalisés et qui sont affichés au CAC 40, mais ces super profits, ils ont un revers, une contrepartie pour le monde du travail. C'est plus de précarité, c'est des salaires bloqués, c'est une aggravation des conditions de travail. Donc, contre cela, moi, je ne connais qu'une chose, la lutte collective.
Mais on va revenir, évidemment, sur ce que vous proposez, mais juste sur le sens de votre candidature. C'est ça qu'on ne comprend pas bien, en fait, Nathalie Arthaud, parce que vous nous dites, il faut se battre dans les entreprises, il faut se battre dans la rue, il faut des luttes collectives, et ce n'est pas cette élection qui va changer quelque chose. Du coup, vous êtes candidate pour quoi ? Juste pour être porte-parole de ces ouvriers, pour faire entendre leurs paroles, mais pas pour changer leur vie concrètement ?
Je défends une politique, je défends une perspective, j'ai une vision, oui, de la société. Je pense que cette société capitaliste nous mène dans le mur, à tous les niveaux, au niveau économique, parce que c'est un craquin qui nous menace, qui plane, qui nous guette, et ça, tous les experts financiers le disent, parce que regardez ces tensions et ces rivalités internationales, si ça se trouve demain, cette fameuse guerre froide entre les États-Unis et la Chine, elle va se transformer en guerre tout court. Qu'est-ce qu'on en sait de la crise sanitaire, de son rebond, etc. ? Mais est-ce que le président de la République a du pouvoir pour vous, pour changer tout ça ?
Précisément, le président de la République ne maîtrise rien de tout cela. On est dans une société capitaliste qui agit, encore une fois, comme un rouleau compresseur, et ils sont complètement impuissants face à ça, mais même face à la crise climatique. Donc moi, si je me présente, effectivement, c'est pour dire que cette société capitaliste, il ne faut pas chercher à la gérer, il faut chercher à la renverser, à la renverser. Et je... Mais comment ? Vous dites que le président de la République n'a aucun pouvoir,
et ce n'est pas le président de la République tout seul qui va renverser une société capitaliste mondiale.
C'est la raison pour laquelle je m'adresse au monde du travail, je m'adresse à l'écrasante majorité de la population qui souffre de cette société, et qui réalise que finalement, on est vraiment dans deux mondes, qui n'ont d'ailleurs plus rien à voir l'un avec l'autre, où d'un côté, c'est les milliards qui dégoulinent, qui dégoulinent, je le dis, j'utilise ce terme bien consciemment, parce que, regarde, vous avez vu les chiffres de la fraude fiscale, 11 000 milliards, vous avez vu les milliardaires qui ont augmenté leur fortune de 40%, il y a des femmes et des hommes, y compris dans ce pays, qui touchent plusieurs millions d'euros par jour.
– Mais est-ce qu'on peut les résumer à ça, Nathalie Arthaud ? – Certains vont payer 1 euro, vont calculer euro après euro, vont pas se chauffer, aujourd'hui c'est le cas pour des retraités, pour des femmes seules, pour des salariés au SMIC, ils galèrent, voilà, tous les jours.
– Est-ce qu'on peut les résumer à ça, ces grands patrons, les grandes entreprises ? Est-ce que ce ne sont pas eux aussi qui créent les emplois pour les milliers de Français, qui du coup ont un emploi et un salaire à la fin du mois ?
– Aujourd'hui, ils en suppriment, aujourd'hui, ils font tout leur possible pour charger la mule, c'est-à-dire, voilà, on concentre le travail de plus en plus sur ceux qui sont en emploi, et les autres, on les laisse galérer au chômage. Et c'est comme ça, d'ailleurs, que ces fortunes faramineuses s'accumulent à un pôle, donc à un moment donné, il faut dire stop. Et moi, effectivement, je pense que le président de la République, il a le pouvoir sur nous, sur la population, ça c'est sûr, il a le pouvoir de baisser les allocations chômage, il n'y a pas de problème.
