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DébatC dans l'air (sur YouTube)· 8 mars 2017 64 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesSolidarités & familleInstitutions & élections

Macron siphonne la gauche #cdanslair 08.03.2017

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:49OuverteRéponse directe

    Est-ce une difficulté pour Macron de siphonner la gauche ?

  • 2:29RelanceRéponse partielle

    Macron veut marcher sur deux jambes mais donne-t-il l'impression de tendre la main ?

  • 5:47OuverteRéponse directe

    Est-ce une difficulté pour Macron de siphonner la gauche ?

  • 6:01OuverteRéponse directe

    Faut-il changer de grille de lecture pour comprendre Macron ?

  • 12:59OuverteRéponse directe

    Tous les ralliements sont-ils les bienvenus ? Quelle place pour d'éventuels ministres ?

  • 13:33OuverteRéponse partielle

    François Hollande pourrait-il se prononcer pour un vote utile ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:06InvitéFait
    « C'est une chance. »
  • 4:28InvitéChiffre
    « En décembre, il réunissait 15 000 personnes. »
  • 6:13InvitéFait
    « Ce qui caractérise le phénomène Macron, c'est qu'il est le produit de la déliquescence de l'opposition gauche-droite. »
  • 6:47InvitéFait
    « Nous avons affaire actuellement à une double élection qui est tout à fait passionnante, puisque nous avons d'un côté une opposition France ouverte, France fermée. »
  • 10:59InvitéFait
    « Il faut donner le maximum de force au premier tour, au candidat qui peut battre Mme Le Pen. »
  • 11:08InvitéFait
    « Ce programme d'Emmanuel Macron m'a révélé de vraies mesures progressistes, de justice sociale, de lutte contre les inégalités. »
  • 12:53Invité politiqueFait
    « Moi et des dizaines et des dizaines d'autres parlementaires, nous ne pouvons pas donner notre parrainage à Benoît Hamon. »
  • 14:56InvitéFait
    « Avec le revenu minimum, avec toutes ces moutures d'ailleurs, mais la taxation des robots, l'éco-socialisme, il y a une prospective là. »
  • 18:04InvitéFait
    « Il annonce explicitement les 3%, ce n'est plus notre sujet. Les déficits, ce n'est pas un problème. »
  • 22:11InvitéFait
    « Delanoé, c'était vraiment le côté chimiquement pur du Parti Socialiste. »
  • 32:12InvitéFait
    « Quand on veut 60 milliards de réduction de la dépense publique, ça se fera de toute manière au détriment des services publics locaux. »
  • 36:34PrésentateurFait
    « Il y a une dette vis-à-vis de la planète que nous ne pourrons pas rembourser. Et il y a une dette vis-à-vis des banquiers que nous pouvons parfaitement renégocier. »
  • 44:00InvitéChiffre
    « 100 milliards d'investissements, 173 milliards de dépenses courantes. »
  • 44:06Invité politiqueChiffre
    « L'affaire fait le tour du circuit économique et ressort à la sortie 190 milliards qui sont des recettes des gens qui se mettent au travail et qui payent un impôt sur le revenu. »
  • 55:40PrésentateurFait
    « Il n'y a pas tellement de divergence entre ce que propose aujourd'hui Emmanuel Macron et le programme de Hollande. »
  • 55:45PrésentateurFait
    « François Hollande n'a pas été élu sur la ligne qu'il a menée au gouvernement. »
  • 56:11PrésentateurFait
    « Emmanuel Macron reprend des éléments de la construction du hollandisme. »

Temps de parole

  • Présentateur58 %
  • Invité18 %
  • Invité 217 %
  • Invité 32 %

1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:13
Présentateur

Toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Désormais, il ne se cache plus. Les ténors du parti socialiste tentés par l'aventure Macron sortent du bois. C'était le cas ce matin de Bertrand Delanoé ou encore du président de l'Assemblée, Claude Barthelonne, qui affirme dans Le Monde qu'il pourrait voter pour Emmanuel Macron. La réalité, c'est qu'en coulisses, certains amis de François Hollande et de Manuel Valls trépignent et ne cachent pas une rupture sur le fond avec le candidat Hamon. Emmanuel Macron a bien du mal à se tenir à bonne distance de ses amis socialistes, parfois encombrants.

Benoît Hamon, critiqué dans son camp, tente lui de limiter les départs. Quant à Jean-Luc Mélenchon, il trace sa route plutôt en solitaire. Macron siphonne la gauche, c'est le titre de cette émission avec nous pour en parler ce soir. Catherine Ney, vous êtes éditorialiste politique sur Europe 1. On peut également vous lire dans les colonnes de Valeurs Actuelles. Et vous êtes l'auteur, je le rappelle, de l'impétueux publié chez Grasset, disponible en poche. Jean Garrigue, vous êtes historien spécialiste de la vie politique. Vous présidez le comité d'histoire parlementaire et politique.

Vous enseignez par ailleurs à l'université d'Orléans et à Sciences Po Paris, si on se soit réalisé Circus, une histoire drôle et cruelle des présidentielles publiées aux éditions Talandi. Enfin, Mathieu Croissando, vous êtes directeur de la rédaction du magazine L'Obs. Votre dernier édito était intitulé Hamon et ses frondeurs. Et à la une de votre magazine Apparaître Demain, cet homme est-il dangereux ? Il s'agit de François Fillon. Bonsoir à tous les trois, tous les quatre, bientôt, puisque Claude Veil va nous rejoindre. Il était coincé dans les embouteillages. Pour commencer cette émission, c'est une chance ou c'est une difficulté de campagne pour Emmanuel Macron de voir arriver ?

Les socialistes, à commencer par une personnalité comme Bertrand Delanoé, Mathieu Croissando ?

2:01
Invité

C'est une chance. C'est une chance. Ça deviendra peut-être une difficulté dans la gestion de tous ces rallivants. Mais c'était évidemment une chance parce que ça traduit une chose assez naturelle, qui est que la force va la force. Et donc il y a chez beaucoup de politiques une forme de pronostic de victoire qui aujourd'hui favorise Emmanuel Macron. Et donc on a beaucoup de gens qui se disent face au Front National. Après tout, les sondages nous disent qu'il n'y a que celui-là qui peut faire barrage. Et donc allons-y. Ça c'est une première chose. La seconde chose, c'est qu'au-delà de cet aspect un peu naturel et mécanique, il y a une dynamique.

Il y a une dynamique dans le paysage de cette élection présidentielle. C'est le seul candidat qui a une dynamique pour fédérer des gens qui sortent de son propre camp. Alors vous allez me dire que c'est plus facile parce que son propre camp, on le connaît mal. Donc tout le monde peut se croire invité. Marine Le Pen a une forme de dynamique, ça on le sait, mais vraiment sur son socle électoral. Emmanuel Macron, lui, fédère des gens venus de tous horizons parce qu'il a eu cette espèce de positionnement qui nous a paru bizarroïde parce qu'on est habitué à des clivages bien marqués.

3:03
Présentateur

Ça nous paraît toujours bizarroïde.

3:04
Invité

Voilà, qui nous a paru un peu vieillot parce que c'est un petit côté si tous les gars du monde voulaient se donner la main et puis on prend les plus raisonnables et puis on essaie de faire quelque chose ensemble. Mais il se trouve que pour l'instant, en tout cas, c'est plutôt payant puisque les gens projettent sur lui tout ce qu'ils veulent. Les jeunes le trouvent plutôt jeunes. Ils se disent cool, il a 39 ans. Les plus âgés se disent, il est bien peigné, donc il va être sage. Les gens de droite se disent, il a été banquier chez Rothschild, donc ça va être bon. Et ceux de gauche se disent, il a quand même été mis isolant. Bref, c'est une surface projective.

Ils récoltent à peu près toute la limaille de fer.

3:34
Présentateur

Et pourtant, il donne le sentiment de ne pas non plus vouloir tendre la main. Vous dites, il tend la main à tout le monde, etc. Il y a ce côté, on prend les meilleurs de chaque camp et c'est formidable. Il veut quand même se tenir à bonne distance de ses anciens camarades pour ne pas donner le sentiment qu'il serait l'héritier du quinquennat, non ? Écoutez, le 12 juillet, lorsqu'il a lancé son mouvement En Marche, et d'ailleurs quand on dit En Marche, ça souligne bien qu'il voulait créer une dynamique, mais aussi qu'on marche sur deux pieds. Donc il voulait marcher sur deux pieds et il faisait appel.

Parce qu'avec un discours très généreux, très enthousiaste, en disant qu'il ne faut pas être sectaire, à droite il y a des gens qui ont fait des choses très bien, qui sont très bien, à gauche aussi. Et si on prenait sur chaque côté ce qu'il y a de mieux, eh bien là, c'est que tous les gars du monde ont fait une France formidable. Ça, c'est vrai. Et c'est avec ce discours-là qu'il a séduit. Il allait enrôler tout le monde et donc c'était à la fois droite et gauche. Alors, bon, il a séduit. Et d'ailleurs, ce qui est extraordinaire dans le parcours, il a quitté le gouvernement fin août. Et en décembre, il réunissait 15 000 personnes.

Donc je veux dire, c'est un cas unique dans les annales de la politique. Seulement, on a l'impression aujourd'hui qu'il ne faudrait pas que les deux gens, En Marche, deviennent un peu unijambistes. Parce que là, on voit que les ralliements, en ce moment, c'est plutôt la gauche. Parce qu'il y a la dynamique aussi. Et parce que les socialistes, intellectuellement, ne peuvent pas rallier le programme de Benoît Hamon. Alors, entre les deux, malgré tout ce qu'ils avaient dit contre lui, ils vont le rallier. Il y a eu aujourd'hui Bertrand Delanoé. Mais hier, un communiste, Patrice Barraouzet. Il y a eu le Robert Rue.

