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AutreFrance Culture (sur YouTube)· 28 juillet 2026 39 minMixte

Anne-Claire Legendre, une DIPLOMATE à la tête de l’IMA (l’Institut du monde arabe)

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ancienne conseillère Afrique du Nord et Moyen-Orient du président Macron, elle est désormais le visage de l'institut du monde arabe qui fêtera l'année prochaine ses 40 ans. Celle qui fut aussi consul général à New York, ambassadrice de France au Kuwait, a succédé à Jacklang après sa démission en février. Elle parle arabe, elle est réputée fine connaisseuse de la région et garde de fait un pied sur le terrain diplomatique aux côté d'Emmanuel Macron en Syrie début juillet ou encore de Sébastien Lecnu il y a quelques jours au Maroc.

Bonjour Anneclaire Legendre. Bonjour Bergerbondre. Merci beaucoup d'avoir accepté l'invité l'invitation des matins d'été.

Alors bon gens, il y a une grande nouvelle qu'on attendait plus. retarder de mois en mois. L'inauguration de l'Institut du monde arabe a lieu aujourd'hui 30 novembre en présence du président de la République.

Alors Jean Nouvel est aujourd'hui l'invité de culture matin. Bonjour Jean Nouvel. Vous venez aux Aurores.

Racontez-nous comment vous avez eu l'idée de mettre en scène une des spécificités de l'Institut du monde arabe sa bibliothèque. L'Institut du monde arabe c'est au bas du boulevard Saint-Germain Saint-Bernard. face à la scène et face à Saint-Louis.

Alors, il fallait trouver absolument un signe d'arabité fort qui marque ce bâtiment. Donc, on le componde pas avec un immeuble de bureau ou le centre de la sécurité sociale. Donc, on a essayé de développer l'aspect bibliothèque en tant que symbole et on a eu l'idée donc de les faire promener dans le paysage parisien pour aller chercher ce livre.

Alors, d'où l'idée de la tour à livre d'une tour de livres qui ressemble finalement à une sorte de zigourate qui pour les Arabes est une référence presque directe au minaret de la mosquée de Samara. Voilà, certains auront reconnu sans doute la voix de Jean Lebrin, présentateur de Culture Matin. On est en 87 pour l'inauguration de de Lima et et j'en nouvelle évidemment l'architecte Zigourat, ça vous parle, c'est pas un piège.

Nous, on a cherché. Ce n'est pas un piège. Et puis l'autre l'autre phénomène évidemment dont tout le monde se souvient sur ce bâtiment, c'est évidemment les mouches arabier qui sont le deuxième signe de d'arabité de ce bâtiment.

Zigorat, je dis parce qu'on a on a cherché ce matin en entendant cette archive qui est un un édifice mésopotamien à degré, c'est-à-dire un empilement de plusieurs terrasses hautes supportant probablement un temple construit à sans sommet. Voilà pour le petit point vocabulaire. Quand on y est tous les jours dans ce bâtiment, c'est comme c'est particulier, c'est un un bonheur, j'imagine.

Qu'est-ce que vous ressentez quand vous rentrez dans cette ce bâtiment incroyable tous les jours ? Bah ce bâtiment, il est tellement iconique pour tous les Parisiens et pour tous ceux qui le connaissent que c'est très émouvant d'y être au quotidien. Euh c'est émouvant aussi de de continuer de croiser des des étudiants en architecture qui viennent euh l'étudier et donc que l'on croise aussi dans les couloirs et toujours dans la bibliothèque.

Et la bibliothèque, c'est pour moi un lieu que j'ai fréquenté quand j'étais étudiante euh en arabe. Euh donc je connaissais ce lieu de l'intérieur de cette fameuse tour des livres que décrit Jean Nouvelle dans votre archive et c'est donc particulièrement émouvant, impressionnant. C'est une fierté évidemment. que d'officier tous les jours avec toute l'équipe.

Ça fait 5 mois que vous êtes à la tête de l'Institut du monde arabe. Les weekends sont un peu plus calme qu'à l'Élysée, j'imagine. Un peu plus calme ?

Trop ? Non, pas du tout. [rires] Les soirées sont aussi plus festives probablement qu'à l'Élysée puisque on a toute une programmation culturelle extrêmement riche qui nous amène quand même à être sur le terrain tous les soirs et souvent le weekend.

Les équipes sont là évidemment pour animer aussi le musée, les expositions et et toute le et tout le centre culturel. Je dis ça parce que les les l'Élysée évidemment c'est un quotidien plein d'adrénaline en permanence et cetera et greffé au portable 24 he/ 24. Là c'est plus le cas euh parce que vraiment c'est ce que vous avez vécu.

