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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 18 novembre 2025 25 min

Bernard Jomier : « Le Premier ministre agite une peur inutile : il y aura un budget pour la France »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Bernard Jaomnier, merci d'être avec nous. Vous êtes sénateur de Paris, membre de place publique. On va revenir dans quelques instants sur la pénurie de médicaments, sujet sur lequel vous avez travaillé.

D'abord, on regarde trois unes de la presse régionale ce matin. D'abord la une de la Voie du Nord, protoxyde d'azote, le fléo, il pourrait être impliqué de nouveau dans le décès d'une adolescente de 17 ans à Roubé. La deuxième une, celle du républicain Laurin Novasco.

La fin de l'asscier à Agondange. Le tribunal de Strasbourg a donc validé hier la reprise du groupe n'incluant que le site de Dquerc la fin de l'usine d'acier d'Agondange et ses 430 emplois. Et puis la dernière rune, c'est celle du Dauphiné à dos blessés par balle l'ombre du narcotrafic qui a tiré à Grenoble sur un mineur isolé de 13 ans dans la nuit de samedi à dimanche.

Pas encore de réponse mais tout laisse à penser qu'il est la victime d'un narcotrafic qui s'est affranchi de toute morale pour dicter sa loi. De quelle avez-vous envie de nous parler ? du protoxyde d'azote.

Du protoxyde d'azote parce que on a voté l'année dernière une proposition de loi euh dont j'avais dit euh que malheureusement elle serait inefficace et elle est inefficace. La seule mesure à prendre sur le protoxyde d'azote qui serait efficace, c'est d'interdire la vente au particulier. Alors, on nous objecte que ça sert à faire la crème chantilly, mais c'est un argument qui tient pas.

Il faut que les professionnels, les restaurateurs puissent continuer à utiliser du protoxyde d'azote, mais il faut interdire la vente parce que voilà, c'est le deuxème, on va dire, événement dramatique en quelques jours. Rappelez-vous ce jeune qui a été tué dans la même région dans le nord. D'ailleurs, il faut interdire la vente de protoxin.

Vous allez travailler à une nouvelle loi. Il y a déjà une proposition de loi qui a été déposée il y a quelques jours par ma collègue Marion Canal. Mais il faut que le gouvernement prenne l'initiative pour que ça aille vite et que le parlement en décide que ainsi.

On va parler du budget. On a entendu dans le journal Sébastien Lecornu. L'absence de budget est un péril pour la France.

C'est ce qu'il a dit hier. Vous êtes d'accord ? Ce serait un péril pour la France mais je crois qu'il ne faut pas agiter des peurs inutiles.

C'est ce qu'il a fait hier. C'est ce qu'il a fait hier en voulant rassurer les entrepreneurs. Mais il y aura un budget.

Il y aura un budget pour la France. L'idéal ce serait que le Parlement l'adopte. Mais vous savez que notre constitution prévoit d'autres possibilités, les ordonnances, la loi spéciale comme l' Vous ne seriez pas opposé aux ordonnances ?

Mais euh il faut que le Parlement puisse voter, c'est quand même ce serait normal en démocratie. Mais je dis simplement que la Constitution prévoit cette éventualité, donc que le Premier ministre agite une peur inutile. Ça dépend beaucoup de la gauche des socialistes.

Le vote de ce budget, est-ce qu'il faut tout faire pour que les socialistes à minima s'abstiennent sur ce budget ? Ça dépend de l'ensemble du parlement et ça dépend du gouvernement. Or, le gouvernement s'il a fait des gestes de compromis envers la gauche, a manifestement un peu une double attitude puisque dans le même temps, il fait traîner les débats où le premier ministre prononce des mots comme hier, accusant en gros la gauche des résultats de la délibération de l'Assemblée nationale.

Donc c'est une responsabilité collective. Nous nous avons pris les nôtres. Moi, je suis favorable à une logique de compromis parce qu'il faut que le pays avance.

Mais le compromis, ça se fait avec tout le monde, l'ensemble du parlement et le gouvernement. Est-ce que ici au Sénat vous pensez pouvoir trouver un compromis avec la majorité sénatoriale ? sur le budget de la sécurité sociale qui est le premier texte qui arrive.

