Pourquoi détestent-ils les artistes ? | conférence AMFIS 2023
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 48 %Attaque 42 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Martin MendiraFait
« on voit également se multiplier une multitude d'attaques frontales sous diverses formes portées par ces différentes tendances de ce qu'on peut de ces gens qui se nomment l'arc républicain qui va de renaissance à l'extrême droite »
- 5:00Joris MathieuFait
« cette sanction elle a été assumée comme étant lié à une liberté de parole syndicale l'expression d'une critique politique c'est inédit »
- 10:00Axel RobertFait
« aucune des propositions que nous faisions ne seraient même noté sur son carnet et qu'on avait et qu'on ferait mieux de s'interroger sur la gagie absolue qui était le monde de la culture »
- 13:00Axel RobertFait
« la culture n'est même plus un objet de respect dont on ne s'occupe pas la culture ça n'existe pas en fait ça n'existe plus »
- 16:00Antoine GalvaniFait
« les artistes qui réussissent à condition qu'il n'abuse pas de leur liberté d'expression la liberté de parole que ça leur donne ils sont assez valorisés »
- 19:00Olivier NeveuFait
« le néolibéralisme déteste l'art et par là évidemment celles et ceux qui fabriquent ou qui produisent l'art »
- 22:00Sarah LegrandFait
« on a une extrême droite qui pense quelque part que les arts sont au service d'un roman univoque d'un récit univoque sur l'identité »
- 24:00Axel RobertChiffre
« l'économie du cinéma français est fondée à 20% sur de l'argent public et à 80% sur de l'argent privé »
- 3:00Chiffre
« l'économie du cinéma français est fondée à 20% sur de l'argent public et à 80% sur de l'argent privé »
- 10:30Chiffre
« la moitié des artistes auteurs et autrices en France qui vivent avec moins de 1300 € »
- 27:00Chiffre
« les auteurs ont vu leurs revenus diminuer de 40% depuis l'arrivée des plateformes »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
bonjour à toutes et à tous merci d'avoir bravé les les intempéries pour être là braver le réveil matinal en ce samedi des anges pour être là aujourd'hui merci à nous intervenants à nous intervenants d'être également présent je suis Martin mendira je connais avec Coline Bourrel le groupe thématique culturel de la France insoumise qui organise cette conférence ça nous a paru important dans le temps politique dans lequel on est où les digues entre la droite et l'extrême droite s'abat de plus en plus et dans une tendance dans laquelle s'engouffre également le gouvernement et sa minorité à l'Assemblée et que en danse contexte là on voit également se multiplier une multitude d'attaques frontales sous diverses formes portées par ces différentes tendances de ce qu'on peut de ces gens qui se nomment l'arc républicain qui va de renaissance à l'extrême droite différentes attaques sur lesquelles on va revenir que ce soit de la part d'élus dans des collectivités locales ou de milice d'extrême droite qui s'en prennent à des spectacles ou à des concerts et il nous a semblés importants à ces amphis de pouvoir essayer de comprendre ce qui se passe de d'analyser ces phénomènes de voir s'ils sont liés ou non s'ils sont liés à un projet politique plus large et surtout d'organiser et de réfléchir à comment composer une résistance assez à ces tendances là et imaginez des horizons plus désirables je n'en dis pas plus je vous remercie encore une fois je remercie nos intervenants aux intervenants et je passe la parole à Sarah Legrand merci beaucoup merci beaucoup Martin du groupe thématique culture qui fait un énorme boulot je me présente donc Sarah Legrand député de de Paris je suis membre même vice-présidente ça signifie pas grand chose dans la macronie de la commission des affaires culturelles éducation je suis dans l'opposition c'est surtout ça que ils ont compris et donc un peu en charge même pas mal en charge des questions d'arrêt de culture au sein de la France insoumise et j'ai donc le très grand plaisir d'avoir à mes côtés Joris Mathieu qui est directeur du théâtre nouvelle génération à Lyon metteur en scène membre du bureau du syndéac et qui a bien des choses à nous dire sur la dernière séquence Antoine Galvani musicien secrétaire national du système CGT qui est membre du bureau de la CGT spectacle Axel Robert qui est alors Robert ou Robert que je règle la question une fois pour ton repère moi alors réalisatrice scénariste et membre du bureau de la SRF la société des réalisatrices et réalisateurs de films et Olivier neveu professeur en histoire et esthétique au Théâtre du esthétique du théâtre pardon à l'ENS Lyon auteur notamment de contre le théâtre politique un titre bien polémique et d'ailleurs on suit aligné parce qu'on a choisi pour cette cette conférence à un titre un petit peu un peu spécial quoi pourquoi des tests t-il les artistes après après réflexion sur la façon de nommer cette cette ce temps d'échange ce choix d'un il ne dit pas vraiment ce qu'il recouvre qui est peut-être un peu complotiste qui recouvre peut-être la météo d'ailleurs aujourd'hui finalement parce qu'on ne semble pas gâté par les éléments pour notre pour notre conférence mais c'était un peu volontaire justement de ce de ce flou là de se dire qu'il y a en fait en ce moment des attaques croisées peut-être des attaques articulées aussi des attaques qui ont des liens entre elles contre les artistes contre les arts contre les œuvres et que il y a quelque chose peut-être de différent l'année dernière on avait fait des conférences aussi sur la culture et les arts etc mais d'année en année là cette année on a aussi le sentiment de quelque chose de particulier à émerger alors évidemment ça fait des années que on dit qu'on devait dans un climat d'austérité de désagrégation de l'action publique et qui évidemment touche au cœur le service public des arts et de la culture on a vécu la séquence covid on est maintenant dans une prolongation de la crise avec une séquence inflation donc ça c'est des sujets je pense dont on va parler qui est finalement un contexte global qui met en difficulté une activité dont on sait jamais trop aussi les sciers essentiel que ça aux yeux de ceux qui des pouvoirs publics qui auraient la possibilité de la de la maintenir en vie ou non mais dans ce contexte là d'une d'un affaiblissement en fait général des moyens de la culture d'un essoufflement des arrêts et des moyens des arrêts de la culture il y a aussi des attaques à la fois très matériel et très brutale physique même parfois et qui sont articulés à des étaux idéologies également très forte voilà et donc c'est pas simplement disons la situation le néolibéralisme la crise du l'inflation mais il y a là des un discours sur l'art finalement et sur l'art et la culture qui est peut-être en train de revenir des pratiques envers les arts et la culture qui sont en train d'émerger et face auxquels je crois on peut ensemble chercher aussi des contre-offensifs quoi donc la question c'est celle des offensives contre les arts et la culture alors évidemment la première entité qui est [Musique] derrière ce il c'est l'extrême droite à laquelle on pense mais cette extrême droite on a bien compris que maintenant elle appartenait à un arc réactionnaire dont on se demande parfois jusqu'où il va et donc si je prends des exemples et ben c'est une extrême droite qui va s'organiser en milice qui va permettre l'annulation de spectacle de depuis Carnac jusqu'à Metz en étant organisé en milice qui va s'en prendre à l'oeuvre de Myriam Kahn à la fois par tes discours à l'Assemblée nationale d'un rassemblement national qui se qui interpelle la ministre sur le sujet mais c'est aussi quelqu'un qui va venir s'en prendre à une œuvre matériellement mais bon si on creuse cet arc réactionnaire c'est aussi alors c'est c'est aussi la tentation de l'ingérence vis-à-vis de structures qui sont dans des endroits où l'extrême droite a le pouvoir donc on pense à ce qui se passe à Perpignan la volonté de louer à Lyon de ce mêler de qui doit se qui doit diriger la structure mais quand on voit ça on se dit bah en même temps il y a aussi des soucis avec à Calais et à Calais c'est pas le même parti politique c'est une macroniste une macroniste qui met en difficulté notre ami principe est Douzi donc on se dit ah bah cette question d'un gérance sur les structures elle est un peu partout et puis bien sûr bah il y a ce qui se produit non cette région du coup un peu laboratoire là ronalpes et où là on a un processus que tu vas nous décrire mais qui est hyper intéressant à analyser parce que on a une politique culturelle qui est mise en oeuvre non pas une absence de politique culturelle mais une certaine vision de la politique culturelle qui est mise en oeuvre avec les moyens de la région parce que vous savez que c'est la compétence de la région une intention de transformer la culture et les arts en quelque chose on va essayer d'analyser ce truc ensemble puis du Fou isation [Musique] roman national je sais quoi mais c'est une forme d'offensive sur ce que c'est que l'art ce que sont que les arts et les artistes on va en reparler mais il y a une résistance à ça des voix qui se lèvent qui disent cette politique ça ne va pas et puis une réaction ah bah puisque c'est ça plus de moyens plus de subventions et donc face à ces attaques globalement d'un arc réactionnaire on a une un questionnement sur la réaction du pouvoir d'abord en plus oui je voulais rajouter cet élément là c'est qu'on a quand même tout récemment aussi la question de la façon dont a été traité le sujet Médine ces derniers temps qui a montré une espèce de porosité parce qu'on sait d'où vient les d'où viennent les attaques depuis le début et au bout d'un moment pardon on ne sait plus où ça va s'arrêter cet arc réactionnaire qui se croirait quand il y a comme ça des attaques des milices d'extrême droite quand même souvent on a un tweet de la ministre qui dit c'est ah non pas faire ça et puis derrière on a un préfet qui dit risque de trouble à l'ordre public on interdit et moi je trouve que ce sujet est particulièrement intéressant parce que du coup je pense qu'aujourd'hui en parlant et ça va être un des sujets je pense de notre de nos réflexions c'est que je suis convaincu que quand on parle de l'offensive qui a lieu actuellement contre les arts et les artistes il y a un parallèle et une articulation à faire avec l'offensive contre les libertés publiques parce que l'offensive contre la liberté de création elle est jamais loin jamais juste un parallèle avec l'offensive contre les libertés démocratiques et je trouve que cette histoire d'annulation par exemple on en reparlera ce réflexe de dire bah il y a un risque de troubles à l'ordre public alors on va annuler exactement comme pour les manifestations pour marquerez ce choix finalement de s'en prendre à la liberté plutôt que de garantir ces conditions de possibilités voilà je laisse je pose ça là aussi mais je pense que ça fait partie des sujets et puis la ministre elle fait pas que faire des tweets et puis quand même après laisser les préfets interdire des manifestations elle sait aussi illustrée par des prises de parole quand même ces derniers mois qui ont un petit peu saisis quoi et qu'on doit je pense prendre tout à fait au sérieux d'abord au Molière voilà traité avec le plus grand mépris tes camarades syndicalistes CGT qui qui faisait état de l'état de détresse de précarisation du monde du spectacle notamment lié à la crise économique la crise de l'inflation après la crise covid et la réponse de la ministre en somme a été dire mais vous êtes des enfants gâtés c'est pas possible on vous a donné plein d'argent on a distribué plein d'argent au moment du covid avec ce moment en fait incroyable ou en plus la ministre a été on en reparlera peut-être mais saluer comme ayant eu le courage de se lever dans cette salle pour parler bon alors qu'avec quand même peut-être un effet de mise en scène assez visible quoi et qu'elle était du haut de son autorité en train de dire mais enfin qu'est-ce que vous comment osez vous quoi et puis il y a eu ce moment la Palme d'Or voilà et peut-être c'est quelque chose évidemment qu'on attend d'avoir ton regard là dessus et où là finalement de façon un petit peu similaire peut-être pas aussi brutal mais de la même façon que toi t'as dit bah là il y a quelque chose qui va pas en fait dans la politique culturelle en Auvergne Rhône-Alpes et puis qu'on te répond bah