Attentat d’Arras, guerre entre Israël et le Hamas : le "8h30 franceinfo" de Manuel Valls
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:11OuverteRéponse directe
Comment est-ce possible ? Est-ce que ça signifie qu'il y a une forme d'impuissance face au terrorisme islamiste ?
- 1:20OuverteRéponse partielle
Vous avez des leçons, Manuel Valls, de l'assassinat de Samuel Paty ?
- 3:02RelanceRéponse partielle
Le terroriste d'Arras, il était fiché S, surveillé par la DGSI, ça veut dire que même quand on est dans les radars, ça n'empêche pas de tuer, est-ce qu'il y a eu des dysfonctionnements ?
- 5:17RelanceRéponse partielle
Manuel Valls-Beauveau vous reproche de ne pas avoir expulsé la famille du terroriste en 2014, quand vous étiez ministre de l'Intérieur. Que répondez-vous ?
- 6:53OuverteRéponse partielle
Ça vous blesse quand vous mettez en cause 10 ans plus tard comme ça ?
- 9:46OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut changer la loi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:04Invité politiqueFait
« C'est un mouvement mondial qui agit en plus, qui se diffuse à travers les réseaux sociaux, qui peut frapper à n'importe quel moment. »
- 2:10Invité politiqueFait
« J'avais déjà parlé d'un ennemi à la fois extérieur qui peut nous frapper, mais aussi d'un ennemi intérieur qui est en notre sein et qui peut frapper à chaque fois. »
- 4:40Invité politiqueFait
« La démonstration du travail des services de renseignement, c'est qu'il était fiché depuis 11 jours. »
- 5:54Invité politiqueFait
« Cette famille tchétchène avait été déboutée du droit d'asile. Nous parlons de 2014, mis dans un avion pour Paris. Elle a refusé, sans doute sous les conseils d'associations ou d'avocats, de monter dans l'avion qui devait les amener à Moscou. »
- 8:49InvitéChiffre
« Il y a eu 189 actes antisémites commis en France depuis le début de l'offensive du Hamas contre Israël. »
- 9:50Invité politiqueFait
« Il y a des conventions internationales, européennes, il y a des lois qui doivent être modifiées, incontestablement. »
- 10:22Invité politiquePromesse
« Il faut expulser tous les étrangers qui représentent un danger, il faut le faire vite et plus vite. »
- 11:54Invité politiqueFait
« Il y a eu la crise migratoire de 2015, il y a de plus en plus d'immigration à venir, et nous le savons. »
- 13:36Invité politiqueFait
« En 2014, il y a eu une manifestation à Paris pour Gaza, mais pour le Hamas surtout, qui allait de l'extrême gauche à l'extrême droite de Soral et de Diodonné, avec des islamistes, avec la France insoumise, avec une partie de la gauche. »
- 19:35Invité politiqueFait
« Que certains d'ailleurs aient pu contester la nature des crimes me révolte encore davantage. »
- 19:54Invité politiqueFait
« On a tué, violé, égorgé, décapité. »
Temps de parole
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France Info Bonjour Manuel Valls. Bonjour. Dominique Bernard, un prof de lettres, a été assassiné vendredi. Il y a trois ans, c'était un autre professeur, Samuel Paty. Comment est-ce possible ? Est-ce que ça signifie qu'il y a une forme d'impuissance face au terrorisme islamiste ?
J'étais il y a huit jours à Arès, dans le bassin d'Arcachon, dans une commune où le maire a décidé d'avoir un magnifique espace dédié aux héros de la République et aux principes de notre pays. et j'étais le parrain d'un monument, d'une photo, d'un mémorial consacré à Samuel Paty. Il y avait beaucoup d'enseignants, des lycéens. Les gens, trois ans après, étaient encore bouleversés et avec le sentiment d'une forme de danger qui planait toujours. Mais je ne pouvais pas imaginer ce jour-là que, quelques jours après, un autre enseignant serait tué parce qu'il était prof d'histoire géo, parce qu'il transmettait des savoirs, des valeurs, celles de la République, dont la laïcité.
Donc oui, il y a un sentiment à la fois de sidération, d'accablement, de tristesse, mais d'un danger qui n'est pas seulement derrière nous, mais qui est devant nous, parce que nous vivons avec cette menace qui est celle de l'islamisme, de l'islam politique, qui peut frapper.