Et puis demain, probablement des ministres comme Jean-Yves Le Drian, qui devraient faire cette annonce demain. Alors, donc, si vous voulez, c'est son alliance bipartisane. Et moi, ça fait penser au pâté d'alouette, où il y a un cheval de gauche et une alouette de droite. Vous voyez, pour l'instant. Et c'est ça, ce qui peut éventuellement étonner, ou en tous les cas, priver de ralliements côté droit. Et en tout cas, il va devoir le gérer, cette situation-là. Claude Veil nous a rejoint. Merci d'être avec nous ce soir. Claude, on discutait d'ores et déjà de la bif. C'est bien, vous avez rattrapé votre retard. On vous en remercie. Et bien, donc, répondez à la question.

Est-ce que c'est une difficulté pour Emmanuel Macron de, puisque c'est le titre de cette émission, de siphonner la gauche ? Ce n'était pas le pari de départ. Le pari de départ, c'était de marcher sur ses deux jambes, comme le disait Catherine Ney. Je crois qu'il faut changer de grille de lecture. Je crois que les lunettes ne sont pas les bonnes. Si on raisonne uniquement en termes de ralliement de gauche, ralliement de droite, et qu'on fait de l'arithmétique, 3 pour 1, ou un cheval, une alouette, je crois qu'on passe à côté de la réalité du phénomène Macron.

Parce que justement, ce qui caractérise le phénomène Macron, c'est qu'il est le produit de la déliquescence de l'opposition gauche-droite. C'est-à-dire que le système qui organisait la vie politique française, c'est-à-dire l'opposition binaire entre la gauche et la droite, ce système-là est à bout de souffle, il est épuisé.

Et à ce clivage traditionnel qui a toujours structuré la vie politique française, avec des intermittences d'ailleurs qu'on oublie souvent, Jean-Garry pourrait en parler mieux que moi, est en train de se substituer un autre clivage, qui est un clivage pour faire court France ouverte, France fermée, qui casse les deux camps, qui traverse et la gauche et la droite, et qui laisse les états-majors totalement désemparés.

De sorte que nous avons affaire actuellement à une double élection qui est tout à fait passionnante, puisque nous avons d'un côté une opposition France ouverte, France fermée, à travers les personnes d'Emmanuel Macron et Marine Le Pen, et l'ancienne opposition gauche-droite qui perdure évidemment et qui se perpétue, à travers l'opposition, je dirais d'un côté Mélenchon-Hamon, de l'autre côté François Fillon. Et donc ce qui est à l'épreuve, en réalité, c'est la capacité de résilience de l'ancien système de classement, de l'ancien système de triage. – Ça voudrait dire que ça repose plus sur rien.

– Mais je suis absolument convaincu que ce à quoi nous existons, en réalité, c'est bel et bien une reconfiguration de la vie politique française sur les ruines d'un système auquel les Français croient de moins en moins. – C'est pour ça que ça n'est pas, pardon, juste un mot, pour contredire amicalement mon copain Croissant d'eau, ça n'est pas totalement bizarroïde, parce qu'en réalité, ce repositionnement de la vie politique française sur un autre axe, qui est l'axe ouvert-fermé, il n'est pas totalement inédit. C'est l'axe, par exemple, du référendum de 2005 sur l'Europe. Donc c'est une chose qu'on voit cheminer dans la vie politique française.

– On entend tous les uns et les autres ce que vous nous expliquez. Le problème, c'est que jusqu'à présent, c'est toujours le système qui a gagné. Ce sont toujours les anciens partis, le vieux monde, qui à un moment donné s'est retrouvé parce qu'il faut faire des majorités, parce qu'il faut être élu. – Ça a été moins une en 2007, où Bayrou a failli éjecter Ségolène Royal, et puis finalement, le système, comme vous dites, a été retombé sur ses pattes. – Jean-Gariguez.

8:15
Invité

– Voilà, juste une petite incidente d'historien. Il y a une période là qui se clôt. En 2007, on a essayé de relancer la machine, de se mobiliser sur deux personnalités plus ou moins charismatiques, qui étaient d'un côté Nicolas Sarkozy, de l'autre côté Ségolène Royal, avec quelqu'un au milieu d'ailleurs, au milieu comme on disait, qui essayait justement de transcender ce clivage. Déjà de transgresser le clivage, mais en s'inscrivant dans une tradition centriste qui au fond reproduisait quelque part justement cette partition.

Alors qu'aujourd'hui, on s'est aperçu l'échec de Nicolas Sarkozy, l'échec de François Hollande, fait que cette alternance, ce vieux régime des partis traditionnels, on voit que ce système ne fonctionne plus. Ce qui entre d'ailleurs en correspondance avec l'essoufflement aussi d'un autre système qui est celui de nos institutions, parce que tout ça fonctionne ensemble.

Et dans ce moment de rejet de ces systèmes, le système partisan et système institutionnel, arrive Emmanuel Macron qui correspond justement à cette transgression, qui apparaît comme l'homme nouveau et qui très clairement, et comme le disait Claude, Emmanuel Macron a placé le débat sur un autre champ qui est celui, ouverture à la mondialisation, mondialisation heureuse, j'allais dire, contre patriotisme fermé, j'appelle ça du nationalisme fermé, qui est celui de Marine Le Pen.

Et donc effectivement, on est dans une élection à deux niveaux, avec d'un côté la compétition traditionnelle, et de l'autre côté quelque chose qui va au-delà de ça, qui est un moment d'innovation, je dirais, de modernisation de la vie politique. Mais on ne sait pas comment ça se termine. Mais on ne sait pas comment ça se termine.

9:54
Présentateur

On est encore au milieu du guet. Alors il faut donner de la force au candidat qui pourra battre Marine Le Pen. C'est comme ça que Bertrand Delanoé a justifié son ralliement. Bertrand Delanoé qui avait en son temps assumé, on s'en souvient, qu'il était un libéral, trouve son compte dans le programme également d'Emmanuel Macron. L'ancien maire de Paris, retiré de la politique, est un symbole qui parle à une gauche tiraillée entre Hamon et Macron et inquiète également de la montée du Front National, un ralliement de plus, dans un attelage qui va de l'ex-communiste Robert Hu au centriste Jean-Arthuis Barbarastec. Bonne pioche, avec une nouvelle recrue dans le camp Macron.

A 46 jours du premier tour, Bertrand Delanoé a officialisé ce matin son soutien au candidat. Plutôt discret depuis qu'il a quitté la mairie de Paris, ce poids lourd du PS est sorti de sa réserve, appelant à un vote utile. Il faut donner le maximum de force au premier tour, au candidat qui peut battre Mme Le Pen. D'autant que ce programme d'Emmanuel Macron m'a révélé de vraies mesures progressistes, de justice sociale, de lutte contre les inégalités. Et ces derniers jours, les ralliements viennent de tous les camps, et sont même parfois surprenants, comme celui de l'ex-communiste Patrick Braouzek, qui emboîte le pas de Robert Hu, lui aussi séduit par Emmanuel Macron.

11:25
Invité

Je vous remercie pour votre attention, messieurs, dames.

11:28
Présentateur

La famille en marche, un nuancier de progressistes, un éventail de couleurs politiques, du rouge, du vert, du bleu. A droite, quelques jupéistes avaient déjà rejoint le mouvement après les primaires, et l'affaire Fillon pourrait donner lieu à de nouveaux transferts.

11:44
Invité

Je me félicite que beaucoup de responsables politiques, qui pensaient au début que nous étions des aventuriers, finissent par considérer que nous serions l'offre préférable pour ces élections présidentielles. Hier, au Mureau, demain, à Bordeaux, à la conquête du Sud-Ouest. Depuis lundi, le champ est libre.

12:08
Présentateur

Alain Juppé, adversaire redouté, définitivement en retrait, Emmanuel Macron poursuit sa marche vers l'Elysée, soulagé. A droite toujours, sans franchir le Rubicon, Dominique de Villepin ne cache pas son amitié pour le Benjamin de cette présidentielle.

12:25
Emmanuel Macron

Emmanuel Macron est quelqu'un que je connais bien, c'est quelqu'un pour lequel j'ai de l'amitié, c'est quelqu'un qui a un parcours audacieux, original, c'est un républicain.

12:35
Présentateur

Retour à gauche, où certains socialistes pourraient céder au chant des sirènes macronistes. Claude Bartholone confesse cette semaine avoir du mal à se reconnaître dans la campagne de Benoît Hamon. Et il n'est pas le seul. Moi et des dizaines et des dizaines d'autres parlementaires, nous ne pouvons pas donner notre parrainage à Benoît Hamon. C'est pour ça que je fais un appel un peu solennel à son attitude. Mais tous les ralliements sont-ils les bienvenus ? Quelle place pour d'éventuels ministres, valsistes ou hollandais ? Emmanuel Macron dit accepter tous les soutiens. Mais il n'y aura pas pour autant de contrepartie.

13:15
Invité

Une autre question est de savoir s'ils intègrent un dispositif de campagne, des responsabilités et un organigramme. Vous avez noté que pour une très grande majorité des gens qui ont pu s'exprimer dans cette direction, ça n'a pas été le cas. Donc je sais dire non avec beaucoup de politesse et de pragmatisme.

13:33
Présentateur

Le président qui bat la campagne contre le FN, pourrait-il lui aussi se prononcer pour un vote utile ? Au palais, officiellement, François Hollande ne dit mot. Mais pour combien de temps encore ? François Hollande qui a quand même rappelé ses ministres, en conseil des ministres aujourd'hui, a expliqué qu'il fallait qu'il continue à travailler jusqu'au bout et qu'il ne fallait pas se lancer dans des aventures individuelles. Il essaie de les tenir, ses ministres. Pour le moment, la ligne de Hollande, c'est nous ne sommes ni pour Macron, ni pour Hamon, bien au contraire. Oui, du Hollande, c'est ça ? Allez, En Marche est-il devenu l'Arche de Noé pour les éléphants du PS ?