si c'est ça quick en gros bah là il y a quand même eu un réflexe un peu vous avez la première voilà vous avez une palme d'or féminine une fierté le pays dans un état de fierté évidemment et puis elle dit bah c'est autant plus important pour moi que je pense que il y a un danger là qui pèse sur le cinéma français sur l'exception culturelle française il y a un phénomène de marchandisation et puis et puis en fait on a 16 réaction un peu hallucinante cet autre tweet de la ministre et qui a assez vite en fait parle d'un gratitude de formule plus ou moins comme ça se dit estomaqué etc et puis après va expliquer en plus de façon un peu étonnante du point de vue du financement de la réalité du financement et du fonctionnement du CNC et aussi de ce modèle redistributif et indépendant dont on parlera peut-être et qui est peut-être en cours de dévoiement mais et elle explique que bah là encore c'est comme si on avait voilà versé des millions et que c'était quand même incroyable d'être aussi un grade quoi et je crois que ça ça marque quelque chose ça marque quelque chose de décisif dans le rapport du politique aux arts c'est pas nouveau et je crois que Olivier ne veut nous aidera à le penser parce que c'est pas nouveau que que la politique que les arts soient perçus comme au service de la politique instrumentalisé bien sûr qu'il y ait des arts dédiés à la glorification des régimes qu'il y ait des et à voilà je veux dire c'est vieux comme le monde mais par contre cette façon en fait de passer aussi par la question du financement des modes de financement etc par la question de la marchandisation et avec les offensives conjugués d'une d'une idéologie d'extrême droite mais en péril la notion même de liberté de création quoi et donc c'est là-dessus que je voulais terminer et après on alors je parle pas de figure à sacralisée mais quand votre seule politique culturelle sur deux quinquennat c'est c'est le Pass Culture qui met des individus en contact avec une plateforme et derrière des contenus c'est même plus des œuvres [Musique] et que c'est une un transfert massif de fonds publics vers les industries culturelles ou est passé l'artiste dans tout ça où est passé la surprise esthétique aussi que créer l'art et puis quand quand voilà on a une extrême droite qui pense quelque part que les arts sont au service d'un roman univoque d'un récit univoque sur l'identité et que la culture est une une assignation en fait à des racines à quelque chose d'ancien et de dépassé peut-être que c'est vraiment l'antithèse même de ce que l'art crée comme comme surprise et autres façons peut-être on laborat aura aussi autre façon de traiter l'artiste c'est peut-être de lui demander dans un moment où la société dans une situation totalement explosive totalement explosive au moment où on a supprimé progressivement les travailleurs sociaux les services publics tout ce qui faisait tenir au moment où on a mis les quartiers populaires à bout de souffle de demander aux artistes être ceux qui calment le jeu quoi un peu comme on a dit aussi aux mamans des quartiers populaires appelez vos gosses au calme et gardez-les à la maison et on a aussi des artistes qui ont eu des expressions récemment pour dire non non nous on est des artistes des quartiers populaires mais on prendra pas ce rôle là donc c'est à tout ça que je voudrais qu'on réfléchisse ensemble je vais dans un premier temps inviter vous inviter à faire un constat alors je pense je reprends l'ordre qu'on avait dit mais il me semblait qu'on commençait par Joris Mathieu pour qu'il nous raconte tout ce qui s'est passé on aura et puis merci merci bon beaucoup de beaucoup de sujets en un et donc là effectivement je vais je vais essayer de me centrer même si en écoutant sur cette introduction ça donne envie de réagir sur beaucoup de beaucoup beaucoup de points et en particulier celui-ci celui-ci qu'on abordera peut-être dans la deuxième partie de notre de notre rencontre mais qui est cette question de la de la bataille des imaginaires et la bataille des récits qui en fait semblent être un peu au cœur de tout d'après ce que je ressens constate à mon niveau et avec une une ambiguïté une absence de définition de partage des rôles et des tâches entre parfois entre le politique et l'artiste et avec parfois des injonctions extrêmement contradictoires qui peuvent qui peuvent exister et des attentes qui ne sont pas celles que l'on devrait placer sur les artistes de la part du du politique par ailleurs alors évidemment je vais me centrer quelques instants sur la situation en Auvergne Rhône-Alpes oui le théâtre nouvelle génération a été sanctionné en se voyant retirer l'intégralité de ces subventions par l'exécutif régional et simplement pour le resituer cette sanction dans un premier temps elle est moins liée je dirais au projet de la structure moins liée même à l'orientation que je peux donner moi à ce projet mais plus directement représailles de d'une liberté de parole syndicale puisque en tant que membre du bureau national du syndéac un des syndicats représentatifs de la profession après plus d'un an de très très grandes [Musique] conflictualité avec la région par l'ensemble des professionnels avec l'ensemble des professionnels du secteur j'ai sorti un une analyse dénonçant la culture de la peur qui gouvernait en Auvergne Rhône-Alpes et qui entre autres et c'est quelque chose finalement qui a été peu relevé formuler l'hypothèse qu'au-delà de la culture c'était quelque chose de beaucoup plus vaste auquel s'attaquait le président de région et que la culture était un territoire d'expérimentation pour lui de la recherche d'autonomie de son pouvoir et de l'expression de son autorité dans il pouvait se servir de la culture pour voir jusqu'à quel point il pouvait avancer en solos sans concertation avec les autres collectivités que ce soit l'état que ce soit les municipalités et finalement on voit bien que rien ne résiste à ça il y a rien qui arrive à faire barrage oui on peut on peut voir des réactions apparaître il peut y avoir des préoccupations énoncées même par la ministre qui est allée quand même assez loin sur ce sujet là on qualifiant de néo-populisme cette cette exécutif mais il n'empêche que la culture pour revenir à notre sujet c'est pourquoi des tests t-il la culture je ne suis pas sûr que les prémices de son action soit un combat contre la culture mais plutôt un questionnement plus large de comment faire vaciller les institutions aujourd'hui parce qu'en créant le désordre il pourrait renforcer sa carrure autoritaire et incarner ce qu'il prétend ou entend peut-être que les gens attendent dans ce pays c'est à dire des figures capables d'incarner l'autorité et de rétablir l'ordre dans un espace politique et social ou tout foutrait le camp voilà la culture devient alors un symptôme d'autre chose mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas une vision par ailleurs portée sur la culture par cette exécutif donc ça c'est un premier point ce qui est assez s'empressant en ce qui concerne le TNG c'est que cette sanction elle a été assumée comme étant lié à une liberté de parole syndicale l'expression d'une critique politique c'est inédit que ce soit formulé c'est pas inédit que ça se pratique entendons bien la nuance d'autres organisations associations structures culturelles de ce territoire ont été victimes de coups pour des raisons également politiques mais ça n'a pas été avancé comme un motif ce qui nous conduira d'ailleurs et peut-être j'aurai l'occasion d'en parler mais à ce que le ce qui se passe avec le théâtre avec le théâtre nouvelle génération et j'insiste là dessus on en a beaucoup parlé mais ça ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt c'est simplement ce qui se passe avec le TNG va nous permettre peut-être d'aller sur le terrain juridique pour aller faire reconnaître le non-respect du droit en matière de subvention publique puisque il est très clair que on ne peut pas refuser l'accès à la subvention pour des questions de positionnement idéologique ou syndic ou syndicaux donc ça c'est ma parenthèse après sur les éléments de constat que je voudrais partager avec vous et en essayant pas monopoliser trop la parole beaucoup de choses ont été dites oui évidemment il y a une question idéologique du côté de la région c'est une volonté d'utiliser la culture comme outil de communication davantage que comme espace de soutien à la création artistique et à la liberté à la libre création finalement ce que fait évoquer c'est que il retire progressivement ses billes de certaines structures parfois un en ciblant certaines qu'il considère particulièrement [Musique] en désaccord avec sa politique mais globalement ce qu'il fait c'est qu'il retire de l'argent dans certaines structures en prétendant le réfléchi ou en tout cas concentrer ses moyens sur des événements dont ils pourraient davantage revendiquer la propriété ce qui l'intéresse pas Laurent Wauquiez en tant que président de région c'est d'être dans le co-financement parce que le co-financement ne permet pas de venir placer une plaque et un logo pour dire c'est moi qui l'ai fait même s'il se permet de le faire puisque même en finançant lorsque le TNG était encore financé à hauteur de 6% par la région on nous obligeait à placer une plaque avec le fameux logo de la région mais finalement ce qui l'intéresse c'est plutôt d'aller cibler des événements des choses dont il pourrait être à l'origine pour avoir la reconnaissance alors vous parlez de gratitude de reconnaissance c'est ce qu'ils vise la reconnaissance l'affichage que les investissements d'une collectivité sont ces investissements à lui et que donc les populations qui bénéficient de ces investissements lui doivent reconnaissances la conséquence de tout ça est ce qui est le plus grave c'est ce constat qu'on peut faire de l'explosion et ça pas seulement à l'échelle régionale mais beaucoup plus largement de cette histoire de la co-construction des politiques culturelles et de leur confinement parce que historiquement elle se fondent là-dessus un accord tacite entre des collectivités qui ne sont pas forcément dirigées par des couleurs politiques compatibles mais qui s'accordent pour sanctuariser cet espace comme un espace de de comment dire co-construit qui sanctuarise la liberté de création et ça c'est en train de voler en éclat ça a été facilité par certains certaines évolutions certaines qui sont d'ordre politique on a vu que dans d'autres cas la loi séparatiste permettait l'intrusion plus fort du ministère de l'Intérieur dans des décisions qui devraient relever du champ culturel on le voit aussi avec l'émergence de charte de laïcité de citoyenneté qui fleurissent en France et qui donc laisse penser que finalement la loi ne serait pas assez bien fondé à arbitrer ce qui reste dans le champ du légal et ce qui ne l'est pas et tout ça nous amène à une situation que je trouve particulièrement préoccupante où tous les amalgames sont possibles ou un flou généralisé règne et au final ce qui est très inquiétant c'est qu'on renvoie dos à dos des pratiques qui sont réactionnaires qui veulent rétablir l'ordre moral qui sont de l'ordre de la censure on a évoqué les annulations de concert du fait de groupuscules type Civitas et autres mais on le renvoie d'eau à d'autres dans un certain champ politique avec des expressions de mouvement militants souvent qui essayent de faire entendre la voix de parole minoritaires qui parfois utilise des modes d'expression oui un peu fort mais qui en aucune manière ne peuvent être mis sur un plan d'égalité avec ses paroles réactionnaires militer faire entendre sa voix pour accompagner une évolution progressiste de la société ne peut pas être mis dans le même panier que ceux qui prônent un retour à l'ordre moral et c'est ce champ là à mon avis sur lequel on doit travailler et sur lequel on doit vraiment avoir un examen lucide aussi nous-même dans nos pratiques dans la manière dont on entretient nos relations dont on fabrique le dialogue avec le champ politique large pour que du des contours se remettent là où un certain flou s'est installé qui a un danger imminent pour l'équilibre de notre société merci beaucoup merci beaucoup je donne la parole à Axel Robert qui va nous reparler peut-être de voilà de cet épisode Justine Triet et de l'analyse que la SRF en fait alors bonjour tout le monde pour ceux qui connaissent pas la SRF la SRF c'est la société