Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
AutreLCP (sur YouTube)· 26 avril 2025 14 minComplaisantActualité / polémiqueAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieSolidarités & famille

Jean-René Cazeneuve, le député qui défend les viticulteurs sans modération | Circo

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Jean-René CazeneuveChiffre
    « Les États-Unis, en 2024, on a expédié un peu moins de 50 000 bouteilles. Ça fait un peu moins d'un million d'euros de chiffre d'affaires. Et en pourcentage, ça fait 12 % de notre chiffre d'affaires. »
  • 6:00Jean-René CazeneuveChiffre
    « On a fait voter l'année dernière avec 80 millions pour aider les agriculteurs. »
  • 6:20Jean-René CazeneuveChiffre
    « Moi, j'ai mis un amendement dans la loi de fin de gestion de 20 millions d'euros. »
  • 7:00Jean-René CazeneuveChiffre
    « Nous, on a touché 13 000 euros. C'est 10 % de ce que j'ai perdu, en gros. »
  • 10:00Jean-René CazeneuveChiffre
    « Dans le dernier budget, Jean-René Cazeneuve a aussi débloqué une aide de dix millions d'euros pour permettre aux caves coopératives de se développer. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Orchestre -Merci ! Brouhaha Olivier, fameux, hein ? Avec les coteaux là, l'abbaye derrière...

Quelle chance, hein ? Moi j'ai un avantage, c'est qu'avec la moustache, quand j'en ai plus en bouche, je me lève les babines et il m'en reste encore toujours un petit peu, ça c'est vachement sympa. C'est vrai pour la garbure, c'est vrai pour le confit, et c'est vrai pour le Saint-Mont.

Orchestre -Bonjour à tous, Jean-René Cazeneuve, député de la première circonscription du Gers. Je vous propose de découvrir avec moi les magnifiques coteaux de Gascogne à la rencontre de nos agriculteurs qui souffrent des conséquences des changements climatiques et de la menace sur les taxes pour leurs marchés principaux qui sont les Etats-Unis et la Chine. Musique -Un climat doux, un paysage vallonné, la circonscription de Jean-René Cazeneuve au sud du Gers est propice à la viticulture.

Ici, on produit du vin, le côtes-de-Gascogne, et une eau de vie célèbre, l'armagnac. La Maison Delord est l'un des plus gros producteurs français. Le député va nous faire découvrir le spiritueux.

C'est son péché mignon et il ne s'en cache pas. -Ca va, Sylvain ? -Ca va très bien. -Et là, comme cépage, c'est ? -Donc là, on est sur du Baco, 100 % Baco. -Bien sûr. -Le cépage armagnacais. -C'est difficile d'être député du Gers.

Il y a des moments plus pénibles que d'autres. Il a déjà pris la couleur. Trois ans, c'est ça ? -Trois ans, oui. -Ca fait partie de la Gascogne.

On a notre foie gras, nos canards, l'armagnac. Je crois en ces choses-là. Je crois que le caractère du Gascon, un peu batailleur, combatif, virulent, râleur, sympa, convivial, on trouve ça dans l'armagnac.

Ce n'est pas par hasard. -C'est un connaisseur. Il va sur le terrain, il va dans les distilleries, il voit les alambics qui fonctionnent.

Il fait la promo de l'armagnac, je sais pas si je devrais le dire, à l'Assemblée. -Oui. -VRP de l'armagnac, Jean-René Cazeneuve l'assume, ça fait partie, selon lui, de son job de député du Gers.

Et particulièrement en ces temps troublés. L'armagnac se vend essentiellement à l'export. Les trois principales destinations sont la Chine, la Russie et les Etats-Unis.

Dire que le contexte diplomatique est défavorable est un euphémisme. Ces derniers mois, les menaces douanières de Donald Trump ont créé un climat d'incertitude qui nuit aux exportations et suscite une grande inquiétude. -Pour vous donner une idée, les Etats-Unis, en 2024, on a expédié un peu moins de 50 000 bouteilles.

Ca fait un peu moins d'un million d'euros de chiffre d'affaires. Et en pourcentage, ça fait 12 % de notre chiffre d'affaires. Donc ce n'est pas négligeable.

Mais au-delà du chiffre d'affaires actuel, c'est le potentiel. Les Etats-Unis, c'est un potentiel phénoménal. -Le député n'a évidemment aucune prise directe sur les décisions de Donald Trump.

Mais c'est un élu influent du camp présidentiel, proche de l'Elysée et des cabinets ministériels. -Moi, je passe mon temps à appeler les ministres, à appeler aussi à Matignon, le cabinet de Bayrou, à l'Elysée pour les sensibiliser. Donc travailler sur l'opinion publique, ça c'est un peu notre politique, et évidemment sur l'exécutif, et que les deux convergent et qu'on puisse faire plier Trump. -En tout cas, nous, on y est pour rien et on subit les conséquences.