Vous avez des leçons, Manuel Valls, de l'assassinat de Samuel Paty ?
Oui, bien sûr. Mais ce qu'il faut dire à travers vous, à travers les journalistes, à travers les médias, aux Français, c'est que nous vivons et nous vivrons avec cette menace permanente. L'islam, l'islamisme politique, l'islam politique, ça n'a rien à voir avec le terrorisme que les plus anciens ont pu connaître, de l'ETA, des brigades rouges, de la bande abadère, y compris d'action directe, un terrorisme de petits groupes, très isolés, dans nos pays respectifs d'Europe.
Non, là, c'est un mouvement mondial qui agit en plus, qui se diffuse à travers les réseaux sociaux, qui peut frapper à n'importe quel moment et en 2012, j'avais déjà parlé d'un ennemi à la fois extérieur qui peut nous frapper, mais aussi d'un ennemi intérieur qui est en notre sein et qui peut frapper à chaque fois.
Et quand vous avez en plus, nous l'évoquerons, un environnement international géopolitique comme ce qui se passe en Israël, au Proche-Orient, tout ça accentue les menaces et le passage à l'axe djihadisme d'atmosphère qu'évoque Gilles Kepel, où le fait que le djihadisme, le terrorisme n'agit pas par intermittence, vous-même, et c'est normal, et l'opinion réagit de cette manière, c'est à chaque événement on le commente, mais le djihadisme, le terrorisme agissent en permanence, à bas bruit, donc ils peuvent frapper à chaque instant.
Alors, en disant ça, je suis conscient du message que je fais passer, mais je l'ai toujours fait passer ainsi, y compris quand j'étais aux responsabilités, nous pouvons être frappés à chaque instant.
Mais le terroriste d'Arras, il était fiché S, surveillé par la DGSI, il avait même été interpellé la veille, en tout cas contrôlé, ça veut dire que même quand on est dans les radars, ça n'empêche pas de tuer, est-ce que, évidemment, tout le monde se demande, est-ce qu'il y a eu des dysfonctionnements ? Gérald Darmanin dit que non, néanmoins, tout le monde se pose la question.
Votre question est légitime, cette question, les Français se la posent, et j'imagine que la famille de sept enseignants se la posent aussi. Attendons d'en savoir plus, il y aura le travail d'enquête, le travail de la justice. Les services de renseignement, intérieur ou extérieur, les forces de sécurité, travaillent tous les jours d'arrache-pied, des dizaines d'attentats, depuis plus de dix ans, ont été évités. Mais le risque zéro n'existe pas.
Et donc, en effet, des terroristes peuvent passer à travers les mailles d'il fallait, d'autant plus que le mode opératoire n'a rien à voir, même si nous ne sommes pas prémunis de ce danger, avec des groupes qui préparaient, depuis Raqqa ou Moussoul, les attendats sur notre sol, comme ce fut le cas en novembre 2015. Là, ils peuvent passer, très jeunes, à l'acte, avec un couteau, une voiture, un camion, comme nous l'avons vu à Nice le 14 juillet 2015. Donc, il y a ce danger. Le ministre de l'Intérieur l'a expliqué avant hier soir, en disant, oui, il avait été contrôlé, mais il n'y avait pas d'éléments. Sur le moment, il n'y avait pas d'armes sur lui, par exemple.
Le passage à l'acte, nous sommes dans un état de droit. Donc, il faut continuer à, précisément, à resserrer les mailles du filet. La démonstration du travail des services de renseignement, c'est qu'il était fiché depuis 11 jours, c'est qu'il était connu pour sa radicalisation, dans une fratrie elle-même déjà très radicalisée, puisque le frère aîné était incarcéré pour...
Apologie du terrorisme.
Apologie du terrorisme, mais aussi association terroriste. Bon, donc, ces éléments montrent que le travail est fait, mais là, il n'y avait pas d'éléments, je crois savoir, en lisant la presse, comme vous, ou en écoutant le ministre de l'Intérieur, il n'y avait pas d'éléments pour l'arrêter. Mais il faudra sans doute en savoir plus et attendre le travail d'enquête.
Manuel Valls-Beauveau vous reproche de ne pas avoir expulsé la famille du terroriste en 2014, quand vous étiez ministre de l'Intérieur. À l'époque, vous aviez mis fin, ou votre cabinet avait mis fin à la procédure d'expulsion. Certains disent que c'était sous la pression d'associations. Que répondez-vous ?