Enfin le la transition se fait euh avec bonheur. La transition s'est faite très rapidement compte tenu des circonstances de ma nomination. Euh, elle s'est faite avec bonheur parce que moi je vivais cette adrine depuis quand même un très grand nombre d'années avant l'Élisée.

C'était le porte-parola du Cadors où on est là aussi accroché son téléphone portable et puis d'autres fonctions où on l'est tout autant que ça soit au conseil de sécurité ou ailleurs. et d'arriver à prendre un pas de recul, c'est aussi particulièrement important, je pense, dans un moment de très grande conflictualité dans cette région et donc de pouvoir depuis l'Institut du monde arabe adopter une autre attitude pour moi, c'est c'est une forme de continuité, même si elle s'inscrit en effet dans une autre modalité d'action. Pourquoi avoir voulu passer comme ça de l'ombre à la lumière ?

On vous on vous dit on vous disait discrète pour pas dire timide euh et et et vous voilà à inaugurer à présider l'inauguration de de l'expouse avec le président de la République d'un côté, Gassan Salamé, ministre libanais de la culture de l'autre. Euh c'est vous allez un peu contre votre nature ? Euh oui, je pense pas que je ne me serais imaginé à cette position il y a il y a quelques années.

Euh mais la diplomatie c'est aussi un métier de de où on représente l'État. Donc ça m'est arrivé quand même à certains dans certain nombre de fonctions à New York au Cowit comme porte-parole du Cadoret où j'ai je suis venue régulièrement sur vos antennes. Donc en effet dans l'ombre de des décideurs puisque on est toujours en tant que au fonctionnaire le conseiller ou celui qui conseille mais pas celui qui décide.

Et là, c'est là qu'il y a un changement en effet à l'Institut du monde arabe. Mais pour moi, il y avait vraiment une continuité euh d'action au sens où je me suis aussi confrontée aux limites de la diplomatie telle qu'elle est pratiquée. C'est-à-dire que quand vous travaillez sur le Moyen-Orient qui est traversé par une forme de conflictualité quasi permanente depuis 20 ans, vous constatez aussi qu'il y a toute une série de de questions qui ne relèvent pas uniquement des intérêts, mais qui relèvent aussi des émotions, des imaginaires, des narratifs et que finalement au bout de voilà de de 30 ans d'échec du processus d'Oslo par exemple, on se dit qu'il est nécessaire de pouvoir trouver des terrains qui produisent des imaginaires nouveaux.

Mais c'està-dire que vous vous dites que vous serez plus utile et que le dialogue avancera davantage à ce poste là que que que à l'Élysée ? C'était pas une question d'être plus utile, je pense que c'est complémentaire et je pense qu'on a besoin de nouveaux imaginaires. On a besoin de de construire des narratifs ensemble et on voit bien que c'est aujourd'hui ce qui manque profondément à cette région, que ce soit évidemment dans un conflit aussi ancré dans l'histoire. quel est le conflit israélo-palestinien, mais que ce soit aussi dans le rapport à l'histoire, par exemple, je pense au Liban qui est à nouveau euh le l'objet d'un conflit qu'il n'a pas choisi, mais on voit que c'est aussi une résurgence qui est aussi le produit d'une d'une histoire, d'une mémoire qui n'est peut-être pas traitée et je crois beaucoup dans le rôle de des artistes de la culture pour pouvoir justement approcher ces questions qui sont devenues de des formes de trauma caché et que la diplomatie classique a du mal à traiter.

Mais vous voyez, vous parlez du Liban et on pourrait dire un mot de l'expous, magnifique expo biblose sur le sur ce site au nord de Beout qui incarne bien la manière dont la guerre peut interférer avec le avec l'art et la culture. J'imagine que c'est à la fois une satisfaction d'avoir pu mener à bien cet expo malgré les bombardements israéliens. simplement, est-ce qu'on peut se satisfaire de garder cette comme cette seule enclave de Biblos hors de la guerre ?

Non, bien sûr que non. Aujourd'hui, il y a toute une série de sites menacés au Liban. Vous savez qu'ils ont été d'ailleurs inscrits de façon exceptionnelle lors d'une séance extraordinaire de l'UNESCO sur la site des sites protégés.

Et aujourd'hui, Tire qui est là aussi un site majeur pour l'histoire de l'humanité et directement euh menacé par les bombardements israéliens. Donc c'est absolument pas satisfaisant. Euh ce que ça apporte en revanche, c'est le rappel que cette histoire est une histoire commune.

Est une histoire qui n'est pas seulement celle du Liban, mais qui est celle de l'humanité et qu'il est dès lors de la responsabilité de la totalité de la communauté internationale que de se mobiliser pour la préserver. Et je crois que c'est ce message que passe cette exposition. C'est aussi un message qui rappelle à quel point l'histoire du Liban et et cette histoire de de contact, de dialogue, de de hub finalement commercial, mais à travers le commerce de lien entre nos cultures.

