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InterviewC à vous (sur YouTube)· 24 septembre 2025 10 minContradictoireMixteTravail & emploiSolidarités & familleInstitutions & électionsJustice

Philippe Martinez : quelles relations entre syndicats et politiques ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Vous le rencontrez quelque temps plus tard et il dit qu'il faut l'appeler Emmanuel. Vous refusez?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Vous avez connu E.Macron et F.Hollande. S'entretenir avec le président Hollande était une instance déconcertante?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Vous êtes resté 8 ans à la tête de la CGT. A 21 ans, vous entrez comme technicien chez Renault. Vous commencez à militer à la CGT. En 97, Renault annonce une nouvelle fermeture d'usine en Belgique. Vous êtes interrogé par le journal de France 2.

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Vous le rediriez après tant d'années ou vous savez que c'est une utopie, interdire les licenciements?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Vous parlez de rapports complexes avec les politiques, mais aussi avec les médias, notamment la façon dont la presse traite les conflits sociaux. Selon vous, ça entretient un climat de haine. Ca vous a valu des menaces de mort?

  • 5:00FerméeRéponse directe

    Ca incite à des actions plus violentes?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00P.MartinezFait
    « Il a fait le contraire par la suite. »
  • 2:00P.MartinezPromesse
    « On devrait interdire les licenciements. C'est ce que nous appelons du terrorisme social. »
  • 3:00P.MartinezFait
    « Je ne le dirais pas comme ça. Il faut mieux encadrer quand il y a des plans de suppressions d'emplois. »
  • 4:00P.MartinezFait
    « Pas tous les médias, mais certains médias, encore plus aujourd'hui qu'il y a 8 ans... »
  • 7:00P.MartinezFait
    « En Allemagne, au bout du 2e mouvement de grève, comme en 2023, le chancelier appelle les syndicats pour les voir. »
  • 8:00P.MartinezFait
    « Faire grève, c'est aussi risquer sa place. Plein de gens vont aux manifestations... »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Je sais le rôle que la CGT mène au quotidien auprès des entreprises. Un travail se fait au quotidien. - P.Martinez: Il y a un ministre sollicité souvent. - E.Macron: Au quotidien. - P.Martinez: Il ne répond pas toujours. - A.-E.Lemoine: Vous le rencontrez quelque temps plus tard et il dit qu'il faut l'appeler Emmanuel.

Vous refusez? - P.Martinez: Je ne refuse pas.

Je réponds: "Oui, monsieur Macron." Il faut garder une distance et ne pas faire semblant d'être des amis. On n'est pas dans la confrontation ou le débat, mais chacun a ses responsabilités.

A la CGT, je tutoie beaucoup mes camarades. Ce n'est pas mon camarade. Vous le vouvoyez? - A.-E.Lemoine: Vous avez connu E.Macron et F.Hollande.

S'entretenir avec le président Hollande était une instance déconcertante? C'est-à-dire? - P.Martinez: On discutait.

Il était attentif, mais en sortant, on ne connaissait pas sa position. C'est déconcertant. Pourtant, il est de gauche. - A.-E.Lemoine: Il donnait l'impression d'être d'accord avec vous, mais il faisait le contraire de ce qu'il avait laissé entendre? - P.Martinez: Il a fait le contraire par la suite.

Les 1res mobilisations En 2016, la loi Travail, c'était madame M.El Khomri qui était ministre...

La loi Travail a été une remise en cause de beaucoup de choses pour le dialogue social dans l'entreprise: réduction des droits pour les délégués, les prud'hommes, etc. Alors qu'on avait discuté. Ou alors peut-être que je m'explique mal.

C'est possible. - P.Lescure: Vous êtes resté 8 ans à la tête de la CGT.

A 21 ans, vous entrez comme technicien chez Renault. Vous commencez à militer à la CGT. En 97, Renault annonce une nouvelle fermeture d'usine en Belgique.