Je ne sais pas si Beauveau explique cela. J'ai eu d'ailleurs le ministre de l'Intérieur qui m'a prévenu, qui m'a donné ces éléments-là. Je participe sur ces sujets-là à aucune polémique. Les faits sont relativement simples. Et encore une fois, cette question est légitime. Cette famille tchétchène avait été déboutée du droit d'asile. Nous parlons de 2014, mis dans un avion pour Paris. Elle a refusé, sans doute sous les conseils d'associations ou d'avocats, de monter dans l'avion qui devait les amener à Moscou. Ça veut dire qu'à l'époque, on expulsait des tchétchènes vers Moscou. Mise dans un centre de rétention.
À ce moment-là, mon cabinet, moi je n'ai pas eu à traiter ce dossier, à considérer, non pas sous la pression des associations, je ne crois pas, à considérer que la famille qui était là depuis plus de 5 ans, qui avait des enfants scolarisés du CP ou du CE1 à la 6ème, dont le terroriste d'Aras qui était en CM2, mais qui à l'époque avait 10 ou 11 ans, cette famille répondait aux critères de ce qu'on a appelé la circulaire valse concernant les sans-papiers, les expulsions d'enfants. Voilà, et donc elle n'a pas été expulsée, et je ne crois pas sous pression des associations.
Ça vous blesse quand vous mettez en cause 10 ans plus tard comme ça ?
D'abord, moi je comprends que des questions se posent pour comprendre, pour analyser l'itinéraire de cette famille, mais faire croire aux Français que c'est parce que cette famille n'a pas été expulsée en 2014, alors qu'elle était en France depuis 2008, donc on pourrait aussi s'interroger pourquoi elle n'a pas été expulsée, alors qu'elle n'avait pas le titre de séjour, alors il y avait une procédure d'asile qui était en courbe. C'est des débats que je peux comprendre, ce sont des polémiques inutiles, et ce qu'il faut comprendre surtout, c'est le processus de radicalisation. J'écoutais il y a un instant sur votre antenne, l'un des collègues de M. Marchand, qui disait que l'élève... M.
Bernard. M. Bernard, pardon, que l'élève était un bon élève, mais qu'il avait aussi fait montre de signes, de lumière rouge de radicalisation. Donc comment, quand on a ces éléments-là, pourquoi ça ne remonte pas plus vite ? Pourquoi il ne peut pas y avoir déjà des process de protection ? Bref, voilà, mais toutes ces questions sont légitimes, et moi, j'essaie d'établir uniquement les faits. Les polémiques n'ont pas, et surtout, soyons très transparents vis-à-vis de nos compatriotes.
Et ces questions, on va y revenir dans un instant. Manuel Valls, juste après, le fil d'info de Diane Ferchit, à 8h41.
À Gaza, le déplacement des habitants du nord vers le sud de l'enclave se poursuit, l'Organisation mondiale de la santé a l'alerte sur le sort des personnes hospitalisées. Les déplacés seraient l'équivalent d'une peine de mort, affirme l'OMS. Si Israël, de son côté, assure que l'armée ne démarrera pas aujourd'hui son offensif terrestre à Gaza, un délai supplémentaire qui n'apportera pas de solution à la population civile, souligne sur France Info le comité international de la Croix-Rouge. À Gaza, il n'y a, selon lui, plus de carburant, des difficultés à cheminer de l'eau ainsi que de la nourriture.
Et selon Gérald Darmanin, il y a eu 189 actes antisémites commis en France depuis le début de l'offensive du Hamas contre Israël. Et la réplique de l'État hébreu, 65 interpellations, le ministre de l'Intérieur qui souhaite l'expulsion systématique de tout étranger, considéré comme dangereux après l'attaque au lycée Gambetta d'Arras, un professeur de français tué à l'arme blanche par un jeune assaillant. Au total, 11 personnes sont ce matin en garde à vue. La Coupe du Monde de Rugby, avec ce choc, ce soir en quart de finale, la France affronte l'Afrique du Sud, l'Afrique du Sud championne du monde en titre. Ce sera au Stade de France, coup d'envoi à 21h. France Info
Le 8.30 France Info, Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot.