Cet expo, elle se conclut presque sur le l'enlèvement d'Europe. Enlèvement d'Europe et Europe est une princesse de la ville de Tir qui est aujourd'hui sous les préciser sous les bombardements. princesse donc libéanaise qui qui est enlevée par Zeus et dont finalement le la recherche par son frère Cadmos apportera l'alphabet à la Grèce et donc l'alphabet à l'Occident.

Je le disais Biblo, c'est été épargné a été épargné pendant la guerre dans les années 7080 elle est à nouveau, corrigez-moi si je me trompe mais depuis mars il y a pas je pense pas que Bib été bombardé. La France parle régulièrement du Liban, elle sauve ses œuvres. Mais elle fait quoi pour sortir le Liban de la guerre ?

Alors moi, je ne suis pas je ne suis plus à la manœuvre sur ces questions-là, mais la France, elle a toujours été au côté du Liban. Elle continue à l'être dans une situation de très grande conflictualité dans la région avec une guerre qui a été qui est subie par le Liban, qui est aussi la résultante de de conflits qui se sont étendus dans la région. On voit bien que on est finalement passé de d'une attaque terroriste majeure et barbare contre Israël à l'extension donc de la guerre à Gaza et désormais une conflictualité régionale avec un conflit qui s'est ouvert à l'Iran et qui a des répercussions sur le Liban et le Liban a trop souvent été dans son histoire et c'est à nouveau le cas la victime je dirais collatérale de conflits qui finalement ne lui appartiennent pas et aujourd'hui on a à la fois un sujet qui qui est tout à fait intérieur au Liban, leboll, mais on a aussi l'implication de l'Iran et une volonté de la part d'Israël de se protéger, y compris au prix des souverainetés et de la sécurité des peuples voisins, ce qui est évidemment inacceptable et ce sur quoi la diplomatie française continue de se mobiliser.

On reviendra probablement un peu plus tard sur globalement cette situation au Moyen-Orient. continue à à bien comprendre le la façon dont vous concevez votre rôle à la tête de Lima. Au moment de la succession de Jack Lang, une source au sein de l'exécutif citée par le monde disait "C'est une rupture claire qui est recherchée à la présidence de l'IMA." C'est quoi ça veut dire quoi cette rupture ?

Ça veut dire que avec Jack Lang, nous n'avons pas tout à fait la même génération. Donc je pense qu'il y a il y a évidemment un changement dans l'approche que je peux apporter à l'institution. Comment vous qualifériez cette nouvelle approche, cette rupture ?

He quand on dit rupture, c'est fort. Tout à fait. Donc, je pense qu'il y avait d'abord un sujet de transparence.

C'est aussi là-dessus que j'étais attendu. Donc, nous avons pris un certain nombre de mesures, mis en place des règles réaffirmées de déontologie avec un référent déontologie, une charte déontologique, une plateforme de signalement conduit un audit qui arrivait qu'il n'y avait pas d'irrégularité dans les comptes de l'IMA. Donc ça c'était important de pouvoir rassurer tout le monde, à la fois les équipes qui évidemment ont été profondément choquées par cet épisode, mais aussi tous les soutiens puisque le l'Institut du monde arabe est aussi bénéficiaire d'un certain nombre de soutiens des bailleurs.

Et ensuite, je crois qu'il y a aujourd'hui euh un monde arabe qui a énormément changé au-delà de la conflictualité qui est présente sur tous les médias. Euh on a aujourd'hui un une scène culturelle extraordinairement effervescente dans le monde arabe avec des institutions culturelles majeur euh que ça soit dans le Golf mais aussi au Maroc où j'étais récemment et euh et je ne suis pas sûre que la scène européenne et française ait pris la mesure de cette transformation culturelle et du fait que finalement une partie de l'imaginaire de la façon dont la vision du monde se construit se construit dans cette géographie là et et donc il me semble que l'IMA doit lui faire toute sa place. Donc ça c'est vraiment un des axes qu'on essaie de de mettre en place avec les équipes en ce moment, c'est-à-dire nouer des liens direct avec ces acteurs culturels sur le terrain, que ce soit des de grands festivals, de grandes institutions, le doa Film Institute, le Mathhaf, le Red Sea Festival, toute une série de musées qui désormais forment aussi une autre vision du monde et que nous avons vocation à montrer ici sur la scène. française.

Vous vous dites le le l'audit montre qu'il y a pas d'irrégularité dans les comptes. Euh ça n'en fait pas un établissement à l'équilibre. C'est un établissement qui qui est structurellement déficitaire.

