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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 7 octobre 2024 7 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéSolidarités & familleJusticeInstitutions & élections

Yonathan Arfi : "Si Israël dépose les armes, il n'y a plus d'État d'Israël"

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:37OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui a changé pour vous à titre personnel depuis le 7 octobre ?

  • 1:13OuverteRéponse directe

    Et depuis un an, vous, vous y avez pensé tous les jours ?

  • 2:02FerméeRéponse directe

    Ce que vous nous dites, c'est que c'était prévisible, c'est ça ?

  • 2:05FerméeRéponse directe

    C'est pour ça d'ailleurs que vous avez appelé le ministère de l'Intérieur le jour même de l'attaque ?

  • 3:38OuverteRéponse directe

    Est-ce que cette politique de Benyamin Netanyahou alimente l'antisémitisme en France ?

  • 4:28OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous soutenez cette guerre que mène Israël contre le Hamas ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:55PrésentateurChiffre
    « l'effet antisémite, on m'en dit, de 192% au premier semestre de cette année, par rapport à la même période en 2023. »
  • 3:33PrésentateurChiffre
    « près de 42 000 Palestiniens tués selon les chiffres du Hamas. »
  • 4:40InvitéFait
    « que l'État d'Israël est une démocratie »
  • 6:24InvitéPromesse
    « si les ennemis d'Israël déposent les armes, aujourd'hui, il y aura la paix. »
  • 6:29InvitéPromesse
    « Si en revanche Israël dépose les armes, il n'y a plus d'État d'Israël. »

Temps de parole

  • Invité74 %
  • Présentateur26 %

2,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter. Mathilde Munoz, le 5-7. Il est 6h21. Il y a un an, des commandos du Hamas s'infiltraient sur le sol israélien pour y massacrer 1205 personnes, en majorité des civils. Ce qui fait du 7 octobre 2023 la journée la plus meurtrière en Israël depuis sa création. Une attaque sans précédent qui a entraîné en retour une guerre dévastatrice à Gaza. Bonjour Jonathan Arfi.

0:27
Invité

Bonjour.

0:27
Présentateur

Vous êtes le président du Conseil représentatif des institutions juives de France. Le CRIF qui organise ce soir à Paris une cérémonie d'hommage aux victimes et de soutien aux otages du Hamas. Qu'est-ce qui a changé pour vous à titre personnel depuis le 7 octobre ?

0:42
Invité

C'est un immense sentiment de vulnérabilité, comme s'il y avait eu une régression dans l'histoire, comme si le peuple juif était projeté dans des temps où de nouveau il était persécuté et potentiellement exterminé. Parce que ce 7 octobre, c'est un massacre d'Israéliens, mais c'est un massacre qui se déroule au cri de mort aux juifs, porté, hurlé par les commandos du Hamas. La réalité pour les juifs du monde entier a été cette confrontation depuis à une vague d'antisémitisme que nous n'avions pas vu depuis la Shoah.

1:13
Présentateur

Et depuis un an, vous, vous y avez pensé tous les jours ?

1:16
Invité

Oui, c'est une plaie ouverte, une plaie béante, qui ne cicatrise pas d'une certaine manière. D'abord parce qu'il y a toujours des otages, que le conflit fait toujours rage, qu'Israël continue à se battre sur plusieurs fronts face à des organisations terroristes, mais aussi et surtout parce qu'ici même, en France, l'antisémitisme qui a explosé à partir du 7 octobre, par mimétisme par rapport à ces images de là-bas, se poursuit et continue parfois même à gagner en puissance. On l'a vu avec l'attaque de la synagogue de la Grande Motte au mois d'août.

1:52
Présentateur

Alors justement, on a depuis ce matin un des tout derniers chiffres du ministère de l'Intérieur, l'effet antisémite, on m'en dit, de 192% au premier semestre de cette année, par rapport à la même période en 2023. Ce que vous nous dites, c'est que c'était prévisible, c'est ça ? C'est pour ça d'ailleurs que vous avez appelé le ministère de l'Intérieur le jour même de l'attaque ?

2:09
Invité

Ce qui est prévisible malheureusement avec l'antisémitisme, c'est que c'est très souvent un phénomène d'activation et de mimétisme. Le 7 octobre a au fond une fonction de signal, d'appel à la haine, qui a été entendue d'une certaine manière par des antisémites du monde entier, dans nos pays en Europe occidentale, mais aussi au bout du monde, au Daguestan, où on a pourchassé des Juifs dans un aéroport.

Et on a vu, au fond, une dynamique qui était déjà à l'œuvre au moment de l'attentat de Toulouse à l'école Otzaratora ou de l'attentat de l'Hypercacher, c'est-à-dire qu'un acte antisémite initial provoque, par mimétisme, par effet d'entraînement, de nouveaux actes dans les jours et les semaines qui suivent. C'est ce que nous anticipions le 7 octobre et c'est malheureusement ce qui s'est déroulé. Mais plus en France qu'ailleurs ? En France comme ailleurs, mais pas en France moins qu'ailleurs. Nous avons en France une situation dure, inquiétante, parce que cet antisémitisme aujourd'hui gagne tous les étages de la société.