Toujours avec Manuel Valls, ancien Premier ministre, qu'on parlait de l'attaque terroriste d'Arras. Ce qui interpelle aussi, c'est qu'alors que l'assassin était connu, donc on en parlait pour radicalisation, alors qu'il avait vu sa demande d'asile refusée, il n'était pas expulsable parce qu'il était arrivé en France avant 13 ans. Est-ce qu'il faut changer la loi ?
Il y a des conventions internationales, européennes, il y a des lois qui doivent être modifiées, incontestablement. Nous vivons avec cette menace terroriste déjà depuis des années, avec des actes, des dizaines de morts, de blessés, des familles endeuillées, un pays touché par le terrorisme et qui vit et qui vivra avec cette menace. Donc il faut continuer à mieux protéger nos Français. Donc il faudra modifier, il faut modifier les lois pour expulser, comme l'a annoncé d'ailleurs le ministre de l'Intérieur.
Vous appelez à voter la prochaine loi immigration qui prévoit notamment...
Il faut expulser tous les étrangers qui représentent un danger, il faut le faire vite et plus vite.
Moi je pense qu'il faut, alors je sais de ne pas mélanger tous les sujets, mais il y a une loi en préparation concernant l'immigration, moi j'appelle un changement profond, ce n'est pas la première fois que je le dis dans cette matière, et qui passe par un consensus, en tout cas un accord très large, entre l'Assemblée et le Sénat, entre la majorité présidentielle et la majorité sénatoriale, pour dire stop à l'immigration, pour revoir les processus d'expulsion, pour mettre à plat le regroupement familial, les questions d'asile évidemment dans un cadre européen, pour protéger, là c'est la responsabilité des pays, l'Union Européenne, nos frontières et notamment du Sud.
Bon, et pour investir aussi massivement, ça va bien au-delà de cette loi en Afrique, qui est le continent de demain. Donc sur toutes ces questions, il faut être extrêmement très ferme. J'appelle aussi à revoir évidemment l'accord de 1968 avec l'Algérie. Il faut changer nos politiques d'immigration, qui sont à peu près les mêmes depuis 40 ans.
Vous appelez donc à voter la nouvelle loi immigration du gouvernement, et votre ancien parti, le parti socialiste, lui refuse de voter cette loi, il dit qu'il n'en voit pas la nécessité, est-ce que là-dessus les socialistes français se trompent ?
Oui, mais bon, je suis parti du PS en 2017, donc je n'ai pas de conseil à leur donner. Mais regardez ce que font par exemple les sociodémocrates au Danemark. Partout il y a des changements, y compris de la part de la coalition de gauche qui gouverne l'Allemagne. Donc oui, il faut des changements, parce qu'il y a eu des évolutions. D'abord il y a eu la crise migratoire de 2015, il y a de plus en plus d'immigration à venir, et nous le savons.
Donc c'est un déni de réalité de la part des socialistes ?
C'est un déni de réalité face au bouleversement démographique que l'Afrique va connaître, face évidemment à l'immigration liée, par exemple, au changement climatique. Donc ça veut dire qu'il faut investir en Afrique, qu'il faut lutter contre le réchauffement climatique, mais il faut aussi que l'Europe se protège, protège ses frontières, puis il faut se poser des questions. Moi je crois qu'on n'a pas besoin de davantage d'immigration économique. Alors il faut sans doute des quotas pour un certain nombre de secteurs, donc il faut de ce point de vue-là une évolution de la constitution. Donc il faut un changement. Et si la gauche est dans le déni face à la réalité...
Il faut modifier la constitution pour revoir des règles d'immigration ?
Nous sommes à gauche depuis de nombreuses années, je pense à Julien Drey ou à Malek Bouti, nous défendions l'idée des quotas. Mais pour avoir des quotas, oui, et avec un débat annuel à l'Assemblée nationale ou au Parlement, il faut un changement, une évolution de la constitution. Donc il faudra aussi des évolutions constitutionnelles. Je n'appelle pas seulement à voter la loi que présente Gérald Darmanin et du SOPT, mais il faut aller plus loin et il faut trouver un accord avec les Républicains au Sénat comme à l'Assemblée nationale.
Je crois que c'est surtout dans le contexte actuel, c'est un point fondamental qui montrera que les responsables politiques, que les élites politiques de ce pays ont compris ce qu'attendent les Français sur ce sujet.
