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Conférence de presseRassemblement National (sur YouTube)· 22 janvier 2014 22 minAutoproduitFond programmatiqueDéfenseInstitutions & électionsImmigration & asileEurope & international

Conférence de Presse Internationale de Marine Le Pen en présence d'Aymeric Chauprade, géopoliticien

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  • 2:28PrésentateurFait
    « La politique étrangère française actuelle est hélas fondée sur ce mensonge. »
  • 3:27PrésentateurPromesse
    « Nous sommes la seule force politique française à vouloir consacrer 2% de notre richesse nationale à l'effort de défense. »
  • 5:26PrésentateurFait
    « Le Front National est le seul parti à s'être élevé contre cette dérive atlantiste de notre politique étrangère. »
  • 9:29PrésentateurFait
    « L'Iran est la deuxième réserve prouvée de gaz du monde et la deuxième réserve de pétrole. »
  • 13:12PrésentateurChiffre
    « Il y a officiellement plus de 700 ressortissants français qui font le djihad en Syrie. »
  • 13:23PrésentateurChiffre
    « Soit 70 000 sympathisants de ces brigades internationales fondamentalistes sur notre territoire. »

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Présentateur

Tout d'abord, permettez-moi, mesdames et messieurs, de revenir sur la situation internationale et d'enbrosser en quelques mots les principales caractéristiques. La plupart des crises internationales que nous avons connues ces dernières années et dans lesquelles la France a joué un rôle, qu'il s'agisse de la Libye ou bien encore de la Syrie, du Mali, de la Centrafrique, sont le résultat de deux problèmes distincts qui se combinent. D'une part, le conflit entre les États-Unis qui souhaitent dominer la mondialisation en créant un monde unipolaire et les grandes puissances comme la Chine, la Russie et l'Inde qui défendent une vision multipolaire du monde.

D'autre part, la faiblesse de l'État-nation quand il ne s'agit pas de son inexistence en Libye, en Syrie, au Mali ou en Centrafrique, laquelle explique une crise identitaire dramatique et la possibilité pour des forces extérieures d'instrumentaliser cette crise identitaire. Où que vous regardiez, de l'Ukraine à la Centrafrique, en passant par les autres pays que j'ai cités, vous retrouverez ces deux ingrédients clés, les intérêts des grandes puissances et la faiblesse de l'unité intérieure des pays qui sont des théâtres de crise.

Bien sûr, il est facile et même rassurant de croire ou de laisser croire que l'origine des crises que nous vivons viendrait du déficit démocratique des pays concernés. Certes, le déficit démocratique n'est pas niable, mais il est un résultat et non une cause. Il est le résultat de la faiblesse de l'État-nation. Faiblesse qui fait qu'en Libye, on appartient à une tribu avant d'appartenir à une nationalité. Qu'en Centrafrique, le phénomène est renforcé par le clivage religieux chrétien contre musulman. Qu'en Syrie, les rebelles soutiennent un projet communautaire fondamentaliste qui ouvre la voie à un génocide des chrétiens, des alaouites et des kurdes.

Qu'en Ukraine, on est russophone à l'est, tandis qu'à l'ouest, on regarde vers la Pologne, l'Allemagne et donc l'Union européenne. Dans ces théâtres fragiles, parce que l'État-nation y est faible, ceux qui portent des projets géopolitiques de puissance, les États-Unis, mais aussi l'Arabie saoudite et le Qatar, ceux qui s'emploient à s'emparer des ressources pétrolières et gazières, à priver la Russie ou la Chine de leur influence géopolitique, voudraient faire croire aux Français que l'origine des crises est le déficit démocratique. La politique étrangère française actuelle est hélas fondée sur ce mensonge.

Et c'est ce mensonge qui nous a conduit à accompagner les Américains dans la quasi-totalité de leur guerre depuis l'écroulement de l'URSS, avec les groupes humains et financiers que nous connaissons, en Afghanistan notamment. Le Front National défend depuis toujours une ligne constante en matière de politique étrangère qui est la ligne de la sagesse, de la raison, de l'équilibre, conformément à notre tradition multiséculaire. Nous refusons les impérialismes, d'où qu'ils viennent, l'euro-mondialisme américain ou l'islamisme, comme nous refusions hier le communisme soviétique.