Mais est-ce qu'il a le pouvoir sur les entreprises, pour qu'elles embauchent partout où il y a du boulot, où il y a du boulot par-dessus la tête ? Et moi, je peux vous en citer, non seulement des entreprises, mais je peux vous citer aussi nombre de secteurs publics, où il y aurait des dizaines, des centaines de milliers d'emplois à créer dans les hôpitaux, dans les EHPAD, dans l'éducation.
– Et il y a aussi un nombre de secteurs où il y a beaucoup d'emplois à pourvoir. Comment vous l'expliquez, ça, Nathalie Arthaud ?
– Non, ces emplois, pourvoir, comme vous dites, ce sont en grande partie des emplois qui sont saisonniers, qui sont des emplois de bouche-trou, ou alors qui sont des emplois qui, effectivement… – Il y a des emplois dans le BPP, dans l'hôtellerie, restauration… – Ou alors, il y a aussi une fraction de ces emplois, qui sont des emplois très qualifiés. Bon, eh bien, il n'y a pas ces qualifications. Qu'est-ce que vous voulez ?
Moi, ce qui me frappe, même par rapport à ce chômage, je voudrais juste terminer là-dessus, c'est qu'effectivement, on a des reportages du matin au soir, interviewant des patrons de l'hôtellerie, de la restauration, des PME, et leur demandant, en tout cas, comment ils voient la situation. Mais est-ce qu'il y aura un seul reportage qui ira voir des chômeurs et qui leur demanderont leurs problèmes, quelles sont leurs difficultés, quelle est la réalité de leur vie ? Parce que c'est ça aussi le problème, c'est que les chômeurs, ils ne peuvent pas forcément répondre à n'importe quel coup de sifflet patronal.
Ils ont aussi des qualifications, ils ont un métier, ils ont des aspirations, ils veulent travailler dans une région, ils ont aussi des droits, les chômeurs.
Vous évoquez beaucoup la question du temps de travail, notamment de l'allongement du temps de travail. Vous pensez qu'on travaille trop en France ?
Je pense qu'on travaille trop. Oui, bien sûr, on travaille trop. La preuve, il y a 6 millions de femmes et d'hommes qui cherchent un emploi, un vrai emploi.
Pour vous, la solution, ce serait encore la réduction du temps de travail ?
Il faut qu'on répartisse le travail entre tous. Il faut qu'on le répartisse. C'est une aberration, une aberration de voir que certains se tuent au travail. Ils se tuent au travail littéralement.
Mais 35 heures, ça n'est pas assez. Dans votre idée, il faut aller en dessous.
Bien sûr, il faut qu'on baisse le temps de travail. Mais vous savez, ce n'est pas qu'une question de nombre d'heures travaillées, c'est aussi l'intensité du travail. Et il s'est intensifié de partout. Et regardez comment les femmes et les hommes s'usent, usent leur santé au travail. N'en peuvent plus. Tout ça, on doit le rajouter au temps de transport. Donc non, aujourd'hui, c'est des cadences. J'ai discuté récemment avec des ouvriers de PSA Stellantis maintenant, qui expliquent qu'avec les cadences qui sont imposées, un certain nombre d'anciens ne peuvent plus suivre, n'arrivent plus à suivre.
Et ça, on peut le dire dans les EHPAD, c'est le cas des auxiliaires de vie, c'est le cas de nombre de salariés. Il y a une pression maintenant au travail. Je parlais des conducteurs de Transdev. Aujourd'hui, on leur demande de prendre leur bus en 10 minutes. Il faut qu'ils courent. Ils doivent arriver au boulot. Il faut qu'ils courent, vérifier que les feux clignotants fonctionnent, qu'ils prennent le volant, etc. Donc c'est ça le boulot aujourd'hui. C'est une course contre la montre permanente.
Juste pour finir sur cette question importante du chômage, l'INSEE prévoit un fort taux de recul du taux de chômage à 7,8% pour le troisième et quatrième trimestre 2001. C'est un niveau qui n'a jamais été atteint depuis 2008. Qu'est-ce que vous dites face à ces chiffres ?
