Nikos Aliagas / Moyen-Orient : la guerre menace-t-elle l’agriculture européenne ?| 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir à toutes et tous. Soyez les bienvenus dans 28 minutes. Bonsoir les copains.
Bonsoir au vert. L'actualité c'est les répercussions du blocage du détroit d'Ormous depuis le 28 février dernier. Les répercussions sur le secteur agricole européen.
La flambée des cours du gaz qui sert à fabriquer les engrais chimiques de synthèse et le blocage des bateaux transportant ces engrais menace d'asphyxier l'agriculture de l'UE. Importé à prix force n'est plus possible selon le patron de la FNSEA. Les engrapes, c'est l'alimentation de nos plantes.
Et si on ne les nourrit pas, nous n'avons pas de plantes, pas de récolte, pas de moisson. Et ça pose à nouveau la question de la souveraineté. Est-ce qu'on est capable de plus produire en France d' alors précisément quelle conséquences concrètes pour les agriculteurs ?
Et en bout de chaîne pour nous les consommateurs, est-ce une transition agroécologique vers moins d'engrais ou vers des produits décarbonés ? On en débattra ce soir et avant de vous retrouver en fin d'émission, Marie Bonisso et Xavier Moduit avec un ours Ellisabeth qui a été vu sur les pistes de ski d'une station de l'Ariège. Ça se passe dans la commune d'oustou et on n'imagine pas combien l'histoire de cette commune est liée à celle de l'ourse mais il ne faut il ne faut pas vendre la peau de la chronique avant de l'avoir rencontré.
Donc à tout à l'heure. Comment s'appelle la commune ? Ustou Ustou et vous ustou et vous Marie où va-t-on ?
Moi je on va en Lituanie. Je vous parle d'une idée originale du gouvernement qui veut essayer de faire remonter le taux de natalité. Ils vont peut-être réouvrir les boîtes de nuit pour que les gens se draguent plus.
C'est la danse des bébés ce soir. À tout à l'heure. Et pour commencer au risque du cliché, il faut reconnaître que l'animateur Nico Saliagas est une star du petit écran.
Son prénom d'ailleurs suffit à l'identifier. Menikos, c'est un jardin secret. Depuis des décennies, la photo et même la photo humaniste comme la pratiquait Robert Douanot.
Le cœur dans les yeux. Nicos a photographié des vieux et des vieilles et il expose ses superbes portraits pendant 1 an au musée de l'homme à Paris. On le retrouve tout de suite.
Nicosagas, bonsoir. Bonsoir et son appareil photo bien sûr, il me suit souvent. Son âme frère.
Bonsoir, bienvenue dans 28 minutes. Je vous présente Ananï et Benjamin Sportou, Anna dont les enfants lui ont dit tout à l'heure enfin ce matin tiens enfin quelqu'un de sympa et de cool enfin une star dans ma quel âge ? 9 10 15 18 Pas privée Nico Salaga sur ce plateau.
Euh il y a quelqu'un qui a qualifié la photo humaniste dans les années 30 40 avec une expression merveilleuse qu'on pourrait employer à propos de vous, c'est le cœur dans les yeux. ce quelqu'un c'était le co-inventeur du surréalisme Philippe Soupa qui est l'auteur des champs magnétiques. Ça vous convient le cœur dans les yeux ?
Ça vous semble résumer votre vision de la photographie de ce que vous faites ? C'est certainement un alignement en tous les cas. Ça n'est pas qu'un regard, ce n'est pas qu'une technique ou un cadre, mais une projection de ce qu'on ressent.
Souvent quand je photographie, même sans avoir de certitude, j'ai l'impression de reconnaître quelque chose, de reconnaître un espace temps, une vibration, quelque chose. Donc je m'approche, parfois j'y arrive, parfois j'y arrive pas, mais ça passe devant nous. On a l'impression que les images existent ou la possibilité d'une projection existe et elle passe par l'être humain.
Donc peut-être en ce sens l'humaniste est là, le photographe humaniste est là, votre profil idéal réalisé par Ga Legra. Et ensuite on parle avec vous à nouveau de ceci les grands âges. Merci Nicos Aliagas.
Vos photos illustrent l'exposition Les grands âges qui se tient au musée de l'âme de Paris jusqu'au 3 janvier 2027. En citant Annie Ernaud, considérez-vous que la photographie permette de sauver quelque chose du temps où l'on ne sera plus jamais ? Pour répondre à cette question, vous avez le profil idéal.
Enfant, vous observez les photos de vos grands-parents prises lorsqu'ils étaient jeunes et vous prenez conscience du passage du temps. Votre père vous offre votre premier appareil, un petit Kodakin instamatique avec un flash carré et un jour photographier devient une nécessité. Le déclencheur, ça a été après le décès de ma grand-mère.
Je me suis dit mais elle est plus là, elle est où ? Elle est au ciel. Blaa je comprenais pas.
Je me dis mais qu'est-ce qu'on peut faire pour les garder encore ici ? Donc photographier photographier les gens. Vous commencez à exposer au début des années 2010 après Cors et âme à la conciergerie à Paris en 2016 avec un portrait en très grand format de votre père Andreas, vous proposez l'épreuve du temps au palais brognard un an plus tard.
J'ai besoin de comprendre les gens. J'ai besoin de me photographier comme si je recherchais aussi une partie de de notre enfance perdue. C'est ça le temps qui passe aussi de mon enfance perdu peut-être.
Sur Instagram, vous partagez parfois les images des gens que vous avez croisé ou rencontré comme ici en 2023 avec ce texte. Je ressens leur étrange silence comme la résonance de leur passage. Nous sommes tous des âmes errantes.
Cette même année, au cœur de l'expoin d'Ulis, vous proposez le portrait d'un homme surnommé Panachias qui était venu vous présenter ses condoléances après le décès de votre père. Il était écrit que je devais photographier ce monsieur pour le remercier d'être venu lui rendre hommage et il était écrit que après sa mort ce monsieur serait immortalisé à travers un cliché et qu'il voyagerait à travers le monde. Aujourd'hui, les grands âges interrogent notre rapport au temps, mais aussi la place que nous accordons aux personnes âgées dans nos sociétés.
Pour l'occasion, vous vous êtes rendu dans un épad de la banlieue parisienne où réside une dizaine de centenaires. Quand je photographie une personne âgée, je veux lui signifier que je vois qu'elle a été, qu'elle a existé. La clé de la photographie, c'est le sens du futur antérieur.
