Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLe Média (sur YouTube)· 28 août 2025 21 min

BANDEROLE POUR GAZA, 10 SEPTEMBRE : « À TRAPPES, LA COLÈRE EST IMMENSE »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

La ville de Trappe et son maire à l'IRAB sont de nouveau la cible d'une polémique. Bruno Raillot a donné l'ordre par l'intermédiaire du préfet des Yvelines de retirer la banderole trappe solidaire avec Gaza pour une paix juste et durable installée sur l'hôtel de ville depuis plus d'un an. Dans un communiqué publié ce mercredi 27 août 2025, la municipalité dénonce une décision incompréhensible et autoritaire et fait savoir qu'elle refuse le baillon du ministre de l'intérieur.

Alibé rappelle qu'en 2022, la ville de Trappe déployait une banderole aux couleurs de l'Ukraine sur cette même façade de l'hôtel de ville. Alors, qu'est-ce qui dérange ? Qu'est-ce qui explique ce depoids de mesure ?

Quelles sont les réelles motivations qui se cachent derrière la décision du ministre de l'intérieur et pourquoi Trap est régulièrement au cœur de l'attention médiatique ? Maire de Trap et coordinateur de génération, Alibabé est également engagé dans l'association des Mville et banlieu de France dont il est membre du conseil d'administration. Nous profiterons de sa présence pour évoquer la rentrée sociale.

L'appel à bloqué le pays le 10 septembre trouve-t-il un écho chez les jeunes issus des quartiers populaires ? On en parle avec Ali Rabé par le biais de la visionférence. [Musique] Bonjour Ali Rabé.

Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Alors ici au média, on est on est curieux et on aimerait en savoir plus sur ce courrier.

Qu'est-ce qu'il dit plus précisément ? Quels sont les textes qu'invoquent la préfecture pour justifier l'ordre qui a été donné par le ministre de l'intérieur Bruno Rétaillot de retirer la banderole ? Alors on nous intime l'ordre de retirer cette banderole en plein cœur de l'été.

C'est important de le rappeler. Moi, j'étais pendant mes vacances en famille à l'autre bout de la France et je reçois un appel de la préfecture des Yvelines puis rapidement un courrier comme si c'était la seule urgence à traiter dans cette période pour faire retirer cette banderole qui je le rappelle est là depuis 1 an. Ça fait 1 an et 2 mois qu'elle est affichée sur le front de leville.

Euh on nous m'indique que les communes doivent être neutres, ce qui est un principe effectivement inscrit. Les bâtiments publics doivent être neutres, doivent respecter le principe de laïcité, de neutralité politique et cetera. Mais vous le savez, attrape comme dans de nombreuses villes d'ailleurs en France et attrape depuis des décennies de nombreux mères qui s'appelaient Bernard Hugo, qui s'appelait Alain Fourcass et cetera.

Et bien, on se bat pour la paix, on revendique sur tous les théâtres de guerre, le les cesser le feu, la paix en général et en particulier sur le conflit au proche orient et sur le droit de des Palestiniens disposés d'un état. Euh ça fait quelques décennies que la ville de Trappe est engagée avec ses mères successifs. Et là, tout d'un coup, on me demande de retirer cette banderole en invoquant cette neutralité politique.

Pourtant, quand le ministre de des affaires étrangères il y a 2 ans a adressé une circulaire à toutes les communes de France dont Trap, nous invitant à arborer le drapeau ukrainien, ce que nous avons fait avec plaisir d'ailleurs à l'époque et nous avons même mis une banderole qui appelait au cesser le feu et qui exprimait notre solidarité avec le peuple ukrainien. Là, la fameuse neutralité politique n'était plus à l'ordre du jour. Alors justement, est-ce que le respect du principe de neutralité des services publics est un argument qui vous convain ?

Alors, c'est quand même sur ce fondement he que le tribunal administratif de Nice a ordonné en juillet au maire de retirer le drapeau israélien qui flottait sur l'hôtel de ville, tout comme d'autres mairies ont été contraintes de retirer le drapeau palestinien. Et honnêtement, si on était que sur la question des principes juridiques bêtement de dire "Allez les les bâtiments communaux doivent arborer aucun emblème, aucun slogan, aucun drapeau, ça pourrait s'entendre." Mais moi, je dénonce quand même le deux poids de mesure qui est stupéfiant, qui est surprenant et en plus la position que prend la ville de Trappe à la limite, elle n'est pas particulièrement politique, elle est humanitaire.