On a eu la réunion de commission il y a 3 jours et on a constaté à cette occasion que la majorité nationale souhaitait réaffirmer ses positions. Alors on a tout à fait le droit mais donner aucun signe de volonté de compromis. Je vais prendre un seul exemple, la question de la suspension de la réforme de la retraite où la rapporteur général nous explique que ça coûtera seulement quelques centaines de millions d'euros en 2026.

Donc un coût pas très élevé. La rapporteur de la branche IS nous explique que c'est un peu anecdotique, que ça n'a pas une grande portée. Bah alors, autant l'accepter et non, elles vont supprimer cette suspension, si je puis dire, c'està-dire rétablir la réforme de retraite telle que passer par Ellisabeth Born dans les conditions qu'on connaît.

Donc ça plus la suppression d'une petite taxation du capital, hein, un point de CSG sur le capital en plus. la majorité nationale supprime de la majorité sénatoriale supprime. Donc on voit bien qu'il y a pas de volonté de compromis et je pas m'étendre sur tous les autres amendements.

Il y a la volonté de passer en force si je puis dire sur ça veut dire que le sénat un budget de droite et il y a il y a pas de ça va être compliqué du coup en commission mix paritaire pour vous. Bah je pense très clairement le message qu'il nous est envoyé c'est on ne veut pas d'accord. Donc ça veut dire derrière effectivement probablement pas d'accord en commission mixte par terre mais moi j'espère que les jours à venir voilà feront réfléchir la majorité sénatoriale.

Ce n'est pas parce qu'elle est majoritaire au Sénat, ce n'est pas parce qu'elle a des idées bien arrêtées que c'est conforme à l'intérêt du pays. L'intérêt du pays, c'est que chacun fasse un pas et là elle n'en fait pas. Il y a beaucoup d'amendements qui ont été déposés sur ce budget de la sécurité sociale.

Est-ce que déjà vous pensez pouvoir arriver au bout dans le temps à parti ? Bah écoutez, on verra bien mais normalement oui, on siègera dimanche s'il le faut mais moi je souhaite qu'on arrive au bout du texte. On a toujours réussi à arriver au bout des budgets de la sécurité sociale sauf une année où on l'a interrompu volontairement on va dire.

Mais je pense qu'on doit y arriver et qu'il faut y arriver. Et il faut y arriver encore une fois dans un esprit de compromis. Moi, j'attends les pas de la majorité sénatoriale pour indiquer qu'elle respecte aussi ce qu'a fait l'Assemblée nationale.

Je ne partage pas tout ce qu' a fait l'Assemblée nationale. Je l'ai dit en commission, 24 milliards d'euros de déficit pour la sécurité sociale, ce n'est pas possible. Il faut ramener le déficit autour de 15 milliards d'euros.

Et ça, on est d'accord avec la majorité sénatale sur ce point. Après, les moyens d'y parvenir, c'est là où évidemment il y a un désaccord. Et moi, j'appelle au compromis.

Un mot sur le texte sur le la lutte contre la fraude fiscale et sociale. Le vote a lieu aujourd'hui au Sénat. Vous le voterez pour vous ce texte ?

Non, pour une raison très simple. Euh la fraude fiscale c'est 50 à 80 milliards d'euros. On sait pas exactement.

La fraude sociale 10 à 15. Et ce texte, les trois/4 des articles portent sur la fraude sociale. Et on a vu pendant les débats que manifestement ce qui préoccupe beaucoup nos collègues de la majorité sénateurelle, c'est la fraude RSA qui est la plus minime dans les fraudes sociales puisque la première fraude sociale c'est le travail dissimulé.

Donc c'est les employeurs. Ce texte, il est pas équilibré. Ce texte c'est un message politique sur des fraudeurs sociaux.

Alors bien sûr, toute fraude est condamnable et il n'y a pas à accepter la fraude aux prestations sociales. Mais il y a quand même, contrairement à ce que dit la rapporteur, une échelle de la fraude, c'est-à-dire que le montant importe et il y a une fraude, celle d'acteurs financiers par exemple qui mettent en place des dispositifs pour échapper au fisques, pour échapper aux cotisations sociales qui déstructurent, qui tuent notre système de solidarité. Donc ce texte n'est pas équilibré.

J'espère que l'Assemblée nationale, elle elle le rééquilibrera. Comment remédier à la pénurie de médicaments ? Sujet de préoccupation évidemment pour nombre de Français, vous avez présenté une proposition de résolution européenne que vous allez nous détailler Fanny.