Et quel regard vous portez sur la gauche aujourd'hui quand on voit que certains insoumis ont refusé de qualifier le Hamas de terroriste ?
Vous savez, je ne suis pas étonné. Je m'étonne en revanche que certains s'étonnent ou se questionnent sur la nature de Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise. En 2014, il y a eu une manifestation à Paris pour Gaza, mais pour le Hamas surtout, qui allait de l'extrême gauche à l'extrême droite de Soral et de Diodonné, avec des islamistes, avec la France insoumise, avec une partie de la gauche. Et on a crié dans les rues de Paris, pour la première fois depuis la libération, mort et juif. Jean-Luc Mélenchon et ses amis ont participé à une manifestation contre la soi-disant islamophobie dans laquelle aussi il y a eu des cris antisémites. Donc, tout ça n'est pas nouveau.
Donc, la France insoumise, qui refuse, qui soutient les émeutiers de juin et de juillet, qui accuse la police dans son ensemble d'être raciste, qui accueille l'antisémite médine dans ses universités, refuse d'appeler le Hamas une organisation terroriste. Donc, elle est disqualifiée, cette organisation.
Elle n'est plus dans l'arc républicain.
Elle n'est pas dans le champ républicain. Elle sort même d'une certaine vision des valeurs universelles. Comment peut-on continuer à participer à une alliance avec cette force politique ? La question, elle est plutôt, comment a-t-on pu bâtir une alliance, sinon pour quelques sièges de députés, avec Jean-Luc Mélenchon et ses amis ? C'est un pire politique et moral dans lequel le PS s'est mis à lui d'en sortir.
Vous connaissez bien Jean-Luc Mélenchon et vous le connaissez depuis longtemps. Il a eu, à une époque, un discours très différent. Vous aviez même signé une tribune avec lui en 2003, c'était il y a longtemps, dans laquelle vous vous opposiez de concert à l'islamologue Tariq Ramadan, que vous accusiez à l'époque, je cite, d'antisémitisme habillé d'un prétendu progressisme au nom de la défense de la Palestine. Comment, Jean-Luc Mélenchon, a-t-il pu changer à ce point ?
Cette tribune, elle de 2003, que j'ai signée avec Jean-Luc Mélenchon, Vincent Payon et d'autres, était prémonitoire. Moi, j'ai fait, évidemment, des erreurs dans ma vie politique, mais sur l'essentiel, sur ce qu'est ma colonne vertébrale républicaine, sur la lutte contre l'antisémitisme, sur le fait qu'on ne pouvait pas y avoir ce pacte faustien avec l'islam politique, avec d'autres, mais j'avais raison. J'avais raison avec Elisabeth Ballinter, Caroline Forest, ou l'équipe de Charlie Hebdo, qu'il a payé de sa vie. Et donc, c'est Jean-Luc Mélenchon qui a évolué, qui a changé. Pourquoi l'a-t-il fait ? Par électoralisme ? Mais évidemment, évidemment, parce qu'il y a une partie de la gauche.
Je pense à Edoui Plenel, je pense au NPA, je pense à la France insoumise, à des secteurs du Parti communiste et des écologistes, parfois à des socialistes, à penser qu'il y avait une masse nouvelle faite par l'immigration, les enfants de l'immigration, par les musulmans, les enfermant d'ailleurs dans une seule communauté, ce qui est tout à fait insupportable, d'une certaine manière, c'est du racisme, et que ce nouveau prolétariat, au fond, méritait une écoute et on pouvait excuser, du coup, tous les excès. Non, cette même gauche, j'ai du mal d'ailleurs à la qualifier de gauche, qui refusait d'être Charlie.
Donc, là, il y a une évolution idéologique, politique, évidemment opportuniste, qui est particulièrement dangereuse. Si Jean-Luc Mélenchon était un groupuscule, son parti était un groupuscule, comme le NPA, d'une certaine manière, ça n'aurait pas beaucoup d'importance, mais il avait 22%, il a des dizaines de députés à l'Assemblée nationale, il a une influence, ses messages sont entendus, donc il divise la société française. Donc, c'est pour ça que moi, j'appelle un cordon sanitaire autour de la France insoumise, et qu'il ne peut pas y avoir d'alliance, ni de premier, ni de deuxième tour. Il faut une disqualification politique, morale, civique,
à son égard. Manuel Valls, on se retrouve dans un instant, juste après le fil info, à 8h50, avec Dan Ferschit.