Ça, c'est quelque chose que vous avez dit un jour, j'aurais vécu, il aura été. C'est ça. Oui, c'est cette émotion-là ses traces parce que le temps n'est pas le temps photographique me semble-t-il et je parle seulement de façon subjective et peut-être empirique.
Le temps photographique n'est pas linéaire. C'estàd qu'il est à la fois ici et maintenant mais dans le ici et maintenant on est déjà dans un passé et le fait de voir une photo quelques années plus tard nous en dit plus sur ce qu'on pensait voir mais qu'on ignorait. à propos de voir pourquoi est-ce que cette photo qui est sur donc le catalogue des grands âges, l'exposition qui est au musée de l'homme de Paris, pourquoi est-ce une révélation cette vision, cette femme qui vous désigne et cet homme qui vous photographie ?
C'est hallucinant cette photo. Je suis à Venise dans le quartier de la Judeka. On est le 1er mai 2023.
Je suis en train de de finir une expo. J'ai fini une expo, je suis en train de monter un catalogue. Il me manque quelques images, je débule et je vois ce couple comme ça.
Il y a un cadre naturel. C'est pas la meilleure lumière. Je m'approche, j'ai des amis italiens, je shoot, je demande l'autorisation, elle elle est majestueuse.
Mais ma voy, qu'est-ce que vous voulez ? Et puis en chemin, lui sera un petit appareil. Ce que je ne sais pas à ce momentl précis, je la prendrai 3 années plus tard quand le musée de l'homme décide de prendre cette photographie pour en faire l'affiche.
C'est que lui c'est un monsieur qui s'appelle Italo Daniel qui est un immense à la fois photographe historien de la photo, prof de fac et et quand j'ai commencé à travailler et à rechercher son travail et son approche photographique, j'avais larme aux yeux, je dis c'est pour cette raison que j'ai cette photographie aussi. Donc je n'étais pas capable. Je n'avais pas ni la maturité ni la j'avais une sorte de synchronicité mais j'avais pas la grille de lecture. 3 ans plus tard ce couple est en grand et oui devant le musée de l'homme.
Donc c'est c'est c'est eux. Merci. C'est grâce à eux.
Merci. Vous êtes pas très branché psychanalyse psychothérapie. Vous l'avez dit dans les interviews.
Est-ce que la photo c'est une thérapie ? Est-ce que ça vient soigner des mots intimes, des angoisses que vous pouvez avoir bien ancré en vous ? Notamment par exemple la peur du temps qui passe, la peur de la mort. plus que le temps qui passe, j'ai peur de pas de vivre, de ne pas vivre, de ne pas comment dire incarner pleinement cette chance qui est la vie.
J'ai compris très vite la mort et la fragilité pour plein de raisons personnelles aussi et familiales aussi. Donc je me suis dit plus que la peur de la fin, puisque la fin est une certitude, la finitude, essayons plutôt de donner un sens à notre vie comme on peut et un enthousiasme avec la part étymologique du du terme enthousiasme, avoir le div en soi, c'estàd petit dieu intérieur. C'est ça.
Ce petit dieu qui dit "Va par là, va par là, fais comme tu peux, mais fais-le." Ma femme est psy, je ne suis pas euh son patient. Oui, mais mais d'une certaine à défaut d'être une thérapie ou une psychothérapie, c'est certainement une forme de catarcis aussi quand on a un métier public comme le mien où tu es exposé passer derrière c'est aussi une forme une autre prise de parole.
Humilité, une forme d'humilité, vous le diriez ? Vous iriez jusque là, si je dis ça, je ne le suis plus. Mais mais c'est une forme de de peut-être de d'hyperéréalisme, c'est-à-dire vous parliez de ça tout à l'heure, c'est de d'une clairvoyance sur on n'est pas dupe, mais j'ai aussi besoin de d'aller chercher autrement de quelques réponses.
Pourquoi il y a tant de mains ? Pourquoi il y a tant de mains qui s'étraent, de mains qui font ça ou de mains qui caressent un visage comme le fameux barbier vénitien ? Pourquoi les mains vous fascinent ?
Pas que vous hein, il y a eu plein de photographes. On va voir une main photographiée par Dominique Isserman. Euh, elle est pas de vous, c'est la main de Dominique de de Marguerite Duras qui montrait ses diamants qui disait "On peut être au PC, au Parti communiste et aimer les diams." Extraord.
Mais vous, pourquoi aimez-vous les mains ? Peut-être pour les mêmes raisons parce que les mains disent que le masque social souvent essaie de cacher. Elles disent à la fois nos névroses, elles disent nos silences, l'indicible, elles disent aussi notre pétier.
Regardez ce monsieur derrière, c'est un croquem comme on dit. Et en même temps, on voit que c'est un gros fumeur parce qu'il a un des doigts qui est qui est plus voilà, on observe les mains disent beaucoup de choses et même par extension parfois elles disent qui étaient ceux d'avant. On va évoquer avec vous Nico Saliagas et avec Anna un tableau, l'histoire d'un tableau de jeune de la croix.
Il a 200 ans le tableau, il symbolise le panélénisme et il va être prêté par la France à la Grèce. Et oui, vous le connaissez ce tableau, c'est la Grèce sur les ruines de Missolongi. Une œuvre qui fait référence à un moment clé de la guerre d'indépendance en Grèce.
Vous l'avez dit il y a 200 ans. Je rappelle qu'à partir de 1822, les Ottomans ont assiégé à plusieurs reprises cette ville de l'ouest de la Grèce. Les Grecs ont résisté héroïquement pendant des années, mais finalement Missolongi est tombé en 1826.
Et cet événement, il a réellement marqué les esprits en Europe. Plusieurs artistes ont décidé à ce moment-là de soutenir l'indépendance de la Grèce et parmi eux Eugène de la Croix qui a donc peint ce tableau quelques mois après la fin du siège. Exactement. en signe de son engagement politique.
Et la femme, on la voit ici, elle est vêtue du costume national. Elle symbolise la Grèce et elle est agenouillée sur les ruines de la ville. Ce tableau, il a donc été prêté par le Musée des beauxarts de Bordeaux et il sera exposé au musée d'archéologie.
Il est arrivé il est arrivé il est arrivé et jusqu'à jusqu'à au mois de novembre et samedi dernier j'étais à Missolongi et j'ai assisté effectivement à cette image extraordinaire de milliers de personnes qui venaient de leur champ des des des pêcheurs et qui ont une une autre relation avec l'iconographie et l'icône en général. parfois il se signait devant alors que ce n'est pas un objet sacré mais c'est un objet qui a changé la donne historique. Effectivement ce tableau si je vous en parle c'est parce qu'il est important pour vous mais je crois aussi qu'il l'a été pour votre papa et notamment à son arrivée en France.