Je vous dis que le chômage, ce n'est pas une statistique. C'est des millions de femmes et d'hommes qui désespèrent de trouver un véritable emploi, de pouvoir s'inscrire dans la durée d'avoir ce projet. Mais ces chiffres, il y a une vraie réalité,
qu'il y a de moins en moins de personnes qui sont au chômage aujourd'hui.
Eh bien, vous savez, ces chiffres, ils cachent tous les petits boulots. Ils cachent le fait que beaucoup sont utilisés, je le redis, comme des bouches-trous, qu'ils ne peuvent même pas se dire « ben voilà, je peux compter sur ce salaire, je peux compter sur ce boulot, ils sont sur un siège éjectable, c'est des CDD, c'est des intérimels qui peuvent se retrouver du jour au lendemain privés de leur salaire. »
Sur les mesures gouvernementales pendant cette crise, il y a eu le fonds de solidarité, il y a eu des exonérations de cotisations, il y a eu le chômage partiel. Est-ce que vous reconnaissez que l'État était présent aux côtés des salariés ?
Mais vous savez, pour un salarié, même ce chômage partiel, c'était tout sauf un cadeau, tout sauf un cadeau. Mais qu'est-ce qu'il fallait faire à l'heure du chômage concours ? Non, mais quand vous avez 1 400 euros pour vivre, quand vous avez 1 500 euros pour vivre, vous êtes en difficulté, en permanence, quand vous touchez votre salaire plein. Donc quand votre salaire, il est amputé, ne serait-ce que de 50, de 80, de 100 euros, eh bien c'est la galère. Et ça, ça a été vécu par des millions de femmes et d'hommes. Sans parler que, là vous me parlez, vous, du chômage partiel.
Mais vous savez quand même que dès le premier confinement, dès la première semaine du confinement, c'est des centaines de milliers d'intérimes de CDD qui sont retrouvés au chômage total, au chômage complet. Et il ne faut quand même pas les oublier ceux-là, parce qu'ils sont en nombre très important, bien sûr. Et on va parler d'un sujet qui inquiète les Français,
c'est la hausse des prix de l'énergie.
Alors la hausse des prix de l'énergie, le gouvernement propose des mesures pour faire face à cette hausse, notamment tout ce qui est pétrole, gaz, etc. Vous saluez ces mesures ?
Moi, j'avoue que ça m'a fait rire. On est à la sixième hausse du gaz. Sixième hausse du gaz. Sur l'année, ça fera près de 60% de hausse. Et là, le Premier ministre arrive en nous expliquant qu'il a un bouclier. Mais c'est bon, toutes les balles, elles ont été tirées, là. Le mal est fait, finalement. Et qu'est-ce qu'il propose ? L'augmentation des pensions de retraite ? L'augmentation du SMIC à hauteur ? Non, non. Donc moi, je pense que face à cette question-là, ce qui est important, c'est de remettre sur la table la nécessité d'augmenter les salaires et surtout de les indexer. De les indexer sur l'inflation réelle. De les indexer sur l'inflation réelle. Ce serait la moindre des choses.
Vous voyez, j'ai encore rencontré une auxiliaire de vie qui se déplace avec son automobile. L'essence a augmenté. Et on sait. Et on peut très bien mesurer la hausse depuis le 1er janvier. Donc c'est une hausse de 20%, quelque chose comme ça. 20%. Eh bien, ces auxiliaires de vie demandent juste que leur indemnité kilométrique soit augmentée d'autant. Eh bien non ! Ça ne se passe pas. Voilà, ça ne se fait pas. Vous trouvez ça normal ? Ce n'est pas normal. Donc il faut que les salaires, mais aussi les pensions de retraite, les minima sociaux soient indexés, suivent l'augmentation de tous ces prix.
Et l'inflation qui est réelle, l'inflation que nous mesurons quand nous faisons le plein de l'essence, quand nous remplissons notre caddie. Et pas l'inflation mesurée par l'INSEE parce qu'elle est toujours en retard d'entrain. Et elle est toujours en train de sous-estimer la vraie situation. Donc voilà, c'est une augmentation des salaires. Mais vous savez ça. Moi, je ne vais pas faire comme les autres candidats qui jettent leurs promesses. Si moi, je suis élu président de la République...