Et il y a eu un rapport de la la cour des comptes d'ailleurs fin 2014 qui montrait que le que le modèle qui était prévu au départ 40 % du budget courant financé par les États-rabes, 60 % par la France était plus respecté. Euh comment on fait euh les États-rabes qui qui ont diminué leur leur contribution ces dernières années, vous vous êtes là aussi pour euh les ramener dans le ramener ces 22 états dans le dans le dans un soutien prévu au départ. Alors, le rapport de la Cour des comptes tout d'abord n'est pas si négatif que ça.

Il est plutôt moins que que pour d'autres institutions euh culturelles. Euh mais il y a effectivement un sujet euh de gouvernance financière. Euh le schéma qui était prévu initialement en 87 comme l'archive le rappelait, c'était 60 % de financement par l'État français, 40 % par les États arabes.

Sachant que nous avons donc 22 États de la Ligue arabe présents dans les instances de gouvernance et qui sont à l'origine de cette institution au côté de de la France. Donc aujourd'hui, il y a une subvention qui reste pérenne de la part de l'État français qui constitue donc presque 45 47 % du budget et le reste est euh est est soutenu par des ressources propres mais également par du messen et par des contributions de la part des États arabes mais qui ne sont pas régulières. C'est-à-dire qu'on a perdu cette forme de régularité.

Est-ce lesquels joue le jeu clairement ? Alors, les en fait les États jouent le jeu en fonction de projets qui les intéresse ou en fonction de euh de d'éléments euh relatif à l'institution euh qu'ils vont soutenir. Donc, par exemple, l'Arabie Saoudite a mis 6 millions dans la restauration des fameux mouches arabiers.

Le Kuwait a restauré l'ensemble de la bibliothèque. Euh les Émirats arabes unis, le Qatar contribue activement à toute la politique relative à la langue arabe, la traduction. Donc on a toute une série d'acteurs et nous venons évidemment de signer une nouvelle convention avec le Maroc qui à travers laquelle le Maroc indique son sa disposition à financer l'institution à hauteur de 1 million d'euros par an.

Donc on voit bien que ce sont sur la base de projets qui intéressent les États et je pense que c'est ça qu'il faut renforcer. C'est-à-dire qu'en travaillant avec tous les acteurs culturels de la région, on peut aussi faire de la coproduction, faire du co-commissariat et donc avoir un dialogue plus en amont avec ces acteurs culturels de façon à répondre à ce que eux souhaitent aussi voir à l'institut du monde arabe. [grognement] Euh juste les les grands travaux qui avaient été envisagés par Jack Lang, justement, les réflections des mouches arabés et cetera, qui ont parfois été euh un peu un peu critiqué parce que folie des grandeurs, on on en est où de ça ?

Et on garde les mêmes euh la même ambition ? Non, les mouches arabien ont déjà été restauré, donc euh il fonctionne euh grâce à notamment le financement de de l'Arabie Saoudite. Euh le nouveau musée est une nécessité pour l'institution.

Donc c'est un projet sur lequel nous travaillons aujourd'hui euh sur lesquels euh nous allons mobiliser les États arabes mais également les messes et donc les donateurs privés. En en deux mots, de quoi de quoi on parle de de on parle d'un budget total de 18 millions d'euros euh pour faire la réflexion de l'entièreté du musée de l'IMA puisque au-delà des expositions que nous avons, nous avons une collection permanente et cette collection permanente s'est trouvée élargie euh et euh d'une très belle donation donation de Claude et France Lement qui compte 2000 œuvres modernes et contemporaines et qui vient finalement compléter l'histoire que nous racontions dans le musée qui était essentiellement une histoire dédiée aux arts de l'islam et à la partie ethnographique. Donc, il s'agit pour pouvoir mettre en valeur cette connexion, cette connexion de revoir le musée, de le redessiner dans sa scénographie et aussi de retrouver ce qui était un élément essentiel de l'architecture de Jean Nouvelle, la transparence et la visibilité sur la ville et depuis la ville sur les collections de Lima.

Ça c'est des travaux qui vont durer combien de temps et et qui ont lieu quand ? Alors, notre souhait de pouvoir les ouvrir à l'été prochain et euh si le calendrier est tenu qu'il ne dure qu'une année pour ne pas priver le l'institut de sa collection permanente. Annec le gendre, en quoi le les coopérations entre l'IMA et les pays arabes sont sources de rapprochement ?

Il y a eu diplomatique, j'entends c'est c'est il y a eu toute une série toute l'époque langue a été émaillée c'est c'est de polémique. Alors j'en reprenais j'en noté une en 2019 Israël avait protesté parce qu'ils apparaissaient pas sur une carte de la région à l'expoasis en Arabie Saoudite. 2 ans plus tard c'est des intellectuels arabes qui eux avaient appelé au boycotte parce que l'IMA avait emprunté des œuvres à des institutions israéliennes.