Nous avons un antisémitisme populaire, fait de préjugés antisémites, qu'on retrouve surreprésentés chez les sympathisants de l'extrême gauche, de l'extrême droite, chez les Français qui s'identifient comme musulmans statistiquement. Nous avons un antisémitisme jeune qu'on retrouve beaucoup sur les réseaux sociaux. Nous avons évidemment un antisémitisme religieux avec la progression de l'islamisme et puis aussi une strate politique, puisqu'aujourd'hui il y a une caution politique donnée par LFI à l'antisémitisme.

3:30
Présentateur

Depuis cette attaque, Israël mène une guerre féroce contre le Hamas, bombarde sans cesse la bande de Gaza, près de 42 000 Palestiniens tués selon les chiffres du Hamas. Est-ce que cette politique de Benyamin Netanyahou alimente l'antisémitisme en France ?

3:43
Invité

C'est une logique que je refuse parce que l'antisémitisme, c'est d'abord et toujours la faute et la responsabilité de l'auteur de l'acte antisémite. Sur quel mal on irait interroger les victimes en disant qu'elles seraient d'une certaine manière responsables ? C'est un retournement que je trouve fallacieux, qui est un prétexte invoqué par les antisémites, mais ça n'est pas nouveau. Dans l'histoire de l'antisémitisme, il y a toujours eu le besoin par les antisémites de chercher à donner des justifications à leurs actes. Et aujourd'hui, ce qu'ils prétendent, c'est au fond s'en prendre aux Juifs au nom de leur soutien à Israël. C'est un raisonnement qu'il faut dénoncer.

Et nous avons la responsabilité en France de couper court à ces raccourcis.

4:28
Présentateur

Est-ce que vous soutenez cette guerre que mène Israël contre le Hamas ?

4:31
Invité

Je me tiens aux côtés des Israéliens face au terrorisme et face à l'attaque dont ils ont fait l'objet. Je rappelle, parce que c'est important, que l'État d'Israël est une démocratie qui se retrouve attaquée sur tous les fronts, ou sur beaucoup de fronts à la fois, par des États qui veulent sa destruction. Nous ne parlons pas, au fond, d'une guerre comme une autre, mais bien d'une guerre existentielle menée contre Israël. Mais il faut l'entendre aussi contre le monde juif. Le Hamas, le Hezbollah sont des organisations terroristes qui veulent détruire l'État d'Israël, mais qui veulent tuer des Juifs. Je rappelle la charte du Hamas sur ce sujet.

Donc on est dans quelque chose qui va bien au-delà d'un pur conflit géopolitique tel qu'on voudrait l'entendre.

5:11
Présentateur

Mais en Israël, il y a des voix qui s'élèvent contre Benyamin Netanyahou. Il y a l'écrivain Edgar Keret, que vous pouvez lire ce matin dans Libération. Il y a un journaliste d'Aretz dans L'Humanité ce matin qui ont des mots très virulents contre Benyamin Netanyahou.

5:25
Invité

La vie démocratique israélienne, elle est vibrante, elle est foisonnante. Elle ressemble à la vie intellectuelle, les politiques que nous avons en France, parce que c'est aussi une démocratie. Et c'est ce pluralisme-là qu'il faut célébrer et cultiver. Et c'est précisément ce qui fait la différence entre Israël et les régimes qui peuvent l'entourer. Et je suis évidemment attaché à ce que les Israéliens trouvent le moment venu, le chemin de la paix avec les Palestiniens. Ça va de soi. Simplement, aujourd'hui, malheureusement, il y a en face des organisations qui sont des organisations terroristes dont l'agenda n'est pas, malheureusement, de faire la paix.

6:01
Présentateur

Et ce week-end, j'imagine que vous l'avez vu, Emmanuel Macron s'est fâché avec Benyamin Netanyahou en réclamant la fin des livraisons d'armes qui aident Israël à mener cette guerre. Le président français a eu tort de faire cette déclaration ?

6:13
Invité

C'est une déclaration que j'ai déplorée pour une raison assez simple. Ça ne tient pas compte d'une réalité au Proche-Orient qui est malheureusement le cas depuis 75 ans. C'est que si les ennemis d'Israël déposent les armes, aujourd'hui, il y aura la paix. Si en revanche Israël dépose les armes, il n'y a plus d'État d'Israël. Cette réalité, c'est celle d'un combat face à des organisations terroristes qui ne veulent pas simplement gagner des territoires, mais elles veulent annihiler l'État d'Israël et expulser les Juifs qui y vivent. C'est au fond un projet qui est un projet de destruction. Ce n'est pas un projet de compromis.

6:51
Présentateur

Merci Jonathan Arfi, président du CRIF, le Conseil représentatif des institutions juives de France.

Yonathan Arfi : "Si Israël dépose les armes, il n'y a plus d'État d'Israël" · Pourquijevote