Non, mais en l'occurrence, ils ont un programme. C'est ce qu'attendent un peu les électeurs face à des candidats à la présidentielle. Vous, on a bien compris ce que vous voulez sur le social et pour les travailleurs. C'est très clair. Par exemple, sur un sujet comme le climat et la transition énergétique, quelles sont vos propositions là-dessus ?
Juste pour vous dire que vous savez, je ne pense pas que les électeurs attendent ce genre de promesse électorale dont ils savent pertinemment qu'elles atterriront dans la poubelle. Dans la poubelle. Moi, je le redis. Ces augmentations de salaire, elles sont mille fois légitimes. Le SMIC, même pas à 1300 euros net, c'est indigne. Il faut les arracher.
Et le doublement du salaire des professeurs, par exemple, que propose Anne Hidalgo, vous en pensez quoi ? Moi, je pense que ça serait tout à fait légitime. Ah, donc vous avez un point commun avec Anne Hidalgo. Soyez prête à discuter avec...
Et puis, vous savez, moi, je trouve que ce serait tout à fait légitime, mais légitime aussi de doubler beaucoup d'autres salaires. Ce n'est pas une utopie. La preuve, ça se fait chez nos voisins. Donc, ils sont payés deux fois plus. Mais c'est une question, encore une fois, de rapport de force, de moyens. Cet argent, on va le prendre où ? Moi, je pense qu'il va falloir aller l'arracher au profit, au dividende. Et ce que j'ai envie de dire dans cette campagne au monde du travail, c'est que les choses, elles sont simples. C'est une question de rapport de force. Soit ce sont leurs dividendes, ou alors c'est nos salaires. C'est leur profit ou c'est nos emplois.
Voilà, c'est les sinecures, le luxe pour quelques ans. Ou alors, ce sont nos retraites. On n'a pas le choix. C'est une question de combat.
Justement, un mot sur les retraites. La réforme des retraites n'aura a priori pas lieu d'ici la fin du quinquennat. Vous vous en réjouissez, ça ?
Ah ben, moi, je suis absolument opposée à tout recul des retraites. Voilà, j'en...
Et là encore, comment on fait ? Pour vous, il n'y a pas de problème avec le régime de retraite actuel ?
Est-ce que la société n'est pas riche ? L'économie repart. Écoutez-moi, j'entends Bruno Le Maire, mais qui est ravi de la situation économique. Il nous explique que tout va bien, tous les signaux sont ouverts. Il y a de l'argent, ça redémarre. Eh bien, qu'on aille prendre dans cet argent. Cet argent, il est produit par qui ? C'est le fruit du labeur, de la sueur du monde du travail. Il devrait lui revenir au lieu de cela. C'est-à-dire, on finance quoi ?
On finance les retraites avec les profits des grandes entreprises ? Eh bien, pourquoi pas ?
Parce qu'on n'est pas vraiment sur la même échelle. Mais bien sûr, on est sur la même échelle. Vous avez vu ces profits ? 58 milliards au premier semestre, ça veut dire plus de 100 milliards sur l'année en 2020. Bien sûr que si on est sur la même échelle... C'est plus de 300 milliards d'euros, Nathalie Arthaud, comment on fait ? Rajouter 100 milliards, je peux vous dire que ça nous sort complètement du problème. Bien sûr qu'il faut prendre l'argent là où il est. Je trouve incroyable...
Pour vous, il n'y a pas de sujet réforme des retraites ?
Ici, il y a un sujet qu'il faut les améliorer, les retraites. Parce que les retraites, elles sont indignes pour beaucoup de femmes et d'hommes qui ont bossé toute leur vie et qui aujourd'hui, et on voit des reportages aujourd'hui, ont du mal à se chauffer. Vous vous rendez compte ? Je trouve ça indigne dans un pays riche comme le nôtre. Et encore une fois, on ne peut pas dire que tout va bien, que c'est la prospérité, qu'on nage dans les milliards à un pôle, et aller dire à ceux qui travaillent, ceux qui portent la société, eh bien, il faut sacrifier vos retraites, il faut sacrifier vos salaires, il faut sacrifier la sécurité de l'emploi. On ne peut pas dire ça.
