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ChroniqueCNEWS (sur YouTube)· 6 mai 2026 3 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesEurope & international

L'édito de Thomas Bonnet : «Banque de France : la démocratie mise au coffre»

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:35Thomas BonnetChiffre
    « Son rôle dans le dérapage des finances publiques et sur la variation entre les prévisions fiscales et budgétaires qui aura coûté quand même plusieurs dizaines de milliards d'euros. »
  • 1:35Thomas BonnetFait
    « Le gouverneur de la Banque de France a annoncé sa démission plutôt que prévue. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Oui. Alors, ce n'est pas une surprise. Le nom d'Emmanuel Moulin circulait déjà dans les cercles du pouvoir.

Il devrait donc atterrir à la Banque-Fance dans les prochaines semaines. Son profil semble cocher toutes les cases. Conseiller économique sous Christine Lagarde, puis Nicolas Sarkozi ou encore Bruno Lemire.

Il a affronté de nombreuses crises. Il semble avoir le cuir épais pour faire face au défi de demain. Ancien directeur du trésor, certains lui repranchent lui reproche néanmoins son rôle dans le dérapage des finances publiques et sur la variation entre les prévisions fiscales et budgétaires qui aura coûté quand même plusieurs dizaines de milliards d'euros.

Mais c'est surtout son rôle de secrétaire général de l'Élysée qui est pointé du doigt dans le cadre de cette nomination parce que c'est encore un proche parmi les proches d'Emmanuel qu'Emmanuel Macron a choisi. Là encore rien de nouveau sous le soleil à une différence près romain le timing choisi pour cette nomination. Alors l'actuel gouverneur de la Banque de France ne devait quitter son poste que l'année prochaine en réalité.

Oui. Le mandat de François Villeroi de Galot courrait jusqu'à la fin de l'année 2027. Autrement dit, son départ aurait pu permettre au prochain président ou à la prochaine présidente de choisir à ce moment-là un profil pour ce poste clé dans nos institution.

Or, de manière surprenante, le gouverneur de la Banque de France a annoncé sa démission plutôt que prévue. Officiellement, une décision qu'il a prise, je le cite, en totale indépendance. Dans les faits, difficile de ne pas y voir une manœuvre pour offrir au président de la République la possibilité de placer dans cette institution un fidèle avant de quitter l'Élysée.

Après tout, il y a eu ces récits de réunion où Pierre Moscovici, ancien premier président de la Cour des comptes où il appelait les dirigeants à quitter leur fonction pour justement permettre d'y nommer des personnalités censées verrouiller l'action du prochain locataire de l'Élysée. En réalité, la question c'est celle de ce verrouillage possible des institutions par la Macronie à quelques mois de la présidentielle. Oui, prise individuellement.

Ces nominations ne sont pas nécessairement scandaleuses, mais à grande échelle, on constate le balai parfaitement chorégraphié de la macronie finissante qui place les copain avant de partir. C'est là aussi un usage de la 5e République entre renvoi d'ascenseur et récompense de la loyauté, mais il y a cette fois-ci une tenneur plus politique, l'idée selon laquelle il faudrait des gardes fous contre de possibles attaques illibérales de la part du prochain pouvoir. Ça c'est la façon distinguée de présenter les choses.

En réalité, il s'agit de restreindre les capacités du prochain président en limitant le plus possible son action dans un périmètre qui sera bien gardé. Richard Ferrand au Conseil constitutionnel, de Mochalin à la Cour des comptes et voilà le prochain président qui devra composer avec ceux qui se vivent comme des contrepouvoirs. Il y a cette petite musique de fond, celle qui accompagne le petit théâtre antifasciste.

En clair, il faudrait tout mettre en œuvre pour limiter les possibilités possibilités d'action du RN en cas de victoire à la présidentielle. Et comme il s'agit du RN, et bien tout le monde trouve ça très bien. On ne parle pas à ce moment-là de dérive libérale comme on le fait pour Orban ou pour Mélonie.

C'est le privilège du camp du bien. On peut verrouiller la démocratie et faire passer cela pour un acte de résistance par anticipation.