Mais vraiment pour rien. -Absolument. Musique -Dans le Gers, les annonces de Donald Trump ont provoqué une déflagration.

La filière de l'armagnac tremble sur ses bases. Réunie ce jour-là en Assemblée Générale, l'Association des producteurs a proposé aux députés d'intervenir. Jean-René Cazeneuve le sait, dans le contexte, calmer les inquiétudes, c'est mission impossible. -Vous savez que nous sommes tous très attachés à cette pépite qu'est l'armagnac.

Soyez persuadés de notre mobilisation aujourd'hui, de chaque instant. -Pas sûr que ces mots suffisent à rassurer le lobby de l'armagnac. En réalité, le député a beau se démener, il est aussi inquiet que les producteurs.

Mais face à l'adversité, il tente au moins d'insuffler un état d'esprit combatif. -L'armagnac a sept siècles, donc il n'y a pas de raison qu'il se laisse intimider par...

On n'a qu'un espoir, c'est que la bourse américaine s'effondre et que Trump comprenne que...

Voilà où on en est, quoi. Vraiment, il faut qu'il se plante pour qu'il revienne en arrière. -Donald Trump est absolument... incontrôlable, incontrôlé, fantasque, dingue, enfin on peut dire des tas de choses.

Il a été élu par les Américains. Donc moi, je ne suis pas du genre à baisser le bras. On pourrait dire : "Bon, c'est foutu, attendons." Non, même si notre chance est très faible, il faut la jouer. -Les menaces de Donald Trump sont d'autant plus malvenues pour les viticulteurs gascons qu'elles viennent s'ajouter à un autre phénomène.

Il prend la forme de tempêtes de grêle, d'épisodes de gel ou encore de sécheresse et s'appelle "le changement climatique". Jean-René Cazeneuve vient rencontrer un viticulteur qui craint pour sa vigne. A l'heure où la floraison approche, elle devient hypersensible aux conditions météo. -Là, d'ici huit, dix jours, ça va débourrer.

Donc tu vas avoir des bourgeons qui seront à peu près à ce truc, où tu auras déjà les grappes. Et dans huit jours, moi, je commence à trembler. Parce que dans huit jours, je peux perdre toute la récolte.

Parce que si j'en ai un gel assez catastrophique... -Et cette parcelle a été touchée l'année dernière ? -Cette parcelle, elle a été touchée par le gel. -Par le gel, d'accord. -Par le gel.

Le haut n'était pas touché, mais il y avait les deux tiers de la parcelle qui étaient touchés. -Pour faire face aux dégâts du gel, Jean-René Cazeneuve a obtenu deux années de suite des compensations pour les viticulteurs. Au sein de son groupe parlementaire, il est considéré comme "Monsieur finance", une position qui lui permet de peser dans le budget de l'Etat.

On a fait voter l'année dernière avec 80 millions pour aider les agriculteurs. Ca n'a couvert qu'une partie quand même des préjudices. Mais c'était quand même important de le faire.

Cette année, on a aussi fait voter...

Moi, j'ai mis un amendement dans la loi de fin de gestion de 20 millions d'euros. -Nous, on a touché 13 000 euros. C'est 10 % de ce que j'ai perdu, en gros.

Ce n'est pas beaucoup, mais quand vous en avez besoin, ça fait toujours du bien. Ca permet de payer quelques échéances. -On en est aujourd'hui à espérer une année normale.

On n'est même pas sur espérer des récoltes exceptionnelles. Il faut vraiment une année normale. On sait qu'il faut vivre avec des aléas climatiques qui vont être plus fréquents.

Mais là, ça n'est plus possible. C'est-à-dire, si ça devenait, maintenant...

Si on avait un problème chaque année, il faudrait changer de métier. Là, c'est plus possible. -C'est ce qui a découragé un peu les viticulteurs de cette zone.

Comme tu peux le voir, les parcelles que tu vois là-bas, tout ça, c'était des vignes. Le château, là, 33 hectares de vignes. Un voisin, 20 hectares, l'autre, 17 , l'autre, 15.

Ils arrachent dans un rayon de un kilomètre autour d'ici. Ils s'arrachent pas loin de 100 hectares de vignes. Musique -Des vignes arrachées, conséquence ultime des difficultés rencontrées par les viticulteurs.

Sur cette parcelle, le tractopelle est à l'oeuvre. Le propriétaire part en retraite. Il n'a trouvé aucun repreneur. -Bonjour, comment allez-vous ?

Combien de temps vous l'avez exploité, cette vigne ? -Moi, je travaille depuis l'âge de 14 ans, j'en ai 75, alors... -Et toujours ici, non ? -Oui. -Toujours ici.

Et ce n'est pas un crève-coeur de faire ça ? -Oui, ça fait mal de la voir arrachée. J'aurais préféré que quelqu'un la reprenne, qu'il la travaille là, que de faire ça.