14:10
Invité

Non, franchement, là aussi, ce serait une erreur. Ce qui est sûr, c'est qu'on ne pouvait pas demander à ceux qui ont incarné la majorité parlementaire et politique du Parti Socialiste pendant 5 ans qui ont soutenu François Hollande, aujourd'hui, de soutenir l'un des chefs de file des frondeurs, même si ce frondeur a lui-même été ministre dans un des gouvernements de François Hollande. Ce sont deux gauches différentes. Je veux dire qu'il faut, à un moment donné, c'est quand même deux gauches très différentes aujourd'hui.

Je dirais même que Benoît Hamon a apporté dans la campagne encore une autre dimension dans la gauche, qui est une sorte de gauche prospective, qui pense l'avenir de la gauche, j'allais dire, à 20 ans d'ici, parce qu'avec le revenu minimum, avec toutes ces moutures d'ailleurs, mais la taxation des robots, l'éco-socialisme, il y a une prospective là, et on est quand même très loin de ce que les Le Gouen et autres, le Folle, le Drian, incarnent de la gauche. On est quand même loin de la gauche réformiste, pragmatique, sociale-libérale ou libérale-sociale, libérale et sociale, comme dit Bertrand Delanoé.

Franchement, la logique intellectuelle, si ce n'est politique, ensuite il y a toutes les considérations politiques, électorales, etc. Personnelles aussi parfois. Et personnelles, mais je pense que la logique intellectuelle, elle est qu'il y ait une séparation. On peut mettre un bémol quand même à ça, sur les affaires de logique intellectuelle.

Il faut se souvenir que Bertrand Delanoé, certes, avait déclaré qu'il était libéral, je vous en ai en une de l'observateur, mais Bertrand Delanoé est quelqu'un qui, au PS, et notamment dans la période récente, en 2008, souvenez-vous du fameux congrès de Reims, incarnait la ligne dure qui ne voulait pas s'allier avec le centre, qui était Bayrou, c'était Ségolène Royal qui voulait s'allier avec Bayrou, recomposer le paysage politique, et c'était vader et trop satanas, nous sommes des socialistes, point à la rose, un point c'est tout. Ça c'est une première chose. Claude Bartholone, autre question.

Claude Bartholone qui a été avec Laurent Fabius très très longtemps, quand Fabius était plutôt à la droite du PS, puis quand Fabius était à la gauche du PS, le premier converti à la conversion écologique, le premier anti-européen du PS, Bartholone était sur cette ligne-là. Bartholone a fait lire Martine Aubry, qui n'est pas forcément très loin de la ligne de Benoît Hamon.

Donc la logique ou la cohérence, après il y a des rapports de force politique, il y a des inimitiés personnelles, mais chercher la logique ou la cohérence, c'est un peu différent dans le cas de Jean-Yves Le Drian, qui lui incarne une autre tradition au Parti Socialiste, qui est la tradition transcourant, pour le coup, qui était dans l'orbite de Jacques Delors, ces jeunes, dont François Hollande à l'époque, qui voulaient essayer de recomposer un peu le Parti Socialiste, précisément en l'ouvrant. Là, on peut voir une forme de cohérence idéologique sur le long terme. Pour les deux autres cas, c'est plus surprenant.

16:46
Présentateur

C'est juste, est-ce qu'on est en train de vivre le début, parce qu'on a beaucoup pronostiqué l'hémorragie après la primaire du Parti Socialiste, en disant qu'ils vont tous partir chez Macron. Et puis, il y a eu un moment où on a eu le sentiment que le Parti avait réussi à tenir une partie des ténors du PS. Est-ce que là, on est à J-1 ? Qu'est-ce qui est en train de se passer ? C'est puissant, Delanoé ? Ça change quelque chose ? Pour le moment, les grandes stars du Parti, si je peux dire, les vrais leaders, les ténors, pour le moment, sont l'arme au pied. Ils attendent de voir... Qu'est-ce qu'ils attendent ? Ils attendent de voir comment les événements tournent.

Ils ont beaucoup de mal à rejoindre l'amont. Pour les raisons qu'a dit Jean Garrigue. C'est vrai qu'il faut se méfier de reconstituer des cohérences idéologiques a posteriori. Mais en gros, cette scission, elle nous renvoie à une chose, qui est l'échec idéologique du quinquennat. François Hollande restera dans l'histoire comme le président qui a essayé de changer le loviciel de la gauche au pouvoir et qui a échoué. Au fond, la censure que le peuple de gauche a infligée aux candidats de la continuité, Manuel Valls, signifie, nous, le peuple de gauche, on ne se reconnaît pas dans cette politique sociale libérale que vous avez essayé de mener.

Donc on choisit un candidat dont la politique est, allez, on va faire très très caricaturale, à peu près le contraire de ce qu'a fait Hollande après le tournant de 2009. C'est-à-dire, il annonce explicitement les 3%, ce n'est plus notre sujet. Les déficits, ce n'est pas un problème. Madame Merkel, on va lui tordre un bras et les deux s'il faut. Et d'ailleurs, Martin Schulz, ses copains avec nous, il va nous aider. On va augmenter les bas salaires. On va embaucher des fonctionnaires et laisser filer les déficits. C'est-à-dire exactement le contraire des piliers de la politique Hollande. Donc, évidemment, pour Myriam El Khomri, c'est un tout petit peu compliqué de dire quelle bonne idée.

Pour les députés socialistes qui ont voté, je sais qu'ils ont eu du mal, le CICE, c'est un peu compliqué de dire, OK, on va brûler le CICE pour récupérer les sous. On est tellement dans un contraire... On va y venir sur le bras. La question qui se pose, en réalité, c'est de savoir si les deux gauches irréconciliables, dont vous avez parlé, Manuel Valls, elles ne traversaient pas le PS. Et on a l'impression qu'on a affaire, en réalité, à deux gauches que je qualifierais, là encore, avec des caricatures qui vont me faire quelques amis. On a, au fond, une gauche de congrès et une gauche de gouvernement.

C'est-à-dire que ce que nous dit Hamon et ses amis, c'est votre logique de gouvernement qui, en réalité, est soumission à l'ordolibéralisme bruxello-berlinois. On n'en veut plus. Si on revient à Emmanuel Macron, j'entends tout ce que vous dites. Il y a quand même une réalité qui est que cet ancien conseiller de François Hollande qui avait dit « Je mets tout, je renverse la table, je vais créer une nouvelle force, il y aura des gens bien droites, des gens bien de gauche, on va bousculer le vieux système », se retrouve, va se retrouver dans les jours, dans les semaines qui viennent, aux côtés de ses anciens camarades, ministres.

Comment va-t-il expliquer qu'il n'est pas l'héritier de cette politique qui a été menée, l'héritier du hollandisme, Catherine Ney ? Oui, pour l'image, c'est bien le problème. En tous les cas, pour les gens de droite qui seraient prêts à le rejoindre et qui ne veulent pas qu'il apparaisse comme étant la continuation de François Hollande avec tous les ministres. Ça pose quand même un gros problème. Alors qu'à gauche, tout le monde... Là, finalement, moi je comprends tout à fait que tous les ministres qui veulent le rejoindre et qui vont le rejoindre, les valsistes aussi, malgré des réticences. Bon, mais on voit bien la limite de la primaire.

Dans le fond, Benoît Hamon s'est présenté, mais jamais il s'est dit « je serai président de la République dans six mois ». Il s'est présenté pour mesurer ses forces, voir combien il pesait, et peut-être pour demain jouer un rôle au Parti Socialiste. Et il s'est retrouvé élu, d'ailleurs aussi choqué que ceux qui ont été battus. Mais je veux dire, la règle qui veut que tout le monde soit réel avec celui qui est élu, ce n'est pas possible, ni philosophiquement, ni éthiquement, parce que son programme ne correspondait pas, absolument pas, à ce qu'il faut faire pour une France qui doit se moderniser. Donc il faut bien être cohérent.

Et moi je trouve tout à fait à leur honneur que les ministres ne puissent pas le rejoindre et qu'ils aillent vers... Vous voulez tous parler de Benoît Hamon ? Je vous assure qu'on va en parler. Un mot sur ce à quoi les Français sont en train d'assister. C'est nouveau. On entend Dominique de Villepin qui dit du bien d'Emmanuel Macron. Encore une fois, Emmanuel Macron qui a été rejoint par Robert Rue. Tous ces gens-là, à un moment donné, vont devoir travailler ensemble. Je sais bien qu'on est en train de vivre la fin d'un monde, mais...

21:07
Invité

À condition qu'ils les fassent travailler. Là, pour l'instant, on est dans des gens qui disent, à titre personnel, qu'ils voteront Emmanuel Macron. Pour l'instant, et pour les ralliements de gauche dont on parle, que ce soit celui de Bertrand Delanoé, que ce soit celui de Jean-Yves Le Drian, c'est plutôt des bonnes prises de guerre. Parce que ce sont des gens qui sont respectés d'un bout à l'autre de l'échiquier, qui ne sont pas marqués comme extrêmement sectaires. Alors, Delanoé, de par son histoire, envoie un signal fort au PS parce que c'était le gardien de la doxage hospitalienne. Delanoé, c'était vraiment le côté chimiquement pur du Parti Socialiste.