Nous refusons les excès des uns ou des autres au Proche-Orient, le recours au terrorisme ou le bombardement aveugle des populations, et nous défendons la paix et la justice dont la source première est la souveraineté des peuples sur leur territoire, leur identité, leur économie. À l'international, comme sur le plan national, la primauté de l'État-nation comme fondement de la liberté est le cœur de notre projet. Et en cela, nous pensons comme la quasi-totalité des gouvernements du monde, à l'exception d'un club restreint de gouvernements européens, dont l'aveuglement idéologique et la solidité face aux souffrances des peuples croient à mesure que l'échec est de plus en plus évident.

Oui, nous nous battons pour le renforcement de l'État-nation, pour la construction d'identité nationale, au-delà des égoïsmes tribaux, ethniques ou communautaires. Partout, nous nous battons contre ce communautarisme destructeur qui, chez nous, est en train de détruire l'œuvre des siècles, notre identité nationale, et qui, chez tant d'autres États, empêche précisément l'émergence d'une véritable identité nationale sans laquelle aucun germe démocratique ne peut croître. Je voudrais insister sur la cohérence de notre projet de gouvernement, tant dans le domaine national que dans le domaine des affaires étrangères.

Si nous sommes attachés à l'État-nation et que nous combattons aussi fortement l'idéologie européiste, c'est d'abord parce que nous sommes attachés à la démocratie des nations, tant à l'intérieur de l'Europe que dans le monde, et que le fondement de cette démocratie des nations, c'est le droit international, qui est autre chose que la volonté de Washington et de l'OTAN ou de toute autre puissance. Alors, comment nos principes se traduisent-ils dans les crises actuelles ? C'est cet attachement à la démocratie des nations qui fait que, comme l'ONU et le Vatican, d'ailleurs, nous soutenons la participation de l'Iran à la conférence Genève 2 sur la Syrie.

Et comment d'ailleurs résoudre un problème si l'une des principales puissances concernées, en tant que voisin et soutien du régime syrien, n'est pas invitée, alors même que les puissances qui portent la plus grande responsabilité dans l'éclosion de la guerre en Syrie, je veux parler de l'Arabie Saoudite et du Qatar, sont, eux, invitées. A partir du moment où l'implosion syrienne est due largement à la rivalité régionale Iran-Arabie Saoudite, comment ne pas associer l'Iran à la résolution du problème si l'on associe l'Arabie Saoudite ? Nous condamnons fermement les choix agressifs et injustes du gouvernement français sur les dossiers syriens comme iraniens.

Et je veux devant vous déclarer notre ferme opposition à l'alliance inquiétante qui est en train de se nouer entre la France et l'Arabie Saoudite. Ces dernières années, la France n'a que trop suivi les Etats-Unis. En Afghanistan, en Libye, dans la déstabilisation de la Syrie aussi, le Front National est le seul parti à s'être élevé contre cette dérive atlantiste de notre politique étrangère. Ce qui se passe maintenant est autrement plus inquiétant que l'Atlantisme. Alors même que de manière salutaire pour la paix internationale, les Etats-Unis et la Russie ont su travailler ensemble pour trouver un accord.

Le 24 novembre dernier à Genève, la France fait le choix de s'aligner sur la position agressive et pro-guerre de l'Arabie Saoudite, tant sur le dossier iranien que sur le dossier syrien. Au moment où les djihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant ont déclaré une guerre totale à leurs anciens alliés islamistes en Syrie et au gouvernement contrôlé par les chiites en Irak, au moment où Fallujah, bastion sunnite en Irak qui coûta si cher en homme aux Américains, vient de tomber entre les mains de ses fanatiques de l'EIL, la France se rapproche du premier responsable de l'expansion mondiale du fondamentalisme, l'Arabie Saoudite. L'Arabie Saoudite soutient partout les salafistes.