Quand on dit cesser le feu à Gaza que les bombes ne pleuvent plus sur la tête des enfants. Quand on dit libération des otages israéliens, on a un message humanitaire qu'on a toujours porté. Les communes ont le droit de jurisprudence à l'appui de porter des messages humanitaires, de verser des subventions humanitaires.

On l'a fait, on a versé une subvention pour soulager la population de Gaza à l'association partenaire du Secours populaire qui est active sur place. euh on verse une subvention à SOS Méditerranée et rien la jurisprudence les décisions du Conseil d'État nous y autorise. Donc là encore il y a un discours humanitaire.

J'ai rajouté un message, c'est vrai, sur cette banderole il y a 1 an déjà, la reconnaissance de l'État de Palestine. Et c'est vrai que c'est pas un message humanitaire, là c'est un message plus politique, je le reconnais mais c'est la position du chef de l'État français. Ça ne l'était pas il y a un an.

Aujourd'hui, ça l'est. Donc je ne vois pas pourquoi Bruno Rota ministre de Macron vient me reprocher de soutenir finalement le souhait d'Emmanuel Macron de reconnaître la Palestine. C'est peut-être une façon de désavouer le président de la République.

La décision, vous l'avez rappelé à l'IRAB de Bruno Reto, surgit en plein été et plus d'un an après que vous ayez déployé une banderole sur l'hôtel de ville. Alors pourquoi maintenant ? Allez savoir, il y a peut-être des figures politiques comme lui qui sont gênées par le fait que dans quelques semaines, a priori, la France va reconnaître l'état de Palestine et veulent faire terre les voix qui portent ce message avant même que le président de la République ne se rallie à cette évidence, à cet impératif moral.

Donc je pense que là on a l'agitation, la volonté de créer des polémiques stériles et aussi pour Bruno Rota je n'en doute pas, la volonté de faire oublier son bilan catastrophique parce qu'il n'apporte rien, il n'a aucun résultat en matière de lutte contre l'insécurité. Il ne fait que de l'agitation, des moulines avec les bras. Alors, il veut créer des buzz inutiles et aller harceler finalement des élus, des maires qui ont le courage de porter des positions forte sur le plan humanitaire et il veut les bayonner.

On refuse le baillon et on continuera de parler encore plus fort parce que vous avez d'ailleurs vous-même à l'Irabé interpellé le ministre de l'intérieur pour lui demander plus de moyens dans la ville de Trappe. Mais moi j'écris des courriers en permanence au procureurs, au préfet, aux ministres parce que les problèmes d'insécurité on en connaît comme partout en France he d'ailleurs. Et quand il y a du tapage, quand il y a du trafic, quand il y a des rodé moto qui font du bruit qui empêchent les familles de vivre paisiblement parce que ce sur quoi m'interpelle au quotidien des habitants, il y a jamais de réponse hein.

Il n'y a jamais de réponse. Et le commissariat de Trap lui-même m'indique que la nuit sur une circonscription de police de 170000 habitants, vous m'entendez bien ? 170000 habitants, il y a une seule patrouille qui fait sep communes.

Donc cette réalité là, c'est le bilan de Bruno Rotaillot et de tous ses prédécesseurs. Et comme les Français doivent ignorer cette réalité, on agite des chiffons et on fait la course aux militants qui défendent le droit de la Palestine et des Palestiniens. En tout cas, manifestement, Bruno Retaillot connaît l'adresse de de l'hôtel de ville de Trappe, hein.

Alibabé, vous l'avez dit, hein, vous refusez le baillon du ministre de l'intérieur. Est-ce que ça veut dire que la justice va s'emparer de cette affaire ? Est-ce que ça va devenir un contentieux judiciaire tout ça ?

Ben, c'est déjà le cas parce que j'observe, je vous le disais que peu de réactivité sur des sujets majeurs qui concernent la vraie vie des des habitants de trappe en particulier. Par contre, au cœur de l'été, je vous le disais, on m'a adressé un courrier pour me demander sous une semaine de retirer cette banderole. Je vous cache pas que j'étais sur l'île d'Oler, je fallais pas me déplacer immédiatement pour enlever la banderole.

