Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo (sur YouTube)· 28 octobre 2025 9 min

SNCF : le réseau impossible à sécuriser ? Avec David Valence, spécialiste du ferroviaire

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

D parce que c pendant de longues heures, ces agents ont œuvré tirer des câbles, restaurer l'électricité pour rétablir le trafic SNCF. Les équipes doivent remplacer les 16 câbles qui sont endommagés et donc raccorder chacun des brins à l'intérieur de ces câbles. Donc c'est à peu près 25 m de câble à remplacer pour chacun d'eux.

Hier, un incendie et un vol de catéaire ont paralysé le réseau sud-est. Dans les gares, 50000 passagers TGV bloqués que l'entreprise va devoir indemniser. Régulièrement, la SNCF est victime d'actes de sabotage ou de vol comme ici entre Lyon et Paris en septembre dernier ou encore en juin dans le nord.

Alors l'entreprise investit notamment dans la surveillance avec des drones ou des caméras. Coût de la sécurisation 100 millions d'euros par an. L'entreprise renforce également la surveillance des voies grâce à des patrouille 24h/ 24.

Et bonjour David Valence. Merci de nous avoir rejoint sur France info, invité du 113. Vous êtes ancien député spécialiste du ferroviaire et vous êtes d'ailleurs à la tête du comité d'orientation des infrastructures.

Donc deux actes de malveillance hier, deux actes de vandalisme. Il se multiplient he ces derniers mois, ces dernières années et face à cela et bien on est impuissant ou presque. C'est ce que nous disait en tout cas ce matin le ministre des transports Philippe Tabarot, invité des quatre vérités sur France 2.

C'est très compliqué. À la fois, il y a des moyens qui sont mis importants, une centaine de millions d'euros par SNCF réseau tout au long de l'année, à la fois avec des techniques très modernes comme des trackers GPS avec des drones de plus en plus avec des 28 sécurisé totalement. Bien sûr que non.

Et puis vous le voyez très régulièrement notamment avec 10000 intrusions par an. Par contre, avec les techniques qui existent aujourd'hui, on a la possibilité quand même de protéger un certain nombre de points névralgiques. On comprend que la tâche est complexe he David Valence. 28000 donc kilomè de voie de ferrée, c'est l'équivalent à calculer Gilbernstein ce matin de trois fois Paris San Francisco.

Oui, on a le deuxè réseau ferroviaire d'Europe et un des premiers réseaux ferroviaires après l'Allemagne. Après l'Allemagne absolument et sur ces 28 km de voie ferrée, il y en a 18000 qui sont vraiment des voies très circulées. Les 10000 autres kilomètres, c'est ce qu'on appelle les petites lignes, les lignes de dessert du territoire, qu'elles soient fret ou voyageur.

Alors effectivement 28000 km donc c'est énorme. Ça veut dire, comme l'a dit le ministre, qu'il faut se concentrer sur certains points névralgiques. C'est ainsi qu'il les a appelé.

De quoi il parle ? Bah hier, il y a eu deux intrusion différente. Il y a eu un acte de sabotage sur une petite cabine dans lequel il y avait 16 câbles de fibre optique qui étaiit situé à proximité d'une ligne à grande vitesse.

Ça, on peut supposer qu'il y a du un sens politique et on était pas loin de la gare TGV de Valence. Et puis il y a eu un deuxième acte de sabotage. Ça c'est l'incendie donc le premier.

Voilà. Exactement. Deuxième acte de sabotage plus classique des vol. bol de câble à côté de Bolen dans le Vaclus et ça ça arrive malheureusement presque tous les jours en France du vol de câble sur des lignes très circulées.

Nous on connaît ça dans le grand test en Alsace de façon régulière et ça perturbe la vie de milliers et de milliers de personnes tous les jours. Donc là c'est deux points ce que vous nous dites c'est qu'ils étaient tous les deux névralgiques si je reprends le terme de Philippe Tabarot. Non des points névralgiques, ça peut être des nœuds ferroviaires par exemple.

Effectivement quand vous vous sabotez quelque chose sur des grandes gares ou à proximité de très grandes gares, c'est le cas d'Alixan hein pour la gare de Valence TGV, là vous vous perturbez de façon très important. Ce sont 50000 personnes pour les usagers du TGV dont la vie a été complètement bousculée hier. On peut imaginer qu'il y avait des familles, il y avait des gens qui qui étaient attendus voilà par des proches et et puis il y a eu tout ce qui s'est passé autour parce que le trafic des ter a été perturbé.

Donc c'est la 10000 personnes ont été impactées. Exactement. c'est plus 50000 pour le TGV et probablement beaucoup plus si on compte les usagers du TER et et donc ça nous fait prendre conscience d'une chose, c'est que en fait nos infrastructures de transport, c'est des actifs stratégiques.

Donc ça va être très compliqué de sécuriser les 28000 km. Évidemment la priorité c'est les 18000 les plus circulés et puis il faut définir des points plus précis sur lesquels on a des éléments de sensibilité notamment à proximité des gares. C'était le cas hier à côté de la garde de Valence TGV.

Donc le risque zéro n'existe pas. on sera toujours vulnérable hein vis-à-vis de de ces actes entre guillemets de de malveillance de vandalisme. Et pourtant euh c'est vrai que malgré tout, il y a ces investissements qui sont conséquents.

Et il a rappelé le chiffre Philippe Tabarot, une centaine de millions d'euros chaque année. Il passe dans quoi exactement ? Il il parle de trackur, GPS, d'alarme, de vidéosurveillance et de drone même.