des réalisatrices et réalisateurs de films qui a été créé en 68 c'est pas du tout un hasard elle a été créée en opposition avec le cinéma français de l'époque qui était extrêmement sclérosée codifié conservateur et qui était un peu la courroie de transmission de l'État et face à cet état de fête la SRF a été créé voilà c'était il y avait beaucoup d'hommes au début quasiment aucune femme et maintenant on est assez fier parce que je pense qu'on est une des rares associations d'envergure avec 60% de femmes au poste de commande voilà ce qui est pas très très fréquent dans les associations d'envergure alors la SRF c'est c'est notre souci principal c'est le cinéma euh c'est pas du tout hein c'est pas du tout un syndicat voilà c'est une ligne Corporation on travaille très peu sur les questions de conditions de travail de salaire etc notre grand combat c'est de défendre une certaine idée du cinéma et cette idée du cinéma comme vous pouvez l'imaginer c'est le cinéma plutôt de la race voilà c'est-à-dire c'est un cinéma qui est fondé sur l'idée que le cinéma c'est une personne et cette personne c'est un artiste et que cet artiste doit avoir toute l'attitude possible pour faire le film tel que il l'a conçu dans sa tête voilà il n'empêche que et c'est là où le le cinéma est vraiment une pratique particulière qui est pas tout à fait la même que celle de la littérature ou que celle du théâtre le cinéma pour reprendre la formule célèbre de André Malraux c'est à la fois l'art un art et une industrie c'est-à-dire qu'on a constamment de jambes qui dans deux mares excusez-moi l'image est pas très élégante mais totalement antagoniste mais elle est très mais elle est d'actualité il y a la marre de l'art du côté du pied gauche et il y a la marre de l'argent du côté droit alors dit comme ça ça paraît affreux en fait c'est ultra passionnant voilà c'est très très passionnant que de devoir constamment se coltiner la combinaison de projets artistiques et de questions d'argent de d'idées personnelles et de rentabilité de construction de choses un peu folles et de nécessité de convaincre des gens qui en ont rien à [ __ ] et des choses un peu folles voilà personnellement je trouve que cette combinaison d'art et d'argent est absolument passionnante extrêmement violente mais extrêmement passionnante et pour rien au monde je n'échangerai mon métier contre contre un autre voilà pour pour cette introduction donc on a on a vraiment un point de vue vraiment particulier sur ce qui se passe en ce moment parce que on est à la fois dans dans l'idée la plus pure de l'art et en même temps on est dans le marigot très violent qui se qui se déplace en ce moment pour répondre à peu à tout ce qui s'est dit c'est deux dernières années on a vraiment deux champs d'action qui se sont déployés voilà et de façon pas du tout hasardeuse le premier c'est vraiment la dégradation du respect due à la culture voilà alors faire respecter la culture sa toujours été un combat voilà c'est un combat depuis toujours et j'ai envie de dire ça fait partie du baba voilà de de toute association culturelle et nous on a constaté que depuis deux trois ans avec la crise covid qui de manière extrêmement cynique il y a eu un effet d'aubaine en fait assez sidérant pour pour attaquer la culture avec l'arrivée du gouvernement Macron mais pas que le gouvernement Macron et c'est pour ça que nous on fait très attention à ne pas faire de Macron le totem de la dégradation actuelle et on pense en fait que c'est une dégradation qui remonte à 20 ans voilà à peu près à une vingtaine d'années et qui a sans doute d'ailleurs avoir avec la dégradation de la gauche mainstream donc une dégradation de l'idée de la culture et une montée en puissance de l'extrême droite [Musique] de propos un peu narquois un peu graveleux un peu dégradant c'est à dire avant on avait on devait affronter la violence dans un interlocuteurs qui ne voulait pas nous céder un euro de plus mais d'une certaine façon il y avait un respect voilà de part et d'autre et ce respect en fait on sent qu'il est en train de fondre comme neige au soleil et que on est de plus en plus considéré un peu comme des Guignols voilà alors des Guignols un peu sympathiques romantiques mais un peu des Guignols pour exemple le plus frappant je citerai vraiment une visite qu'on a faite l'année dernière on a on a fait un peu la tournée comme ça du Parlement et notamment des représentants au Sénat des représentants de la finance et de la culture ça c'est très très bien passé avec la commission culture du Sénat très très mal avec la commission des finances du Sénat qui est pourtant représenté par Roger caoutchi je n'ai aucun problème à citer son nom parce que cet homme nous a tellement mal reçu que il n'a même pas droit à la diplomatie la plus élémentaire Roger caroutchi qui est quand même un représentant du gaullisme et le gaullisme a quand même traditionnellement une espèce de de respect pour la culture alors c'est pas tout à fait peut-être notre culture mais en tout cas un respect pour pour la culture Roger garroute karucci quand même vieux de la vieille qui se réclame de gaullistes et du gaullisme etc nous a reçu en ricanant littéralement pendant deux heures en nous faisant comprendre d'emblée que aucune des propositions que nous faisions ne seraient même noté sur son carnet et qu'on avait et qu'on ferait mieux de s'interroger sur la gagie absolue qui était le monde de la culture et ça le fait qu'à représentant qu'un vieux représentant du gaullisme traditionnel respectueux de la culture nous reçoivent avec une telle narcosie avec quelque chose d'aussi narquois et aussi frontal bon déjà ça nous a vraiment beaucoup beaucoup choqué d'ailleurs il a sorti un rapport absolument désastreux sur la culture mais ça nous a alerté sur le fait que la culture n'était plus cette espèce de totem qui était respectée qui faisait des envieux mais qui étaient respectés tant bien que mal voilà je dirais que par exemple même à l'extrême droite les choses ont changé Jean-Marie Le Pen par exemple qui quelqu'un évidemment que je méprise à 200% très bizarrement et là je les constater en lisant les mémoires de Claude Chabrol qui sont assez passionnantes Jean-Marie Le Pen était quelqu'un en fait de très cultivé je lui dis était il est pas mort mais voilà mais je parle comme une vidéo au passé c'était quelqu'un de très cultivé qui adorait le cinéma américain qui adorait Balzac qui adorait Simon et qui pour qui la culture n'était pas du tout une obsession il s'en foutait comme de l'an 40 ce qu'on constate maintenant avec les descendants de Jean-Marie Le Pen avec lequel nous a la SRF on a décidé de ne pas du tout converser c'est que la culture n'est même plus un objet de respect dont on ne s'occupe pas la culture ça n'existe pas en fait ça n'existe plus et c'est un objet de détestation absolument viscérale et un peu et un peu irrationnel voilà donc on s'est un peu posé cette question à la SRF pourquoi cette dégradation de l'idée de culture d'une manière générale qui pour nous n'est vraiment pas à projeter sur le seul totem Emmanuel Macron alors je crois que le paysage culturel est très défavorable d'une manière générale à la notion de culture notamment pour le cinéma j'ai pas vous faire tout le topo mais par exemple l'arrivée des plateformes j'imagine que vous regardez les plateformes et que vous regardez beaucoup les séries est-ce que dans la salle quelqu'un peut me donner le nom d'un auteur de série citez-moi le nom d'un auteur de série c'est un cinéaste l'auteur vraiment de quelqu'un qui ne ferait que de la série que vous admirez voilà c'est David c'est David Simon par ailleurs vous voyez vous me connaissez même pas son prénom et sinon si je vous posez la question citez-moi des noms de cinéastes tous vous pourriez lever la main et me répondre dit non cinéaste et ça ce phénomène en fait il est hyper hyper comment dire pertinent et instructif ça veut dire que le nouveau monde de la culture il y a des choses passionnantes qui se passent dans le monde de la série et dans le monde de la plateforme en fait le nouveau monde de la culture ce n'est plus le monde des artistes des noms propres et des personnes c'est le nom de produit collectifs qui peuvent être passionnants comme la série mais qui sont fait de manière collective et floues et qui ne représentent plus une personne un nom qu'on pouvait suivre et identifier pendant 20 ans et c'est la politique des auteurs au sens très large en fait elle est morte voilà en 2023 elle était morte cette politique des auteurs qui faisait que chaque année cette politique des auteurs qui faisait que chaque année on allait voir le dernier Woody Allen le dernier Moretti le dernier pied à la je sais pas moi le dernier Claude sautais le dernier desplechards le dernier assias elle est en train de mourir et que maintenant la culture ce sont des produits anonymes qui peuvent être de très très grande qualité moi j'adore la série mais qui ne sont plus du tout comment dire projetables sur une personne et un artiste et en fait ce changement de paradigme peut-être qu'il vous paraît complètement secondaire mais en fait il est très significatif sur le fait que la culture dans l'idée que la culture c'est les manations d'une personne qui a une idée singulière et un rapport singulier au monde c'est quelque chose qui est en train de disparaître complètement merci beaucoup j'ai peut-être un second tour et que surtout je voudrais pas quand c'est talent beaucoup sur le constat un petit peu déprimant on est plus de temps pour parler des perspectives à toi bonjour tout le monde alors moi je vais je vais amener un regard radicalement différent ce que je voudrais parler du un particulièrement du travail je sais pas si vous savez le thé de CGT en fait c'est travail et donc vous allez me dire quel rapport entre le entre le travail et les artistes [Musique] [Musique] pour pour vendre des fournisseurs d'énergie qu'on a déjà etc ça c'est des tâches valorisées par la société capitaliste les tâches artistiques ne sont assez peu ne sont pas valorisés d'autant qu'elles sont de l'ordre du plaisir qui lui-même est assez peu valorisé il y a quand même un paradoxe là dedans qui est que les artistes qui réussissent à condition qu'il n'abuse pas de leur liberté d'expression la liberté de parole que ça leur donne ils sont assez valorisés ils sont parce que ça ça permet de conférer ça permet de donner des modèles en fait de et de d'entretenir le mythe du croyez en vos rêves quand on veut on peut etc voilà Johnny il a cru en ses rêves et c'est comme ça qu'il est devenu Johnny donc vas-y toi aussi croit en tes rêves et va bosser au McDo et comme ça tu vas devenir Johnny aussi et du coup ça ce truc c'est important en fait d'avoir ces espoirs ces trucs là parce que ça ça permet d'accepter plus facile plus facilement la liénation par le travail alors je disais que ça concerne uniquement les artistes qui je disais qui n'abusent pas de leur liberté d'expression la liberté de parole que ça leur confère par exemple ou alors qu'il y en abuse dans le bon sens dans le bon sens au sens au sens dominant du terme par exemple Michel Sardou et extrêmement valorisé Renaud est valorisé aujourd'hui il n'était pas il y a 40 ans par exemple donc voilà vous savez ce qui vous reste à faire vous embrasser un flic c'est bon vous êtes vous passez de bon côté par contre Médine ça marche pas trop vous voyez on l'a vu et donc il y a quand même la question de la liberté de parole et de ce qu'on en fait mais c'est pas uniquement la liberté de parole des fois c'est juste uniquement le symbole de ce qu'on est là on a un exemple assez récent assez frappant avec Bilal Hassani Bilal Hassani en fait c'est pas tellement ce qu'il dit je sais pas si vous quelqu'un s'intéresse vraiment à ce que à la parole de Bilal Hassani par contre il a une figure il a un visage qui qui coche un peu toutes les cases il est pas blanc il est pas hétérosexuel il correspond pas aux normes du genre donc ça fait une quand cette figure là est exposée et profite d'un rayonnement médiatique de part sa condition artistique ça ne plaît pas ça plaît particulièrement pas à l'extrême droite qui est elle est par nature homophobe raciste transphobe et j'en passe et du coup qui va se battre pour éviter que des figures comme ça soient exposées et qui tu l'as dit tout à l'heure dans ton introduction Sarah en ce moment elle y arrive elle par à faire