Si un mec comme ça y va, pardon, si quelqu'un comme ça, une personnalité de son talent fait cette grande traversée, ça envoie un signal fort dans tout le peuple militant PS qui n'est plus très nombreux, mais ça existe encore. Jean-Yves Le Drian, c'est un des ministres les plus populaires de François Hollande, ce qui était le cas de Delanoé aussi, qui était un des hommes de gauche les plus populaires. Donc vous ajoutez de la popularité à la popularité. Après, il faut faire attention à ce que la barque ne renverse pas d'un seul côté. Et du coup, je pense qu'il y a une façon de mettre en scène et de faire participer, de choisir, de faire le tri entre les ralliements qui vont venir.

On le voit bien, la semaine dernière, c'est Alain Madeleine qui applaudit à la réforme des retraites. Vous citiez Dominique de Villepin. Donc je pense que l'état-major de Macron va faire en sorte de faire monter les uns les autres. On sait que c'est M. Jean-Paul Delevoye qui fait aujourd'hui les investitures. Jean-Paul Delevoye, ce n'est pas un gauchiste, le couteau entre les dents. Qui fait les investitures pour les législatives derrière. Donc c'est une affaire de dosage. Il va falloir qu'il fasse très attention, à la fois sur le côté très marquant et très clivé de certaines personnalités, et puis sur la profonde demande de renouvellement qui s'exprime dans cette élection.

L'idée de voir revenir des vieux briscards de la politique de tous les partis, là, à mon avis, le risque est plus là que sur les marqueurs identitaires.

22:49
Présentateur

Oui, parce qu'il joue sur la jeunesse, Emmanuel Macron, sur le renouvellement.

22:55
Invité

Sur le renouvellement plus que la jeunesse. D'accord.

22:57
Présentateur

Pour lui, c'est la première fois qu'un homme qui était inconnu il y a 30 mois ait cette audience en France, à droite comme à gauche, à 39 ans. Et 39 ans, c'est incroyablement jeune. Parce qu'on a dit que c'est Jean-Luc Canuet. Jean-Luc Canuet, il avait 45 ans. Là, évidemment, en 65, il était l'équivalent de Justin Bieber, parce que le général de Gaulle avait 75 ans. Donc c'était une autre période, si vous voulez. Mais enfin, je veux dire, là, c'est vrai que 39 ans, c'est... Et puis surtout, on voit... Parce qu'on se demande quel chef sera-t-il quand on le voit, parce qu'il n'a pas une carrure de... Voilà, il est assez fin.

Et l'autre jour, quand on le voyait à côté de François Bayrou, on avait l'impression que c'était le prof et l'élève. Mais il a une résistance. Et tous ses amis qui travaillent avec lui disent que c'est un athlète de haut niveau. C'est-à-dire que pour tenir le choc quand on fait des réunions, qu'on va partout et tout ça, il n'est jamais fatigué. Il a eu un petit coup de mou, là, après, quand il est allé parler au Harky et tout ça. Là, il y avait eu le double gaffe, le double truc. Là, ça l'a un peu secoué. Mais deux jours après, il était remonté sur sa bête. Et voilà, il continue. Et surtout, il a quelque chose qui séduit. C'est qu'il a un regard bienveillant.

Et il a ce mot bienveillant, ce qui est quand même une erreur en politique. Il essaie de ne pas dire de mal des autres. Un peu, il commence un peu sur Fillon, mais c'est tout juste. Mais là, c'est ce qui plaît aussi. C'est qu'il est hors courant et il n'a pas de haine recuite en lui. Il est souriant, optimiste. Il est souriant, optimiste. Alors, ça fait des qualités. Je ne sais pas comment ça se transforme en vote, les qualités que vous évoquez là. Mais bon, en tout cas... Pour le moment, il ne faut pas oublier que pour le moment, ce ne sont à 50% que des potentialités de vote. Avec une vraie...

24:37
Invité

Le vote est peu cristallisé. Et juste, il bénéficie des erreurs des adversaires aussi. C'est-à-dire que tant que Fillon le renverra à gauche et au bilan de Hollande, et tant que Hamon le renverra à droite, il lui rend un service monumental.

24:49
Présentateur

Est-ce que tous ces gens qui le rejoignent croient en lui ? Parmi les arguments, je le disais tout à l'heure, évoqués par Bertrand Delannoy pour justifier son vote et son soutien à Emmanuel Macron, c'est, attention, il y a le Front National. Il est aujourd'hui devenu... Un rempart. Un rempart. C'est le réflexe vote utile qui serait le réflexe... Est-ce que ça cache une vraie adhésion aux personnages et aux idées ou est-ce qu'au fond, c'est ça qui peut faire en sorte qu'à un moment donné, il siphonne le Parti Socialiste ?

25:15
Invité

C'est un élément fort, notamment par rapport à Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. On a l'impression qu'il se neutralise sur un même espace politique, en tout cas qu'il divise cet espace de la gauche plurielle. Lui, il est sur un autre espace et il est en position d'être au deuxième tour face à Marine Le Pen. Mais j'ajoute autre chose. Par exemple, si vous écoutez l'argumentaire de Bertrand Delannoy, il n'y a pas que l'idée du rempart. Il y a aussi l'adhésion à une certaine forme de pragmatisme, de socialisme pragmatique. C'est pour ça que je parlais tout à l'heure de famille. Je ne parlais pas de trajectoires personnelles qui peuvent être incohérentes.

Mais en termes de famille, il incarne quelque chose dans lequel peut se reconnaître un Delannoy ou un autre. Et ce que j'ai noté aussi, c'est que Bertrand Delannoy évoquait François Bayrou et disait, moi, je peux me reconnaître aussi dans le contrat qui a été passé entre François Bayrou et Macron. Ce qui fait que l'alliance, le rassemblement de gaullistes, d'hommes du centre-droit comme Jean Arthuis, d'hommes du centre-gauche, repose aussi sur un certain nombre d'idées forces de contrats, de gouvernements, de gouvernance. Et Macron arrive à faire tenir tout ça ensemble.

Mais je pense que dans son organigramme de campagne et ensuite, dans ce que sera la superstructure de son équipe, il y aura beaucoup de jeunes, de nouveaux visages, en tout cas d'hommes neufs. Et ces hommes-là, ces renforts, auront plutôt un rôle de conseillers, de parrains, de garants, de cautions, on peut les appeler comme on veut, mais ce ne sera peut-être pas forcément eux qui seront aux manettes.

26:52
Présentateur

Alors, on n'est pas au bout évidemment de cette présidentielle. Il y a quelques affaires qui sont sorties autour d'Emmanuel Macron. Un soupçon de favoritisme lié à la visite de Macron à Las Vegas. Une autre histoire. Conflit d'intérêt. Un conseiller démissionne. C'était donc l'un des experts santé de En Marche qui était lié au laboratoire Servier. Est-ce que ça peut impacter sur les ralliements, sur le climat de la campagne ? Je ne suis pas sûr que ça monte beaucoup. Le garçon Mourad qui travaillait pour Servier a été exprimé très promptement. et quant à l'histoire de New York, c'est ça ? Las Vegas. Las Vegas, pardon.

Ce qui m'a frappé, c'est que Emmanuel Macron n'a même pas besoin de se défendre. C'est Michel Sapin qui a volé à son secours. C'est intéressant ça. Qui a volé à son secours pour le mettre totalement hors de cause. Ce qui est très intéressant politiquement. Pour répondre à la question prolongée à partir de ce que vous disiez juste avant, comme toujours en géographie, il y a un fleuve effet de rivière. C'est-à-dire qu'on voit bien qu'il y a des composantes dans le courant Macron. Il y a les jeunes qui viennent indiscutablement avec beaucoup d'adhésion, d'optimisme parce que ça leur parle. Il a un côté geek, moderne, transnational, parlant américain qui plaît beaucoup à une certaine génération.

Une certaine partie de la jeunesse, Claude Veil. Une certaine partie de la jeunesse, naturellement. Une certaine partie de la jeunesse. Il a récupéré dans un deuxième temps des centristes estampillés qui se sont dit « Ben voilà, on a le leader qu'on attendait, l'imam caché est revenu ». Et puis à partir de là, il a aggloméré d'autres forces qui viennent moins par enthousiasme que pour certains par déception. On voit bien que dans certains ralliements socialistes, voter Macron, c'est ne pas voter amont. C'est ça. Et que dans certains à droite, pareil, voter Macron, c'est ne pas voter Fillon.

Et peut-être même que chez les jupéistes qui sont les grands cocus de la semaine dernière, il va y avoir des gens qui s'en disent « Après tout, allons-y. »

28:51
Invité

Il y en a déjà. Or, Verger et quelques-uns. Non, je veux dire, ça pourrait se multiplier.

28:57
Présentateur

Alors, on va parler finalement de Benoît Hamon. Et il bataille Benoît Hamon pour relancer sa campagne. Entre l'affaire Fillon et il faut bien le dire qui a monopolisé le débat, son accord avec les Verts qui l'a éloigné des sujets de fond et ses camarades du Parti Socialiste tentés, on l'a bien compris, et par l'aventure Macron, le candidat Hamon ne semble pas aujourd'hui en situation de troubler un jeu à trois entre Le Pen, Macron et Fillon pour tenter de reprendre la main. Il arrondit quand même un petit peu les angles sur son projet et il a mis l'ancien conseiller de Hollande dans son visère. C'est ce qu'il a fait hier à Marseille, Myriam Zéard et Clément Voyer.

Un Benoît Hamon, tout sourire à Marseille.

29:36
Invité

Attention là, je vais avoir, je vais faire la moitié.

29:38
Présentateur

Même bloqué à 13% dans les sondages.

29:41
Invité

Là je vais cliver, Benoît Hamon il clive.