Il est évident qu'elle est en réalité derrière Al-Qaïda et depuis bien longtemps. Elle est sans doute responsable du regain d'activisme des islamistes du Caucase à l'approche des Jeux Olympiques de Sochi et des attentats de Volgograd comme le pensent les services de renseignement russe. C'est un secret pour personne que les pays qui soutenrent le premier l'avènement des talibans en Afghanistan aient bien le cœur nucléaire de l'islamisme mondial, cœur identitaire et cœur financier.

Comment, au nom de quelques intérêts financiers sectoriels, comme ceux de notre industrie de défense, à laquelle je suis évidemment très attachée, peut-on faire un choix de politique étrangère aussi dangereux pour notre avenir comme celui d'ailleurs de tout le monde musulman. L'avenir de notre industrie de défense ne repose pas sur le marché saoudien. Il doit reposer d'abord sur la volonté de l'État français de continuer à se doter d'un outil de défense à la hauteur d'une puissance de dimension mondiale.

Je rappelle que nous sommes la seule force politique française à vouloir consacrer 2% de notre richesse nationale à l'effort de défense, à vouloir donner à notre pays une capacité navale à la hauteur de notre espace maritime et des enjeux offshore considérables de demain, à vouloir maintenir des régiments de l'armée de terre en nombre suffisant pour tenir un conflit inter-étatique de haute intensité, ainsi qu'un outil aérien, lieu aussi qualitatif, mais aussi quantitatif.

Pour revenir à l'Arabie saoudite, comment, au moment où l'on vient de donner des sons de morale à la Russie en raison du vote de la loi contre la promotion homosexuelle, peut-on s'allier aussi fortement avec un pays qui lui condamne à mort des homosexuels, soumet la femme au bon vouloir sans limite de l'homme et réduit en esclavage ses immigrés. Par comparaison, même sous le règne de la révolution islamique chiite que nous n'affectionnons pas particulièrement, la situation de la femme est bien plus enviable en Iran ou même au Koweït ou aux Émirats arabes unis qu'elle ne l'est en Arabie saoudite ou au Qatar.

Et comment les mêmes qui prétendaient faire la guerre en Libye au nom des droits de l'homme et de la démocratie peuvent-ils avoir recours pour justifier ce rapprochement avec l'Arabie saoudite au principe de réalisme économique ? Il faut choisir. Soit ils agissent au nom de principes moraux, soit ils agissent au nom de la réelle politique, laquelle s'agissant de l'Arabie saoudite n'en est pas une, puisqu'elle est de courte vue et nous explosera au visage. Pour ma part, je demande à ce que la France participe à la consolidation de la paix avec l'Iran initiée par les États-Unis.

Et au retour de nos intérêts dans ce pays, j'ai été amené à rappeler les conséquences du diktat imposé par General Motors à PSA, c'est-à-dire l'arrêt total des exportations de voitures et des activités en Iran, qui a coûté à PSA 800 millions selon les experts d'euros de chiffre d'affaires. L'Iran est la deuxième réserve prouvée de gaz du monde et la deuxième réserve de pétrole, dont on peut espérer parce que l'Iran est un État-nation que l'on assiste à une évolution politique positive, comme je l'ai exprimé dans la première partie de mon intervention.

C'est sans doute d'ailleurs ce qu'a compris l'Italie, qui a dépêché à Téhéran le 21 décembre dernier sa ministre des Affaires étrangères, afin d'y examiner les perspectives futures des deux pays. C'est évidemment ce qu'ont compris Américains et Allemands, lesquels vont jouer dans cet immense pays un rôle important à l'avenir. Ces mêmes Allemands, qui rêvaient de faire entrer l'Ukraine dans l'Union pour épuiser de nouveaux travailleurs à bas coût, leur permettant de maintenir leurs avantages compétitifs sur nous, et qui, en politique internationale, se révèlent discrètement, sans trompette ni tambour, bien plus malin que nous ne le sommes.