interdire donc à Metz c'était un concert de Bilal Hassani dans une ancienne basilique qui a été qui a été annulé donc l'extrême droite elle mène cette guerre c'est une guerre idéologique en fait pour essayer de montrer un certain visage de la société avec un ordre moral et nous on l'amène aussi en fait cette guerre idéologique et je pense qu'il faut assumer de la il faut assumer de la monnaie avec nos valeurs c'est-à-dire de lutter contre contre le racisme contre la contre l'apologie de du viol contre l'apologie de l'antisémitisme etc moi je pense qu'on peut quand on parvient à faire annuler le concert d'un rapport d'extrême droite à Grenoble c'est plutôt une victoire dans ce goût là plutôt qu'une défaite de la liberté d'expression il faut faut se dire les choses et que toutes les paroles se valent pas et qu'on a aussi des on doit mener en fait cette cette guerre culturelle et l'assumer pour l'instant on est un peu en train de la perdre on est en train de la perdre parce que bah c'est pas uniquement l'extrême droite qui l'amène derrière si les annulations sont possibles tu l'as dit aussi il y a le silence relatif du gouvernement à part les c'est pas très bien quand même franchement annuler le spectacle je suis désolé je suis pas je suis contre mais derrière ça en réalité Macron n'est jamais monté au créneau contre les annulations de spectacle et donc il y a plutôt un silence qu'on peut qu'on peut considérer comme assez complice en réalité toute la clique qui va de Macron Wauquiez à deux Villiers à toute la fashosphère et dans la même logique dans la même logique de guerre idéologique avec pour certains bon je ramène une petite survie mais un côté aussi mépris de classe de la classe artistique évoquée quand il est arrivé en 2016 il a dit qu'il voulait quand il arrivait à la tête de la région on vient de Rhône-Alpes il a dit qu'il voulait supprimer les les formations fantaisistes comme celles des clowns et des marionnettes c'est un petit peu comme ça qu'il est arrivé dans le champ culturel dans notre région bon donc timetrique classe mais aussi ces gens-là veulent contrôler votre contrôler l'image et et Macron en particulier Macron qui qui se met énormément en fait Macron c'est un peu le premier acteur de France voir le premier mannequin de France c'est qu'avoir ces campagnes de photos les vidéos qui publient etc tout est extrêmement scénarisé c'est quelqu'un qui a une conscience très très forte du pouvoir justement du spectacle sur les consciences et qui en jouent et derrière ça donne une en fait du coup non ça permet de voir ensuite qu'est-ce qu'on quand on regarde qu'est-ce qu'on autorise qu'est-ce qu'on interdit qu'est-ce qu'on encourage auprès des artistes ça permet un petit peu de voir où on en est donc on voit donc quand on interdit à Justine trier de critiquer la main qui qui soit disant le nourrit alors qu'effectivement c'est le le cinéma n'est pas financé par le par l'argent public mais par l'argent du cinéma et de la télé c'est déjà une erreur un peu mais bon c'est on te permet de faire des films donc quand même tu vas pas nous critiquer ça va pas ça vaut pareil pour easy Higelin ou pour Médine ou pour Joris voilà c'est le donc et en fait s'installe une logique de de courtisannerie qui est quand même qui est quand même extrêmement malsaine où il faudrait que les artistes ou toutes les personnes un petit peu médiatique à y prêter allé au gouvernants et même cette logique elle s'insinue au sein même du milieu artistique où Juliette Armanet doit prêter allégeance à Michel Sardou en y revient encore à Sardou je suis désolé mais voilà ce qui alors bon là-dessus il y a aussi un je pense un billet patriarcal mais quand même ça me fait dire aussi qu'on a on a un petit regard introspectif amener sur ce qui se passe dans notre propre milieu et à faire un peu plus corps face à cette à cette vision globale de la société qui est qui contribue à nous diviser je m'arrête là [Applaudissements] merci pour pour l'invitation beaucoup de choses ont été dites donc je vais essayer de pas les redire ou de les dire différemment le on a six effectivement à une on est dans une nouvelle séquence elle date peut-être d'y à 20 ans effectivement je vais essayer de d'en dire deux mots avec des choses qui sont plus ou moins nouvelles il y a des choses qu'on connaît historiquement depuis très longtemps à savoir les abcès de les accès fureur de l'extrême droite de petit groupe fascistes qui s'en prennent à des spectacles à des artistes ça c'est récurrent ce qui est très différent aujourd'hui c'est qu'ils sont en face ascendante en face offensive et que c'est eux qui donnent une partie du la médiatique et on l'a vu et vous l'avez vécu ici avec Médine et on voit bien que le l'état du rapport de force n'est pas tout à fait le même mais des petits groupes fascistes qui s'en prennent des artistes on connaît ça depuis très très longtemps encore une fois c'est des prurites ça revient et effectivement faut absolument pas lâcher cette bagarre là effectivement une Puy du fouillisation de la culture mais autrement je pense qu'il y a aussi deux autres raisons d'abord pour pour des gens comme ça la culture est un marqueur symboliquement fort ça a été dit effectivement les artistes ont véhicule une image scandaleuse de gens qui sont payés à rien faire qui vivent de l'argent public qui peuvent s'amuser pendant que des gens se lèvent tôt le matin etc etc bon il y a tout il y a tout un ensemble d'archétypes et de stéréotypes sur lequel s'appuie invoquer entre le monde du travail et le monde des artistes qui lui permet de jouer symboliquement de cette de cette opposition et puis je pense que Wauquiez ça fait aussi que la résistance ne lui ferait pas peur la résistance du monde artistique et culturel même si l'imaginait pas qu'elle serait ce qu'elle a été et le travail de Joris ça a été absolument déterminant dans cette bagarre là je pense que le enfin ils savent bien que le monde culturel quand il résiste ça fait pas beaucoup d'effets et on a bien vu que même quand le monde du travail manifeste très très majoritairement quand sur les retraites ça fait pas beaucoup d'effets non plus pour le pouvoir donc on assiste et cette droite là donc disons qu'elle est uniquement cyniquement anticultures en tout cas elle fait de la culture une part de sa bataille de sa bagarre il faut juste se dire quand même que cette droite là elle a déteint sur une partie de la gauche et que les attaques contre le monde culturel Wauquiez l'assume avec un certain panache on va dire le panache de sa de sa droite à lui mais on la trouve dans beaucoup de régions aujourd'hui de manière beaucoup plus insidieuse et on la trouve dans un certain nombre de municipalités et à ce titre il faut aussi qu'on regarde ce qui se passe dans la gauche hors partie socialiste et je pense qu'il faudra un jour faire le bilan sévère et strict de ce qui a été le premier mandat municipal d'Éric piolles à Grenoble et ils attaques qui ont été menées aussi contre le monde artistique à Grenoble donc on a comme ça quelque chose qui qui a pris à son tour une partie de la gauche et puis on a le macroniste et on a la macronie alors ça a toujours été des rapports compliqués entre le l'art la culture et l'État de fait c'est des rapports de tension c'est des rapports de rapports de force il y a toujours eu des censures insidieuses par l'économie c'est à dire des incapacités à produire et on sait bien qu'il y a aujourd'hui un certain nombre de spectacles qui n'ont pas lieu qui ne peuvent pas avoir lieu qui ne peuvent pas se créer ou dans des conditions de telles précarité que ça aussi c'est une censure la censure économique c'est aussi une attaque contre la liberté de création qui est moins spectaculaire qui est moins bon et moi je pense qu'on va assister dans les mois qui viennent par ailleurs à un plan social qui ne dit pas son nom avec un certain nombre de d'artistes qui vont perdre leur droit à l'assurance à l'assurance chômage mais on pourra y revenir mais donc on a la macronie et on réfléchissant à la question je pense que la macronie ne déteste pas les artistes comme beaucoup de bourgeois elle adore avoir des artistes à sa table voire même comme beaucoup de bourgeois néolibéraux elle adore les artistes qui s'en sortent parce que c'est la logique concurrentielle et tout lui va bien ce que la macronie déteste c'est le service public de la culture ce qui ce qui lui paraît absolument insupportable c'est qu'il y ait de l'argent public qui soit donné pour le milieu culturel ou pour les artistes et là on voit bien qu'il y a un certain nombre d'attaques extrêmement forte contre le service public de la culture c'est vraiment la logique on va dire là encore une fois chimiquement pure du du néolibéralisme ça marche comme pour tous les services publics ça marche par une période de disqualification extrêmement forte des limites du service public on l'a vécu dans l'université on l'a vécu dans l'éducation nationale et là je dirais effectivement ça date d'il y a quelques décennies ça date me semble-t-il je fais une proposition de date et puis on pourra la discuter ça ça date de Sarkozy et Hollande comme là comme ailleurs n'a rien changé à la situation mais ça date de Sarkozy de la lettre de mission que Sarkozy écrit à Christine Albanel qui est sa nouvelle ministre dans laquelle Sarkozy dit l'échec de la démocratisation culturelle et tout le monde s'est emparé de l'échec de la démocratisation culturelle sans discuter ce qu'on entendait par échec de la démocratisation on a fait le même coup aux travailleurs sociaux on a fait le même coup à l'éducation nationale on a fait le même coup à la SNCF c'est-à-dire prendre acte des limites que rencontre les services publics pour les détruire et depuis une vingtaine d'années une quinzaine d'années la elle-même s'est mis à radoter ce discours sur la disquette de disqualification du service public de la culture à venir dire oui oui nous avons échoué je pense qu'il y a une grande satisfaction à l'auto culpabilité dans les meilleurs artistiques et dans les milieux culturels on adore ce flageller et dans les milieux de gauche au lieu pour le coup de mener une politique vert véritablement offensive et de regarder ce que fait le service public de la culture avec les moyens qui sont les siens aujourd'hui ça veut pas du tout dire que tout est parfait qu'il faut pas demander plus qu'il faut pas faire plus ou on voit bien émerger un certain nombre de nouvelles questions extrêmement forte et juste à l'intérieur du service public mais il n'est pas vrai cette question de l'échec aujourd'hui fait partie certainement des choses qui qui portent atteinte à la possibilité de notre combat offensif dernière chose et je m'arrête donc le le je crois que le néolibéralisme qu'il déteste enfin Macron et la macronie ce qu'elle déteste c'est le service public de la culture mais plus profondément et peut-être plutôt d'anciennement si on arrête de se de se focaliser sur Macron qui est un petit personnage en fait et qui passera même si ce qu'il est en train de faire crée des choses qui vont être difficilement réversibles plus profondément je crois que le néolibéralisme c'est pas un cache sexe pour pas parler de capitalisme c'est une des périodes du capitalisme je crois que fondamentalement le néolibéralisme c'est pas tant les artistes qu'ils détestent mais c'est l'art c'est l'art en tant que c'est potentiels allemands une exception alors ça veut pas du tout dire que l'art s'accepte du régime de la marchandise complètement évidemment que pris dans un régime capital ça à avoir ses prix dans ces contradictions là contradictions industrielles contradiction de consommation mais il n'empêche qu'il y a quelque chose qui se joue dans l'art qui n'est pas un produit tout à fait comme les autres et notamment par le rapport au travail qu'il sous-tend et effectivement l'artiste est un travailleur une travailleuse comme les autres c'est-à-dire soumis aussi à l'extorsion de la plus-value et en même temps témoigne d'un rapport possiblement différent à la production et je crois que fondamentalement le néolibéralisme déteste l'art et par là évidemment celles et ceux qui fabriquent ou qui produisent l'art et il ne les aime que comme animateur ou animatrice socio et je précise bien que je n'ai absolument évidemment aucun mépris pour les animateurs les amis mais c'est justement parce que c'est un métier avec un