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Podcast / conversationFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 8 août 2022 15 minComplaisantPortrait personnelCulture, médias & sport

Florian Sempey, le baryton de Rossini

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:52OuverteRéponse directe

    Depuis quand interprétez-vous Figaro ?

  • 2:44OuverteRéponse directe

    Comment êtes-vous devenu Figaro ? À quel moment cela s'est joué ?

  • 3:30OuverteRéponse directe

    Quand avez-vous découvert Rossini et son opéra ?

  • 4:27OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que le bel canto représente pour vous ?

  • 5:19OuverteRéponse directe

    Est-ce que votre technique rossinienne évolue ?

  • 6:34OuverteRéponse directe

    Avec combien de chefs d'orchestre et metteurs en scène avez-vous interprété Figaro ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:57InvitéFait
    « J'ai la chance d'amener ce Figaro sur les scènes du monde depuis 10 ans maintenant, après avoir fait mes débuts dans ce rôle dans ma chère ville de Bordeaux. »
  • 2:49InvitéFait
    « Dans les tout premiers Figaro, je vais dire, mais c'est surtout ma collaboration avec le grand rossinien et chef d'orchestre regretté Alberto Zedda, avec qui j'ai fait un barbier de séville en France, qui m'a ensuite invité dans le fameux festival, le festival rossinien par excellence dans le monde, qui est le festival de sa ville natale à Pézarro. »
  • 3:35InvitéFait
    « Alors, c'est une histoire qui remonte à la petite enfance, puisque depuis tout petit, je voyais chez mes grands-parents un buste de Rossini qui était au-dessus du piano. »
  • 3:59InvitéFait
    « Et le jour où plus tard, j'ai voulu m'intéresser à ce qu'il avait composé, j'ai tout de suite découvert le Barbier de Séville, l'Italiana Alger. »
  • 4:31InvitéFait
    « Le bel canto, c'est à la fois quelque chose de merveilleux à écouter, mais de terriblement difficile à réaliser. »
  • 5:38InvitéFait
    « Bien évidemment. Et rien n'est laissé au hasard, même s'il y a une apparence de facilité. »
  • 6:00InvitéChiffre
    « Vous voyez, ma première du barbier de Séville aux soirées lyriques de Sancé sera ma 60e représentation en tant que Figaro officielle, j'ai envie de dire, parce que je ne compte pas les générales et les pré-générales. »
  • 6:41InvitéChiffre
    « Eh bien, cette production de Pierre-Emmanuel Rousseau est ma 17e production du Barbier de Séville. »
  • 10:30InvitéFait
    « Pour faire ce programme, j'ai d'abord pensé bien évidemment à mettre les grands tubes et puis Figaro avait sa place d'honneur. »
  • 10:45InvitéFait
    « Mais j'ai aussi voulu montrer d'autres aspects du compositeur que l'on entend moins souvent et notamment ce qu'on appelle les opéras serias. »
  • 11:02InvitéFait
    « Là c'est vraiment le cas dans certains aires comme l'ère de la Scala Diceta par exemple, qui je dois dire est un des aires les plus difficiles que j'ai eu à apprendre et à mettre en place dans ma vie. »
  • 11:53InvitéFait
    « Oui parce que c'est un point dont il faut toujours essayer de maîtriser la langue que l'on chante au maximum. »
  • 13:33InvitéFait
    « Ce n'est pas une légende ça ? Ce n'est absolument pas une légende, c'est vraiment une recette qu'il a inventée. »

Temps de parole

  • Invité56 %
  • Présentateur31 %
  • Locuteur non identifié13 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:16
Présentateur

Le barbier de Séville de Rossini, l'ouverture de l'opéra pour accueillir celui qui va monter sur scène, encore une fois pour interpréter un des rôles les plus célèbres du répertoire, le rôle de Figaro. Il est devenu un artiste lyrique très demandé. Bonjour Florian Sempé. Bonjour. Demain, jeudi et samedi, vous serez sur la scène du théâtre Gallo-Romain de Sansay dans la Vienne près de Poitiers pour les soirées lyriques de Sansay. Jeudi, une fois encore, parce que vous connaissez Figaro par cœur. Vous n'avez que 34 ans, mais dans ce rôle, vous avez déjà triomphé à Paris, à Londres, à Rome, à Tokyo. Depuis quand est-ce que vous interprétez Figaro ?