Mais bon, on n'a pas le choix, on n'a pas le choix. -Cette parcelle produisait du vin rouge. Au-delà des phénomènes climatiques, la consommation de ce produit est en baisse continue depuis plusieurs années.

En 2024, les ventes ont baissé de 4,1 %. Dans ce contexte, des viticulteurs découragés jettent l'éponge, notamment dans le Bordelais, même si le Gers n'est pas épargné. -Bonjour, je viens vous embêter. -Non, il n'y a pas de problème. -Ca, vous le faites souvent ou pas ? -Pendant quatre ou cinq mois, oui.

De plus en plus. Il y a une baisse de la consommation. -Oui.

C'est sûr qu'on produit beaucoup plus de vin qu'on peut en boire. Même si on fait tous les efforts, moi le premier parce que j'aime ça, il y a des limites quand même. -Ecoutez, non, parce que... c'est un problème de santé publique si les gens boivent trop.

Si les gens boivent...

Vous savez, chez nous, ici, ma grand-mère disait qu'un verre de rouge tous les jours, à tous les repas, ça faisait vivre très longtemps. Vous savez qu'il y a une espérance de vie ici qui est très forte. Donc moi, je ne fais pas le lien. -Les autorités sanitaires alertent au contraire sur les risques d'une consommation quotidienne, même limitée.

Les Français sont de plus en plus nombreux à s'interroger sur les effets de l'alcool et les viticulteurs doivent le prendre en compte. -Qu'il faille s'adapter, que la viticulture s'adapte, c'est ce qu'on fait. Maintenant, il y a des vins avec un peu moins d'alcool, par exemple, pour s'adapter au goût. -J'en ai goûté sans alcool... -Sans alcool, on n'y est pas encore. -Ca existe. -Ca existe, oui.

Donc, il faut s'adapter. Et s'il y a des changements de comportement, il faut le respecter. Si les jeunes veulent des vins plus légers, plus fruités, moins alcoolisés, il faut le faire.

Donc, il faut s'adapter. -S'adapter ou disparaître, les viticulteurs en sont là. Dans le Gers, une nouvelle génération d'exploitants refuse la fatalité.

Réunis en coopérative, ils se sont associés pour mener ensemble des expérimentations et inventer la vigne de demain. Voici le chai expérimental de Saint-Mont. Ici, les viticulteurs tentent de trouver de nouveaux cépages, les variétés de raisins qui produisent le vin.

Ils présentent au député le macin noir, un cépage très ancien qui pourrait revenir au goût du jour. -C'est tout frais, ce n'est pas encore un produit qui est tout à fait abouti. Mais ce macin noir, malgré cette couleur qui est très, très riche, on voit que c'est très profond en couleur, il titre peu d'alcool, là il fait 11,2 % d'alcool.

Donc ça c'est vraiment adapté aux consommateurs. On a des cépages qui vont être un peu plus résistants aux maladies, on a des cépages qui vont être moins chargés en alcool, on a des cépages qui vont être plus riches aromatiquement. Et ça fera les cuvées de demain. -Avec des floraisons plus tardives aussi dans l'année ? -Le tardif, comme son nom l'indique, il démarre plus tard. -Mars, avril. -Ca peut être compliqué le gel.

Et donc lui, c'est peut-être une option pour résister au gel. -Ce chai expérimental dernière génération a coûté 2,6 deux millions d'euros, financé par des fonds publics. Le plan France Relance, lancé après l'épidémie de COVID-19 a pris en charge 40 % de l'enveloppe.

Le député a fait jouer ses réseaux pour pousser le dossier. -Non, mais on s'est battu avec le gouvernement pour faire en sorte qu'une partie des fonds soit utilisée pour ça. J'ai joué humblement mon rôle de député, c'est-à-dire que j'en ai parlé aux conseillers, j'en ai parlé aux préfets, je me suis assuré que le dossier était suivi, qu'il était complet, qu'il était compris parce que c'est de l'argent public, c'est normal. -Ca c'était un projet fou qu'on a depuis 10 ans.

Et en fait, c'est vraiment l'occasion, c'est France Relance qui nous permet de le faire. Par rapport à tout ce que l'on vit, toutes les catastrophes que l'on vit, on n'a pas le droit de rester les bras croisés et attendre que ça s'arrange tout seul, parce que ça ne s'arrangera pas tout seul. -C'est difficile, être agriculteur dans le Gers, c'est difficile, on n'a pas les rendements de La Bosse, c'est sûr.

On ne vend pas le vin comme on le vend au prix du Bourgogne, c'est vrai. Mais qu'est-ce qu'on est fiers de nos produits. Et puis voilà, on se bat avec nos atouts et on n'en manque pas. -Dans le dernier budget, Jean-René Cazeneuve a aussi débloqué une aide de dix millions d'euros pour permettre aux caves coopératives de se développer.

A l'Assemblée comme sur le terrain, l'élu du Gers défend les viticulteurs sans modération. Musique