certain type de savoir qu'on peut pas demander aux artistes de les remplacer comme ça au pied levé et c'est tout à fait intéressant de regarder comment le néolibéralisme au même moment où il détruisait le travail social demander aux artistes de venir remplacer devenir les remplacer ou même moment où il détruisait l'éducation nationale demandez aux artistes de venir faire ce travail-là et encore une fois il s'agit pas de concurrencer les choses chacun a des savoirs particuliers donc il ne supporte ou une adhère aux artistes que quand ils viennent faire en gros le travail de réparation des dégâts qu'il accomplit parce qu'il en comprend l'utilité néolibéralisme ne comprend pas quoi ça sert ou alors il ne les supporte qu'en tant que grande star bleu bien plus bien souvent d'ailleurs à ses ordres et je m'arrête là merci beaucoup pour ces analyses passionnante et ce panorama qui n'est pas non plus forcément très réjouissant mais qui est aussi doit donne nous servir à penser la suite quoi et à penser les les perspectives à penser ce qu'on a à rétorquer ce qu'on a à construire comme type d'alliance donc peut-être une question peut-être rentrer dans une deuxième phase plus à la fois propositionnelle mais pas seulement en termes programmatique mais en termes stratégique quoi d'ailleurs vous remarquerez qu'on a différents arts représentés autour de la table donc ça peut être aussi une question entre les différents arts même parfois les différentes industries culturelles aussi mais plus largement au-delà d'un front des artistes il y a est-ce que plus largement parce qu'on a analysé ce rapport entre la question de l'art et celle du travail est-ce que le capitalisme le néolibéralisme fait à l'art et ce qu'il fait au travail et puis et puis plus largement la question de la démocratie ce qui est en train de se jouer dans une dans une une crise et c'est des choses que tu que tu dis Olivier dans ta façon de parler du théâtre politique dire bah souvent en fait la crise le théâtre politique c'est quand même souvent la traduction d'un certain asséchement du politique et un certain assèchement de l'art en fait de cette façon de cette façon de mettre ensemble l'art et la politique peut être en fait peut traduire une dépolitisation du politique une cosmétisation de l'art et alors comment nous on peut à l'inverse dire bah là il y a peut-être quelque chose de politique à faire une résistance politique à opérer des des un avenir politique à un avenir à tracer aussi quand je dis politique ça veut pas dire politicien mais une vision de société à apporter donc c'est à ça que j'ai envie de vous inviter à réfléchir dans cette deuxième séquence je regarde le temps on a joyeusement allègrement péter le TIM ING mais bon ça c'est c'est pas surprenant c'est pas c'est pas la première conférence où ça arrive donc je propose qu'on fasse peut-être donc des prises de parole plus courtes on a commencé ouais on a il nous reste combien qu'on sache un peu là en fait c'est juste pour permettre après ce qui est des questions de la salle et par contre on demandera vraiment soit des des questions bien adressées et tout pour qu'ils puissent avoir des réponses rapides est-ce qu'on refait dans le même ordre peut-être la question des perspectives donc oui bah ça c'est quand même cette notion de perspective c'est assez marrant je fais une assise mais pour revenir à cette question de la relation entre le politique et l'artistique on a vu apparaître ces derniers temps une un affichage politique de la conscience qu'il y aurait à offrir des perspectives aux citoyens je vais on le voit avec le la façon dont les parties on changeait le nom Renaissance horizon ouais je vais aller un autre monde est possible c'est des types de slogans donc il faut être dans la promesse de perspective et de changement mais le problème c'est que ce changement est cette transformation dans cette période de flou et de et de violence qu'on traverse on doit réussir à trouver les modalités de sa fabrication et des temporalités de sa fabrication aujourd'hui qu'est-ce qui se passe au niveau de la culture on a une perspective à long terme Olivier a parlé de service public je crois que c'est très important de rentrer dans le détail de cette question là et aussi d'être dans une forme d'autocritique de comment nous là je m'inclus nommé temporairement à des postes et à des missions de direction de structure de service public de la culture comment on arrive réellement à l'incarner ce service public de la culture parce que si on n'arrive pas concrètement à sans se battre la Culp mais en donner une lisibilité alors on ouvre la brèche à la grande facilité qui a le démantelé je vais donner quelques exemples mais moi ce qui ce qui me frappe depuis maintenant 8 ans que je dirige un Sandra matmatic national si je me situe à l'échelle d'une ville et d'une métropole comme celle de Lyon c'est que finalement toutes ces questions de démarches concurrentielle de commercialisation de notre travail se retrouve quand même mis en récit par des choses très simples le fait que alors qu'on un ensemble de structures lyonnaises et censée travailler ensemble à un projet commun qui est celui d'un service public de l'art et de la culture sur un territoire avec des particularismes qui sont des identités esthétiques à des formes de récit particulier des pratiques artistiques et des modes d'expression qui sont différents on en fait communication individuellement dans un champ de compétition de compétitif avec l'édition de plaquettes individuelles avec jamais rien qui ne crée la mise en relation avec les événements qui sont construits ici et là et finalement on s'affaiblit mutuellement parce que on est en concurrence sur un endroit où on doit travailler en convergence la problématique elle est complexe qui organise la convergence de ces institutions individualisées évidemment je vais pas dire que j'attendrai du politique qui l'organise cette cette coopération mais par contre il y a des modalités de travail et sans doute à réinventer qu'est-ce qui nous pose problème aujourd'hui c'est que l'injonction au changement elle est partout et c'est le leitmotiv d'ailleurs du macronisme et du néolibéralisme en général qui fasse aux crises que traverse une société ou une civilisation même vente les mérites de la mutation qui n'est qu'en fait une une adaptation du précédent donc on est victime de ces injonctions contradictoires on doit muter mais comme on n'a pas les moyens réellement de muter et que la mutation qu'on nous invite à faire ne va pas forcément dans le sens qui serait celle de la réinvention ou de la mise à jour je dirais de ce que devrait représenter l'institution d'un service public de l'arrêt de la culture alors finalement on est que dans la reproduction un peu à l'identique de ce qui se pratiquait auparavant parce qu'on se donne jamais le temps de la pensée et de la construction autrement or je pense qu'on a pas le choix c'est-à-dire qu'il va évidemment falloir repenser autrement les choses bien sûr placer la parole de l'artiste le langage au centre de nos projets c'est l'essence même de de nos métiers mais si on n'arrive pas à réenclencher quelque chose qui permette aux habitants aux habitants de considérer que les lieux qu'il fréquentent sont des lieux publics qui appartiennent à toutes et à tous alors cette brèche là de pour d'évoquer qui consiste à se servir de cette chose là pour dire c'est la France rurale contre la France des élites c'est la bien-pensance contre le pragmatisme c'est l'entre-soi contre l'intérêt général alors voilà et je pense qu'on peut passer émanciper en fait de cette réflexion et de cette problématique par des signaux et des indices qui nous invitent à travailler autrement et ça rejoint la question du travail ça rejoint la question de comment continuer à vivre de nos métiers dans un modèle où il y a l'injonction un au changement qui est de comme les financements ce tarissent on va se servir de la nécessité de la mutation écologique et environnementale pour justifier la nécessité de comment va le nommer aujourd'hui le gouvernement mieux produire mieux diffuser mais que couvre ce mieux produire mieux diffuser si le mieux produire mieux diffuser n'est pas accompagné d'un réinvestissement massif qui permet de repenser l'emploi alors il y a pas de possibilités d'être décroissant dans le le mode de production parce que finalement il en va de la survie des actifs c'est ce que tu évoquais Olivier avec cette perspective de de plan social qui ne dit pas son nom on doit être extrêmement alerte là-dessus parce que à l'intérieur de ça se trouve les réponses je pense qui sont favorables à un combat idéologique de fond qui est si on finance autrement le temps de travail des artistes si le temps long de la recherche de l'implantation territoriale des artistes et financer mieux et autrement alors on sera un peu décroissant dans nos modes de production mais on aura aussi un réengagement de la place du rôle de l'artiste à l'intérieur de la société et c'est ces moteurs là qu'il faut qu'on arrive à travailler l'heure est vraiment pas à ça en tout cas c'est pas ce qui se qui se profile merci beaucoup Axel Robert [Applaudissements] je vais essayer de faire court parce qu'effectivement on est très en retard je voudrais juste dire deux mots sur l'affaire Justine Triet voilà parce qu'on je sais que Sarah tenait à ce qu'on en parle et on n'a pas pu en parler je pense que vous êtes tous au courant du scandale assez inouïe qui a eu lieu à Cannes cette année quand Justine Trier a reçu la Palme d'Or et qu'elle a osé faire un discours qui en fait était un discours de l'ordre du bon sens où elle disait quelque chose qui est une évidence à savoir que ce qui avait été possible pour elle c'est à dire avoir une carrière depuis 15 ans progresser petit à petit faire un premier film qui a fait qui avait fait 20 000 entrées pour finir par ce film qui probablement fera plus d'un million d'entrées voilà la patience de ce parcours c'est quelque chose qui n'est plus autorisé qui n'est plus possible aujourd'hui pour les jeunes cinnastes émergents et cette chose qui est très simple et qui est très vérifiable sur le terrain à déclenché une espèce de bronca et de et de déchaînement de fureur facilement inouï alors avec d'une d'un côté la fashosphère mais ça la toute façon la fachosphère cherche constamment des os à ronger d'une certaine manière on s'en fout mais ce qui est très étonnant c'est que ça a déclenché des réactions d'une violence inouïe de la part de gens qui sont par ailleurs modérés et mesurés et pourquoi est-ce que ce discours de Justin Triet a tellement eucéré nous à la SRF on a on a on a une hypothèse c'est qu'effectivement les Cinéas tous les artistes et les cinéastes on part en partant en particulier on l'image d'être des enfants gâtés voilà alors c'est un mythe qui serait très long à détricoter que j'aurais pas le temps de tricoter aujourd'hui ça [Musique] d'un côté je pense qu'il y a une très grande méconnaissance de la façon dont l'économie du travail et l'économie du cinéma fonctionne on pense à tort que l'économie du cinéma français c'est de la subvention et en gros c'est votre argent à vous les contribuables c'est faux de A à Z en fait l'économie du cinéma français est fondée à 20% sur de l'argent public et à 80% sur de l'argent privé et même cet argent public en fait fonctionne selon un système très vertueux de redistribution il y a un petit prélèvement sur chaque ticket de cinéma que vous que vous achetez que le que le CNC utilise à bonne et cyan et distribue à bon escient voilà dans la logique régionale par exemple on parle beaucoup des subventions des régions il faut savoir que quand un film touche une subvention régionale c'est pas du tout de l'argent qui tombe dans sa poche de façon miraculeuse en fait pour un arbre pour 1 euro d'argent de région reçue on dépense 6 euros nous ensuite dans cette région donc vous voyez qu'en fait le gain il est pour la région le fin du petit épisode Justine Triet alors pour ce qui est de l'avenir nous à la SRF on est comme on est comme la France insoumise on n'a pas du tout envie de passer notre temps à être le bureau des plaintes et on a un certain nombre d'idées voilà pour essayer de comment dire de retrouver une grande politique culturelle qui a quand même fait les grandes heures du cinéma français je dirais qu'on a une grande idée alors j'espère qu'il y a pas