29:43
Présentateur

L'espoir semble avoir gagné une nouvelle fois le candidat socialiste. Les bons signes, il veut les voir partout, même sur ce maillot de l'OM.

29:54
Invité

C'est blanché pour le premier tour pour la mienne.

29:55
Présentateur

Les 25%, Benoît Hamon dit pouvoir les atteindre en faisant émerger ses idées. Comme ici à Marseille où il est venu par les vieillissements de la population. Des thèmes qu'il peine à rendre audibles. Posez-moi une question à part... Allez-y. Vous avez une chance là. Justement, les thématiques sont là. Oui, formidable, parlez-en. La faute aux affaires et à l'interminable feuilleton du rassemblement avec Jean-Luc Mélenchon, désormais impossible.

30:28
Invité

Accompagné du député PS local,

30:30
Présentateur

Patrick Mélenchie, le candidat s'offre donc un peu de réconfort.

30:35
Invité

On est à berthoué. Merci beaucoup. Allez, avec toi. C'est service, donc. Bonjour, monsieur. Ça va bien ? Il est petit, le taille. Il est petit, ça rappelle Nicolas Sarkozy. Bon, espérons qu'il sera un peu mieux.

30:49
Présentateur

Pas sûr que le candidat apprécie la comparaison. D'autant qu'à la capitale, les mauvaises nouvelles s'enchaînent. Avec les défections de plusieurs députés socialistes vers le camp Macron. Dernier lâchage en date, Claude Bartholone, le président de l'Assemblée nationale. Alors, sur le vieux port, Patrick Menucci leur passe un message.

31:08
Invité

Ils devraient tout simplement penser à la loyauté qu'ils doivent à la primaire, non pas à leur parti, mais à tous ces millions de Français qui sont venus. C'est, je crois, peut-être la première chose que les citoyens attendent des hommes politiques, c'est la clarté et la loyauté. Et voilà, je crois qu'ils, pour ne pas se faire des nœuds au cerveau, je leur conseille d'être loyaux.

31:28
Présentateur

Loyaux à Benoît Hamon et non à Emmanuel Macron, l'ancien ministre de l'économie, que le candidat socialiste n'hésite pas à comparer à Hillary Clinton dans Libération, cette semaine.

31:39
Invité

Macron, c'est Clinton. Elle a perdu contre Trump, Macron perdra contre Le Pen.

31:48
Présentateur

Alors hier soir, à deux pas du stade Vélodrome, pas étonnant qu'un match se joue devant 3000 spectateurs, Benoît Hamon cible M. Macron. Je vais arrêter de dire Emmanuel, d'ailleurs. C'est maintenant M. Macron. Un match qu'il souhaite, projet contre projet.

32:10
Invité

Que l'on se dise les choses clairement, quand on veut 60 milliards de réduction de la dépense publique, ça se fera de toute manière au détriment des services publics locaux.

32:24
Présentateur

Écorché le favori des sondages en se posant en champion de la justice sociale. Benoît Hamon compte aussi convaincre sur la nouvelle forme que prendra sa mesure phare, le revenu universel. Le revenu universel d'existence permettra à une majorité de salariés, une majorité d'actifs, tous les jeunes, de bénéficier, ou d'un revenu quand ils n'en ont pas, ou d'un complément de pouvoir d'achat qui améliorera leur feuille de salaire net. Voilà ce que nous proposerons et dans des conditions de financement qui surprendront parce qu'elles démentiront toutes les prophéties les plus apocalyptiques qu'on a pu entendre depuis maintenant.

Des semaines selon lesquelles, attention, avec cette gauche-là, le pays allait être à terre. Un revenu universel amendé, une manière de ne plus effrayer avec un coût initial évalué à 300 milliards d'euros. Une nouvelle mouture qu'il devrait présenter demain lors de son passage dans l'émission politique sur France 2. Ça va être un moment important pour lui, cette émission politique, pour tenter de relancer sa campagne. Cette question d'une téléspectatrice ou d'un téléspectateur de Cédent L'Air. Amon, le frondeur, n'est-il pas à son tour victime d'une fronde ? C'est bien sûr.

Puisque la fronde est devenue majoritaire, donc les majoritaires sont devenus l'opposition, ce qu'on appelle la fronde dans l'engagement socialiste courant. Mais bien sûr, il y a eu une inversion des rôles puisque le socialisme de gouvernement a été incarné, c'est pas forcément le meilleur cheval, par Manuel Valls qui a été mis en minorité. Donc c'est eux qui se retrouvent dans la situation de critiquer.

33:58
Invité

Il faut quand même souligner ici l'incroyable jeu de dupe qu'aura été cette primaire de la belle alliance populaire. Parce qu'ils se sont quand même tous engagés devant les caméras à soutenir le vainqueur. Ils connaissaient tous parfaitement les lignes idéologiques et politiques et les projets des uns et des autres. Et là, le fait que, on a déjà vu François de Rugy qui est parti sans donner de compte d'ailleurs, il est parti alors qu'il s'était engagé de face caméra. Et là, que les socialistes qui ont participé à l'aventure se posent la question de soutenir ou pas leur candidat, ça trahit quand même quelque chose d'assez perturbant.

34:29
Présentateur

Sur la primaire ou sur le parti socialiste ?

34:31
Invité

Sur les deux. Sur la primaire qui était mal fagotée, elle a été quand même conçue par François Hollande et Jean-Christophe Camadélis pour favoriser la réélection de François Hollande. Donc très tardive. Donc impossibilité pour un candidat de s'installer plus durablement dans l'opinion alors qu'on savait qu'il y aurait peut-être une demande de renouvellement si François Hollande ne passait pas. Et puis par ailleurs, c'est congénital au parti socialiste. Moi, c'est un parti que j'ai beaucoup couvert. Je peux vous dire que la délibération collective et la décision ne sont jamais suivies par toutes les troupes. Parce que c'est consubstantiel le socialisme. Parce que c'est très compliqué.

Ce n'est pas un parti caporalisé. Les gens discutent. C'est un parti courant. Il y a des écuries personnelles. Mais il y a aussi des affrontements. Et c'est un parti qui n'a jamais su, sauf peut-être sous François Mitterrand à une certaine période, se ranger derrière un seul homme. C'est parce que

35:14
Présentateur

Mathieu, c'est très compliqué. On ne peut pas faire... On peut toujours faire de l'eau tiède avec du froid et du chaud. Mais Benoît Hamon organise sur une ligne. Une ligne claire. Sa ligne a triomphé d'une autre ligne. Et d'une certaine façon, il assume sa ligne. On lui dit faites des ouvertures, allez chercher les idées des autres. Concrètement, une des questions centrales qui est la question européenne. Il a un projet européen. On pense qu'il est réaliste ou irréaliste. Qu'est-ce qu'il dit sur le projet européen ? Rafraîchissez la mémoire à ce qu'il y a.

En gros, il a acheté clé en main un système qui a été inventé par Thomas Piketty qui consiste à dire on ne sauvera l'euro et l'Europe que si on met en commun la dette, les dettes des pays à partir d'un certain niveau d'endettement. 60% concrètement, c'est très technique. Et pour réaliser cette union démocratique de la finance des pays membres de l'euro, on ne peut le faire que si on a un contrôle démocratique de la dépense et de l'impôt par le biais d'une assemblée parlementaire de la zone euro. C'est un système compliqué. Ça demande des réformes institutionnelles lourdes. On n'est pas du tout sûr que les autres achètent. On n'est pas du tout sûr que ça aboutisse vite.

Mais en tout cas, c'est son système. Et sur ce système-là, il a enclenché la logique qu'on connaît par cœur qui est celle des frondeurs depuis longtemps qui est de dire arrêtons d'obéir à Mme Merkel quand elle nous dit vos 3%, etc. Et il a eu même cette phrase absolument incroyable. C'était récemment à France Inter. Il y a une dette vis-à-vis de la planète que nous ne pourrons pas rembourser. Et il y a une dette vis-à-vis des banquiers que nous pouvons parfaitement renégocier. Dit comme ça, c'est quand même un tout petit peu violent.

Mais on voit bien qu'il y a un gros, gros écart par rapport à un gouvernement qui, même mollement, depuis 3 ans, 4 ans, a essayé de contenir, de redescendre à ces fameux 3%, de contenir la dette et de réduire la dépense. Je vous ramène au début. Pardonnez-moi, Claude Veil. L'idée, c'était est-ce qu'il doit faire des gestes puisque c'est ce qu'une partie de son camp lui demande en disant essaie d'arrondir les ondes de ton projet pour rassembler la famille. Les barons socialistes pour avoir un prétexte à le rejoindre. Mais sauf que les gens qui ont voté pour lui, ils n'ont pas du tout envie qu'il fasse du Hollande. Ils ont envie qu'il fasse du Hamon.

37:14
Invité

Du Hamon. Jean Garrig. Perversité de la primaire. Le noyau dur des électeurs socialistes ont voté pour une utopie mobilisatrice qui les faisait renouer avec ce qu'ils considèrent comme l'essence du socialisme trahi par François Hollande et surtout par Manuel Valls. Sauf que ce programme-là, est-ce qu'il est adaptable à une campagne présidentielle ? Est-ce qu'il conduit à une victoire à l'élection présidentielle ? Ce qui est en train de se passer nous montre que non.

Ne serait-ce que parce qu'il y a un même espace politique qui est partagé même s'il y a des différences avec Jean-Luc Mélenchon et parce qu'il n'y a pas une dynamique derrière le programme de Benoît Hamon qui lui permet de concrétiser, de rendre concret son programme.

37:58
Présentateur

Il y en a eu une dynamique. Elle a été concrète après son élection. Il y avait une curiosité.