Est-ce que vous pouvez nous raconter informé ? Oui. Quand il est arrivé avec une valise, il parlait pas français du tout.
Il est arrivé garde de Lyon et dans son portefeuille Andreas il avait cette petite icône enfin cette même moi je me plante une représentation de de la croix qu'il avait coupé dans un magazine une carte postale et il disait "Vous venez d'où monsieur Grec Grec de la croix ?" Donc quand on vu le tableau arriver et qu'il est sorti de sa boîte et qu'il a quitté le musée des beaux grâce à Sophie Bartelémiem qui a donné son feu vert d'ailleurs qui est la patronne à Bordeaux. Quand on l'a vu, il y a eu un silence.
On avait les larmes aux yeux et je me suis dit il porte encore le cri des des des victimes de Miss Longi. Parce que en fait c'est ce qui est génial c'est que de la Croix n'était jamais venu en Grèce. Il ne il ne connaissait évidemment pas Molongi mais les reportages de l'époque l'ont ouvri et il a touché quelques C'est là le génie des grands des grands tous les Européens sont venus lord Byron est mort là-bas bien sûr il est mort dans la même ville correct mais il a senti quelque chose qui il a touché un archétype autre chose l'inconscient Nico Salagaz vous êtes photographe on en a parlé depuis le début de cette interview quand vous serez vieux dans quelques années par qui aimeriez-vous être photographié idéalement vivant ou mort soyons fous on peut résurer on peut il y a il y a il y a il y a un beau photographe que qui fait beaucoup de manifes euh et qui met des casques parfois euh qui s'appelle Audieux Bobby qui est Boris un photographe de de Libé et que j'aime beaucoup et un autre peut-être aussi Ulric Leb des gars qui ont une quarantaine d'années trentaine d'années aujourd'hui mais qui tentent qui s'approchent donc jeis bien avoir un portrait bien prêt bien ridé comme celui-ci ça veut dire que je serai encore en vie évidemment et ce sera l'instant décisif comme disait l'autre exact merci Si Nicos Aliagas, les grands âges, c'est pas les vieux ou les vieilles, c'est les grands âges.
C'est plus poétique, c'est plus beau, ça englobe quelque chose d'universel. Vos photographies jusqu'à janvier 2027 au musée de l'homme, place du Trocadéro. Merci d'être venu dans ma merci pour votre invitation et on va passer à notre débat sur les conséquences de la guerre au Moyen-Orient. conséquence sur le secteur agricole européen fragilisé par le prix des engrais chimiques de synthèse qui augmentent en flèche du fait du blocage du détroit d'ormous depuis 5 semaines et puis de notre dépendance aux importations.
Le moment est-il venu de réduire les intranches chimiques dans l'agriculture ? Quelles alternatives naturelles efficaces à part le pipi et le fumier ? On en débat après la mise au point de Sandrine Lecalvez.
C'est vrai. Voilà des semaines qu'ils sont bloqués, interdit de navigation dans le D3 d'Ormouse. Plus de 600 bateaux devraient pouvoir lever l'ancre à la faveur de l'accord entre Washington et Teran annoncé la nuit dernière.
Passage stratégique, le D3 d'Ormous permet, on le sait, l'acheminement des hydrocarbures, mais pas seulement. Un tiers du transport maritime mondial des engrais y transit. Les agriculteurs d'Asie, d'Afrique et de l'Europe sont donc directement impactés par la guerre en Iran.
Hier, ses membres de lain rurale des Yvelines ont délaissé les travaux des champs du printemps pour alerter sur les difficultés qui s'accumulent avec la guerre au Moyen-Orient. Là, on a les prix des carburants qui ont explosé, le prix des engrais qui ont explosé et là ça nous coûte réellement de l'argent. Déjà que les trésoreries sont plus mal là depuis la guerre en Ukraine, ça fait 4 5 ans qu'on qu'on s'en sort plus quoi.
En 2022, l'invasion russe de l'Ukraine avait déjà mis en exergue la dépendance de l'Europe aux importations d'engrais et de gaz russes qui sertent à leur fabrication. Une réunion se tiendra à Bruxelles lundi prochain pour échafauder des solutions. L'Union européenne n'est pas autonome souveraine en matière d'engrais.
Nous ne produisons que 40 % des engrais. Donc il faut progresser dans la souveraineté. Il faut un plan engrais évidemment.
Alors comment inciter à produire des engrais sur le sol européen ? Quelles alternatives moins coûteuses, plus naturelles ou plus respectueuses de l'environnement mettre en œuvre ? Nos trois invités pour ce débat.
Benoît Bito bonsoir. Vous êtes paysan bioagronome et vous êtes aussi député écologiste de Charante Maritime. Qu'élevez-vous ?
Alors, j'élève des vaches, des chèvres, des chevaux de trait, les bodets du poitou, des poules pondeuses, mais je suis aussi producteur de céréales en grande culture. 18 espèces dédié à l'alimentation humaine. Très bien.
Et selon vous, Benoît Bito, la hausse, des prix des engrais à faire exploser les coûts de production agricole. Vous êtes bien passé pour pouvoir le dire. L'Europe est trop dépendante des importations.
On avait pourtant tiré la sonnette d'alarme, ajoutez-vous, au début de la guerre en Ukraine en 2022. Emmanuel Ducro, bonsoir. Journaliste économique pour le quotidien l'opinion, spécialiste des questions agricoles.
Selon vous, l'Europe a des plans pour développer des engrais européens, mais si on veut relocaliser leur fabrication, il faut miser sur les engrais décarbonés et ça c'est compliqué. On expliquera évidemment pourquoi au cours du débat. Et à côté de vous, Aurélie Catalot, bonsoir.
Vous êtes directrice du programme Agriculture et alimentation France à l'Institut du développement durable et des relations internationales, Liderie. Selon vous, on peut utiliser moins d'engrais pour un même rendement, mais la vraie question, c'est de repenser complètement, ajoutez-vous, les systèmes de production pour diminuer la place des engrais chimiques de synthèse. Et on démarre, on démarre euh le débat avec le chiffre du jour. 30 % des engrais mondiaux transitent par le des trois d'Ormous, un des trit fermé depuis le 28 février, début de la guerre contre l'Iran.
Il vient de rouvrir aujourd'hui le trafic des engrais venant notamment d'Inde, de Chine, du Pakistan ou du Bangladesh très gros producteur va pouvoir reprendre. Benoît Bito, c'est un soulagement pour vous où en fait vos factures ont déjà augmenté, vous êtes déjà impacté par ce qui s'est passé. Al moi je suis pas impacté parce que je n'en utilise pas.