d'espion de Laurent Wauquiez dans la salle est-ce que c'est une idée on est très fier de notre idée on essaye d'être un peu stratégique ce qui est pas forcément notre spécialité mais on espère redonner un peu des lettres de noblesse et de flamboyance à l'idée d'une loi cinéma voilà tout le monde se souvient de la loi libre des années 80 lancées par Jack Lang et on se dit que peut-être que lancer une loi cinéma l'année prochaine une loi qui serait transpartisane où toutes les bonnes volontés seraient Unies et qui où on s'entend un peu sur des mini sur des sur des choses un peu minimales et qui pour convaincre les plus réticents seraient enrobés comme un grand projet d'envergure flamboyant alors pas sur le modèle de la start-up qui est un modèle qu'on déteste mais plutôt sur un modèle de flamboyance culturel que le cinéma entier pourrait nous envier et imiter peut-être que c'est un bon que c'est une bonne idée voilà et qu'on essaye donc de lancer cette idée du loi cinéma avec un enrobage flamboyant alors je ne suis pas sûr que Laurent Wauquiez tombe dans le piège mais cette idée de redonner un peu des lettres de noblesse et de flamboyance à une politique culturelle on pense qu'on peut peut-être attirer la dent des gens qui sont pas tout à fait de notre bord voilà je laisse la parole à d'autres [Applaudissements] alors je vais repartir des éléments que j'ai que j'ai pas dont j'ai parlé dans les dans les constats très simplement le premier constat qu'on que je faisais était sur la bataille culturelle et je vais pas m'étendre là-dessus mais cette bataille en fait faut juste la faut la continuer quoi faut pas lâcher il faut se battre pour pouvoir les tenir les spectacles qu'on a qu'on a du mal à tenir et continuer de et on aura besoin du politique pour pour nous soutenir là dedans mais je vais ensuite je vais revenir sur le travail puisque c'était mon premier point tout à l'heure une des premières choses qu'on doit faire en fait c'est s'émanciper du travail capitaliste mais pas uniquement les artistes tout le monde et ça implique de gagner d'abord d'obtenir des nouveaux droits sociaux c'est à dire que moi on sera soumis à la pression du lendemain à la pression de prendre n'importe quel job pourri plus on aura de liberté plus on aura de liberté de parole puis on aura de liberté de création en général donc c'est un sujet extrêmement actuel puisque on a là on va on commence les discussions pour d'éventuels négociations pour la prochaine convention d'assurance chômage les négociations elles doivent se tenir entre les partenaires entre guillemets sociaux puisque c'est le Medef d'un côté et les autres de l'autre avant le 15 novembre il faut qu'il y ait une nouvelle convention d'assurance chômage qui soit négocier avec évidemment l'obligation qui a fixer le gouvernement de faire des économies de de continuer sa logique destructrice qu'il entamée depuis 4 ans donc il faut vraiment qu'on s'engage tout de suite dans cette lutte et si possible dans cette lutte avec des projets positifs nous on en a un à la CGT qui s'appelle le nouveau statut du travail salarié qui propose des droits attachés à la personne un droit à un salaire à la mobilité à la formation etc donc je vous invite à vous renseigner là-dessus et qu'on sorte de la logique destructrice de Macron qui est des tricotent l'assurance chômage depuis 4 ans qui aujourd'hui veut conditionner le RSA du travail du travail gratuit c'est une nécessité bon pour tout le monde pour des raisons évidentes mais aussi pour la possibilité la création artistique la liberté artistique il y a des urgences particulières dans ce dans ce truc là qui sont le statut des artistes des artistes auteurs et autrices c'est trouver une vraie protection sociale pour ces gens là dont les revenus le revenu médian et aujourd'hui 2300 euros environ donc il y a quand même la moitié des artistes auteurs et autrices en France qui vivent avec moins de 1300 €. donc il y a tout un travail à faire là de là-dessus allez on s'y met et l'autre l'autre volet je vais pas me rétendre là-dessus parce que vous en avez déjà assez bien parlé puis je suppose qu'Olivier en mettra une couche mais c'est effectivement le service public parmi les services publics il faut penser aussi au service public de l'enseignement artistique qui voilà c'est une base extrêmement logique aujourd'hui les enseignants enseignants en conservatoire sont parmi les fonctionnaires les moins bien payés de France dans le secteur public c'est une catastrophe le respect des droits et des conventions collectives c'est une bataille permanente donc il y a un vrai travail à faire là dessus et ensuite le service public qu'on qu'on entend plus par le service public de la culture bon où il faut renforcer l'existant mais aussi aller un petit peu en dehors pour soutenir et éviter aussi de rentrer ou de rester dans des logiques courtisanes dont on parlait tout à l'heure pour soutenir notamment les artistes qui ne qui n'arrivent pas à rentrer dans les schémas de production que ce soit pour des raisons esthétiques ou pour des raisons diverses on nous on a un projet au SNAM qui s'est de producteurs publics en fait qui aille et permettre à des artistes sans production d'avoir accès à des à des subventions à des à des réseaux de diffusion à des budgets tournés pour aller vers une diversité plus importante mais tout ça évidemment ça nécessite des moyens importants et au-delà du service public il y a aussi renforcé l'indépendance des du CNC ou de son équivalent dans la musique le Centre national de la musique on est en ce moment en train de réformer le Centre national de la musique s'il y a une institution assez récente qui se base sur le modèle du CNC il y a plusieurs enjeux là-dedans parce que on discute de son financement une des propositions gouvernementales et de faire rentrer le champ des musiques classiques dans le de faire une taxe sur le champ des musiques classiques pour financer le le CNM parce qu'aujourd'hui le la musique classique est exonérée de la taxe sur les billetteries mais le problème c'est que le secteur de la musique classique aujourd'hui est principalement financé par de l'argent public donc venir prendre faire une taxe sur ce secteur ça veut dire venir taxer de l'argent public pour ensuite aller derrière financer des projets privés donc il y a des il y a des choses à bien réfléchir là dedans pour à la fois garantir l'indépendance et surtout pas détruire le service public derrière et puis du coup dans ces institutions on aimerait que rentre un peu plus les représentants des salariés qui sont à peu près absents des du C du CNC et du CNM voilà ce qui est pas tellement dans l'air du temps aussi parce qu'en fait il y a pas que les artistes qui détestent ils détestent aussi les syndicalistes alors les artistes syndicalistes voilà je vous imaginez je m'arrête là merci [Applaudissements] alors évidemment j'en sais rien moi sur les perspectives et puis j'ai pas à me substituer au lieu des travailleuses des travailleurs elle-même juste peut-être dire je vois au moins trois endroits où elles peuvent se produire d'abord dans des luttes dans les luttes du secteur et dans son auto-organisation et lutte du secteur ça veut dire aussi une lutte qui n'adapterait pas n'adopterait pas les mots de l'adversaire et l'auto dénigrement de l'adversaire et qui en même temps se permettraient d'être aussi autocritique par rapport à ces impasses par rapport à ses angles morts et on voit bien que c'est un secteur qui n'est pas complètement unifié c'est aussi un secteur qui est soumis à des rapports de force et par exemple le rapport de force féministe depuis quelques années produit des effets extrêmement importants et loin d'être achevé par exemple dans le dans le spectacle le vivant donc d'abord une lutte de secteur et lutte du secteur et puis me semble-t-il aussi des alliances à plus large échelle ce qui se vit aujourd'hui comme attaque sur la liberté d'expression les libertés de création sont des attaques par exemple le monde universitaire a connu grâce à Frédéric Vidal sous le précédent quinquennat de Macron avec la chasse donc la chasse aux recherches qui entendait se défaire des inclinaisons racistes sexistes homophobes et qui tentait d'ouvrir des nouveaux corpus et des nouvelles méthodologies et on a vu comme ça le gouvernement se dressait donc on a été on a vécu ça et il y a des alliances possibles entre le monde de la recherche le monde artistique et plus largement le monde militant la dissolution des des soulèvements de la terre par le gouvernement au nom de l'écho terrorisme dit quelque chose autour des libertés fondamentales je ne reviens pas sur la répression scandaleuse des des révoltes des quartiers populaires il y a il y a quelques semaines donc deuxième chose un système et un jeu d'alliance plus large que le seul secteur culturel pour faire valoir que ceux qui se jouent vaut pour au-delà que le monde que le monde culturel et puis la troisième chose si on veut mener une bagarre culturelle et la bataille est pour l'hégémonie qui est qui devient qui est archi urgente et archi nécessaire me semble-t-il il faut redonner une consistance stratégique à l'art dans nos projets d'émancipation et je trouve que nous sommes à cet endroit très très en retard ça fait des années qu'on ne fait plus ou peu le travail parce qu'on est dans des résistances immédiates ou dans des réactivités qu'on ne maîtrise pas l'agenda mais il y a une dimension stratégique à l'art dans nos projets dans nos processus d'émancipation on je reviens pas sur la question du service public mais il y a quelque chose à penser de la différence entre le service public et le service est actif ça n'est pas la même chose avec tous les problèmes qu'on connaît aujourd'hui de privatisation de l'argent public comme tu l'as dit sur la question de conquérir des nouveaux droits sociaux quelque chose se joue autour du travail dans le domaine de l'art qui peut être un ferment de pensée encore une fois avec toutes les contradictions et sans à aucun moment idéaliser ce qu'est la mais de voir ce qu'il pourrait être en puissance et pourquoi il est important dans nos luttes la troisième chose c'est et j'en cite que que quelques exemples et je m'arrête sur les deux derniers l'art et la culture vont de pair avec la récupération du temps et la libération du temps et c'est une chose absolument déterminante mais la libération du temps on a vu par exemple que la réduction du temps de travail ne s'est pas fait bien souvent au profit d'un temps libéré mais au contraire d'un temps réaliéné par l'industrie du divertissement par le commerce etc et donc là ça nous pose des véritables questions importantes pour une nouvelle société puis la dernière chose c'est imaginer espérer inventer des vies qui ne soient pas soumises uniquement à la loi de la valeur capitaliste [Musique] merci beaucoup difficile de conclure après ça mais juste pour quelques mots suite à cet échange je retiens un certain nombre de notions qui nous sont chères à la France insoumise alors qu'il y avait il y avait plein d'éléments dont ont été un peu à s'admirablement synthétisé à ma gauche mais bon sur la perspective d'une loi cinéma donc à ta disposition à votre disposition pour en parler vous le savez j'ai déposé j'ai mis un premier pavé dans la mare en déposant une proposition de loi sur le cinéma sur l'encadrement du prix de la place de cinéma qui était volontairement un pavé dans la mare en fait un triple pavé dans la marque puisque s'agissait à la fois de poser la question de cette envolée du prix de certaines places de cinéma mais en fait qui qui n'est pas qu'un facteur alors certainement pas lié d'ailleurs à l'inflation mais à une certaine vision qui est en train de se développer de la sortie comme une sortie exceptionnelle luxueuse dans laquelle vous allez avoir accès à des technologies assez faramineuses etc mais peut-être que si vous êtes une famille un peu populaire etc à peu près clair ça va être votre sortie de l'année quoi c'est super on a fait une super sortie à 80 balles pour la famille avec le pop-corn et voilà et le cinéma enfin en tout cas ma conviction c'est que le cinéma c'est tout autre chose ce n'est pas quelque chose dans lequel on tombe quand on aime le cinéma c'est une addiction quoi et la force du cinéma c'est qu'on y va une fois avoir un film qu'on avait envie de voir et puis que on voit des bandes-annonces et qu'on