38:03
Invité

Il y a eu une curiosité. C'est le revenu minimum d'existence dont on voit bien à quel point il pose des difficultés pratiques de faisabilité puisque ça fait la deuxième ou troisième mouture que va nous en donner Benoît Hamon dont on voit bien qu'il repose sur un certain nombre d'hypothèses, de changements de paradigmes à la fois des relations sociales à l'intérieur de la France et des relations avec les différents autres pays européens. Tout ça est extrêmement prospectif et ne peut pas déboucher sur une véritable dynamique présidentielle.

38:35
Présentateur

Il y a quand même eu une phrase dans ce reportage qui a assez peu été relevée dans le débat cette semaine. C'est ce qu'il dit dans Libération à propos d'Emmanuel Macron. disant en gros Macron c'est Hillary Clinton Hillary Clinton a perdu face à Trump Macron perdra face à Marine Le Pen.

38:54
Invité

Il veut être le Bernie Sanders qui se met dans la peau du Bernie Sanders qui a perdu contre Hillary Clinton. C'est comme s'il anticipait une forme de défaite. C'est vrai que le PS qui ne le soutient plus ou qu'il soutient malement aujourd'hui lui rend la monnaie de sa pièce puisqu'il a été fondeur et qu'il a pourri la vie de François Hollande et de la majorité pendant 5 ans. Mais je pense qu'il fait surtout son erreur elle n'est pas là il fait surtout une erreur stratégique ou plutôt tactique pendant cette campagne c'est-à-dire qu'il ne va pas aller piocher des réserves de voix chez Emmanuel Macron. Ça ne sert à rien d'aller cogner Emmanuel Macron. Pourtant c'est ce qu'il fait.

C'est ce qu'il fait comme un sourd depuis le début ça n'a aucun sens. Les seules réserves de voix où il peut aller piocher des voix pour se qualifier au second tour c'est chez Mélenchon. Mais là il y a une forme de pacte tacite entre l'un et l'autre une forme de pacte de non-agression ils se sont tournés autour et puis chacun est retourné chez lui mais le fait qu'il n'aille pas cogner Mélenchon entre guillemets ou attaquer Mélenchon pour ramener des électeurs à lui et s'obstiner à essayer de ramener des sociodémocrates qui ne viendront plus jamais là est l'erreur manifeste et stratégique de sa campagne.

39:51
Présentateur

Et puis vous l'avez évoqué rapidement tout à l'heure Catherine Ney c'est quand même compliqué pour une partie des ministres d'aller soutenir Benoît Hamon ça a été compliqué quand même pendant 5 ans.

Très compliqué franchement moi je comprends très bien que Benoît Hamon ne corrige pas comme on le lui demande on ne peut pas demander à Benoît Hamon de devenir social-démocrate pour faire plaisir aux valsistes mais moi je comprends aussi très bien que les amis d'Emmanuel Valls qui disent mais ce n'est pas possible de voter pour ce programme parce qu'il est inapplicable on est vraiment dans une impasse là vous parliez de perversité de la primaire c'est une perversité de la primaire pourquoi Benoît Hamon a-t-il gagné ?

Moi je crois que sa jeunesse vous savez quand il a fait l'émission personne ne pensait à lui il a fait l'émission politique de France 2 moi j'ai cru qu'il a fait d'abord un score formidable 1 700 000 téléspectateurs pour un novice ça montrait qu'il avait de l'intérêt et l'essentiel de l'intérêt qui lui a été porté c'est sur le revenu universel ça a plu à tous les jeunes qui ont dit ah mais c'est formidable plus le cannabis qu'on allait vous voyez c'est des choses comme ça qui réenchantaient le rêve que n'avait pas réenchanté pour les jeunes François Hollande donc il a plu puis on s'est dit il est jeune enfin il est jeune comme il a toujours été au jeunesse socialiste on croit que c'est un gamin c'est le petit Benoît c'est le petit Benoît qui a 50 ans quand même donc il est temps qu'il se montre et qu'il sorte mais personne enfin ceux qui ont voté pour lui ne se sont pas dit il sera à l'Elysée il sera à l'Elysée dans 6 mois ça c'est pas vrai

41:12
Invité

c'est surtout le seul qui avait un projet qui tenait la route

41:15
Présentateur

il faut se le dire qui tenait pas la route

41:18
Invité

ça déboulait dans la primaire sans avoir travaillé Vincent Péion est venu faire de la figuration Montebourg avait du mal à le vendre c'est ça qui était curieux parce que lui pourtant c'était lancé avant mais c'est le seul qui avait un projet articulé alors après utopiste ou non chacun voit midi à sa porte est-ce qu'il peut être protégé

41:33
Présentateur

Benoît Hamon par le parti socialiste je rappelle que le premier secrétaire du parti socialiste a dit que ceux qui avaient parrainé Emmanuel Macron seront exclus est-ce que le parti socialiste va tenter

41:43
Invité

de protéger

41:45
Présentateur

Benoît Hamon ou pas

41:46
Invité

et après ils sont réinvestis ça ne marche jamais comme ça en revanche il y a une donnée politique qu'on n'a pas encore évoquée aujourd'hui qui est justement Manuel Valls c'est-à-dire que Manuel Valls qui lui anticipe aussi ce que va être l'avenir du parti socialiste et pas forcément une sortie du parti socialiste et n'est forcément pas dans le positionnement de pousser ses troupes à aller vers Emmanuel Macron parce que pousser vers Emmanuel Macron c'est aussi favoriser celui qui campe sur des terrains qui sont assez proches donc c'est peut-être d'une manière un peu paradoxale une sorte d'allié objectif de Benoît Hamon dans les circonstances présentes

42:20
Présentateur

je sais que c'est l'ancien monde les partis politiques mais quand même on en parle pour terminer là-dessus on est bien d'accord ce que vous disiez le parti socialiste ne pèsera pas dans cette le titre de l'émission c'est Macron siphonne la gauche le parti socialiste peut laisser faire va laisser faire

42:34
Invité

le parti socialiste n'a pas les moyens d'empêcher les gens de rejoindre Macron il peut menacer en disant si c'est comme ça on ne vous donnera pas l'investiture mais ceux qui veulent se présenter diront on l'aura peut-être chez Macron et c'est un grand classique quand vous avez des dissidences dans les élections généralement on retire l'étiquette PS et puis ensuite on siège dans le groupe apparenté et puis généralement on revient au parti socialiste

42:54
Présentateur

alors on n'en a pas encore parlé au trépau depuis le début de cette émission mais il fait sa campagne en solitaire c'est vrai il fait le pari de la communication hors média traditionnelle sur la chaîne YouTube numéro 1 devant tous ses concurrents et de loin une stratégie hors système et de dialogue direct avec les internautes avec une question quand même est-ce qu'être une star du web peut faire de lui une star du premier tour Romain Becker et Michael Spitzberg

43:19
Invité

c'est un moment essentiel dans toute campagne présidentielle le chiffrage du programme et bien voilà ça y est on y est encore un événement au coeur de la campagne de Jean-Luc Mélenchon la campagne de la France Insoumise est résolument placée sous le signe de la créativité cette fois ce n'est ni sur le plateau d'inventeur ni lors d'une conférence de presse mais sur sa propre chaîne YouTube que Jean-Luc Mélenchon détaille son projet une première en France pour le candidat c'est aussi la garantie de s'exprimer sans contradicteur

43:53
Présentateur

et aussi longtemps qu'il le souhaite ce jour-là l'émission va d'ailleurs durer 5h30 il n'en fallait pas moins pour préciser son budget

44:00
Invité

100 milliards d'investissements 173 milliards de dépenses courantes

44:06
Emmanuel Macron

l'affaire fait le tour du circuit économique et ressort à la sortie 190 milliards qui sont des recettes des gens qui se mettent au travail et qui payent un impôt sur le revenu des gens qui payent des taxes etc. etc. etc. etc.

44:21
Invité

YouTube le terrain sur lequel

44:23
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon règne en maître absolu sur sa chaîne 426 vidéos et un total impressionnant de 16 millions de vues régulièrement

44:34
Invité

il publie sa revue de la semaine dans laquelle il aborde tout type de sujet alors ce sera le 19ème épisode on a encore gagné des abonnés on est super content parce que ça donne de l'énergie

44:46
Emmanuel Macron

ces vidéos le candidat les tourne ici avec l'aide d'Antoine Léomant chargé de sa communication numérique depuis 2013

44:55
Invité

alors vous voyez c'est un décor qui est un petit peu sommaire mais qui jusqu'à présent était celui qu'on a utilisé normalement là vous n'avez pas tout l'attirail mais on a deux caméras là vous avez un trophée qui est le trophée des 100 000 abonnés qu'a gagné Jean-Luc Mélenchon comme tout youtubeur qui se respecte et qui dépasse les 100 000 abonnés nous avons eu le bouton d'argent un trophée que Jean-Luc Mélenchon est le seul dans la classe politique française à pouvoir se vanter de posséder

45:22
Présentateur

avec 230 000 abonnés sur sa chaîne youtube il écrase Marine Le Pen sa première concurrente

45:30
Invité

et est le seul à rivaliser avec elle au nombre de followers comme on dit sur twitter et facebook les équipes de la France Insoumise s'inspirent notamment d'un modèle outre-atlantique l'ancien candidat aux primaires démocrates Bernie Sanders on a beaucoup regardé ce qu'il faisait parce qu'il a réussi à mener une campagne à peu près indépendante du système médiatique et qui a fonctionné c'est à dire que s'il n'y avait pas eu les grosses triches de la primaire américaine de fait on ne sait pas s'il n'aurait pas été choisi comme candidat des démocrates et sans doute que le résultat à l'élection présidentielle aurait été sensiblement différent entre Jean-Luc Mélenchon et la technologie l'histoire d'amour ne date pas d'hier en 1988