Et d'abord pour bien comprendre, il faut rappeler que la pénurie de médicament, c'est un problème récurrent en France et en Europe. Oui, la NSM, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé a recensé près de 4000 déclarations de rupture de stock l'an dernier. Ça concerne tout types de médicaments, le paracétamol, l'amoxicilline, mais aussi des traitements cardioovasculaires anti-infectieux et même parfois des soins contre les maladies psychiatriques.

Par exemple, ces pénuries prêch touchent près d'un de pardon de quatre français sur 10 d'après le baromètre annuel de l'organisation France à santé publié en mars dernier et le problème vous l'avez dit rien n'est pas propre à la France. La cour des comptes européennes a recensé 136 pénuries critiques, c'est-à-dire des médicaments pour lesquels on ne peut pas trouver d'équivalent entre janvier 2022 et octobre 2024. Ces pénuries sont d notamment à la stratégie européenne de délocalisation de la production dans des pays où la main d'œuvre est peu chè. 80 % des substances pharmaceutiques utilisées pour produire nos médicaments sont fabriqués en Asie.

Et pour lutter contre ces péneries, la Commission des affaires européennes euh dont Bernard Jaomi a fait une proposition de résolution européenne. Qu'est-ce qu'elle contient ? Et bien l'idée c'est de rendre l'Union européenne plus autonomée, donc les médicaments moins rares.

Comment ? Et bien d'abord, grâce à ce que vous appelez des projets stratégiques dont le but est de relocaliser justement la production des médicaments sur le sol européen, ces plans incluraient d'après votre proposition de résolution d'une part des médicaments critiques, ceux dont les pénuries présentent un réel danger pour les patients, mais aussi les médicaments dit d'intérêt commun, ce pour lesquels il existe de manière persistante, récurrente des problèmes d'approvisionnement. Pour financer ces projets, votre commission réclame aussi la création d'un budget propre pour dédier spécifiquement à ces projets.

Votre commission suggère aussi de miser sur la commande publique européenne pour soutenir la production de médicaments sur le sol européen. Les entreprises qui fabriquent une part significative de médicaments critiques sur le sol européen serait favorisé et le seuil pour déclencher une commande publique serait élargie de 9 à tr états touchés par des problèmes d'approvisionnement. Autre mesure proposé, les entreprises qui ne respecteraient pas leurs engagements, notamment en matière de stock de médicaments, seraient sanctionné.

Elle pourrai être par exemple obligée de rembourser les éventuelles aides qu'elles auraient perçu. Enfin, votre commission souhaite aussi harmoniser les règles, les notices, les emballages des médicaments entre les Étatsmembres pour faciliter les transferts d'un état à l'autre en cas de pénurie par le biais de ce que l'on appelle le mécanisme européen de coopération volontaire. Bernard Jaomi, selon vous la solution aux pénuries de médicaments, elle ne peut être que faite au niveau européen.

Elle peut pas être faite au niveau français. On on le voit bien. Euh vous avez parfaitement synthétisé notre rapport et nos propositions.

Ce qu'il faut saluer, c'est que la Commission européenne prenne l'initiative de dire il faut lutter contre les pénuries parce que tous les Étatsmembres sont concernés. Et à partir de là, ce que nous disons, c'est que son plan bah il manque d'ambition. Voilà, il faut absolument relocaliser les productions en Europe et ça passe par un ensemble de mécanismes que vous avez décrit.

Il faut que la commande publique notamment favorise ce qui est produit sur le sol de l'Union européenne. Il ne faut pas chercher à faire du moins 10 ans social et environnemental parce que de toute façon on fera jamais aussi bien si je puis dire et on devrait dire aussi mal en la matière que l'Inde ou la Chine. Et donc il faut mettre en place et c'est le sens en fait de l'ensemble de ces propositions une forme de protectionnisme européen.

Il faut protéger les patients, les assurés sociaux européens et notre marché européens. Comment juste comment on en est arrivé là, Bernard Jaumier ? Comment on en est arrivé à cette situation de pénurie de médicament ?

Le médicament, c'est un marché mondialisé qui est détenu par des acteurs financiers et donc euh la volonté de produire et de vendre au meilleur prix l'emporte sur les questions euh de santé publique. Alors, je veux pas caricaturer, je dis pas qu'elles sont absentes ces questions de santé publique, mais un producteur, un industriel de médicaments, quelque part, il faut essayer de comprendre sa logique. Il a un produit, bah d'abord, il va le vendre à celui qui lui en donne le meilleur prix.