Vous êtes interrogé par le journal de France 2. - P.Martinez: Au moment où tout le monde nous parle de lutter contre le chômage, ça devrait être interdit d'annoncer des licenciements.

On devrait interdire les licenciements. C'est ce que nous appelons du terrorisme social. - P.Lescure: Vous le rediriez après tant d'années ou vous savez que c'est une utopie, interdire les licenciements? - P.Martinez: Je ne le dirais pas comme ça.

Il faut mieux encadrer quand il y a des plans de suppressions d'emplois. Surtout, il faut d'abord travailler les alternatives. J'ai cité un exemple tout à l'heure.

Peut-on faire autre chose? Je l'aurais dit comme ça. - A.-E.Lemoine: Vous parlez de rapports complexes avec les politiques, mais aussi avec les médias, notamment la façon dont la presse traite les conflits sociaux.

Selon vous, ça entretient un climat de haine. Ca vous a valu des menaces de mort? - P.Martinez: Pas tous les médias, mais certains médias, encore plus aujourd'hui qu'il y a 8 ans...

Je crois que je le dis dans le livre. Si vous mettez une bonbonne de gaz sur votre usine en menaçant de la faire sauter, toutes les caméras sont là. Si vous leur expliquez comment sauver l'usine, il y a la presse locale, par exemple, mais sinon... - A.-E.Lemoine: Ca incite à des actions plus violentes? - P.Martinez: Bien sûr.

Les salariés se disent qu'ils vont aller à la bonbonne de gaz pour que les gens viennent les voir et qu'on puisse parler. On préfère voir des gens pleurer parce qu'ils vont perdre leur emploi, même s'il y a eu...

Un bon film a été fait. Ca s'appelle "L'Usine, le Bon, la Brute et le Truand". C'est plus difficile...

Ca génère de la colère. - A.-E.Lemoine: Vous avez reçu des balles adressées au siège de la CGT, des tags insultants sur le périphérique... "Martinez, rentre dans ton pays", une invective... - P.Martinez: C'est la réalité de la situation qui s'est encore aggravée.

C'est la réalité. Des lettres d'insultes, dès qu'il y a un conflit, on en reçoit. Il était marqué sur le périphérique, sur le bord, "Martinez, rentre dans ton pays".

Je passais devant tous les matins. C'est au-delà de menaces. Ca a des significations politiques.

C'est la haine de l'autre, le racisme. Il faut appeler les choses par leur nom. - A.-E.Lemoine: A chaque mobilisation, au-delà des leaders syndicaux qui appellent à la mobilisation, le droit de grève est remis en cause.

Ca fait réagir. - E.Tran Nguyen: Il y a bien un moment qui polarise la société, c'est les jours de grève.

Certains soutiennent le mouvement. De l'autre, il y a ceux qui soufflent à l'idée d'une journée de galère dans les transports, le système D pour la garde des enfants...

C'est ce qu'on a ressenti ce matin en interrogeant les Parisiens. - Je pense que là n'est pas forcément le meilleur moyen de résoudre les problèmes sociaux. - Tout le temps les métros en grève, les trains aussi, mais c'est pas possible! - Le droit de grève, c'est formidable.

C'est une chance. - Oui... - C'est certainement pour des raisons valables.

S'il y en a, c'est qu'il doit y en avoir. - Le gouvernement n'en a rien à foutre. Ce mouvement a perdu son sens.

Ce n'est pas la faute des grévistes. - Une journée d'action ne sert pas à grand-chose. Il faudrait faire comme les pays allemands ou anglo-saxons.

Quand vous vous mettez en grève, c'est indéfiniment, jusqu'à ce que les revendications soient faites. - E.Tran Nguyen: C'est pas mal ressorti, cette idée de faire grève plus longtemps. ...

Les Français ne sont pas les champions du monde de la grève. - P.Martinez: Merci de le dire. - E.Tran Nguyen: Vous le dénoncez dans votre livre.