Donc j'étais au bout de mes congés, hein. Et dès le 20 euh août, la date limite était atteinte et le 21, un officier de poulet judiciaire était mandaté par le préfet pour constater la présence de la banderolle. J'aurais préféré que cet officier de police judiciaire et je pense que lui-même d'ailleurs l'aurait préféré s'occupe d'affaires plus sérieuses hein, de garantir la sécurité de nos concitoyens.

Et donc dès le lendemain, le recours au tribunal administratif a été ouvert et nous sommes passés ce matin au tribunal administratif. Nous attendons la décision dans les prochaines heures ou les prochains jours ce matin. Donc on vous a quelques heures après ça vite la justice hein.

Ouais ouais ouais. On vous a donc on vous reçoit quelques heures après l'audience devant le tribunal administratif. Vous pouvez nous raconter un peu comment comment ça s'est Alors j'étais pas moi-même parce que c'est notre avocat qui nous représentait.

Moi-même j'inaugurais je vous dire j'inaugurais un nouveau centre social et je posais la première pierre d'une crèche. C'est ça la vraie vie hein des trapistes et c'est ça le vrai rôle d'un élu. Et d'ailleurs, l'État doit être au côté des élus quand ils agissent et il ne doit pas les harceler euh pour des engagements encore une fois humanitaires qui concourent à la diplomatie française.

Maintenant euh franchement euh vous savez moi il y a des femmes battues qui mettent 2 ans à obtenir le divorce dans ma ville. Il y a des personnes qui vivent dans des logements des tais insalubres qui mettent des années à faire condamner leur propriétaire. Et quand on voit que pour enlever une banderole, un ministre mobilise le tribunal administratif en référé en urgence et qu'une décision est prise en quelques jours, ça laisse pas toi.

La décision tombe nos tribunaux et nos policiers ont mieux à faire. Honnêtement, vraiment nos policiers, nos juges, nos magistrats ont mieux à faire que de répondre aux caprices d'un ministre. La décision tombe quand Ali Rabé ?

A priori demain ou dans les tout prochains jours. D'accord. Bon alors on reste en on reste en contact.

Ali Rabé en avril dernier, vous étiez censé faire partie d'une délégation d'élus français interdites d'entrer en Israël et en Palestine. 48 heures avant son départ, les autorités israéliennes ont invoqué une loi contre les personnes susceptibles d'agir contre Israël. Alivé, êtes-vous considéré comme une menace non seulement pour Israël, mais également le gouvernement français qui n'a de cesse de lui exprimer son soutien inconditionnel.

Quoi vous dire ? Moi je trouve que c'est une ironie de l'histoire que de voir le président Macron être accusé quasiment d'antisémitisme par Benjamin Netaniaou. C'est-à-dire que les outrances, les grossièretés de l'extrême droite israélienne qui dirige le pays malheureusement depuis trop longtemps et qui accusent des élus députés, sénateurs, maire dont j'ai fait partie d'être des ennemis d'Israël en gros parce que nous ne portons pas nous ne soutenons pas le projet colonialiste extrémiste de de l'Etanyaou.

Et pourtant vous avez très tôt vous avez très tôt condamné les attaques du 7 octobre immédiatement et j'ai appelé à la libération des otages y compris publiquement et à travers cette banderole immédiatement mais ça ne suffit pas à trouver grâce aux yeux de Benjamin Netanou et de son gouvernement bien sûr et effectivement non seulement on interdit de territoire en Israël où nous avions des rendez-vous avec des militants israéliens des élus des députés israéliens qui voulaient nous partager leur combat pour la démocratie en Israël et et pour les droits des deux peuples à vivre de façon pacifique en coexistence mais nous avions nous sommes aussi interdits de territoire en Palestine en Sis Jordanie Gaza j'en parle pas théâtre de guerre mais en 6 Jordanie nous ne pouvons pas aller par exemple je ne peux pas aujourd'hui aller rendre visite au camp de réfugiés palestinien d'Alphavoir avec lequel la ville de Trappe est jumelée le président de la République la diplomatie française ont été très silencieux au moment où nous avons été empêchés de réaliser ce voyage d'étude avec un certain nombre d'élus pour aller témoigner de la réalité sur le terrain et leur silence était déjà coupable aujourd'hui que même le président de la République n'est épargné par les diatribes la vindicte du de l'extrême droite israélienne et de ses relais en France parce qu'ils ont des relais médiatiques, politiques et cetera. Ça me fait sourire mais malheureusement sourire jaune parce que je peux même pas m'en réjouir. Il y a un moment donné où il faut que les consciences s'élèvent dans notre pays, qu'elles soient citoyenne, celle des élus, celle de la diplomatie française pour arrêter de tolérer l'intolérable.

