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InterviewC à vous (sur YouTube)· 25 septembre 2023 6 minComplaisantActualité / polémiqueSantéJustice

Fin de vie : le documentaire engagé de Marina Carrère d’Encausse - C à Vous - 25/09/2023

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Ce calendrier qui a été précisé aujourd'hui, le projet de loi sur la fin de vie sera présenté au Parlement en 2024 et au Conseil des ministres d'ici la fin de l'année, un débat très attendu, alors qu'aujourd'hui on estime qu'environ 50 Français partent chaque année en Belgique pour obtenir une euthanasie.

  • 2:21OuverteRéponse directe

    Pourquoi ce n'est pas satisfaisant, ce qui est proposé en France, alors ?

  • 4:58OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous pensez qu'il y a de nombreux médecins qui pratiquent l'euthanasie en France, au sein de l'hôpital public, comme a pu le faire le docteur ?

  • 5:31OuverteRéponse directe

    Ce geste, vous seriez prêts, vous, à l'accomplir ? Même en étant hors-la-loi ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:09PrésentateurChiffre
    « aujourd'hui on estime qu'environ 50 Français partent chaque année en Belgique pour obtenir une euthanasie. »
  • 1:55InvitéFait
    « Dans aucun des deux cas, on ne tue. »
  • 2:43InvitéChiffre
    « ça concerne, mettons, 95 ou 97% des patients qui sont en fin de vie »
  • 3:21InvitéFait
    « En France, aucun médecin n'a le droit d'aider un patient à abréger ses souffrances, même à sa demande. »
  • 3:45InvitéFait
    « Elle dit oui, je veux partir. »
  • 4:05InvitéFait
    « Et j'étais totalement hors la loi. »

Temps de parole

  • Présentateur57 %
  • Présentateur 224 %
  • Invité8 %
  • Invité 28 %
  • Invité 33 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Ce calendrier qui a été précisé aujourd'hui, le projet de loi sur la fin de vie sera présenté au Parlement en 2024 et au Conseil des ministres d'ici la fin de l'année, un débat très attendu, alors qu'aujourd'hui on estime qu'environ 50 Français partent chaque année en Belgique pour obtenir une euthanasie. C'est le choix qu'a fait Françoise, atteinte d'un cancer et qui a accepté de témoigner devant les caméras de France 5. C'est la fin de ma vie terrestre, là.

0:25
Invité

On est encore, je ne sais pas, peut-être pour une heure, je ne sais pas combien. Bon, eh bien, elle est belle. On est compte de la chance que j'ai, je meurs en pleine conscience. Eh bien, moi, j'appelle ça une belle mort. C'est quelque chose qui peut aller très très vite. Si on décide de passer à l'acte, c'est fini. Oui. Et ça, c'est ça qui est un peu parfois un peu lourd psychologiquement à assumer, parce que vous ne vous rendez compte de rien. C'est vrai ? Oui, c'est une anesthésie générale. Une anesthésie générale, on s'en... Vous n'aurez pas le temps de nous faire un sourire ? Si. Si, vous avez fait un sourire. Mais vous n'aurez... C'est vous qui me direz au moment où je l'injecte.

1:12
Présentateur

Bonsoir Marina Carrère d'Ancause. Bonsoir. Merci de votre présence ce soir à l'occasion du documentaire que vous co-signez avec Magali Cotard et qui sera diffusé demain soir sur France 5 et dans lequel on vous suit en France, en Suisse, au Canada et en Belgique à la rencontre de médecins et de patients comme Françoise, dont on entend derrière une porte les derniers mots, ce qu'elle adresse aux médecins qui lui injectent le produit létal. « Un grand merci, dit-elle, vous m'avez libérée ». Ce geste de l'euthanasie, ce n'est pas un geste qui tue, c'est un geste de soin. En tout cas, c'est ce que vous ont dit les médecins belges et leurs patients. Et c'est ce que je défends vraiment.

Je voudrais qu'on arrête d'associer, tuer avec ce geste d'euthanasie qui permet de l'opposer à la sédation profonde et continue qui existe aujourd'hui et qui est dans le cadre de la loi Cléce-Léonetti. Dans aucun des deux cas, on ne tue. Dans le sélection profonde et continue, on va injecter un produit qui va endormir et provoquer la mort au bout de quelques jours. Dans l'euthanasie, on injecte un autre produit qui apaise et soulage et provoque la mort en quelques minutes. Dans aucun des deux cas, il n'est question de tuer. Dans les deux cas, effectivement, les soignants le disent tous, c'est l'ultime geste de soin qu'on peut accorder aux patients.