Et celui qui en donne le meilleur prix, c'est pas forcément l'européen et c'est pas forcément le français où le prix du médicament est assez bas en France. Donc il va aller vendre son médicament plutôt par exemple aux États-Unis où les prix sont très élevés. Et c'est comme ça que ce qui est un marché libre produit un déséquilibre entre les besoins de santé dans un pays comme la France et la mise à disposition des médicaments.

Donc la leçon, c'est qu'il faut réguler. C'est pas un marché comme les autres le médicament. Il faut plus de régulation.

Et ces régulations au niveau français, on n'y arriverait pas. Les médicaments critiques, il y en a d'intérêt, il y en a quelques centaines. Quelques centaines.

On est incapable en France de reproduire ces quelques centaines de médicaments. Faut pas raconter d'histoire. Donc il faut un cadre européen, un cadre européen qui pose des règles, qui protège, qui utilise un ensemble de leviers et il faut aller vite et il faut un peu y mettre les moyens parce que juste un chiffre, la Commission européenne propose de dépenser sur toute l'Union 80 millions d'euros, c'est-à-dire quasiment rien.

On on va Emmanuel Macron au moment du Covid, il a lancé un plan de relocalisation des médicaments dont plusieurs communes ont profité. On va aller dans l'une d'elles. Bonjour Marie-Elè Miller, merci d'être avec nous.

Vous êtes maire UDI de Saint-Jeunis Laval, c'est dans le rôe. L'usine de votre commune, elle produit du paracétamol. Elle a connu, des difficulté, elle a été euh quelque peu relancée à l'époque Covid.

Est-ce que c'est la traduction concrète pour vous de l'engagement de l'État pour relocaliser pardon ces productions essentielles ? Alors effectivement, ça a permis une relocalisation d'une forme soluble de paracétamol notamment à vocation des enfants. Donc l'entreprise aussi a a investi mais c'est vrai que le concours de l'État avec France 2030 a permis cette relocalisation et ça se poursuit aussi avec euh des nouveaux marchés.

Il faut dire aussi que c'est vrai que cette période Covid, elle a montré qu'on était euh effectivement extrêmement euh bah dépendant. euh de des partenaires étrangers qui n'étaient pas forcément d'ailleurs des partenaires en l'occurrence. Quel impact ça a eu du coup pour votre commune ?

Ben très concrètement, c'est une entreprise euh qui a réembauché euh d'une manière assez importante, hein. Euh et de nouvelles embauches sont prévues euh pour euh l'année prochaine. Donc ça, je dirais que c'est un un impact déjà très positif euh au niveau de l'emploi, d'autant plus que ce sont des personnes embauchées, alors pas seulement sur ma commune, mais dans un secteur relativement proche.

Donc, c'est vraiment aussi de l'emploi local. Donc ça refixe aussi de l'emploi. Donc ça c'est quelque chose d'important.

Mais au-delà de l'emploi, c'est aussi, je dirais tout un écosystème. Une entreprise, elle fait aussi partie de l'écosystème local et c'est ce qu'on voit avec l'entreprise Benta. Donc je vous donne quelques exemples très concrets, mais cette année par exemple l'entreprise a a noué un partenariat avec le club de football car beaucoup d'employés ont leurs enfants ou eux-mêmes jouent dans le club local de football.

Euh nous avons fait aussi un partenariat ville et entreprise Benta lors d'octobre rose pour pouvoir aussi mettre en avant euh la santé des femmes et la santé d'une manière générale. Donc on a offert des ateliers de sensibilisation à la fois aux personnes de l'entreprise Benta, mais qui était aussi en plus dans une action avec des habitants de la ville et on avait aussi pu financer cette action pour les agentes et les agents de la commune de la un mot Bernard si je me permettre allez-y allez-y très rapidement Oui, en fait, on a aussi la chance sur la commune d'avoir un lycée euh lycée André Paillot qui est un lycée agroalimentaire, mais pas que qui travaille aussi au niveau des BTS par exemple sur la fabrication de médicaments. Donc c'est aussi des stages potentiels pour des étudiants.

Donc voilà, ça favorise un maillage. Alors, j'ai bien conscience la dentelle et c'est Ouais, juste pardon madame la maire, mais c'est c'est que c'est que Bernard Jemier puisse vous répondre. Il y a quand même eu une volonté de de relocaliser justement ces productions essentielles et et on le voit, il y a des endroits où ça marche.