0:57
Invité

J'ai la chance d'amener ce Figaro sur les scènes du monde depuis 10 ans maintenant, après avoir fait mes débuts dans ce rôle dans ma chère ville de Bordeaux. Et bien évidemment, aujourd'hui, je suis ravi de revenir aux soirées lyriques de Sansay que je côtoie depuis de nombreuses années, et dans ce merveilleux théâtre antique Gallo-Romain. Et voilà, c'est un plaisir d'amener ce Figaro au public des festivals d'été.

1:21
Présentateur

Avant d'aller plus loin, on va vous entendre évidemment dans un des passages les plus célèbres de cet opéra, le moment où le barbier Figaro se rengorge d'être réclamé partout.

1:31
Locuteur non identifié

Ce Figaro sur tous les tons qui n'en finit pas, Florian Sempet, c'est toujours impressionnant.

2:44
Présentateur

Comment êtes-vous devenu Figaro ? A quel moment est-ce que ça s'est joué ?

2:49
Invité

Dans les tout premiers Figaro, je vais dire, mais c'est surtout ma collaboration avec le grand rossinien et chef d'orchestre regretté Alberto Zedda, avec qui j'ai fait un barbier de séville en France, qui m'a ensuite invité dans le fameux festival, le festival rossinien par excellence dans le monde, qui est le festival de sa ville natale à Pézarro. Et donc, chanter Rossini, pour un Français, chanter Rossini et Figaro dans ce festival qui invite quand même les meilleurs rossiniens au monde, c'était une grande porte, c'était un grand moment. Et je me suis dit que si je chante Figaro à Pézarro, c'est que c'est vraiment un rôle qui est fait pour moi.

3:25
Présentateur

Mais pour comprendre votre amour de Figaro et de Rossini, en fait, il faut remonter beaucoup, beaucoup plus loin. Quand avez-vous découvert le compositeur et son opéra ?

3:35
Invité

Alors, c'est une histoire qui remonte à la petite enfance, puisque depuis tout petit, je voyais chez mes grands-parents un buste de Rossini qui était au-dessus du piano. Et je demandais à toute ma famille, mais c'est qui ce monsieur là ? Et tout le monde me disait, ah, c'est Rossini, laisse-le composer. C'est un compositeur, mais bon, on ne m'en disait pas plus et on ne me faisait pas spécialement écouter sa musique. Et le jour où plus tard, j'ai voulu m'intéresser à ce qu'il avait composé, j'ai tout de suite découvert le Barbier de Séville, l'Italiana Alger. Et cette musique m'a énormément touché, m'a profondément ému. En particulier, les ouvertures de ces deux opéras-là.

Et bien évidemment, le rôle de Figaro pour lequel, déjà enfant, j'étais tombé raide, dingue, amoureux. De voir autant de joie dans un artiste et de gaieté, c'était merveilleux.

4:25
Présentateur

La joie, c'est aussi celle d'une tradition, le bel canto. Qu'est-ce que ça représente, le bel canto ?

4:31
Invité

Le bel canto, c'est à la fois quelque chose de merveilleux à écouter, mais de terriblement difficile à réaliser. Ça demande énormément d'expérience. C'est d'abord connaître parfaitement comment fonctionne la technique vocale lyrique chez un artiste. C'est savoir reposer son chant uniquement sur le souffle et pouvoir chanter de très longues phrases sans respirer. Et surtout, sans qu'il y ait de brisures ou de cassures dans la continuité du son. Et ça, c'est très, très difficile à atteindre. Et ça demande un grand travail.

Mais les maîtres bel cantistes comme Rossini ou Donizetti et même Mozart, avant, nous aident, grâce à leur musique, à l'apprentissage de leur musique, à acquérir cette dimension-là.

5:19
Présentateur

Est-ce que votre technique rossinienne évolue ? C'est vrai que c'est très difficile, très virtuose, même si l'impression, le rendu, c'est la légèreté, la drôlerie, sa virevolte. Mais il y a énormément de technique, évidemment. Est-ce que cette technique-là évolue quand vous abordez et à chaque fois que vous abordez Figaro ?

5:38
Invité

Bien évidemment. Et rien n'est laissé au hasard, même s'il y a une apparence de facilité. Mais rien n'est jamais facile dans cette musique-là. Il évolue, oui, ma technique évolue, bien évidemment, avec l'expérience, avec le travail, avec les différents chefs d'orchestre avec qui j'aborde le rôle. Et c'est ça qui est merveilleux, c'est que c'est sans arrêt une redécouverte. Vous voyez, ma première du barbier de Séville aux soirées lyriques de Sancé sera ma 60e représentation en tant que Figaro officielle, j'ai envie de dire, parce que je ne compte pas les générales et les pré-générales.