Et moi, voilà, je ne sais pas... Et on a bien compris, on a bien compris, Nathalie Arthaud.
Elle est plus que riche pour maintenir les salaires. Un mois avant de terminer, puisque vous parliez d'Anne Hidalgo, vous êtes d'accord avec sa proposition de doublement des salaires des professeurs ?
Je suis d'accord pour le fait de se battre, parce que ça ne nous tombera pas du ciel.
Plus largement, est-ce que vous discutez avec d'autres candidats de gauche pour cette élection présidentielle, ou vous irez de toute façon et vous acceptez ces divisions à gauche pour le moment ?
Je porte une autre voix, vous l'avez bien compris, vous l'avez d'ailleurs souligné. Moi, je concours dans une catégorie très spéciale, la catégorie communiste révolutionnaire, vous voyez. Qui n'est pas la catégorie communiste ou la France insoumise pour vous ? C'est encore une autre catégorie ? Je ne veux pas être la gestionnaire de cette société qui court à la catastrophe. Vous avez posé le problème de la catastrophe climatique, écologique, et c'est une catastrophe. Moi, je ne veux pas être la gestionnaire de cette société-là.
Je pense que sans combattre cette course au profit, sans combattre cette propriété privée capitaliste, qui conduit à ce gaspillage inouï, qui conduit à ces inégalités, à ces injustices, mais aussi à cette désorganisation totale de l'économie, à ce gaspillage, on n'arrivera à rien.
Est-ce que vous avez l'impression que vos thèmes de campagne y sont tendus dans cette campagne présidentielle, Nathalie Arthaud ? Est-ce que ce n'est pas quelqu'un comme Éric Zemmour qui arrive à imposer ces thèmes à l'heure actuelle dans la campagne ?
Vous savez, ils sont très entendus dans le monde ouvrier, dans le monde des entreprises. Tout ce que je viens de vous parler, là, c'est des problèmes réels qui sont vécus. Après, je vous concède que sur les plateaux de télévision, oui, c'est plutôt Éric Zemmour que Nathalie Arthaud que l'on entend. Mais je vous assure que dans les quartiers populaires...
C'est que sur les plateaux de télévision ? Pour vous, Éric Zemmour, il ne parle pas à une catégorie de la population ? Sans aucun doute. Les politiques ne parlent pas à l'heure actuelle ?
Sans aucun doute. Il surfe sur des préjugés qui existent. Il les attise, il les alimente. Mais moi, je le combat, de toute façon. Je le combat.
Quand j'entends... Il est républicain pour vous, Éric Zemmour ?
Moi, quand je l'entends dire que les immigrés musulmans sont inassimilables, mais écoutez, je vous le garantis, ils sont très bien assimilés au monde du travail, très bien assimilés au monde des exploités. Ce sont eux qui font les boulots les plus difficiles. Sans eux, il n'y a pas un aéroport, pas un chantier dans le bâtiment qui ne fonctionnerait. Ils portent la société. Moi, ce que j'ai envie de dire dans cette campagne, c'est que c'est autant cette société, elle appartient autant à ces travailleuses et ces travailleurs qu'à Éric Zemmour. Dernière question, Fabrice.
L'état de la gauche vous inquiète ?
Je ne me sens pas faire partie de cette gauche gouvernementale qui a renoncé, finalement, à changer la société. Moi, ma confiance et mes espoirs, ils se tournent vers ce monde du travail qui, forcément, à un moment donné, va renouer avec cet objectif de la changer, cette société, du tout au tout, et de mettre fin à cette société qui est basée sur l'exploitation de l'homme par l'homme. Merci beaucoup.
Merci Nathalie Artaud d'être venue nous voir ce matin et de nous parler de vos propositions et de la voix que vous portez dans cette campagne présidentielle. Merci Fabrice.
Nathalie Arthaud