Je rappelle, s'agissant du nucléaire iranien, notre position, l'intérêt de la France et de la paix du monde est qu'il n'y ait pas de prolifération de l'arme atomique. Aussi, nous ne souhaitons pas que l'Iran se dote de la bombe atomique. Pour autant, l'Iran a le droit à l'énergie nucléaire civile. Nous voulons aussi rappeler que si l'Arabie saoudite prône une politique d'isolement de l'Iran aussi agressive, c'est qu'elle ne souhaite évidemment pas que celui-ci puisse remettre sur le marché les 2,5 millions de barils jour qu'il était capable d'exporter avant les sanctions.

Pour les Saoudiens, maintenir un prix du baril relativement élevé dans un contexte où, en plus, les pétroles et gaz de schiste américains contribuent à dévaluer l'importance de leur pétrole passe par le maintien de l'isolement de l'Iran. Cette alliance de la France avec l'Arabie saoudite est un non-sens total, une impasse future, non seulement parce qu'elle est en contradiction avec notre politique d'équilibre et de paix au Moyen-Orient, mais aussi parce qu'elle est en contradiction totale avec notre action actuelle en Afrique. Le Front National sait soutenir et saluer les actions du gouvernement quand elles méritent de l'être. Nous sommes une force constructive. Tout le monde en conviendra.

Nous avons soutenu l'intervention française au Mali parce que nous pensons que la France a un rôle historique à jouer en Afrique pour tenter de protéger les États africains face à tout ce qui peut détruire ou freiner leur développement. Et l'islamisme est sans doute la menace la plus grave qui pèse sur l'Afrique subsaharienne. La percée islamique descendant du Sahara à travers le Sahel est une menace que la France a raison de combattre. Après le Mali, qui est fragilisé par les fractures identitaires dont nous parlions au début, c'est à son tour la Centrafrique qui est touchée par ce fléau.

Même si nous ne saurions réduire le conflit de Centrafrique à une opposition entre chrétiens et musulmans, force est de constater qu'il s'agit d'un facteur premier. Supposissez déjà que le conflit soudano-tchadien avait contaminé la région nord de la Centrafrique. A plusieurs reprises, les rebelles tchadiens opposés au président Idriss Déby et soutenus par le Soudan avaient tenté de contourner les défenses tchadiennes en utilisant la RCA comme base arrière. Puis il y a eu un scénario assez semblable à ce qui s'est passé au Mali. Une descente de combattants musulmans fanatisés du nord vers le sud.

En décembre 2012, le Séléka, mouvement constitué de plusieurs tribus nordistes et musulmanes, a avancé vers Bangui. Le gros des troupes était constitué de tchadiens et surtout de soudanais. Mesdames et messieurs, regardez à quoi aboutit la politique du monde occidental. Quand je dis occidental, je pense aux Etats-Unis et à ceux qui les suivent. La Libye, c'est le chaos tribal. Le pétrole détourné par les milices. Des centaines de milliers de déplacés. La Syrie, c'est 130 000 morts, dont presque 10 000 enfants, 245 000 Syriens qui vivent assiégés dans leur pays confrontés à des difficultés extrêmes, des millions de déplacés.

Le Liban est déstabilisé par plus de 900 000 Syriens qui s'y sont réfugiés. La Jordanie, 575 000. La Turquie, 216 000. L'Égypte, 145 000. Il y a officiellement plus de 700 ressortissants français qui font le djihad en Syrie. Et on peut penser que pour un qui prend les armes, 100 le soutiennent par l'esprit. Soit 70 000 sympathisants de ces brigades internationales fondamentalistes sur notre territoire. L'Égypte, où l'on a fait pression pour provoquer l'effondrement du régime de Moubarak, est aujourd'hui moins démocratique encore qu'elle ne l'était sous Moubarak, puisque les frères musulmans, ils sont purement et simplement interdits.