a envie de voir un autre film qui n'avait rien à voir avec ce qu'on avait envie de voir au départ et puis que finalement la salle on s'y sent bien on l'aime bien et puis on aime bien une autre salle aussi à laquelle on va souvent qu'on voit des amis la semaine prochaine pourquoi pas leur proposer d'aller au cinéma et que finalement ça devient quelque chose qui fait partie de notre vie je crois que c'est un enjeu aussi si on veut redonner toute leur place aux arrêts à la culture qui soient pas cantonnés dans cette espèce de de cage dorés de la place à à 20 euros avec de la je sais pas quoi la quatrième dimension mais que mais quand même temps il demeure aussi cet espace collectif tu as évoqué les séries qui sont qui ont plein de perspectives sociales passionnantes aussi cette histoire de la série mais on l'a vu aussi au moment du confinement la question du comment est-ce qu'on revie des expériences esthétiques collectives comme on l'art reste redevient est un cadre de l'existence collective alors sans faire des sans justement aller jusqu'à dire donc c'est la même chose que la démocratie non c'est pas la même chose que qu'un conseil de quartier c'est pas la même mais c'est un espace collectif où il se joue quelque chose de politique aussi que de voilà d'aller ensemble et donc j'ai j'avais jeté ce pavé dans la marge je pense que ce sera pas du tout ce n'est pas une loi transpartisane ça ne plaît pas à tout le monde dans le monde du cinéma il y a des gros exploitants qui sont pas de salles qui sont pas du tout d'accord avec cette idée mais dedans j'introduis aussi cette idée de c'est le CNC de lui donner à la fois un rôle de contrôle au médiateur du cinéma et aussi de renforcer ses moyens et aussi de repenser le partage de la valeur parce que comme tu le dis dans cet industrie culturel bah il y a les exploitants les producteurs les cinéastes les ayants droits les auteurs les distributeurs et que se partagent là était assez entravé ces dernières années en tout cas ça au plaisir de discuter avec vous j'allais sur le fait que cette question de la proposition de loi transpartisane et cette question de d'essayer de piéger les autres voilà on est dans un moment où on a une macronie qui qui dit beaucoup on va faire du transpartisan il y a LeBron Pivet à cosa à la bouche et qui en fait derrière est dans une offensive incroyable pour ne jamais rien laisser passer jamais aucun amendement qui ne vienne pas de chez elle et même écraser ce qui vient de chez elle et donc voilà j'ai un doute là-dessus mais en tout cas je suis à disposition et après plus largement pas que sur la question du cinéma qui effectivement une question très intéressante parce que il y a cette confrontation à l'industrie à l'industrie mais plus généralement et d'ailleurs c'est l'intitulé je voulais le retrouver l'unité exact de notre notre livret thématique qui s'appelle art et culture pour un service public du progrès humain oui ben je pense que dans si on veut desserrer cet étau entre la marchandisation néolibéral la main mise le désir d'ingérence d'un gérance y compris politique et étatique et bien remettre au goût du jour la question d'un service public des arrêts de la culture mais alors on repensant bien aussi ce qu'on entend par service public quoi service public c'est pas le truc le pansement quoi le service public c'est l'espace de quelque chose qui se crée collectivement d'une redistribution collective des richesses d'une gestion collective aussi et je crois que c'était un peu ce que tu ouvrais aussi je risque comme perspective en disant bah à un moment comment c'est quoi notre idée identification que les structures du service public et comment elle s'identifie comme un service public comment est-ce qu'elle fonctionne ensemble aussi et comment et là il y a une vigilance aussi comment ça ne devient pas retransformer parce qu'ils sont en train de faire ça par exemple pour l'audiovisuel public oui oui on va on va donner une cohérence à tout ça va faire une holding voilà bon finalement c'est leur projet de holding et un pas en train de se casser la gueule quand même mais attention parce que effectivement tout ce qui est créé des convergences et tout ils sont très très forts aussi pour employer le vocabulaire de la convergence là où en réalité il s'agit purement et simplement de de transformer ça vers le de faire basculer ce qui était de l'ordre du du de la diversité de la vitalité d'un service public en une espèce de jade de logique en fait managériale et d'entreprise donc je pense qu'il faudra être très très vigilant là-dessus puis quand on parle de service public à la France insoumise on a l'habitude de parler la question des usagers du service public et de leur place là-dedans et je pense qu'on ne pourra pas faire l'économie de ça et qu'il le faut pas parce que c'est aussi ce dont les arts ont besoin en fait qui est cette appropriation collective et ce sentiment collectif que les arts il nous appartiennent c'est un bien commun et un bien commun fondamental à notre émancipation bon il y aurait 1000 autres choses à dire on a je sais pas combien de temps on nous laisse vu qu'on avait du retard vu que il pleut on va prendre des excuses qu'on peut on peut prendre quelques quelques questions ultra rapide les questions s'il vous plaît puisse faire en sorte qu'il y ait le plus de monde qui puisse poser des questions on propose d'aller directement à la question et les contextes etc on s'en passera cette fois-ci sauf s'ils sont ultra ultra nécessaires pour la compréhension arbitrairement ici [Musique] je voudrais juste attirer l'attention sur un truc qui s'appelle le CER que vous que vous connaissez de la route qui amène aux amphis des années nous devons gardées sur les d'un côté de la route qui mène aux amphis de bien vouloir retirer leur véhicule on leur propose d'aller de garer à Bourg-lès-Valence ou à Valence nous rappelons qu'il y a des navettes qui viennent sur qui c'est qui ramène ensuite à Bourg-lès-Valence et navette pas toutes les 20 minutes les véhicules peuvent être retirés et non nous ne pourrons rien faire [Rires] [Musique] propriétaire des véhicules ils se sont garés sur les baptés de la route qui mène aux gens ça fait 20 minutes et vous même jusqu'aux amphis et vous ramèneront jusqu'à vos véhicules et nous vous souhaitons une journée et [Rires] c'était une performance j'espère que vous avez apprécié voilà beaucoup beaucoup donc juste alors j'ai juste besoin de je suis pas garée sur un bas-côté donc je vais pouvoir finir ma phrase il y a une une le contrat d'engagement républicain qui est joint aujourd'hui au subventions contrat d'engagement républicain est un outil qui est extrêmement dangereux et on a en ce moment des gens qui reviennent vers nous et des compagnies qui reviennent vers nous qui au motifs du contrat d'engagement républicain risque de ne plus être subventionnés ça fait partie des questions qui ont été qui ont été exposés tout à l'heure sur sur la liberté d'expression et sur une offensive très très générale notamment direction des subventions parce que le service public n'est pas le seul acteur de de la culture il y a tout le système il y a toutes les compagnies qui se reconnaissent d'intérêt général qui ne relèvent pas du service public stricto-sensus mais qui font partie d'un écosystème dans lequel il y a un travail à faire collectivement ce contrat d'engagement républicain je pense que il va falloir qu'on s'en saisisse dans l'automne on a vu l'article du Monde sur le plateau de millevage il se passe la même chose pour des compagnies en ce moment c'est extrêmement inquiétant voilà merci beaucoup je fais une question ici deux questions là et on reviendra ensuite pour le prochain tour par ici oui je suis régisseur dans le cinéma et moi je me posais une question très je suis régisseur pour le cinéma le poser une question très simple et très directe par rapport à ce qui va arriver par la suite en tant qu'ouvrier de au service des artistes est-ce qu'il va falloir s'attendre à lutter pour contre le détricotage de l'intermittence où va-t-il falloir lutter contre la suppression pure et simple de l'intermittence selon vous merci beaucoup de la confusion oui bonjour Georges Bolland festival du court-métrage de Clermont-Ferrand moi sur la question du service public je pense qu'il faudrait bien préciser les choses parce que j'ai vu parce que je militant aussi et fille en même temps et pendant la campagne présidentielle campagne législative pardon la campagne législative j'ai vu aussi quand on annonce et ça quand on met descend en avant il y a un certain nombre de structures qui prenait peur en se disant on va se retrouver avec un truc d'État style Union soviétique et compagnie donc il faut bien préciser les choses par rapport à ça et par ailleurs juste aussi une proposition que dans le programme de la fi on met bien en avant l'indépendance artistique des structures culturelles c'est à dire que bon argent public contrôle de l'argent public ça c'est normal mais l'indépendance artistique c'est fondamental parce que l'instrumentalisation des structures elle se fait aussi en particulier à gauche enfin c'était à gauche entre guillemets c'est à dire je pense socialiste je pense en particulier à la ville de Clermont-Ferrand par rapport à ça puisque le festival du cours c'est la seule structure importante indépendante à Clermont qui est vraiment indépendante voilà c'est tout juste une remarque merci bonjour je suis une représentante de l'enseignement artistique spécialisé catégorie B de la fonction publique je voulais attirer votre attention sur le fait que on nous bassine en ce moment depuis une quinzaine d'années sur l'enseignement artistique et culturel à l'école et que nous on n'est pas du tout d'accord avec ça on y souffre énormément et en plus on fait de la en 5 lettres commençant par M les élèves en retirent pas grand chose c'est extrêmement mal organisé on a très peu de moyens on travaille dans des conditions épouvantables et bien sûr au détriment des heures qu'on aurait pu donner au Conservatoire dans de très bonnes conditions à des élèves très motivés qu'il faudrait simplement pour contrebalancer le fait que ben voilà l'enseignement artistique à l'école dans les conditions on les fait à l'heure actuelle je pense que l'argent qu'on y met on pourrait le donner en Bourse aux enfants qui auraient vraiment envie de faire de la musique dans d'excellentes conditions et ce serait bien meilleur comme résultat et ils sont mauvais en première séquence de réponse et on voit si on a le temps pour ensuite Martin je pense vraiment qu'on n'aura pas le temps attends parce que là 11h40 [Musique] parce que là il y a pas eu il y a eu des remarques pas forcément que des questions s'il y avait une ou deux questions vraiment question dans ce cas là question je l'ai traduit en question l'éducation populaire est la valorisation des pratiques artistiques amateurs comme construction de sa propre identité peut-être une piste pour se construire une culture populaire voire recréer des infrastructures populaires à l'image des maisons du peuple du mouvement ouvrier très clair est-ce qu'on en a une toute dernière vraie question directe je voulais juste faire une rectification c'est pas enseignement artistique et culturel c'est éducation artistique et culturelle voilà c'est ça qui nous mine dans l'enseignement artistique je suis soit évidemment sur l'enseignement artistique spécialisé et que dont il faut pas d'évaluer des voyez les missions et qu'il faut soutenir massivement et c'est ça qui forme nos artistes d'ailleurs professionnels et également les artistes amateurs par la suite mais à la base je voulais juste essayer d'apporter une réponse sur le sur le régime des intermittents et sont éventuels tricotage et ou suppression en réalité on en sait toujours on n'en sait rien aujourd'hui moi je crois quand même relativement peu à la suppression d'un régime sur lequel toute une économie est basée par contre on est tricotages progressifs il est assez probable s'il arrive pas maintenant il arrivera plus tard et on a quand même loupé le coche en 2019 et en 2021 en laissant passer deux réformes de l'assurance chômage qui ont créé une différence énorme entre des régimes de travailleurs qui pourtant des fois des pratiques un petit peu similaires c'est à dire qu'on a allumé le régime des intérimaires qui n'existe plus et tout et détruit le niveau de