Les suites de l'enquête sur l'attaque au lycée Gambetta d'Harras, 11 personnes sont désormais en garde à vue dont le principal suspect, un jeune homme de 20 ans, né en Russie, fiché S pour radicalisation. Gérald Darmenin, le ministre de l'Intérieur, veut afficher sa fermeté. Il demande l'expulsion systématique des étrangers, considérés comme dangereux. À Arras, un hommage sera rendu ce matin à Dominique Bernard, l'enseignant, tué vendredi à l'arme blanche, hommage qui doit débuter à 11h dans le centre-ville non loin du lycée Gambetta.
Les Etats-Unis envoient un deuxième porte-avions en Méditerranée orientale alors que le secrétaire d'Etat américain rencontre le prince héritier d'Arabie saoudite après que Riyad a suspendu hier ses discussions sur une possible normalisation de ses relations avec Israël. Et pour des raisons humanitaires, l'armée israélienne assure qu'elle ne débutera pas aujourd'hui son offensif terrestre dans la bande de Gaza où des milliers d'habitements du Nord cherchent à fuir vers le Sud. La conférence sociale sur les bas salaires elle s'ouvrira demain sous l'égide d'Elisabeth Borne.
Il y a une volonté commune de renforcer la démocratie sociale, d'avoir un moment d'unité assure ce matin la première ministre dans la tribune dimanche. Elle propose la mise en place d'un Haut Conseil des Rémunérations. France Info
Le 830 France Info Agathe Lambret Jean-Rémi Baudot
Toujours avec Manuel Valls ancien Premier ministre Manuel Valls vous vous rendez en Israël aujourd'hui. Vous êtes un ami de l'État hébreu. Le pays a vécu l'attaque la plus meurtrière de son histoire depuis sa création. Est-ce qu'il y aura un avant et un après ? Certains disent qu'aujourd'hui Israël n'est plus Israël.
Israël est toujours Israël. C'est la seule démocratie du Proche-Orient. C'est un allié. Ce pays a des valeurs fondamentales qui me touchent depuis des années. Je me rends en Israël depuis le début des années 80. C'est un pays évidemment qui a beaucoup changé mais qui est confronté évidemment à des défis considérables. D'abord à une hostilité autour de ce pays même s'il y a eu des évolutions. Les accords d'Abraham ont été évidemment une évolution extrêmement positive et j'espère que le dialogue notamment avec l'Arabie Saoudite avec le monde sunnite se poursuivra mais qui n'est pas invulnérable. Il n'y a pas de pays d'ailleurs invulnérable mais qui a été attaqué il y a tout juste une semaine.
Seulement une semaine d'une manière effrayante. Que certains d'ailleurs aient pu contester la nature des crimes me révolte encore davantage. Sur votre antenne ce matin j'écoutais depuis un hôpital d'Israël un docteur, un médecin signalait qu'elle avait été la nature des crimes totalement effrayant. On a tué, violé, égorgé, décapité. C'est pour ça qu'on a parlé de l'accélération du 11 novembre ou une réplique du Bataclan et des terrasses de Paris. Tout à fait effrayant. Ce pays a été confronté à un pogrom. Israël s'est fondé parce que c'était l'idéal sioniste mais aussi parce qu'il y avait la Shoah en Europe.
Donc le sentiment que la barbarie, l'unanimité du Hamas rappelait ce qui s'était passé il y a 70 ans. Donc ce pays évidemment a le droit de se défendre mais je pense que la société israélienne a la force de rester autour de l'idéal sioniste, autour des valeurs de ce pays.
Mais jusqu'où doit aller le soutien ? Vous le dites. Israël doit riposter, veut éradiquer le Hamas. Peut-être ils espèrent retrouver leurs otages mais le risque est aussi de tomber dans un piège tendu par le Hamas. Est-ce que certains appellent à avoir un peu de retenue notamment sur le fait de la pression militaire qui peut être exercée sur le nord de la bande de Gaza ? Notamment il y a une question humanitaire qui est centrale. Il y a un blocus très fort. Est-ce qu'aujourd'hui malgré tout, malgré l'horreur, malgré tout ce qu'on vient de se dire, il faut réfléchir à la question de jusqu'où doit aller Israël dans cette riposte ?