C'est c'est évitable ça parce qu'il y a rapprochement mais il y a aussi distance. Bah c'est un lieu de débat, c'est un lieu de débat sur tous les conflits de la région. Donc vous voyez, on a tenu par exemple à Lima une rencontre des sociétés civile palestinienne et israélienne le 12 juin à l'initiative de Jean-Noel Barreau et ça permet ce ce dialogue.

C'est évidemment dans un moment compliqué, un moment où se pose la question du boycott culturel avec Israël que soiennent certains. Euh donc on voit bien que ces questions vous êtes opposé. Bah moi je suis opposé personnellement.

Je ne crois pas que des des des acteurs culturels qui par ailleurs critiquent leur gouvernement euh ne doivent pas trouver de voix en France. Je crois qu'au contraire, on a besoin d'entendre dans la société civile israélienne des acteurs culturels qui tiennent d'autres positions puisque à la fin des fins, il faudra que les Israéliens eux-mêmes élisent un gouvernement et fassent le choix d'une autre politique. Mais ça c'est presque un acte de résistance face au gouvernement israélien si je comprends bien.

Et et donc on n'est pas dans le pour le coup pas le rapprochement. Alors le gouvernement israélien, il n'est pas au cœur de l'institution puisque c'est une institution des États arabes opposant, on va dire. Oui, je parle de la suppose parce qu'on parlait de boycott culturel, mais évidemment euh aujourd'hui euh je crois qu'on peut condamner la politique menée par le gouvernement israélien euh qui continue à mener euh une politique d'occupation à Gaza, une politique euh qui euh place les Gazaouis dans une situation absolument intolérable au plan humanitaire et qui par ailleurs laisse se produire avec une forme d'impunité qui plus que questionne des violences en Jordanie qui menacent la population.

Donc il s'agit pas de rapprochement avec l'État d'Israël. Il s'agit aujourd'hui d'être un lieu de dialogue, un lieu de dialogue qui permette de faire émerger des solutions euh et de le faire à travers la culture, les imaginaires, le dialègue intellectuel également. Ce qui manque aujourd'hui, il nous semble sur la scène médiatique.

Anne Claire Legend, vous restez avec nous, présidente de l'Institut du monde arabe et on se retrouve après le journal de de 8h pour poursuivre cette ce grand entretien. 8h les matins d'été, Berérang Gerbondte à 8h21 sur France Culture, la présidente de l'Institut du monde arabe, donc la diplomate aussi forcément que vous êtes et vous que vous resterez que que vous resterez toujours. On on évoquait ces artistes israéliens tout à l'heure.

Je voudrais qu'on qu'on dise un mot quand même du risque d'escalade au Moyen-Orient puisque c'est vraiment un sujet que vous que vous connaissez bien. Ça fait 9 jours que les les Américains ou en tout cas que les bombardements américains et les repost iraniennes ont ont repris. Comment faut-il entendre la menace iranienne de guerre totale à échéance dis-il parfois certains en tout cas de deux ou tr jours ?

Euh je crois qu'il y a un risque d'escalade en effet dans la région mais il faut évaluer les les intérêts de part et d'autre. Je pense que l'Iran a intérêt aujourd'hui à continuer d'utiliser finalement le détroit d'ormous et la menace qu'il fait peser sur les pays de la région et notamment les alliés du golfe qui sont aussi des alliés précieux pour la puissance américaine euh pour obtenir un accord qui soit à leur bénéfice. Et probablement sent-ils du côté de des États-Unis une fébrilité suffisante pour pousser leur avantage.

Donc il y a un risque d'escalade compte tenu de la puissance américaine, compte tenu du jusqu'au bouthisme des des dirigeants iraniens qui ont prouvé que la sécurité de leur population en avait pour eux que très très peu d'intérêts. Mais il y a néanmoins des intérêts iraniens qu'il faut pouvoir factoriser et dont nous espérons que les les États-Unis les prennent bien en compte pour pouvoir gérer une négociation réussie jusqu'au bout. Ce qui Ouais, elle elle reste d'actualité cette négociation.

Le c'est Donald Trump quand il reprend les bombardements là, est-ce que il reconnaît pas d'une certaine façon que son son mémorandum du du c'était le 17 juin ? signifier pas du tout en fait que la guerre était gagnée. Euh je ne suis plus dans le dans le secret des négociations, donc je ne je peux pas attester de cela mais il me semble que ce que nous avons vu ces derniers mois et ces dernières années, c'est un Donald Trump qui finalement négocie sous les bombes avec la menace de de bombardement, avec une menace qui parfois anticipe même sur les délais qu'il a lui-même fixé pour le succès de ses négociations.

En tout état de cause, les États-Unis et le monde entier ont besoin d'une restauration de la liberté de circulation sur le D3 d'Ormouse. Et donc, on ne peut pas imaginer que cette négociation s'arrête complètement. H avec qui la France parle-t-elle en Iran aujourd'hui ? parce que vous savez, j'entends, on entend évidemment que vous n'êtes plus forcément aux premières loges, mais le doute sur le fils du guide suprême qui est censé avoir repris le pouvoir, Mochbaine, euh on a une idée de de enfin c'est c'est avec qui on parle.