La Tunisie, qui était malgré la corruption des élites et leurs excès sur la voie du développement où les femmes bénéficiaient d'une modernisation de la société et désormais en voie de régression. Nos choix en Syrie sont tellement destructeurs qu'ils ont conduit certains services de renseignement occidentaux à changer leur fusil d'épaule. La BBC affirmait récemment que les services de renseignement américain, britannique et allemand se seraient rendus à Damas pour commencer à coopérer discrètement contre le cancer islamiste en Syrie. Mais alors pourquoi avoir soutenu cela au début ? Et que fait la France ?

Ce qui est certain, c'est qu'elle n'est pas en train de coopérer avec les services saoudiens contre le fondamentalisme. On peut légitimement commencer à se demander si les Américains ne se retirent pas sur la pointe des pieds d'une alliance avec l'Arabie saoudite, qui de l'Irak à la Bosnie, en passant par le Caucase, l'Asie centrale, le Sahel et bien sûr la Syrie, n'aura produit que du sang et de l'âme. Allons-nous donc succéder, nous Français, aux États-Unis comme meilleurs alliés de ce pays dangereux où règne le déclin extrémiste qui depuis l'origine du wahhabisme n'ont qu'un projet, dominer l'islam mondial et le tourner vers un djihad contre les autres civilisations ?

Je l'affirme aujourd'hui avec Emmerich Chopra, le fondational soucieux de ramener à la France à sa politique étrangère naturelle condamne fermement cette alliance dangereuse. J'appelle tous les Français qui croient dans la vocation d'équilibre de la France, dans sa sagesse internationale, à nous rejoindre pour participer à la refondation d'une véritable politique gaullienne de la France. J'appelle le compatriote musulman assimilé et donc modéré à nous rejoindre pour combattre avec nous cette version violente de l'islam qui cherche à s'imposer partout de l'Afrique à l'Asie du Sud-Est en passant par l'Asie centrale, l'ex-Yougoslavie, le Caucase et bien sûr sur notre propre territoire national.

Nous ne voulons pas de l'argent saoudien et qataris sur notre territoire. Pas plus que nous n'en voulons comme alliés. Le monde compte suffisamment d'émergents solides sur lesquels nous pouvons appuyer nos partenariats, nos exportations en Amérique latine, au Moyen-Orient, en Asie, en Afrique aussi. Je soutiens en revanche l'action stabilisatrice des forces françaises au Mali et en Centrafrique, malgré les difficultés évidentes dues à la fois au déclin programmé de notre outil de défense, mais aussi à l'absence de réalisme politique de nos dirigeants face aux réalités ethniques de l'Afrique. La France a vocation à aider les Africains à consolider leur État-nation.

Et elle pourra d'autant mieux le faire qu'elle ne laissera pas la destruction européenne affaiblir son propre État. Nos bases en Afrique que le gouvernement Sarkozy eut la tentation de supprimer montrent aujourd'hui leur utilité. Une refondation de notre politique africaine non seulement sur nos pactes de sécurité qui se révèlent aujourd'hui efficaces, mais sur une coopération plus marquée avec les gouvernants réellement préoccupés de développement s'impose aujourd'hui.

Notre soutien politique en Afrique devrait peut-être s'accompagner d'une conditionnalité, non pas démocratique à l'américaine, mais développementaliste, une astreinte à la politique de bien commun, en quelque sorte, à la politique de développement. Le développement est l'intérêt des Africains comme des Européens, car les carences en développement causent l'immigration Sud-Nord et Sud-Sud qui déstabilisent tant les États européens et les États du Sud. Et c'est de ce développement que naîtront des démocraties solides.

Pour développer cette vision, c'est donc désormais Aymeric Choprade, que j'ai nommé conseiller spécial auprès de la présidente du Front National pour les questions internationales, qui m'épaulera. C'est à lui que vous pourrez désormais vous adresser, s'agissant de nos positions en matière de politique étrangère et des détails que vous pourriez en attendre. Ce n'est donc pas un hasard si c'est à lui que j'ai demandé de conduire la liste du Front National RBM aux élections européennes de 2014 en Ile-de-France et auprès des Français de l'étranger. Dans une même logique de cohérence, c'est lui qui récupère la responsabilité de la Fédération des Français de l'étranger.