Nous pleurons Dominique Marchand et nous pleurons Dominique Bernard. Décidément, je suis vraiment désolé, Dominique Bernard et nous pleurons aussi 17 de nos compatriotes morts en Israël et avec sans doute, et nous le savons, des otages français, binationaux dans la bande de Gaza. Donc c'est d'une certaine manière le même combat. C'est pour ça que nous soutenons Israël. Le Hamas ne représente pas la cause palestinienne. mais justement ce sont les civils
qui sont sous les bombes aujourd'hui.
Bien sûr et je comprends les appels à la retenue de la part d'Israël, de son armée de Tzal, mais comment faire ? Israël a le droit de se défendre,
de récupérer. Mais vous voulez dire qu'Israël n'a pas le choix, que la riposte doit forcément être terrible ?
Mais comment rentrer dans la bande de Gaza avec 2 millions d'habitants pour rechercher les otages, pour continuer de frapper et de traquer le Hamas, pour éradiquer l'organisation militaire du Hamas ? C'est une opération militaire extrêmement difficile et risquée aussi bien bien sûr pour les civils mais aussi pour les militaires israéliens. Donc c'est extrêmement compliqué, difficile. Par principe je fais confiance à cette armée mais nous savons qu'une guerre contre le terrorisme est particulièrement difficile à livrer.
quand François Hollande a ordonné il avait annoncé à la tribune du congrès après le 13 novembre des frappes sur Raqqa ou Moussoul évidemment c'était des frappes ciblées mais nous savions qu'il pouvait y avoir des populations civiles touchées tout simplement parce que ces organisations islamistes n'ont aucune retenue aucune volonté de protéger leur propre population donc il n'y a pas d'alternative donc l'alternative c'est d'agir c'est d'éradiquer évidemment le Hamas c'est d'essayer d'éviter qu'il y ait des morts civiles mais c'était extrêmement difficile d'où les appels à partir d'où des appels et pour le moment et le Hamas et l'Égypte ne le souhaitent pas qu'il y ait un couloir humanitaire c'est cette retenue évidemment qui est nécessaire mais on ne peut pas empêcher Israël si on lui apporte son soutien de frapper le Hamas avec des conséquences qui seront lourdes évidemment nous le savons mais c'est la dure réalité la nécessité d'éliminer le Hamas de l'éradiquer oblige à une intervention militaire de très grande ampleur sur Hamas nous verrons comment elle se déroule sur Gaza on verra dans quelles conditions elle se déroule
et le risque c'est pas aussi une régionalisation du conflit le Hezbollah a fait savoir qu'il était entièrement préparé à intervenir contre Israël et qu'il le ferait au moment propice c'est un risque réel avec la menace iranienne derrière le Hezbollah
parce que ce risque existe nous soutenons Israël parce que ce risque existe les Etats-Unis ont déployé un ou deux portes à avion en face d'Israël la diplomatie évidemment doit agir c'est ce que cherchait le Hamas à ce qu'il y ait une interruption du dialogue entre Israël et l'Arabie saoudite bien sûr que ce risque existe mais face à cette attaque face aux menaces dans lesquelles derrière il y a l'Iran le Hezbollah est une organisation comme le Hamas très proche de l'Iran il faut faire passer des messages d'une très grande fermeté mais le premier message de fermeté c'est un soutien très fort à Israël dans ce moment difficile pour l'Etat hébreu
vous croyez encore à la solution à deux Etats
je pense qu'à terme c'est la solution les palestiniens ont le droit de vivre librement et en liberté hors de cette chape de plomb que représente le Hamas qui est une organisation terrible qui emprisonne qui tue ses opposants qui poursuit les homosexuels qui cache les femmes sous un voile qui est une organisation qui veut l'éradication d'Israël qui est une organisation antisémite oui bien sûr qui est très proche des frères musulmans qui nous mène partout cette guerre et nous sommes nous victimes de la pensée de l'action des frères musulmans comme des salafistes oui je l'espère qu'il y a cette solution mais aujourd'hui la priorité c'est la défense d'Israël et l'éradication du Hamas
Monsieur l'ancien Premier ministre Manuel Valls merci beaucoup d'avoir été notre invité ce matin dans le 8.30 merci beaucoup Agathe Lambret