46:19
Présentateur

celui qui est alors jeune sénateur de l'Essonne lance sur le Minitel

46:23
Invité

le 3615 Tonton pour permettre aux français de s'adresser directement à François Mitterrand

46:30
Présentateur

près de trois décennies plus tard Jean-Luc Mélenchon continue donc d'inventer de nouvelles manières de faire campagne il y a un mois lors d'un meeting il s'est dédoublé à l'aide d'un hologramme

46:50
Invité

et maintenant à Paris

46:54
Présentateur

l'hologramme là encore une première en France mais plus qu'un artifice technologique

47:05
Emmanuel Macron

pour Jean-Luc Mélenchon un outil spectaculaire pour faire passer son message

47:10
Invité

il y a il y a cet hologramme et j'ai vu qu'il y avait des pistes bougons qui trouvaient que ça faisait trop showbiz mais enfin il faut qu'un message politique émancipateur et quelque peu éclaireur s'appuie sur des techniques qui sont celles de notre temps qui fassent rêver qui fassent sourire car bien sûr personne n'est du pas Paris je vous rassure du fait que je n'y suis pas c'est un continent qui prend pied avec nous en nous qui formule qui reformate nos goûts nos humeurs nos désirs c'est le continent du numérique ce jour là Jean-Luc Mélenchon parle donc numérique recherche et éducation à 65 ans l'un des candidats les plus âgés sur la ligne de départ tendent donc d'apparaître comme le plus moderne

48:06
Présentateur

la question c'est est-ce que ça marche merci déjà pour ces images du Minitel parce qu'on avait oublié mais est-ce que ça marche c'est-à-dire celui qui a l'image c'est ce que vous disiez tout à l'heure Claude Veil du geek du moderne de la jeunesse Emmanuel Macron est-ce qu'il peut y avoir un attrait pour la campagne de Jean-Luc Mélenchon pour ce qu'elle incarne parce que ça il l'a plutôt réussi du point de vue des méthodes des techniques de communication sa campagne est extraordinairement inventive il est un grand utilisateur depuis longtemps des blogs d'internet etc il le fait très très bien et sa fonction tribunicienne son registre trouve là un terrain idéal pour s'exprimer la difficulté de cette campagne c'est que il y en a un de trop ils sont si proches idéologiquement Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon que à partir du moment où ils ont décidé d'y aller tous les deux ils s'entretuent je ne vois pas sur cette base là comment le courant qu'ils incarnent c'est-à-dire la gauche de la gauche qui pèse en effet lourd au moins 25% pourrait être au second tour

49:15
Invité

parce qu'elle est divisée alors vous dites il y en a un de trop mais ils séparent il y en a un de moins la difficulté de la campagne de Jean-Luc Mélenchon c'est qu'il y en a un de moins elle a été construite contre François Hollande ah oui contre François Hollande non mais elle a marqué un coup d'arrêt avec le renoncement de François Hollande elle a été construite pour offrir une alternative à gauche et je rejoins tout à fait ce que dit Claude c'est-à-dire il y en a deux de trop enfin il y en a un de trop maintenant l'absence de François Hollande dans la campagne lui a coupé l'herbe sous le pied

49:39
Présentateur

et il a eu

49:40
Invité

beaucoup de mal

49:41
Présentateur

il avait un dessin historique il était convaincu que le déclin de la social-démocratie un jour ouvrirait l'espace à la gauche alternative qu'il incarne d'une certaine façon Hamon le gêne énormément puisque Hamon dit non à l'inter du socialisme officiel PS estampillé PS estampillé Solferino on peut incarner ce dont vous prétendez avoir le monopole alors je vous rappelle que le titre de l'émission c'est Macron siphonne la gauche est-ce que cette initiative-là ce mouvement-là va jusqu'à l'électorat de Jean-Luc Mélenchon ou est-ce que non il y a vraiment quelque chose de très hermétique entre ce qui est en train de se passer la dynamique on va appeler ça comme ça autour d'Emmanuel Macron et les électeurs de Jean-Luc Mélenchon c'est étanche Catherine je crois qu'il a son noyau dur pour l'instant si on en croit les sondages il fait exactement le score qu'il a fait il y a 5 ans c'est-à-dire qu'il a 11% c'est pas mal il y a une clientèle pour lui et moi je dirais clientèle parce que c'est quand même un acteur entre Benoît Hamon et lui c'est quand même il a d'abord des références historiques philosophiques et puis il s'écoute parler il se grise de ses propres propos c'est quand même un grand narciss qui se plaît en sa compagnie mais qui aussi plaît aux autres parce qu'on s'amuse il fait rire donc c'est un grand talent il a toujours joué là-dessus mais ça débouche ça débouche sur mon verre n'est pas grand mais je vois dans mon verre il a 11% mais depuis qu'il est en campagne et qu'Emmanuel Macron monte il n'y a pas d'hémorragie ça a l'air de tenir voilà c'est son socle de 11% il fait une très bonne campagne il fait une très bonne campagne

51:22
Invité

pour répondre à la question Macron c'est l'ennemi de classe Macron c'est le candidat du grand capital c'est un grand satan autant que François Fillon donc il n'est pas question pour le noyau dur des électeurs de Jean-Luc Mélenchon de s'intéresser à Emmanuel Macron c'est vrai que ça pose plus de problèmes par rapport à Benoît Hamon qui par exemple sur le terrain de l'éco-socialisme finalement est aussi sur un terrain assez proche là aussi dans une véritable innovation de ce qu'est le socialisme un socialisme participatif il y a aussi beaucoup de choses très neuves chez Benoît Hamon et là on sent que c'est pour ça que dans cet espace dont il faut toujours rappeler qu'il est relativement restreint puisque a priori l'électorat est majoritairement à droite en ce moment en France dans cet espace relativement restreint c'est difficile d'avoir de la place pour deux programmes aussi proches l'un de l'autre en tout cas dans leur esprit même s'il y a des vraies différences et la question de la valeur travail sur laquelle insiste Jean-Luc Mélenchon par rapport à Benoît Hamon mais je pense que en tout cas du côté de Macron là il n'y a pas tellement de siphonnage possible je ne pense pas en tout cas je disais il fait une bonne campagne une bonne campagne sur le terrain il fait une bonne campagne sur les réseaux sociaux après il y a un handicap donc c'est l'absence de l'ennemi qui s'était fabriqué François Hollande et la concurrence et il n'est pas remplacé

52:43
Présentateur

par Emmanuel Macron

52:44
Invité

non il n'est pas remplacé par Emmanuel Macron ce n'est pas la même chose il se jouait entre Jean-Luc Mélenchon et François Hollande un vieux combat du parti socialiste Mélenchon trouvant que François Hollande était l'incarnation de la dérivale américaine vers un parti démocrate et donc il y avait une revanche personnelle qu'il voulait prendre et notamment de ce que François Hollande lui avait fait payer quand il était minoritaire au PS mais juste une chose il fait une bonne campagne le souci qu'il a c'est que son projet ne tranche c'est un projet transgressif par rapport à la situation actuelle mais il ne symbolise plus le renouvellement alors qu'il aurait pu le faire parce que le feu du renouvellement il a été volé par Emmanuel Macron le nouveau c'est chez Emmanuel Macron que ça se passe et l'autre chose c'est que je trouve qu'on ne l'entend pas sur ses propositions et là c'est sans doute un peu de sa faute mais aussi en raison du contexte c'est-à-dire qu'on ne parle plus du fond dans cette campagne depuis des semaines parce qu'on est pollué par l'affaire Fillon on est pollué par ces histoires de ralliement et c'est vrai que ce n'est pas une campagne qui se joue projet contre projet probablement il faut attendre les débats

53:38
Locuteur non identifié

sans doute

53:38
Invité

sans doute et là à mon avis il aura une carte à jouer après d'ici à devenir majoritaire la concurrence à gauche de Benoît Hamon rend la chose impossible pour le premier tour à mon avis

53:49
Présentateur

oui alors on dit plus impossible on a dit qu'on disait plus impossible je plaisante je plaisante il y a deux candidats

53:55
Invité

disons que ces deux candidats qui se battent sur le même électorat font que l'offre elle est divisée en deux ça on ne peut pas

54:00
Présentateur

et nous passons maintenant à vos questions comment expliquer que les français rejettent Hollande et soutiennent son fils politique Catherine Ney c'est justement paraphrasant Flaubert parlant de madame Bovary François Hollande a dit à nos confrères d'Avey et l'homme Macron c'est moi mais oui Macron dit moi Macron dit moi je ne suis pas du tout le fils je suis autre chose donc lui et je pense que si François Hollande soutenait demain Macron ça serait le baiser de la mort et ils n'en veulent pas je veux dire ils lui demandent surtout pas c'est à dire qu'il a réussi pourquoi a-t-il réussi à se différencier c'est d'abord d'abord il est parti il y avait une vraie rupture et qu'il y avait des choses qui ne lui avaient pas plu et il l'a dit donc il a été le fils qui est parti parce qu'il n'était pas d'accord avec toutes avec certaines il était à la fois pas d'accord avec François Hollande parce qu'il n'avait pas été assez loin dans l'explication plutôt c'était l'absence d'explication de sa politique et de son virage qui a fait que la gauche ne l'a pas compris et puis aussi sur la déchéance de nationalité il a rompu avec lui parce que ça c'était pas possible donc ça a été il est arrivé il a été ministre grâce à François Hollande mais il ne se considère pas comme un disciple d'où et sur le fond très vite mais juste s'il vous plaît Claude Veil s'il vous plaît juste un mot sur le projet elle est intéressante cette question et au fond on l'a évoqué pendant toute l'émission sur le fond il n'y a pas tellement de divergence entre ce que propose aujourd'hui Emmanuel Macron et le programme de Hollande la différence il y en a deux la première c'est que François Hollande n'a pas été élu sur la ligne qu'il a menée au gouvernement il a été élu sur une étude nettement plus à gauche et sur la promesse de faire rendre gorge à la finance etc.

souvenez-vous-en et donc et de renégocier le pacte européen de stabilité dès très très vite au bout de quelques mois il a été jugé traître par une partie de son électorat parce que sur ces deux points il a été obligé de flancher et d'une certaine façon c'est vrai que Emmanuel Macron reprend des éléments de la construction du hollandisme sauf qu'il donne aussi un diagnostic de l'échec du hollandisme pourquoi ça n'a pas marché parce que le système partisan étant ce qu'il est il ne pouvait pas réussir parce que la droite était dans une opposition systématique et que la gauche ne le soutenait pas donc il faut passer par ailleurs comment des communistes peuvent-ils être séduits par Macron Jean Garrigue ?