Pourquoi ce n'est pas satisfaisant, ce qui est proposé en France, alors ? Parce que la loi Cléce-Léonetti permet aux patients d'aller en soins palliatifs et il faut les multiplier, les soins palliatifs. Il faut augmenter le nombre de lits, le nombre de soignants. Il faut permettre les soins palliatifs à domicile. Il ne faut surtout pas opposer soins palliatifs et euthanasie. Il faut absolument les développer avec la sédation profonde et continue parce qu'il faut qu'elles soient mieux connues. Mais ça concerne, mettons, 95 ou 97% des patients qui sont en fin de vie et qui ont besoin d'accompagnement.

Mais il reste des patients qui ne peuvent pas rentrer dans le cadre de cette loi parce qu'ils ne sont pas en fin de vie à court terme. Et à court terme, c'est quelques jours, quelques heures, quelques semaines. Et ces patients-là, aujourd'hui, qui sont atteints de maladies neurodégénératives, qui ont eu certains accidents vasculaires cérébraux ou des traumatismes crâniens et qui ont une espérance de vie qui peut être de plusieurs mois mais qui ont une vie qu'ils considèrent comme indigne, ils sont totalement dépendants, ils ne bougent plus, ils ne parlent plus. Ces patients-là ne peuvent pas bénéficier d'une sédation profonde et continue.

C'est ceux-là qui, quand ils ont les moyens, partent en Belgique pour bénéficier d'une euthanasie. En France, aucun médecin n'a le droit d'aider un patient à abréger ses souffrances, même à sa demande. Et pourtant, des médecins bravent l'interdit. C'est le cas du docteur Denis Labelle, qui n'a pas hésité à être hors la loi face à une jeune femme de 25 ans au cancer incurable. Il vous le raconte.

3:35
Invité

Et je me souviens très bien, ça s'est passé un dimanche. Je suis revenu, un dimanche soir. Je connaissais les infirmières. On a vu la famille. On l'a vue, on l'a revue. Elle dit oui, je veux partir. Et on l'a aidé à partir. Elle est partie en quelques minutes. Et je suis rentré chez moi. J'avais les larmes aux yeux. Cette jeune femme m'avait profondément ému. Son histoire était terrible. Mais je n'ai jamais eu l'impression d'être coupable de quoi que ce soit. J'ai eu l'impression du travail réalisé et accompli. Et vous étiez hors la loi. Et j'étais totalement hors la loi.

4:07
Présentateur

Le docteur Labelle, qui vous parle à visage de découverte. Oui, qui est un ancien chef de service hospitalier. Et qui dit effectivement ce qu'il a fait au cours de sa carrière. Mais c'est très intéressant la façon dont il le dit. Parce qu'on a vraiment l'impression que l'euthanasie, c'est un geste banal pour les médecins. C'est vraiment, on fait une piqûre. Non, c'est un geste, ils le disent tous les médecins qui l'ont pratiqué. Certains nous l'ont dit à visage masqué. C'est un geste qui est lourd, qui est difficile. Un choix qui est très difficile. Et quand c'est dépénalisé, on en discute avec les confrères.

C'est une décision qui n'est pas prise par un seul médecin, mais par plusieurs personnes. Il demande régulièrement aux patients s'il est toujours d'accord. Beaucoup des euthanasies acceptées n'aboutissent pas aux gestes. Parce qu'il y a des patients qui renoncent. Parce que finalement, ils vont mourir naturellement de leur maladie. Mais ils le disent bien. C'est un geste qui est difficile, qui est douloureux. Qu'ils font heureusement, rarement. Mais ce n'est pas du tout quelque chose de simple pour des médecins. Est-ce que vous pensez qu'il y a de nombreux médecins qui pratiquent l'euthanasie en France, au sein de l'hôpital public, comme a pu le faire le docteur ?

On va vous dire d'hôpital public, il y a aussi à domicile. Ou à domicile, oui. Parce que c'est vraiment de l'accompagnement. Je n'ai absolument aucune statistique, bien évidemment. Tous ces médecins risqueraient la prison. Mais oui, il y en a bien sûr. Quand ils sont face à un patient qu'ils accompagnent depuis tellement longtemps et qu'ils sont face à des souffrances totalement réfractaires, avec aucun espoir et une fin de vie qui est très proche, mais qui ne relève pas encore une fois des soins palliatifs. Et la sédation profonde et continue. Oui, bien sûr qu'il y a des médecins qui en font. Ce geste, vous seriez prêts, vous, à l'accomplir ? Même en étant hors-la-loi ?

Pour mes proches, oui. Oui, bien sûr. Pour mes proches, j'ai vu certains de mes proches mourir mal. Dans un pays, vraiment mal. Et oui, je serais capable, en tant que médecin, d'accomplir ce geste. Oui, bien sûr, pour soulager des souffrances insoutenables. Pour le patient, ce n'est pas pour les proches. Les proches, c'est très difficile de voir son proche mourir. Mais c'est celui qui souffre, qui est en cause.