Mais à chaque fois que je suis toujours émerveillé, même si ça fait très longtemps que je chante ce rôle, de redécouvrir certains petits détails. Et là, c'est le cas avec le chef d'orchestre, Marc Leroy Calatayoud, qui m'a montré dans la partition encore quelques points de détail. Et donc, j'ai dû réadapter mon chant à ça. Et c'est un travail sans fin. Et puis, ma foi, c'est quand même le principe même de l'artiste, c'est de se renouveler, de se réinventer.

6:34
Présentateur

Avec combien de chefs d'orchestre et combien de metteurs en scène l'avez-vous interprété et repris, Florian Sempet ?

6:41
Invité

Eh bien, cette production de Pierre-Emmanuel Rousseau est ma 17e production du Barbier de Séville. Donc, je peux vous dire 17 chefs d'orchestre et 17 metteurs en scène.

6:50
Présentateur

Mais comment est-ce que vous faites pour passer d'un Figaro à l'autre ?

6:55
Invité

J'ai envie de vous donner une réponse simple que ma prof me donne souvent en me disant, c'est un métier, mais c'est effectivement un métier. Non, mais en fait, je me concentre surtout sur la joie que ça va apporter aux gens. Et donc, c'est un exercice d'acrobate, mais qui se fait finalement assez naturellement quand on travaille avec passion et avec bonheur.

7:20
Présentateur

Le Festival de Sanset veut s'adresser au plus grand nombre, et pas seulement aux amateurs d'art lyrique. Pour ceux qui vont découvrir l'opéra, est-ce que le Barbier de Séville est un bon début ?

7:30
Invité

C'est parfait. C'est vraiment la porte, c'est la voie royale pour découvrir l'opéra. Je discutais encore d'ailleurs hier soir lors de La Générale avec une jeune fille de 8 ans qui venait pour la première fois à l'opéra. Et puis, elle était complètement émerveillée parce que les personnages sont très colorés. La musique est vraiment très attractive, ne nous laisse jamais tranquille. Elle nous ramène sans arrêt vers l'action et vers la scène. C'est très facile d'écoute. Et puis, il y a de grands airs connus. Il y a l'air de Figaro, mais il y a aussi l'air de Rosine. Il y a l'ouverture, il y a le final de l'acte 1.

Donc, il y a quand même beaucoup de choses que les gens ont dans l'oreille, consciemment ou inconsciemment. Et donc, oui, c'est la voie royale. Rossini, Mozart ou Offenbach d'ailleurs. Cocorico, pour notre cher Offenbach, sont des musiques qui permettent de commencer à s'intéresser à l'opéra.

8:21
Présentateur

Ce qu'on entend aussi, c'est le plaisir du jeu chez les interprètes, chez vous. On va écouter ici un passage dans une de ces productions du Barbier. Vous étiez en 2018 au théâtre des Champs-Elysées avec la mezzo-soprano Catherine Trottman. Figaro propose à Rosina de l'aider à écrire un billet à son amoureux. Florian Semper, on entend là la scène, littéralement, vos échanges avec Catherine Trottman. Vous avez l'air de vous amuser et c'est peut-être encore plus frappant quand on regarde la vidéo, la retranscription de ce spectacle, la captation de ce spectacle. Est-ce que c'est le cas ?

9:44
Invité

Complètement. Et puis, on parlait tout à l'heure de comment renouveler sa vision du personnage. Avec cette production qui était une nouvelle production de Laurent Pelliot à des Champs-Elysées en 2018, j'ai complètement redécouvert et réinventé mon Figaro que je faisais un peu de la même manière avant. Et grâce à Laurent et grâce à ce merveilleux projet et à mes collègues et notamment Catherine, on a construit quelque chose de complètement nouveau que l'on n'avait jamais vu dans Rossini. Et on est ressorti une immense joie et une immense cohésion sur scène, ce qu'on entend effectivement dans cet extrait.

10:15
Présentateur

Vous avez consacré cette année un disque à Rossini, enregistré ce disque avec l'Orchestre National de Bordeaux-Aquitaine sous la direction de Marc Minkowski. Qu'est-ce qui a guidé votre choix d'amateur et de pratiquant de Rossini ?