Oui, bien sûr, ça marche quand on s'en donne un peu les moyens et c'est fondamental pour ça. France ne doit participer à une relocalisation européenne dont une partie sera relocalisée en France et l'État notre État doit lui-même apporter des fonds, doit lui-même faire preuve de volontarisme parce que à la fois il y a des critères de sécurité sanitaire comme madame la mère l'a dit et puis c'est une activité économique aussi et donc la conjugaison des deux est bénéfique et la France ne peut pas tout faire toute seule parce que relocaliser le paras Éol est important mais il y a plusieurs centaines à minimaaliser et ça ne peut se faire que sur le territoire de l'Union européenne après avec un mécanisme de coopération qui est prévu et queon appelle de nos vœux dans notre résolution. Mais est-ce queil faut craindre les Français qui nous écoutent est-ils doivent craindre dans les prochaines semaines, dans les prochains mois de nouvelles pénuries de médicaments ?

Ah oui, bien sûr, il y aura de nouvelles pénuries de médicaments. D'abord parce que la politique européenne reste trop faible en la matière et c'est la raison pour laquelle nous on demande plus de volontarisme. Merci madame la maire.

Merci beaucoup d'avoir été avec nous. Marielène Millet MUDI de Saint-Jeunis Laval dans le Rô. Merci beaucoup d'avoir été avec nous.

On va continuer à parler des questions de santé. On va retrouver Jacques Paquier. Bonjour Jacques.

Merci d'être là. Directeur de la rédaction du journal du Grand Paris. Jacques, on va parler avec vous de santé mentale des jeunes.

Oui. Euh on les élus euh sont nombreux à alerter le l'opinion sur le le ce qu'ils appellent une une épidémie silencieuse de de détresse psychique depuis le Covid. Il paraîtrait alors je sais pas je connais pas si je ne sais pas s'il y a des chiffres si vous en avez mais la santé mentale serait un un sujet très préoccupant celle des jeunes.

Un candidat comme Emmanuel Grégoire que vous soutenez peut-être monsieur Jaumier pour la mairie de Paris propose du sport sur ordonnance pour lutter contre la sédentarité qui serait une des causes de cette détresse psychique ainsi qu'un un psiheck qui serait donc une une un bilan de santé mentale gratuit proposé à chaque jeune parisien et puis une aide financière à une première consultation. Quel est votre regard monsieur Jaumier sur cette problématique préoccupante en effet et puis sur les moyens de de lutter contre cette cette souffrance psychologique des jeunes ? D'abord beaucoup d'humilité, je vais vous dire parce que bien sûr il y a de multiples indicateurs du fait qui témoignent d'une dégradation de la santé mentale des jeunes.

Je vous en citer un par exemple. Vous savez que les jeunes dans notre pays euh pour une part significative ne veulent plus faire d'enfant quand on les interroge. Et ça ça témoigne d'une interrogation profonde sur l'avenir et d'un trouble sur l'avenir.

Il n'est pas naturel de ne pas se projeter, de ne pas vouloir d'enfants. Bon, il y a la question de l'addiction aux écrans et cetera. Donc, il y a beaucoup d'indicateurs qui montrent que les jeunes sont en souffrance.

Et quand je parle d'humilité, c'est-à-dire que il y a eu des rapports qui se sont multipliés sur les addictions. Par exemple, celui d'Amine Benjamina qui est qui a remis au chef de l'État l'année dernière. Et au fond, il y a un ensemble de solutions à mettre en œuvre.

Et cet ensemble de solutions doit répondre à un problème qui est un problème de société. C'est-à-dire que les jeunes vivent la vie actuellement dans notre société comme angoissante, comme déstabilisante, comme nourri d'interrogation sur euh les le désordre international, la crise climatique, leur propre situation. Est-ce qu'ils vivront mieux demain que leurs parents ?

Il y avait le le progrès c'était vous vous avez comme moi passé l'âge de la la jeunesse, on va dire, et ben le progrès c'était qu'on allait vivre mieux que nos parents et que nos enfants vivraient mieux que nous. Et cette idée-là, elle est en train d'être rompue. Et donc, vous voyez bien qu'il y a pas une seule réponse, il y a une réponse de la société et après il y a les services de santé auprès desquels les jeunes doivent pouvoir trouver une prise en charge, un suivi.