Écoutez, nous on a toujours une ambassade à Terran et on l'a jamais fermé. Donc, on a maintenu ces canaux à la fois diplomatiqu de renseignement avec les avec les autorités iraniennes. Par ailleurs, il y a eu des contacts depuis depuis Paris avec des échanges.

Mais sur le guide lui-même, vous savez bien que c'est dans le contexte actuel de menaces particulièrement précises sur lui après les frappes américaines. J'imagine que les contacts avec ce personnage là sont particulièrement compliqués pour pour la totalité des des partenaires internationaux. Vous dites que l'ambassade est toujours là.

L'Institut du monde arabe discute, envisage des projets avec l'Iran dans un contexte pareil où où tout est à l'arrêt. Alors, l'Iran ne fait pas partie de du de l'Institut du monde arabe puisque cet institut, il a été fondé avec 22 États arabes, ce que n'est pas évidemment l'Iran. Euh en revanche, on voit bien que le sujet de l'Iran est un sujet euh qui euh a un impact immédiat sécurité de tous les voisins et donc est une préoccupation euh première pour tous les pour tous les pays du golf notamment, mais au-delà.

Et donc c'est un sujet qui est traité à l'Institut du monde arabe dans le cadre des débats géopolitiques que nous avons et nous aurons d'ailleurs sur le sujet de la sécurité du golfe un grand colloque en fin d'année avec la plupart des acteurs de la région. Donc le sujet, il est traité sur ce plan géopolitique, il est aussi traité sur le plan culturel pour le coup avec la la présence des des acteurs culturels iraniens qui ont été régulièrement invités à à l'Institut du monde arabe parce que c'est là aussi une voix que nous voulons entendre qui est particulièrement réprimée évidemment par les autorités iraniennes et que l'institut du monde arabe ont donc aussi vocation à faire entendre. en quelques mots, le le le colloque dont vous parlez fin d'année euh c'est c'est c'est le le programme et les participant que Alors, ce qui est intéressant, c'est que l'on voit bien que dans un contexte de diversification des partenariats géopolitiques, euh il y a évidemment un intérêt à renforcer la discussion entre l'Union européenne et les pays du golf.

Et donc l'institut du monde arabe n'a pas vocation à travailler avec les comment dire avec les les autorités officielles en matière diplomatique. Mais en revanche nous entretenons des relations avec tous les STIN de la région. Et donc c'est dans le cadre de ce dialogue là que nous aurons en novembre un un dialogue consacré à la à la sécurité dans dans le dans le golf et qui réunira des des partenaires européens et des partenaires golfiques.

Vous étiez en Syrie avec le président de la République au début du il d' y a quelques semaines. À quel titre évidemment comme patronne de Lima aussi quand même euh vous faites nom de la tête avant vous même que je finisse la question. Euh est-ce que est-ce que votre présence ça reste une expertise précieuse pour le président de la République ou d'une façon ou d'une autre quand même ?

Moi, je suis présidente de de l'Institut du monde arabe mais il y a des conseillers auprès du du président de la République qui font le travail que je faisais auparavant. Euh donc cette expertise, elle existe auprès du président de la République euh et euh et évidemment ils n'ont pas besoin de moi pour défier une une politique euh aujourd'hui. Non, la la ma présence en Syrie, elle était euh euh particulièrement pertinente parce que euh le le la visite du président de la République a été l'occasion de de d'organiser le retour de 23 pièces archéologiques extrêmement précieuses que nous avions dans les collections de l'Institut du monde arabe depuis 2010.

C'est des pièces que nous avions en dépôt euh officiellement de la part de la Syrie avant la guerre civile. Et donc évidemment au cours de cette guerre civile, il n'avait pas été possible ni politiquement ni euh à raison des conditions de sécurité de pouvoir retourner ces pièces en Syrie. Et les Syriens, dès lors qu'il y a eu des nouvelles autorités à à Damas, ont en fait appel à tous les musées internationaux pour organiser le retour des pièces qui étaient à l'extérieur du pays, compte tenu des immenses destructions qu'ils ont aussi subi.

Je voyais des images ce matin du musée de Palmir où vous souviendrez de son directeur qui avait été décapité en 2015, Raled Hassad et qui avait tout fait pour préserver ce site extraordinaire pour le patrimoine de de l'humanité, malheureusement très largement détruit par les forces de d'Ach. Nous avions dans nos collections des pièces de palmière. Donc, il était particulièrement important euh que nous puissions les les ramener en Syrie, là où les Syriens euh pourront à nouveau euh les voir et euh et les étudier et qui seront donc au Musée national de Damas.