10:30
Invité

Pour faire ce programme, j'ai d'abord pensé bien évidemment à mettre les grands tubes et puis Figaro avait sa place d'honneur. Et puis c'est même le titre du disque, donc finalement il règne en maître sur ce répertoire-là. Mais j'ai aussi voulu montrer d'autres aspects du compositeur que l'on entend moins souvent et notamment ce qu'on appelle les opéras serias. Donc ce sont des opéras qui demandent, justement on parlait du bel canto tout à l'heure, et des longues phrases, très longues à tenir sur le souffle et sur la technique vocale.

Là c'est vraiment le cas dans certains aires comme l'ère de la Scala Diceta par exemple, qui je dois dire est un des aires les plus difficiles que j'ai eu à apprendre et à mettre en place dans ma vie. Parce qu'il est redoutable au niveau du chant et la moindre petite erreur ou le moindre manquement de souffle fait complètement tomber la ligne et nous devons tout recommencer. Donc j'ai voulu montrer plusieurs aspects du compositeur et notamment par un petit bijou qui est en piste cachée à la fin du disque, qui est un extrait des péchés de vieillesse et qui est un petit bonbon de drôlerie et de bonheur là aussi.

11:39
Présentateur

Et qu'il faut écouter également. Là ce qu'on va entendre c'est un extrait du Contori, avant dernier repéra de Rossini, avec un livret français d'ailleurs, Florian Semper. Est-ce que c'est très différent de chanter la musique de Rossini en français plutôt qu'en italien ?

11:53
Invité

Oui parce que c'est un point dont il faut toujours essayer de maîtriser la langue que l'on chante au maximum. J'ai la chance de parler le français donc c'était un peu plus facile que de mettre en place un air en italien. Mais je dois dire que justement c'est une responsabilité supplémentaire en tant que bariton français. On attend une prononciation qui soit la meilleure possible donc là aussi ça a été un travail de... Parce que là il faut parler très rapidement, il faut prononcer un grand nombre de mots dans un laps de temps très court. Donc ça a été oui là aussi un grand exercice malgré la connaissance de la langue.

12:25
Présentateur

On va l'écouter tout de suite, le personnage de Rimbaud, l'ami du conte émerveillé devant la cave du château. Les bouteilles sont autant de pays à conquérir.

12:36
Locuteur non identifié

Je vois ceux d'Aquitaine et ma vue incertaine s'égarant les contents. Là je vois l'Allemagne, ici brille l'Espagne, la frémille, le champagne du joug qu'impatient. C'est divin, c'est chabot. J'hésite au trouble extrême, au doux péril que j'aime et seul avec moi-même. Contre tant d'ennemis, au hasard je m'élance sans compter. On entend là aussi tout l'appétit de Rossignani.

13:16
Présentateur

Florian Sempet, est-ce que vous avez le même ?

13:18
Invité

Je partage beaucoup de choses avec Rossignani et bien évidemment son amour des plaisirs de la table et des vins et des mets, dont certaines recettes que l'on fait encore aujourd'hui, notamment le fameux tournoi d'eau, sont de son invention. Ce n'est pas une légende ça ? Ce n'est absolument pas une légende, c'est vraiment une recette qu'il a inventée. Il a voulu ajouter une pièce de foie gras. Il trouvait qu'à la belle pièce de bœuf, il manquait quelque chose. Et puis il s'est dit, tiens, pourquoi pas une tranche de foie gras poêlé ? Et donc il a ajouté une tranche de foie gras poêlé. Et aujourd'hui, c'est une recette que l'on mange, que l'on déguste partout dans le monde grâce à lui.

Et j'ai eu l'occasion de tomber sur des lettres qu'il avait écrites au baron de Rothschild à son époque, en lui envoyant de la charcuterie italienne, en lui disant de quelle manière il fallait la manger, la faire sécher, la préparer. C'est absolument succulent et oui, je partage ce même plaisir d'avoir une bonne bouteille ou un bon plat et toujours en famille ou entre amis.

14:17
Présentateur

Plaisir culinaire, plaisir musical. Il y a donc ce disque Figaro 6 chez Alpha. Et vous serez donc sur scène, Florian Sempet, dans Le Barbier de Séville, demain, jeudi et samedi, aux soirées lyriques de Sansay dans la Vienne. Merci à vous, on a beaucoup parlé de Rossini aujourd'hui, mais une autre fois, il faudra aussi qu'on parle de vos interprétations de Mozart et de Gounod aussi, qui vous a beaucoup occupé ces derniers temps. Merci d'avoir été sur France Culture. Ce matin, on peut retrouver vos mots et votre voix, surtout de bariton, sur franceculture.fr. Il est 8h55.