Loi Duplomb : "nous demandons une seconde lecture et une abrogation"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Diana Badiop. Bonjour. Merci d'être notre invité ce matin.
Pour être libre, il faut être craint. Nous ne sommes pas assez craints. Ces mots, ce sont ceux d'Emmanuel Macron hier en conseil des ministres, visiblement furieux après l'accord sur les droits de douanes conclus entre l'Union européenne et Donald Trump.
Est-ce que vous partagez ce constat d'Emmanuel Macron ? Je partage le constat, mais je lui demande dans ce cas-là, qu'a-t-il fait pour euh justement éviter un accord qui nous est euh aussi défavorable au sein de l'Union européenne. Moi, je pense que Ursula Van Derlen fait partie aussi euh de des personnalités euh et aussi de son camp.
Il y a eu des discussions, les chefs d'état ont quand même donné un certain nombre euh comment dirais-je de feux verts. On a peu entendu la France et euh c'est toujours bien de commenter à postériori mais quand on gouverne, c'est aussi faire en sorte d'influer les décisions. Et moi, je demande aussi qu'est-ce qu' qu'est-ce qu' a négocié le président de la République ?
Qu'est-ce qu' a négocié son camp pour justement dans ces accords ? On peut s'indigner aujourd'hui, on aurait aimé qu'il agisse plutôt. Mais Emmanuel Macron, il pourrait vous rétorquer la question dans la mesure où les socialistes aujourd'hui participent à la plateforme qui permet à Ursela Van Derlenle de rester présidente de la commission.
Nous ne participons pas, c'est-à-dire que vous savez, c'est pas du tout la même chose lorsque vous êtes à l'Union européenne, au Parlement européen qu'en France. C'est pas euh une opposition euh contre une majorité et d'ailleurs on l'expérimente chaque jour euh à l'Assemblée nationale. Nous nous avons donné un certain nombre de points euh les socialistes et je rappelle que les socialistes français ont clairement dit qu'ils étaient contre l'accord.
Nous avions déjà aussi euh dénoncé l'accord du maire caurû. Il y a beaucoup de faits sur lesquels nous n'avons pas été d'accord. Nous l'avons dénoncé avec force avec notre délégation par la voix non seulement de nos heureux députés.
Je rappelle que ce soit Raphaël Bluxman mais aussi euh Norbar, le Cloidel et bien d'autres à chaque fois nous avons dit notre position. Euh les insoumis, ils ont annoncé hier qu'ils allaient déposer au niveau européen une motion de censure euh contre euh Ursoua Van Derleyen. Est-ce que les socialistes français la voteront ?
Je crois que il faut aussi euh raison garder. C'est-à-dire que c'est très bien de déposer une motion de censure. Quelle chance a-t-elle d'aboutir ? aucune.
Nous ce que nous disons c'est que il faut d'abord discuter avec les différents députés qui sont présents pour influer pour qu'il y ait une réaction de l'Union européenne. Il faudrait activer justement dans le cadre de du plan anticoer c'estàd dire que nous aussi nous pouvons interdire sur des sur des sujets bien précis certains produits leur par exemple leur interdire l'entrée dans l'Union européenne. C'est ça qu'il faut faire.
Au-delà de la motion de censure, il faut déposer concrètement des projets, faire appliquer des mesures qui existent déjà dans le panel des actions qui peuvent sont possibles par le Parlement européen. Alors de motion de censure, il en est aussi question en France. Hier, c'était le dernier conseil des ministres avant les vacances.
Est-ce que vous dites aux ministres de faire leur carton en même temps que leur valise ? Je leur dis surtout qu'il va falloir être euh cohérent et surtout euh il va falloir qu'ils aient sur le budget qui nous attend un certain nombre euh de propositions euh qui soient euh on sait qu'il va falloir trouver euh des économies, pas de souci. Mais où vont-ils chercher ces économies ?