C'est là-dedans que ça passe. Oui. Alors pour une part très importante, ça passe aussi tout simplement par la protection sur les lignes à grande vitesse.

Vous savez les les barriérages qui sont sur le côté qui empê exactement. qui empêche les intrusions sur la voie ou à proximité de de certains éléments de de la voix qui sont plus sensibles. Évidemment, l'alarme, je passe du du plus archaïque jusqu'au plus au plus moderne.

Et puis les trackers GPS en effet et des drones dans un certain nombre de cas. Vous savez quand vous êtes sur la ligne Paris Lyon Marseille comme hier, vous êtes sur une ligne extrêmement sensible. Paris Lyon c'est la première ligne de France en terme de de voyageurs tous les jours.

Mais alors, comment c'est possible effectivement ces intrusions ? Bah, c'est possible parce que euh il y a il y a il y a des points qui pourraient être peut-être encore davantage sécurisés. Donc notamment à proximité des gares.

On peut évidemment pas en donner la liste ici parce que c'est un enjeu de sécurité nationale. Vous savez, on on sait pas très bien qui a a fait le l'acte de sabotage qui s'est produit à côté de la garde de Valence TGV. Ça peut être des ingérences étrangères avec cette idée que pour déstabiliser un pays, il faut le le fracturer, le perturber sur des séries de petites choses.

C'est ce qu'on appelle la théorie des des petites plaies. Ça peut être un acte de sabotage de certains groupes politiques, je dirais nationaux. On ne sait pas très bien, mais c'est pas du tout la même chose que à Bolè le le vol de câble.

Donc il faut traiter ces sujets de façon différente et proportionnée. À Ben, le vol de câble, vous l'avez dit, c'est assez fréquent pour le coup. Ça, c'est pour le trafic qu' y a derrière.

Oui, c'est assez fréquent parce que effectivement dans les dans les câbles qui sont utilisés, que ce soit les câbles de fibre optique ou certains câbles plus classiques euh dans le ferroviaire, et bien il y a des métaux précieux, donc du vol de cuivre ou de nickel, effectivement, c'est assez assez classique surtout de cuivre. Et pour revenir du coup sur le l'incendie pour le coup là, effectivement la piste qui est sur la table, c'est celle peut-être de l'ultra gauche et de ces groupes euh qui sont contre certains certaines infrastructures de transport hein, que ce soit les trains ou ou les autoroutes. Euh c'est une hypothèse à laquelle vous avez pensé vous déshier ?

Moi, je préfère faire confiance à la justice dans l'élucidation. Ce qui est vrai, c'est que à 200 m de l'endroit où il y a eu cet incendie, avec les 16 câbles qui ont été endommagés, les de fibre optique, on a eu euh une des incendies aussi et des destructions d'une entreprise de BTP qui aujourd'hui travaille sur un échangeur de l'autoroute 7. H donc ça va un peu dans le même sens en tout cas.

En tout cas, ça ça va dans le sens de dire nos infrastructures de transport qui sont le premier actif de la France hein, je le rappelle. Enfin, on a le vous le disiez le 2e réseau ferroviaire de France avec 28000 km. Le 2è réseau à grande vitesse ou de d'Europe ?

Oui, pardon. Euh 2e réseau à grande vitesse euh d'Europe, 2800 km à grande vitesse, on a plus d'un d'un million pardon de kilomè euh de route nationale et d'autoroute donc et et de route départementale. Donc c'est vraiment c'est un réseau très stratégique et euh demain il va falloir s'habituer et mieux protéger ce réseau d'infrastructure parce qu'il est sensible y compris pour des raisons parfois de déplacement militaire et ça va évidemment se se développer dans les années qui viennent.

Alors, on n'a pas le droit de dire évidemment quels sont les points névralgiques, on comprend pourquoi, mais comment on les peut les sécuriser davantage que euh ce qu' a dit et les préconisations euh aussi de du ministre. Donc, vous avez parlé des alarmes, vous avez parlé du GPS, des drones. Euh, qu'est-ce qui peut être mis en plus ?

Est-ce que l'IA par exemple peut nous aider à sécuriser puisqu'on parle de l'IA un peu dans tous les corps de métier et de manière concrète comment ? et et du barriérage, hein. J'ai parlé tout à l'heure du barriérage qui est la technique la plus classique mais qui est pas qui est pas déployée partout hein.

Vous avez des lignes euh empruntées par des trains à grande vitesse mais qui ne sont pas des lignes LGV euh qui ne sont pas barriérées aujourd'hui. Donc il reste encore beaucoup de beaucoup de choses à faire. Mais est-ce que la technologie peut nous aider ?

Oui mais mais la technologie ne résout pas tout. C'est d'abord une volonté des moyens humains qui doivent être derrière et puis des moyens financiers. 100 millions d'euros, c'est déjà beaucoup mais probablement qu'il faudra y consacrer encore davantage dans les années qui viennent.

En tout cas, c'est vrai que on comprend bien les les enjeux qui sont derrière. Merci beaucoup David Valence d'être venu avec nous pour en parler sur France info. He je rappelle si vous nous regardez qu'en tout cas le retour à la normale, c'est bon depuis ce matin.

Tous les trains recirculent sur cette ligne LGV entre Paris, donc Lyon, Marseille et puis ensuite vers Nice et vers Perpignan. Il est presque 13h sur France info. C'est la fin de ce 1113.

On se retrouve demain mais vous restez bien ici puisque l'info elle continue tout de suite avec Julia Vanelst. Yeah.

SNCF : le réseau impossible à sécuriser ? Avec David Valence, spécialiste du ferroviaire — David Valence · Pourquijevote