Et en Palestine, à Gaza comme en 6 Jordanique, c'est vraiment la dignité humaine qui est atteinte. Et si la dignité des Palestiniens est atteinte dans le silence général, c'est la nôtre. euh qui ne mérite pas d'être respecté.

Alirabé, la ville de Trappe fait régulièrement l'objet he de tous les fantasmes. La menace islamiste guêterait cette commune des Yvelines. On se souvient que Jordan Bardella avait qualifié Trap de République islamique et avait d'ailleurs reçu le soutien indirect de Bruno Retillot qui avait déclaré au micro de public Sénat en 2022 oui, il y a des quartiers qui ont été verrouillés par des barbus entre autres polémiques.

Vous êtes devenu un maire très médiatique malgré vous. Euh pourquoi les politiques aidées par les médias mainstream s'acharnent contre les trapistes ? Déjà, ils n'y mettent pas les pieds.

C'est important que vous le sachiez, hein. Que ceux qui vous regardent sachent que ces gens-là ne mettent jamais les pieds dans les quartiers dont ils parlent. Euh, qu'il n'en connaissent pas la réalité, qu'ils n'en rencontrent pas les habitants et qu'ils ne connaissent pas la complexité, d'ailleurs, la diversité de ces territoires hein, où il y a toutes les populations, ce sont des villes cosmopolites avec leurs difficultés mais aussi avec leurs immenses énergies, les espoirs qui jaillissent sur ces territoires et ce sont des populations plutôt jeunes, pleines de dynamisme et qui sont pleinement républicaines, pleinement attachées et intégrées dans la République.

Pourquoi ils le font ? Parce que il y a il y a deux éléments qu'il ne me faut pas opposer. Déjà, il y a un profond racisme latent plus ou moins exprimé qui anime les prises de position, les engagements de beaucoup de ses élus.

L'extrême droite à l'évidence, mais la droite extrême parler de Bruno Rota. Tous ces gens sont prêts à gouverner ensemble demain. Ils partagent la même doctrine, le même discours, les mêmes mots, les mêmes constats, les mêmes solutions d'ailleurs, enfin les mêmes qui n'en sont pas.

Ce sont pas des solutions les politiques publiques qui proposent. C'est des appels à la guerre civile en quelque sorte. Mais donc ils ont la même discours, ils ne sont juste pas dans le même parti.

Mais demain, nous sommes un certain nombre, on va dénoncer le fait que le fascisme rampant qui inonde les plateaux télé, les journaux, le débat public en France peut se transformer en alliance électorale concrète. Moi, je vois déjà la majorité qui pourrait gouverner avec Marine Le Pen et Jordan Bardella. Je vois déjà autour de moi, y compris parmi les élus locaux, des élus LR, même des élus centristes proclamés qui sont parfaitement capables demain de constituer la majorité de l'extrême droite au pouvoir.

Donc cette réalité qu'il y a une haine profonde d'ailleurs c'est ancienne en France de la figure de l'étranger en général, de l'arabe en particulier. Cette réalité là, elle est là, elle est face à nous et nous devons tous, queles que soient nos origines, nos religions, nos sexes, nous devons tous la combattre avec acharnement, avec méthode, avec détermination. Nous devons lui opposer un front républicain solide.

Ensuite, il y a aussi un peu d'opportunisme malgré tout. C'est-à-dire qu'à chaque fois, je le disais pour Bruno Rotaillou, à chaque fois qu'on parle de ça, de à chaque fois qu'on agite un chiffon rouge, à chaque fois qu'on explique qu'il y aurait des territoires perdus de la République, une 5è colonne qui chercherait à prendre le pays de force, ce qui est un fantasme dégirant. Il n'y a pas d'autres termes tant euh les personnes dont on parle sont minoritaires.

Les populations d'origine étrangère sont minoritaires. Euh les les extrémistes sont encore plus minoritaires. Attrape il y a des extrémistes, ils sont extrêmement minoritaires et rejetés par la population elle-même.