Vous confirmez que l'IMA va préparer une grande expo consacrée à la Syrie qui marquera d'ailleurs le retour de de bah de la Syrie sur le sur la scène culturelle internationale. Oui, c'est ce que nous avons proposé aux autorités crienniennes et donc on travaille avec elle pour en définir le l'angle mais c'est leur souhait à elles. Vous savez qu'elles étaient présentes pour la première fois depuis depuis la guerre civile à la bienénale de Venise avec un pavillon syrien qui a aussi marqué le retour de la Syrie sur la scène sur la scène culturelle.

Et donc nous souhaitons leur faire cette place parce que je crois que il y a eu notamment tout ce patrimoine qui a été menacé, pillé euh et que Da finalement souhaitait effacer de la surface de la planète et de de notre histoire collective. Donc c'est important de le montrer, mais il y a eu aussi pendant toute la révolution euh une une expression culturelle extrêmement vive qui s'est faite à la fois euh euh sur le terrain euh parfois sur les murs des villes syriennes, mais aussi dans toute la diaspora syrienne et il faut que nous puissions la montrer. Ça signifie Clar que le la Syrie et le président Alchara est un partenaire totalement fiable aujourd'hui aux yeux de la France.

Aujourd'hui, c'est un partenaire que nous avons choisi euh de soutenir euh pour ce qui est des autorités française parce que pour nous la stabilité de la Syrie et est un élément central et par ailleurs, nous avons soutenu tout au courant de la guerre civile cette opposition syrienne qui tentait de faire valoir ses droits démocratiques sur la répression et l'oppression de de Bachar Alassad. Donc aujourd'hui, c'est cette série-là, c'est cette série qui qui veut une voix inclusive, pluraliste qui rassemble l'ensemble de ces composantes que nous continuerons de de soutenir en tant que que France à l'Institut du monde arabe et dans le cadre de la diplomatie française. On est totalement rassuré aussi sur la protection des minorités.

On se souvient des massacres qui ont visé les alaites l'année dernière, les Druses également et et le président de la République s'engage à les protéger. Ce qui veut dire qu'il y a encore des inquiétudes. Le président de la République a eu ce mot.

Je crois qu'il a dit que nous n'étions pas naïfs sur la situation sur le terrain. Il est évident qu'il y a énormément de défis, des défis sécuritaires. Il y a eu des massacres que nous avons condamné.

Il y a des procédures en cours pour euh juger euh ces les auteurs de ces massacres, notamment sur la côte à la 8. Vous savez que nous avons été engagés dans la négociation aussi au nord euh pour faire en sorte que les Kurdes soient reconnus comme une réelle composante de la société syrienne. Donc évidemment qu'il y a des inquiétudes. le président de la République a eu l'occasion et j'y participais de de s'entretenir avec des membres de la société civile syrienne qui venaient de de toutes parts, des défendeurs des droits des femmes, des membres des différentes communautés mais également voilà des juristes spécialistes de la la justice transitionnelle.

Je crois que ce qui était frappant dans cette conversation, c'était l'esprit de construction qui animait l'ensemble de ses membres de la société civile. Donc ils exprimaient des inquiétudes mais ils exprimaient aussi euh leur propre travail avec les autorités actuelles pour faire en sorte que le cadre politique syrien soit conforme aux aspirations du peuple syrien demain. On vous prête à Anne Claire Legend un rôle moteur dans la comme conseillère Moyen-Orient proch du président de la République dans la reconnaissance de l'État de Palestine par la France euh officialisé à l'assemblée générale de l'ONU en septembre l'année dernière.

Je sais pas ce que vous pouvez en dire du processus. Comment comment on vous êtes arrivé ? Ça a été un long travail évidemment de l'ombre pour le coup.

À quel moment ? Pourquoi vous vous dites que finalement cette reconnaissance de la Palestine, c'est le c'est le seul levier possible ? Alors tout d'abord, ce n'est pas moi qui le dit puisque ce n'est pas moi qui décide.

C'est évidemment le président de la République qui prend cette décision qui est une une décision historique pour la France de reconnaître la Palestine et ce cheminement qui est fait par toutes les diplomaties françaises avec les ministres successifs euh il il fait le constat que finalement nous avons essayé de passer par un certain nombre d'instances internationales. Conseil de sécurité des Nations-Unies. D'autres instances judiciaires ont été saisies pour obtenir un cesser le feu et euh et finalement le ce cesser le feu n'arrive pas. où il arrive.

Puis on retombe dans une logique qui s'apparentait à finalement une destruction systématique à Gaza. Et donc il fallait trouver les les moyens de de faire cesser cette cette dynamique et on se rend bien compte qu' tenu de nos propres capacités de la division de l'Union européenne que la question de la reconnaissance va devenir un des leviers, le principal levier que nous avons dans nos mains pour susciter une mobilisation internationale. Et donc ce levier euh euh il peut être joué de façon euh nationale euh décorré finalement d'autres acteurs.