Et là, bah je vais rien vous apprendre. Euh la psychiatrie et les services médico-psychologiques sont en grande désérance dans notre pays. Michel Barnier l'avait bien compris, il a dit "La santé mentale sera la grande cause de l'année 2025." On en parle beaucoup et c'est heureux.

En parler, c'est une première étape mais il est temps maintenant de multiplier les dispositifs que les jeunes puissent chacun trouver une écoute et trouver une réponse à leurs difficultés. Merci beaucoup Jacques Paquier d'avoir été avec nous. La une du journal du Grand Paris, c'est sur ces projets d'architecture parisienne exemplaire 2e édition en aperçu du futur visage du Grand Paris.

Merci beaucoup Jacques d'avoir été avec nous. On parlait de la campagne des municipales avec Jacques Bernard Jomier. Est-ce que selon vous la situation politique nationale aura un impact sur le résultat des municipales ?

Bien sûr, bien sûr. Les élections municipales sont un mélange de facteurs locaux et puis de facteurs nationaux et particulièrement dans les grandes villes et dans les métropoles où le lien direct avec le maire est plus faible que dans les petites communes. Donc à qui ça va profiter ?

Qui ça va desservir du coup selon vous ? Alors, ça va dépendre de la façon dont l'offre politique se structure, mais je crois que ça va être très difficile malgré la popularité des Mires. une enquête toute récente où 70 % des Français sont satisfaits du travail de leur mère.

Mais dans le même temps, on voit bien qu'il y a l'égard du monde politique, on va dire une forme de colère, une forme la déstabilisation, le chaos politique actuel. Et j'en reviens au début de nos propos. C'est nécessaire de faire preuve de compromis pour stabiliser la situation.

Sinon, attention au vote des de colère des Français parce qu'un certain nombre de maires qui ont bien travaillé pourraient être emporté par ce vote de colère et moi je le regretterai. La gauche, elle peut perdre Paris. La gauche est, on va dire politiquement majoritaire à Paris.

Tous les derniers scrutins le démontrent. Mais si elle ne sait pas proposer justement un avenir auquel les Parisiens adhèrent, si elle ne sait pas proposer une offre politique qui soit pas forcément de s'unir, je comprends tout de suite le sens de votre question depuis la France insoumise jusqu'à une gauche modérée. La question n'est pas est-ce que place publique par exemple ira au premier tour avec son candidat ou est-ce que vous travaillez un accord avec le PS avec les économies place publique privilégie l'hypothèse où l'espace politique dans lequel on est sur un espace politique social-démocrate et écologiste aille ensemble au premier tour mais si ça ne peut pas se faire parce que la tête de liste du Parti socialiste Emmanuel Grégoire ne fait pas les gestes suffisants, ne reprend Pour le moment, pour le moment, il n'y a rien qui est fait et donc l'hypothèse d'une candidature place publique à Paris n'est pas exclue à ce jour.

C'est pas notre choix premier, mais elle n'est pas exclu. Raphaël Gluxman et Bernard Casneu se sont réunis ce weekend à Pontoise. Est-ce que Raphaël Gluxman, il peut vraiment incarner le rassemblement de la gauche selon vous ?

Je crois que Raphaël Gluxman, les Français l'ont bien compris, il leur parle directement et il parle du fond et il porte des valeurs. Et ça me paraît essentiel dans notre société qui est un peu déboussolée d'avoir un discours de valeur et on l'a bien vu au moment de la campagne des européennes. Les Français entendent ce discours de valeur et on verra après les accords politiques.

Mais mais vous pensez que le PS acceptera de de se ranger derrière la candidature de Raphaël Lux Écoutez, je crois que aborder l'élection présidentielle par un accord d'appareil entre les partis, une fausse primaire qui ne résoudra rien du tout. Vous pouvez faire une primaire quand vous portez un projet politique similaire. Sinon, la primaire, elle ne débouge sur rien.

Elle ne débouge que sur de la division. Et c'est comme ça que la dernière primaire qu'a fait le Parti socialiste, Manuel Vals, n'a pas voté pour Benoît Amont. Donc c'est inutile, c'est une voie sans issue.

Donc il faut procéder autrement et à partir d'un discours sur les valeurs et le projet pour le pays. C'est ce qu'essaie de faire Raphaël Guxman. Merci Bernard Jemier.

Merci beaucoup d'avoir été notre invité. [musique]