56:33
Invité

parce qu'ils ne sont plus communistes d'une part et qu'ils voient dans Macron ce rempart contre ça c'est quand même un argument fort pour eux par exemple Patrick Braouzek va soutenir Macron pour la présidentielle parce qu'il le voit comme un rempart contre Le Pen mais il va soutenir des candidats communistes ou proches du front de gauche je crois pour les élections législatives ce qui fait qu'ils ne renoncent pas au socle de ses idées mais ils considèrent que finalement le macronisme peut être compatible avec un certain progrès social qu'il défend

57:06
Présentateur

Les excellents sondages en faveur de Macron signifient-ils que les Français sont réconciliés avec le monde de la finance ? Mathieu Croissando

57:13
Invité

Alors c'est un vrai hiatus pour le coup et c'est d'ailleurs une thématique qui est absente de cette campagne on a eu une finance folle on a eu une crise en 2008 on a eu des tentatives de régulation qui n'ont pas marché derrière on se souvient de la fameuse loi de séparation de l'activité des banques qui n'a pas marché mais personne ne dit rien donc voilà les bulles se reconstituent le CAC en france des plafonds je pense que c'est un vrai sujet et alors lui en fait il est plutôt il est plutôt habile là-dessus c'est-à-dire que son passage chez Rothschild qui n'est pas non plus toute une carrière lui donne une présomption de crédibilité économique c'est-à-dire que les gens se disent bon s'il a été banquier chez Rothschild au moins il s'y connaît et du coup son discours qui porte plutôt un diagnostic assez judicieux sur l'état des blocages français et ses solutions qui sont matinées de libéralisme vraiment total soit d'un esprit plus social de redistributif on le voit sur le système d'assurance chômage des choses comme ça fait qu'il arrive à tracer son chemin et à se décoller cette étiquette

58:12
Présentateur

mais vient cette question comment Macron pourra-t-il gouverner avec des soutiens aussi hétéroclites mais de toute façon ce n'est pas les soutiens qui feront son gouvernement demain parce qu'après l'élection présidentielle s'il est élu ce qui n'est pas encore il y a des élections législatives qui lui donneront une majorité et on ne sait pas du tout quelle majorité ou pas mais en tous les cas qui donneront des résultats et il devra bien en tenir compte parce que après tout normalement les socialistes je veux dire les électeurs qui auront peut-être voté pour lui n'oublieront pas sur le terrain que des représentants du PS représentent quoi François Hollande et auront envie de les sanctionner il peut sortir n'importe quelle majorité de cette assemblée il faudra bien en tenir compte donc là aussi il révisera sa politique on ne sait pas quel premier ministre il aura dans trois mois ça dépendra il a juste dit qu'il aura de l'expérience voilà ce qu'il a donné comme information il fait le pari qui n'est pas du tout stupide pardon que dans l'état actuel de l'opinion c'est à dire en gros avec une gauche de la gauche qui représente un quart de l'opinion un centre gauche qui représente à peu près pareil une extrême droite à peu près pareil et une droite républicaine etc on est dans un 4 quarts dans l'état actuel les choses on ne voit pas lequel de ces quarts pourrait remporter la majorité absolue à l'assemblée donc probablement les législatives seront très importantes et on peut imaginer qu'on change d'une certaine façon de république on va vers la 5ème bis si on va vers des gouvernements de coalition qu'on n'a pas connus depuis très longtemps on ne sait pas si ça sera une coalition ou une cohabitation comment Emmanuel Macron peut-il continuer à dire ni de droite ni de gauche avec tous ces poids lourds socialistes qui le rejoignent Jean-Garrick

59:42
Invité

il ne dit pas ni de droite ni de gauche mais à droite et à gauche et c'est toute la question c'est à dire qu'il est donc prêt à accepter le soutien d'un certain nombre de personnalités de droite comme de gauche c'est le cas ou du centre il y a François Bayrou et son programme mais c'est ce qu'on disait tout à l'heure son programme il est à la fois il y a du libéralisme on voit bien que la direction économique est plutôt celle de l'offre de l'allègement des charges des entreprises de l'encouragement à la production mais en même temps il y a du social sur les retraites sur le chômage il y a tout un volet social ce qui fait qu'au fond il est compatible avec des idos très différents Le risque c'est qu'on lui dise

1:00:22
Présentateur

que c'est le plus petit dénominateur commun Oui

1:00:24
Invité

sauf que c'est aussi un projet qui est articulé sur les marcheurs sur des experts et qui a sa cohérence l'adaptation à la mondialisation

1:00:35
Présentateur

Ce gros mouvement de courtisans de gauche vers Macron va-t-il le conforter ou au contraire lui nuire gravement ? On l'a évoqué un petit peu tout à l'heure les noms qui sont évoqués là sont plutôt que ce soit Jean-Yves Le Drian ou Bertrand Delanoët c'est plutôt favorable

1:00:49
Invité

On l'a dit tout à l'heure c'est des renforts plutôt de poids puisque c'est des gens qui sont populaires après là où ça va se compliquer c'est quand il va falloir répartir les places les postes les investitures et constituer cette future majorité difficilement trouvable dont on parlait tout à l'heure et là il ne faut pas se tromper parce que les législatives ce n'est pas des élections comme les autres les renforts

1:01:10
Présentateur

sont symboliquement importants personne ne vient avec des milliers d'électeurs personne n'est propriétaire de ces électeurs en revanche les défections à mon avis font plus de mal à la main qu'elles ne font de bien à Macron parce que ça donne l'impression d'un homme qui est lâché par les siens et ça c'est pas bon Des ténors de la droite pourraient-ils se joindre à Emmanuel Macron dans les semaines à venir ?

1:01:32
Invité

On parle de Dominique de Villepin en tout cas il y a une sorte de sympathie exprimée par Dominique de Villepin maintenant là encore je pense qu'il n'a pas intérêt à avoir des soutiens de ténors de la droite trop appuyés parce qu'il a un électorat de centre-gauche parce qu'il vient quand même malgré tout d'une culture de gauche il y a plusieurs gauches en France plusieurs traditions et il représente aussi un de ses courants

1:01:57
Présentateur

Chez Alain Juppé il n'y aurait pas des passerelles possibles ?

1:01:59
Invité

Ça passera par les Chiracins l'offensive qui m'a dit

1:02:02
Présentateur

Alain Juppé je crois qu'il y a son adjoint à la mairie de Bordeaux son deuxième adjoint qui a rejoint Juppé mais ce n'est pas des non connus qui a rejoint Emmanuel Macron qui a rejoint Emmanuel Macron mais je veux dire c'est comme Dominique de Villepin bon c'est vrai on se souvient de son grand discours à l'ONU c'était magnifique mais depuis il est avocat d'affaires il travaille beaucoup avec le Qatar je ne sais pas si c'est un aspirateur à voix pour Macron j'en suis pas sûr en tous les cas à droite il a rompu les ponts il est hors sol donc non ça sera intéressant s'il y a des Juppéistes des vrais enfin je veux dire des très proches d'Alain Juppé qui est rallié mais moi je crois qu'ils ne bougeront pas

1:02:40
Invité

on en est à se demander si les soutiens ne sont pas des handicaps c'est quand même une forme de vue de l'esprit parce qu'on a quand même des candidats qui sont fuis par leurs propres troupes que ce soit François Fillon à droite que ce soit Benoît Hamon on voit que ça commence à secouer et là on va se dire oui est-ce que peut-être c'est un handicap trop soutenu on est trop soutenu dans une élection présidentielle ça va vraiment être très compliqué

1:02:57
Présentateur

ce qui avait fui chez Fillon sont revenus c'est plutôt ça ne va-t-on pas vers une cohabitation avec Macron président et barouin Premier ministre Jean Garrig c'est pour vous ça

1:03:07
Invité

alors moi ça me paraît totalement alors dans un monde idéal et dans une structure politique à l'allemande on pourrait rêver de ce genre de gouvernement de coalition mais en France c'est totalement ça veut dire

1:03:20
Présentateur

une victoire de la droite aux législatives

1:03:21
Invité

oui ça veut dire une victoire de la droite mais il peut y avoir un effet 58 aussi pour Emmanuel Macron tout est possible

1:03:28
Présentateur

justement Macron élu pourrait-il nommer un Premier ministre centriste oui c'est possible dans cette pièce dans une autre émission oui ça vite un homme politique de droite très très connu nous avait dit évidemment faire gouverner la gauche et la droite ensemble c'est impossible c'est dommage ça serait bien mais c'est impossible je pense que ça peut devenir possible cette fois c'est possible merci beaucoup c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h30 tout de suite c'est à vous belle soirée sur France 5 c'est parti

1:03:53
Locuteur

c'est parti c'est parti c'est parti