Mais euh il y a la volonté, je le disais, d'agiter un chiffon rouge et de détourner le regard d'un bilan calamiteux. Calamiteux, celui d'Emmanuel Macron de sa majorité, c'est 1000 milliards de supplémentaires qui l'ont servi qu'à enrichir les plus riches en appauvrissant les plus pauvres. Le bilan d'Emmanuel Macron et de sa clic, c'est une augmentation, une explosion du taux de pauvreté qui n'a jamais été aussi élevé depuis 40 ans.

Et donc, on peut continuer dans tous les domaines. Je parler de l'insécurité, des violences faites aux femmes, on peut vraiment quasiment tout dérouler. Le bilan est calamiteux et quand on parle des musulmans, on parle pas du bilan.

Donc il y a à la fois un fond profond, réel, incontestable de racisme, d'islamophobie et la volonté de monter les Français les uns contre les autres et par ailleurs de l'opportunisme et la volonté de pas être mise en cause sur son propre bilan. D'ailleurs, on donne pas assez la parole au aux habitantes et aux habitants de de Trap, comment il vivent euh ces attaques assez régulières, hein. Je crois que c'est pratiquement tous les tous les trimestres que la municipalité, votre municipalité se trouve au cœur vraiment du débat médiatique.

Alors déjà, je moi je suis assez fier d'être le maire d'une ville et représentant d'une population qui ne baisse pas la tête et tous les jours dans les rues, il y a pas encore ce matin à l'occasion des inaugurations, il n'y a pas des habitants qui viennent me voir pour me dire "On est fier, continuez, battez-vous, portez notre parole." Et compris sur le combat pour la libération du peuple palestinien. Euh parce que à un moment donné, on peut se dire, ça peut être le réflexe de certains, baissons la tête, ne faisons pas de bruit.

Euh ça a été le réflexe de nos parents, de mon propre père, par exemple. Ne faisons pas de bruit, essayons de passer entre les gouttes. Mais on passera jamais entre les gouttes.

Personne ne passera jamais entre les gouttes parce que si on laisse grandir la bête immun, l'histoire l'a démontré, elle nous dévorera tôt ou tard. Elle dévorera non seulement sa cible principale, mais beaucoup plus largement tous les autres. Tous ceux qui sont des minorités, tous ceux qui les soutiennent, tous ceux qui défendent les droits humains seront la cible des extrémistes.

Donc il ne faut pas baisser la tête ni baisser les yeux. Et je peux vous dire que ma grande fierté, c'est d'être soutenu très massivement par les habitants de trappe. Encore une fois, quel que soit leur religion, leur origine, leur couleur de peau, leur histoire et leur ancienneté dans ce pays ou dans cette ville, je suis arrêté à chaque coin de rue.

Les gens klaxonnent et cetera et m'encouragent à continuer le combat. Donc, il est pas question quels que soient les ordres, les ocas et les menaces de monsieur Rotaillot et ses amis, de baisser la tête ou de baisser les yeux. Et enfin, j'ai une dernière question Alibé.

Alors que la rentrée politique approche à grand pas, le mouvement social bouillonne. Est-ce que vous soutenez l'appel à bloquer le pays le 10 septembre et est-ce que cette mobilisation trouve un écho chez les jeunes issus des quartiers populaires dont vous êtes très proches ? Alors, c'est deux questions auxquelles je vais tenter de répondre.

La première, la colère, elle est immense. Le ressentiment, le tous pourri. D'ailleurs, c'est assez injuste.

Ça nous met tous dans le même dans le même bateau alors que les politiques sont pas les mêmes. Heureusement, mais ce ressentiment, il est immense. Je vais vous raconter une anecdote.

Ce matin, j'inaugurais, je posais la première pierre d'une crèche et une jeune femme est venue me voir. Elle doit avoir 17 ans, elle vient d'avoir son bac. Elle voulait rentrer en fac de psycho.

Le système parcours fait qu'elle n'a toujours pas d'affectation et qu'elle ne sait pas ce qu'elle fait alors que tous ses collègues préparent leur rentrée. Cette violence en direction en particulier des jeunes, elle est inouie. Et je lui ai dit que quand j'avais son âge, ça n'existait pas.

H il n'y avait pas de parcours sup, il n'y avait pas d'algorithme et je savais avant l'été que je rentrais à la fac de mon département à Versailles. Cette réalité que vivent les jeunes de 17 ans au moment où on n'est pas en mesure d'affronter cette violence institutionnelle qui consiste à vous dire on sait pas où vous mettre, vous êtes un problème pour la société et vous n'aurez peut-être alors que vous êtes scolarisé depuis l'âge de 3 ans, vous ne serez peut-être pas scolarisé dans une semaine. C'est inoui.