C'est le choix qu'on fait euh l'Espagne par exemple ou l'Irlande. Euh mais ce qui était le souhait du président de la République, c'était de faire en sorte qu'il puisse avoir un impact dans la réalité sur le conflit. Et cet impact, c'est évidemment d'essayer de pousser les acteurs au cesser le feu.

Donc cela nécessitait à la fois de réunir toute une série de d'acteurs avec nous. Ce travail, il a été fait très étroitement avec l'Arabie Saoudite et l'engagement du prince héritier Mohamed Ben Salman. Mais il a été fait aussi avec le soutien et c'est ce qu'a confirmé le texte qui que nous avons négocié aux Nations-Unies pour soutenir cette démarche avec 144 autres États.

Je crois que c'est cette mobilisation internationale euh associé au aux conditions finalement que pose ce texte, des conditions qui s'applique à Israël mais qui s'applique aussi au Hamas puisque nous avons réussi sous l'autorité du président de la République à faire en sorte que les États arabes condamnent le Hamas et appellent à son désarmement dans cette déclaration mais aussi à la réforme de l'autorité palestinienne et que tous ces éléments-là ont permis à la fois la reconnaissance par un nombre très significatif d'acteurs et pour la première fois des membres du G7 qui était particulièrement significatif mais ont permis aussi finalement de déclencher une démarche de négociation d'essé le feu par les États-Unis. Euh ça c'était la première étape sauf que aujourd'hui on s'aperçoit que que Israël bombarde toujours Gaza. Quels sont les plans de la France ? dire cette reconnaissance c'est c'est c'est très bien mais les les quels sont les plans la France pour permettre aux Palestiniens de de rester à Gaza et dans quelle condition alors encore une fois je ne suis plus à la manœuvre donc c'est difficile pour moi de de dé suite était prévu enfin je [grognement] veux dire bien sûr le document que nous avons négocié avec donc 144 autres États et l'entièreté des pays de la Ligue arabe c'était un plan qui permettait une cessation des hostilités la mise en place d'une gouvernance à Gaza qui est un lien avec l'autorité palestinienne.

Le tout devant devant mener finalement à ce désarmement évidemment nécessaire du Hamas, mais surtout une reconstruction dans des bonnes conditions sur la totalité de la bande de Gazard. Aujourd'hui, on voit que ce processus, il n'a connu que le premier acte, c'est-à-dire un CC le feu. CC le feu qui, comme vous le signalez, est par ailleurs violé par les forces israéliennes.

Alors qui évoque aussi des viols du côté du Hamas. C'est c'est ce qu'on se constate malheureusement, c'est que le Hamas a repris aussi le le contrôle d'une partie de la bande de Gaza. Mais il y a aujourd'hui une occupation d'une très large part de de la bande de Gaza et surtout absolument pas de processus qui permettent au Gazaoui de vivre une vie digne.

Aujourd'hui, l'aide humanitaire est toujours extraordinairement limitée et il n'y a pas de reconstruction sur la totalité de la bande de Gazar. On parlait tout à l'heure de ce que permet euh le les discussions culturelles en terme de rapprochement diplomatique. Je veux dire je qu'on dise un mot de l'Algérie et de Christophe Glaise parce que vous avez rencontré vous le président Teboun plusieurs fois euh dans le cadre de vos fonctions notamment Alima.

Euh il était en Allemagne il y a quelques jours.Allemagne à qui on prête un rôle potentiel dans cette éventuelle grâce. Est-ce que qu'est-ce que vous pouvez nous en dire ?

Là je vraiment j'ai aucun élément dans vos échanges avec le président Teboun notamment sur le sujet. Écoutez moi je me suis rendu en Algérie mais cela fait déjà plus de 3 mois puisque c'était tout au début de de ma prise de fonction à l'Institut du monde arabe. Je je m'y suis rendue dans le cadre de de mes nouvelles fonctions pour établir avec l'Algérie aussi un nouveau cadre de coopération.

Euh j'ai en effet eu l'honneur d'être reçu par le président Teboun et à cette occasion j'ai fait part de du souhait euh de de la famille Glaise de de voir de voir Christophe Glaise bénéficier d'une d'une grâce présidentielle. Euh mais je ne peux pas vous en dire davantage. Lima.

Donc il y a l'exposition Biblose euh il y a une exposition qui qui va s'appeler Vive la mariée avec des créations qui ont l'air formidable de 27 artistes contemp contemporains du Maghreb et de ses diaspora à partir du 29 septembre. les secrets de la lambbra à partir du 24 novembre et on aura l'occasion de reparler de tout ça.