Je vais parler non du tout mais je vais parler des agriculteurs. C'estàd que malheureusement et et ça et j'aurais pu aussi prendre la citation d'Aurélie depuis 2022, on aurait dû s'interroger de comment quelle trajectoire on fait pour essayer de s'affranchir de cette dépendance parce que on a une vraie addiction. Et donc effectivement ceux qui n'ont pas réussi à faire cette bifurcation des systèmes agricoles et qui sont toujours dépendants des engrais, ça leur coûte énormément cher.
Alors, il y a le problème de la disponibilité mais il y a le problème du prix. Ouais. Et donc là, il y a il y a vraiment quelque chose à réinventer.
Euh il y a les les réponses technosolutionnisme qui qui qui consistent à dire "On va faire des engrais décarbonés". Moi, je pense qu'il faut surtout réfléchir au système de production qui s'affranchit de ces engrais. Ouais, mais vous avez des collèges qui ont déjà des factures qui ont augmenté si on comprend bien.
D'accord. C'est déjà fait. A et ben en fait on dit la guerre en Ukraine avait déjà révélé notre faiblesse vis-à-vis des engrais et là c'est un nouvel avertissement avec la guerre au moyen ça a mis en évidence notre entre dépendance aux importations d'engrais 60 % pour l'Union européenne.
C'est énorme. Oui tout à fait. Ce chiffre, il est il est même un petit peu plus élevé pour la France puisque la France, elle importe 2/3 des engrais chimiques qu'elle consomme.
Euh donc, on a une véritable dépendance stratégique à l'importation sur les engrais chimiques. C'est vrai que on avait déjà eu des événements, des précédents aléas qui nous avaient averti sur les risques que que l'agriculture française court avec ses niveaux de dépendance. Aujourd'hui, on a un nouvel épisode géopolitique qui nous le rappelle.
Et donc c'est vraiment important, je pense de profiter des prochaines occasions politiques au niveau français et au niveau européen pour euh non pas blâmer les agriculteur de leur niveau de consommation de regret, mais pour se dire comment est-ce que collectivement on peut faire en sorte de regagner ce que j'appelle en souveraineté azotée, c'est-à-dire la capacité de l'Union européenne et de la France à répondre aux besoins d'azote avec ses propres productions. À propos de l'Union européenne, Emmanuel Ducro dans un papier publié hier, vous aviez des mots très très durs. Vous dites "On n'a rien appris de la guerre en Ukraine de 2022.
Angélisme, impréparation de la part de l'Union européenne. D'accord, ça arrive ça. Voilà, vous êtes d'accord.
Euh, en fait, il y a une chose qu'on doit dire d'abord, c'est que les plantes ont besoin de nutriments, d'azote, de potasse et de phosphate. Ça c'est une réalité sur toute la planète et d'une manière ou d'une autre, on doit leur en donner. Alors, c'est avec des engrais comme ceuxlà azotés, mais ça peut être avec des engrais organiques.
Il se trouve que ceux qu'on a en Europe sont très bien utilisés. Donc pour l'instant, on est quand même dans cette équation. Elles ont de toute façon besoin de ces nutriments qu'on rapporte d'une manière ou d'une autre.
On parle de quoi ? De céréales. De On parle de toutes les cultures, mais on parle essentiellement des céréales en l'occurrence mais de toutes les cultures.
Bl, maïs, euh moins pour le soja. Après, on a des plantes qui en ont moins besoin. Par exemple, on a euh si on a par exemple des légumineuses, ell elles vous ont plutôt tendance à aller chercher de l'azote dans l'air et à la ramener dans le sol.
Donc ça c'est une partie agronomique de la solution. Mais il y a rien de magique. Alors oui, le la préparation et l'angélélique Oui, parce que en fait, on a une double dépendance sur les engrais.
On a la dépendance aux solution azotée, c'est-à-dire allurée à ces et à ces et à ces composants. Donc là, on est dépendant à hauteur de 60 % en Europe, mais on a une autre dépendance, celle du gaz parce que l'engrais, c'est un coproduit du gaz. Donc, en fait, on est dans cette double dépendance.
Alors, je me doute que on ne sera pas d'accord sur la manière de régler le problème et que effectivement les engrais décarbonés sont peut-être pas la solution que vous préférez, mais il se trouve que quand même on en aura besoin de ces engrais décarbonés parce que l'autre problème des engrais azotés, c'est qu'ils sont très émetteurs de carbone dans leur cycle de fabrication et dans leur usage parce qu'on a une partie de cet azote qu'on apporte aux plantes qui s'en va. en Europe c'est 40% et on est les meilleurs du monde sur la manière de d'apporter cet azote au plant. Donc on a en théorie des solutions pour faire des engrais décarbonés.
Alors soit on capte du carbone en amon qui pas une enfin voilà d'accord mais en tout cas ça va coûter très cher et l'Europe ne s'est pas préparé. D'accord. Bon et puis alors il y a un autre problème, on va en parler avec vous trois et avec Anna évidemment, c'est la taxe carbone aux frontières, le MACF.
MACF, mécanisme d'ajustement carbone aux frontières qu'on appelle aussi donc taxe carbone aux frontières. Un instrument qui vise avant tout à protéger les entreprises européennes des concurrents étrangers qui n'ont pas les mêmes normes environnementales que celles qui sont utilisées dans l'Union européenne. Ce mécanisme, il s'inscrit dans le pacte vert qui doit permettre à l'Union européenne d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050.
La taxe, elle a commencé à s'appliquer en octobre 2023, puis elle s'est généralisée au 1er janvier 2026. Et dès lors, tous les produits importés en Europe que je vais citer faire, ciment, aluminium, électricité, hydrogène et bien sûr les engrais, tous ces produits qui dépassent les quotas d'émission de carbone définis par l'Union européenne sont soumis à une surtaxe qui tourne en ce moment autour de 83 € la tonne de CO2, ce qui fait naturellement augmenter les prix des engrais importés et qui impacte directement les coûts de production des agriculteurs. Et d'ailleurs, les syndicats de paysans français estiment ce surcoup à 4000 € par ferme par an.
La ministre française de l'agriculture Annie Genevar moyen c'est une moyenne moyenne en moyenne. Tout à fait. La ministre française de l'agriculture et ses homologues italiens et croates ont donc demandé la suspension de ce texte qui leur a été refusé par Bruxelles au motif que cela pénaliserait les producteurs vertueux d'engrais européens.