Comme toujours, on va les chercher dans la poche de celles et ceux qui sont les plus pauvres ou celles qui en sont le plus besoin. On le redit encore une fois, il y a la taxe Zukman qu'on peut activer pour aller chercher de l'argent. Donc s'ils ne sont pas c'est cette taxe qui prélève sur les plus hauts patrimoines les très hauts patrimoines et c'est-à-dire que ça permet à ce que chacun puisse faire un effort.
Moi je ne comprends pas que celles et ceux qui ont vu leur patrimoine doubler c'estàdire passer de 600 milliards à 1200 milliards, on ne peut pas leur demander de faire un effort dans un moment où justement notre pays mais vous allez la voter ou non cette motion de censure ? Mais bien sûr qu'on va la voter cette notion de censure. On sera même celles et ceux qui la déposeront si effectivement l'effort se porte toujours et encore sur celles et ceux qui en ont le plus besoin.
Ce qu'on a un peu de mal à comprendre, c'est que au mois de février, vous avez conclu une sorte de pacte one shot de non censure avec François Baou en échange de ce conclève sur la retraite qui s'est soldé par un échec. Est-ce que vous vous êtes fait rouler dans la farine par François ? Alors nous n'avons pas fait un pact one shot.
Ce que nous avons fait, c'est que nous avons dit, nous sommes d'accord pour discuter. Et lorsque nous avons discuté, nous n'étions pas seuls, le Parti communiste était présent avec nous, ainsi que les écologistes et générations. Lorsque nous avons discuté, il y avait un certain nombre d'engagements qui avaient été pris.
Je rappelle que le premier ministre François Beux nous avait adressé à cet effet une lettre des visiblement, il a pas tenu ses engagements. Il a Ben c'est pour ça que nous avons déposé une motion de censure. Mais vous l'avez cru sincèrement quand il vous a fait cette proposition ?
Non pas c'est pas que nous l'avons cru, c'est que nous avons fait le choix à ce moment-là de dire que nous serions plus utiles aux Françaises et aux Français et aussi aux entreprises, aux associations, mais aussi sur les collectivités territoriales. Je rappelle qu'au Parti socialiste, nous avons énormément d'élus locaux qui nous ont dit "Nous sans budget, ça va être très compliqué si on ne vote pas de budget." Nous avons entendu cela.
Nous avons fait un certain nombre de concessions. Nous avions des engagements, ils n'ont pas été tenus. On a déposé une motion de censure qui a été l'une d'ailleurs qui a été les plus les mieux votés euh justement à l'Assemblée.
Nous continuons à la rentrée, nous l'avons dit d'ailleurs par la voix de notre premier secrétaire Olivier Fort Boris Vallot. Nous déposerons une motion de censure s'il n'y a pas de proposition concrète qui améliore la vie des gens sur les services publics, sur la santé, sur le logement, sur l'éducation. Un certain nombre de mesures sont attendues.
Si elles ne sont pas présentes et bien nous censurons. Alors il y a un autre gros dossier qui doit revenir à la rentrée, c'est celui de la loi du plomb avec cette pétition qui a passé au début de semaine la barre symbolique des 2 millions de de signatures du jamais vu. Quelle doit être la suite selon vous maintenant ?
Et bien il y a deux choses très concrètes. Nous avons déposé un recours auprès du Conseil constitutionnel. C'est euh notre collègue Olirélien Rousseau qui l'a défendu pour les socialistes.
Nous avons été très clairs. Nous avons dénoncé d'ailleurs la manœuvre, c'est-à-dire la motion de rejet qui a été déposée euh euh à l'Assemblée pour éviter justement qu'il y ait euh le vote. Nous demandons qu'il y ait une seconde lecture et surtout qu'il y ait une abrogation de cette proposition de loi. entre les mains du Conseil constitutionnel, mais c'est surtout que le président de la République, Emmanuel Macron, a le pouvoir justement de mettre fin à cette mascarade.
Sachant qu'il demandait lui-même un référendum à 1 million, on est à plus de 2 millions et bien que qu'il passe à l'acte. Mais est-ce que c'est pas un peu dangereux de se mettre à légiférer en fonction de pétitions qu'elle soit populaire sur tous les thèmes. Je sais pas si demain il y a une pétition pour rétablir la peine de mort qui fait 2000 ans.