Si on regarde les pays qui font Le plus grève, la France n'est pas en 1re position. C'est la Finlande, puis la Belgique. Il y a aussi l'Angleterre et, en 4e position, la France, avec 77 jours de grève par an.

Cette image de peuple râleur toujours en grève est un peu une caricature. Partout où vous êtes allé, vous avez senti un respect et parfois une authentique admiration pour le mouvement social français, son histoire, ses conquêtes. Beaucoup de nos téléspectateurs soutiennent les mouvements syndicaux.

On sent aussi une fatigue démocratique. Je crois que c'est ce qui revient à chaque fois. C'est ce que dit ce téléspectateur.

Je l'ai entendu. J'ai eu beaucoup de commentaires comme ça. Il y a aussi ceux qui en ont marre et qui ne comprennent pas, notamment les travailleurs.

Il y a ceux qui critiquent la manière de faire grève. "Trop de grève tue la grève." Les mouvements sociaux auraient perdu en puissance.

Vous avez beau réunir du monde dans la rue, entre 500 000 et 1 million, le 18 septembre...

On l'a vu pour la mobilisation des retraites. Jusqu'à 2 millions de personnes dans la rue, mais ça n'a pas empêché la réforme de passer. Faire grève en France, ça sert encore à quelque chose? - P.Martinez: Oui.

Le problème, c'est avec qui vous discutez. Je le dis dans le livre. En Allemagne, au bout du 2e mouvement de grève, comme en 2023, le chancelier appelle les syndicats pour les voir.

Là, on écrit. On demande à être reçus. C'est suffisamment rare en France quand tous les syndicats sont d'accord...

Ca devrait faire un déclic dans la tête du Premier ministre et du président. "S'ils sont tous d'accord, les syndicats, il faut peut-être faire plus." Quand vous faites grève, vous perdez de l'argent.

Certains salaires sont très bas dans notre pays. On ne peut pas dire qu'il y a des bas salaires et ne pas faire grève. Faire grève, c'est aussi risquer sa place.

Plein de gens vont aux manifestations...

Vous pouvez faire un micro-trottoir. Certains posent une journée de congé pour ne pas se déclarer en grève. C'est la réalité de notre pays, du mouvement social, des reculs qu'il y a eu dans le dialogue social.

C'est comme ça. En même temps, mais vous devez les connaître aussi...

Plein de travailleurs dans le monde aimeraient avoir le droit de faire grève. C'est un problème. Demandez aux Chinois, par exemple! - A.-E.Lemoine: Vous étiez dans la rue jeudi.

J'imagine que vous y serez jeudi. - P.Martinez: La réunion n'est pas terminée.

Vous avez confirmation que c'est le 2? - P.Cohen: Ca doit être confirmé ce soir par M.Léon au 20h de France 2.

Il y avait une réunion. Il doit y avoir confirmation. - A.-E.Lemoine: Vous ne savez pas, par hasard?

Logiquement, ça devrait...

Vous le faites de façon quasi anonyme. Vous ne serez pas dans le carré de tête. On vous interpelle et on vous demande de reprendre du service? - P.Martinez: Non, non, non.

Ca ne se pose pas comme ça, de toute façon. J'ai pris un chocolat pas loin d'ici. Le maître d'hôtel m'a dit: "J'ai acheté votre livre.

C'est vachement bien." Vous voyez...

J'aime bien être dans le cortège. Devant, c'est parfois un peu chiant. - A.-E.Lemoine: C'est-à-dire? - P.Martinez: Déjà, il y a une demi-heure de questions de journalistes.

Ce ne sont pas les journalistes qui sont chiants. Ne me regardez pas méchamment. C'est par salves.

Pendant une demi-heure, vous répétez 10 fois la même chose. A la fin, on se demande si on radote, si on est vieux...

On est un peu coupés des militants. Maintenant, je suis dans le cortège.