En revanche, la commission envisage d'utiliser les recettes de cette taxe carbone pour amortir les chocs financiers, par exemple en stabilisant les prix des engrais. Aurélie Catalo, est-ce que selon vous c'est la bonne solution à la fois pour préserver les agriculteurs mais en même temps nos normes environnementales européennes ? Oui, le le il y a une taxe qui s'applique sur les fabricants européens d'engrais et le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières, il vise à imposer cette taxe sur les importations d'engrais en provenance de pays tiers.
Autrement dit, c'est une forme d'application d'un principe qui est assez consensuel en France, qui est celui de la réciprocité des normes. Par exemple, on dit "On ne veut pas d'importation de poulet moins cher qui ne respecte pas nos standards environnementaux." Le MACF sur les engrais, c'est la c'est l'application du même principe sur cette fois non pas un produit alimentaire mais un intr nécessaire à la fabrication.
Donc sur le principe, ça me semble être cohérent si on veut de la réciprocité des normes d'ussi l'appliquer sur un produit comme les engrais. Maintenant dire est-ce qu'il y a eu un déficit de bonne communication, d'anticipation parce qu'en fait ça fait 3 ans qu'on le sait que ce mécanisme est censé s'appliquer aux dire oui. Et est-ce que exactement on a eu aussi un déficit éventuellement d'accompagnement des agriculteurs qui font face à à l'entrée en vigueur de ce MCF sur les engrais.
Oui, ça on peut l'entendre. Par contre, il faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain si on veut porter la réciprocité des normes. Alors, soyons cohérents jusqu'au bout et on l'applique aussi sur les en c'est écolo Benoît Bito, mais ça vient porter préjudice là aussi à vos collègues qui utilisent des engrais.
Cette cette taxe là, est-ce que vous en demandez vous aussi la la levée ? Non non, moi je je alors là je je il faut surtout pas supprimer cette ce mécanisme là parce que parce qu'il est vertueux. C'est c'est effectivement de la réciprocité.
On peut pas demander des clauses miroirs, des mesures miroirs sur des productions alimentaires et et avoir une gestion différenciée de de la taxe carbone, c'est c'est pas possible. Mais ça va augmenter pardon très concrètement ça ce genre de taxe, ça augmente aussi ce qu'il va y avoir dans nos assiettes aussi parce que entre les engrais, le prix des engrais et les taxes ça va coûter cher au consommateur très concrètement. Oui, ça peut coûter mais ça constitue des enveloppes publiques.
Ça ça constitue la la des ressources propres pour l'Union européenne et moi j'étais député européen au moment où on a réfléchi à cette à cette à cet ajustement carbone et et je l'ai défendu tout simplement parce que je pense que c'est par les ressources propres qu'on trouvera aussi les moyens d'engager l'accompagnement de la bifurcation agricole pour se sortir de de cette dépendance aux engrais qui viennent des pays tiers extérieurs à l'Europe. Donc c'est un mécanisme qui doit nous aider, qui doit être utilisé pour accompagner la bifurcation agricole. Parce que aujourd'hui ce qui menace la souveraineté alimentaire dont tout le monde parle, c'est pas la difficulté d'accéder à des engrais, c'est pas la disparition d'une molécule, c'est l'effondrement de la biodiversité et le dérèglement climatique contre lequel on s'attaque frontalement avec la MASF.
Hm hm. Donc il faut il faut quand même prendre de la hauteur par rapport à ça et s'attaquer aux vraies causes de ce qui menace réellement la souveraineté alimentaire à long terme. C'est ça.
Mais bien sûr c'est mais l'intérêt de la MACF c'est c'est une projection à long terme. On n'est pas sur du court thermiste quand on fait ça. Emmanuel Ducro, pourquoi il y a pas de fabricants d'engrais européen ?
Il y en a il y en a mais il ferment. C'est ce que vous releviez dans une enquête que vous avez faite en France et c'est dans d'autres pays. On a perdu en 4 ans 10 % de nos capacités de production d'engrais azotés définitivement. et on a une partie des chaînes de fabrication qui sont à l'arrêt parce que les prix du gaz ont tellement augmenté que les fabrications ne sont plus compétitive.
Et donc en fait on est on est dans un paradoxe parce que le MACF l'autre aspect qui était bah celui de rééquilibrer comme vous le disiez, c'était aussi de redonner de l'air aux fabricants européens pour qu'ils puissent investir dans des nouveaux projets plus vertueux, plus décarbonés. Mais sauf que c'est comme ça arrive à contre-temps, on on personne n'est contre cette mesuref hein, c'est c'est plutôt une très très bonne idée. Simplement, elle arrive dans un contexte économique qui est tellement perturbé qu'elle elle est elle est inefficiente et qu'on n' pas prévu la suite, c'est-à-dire des plans d'investissement.
H alors, quelles alternatives aux engrais ? Vous en parliez, Benoît Abito, est-ce qu'ils existent ? Notre urine, ça serait pratique et sans limite.
Pourquoi pas ? garder cet extrait d'un reportage de France 3. L'idée peut faire sourire mais elle est prise très au sérieux par l'entreprise Laabelle Verte missionnée par la région Eladem pour mesurer les atouts de ce fertilisant naturel.
Cette station de recherche agricole a comparé l'efficacité de l'urine avec un engrais chimique sur quatre variétés végétales. C'était très satisfaisant puisque du coup l'urine a donné les mêmes résultats était tout aussi qualitatif que les autres engrais déjà utilisés sur le marché. Une étape supplémentaire vient d'être franchie chez ceux pépiniiste.
Le premier à exploiter sur ses cultures l'urine stockée depuis des mois. Dilué et transmis quotidiennement par goutte à goutte, le liquide a remplacé l'engrais biologique. C'est là vous allez peut-être pas être d'accord au céréaliste ou pas ?
Bien sûr, ça peut faire partie des pistes à explorer. Globalement la la question qu'il faut se poser, c'est comment est-ce que l'Union européenne peut répondre à ses besoins en azote ? Trois leviers.
Le premier c'est la sobriété. Les agriculteurs ont déjà fait des efforts pour réduire leur utilisation d'engrais chimique, mais on a un objectif de diviser par deux cette utilisation d'engrais chimique à horizon 2050 qui nous est fixé par la stratégie nationale bas carbone. Il faut continuer dans cette dans cette voie, il faut optimiser les pratiques.
Deuxième levier, ce sont les leviers agronomiques que madame Ducro a notamment déjà évoqué, c'est-à-dire la policulture élevage pour utiliser les effluants d'élevage et redéployer les légumineuses qui fixent naturellement l'azote de l'air. Et troisième piste qu'on peut explorer, c'est toute nouvelle technique ou technologie qui présente un bilan environnemental vertueux. Alors, peut-être pour partie, posons-nous la question de est-ce qu'on peut faire des engrais décarbonés avec de l'hydrogène ?