Est-ce que rediscuter là là c'est différent. Vous êtes sur une loi qui n'a pas été discutée comme il se devrait. C'est-à-dire que il y a eu un contournement quand même euh du travail parlementaire euh par la majorité elle-même qui dépose une motion de rejet de loi.
Il y a un recours devant le Conseil constitutionnel et ce recours devant le Conseil constitutionnel est appuyé par une pétition qui a été signée par plus de 2 millions de nos concitoyens. On est dans un contexte totalement différent. Est-ce que on pourrait imaginer un référendum sur cette question ?
Moi, je crois que dans ces cas-là, ce serait une bonne question sur laquelle il pourrait y avoir un référendum et qu'on laisse les Françaises et les Français décider. En tout cas, les 2 millions de signatures sont assez éloquents. C'est la première fois qu'on a une telle mobilisation sur un projet de loi.
Et bien nous demander à ce que justement euh le président de la République prenne ses responsabilités. Euh alors ça c'est cette loi du plomb, enfin cette pétition contre la loi du plomb, c'est un des points d'accord aujourd'hui entre les différents partis de gauche. Il en manque un peu en ce moment par rapport à il y a un an et cet accord du Nouveau Front populaire.
Euh vous avez participé début juillet une rencontre autour de Luci Esté euh pour lancer une initiative de candidature unique de la gauche en 2027. Est-ce que vous y croyez vraiment ? Et bien en tout cas, nous nous ferons tout pour la bâtire et je crois que nous sommes très nombreux à gauche, non seulement à y croire, mais c'est surtout que notre électorat euh nous pousse.
Vous savez que lorsqu'on a fait euh l'accord de la NUPES et après l'accord du Nouveau Front populaire, c'était pour répondre à cet électorat de gauche qui nous dit à chaque fois il faut un candidat unique à gauche parce que nous en avons besoin. Nous avons fait la démonstration justement lors du Nouveau Front populaire que la gauche était la seule à être un rempart contre l'extrême droite. Et bien, il faut le concrétiser au moment des élections présidentielles.
Si nous ne faisons pas, chacun connaît déjà le scénario et bien sûr malheureusement le résultat qui sera celui du second tour. Mais nos confrères du monde révélé hier que les le Parti socialiste préparait, je cite, un plan dissolution pour présenter des candidats socialistes face à des candidats de la France insoumise dans les circonscriptions, le RN n'aurait pas de chance de gagner. Déjà, est-ce que c'est vrai ?
Oui, c'est vrai. Nous avons C'est pas très unitaire. Vous admettrez comme démarche ?
Ce n'est pas une question d'unitaire ou pas comme démarche. Je rappelle juste que nous sommes dans un moment où la France assoumise a déjà déclaré des candidats quasiment partout où vous avez des maires de gauche et notamment des maires socialistes sortant pour les municipales. Moi, je dis que l'unité c'est bien mais il faut que chacun aussi prenne ses responsabilités.
Donc à partir du moment où nous nous savons qu'il n'y a pas de risque euh pour euh un quand par exemple qu'un un député rense gagner, c'est le retour de la guerre des gauches quoi. C'est pas le retour de la guerre des gauches, c'est surtout le retour d'un débat sain, je crois au au sein de la gauche. C'est-à-dire que eux les premiers disent que il n'y a pas de monopole, qu'ils ont le droit de présenter des candidats.
On l'a vu notamment sur des partiels ou sur les municipales. Et bien nous, nous sommes prêts. Nous n'avons pas peur, comme l'a dit Pierre Jouvet, de retourner devant les urnes et devant les électeurs et bien ce sera un débat sain.
Mais à chaque fois qu'il y aura un risque justement qu'il y ait un député Eren et donc que l'extrême droite arrive, et bien là nous prendrons nos responsabilités et nous ne présenterons pas de de candidats. Merci beaucoup Diana Badium d'avoir été notre invité ce matin sur France Info.
Dieynaba Diop