Ile-de-France est sans doute la région française la plus liée à l'international, non seulement parce que Paris est une grande capitale du monde, mais aussi parce que le siège de nombreux groupes français à dimension internationale s'y trouve. Certains de ces groupes, qu'Emeric Choprat connaît bien, pour les avoir conseillés sur le plan géopolitique. Il me semble que le profil d'Emeric Choprat, qui a enseigné dans le monde arabe, qui voyage en Amérique latine, en Asie, en Afrique, est donc particulièrement adapté à cette circonscription. Et puis, c'est une autre touche originale du profil que je propose, celui d'un grand voyageur. Il est aussi un Français de l'étranger.

Et c'est la première fois qu'un parti politique envoie un signal aussi fort aux Français de l'étranger, souvent oublié, en présentant un Français dont la famille est installée à l'étranger dans l'Union européenne, même si ses activités le mènent une grande partie de son temps dans notre capitale. Donc, pour cette circonscription de près de 14 millions d'habitants, qui est à la fois un peu le monde dans la France et la France dans le monde, je vous propose un profil qui a un pied dans l'Union européenne et le monde, et un pied à Paris.

Voilà, mesdames et messieurs, brièvement, bien entendu, nous avons pu tracer les lignes de notre vision de la politique étrangère de la France, telle qu'elle existe aujourd'hui et telle que nous voudrions l'avoir se développer. Je vais vous donner quelques éléments du CV d'Emeric Choprade, pour ceux qui ne le connaissent pas. C'est un géopolitologue. Il est marié et père de quatre enfants. Il a passé toute sa jeunesse en Seine-et-Marne et après, il a effectué ses études à Paris. Il est docteur en sciences politiques de la Sorbonne, diplômé de Sciences Po Paris, licencié S mathématiques et titulaire d'un DEA de droit international public.

Il a enseigné à des publics, d'ailleurs, divers, plusieurs années en école de commerce, à l'ISG, à la Sorbonne, au DESS de géopolitique de Paris 1er Sorbonne, à l'École nationale d'administration à Strasbourg. De 2003 à 2009, il a été à la fois titulaire de la chaire d'histoire des idées politiques de l'université de Neuchâtel en Suisse et de la chaire de géopolitique de l'école de guerre à Paris. Il a aussi enseigné dans plusieurs écoles militaires françaises et étrangères au Maroc, en Tunisie, en Croatie, en Indonésie, en Suisse, et est encore professeur invité dans plusieurs pays, l'Italie, le Maroc, la Russie.

Il a signé des rapports d'études pour le ministère de la Défense français et des groupes privés français. Il est aussi l'auteur d'ouvrages géopolitiques de référence, dont Géopolitique, Constance et Changement dans l'Histoire, qui a eu trois éditions successives, et Chronique du choc des civilisations, également trois éditions successives de cet atlas de géopolitique, qui est d'ailleurs un best-seller, qui a été vendu à 30 000 exemplaires, mais aussi des ouvrages plus littéraires, peut-être à découvrir, comme Beyrouth éternel en 1996, et l'Histoire d'Égypte en 1997.

Emmerich Choprade est considéré par le dictionnaire de géopolitique des presses universitaires de France de 2011 comme un refondateur de la géopolitique française. Il nous vient d'ailleurs d'un horizon politique qui n'est pas tellement éloigné de celui du Front National, mais qui n'est pas le Front National, à savoir le mouvement de Philippe de Villiers, puisqu'il en a été proche, notamment en 2004.

Il est resté d'ailleurs un ami personnel de Philippe de Villiers, et il travaille, comme je vous l'ai dit, dans ma conférence de presse, auprès de moi, depuis les élections présidentielles, puisqu'il a été à l'origine de la rédaction du programme, de l'aspect international, du projet présidentiel, lors de l'élection présidentielle de 2012. Je vois rapidement brosser ce portrait. blessings .

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