Ça peut être une piste à considérer, mais il y a d'autres choses. Ça peut être le recyclage des urines humaines, ça peut être aussi le développement de de d'enzymes qui vont fixer l'azote dans le sol. Il y a d'autres techniques.
Ça ça fait partie du paquet de solutions, mais par contre, il ne faut pas que ces solutions techniques ou technologiques nous privent de d' s'attaquer deux fronts aux deux premiers leviers, sobriété et agronomie. L'hitau vous utilisez urine humaine ou animale où ça vous semble anecdotique ? On voyait Anna nous faisait remarquer la pipinière sur les toilettes de de ces jeunes mais mais ça peut pas se faire à échelle.
Bien sûr, mais moi moi je je je condamne pas ou je repousse pas cette solution là. Moi, j'ai une préférence, je vous l'avez dit dans ma dans la présentation, je suis agronome et moi j'ai moi ma préférence elle va vers l'agronomie et je vous l'ai dit tout à l'heure, ce qui menace la souveraineté alimentaire, c'est le dérèglement climatique et l'effondrement de la biodiversité. Et bien quand on s'attaque au dérèglement climatique, on on fait le constat qu'on doit reculer sur la dépendance aux engrais parce que pour faire 1 kg d'azote, il faut et et et Emmanuel Ducroll l'a dit, il faut 1,5 L de gaz ou de pétrole pour faire 1 kg d'azote.
Quand on en utilise 200 à 300 kg sur des cultures comme le blé, le maïs, le colza, ça veut dire qu'avant même d'avoir tourné la clé du tracteur, on a déjà une dépendance de 3 à 400 L de pétrole ou de gaz. Donc ça veut dire que l'agriculture qui est de céréalier de céréali finir. Ça veut dire ça veut dire que l'agriculture est pour le moment un problème.
Elle est aussi victime du dérèglement climatique mais elle peut être la solution si elle arrive à s'affranchir de ses dépendances. Et donc c'est l'association par exemple Auréli ouvert la voix, c'est l'association, je fais attention, c'est la c'est c'est l'association de légumineuse avec des des non légumineuses dans la même partie ce que je fais depuis 20 ans et quand on n pas utilisé de pesticides, qu'on a pas utilisé d'engat de synthèse, qu'on a restauré la vie du sol et qu'on a fait le choix de variété locales et ancienne, on se rend compte que les variétés enfin les les ces plantes là communiquent entre elles et on peut avoir un transfert d'azote d'une légumineuse qui fixe l'azote atmosphérique. 80 % les França réalis adhérents de la FNSEA, ils peuvent être convaincus par ça.
Un moment donné, ils vont ils vont ils vont buter. On peut pas d'un côté condamner le prix de la difficulté de s'approvisionner en en engrais azuté le prix des engrais azutés et balayer d'un revers de la main les solutions agronomiques. Et donc 80 % de l'atmosphère qu'on respire est composée d'azote et on a des plantes qui savent la fixer.
C'est vrai qu'on on ne cesse de nous dire qu'il y a des potentiels effets toxiques de ces engrais. Comment se fait-il que depuis des années, on n' pas évolué vers des engrais plus naturels ? Pour vous, c'est pas contradictoire ?
Bah, il faut surtout pas mélanger tous les engrais parce que là, vous parlez d'engrais au phosphate et là, nous, on parle d'engrais à l'azote. C'est pas la même chose. On parle pas du même sujet.
Donc moi je veux bien dans les phosphates. Oui, mais là on parle d'azote. Là, là, on parle de notre dépendance, on parle de notre dépendance à l'azote.
Donc, c'est pas le même sujet. Moi ce que je voudrais vraiment dire, c'est que il faut se garder de laisser penser qu'il y a des solutions magiques qui pourraient fonctionner partout en France. Selon les modes de production, selon les terroirs, on n' pas les mêmes besoins en engrais.
Selon les enfin, comment dire, l'agriculture française, c'est une mosaïque extrêmement complexe de pratique, d'assolement, de rotation. Donc en fait, il tout ça c'est des transitions qui sont lentes et il y a pas de solution magique. Donc il faut pas faire croire que on aurait un truc comme ça du jour au lendemain en juste remettant des légumineuses, c'est quand même un petit peu plus.
Mais on a perdu du temps ou pas ? Est-ce qu'on aurait pu aller plus vite pour éviter ces ces engrais ? En fait, moi je suis pas d'accord, je suis pas je suis pas d'accord pour dire que c'est en soi un problème, c'est il faut réfléchir à toutes, il faut tirer le fil jusqu'au bout de nos productions.
Qu'est-ce qu'on veut faire de l'agriculture française ? On a une agriculture française qui exporte des céréales. De mon point de vue, ce n'est pas un problème parce que le fait d'exporter des céréales, c'est aussi un outil diplomatique.
C'est aussi la garantie de stabilité politique dans tout le bassin méditerranéen. Et si on ne le fait plus, ce sont les Russes qui le font. Donc il faut tirer les fils de notre modèle agronomique et de notre modèle agricole jusqu'au bout sur la dimension géopolitique de notre modèle agronomique.
Bien sûr, on de toute façon oui, on a spécialisé les zones de la planète et et notamment le bloc russoau-rainien sur la production de céréales. Donc si c'est sûr que si on en produit pas, eux, ils vont les produire. Mais moi, ce que je dis, c'est qu'on peut produire des céréales et aussi les légumineuses et le faire dans la même parcelle.
Et ça ça marche très bien. Et ça fait de la diversité alimentaire, ça fait de l'agronomie et donc ça ça règle le problème des dépendances et euh et et donc on commence à allumer un cercle vertueux. C'est ce que je disais tout à l'heure, l'agriculture peut être responsable du changement climatique climatique, elle peut être victime du dérèglement climatique, mais elle peut aussi apporter la solution au dérèglement climatique.
Aurélie Catalo, tout à l'heure vous parliez d'engrais à base d'hydrogène. Est-ce que ça ça rentre dans la grande famille des engrais décarbonés et ça peut fonctionner ? Oui, ça rentre théoriquement dans cette grande famille-là aujourd'hui.
Par contre, c'est vraiment une technologie qui on est des a des stades balbuciants dans l'Union européenne et pour lesquels euh on est loin d'être très au clair sur la faisabilité économique et technique d'un grand passage à l'échelle. On peut se enfin, c'est ce que je disais tout à l'heure, explorons l'opportunité de le faire. Mais par contre, dans tous les cas, que ce soit opportun ou pas, on on ne peut pas substituer nos importations d'engrais par cette technologie qui n'est pas du tout disponible en quantité et économiquement abordable.