Donc cette colère là et qui frappe encore plus et ça a été démontré les jeunes des quartiers populaires parce que parcours supplé discrimine davantage parce qu'il ne colle pas à tous les canons qui permettent de rentrer dans la bonne université ou dans la bonne grande école. Cette ce sentiment de relégation, de discrimination, d'humiliation, il est immense. Et donc je ne peux pas vous dire que la population de trappe ou les jeunes en particulier s'apprête massivement à participer au mouvement du du 10 septembre.

Je n'en sais rien mais moi je soutiens les aspirations sociales fortes qui s'expriment à travers les appels à la manifestation, à la grève et cetera le le 10 septembre. Je me réjouis de la CGT et que le syndicat sud est appelé à la grève. Euh mais c'est un mouvement ça se construit sur la durée.

Mais contrairement à ce que le discours mainstream nous indique, le mouvement serait parti de l'extrême droite pour le disqualifier. C'est peut-être vrai d'ailleurs probablement que des éléments d'extrême droite ont été parmi des agitateurs. Mais aujourd'hui, je je vois surtout autour de moi des gens normaux, des gens des classes moyennes, des gens pauvres, des chômeurs et cetera qui ont envie d'exprimer leur colère et qui se rallent à ce mordre.

Donc il y a aucun mépris à avoir vis-à-vis de cette mobilisation. Je suis membre d'un parti politique, dirigeant d'un parti politique génération qui a été fondé par Beno Amont et mes camarades et moi-même, on a parfois à l'époque de des gilets jaunes pas compris le mouvement et on doit pas avoir de mépris vis-à-vis des mobilisations spontanées populaires plus ou moins spontanées d'ailleurs. Mais quand on sent que ça s'embrase, que le peuple a en besoin de s'exprimer au moment où François Berou est totalement délégitimé, pour moi, il est déjà un fantôme, il est déjà il devrait déjà avoir démissionné avant même le vote de confiance.

Et bien notre rôle c'est de soutenir au côté du peuple qui a des messages à à porter. Quand on n'est pas entendu à l'Assemblée nationale et on ne l''est pas, quand en tant que maire on s'exprime et qu'on est bayonné comme vous le voyez, et bien oui, le peuple doit parler et prendre les rues et s'exprimer plus fortement et se mettre en grève et porter des mots d'ordre et des revendications autour de la justice sociale. Les gens, c'est trop gros maintenant.

Tout le monde a vu et compris. 200 milliards d'euros de baisse d'impôt pour les entreprises sans contrepartie, sans résultat dans la lutte contre le chômage ou la précarité. Au moment où je le dis, la pauvreté expose euh des euh 40 milliards raquetés au plus vulnérables.

Vous savez quand on a dans sa famille et c'est mon cas, des personnes qui sont malades, qui sont soignés par le système de santé français et qu'on vous annonce qu'on va économiser sur leur dos notamment les gens qui ont des affections de longue durée, c'est-à-dire des cancers. Comment vous voulez ne pas vous révolter et ne pas avoir une forme de haine en vous ? Parce que le mot de haine, je l'entends et je le vois de plus en plus.

Et il faut que les dirigeants de ce pays ouvrent les yeux. La haine monte dans notre pays et son déboucher peut être explosif. Donc il faut que les gens qui dirigent aujourd'hui s'en aillent.

J'ai pas d'autres mots et je crois que c'est le mot d'ordre. Il faut qu'ils partent. Ils ont écœuré les Français à plusieurs reprises.

Ils ne peuvent pas par la force se maintenir au pouvoir puisqu'ils sont minoritaires. Merci beaucoup Ali Rabé d'avoir répondu à nos questions. Je rappelle que vous êtes maire de trappe, coordinateur de génération et membre du conseil d'administration de l'association des maires ville et banlieu de France.

Et merci à vous d'avoir regardé le média sur notre chaîne YouTube, sur notre site internet ou encore sur le canal 165 de la Freebox. On rappelle que le média, votre média ne vit que des abonnements et des dons de celles et ceux qui l'aiment. Si vous le pouvez, allez sur le médiatv.fr/soutien et donnez-nous, donnez-vous de la force.

Restez connectés au médias. [Musique]