l'assurance chômage des travailleurs qui ont des qui ont des emplois discontinus qui aujourd'hui ont des calculs qui sont mais à des niveaux incroyables donc aujourd'hui il y a un écart qui rend très très difficile le fait de défendre ses spécificités donc bon on va devoir voir ce que va donner la négociation on ne sait pas aujourd'hui s'il y aura même une négociation spécifique au régime des intermittents nous on est on l'espère on est on va essayer de la provoquer parce que c'est plus quand même plus facile de discuter avec les employeurs de notre secteur que directement avec le Medef si elle arrive elle sera ensuite soumise à la négociation globale et ensuite au gouvernement qui est le dernier arbitré qui peut dire bah non mais en fait vous voyez gauche chômage elle respecte pas notre lettre de cadrage donc on s'en fout on fait passer notre texte donc il y a encore énormément d'inconnus mais dans tous les cas faut être très à la bataille en réalité on devrait même se battre maintenant parce que c'est la pression sociale sur les négociations qui permet à tous les stades la victoire c'est ce qui a permis la victoire la grande victoire en 2016 pour nous qui a rétabli un régime calculé sur un an et beaucoup plus de stabilité voilà une meilleure enfin simplement on a un recul de la relative de la précarité dans nos métiers et c'est parce qu'il y avait une forte mobilisation derrière la négociation ça a été possible merci peut-être passez vous non mais juste encore une fois sur cette question du statut je dirais sur en étant très pragmatique à court terme dans le contexte dans lequel on est oui il y aura sans doute des combats à mener pour que dans ces négociations il est pas encore de la casse je pas parce que les employeurs de notre secteur le favoriseront mais parce que le contexte a été donné des contextes un contexte d'économie à réaliser après si je sors du champ de du du du réel et de l'actualité et si je me place dans celui de des perspectives à ouvrir là c'est vraiment à titre personnel et pas dans une réflexion propre à notre à notre syndicat quel syndacte mais je pense que nous devons commencer à réfléchir à des modèles de statut de l'artiste plus que d'un statut de chômeur et que derrière cette question du statut de l'artiste se poserait autrement aussi la question du travail de la pérennité du travail de l'implantation des équipes artistiques sur les territoires de la liberté d'action aussi et de concentrer son action sur un territoire un en sortant de la précarisation permanente et de la fragmentation de l'emploi permanent en tout cas dans le champ du spectacle vivant je pense qu'il y a un enjeu à creuser ces questions là comme la question du revenu minimum de vie peut se poser d'une manière plus large mais en tout cas elle se pose à mon avis aussi comme une solution possible à créer un autre modèle de l'implantation de la pratique artistique et de la création en France et juste sur la question de de des pratiques amateurs de leur valorisation dans dans une prolongation ça serait très long de d'évoquer ce sujet là j'ai plutôt tendance à penser que la valorisation des pratiques amateurs et réelles déjà elle est déjà très active et je rejoins ce qui était énoncé tout à l'heure sur le fait que on a un principe de démocratisation culturelle qui a plutôt très bien fonctionné qui a et d'ailleurs la preuve ce qui en atteste c'est que de génération après génération on a un nombre d'actifs dans la culture qui est toujours plus importante c'est bien qu'à un moment donné une pratique de démocratisation culturelle à porter ses fruits et à suscité du désir dans des générations pour en faire un métier donc là dessus je sais pas si c'est une une clé importante par contre la question de de ne pas penser en marge de ce qu'on nomme un peu rapidement les institutions culturelles la construction d'autres pratiques qui elles seraient celle des citoyens des habitants des pratiques autonomes le développement d'une pratique de tiers lieu doit à mon avis venir assez vite se recroiser avec la question de la réinvention aussi de l'institution culturelle parce qu'on n'a rien à gagner à construire des modèles alternatifs on doit pouvoir observer ce qu'il y a de d'intéressant dans ces initiatives en dehors de l'institution mais l'institution doit pouvoir aussi évoluer pour que les citoyennes les citoyens se sentent représentés par l'institution et on a un grand problème de ce côté là en France mais pas que dans la culture on a un problème de de d'absence de reconnaissance des gens dans les institutions qui sont censées les représenter des réactions [Musique] je voudrais juste rajouter quelque chose que j'ai oublié de dire tout à l'heure sur sur les grands champs qui tient que la SRF essaye espère lancer sur lequel on a déjà beaucoup travaillé et qui recoupe un certain nombre de soucis exprimés qui viennent d'être exprimé c'est que nous on a une très très très grande inquiétude sur la génération des jeunes cinastastes voilà des 20 30 ans que voilà qui n'est pas ma génération et on constate qu'il y a vraiment de façon absolument inédite il y a une paupérisation de cette génération c'est à dire que là où il y a 20 ans on pouvait progresser petit à petit comme le disait Justine Triet en gagnant un petit peu d'argent avec des courts métrages avec un premier film en touchant des droits d'auteur grâce à la télévision en bénéficiant du régime d'intermittence peu à peu on arrivait à construire une carrière et construire une carrière au sens artistique pas au sens ambitieux du terme ça prend ça prend une quinzaine ce qui était possible il y a une vingtaine d'années de moins en moins voilà et un tel point d'ailleurs que cette thématique de paupérisation absolue des jeunes auteurs elle est pas propre à la France en fait elle a peut-être que vous êtes au courant mais aux États-Unis il y a une grève assez inédite des acteurs et des auteurs justement sur ce thème de la popérisation alors qui est très lié à la à la question des plateformes parce qu'en fait l'arrivée des plateformes qui paraît si miraculeuse dans nos vies de divertissement est en fait une catastrophe en termes de de droits d'auteur de rémunération de du travail du reconnaissance des jeunes cinnastes etc et que par exemple aux États-Unis les auteurs ont vu leurs revenus diminuer de 40% depuis l'arrivée des plateformes voilà pour vous dire un tout petit peu la dégradation du de la c'est énorme les chiffres est très énorme et que vraiment nous à nos chantiers c'est vraiment de vrai beaucoup pour que pour que tout simplement dans 20 ans il y a encore des jeunes cinéastes en France voilà c'est un le jeune cinéaste peut tout à fait disparaître du paysage français si on y prend pas garde merci je vais être très rapide sur la question de l'éducation populaire qui est une question effectivement très très importante d'ailleurs la responsabilité de la gauche gouvernementale dans la destruction de l'éducation populaire et flagrante tout au long des années 80 avec la fermeture des MJC etc etc bon moi je crois que le ce qui est intéressant dans la question de l'éducation populaire c'est qu'elle est liée à un projet de société un projet de société alternative et donc ça tient beaucoup aussi au mouvement de gauche à réactiver ces choses là ça n'empêche pas un investissement et la demande d'un investissement fort dans l'éducation populaire mais peut-être juste dire que me semble-t-il on chante l'Inter c'est bien je vais me taire sur la terre mais juste terminer en disant que me semble-t-il la chose ne peut pas être exclusive et qu'il faut absolument se battre pour que la question de l'éducation populaire redevienne une question importante défendue actif pour le plus grand nombre mais qu'elle n'est pas exclusive de la question de l'art qu'elle n'est pas exclusive de la question des droits culturels etc etc et on joue trop aujourd'hui sur des jeux d'opposition où on aurait la solution miracle et c'est précisément dans la coexistence mais dans une offensive pour leur coexistence que quelque chose est politiquement possible je crois merci beaucoup juste une réaction en deux mots je trouve que les interventions faisaient bien écho à ce qu'on se disait enfin voilà un travail à poursuivre sur la question du service public de qu'est-ce qu'on entend par là est-ce que c'est que service public est-ce que c'est de la sphère publique mais où il y a la dimension associative il y a d'autres structures aussi en tout cas certainement pas un service public comme étant un service étatique ça je crois que c'est absolument fondamental la question aussi de la façon dont on confie aux artistes en réalité après avoir cassé l'éducation nationale on va dire à des personnes qui savent et des artistes qui savent enseigner en conservatoire on va leur dire ah bah viens pallier la case de l'éducation nationale qu'on a fait et enseigner dans des conditions qui ne te permettent pas en fait toi d'appliquer ce que tu as appris ce que tu sais enseigner ce qui est pas du tout la même façon que la même chose que par exemple de développer des pratiques culturelles artistiques à l'école en étant formé pour en ayant eu envie de le faire en ayant eu un parcours en ayant peut-être aussi travailler sur les questions d'éducation populaire et je crois que là effectivement ce que ce que tu disais sur le mélange des genres qui en fait une spécialité du du néolibéralisme d'ailleurs ça vous casser tout vous cassez les métiers vous cassez les les statuts vous casser les différences vous faites plus que des projets puis après vous mettez n'importe qui sur les projets et ça c'est quand même une belle machine à faire des économies et une belle machine à rendre les gens fous et à ce qui se bouffe entre eux et à ce qu'ils finissent par dire parce que là c'est quand même la phrase qui est sortie c'est l'éducation article culturelle c'est nul j'ai très bien compris ce que ça voulait dire mais évidemment que évidemment qu'on est pour cueillé une éducation artistique et culturelle simplement qu'elle soit fait dans des de façon réfléchie par des gens qui veulent le faire et dans des conditions qui les respectent et qui respectent les élèves et je note aussi et d'ailleurs il a été question de grève un peu tard mais quand on parlait des perspectives peut-être qu'aussi il faut qu'on arrive à se ressaisir de cette question de la grève dans les secteurs artistiques et culturels qui ont bien le droit de s'en saisir qui peut être pour elle davantage le fait et en tout cas je crois que bon on réglera pas la question là mais peut-être aux prochaines amphis je lance une piste la question du statut des travailleurs de l'art des artistes auteurs et leur rémunération du régime de l'intermittence je ne pense pas qu'il sera remis en cause tel quel mais quand vous cassez systématiquement l'assurance chômage ce qui va c'est écrit d'avance c'est-à-dire que la science chômage va tellement devenir ça va tellement être atroce pour les gens que à un moment il suffira de se tourner à côté pour voir l'intermittence pour dire mais comment ça se fait que eux ils ont encore des droits donc c'est ça qui va se passer bon mais là je pense qu'il y a des réflexions vraiment de fond à mener et je pense qu'il y a des contradictions aussi possible entre la question de la cotisation du régime bon à laquelle on peut tenir aussi la question d'un statut des articles auteurs qui sera encore peut-être autre chose une sécurité sociale professionnelle les artistes auteurs et je crois que là moi de ce que j'ai compris des gens que j'ai eu on n'était pas encore projet et pas encore tout cuit quoi mais c'est des débats passionnants parce que ce sont des débats qui touchent à la valeur à la question de la valeur de l'art de la valeur du travail mais aussi de la valorisation du des cas à la qualification et à la personne plutôt que métier de faire ça touche aussi plein de questions qui sont soulevées plus largement sur la question du travail merci à toutes et tous pour votre participation et puis on peut s'applaudir en effet et on se donne rendez-vous au plus tard l'année prochaine aux amphis pour de nouveaux débats culture mais évidemment dans le cadre du livret culture vous pouvez nous faire signe évidemment pour les amis des différents syndicats qui étaient présents là je suis à disposition qu'on échange les contacts et qu'on continue à discuter merci beaucoup
Sarah Legrain