Donc c'est pour ça qu'on a besoin absolument de réfléchir aussi à la réduction de nos usages et au levier euh agronomique sur la réduction et alors Emmanuel sur la réduction des usages, vous êtes d'accord avec ça ou pas ? Il faut aller plus loin, plus vite vraiment enfin oui évidemment personne ne ne dit le contraire. La réduction des usages mais il y a pas d'objectifs nationaux ou de a si il y a il y a bah si il y a un objectif européen Aurélie Catalo l'a mentionné de division par deux des usages alors après à quelle horizon pardon 5050 donc on sait qu'on ira alors on a la chance de vivre en une dans une époque où on a des solutions technologiques qui peuvent apporter des réponses c'est-à-dire queon connaît désormais des cartographies hyper précises des parcelles.
On sait où il y a des besoins, on sait où il y en a pas besoin on sait où il y en a moins besoin. on sait de quoi il y a besoin où et ça ça veut dire qu'on peut faire des épendages d'engrais hyper fin. Et on connaît aussi de mieux en mieux la biologie des plantes, c'est-à-dire que la l'azote, les plantes en ont besoin quand elles font leurs feuilles.
Donc en fait, on sait à quel moment le mettre théoriquement et mais c'est des modèles qu'on doit adapter en permanence parce que le changement climatique fait que les feuilles n'arrivent plus exactement au même moment qu'avant. Donc en fait, c'est la connaissance fine, énormément de données qui va donner des réponses mais encore une fois c'est c'est fin et c'est lent. Hm.
Alors pour vous faire sourire tous les trois, regardez notre archive. Elle date de 1959. Ça a été filmé en Inde.
Une démonstration que si la musique adouc les mœurs, elle pourrait aussi peut-être servir d'engrais pour les plantes. En tout cas, les faire pousser. On est en 59.
Effectivement, la musique adoucit les mœurs, dit le proverbe. Son rôle ne s'arrête pas là. Aujourd'hui, les laboratoires de l'université indienne d'Anamalay étudient l'action des ondes musicales sur la croissance des plantes.
Il apparaît en effet que les vibrations produites par des sons musicaux déterminent une amélioration surprenante dans la rapidité et l'ampleur de la pousse de n'importe quelle plante. Tels exemples montrant la différence entre une plante laissée à l'action de la nature et une autre traitée à la musique sont particulièrement suggestifs. Et l'on peut imaginer le temps proche où les champs seront parcourus par des charmeurs de plantes répandant leur engrais musical.
Bah, je suis pas sûr que vous utilisez la musique vous, mais vous utilisez quoi alors le fumier, le lisier ? Qu'est-ce que qu'est-ce que vous utilisez ? Et est-ce que du coup ça facilite aussi vos relations avec les voisins ?
On sait qu'il y a des français qui se retrouvent autour de champ et qui s'inquiètent de l'épendage d'engrais. Ben moi, je je revendique être sur une structure qui bénéficie de l'agrooving et non pas de l'agrobashing. C'est pour faire l'opposition.
On aime nos paysans. Mais ouais. Et j'ai et et l'anecdote raconte que des propriétaires fonciers m'ont même de de prendre leur terre pour faire ce que je faisais chez moi, chez eux euh pour euh voilà pour voilà et et que j'ai rétrocédé moi depuis que je suis agriculteur, j'ai permis cette installation justement en prenant du foncier comme ça et en le rétrocédant.
Parce que cet épendage là, Emmanuel Ducros, ça fait peur à ceux qui sont à proximité de de ces champs, soyons clair aussi. dans dans les dans dans les villages à proximité. Je suis pas sûr que ce soit les engrais qui fassent vraiment peur.
Je pense que les gens ont peut-être plus peur des des phytosanitaires. Mais les engrais en soi, comment dire, ce sont des ce sont des nutriments, enfin c'est de l'azote, de la de la potase, de la phosphate. C'est des choses qui sont en elles-même relativement inertes.
Hm h et ben écoutez, ce sera le mot de la fin pour un débat qui était tout sauf inerte. Merci à tous les trois d'être venus évoquer notre question du jour. On va rester dans l'actualité vu par Marie Xavier Modu et Marie Bonisso.
Sortie d'honale. Elle concerne un ours brun qui a été filmé sur une piste de ski en Ariège et en Lituanie. Le gouvernement raisonne comme une boule à facette pour tenter de lutter contre la dénatalité.
Et d'abord le mot vedette du jour, ces catacombes, les galeries parisiennes souterraines, bien connues, ont rouvert au public ce matin. C'est entendu les catacombes, c'est là que nous vous emmenons. Je voir l'expérience he des catacombes.
Des catacombes de Paris. Qu'est-ce que ça veut dire exactement ce que ça dit ? Merci de m'en dire un peu plus.
Entendu la vie secrète des mots vedettes. Catacombe du grec kata près de et combé cavité désignait un cimetière souterrain romain situé le long de la vie apia puis l'ensemble des cimetières souterrains chrétiens et enfin depuis 1786 le suer municipal de Paris. Fermé depuis 5 mois pour travaux les catacombes rouvrent ce mercredi 8 avril.
Les catacombes de Paris qui ne sont qu'une portion des 320 km de carrière souterraines abandonnés du sud de la ville s'étendent sur 1 km5 d'entraille du 14e arrondissement et contiennent les ossements de 6 millions de Parisiens morts entre le 10e et le 13e siècle. La balade au pays des eaux usées attire 600000 visiteurs par an. Par la magie de la sédimentation entamée il y a 50 millions d'années, Paris est en zone calcaire pratique pour construire les sublimes édifices qui la définissent.
Au 14e siècle débute l'extraction souterraine du calcaire. Mais après un grave effondrement en 1774, Louis X impose qu'on cesse de transformer sa capitale en gruyère. 12 ans plus tard, une portion de ses boyaux est recyclée en catacombe, nommée en hommage à celle de Rome pour héberger les restes humains de 18 cimetières parisiens qui débordent, dont le doyen cimetière des innocents, tellement surchargé qu'en 1780, ses cadavres avaient fait céder un mur mitoyen et envahi la cave d'un restaurant.
En 1810, le nouvel inspecteur général des carrières transforme l'uer en monument public avec scénographie, crânes et tibias agencé en quincon, citation flippant ou piliers antiques. Les huiles s'y pressent, les artistes s'y expriment, les touristes s'y déversent. Bienvenue dans le monde d'après de ce d'avant.
Comme dirait Xavier Mi, tout souff une cata catacombe. Merci Tibonolt. Retour à vos retour de vous deux Marie Bonisso et Xavier pour vos non pas vos critiques, vos chroniques.
Exactement. On est fatigué. Alors un ours brun a été aperçu.
C'est le weekend dernier. C'est ça. Sur les pistes de la station de ski de Guset en Ariège.
Et ça vous adorez dans la commune du stou. Où ce qu'il est cette ours ? À Ustou.
Bon et alors l'histoire des humains est intimement liée à celle de l'ours dans le coin. C'est ça. Ah oui, c'est vraiment incroyable.
Ellisabeth, elle été 1875, la presse du mémorial des Pyrénées au journal de Paris rapporte une étrange anecdote qui a pour cadre les Pyrénées Harriège Joises. Et juste à côté de la commune Dustou, il s'est passé quelque chose d'extraordinaire quand un général russe qui était là pour prendre les eaux, voyez, villigé vit une aventure incroyable. Tous les matins, il boit son petit verre de flotte, il va faire une balade à cheval.
Sauf qu'un matin, il tombe nez à nez avec un ours dard. Il se carapate quand même pour être prudent et puis le soir il raconte à des compatriotes son étrange aventure et tout ce qui lui disent formidable. Demain on y va, on prend le fusil et on va chasser l'ours.
Ah est-ce qu'ils vont le trouver ? Oui, ils le trouvent. Ben attention, cette ours est accompagnée de trois petits potes.
Enfin petits potes, des gros potes costaud dans ils sont tout voulu. Et là, les chasseurs s'apprêtent à tirer quand soudain surgissent un paysan, une paysane qui hurle. Ne tirez pas, ne tirez pas.
Ce sont nos élèves. Comment ça disent les chasseurs ? Mais les paysans l'explique, vous êtes à Ustou.
Et Ustou c'est connu, c'est ici qu'on élève les ourses. Et d'ailleurs pour prouver leur dire, les paysans font danser les ourses devant les chasseurs et bah parce qu'en effet, quand vous lisez la presse du 19e siècle, Ustou est présenté comme l'académie de l'ours. On dit dit même que les touristes viennent nombreux pour voir les ourses accrochés au tron d'arbre pour ce sinistre spectacle. de l'ours qui est là adressé pour amuser les humains et dans le même temps à Hustou, vous avez des élevages d'ours d'ours qui sont envoyés ensuite pour amuser les gens dans les foires partout dans le monde hein, en Belgique, en Allemagne, vous en trouvez même aux États-Unis et jusqu'en Argentine et à Ustou l'ours est une ressource vraiment concrètement on en vit avec en 1894 dans la presse l'annonce qu'un ours a été tué, que sa viande est vendue, il est possible de l'acheter. qu'on peut acheter de la viande d'ours parce que l'ours brun vous savez qui est présent partout en Europe disparaît peu à peu au fil des siècles au sens où son territoire se réduit face à l'activité humaine face aux attaques aussi très nombreuses et l'ours se réfugie dans les montagnes principalement c'est pourquoi les Pyrénées ariégeoises sont un sanctuaire pour l'ours avec la figure formidable de Canel Canel la dernière représentante de cette lignée millénaire qui a été tuée en 2004 et nous voyons bien ici que cette histoire nous conduit à la réintroduction.
Leses d'aujourd'hui sont nés de la réintroduction mais cette histoire est longue entre l'humain et l'ours. Il suffit tout simplement de lire les sources des sources bien léchées. Évidemment.
Évidemment Xavier. Magnifique. Oui, Marie à vous.
Le gouvernement lituanien a des idées parfaitement originales pour tenter de relancer la natalité. Oui, ça ça a l'air d'être une blague mais c'est très sérieux a assuré la ministre de la sécurité sociale lituanienne pendant une conférence de presse donc à Vilnus qui portait sur la relance de la natalité dans le pays. Il faut savoir que la Lituanie c'est un des pays les moins fécondents d'Europe.
En en 2024 c'était 1,11 enfants par femme. C'est le chiffre le plus récent que j'ai trouvé. C'est très bas.
Nous en comparaison. nous c'était 1,61 par la même année. Donc il y a urgence pour ce petit pays balte de même pas 3 millions d'habitants et parmi h mesures gouvernementales avancées pour faire faire des bébés, il y a ressuscité les discothèques en Lituanie parce que le diagnostic de cette ministre de la SQ, c'est que les Lituaniens en fait manquent de lieu pour se rencontrer, pour tomber en amour puis faire des bébés.
Voilà, elle pense que c'est là que ça coince. constat assez curieux à l'heure des applications de rencontres virtuelles. D'ailleurs, la ministre a elle-même reconnu dans cette même conférence de presse que aujourd'hui, c'est vrai que les dancings sont fréquentés par des gens un peu en ménopause, dans l'état de ménopause ou ménopause, voilà qui vont danser la tarentelle le dimanche après-midi.
La la ministre a pas dit la tarentelle, c'est moi qui rajoute parce que toujours admirer les vraies bonnes danseuses de musette. Alors l'idée donc c'est de faire revenir des gens en âge de progrès. L'idée qui a été reçue avec un peu de scepticisme par le démographe interrogé par la télé lituanienne qui lui soulligne que c'est plutôt la précarité du travail, les CDD, les contrats en intérim qui explique pourquoi les jeunes du pays ne se voient pas fonder une famille.
Bon, j'ai quand même essayé de voir ce que ça donnait. Quand les institutions encouragent les couples à s'accoupler, pardon, mais c'est le terme, j'ai trouvé une idée un peu similaire. Il y a une dizaine d'années au Danemark, c'était pas l'État mais il y avait une agence de voyage qui avait lancé une campagne nationale qui s'appelait Do it for Danemark.
Donc faites-le pour le pays avec un concours pour les Danois qui enfanterait non pas après une rencontre en boîte de nuit mais pendant leurs vacances afevangud en bvenie. Voilà, donc on pouvait gagner des couches et un voyage avec son enfants. La presse avait évoqué un mini baby boom à l'époque mais rien de fou.
On va voir ce que ça donne dans les clubs de Vinus. Moi, je paris que personne va faire d'enfant mais que au moins certains vont apprendre la tarentelle et ça c'est une belle nouvelle. Et peut-être un baby boom boom.
Ouais. Le sens du rythme. Ah oui, c'est bien connu.
Merci à tous. On se retrouve demain à 20h05. Tus.
Benoît Biteau