Bruno Le Maire - Le temps d'une décision : récit
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Bruno Lemire. Bonjour. Comment faire plus court que votre présentation en 4e de couverture du livre dont nous allons parler maintenant ?
Homme politique et écrivain, Bruno Lemire a été ministre de l'économie et des finances de 2017 à 2024. Ça fait 19 mots. Alors, j'ajouterai quand même parce qu'on est dans une période où il est beaucoup question de de record et en particulier de de nos footballeurs que vous vous êtes titulaire, je crois de deux records ministériels.
Euh non pas la la la plus grande longévité à l'économie, aux finances parce que en cumulé, c'est valé régistardin plus de 9 ans mais enfin il y a eu des trous. vous, c'est si j'ai bien compté 7 ans, 4 mois et 4 jours euh donc de 2017 à l'expédition comme vous le dites dans le livre des affaires courantes euh jusqu'en 24. Le plus bref séjour aussi euh comme ministre au ministère des armées.
Alors je sais pas si j'ai bien compté mais en vous lisant j'ai compté 22h30. Là vous êtes généreux, c'est 12h. Ah bon ?
Voyez. Oui. Bah par rapport au décret, j'imagine dans une forme de préface intitulée prédite 2025, vous nous racontez quatre histoires qui se sont déroulé à quatre endroits différents.
Chamoni, Paris, Dax et Ancorage. Et c'est un une personne que vous rencontrez à la feria de Dax dans une créperie qui vous dit créprie, j'imagine un peu provisoire, de toute façon, on a compris, vous décidez plus rien. Et vous dites la décision est l'essence de la politique.
Elle est devenue le talon d'achile des démocraties. Je n'écris pas pour témoigner mais pour agir autrement. Si je parviens à mieux faire comprendre qui décide dans le monde où nous sommes, viendra le moment de répondre à une autre question tout aussi difficile que décider.
Ce qui amène une dernière interrogation. Comment ? AL ma question première question est la suivante : poursuivre le combat politique comme vous le faites en écrivant un livre de 300 pages face à des adversairire ou des concurrents qui mobilise 280 caractères pour un poste sur X ou qui considèrent qu'une story sur Insta c'est déjà quasiment la playade.
Et en voulant s'adresser à une population qui lit de moins en moins, "N'estce pas aussi désoué que l'usage du MAS 36 contre les stoua allemands lors de la débaque de 40 ? Alors, je crois au contraire que c'est très moderne. Je vais remercier euh toutes celles et tous ceux qui ont pris le temps de venir m'écouter euh ce soir.
Je suis à la canicule dans cet endroit bien climatisé. Euh je pense qu'il ne faut euh jamais chercher la modernité pour la modernité. Alors, je vous rassure he j'utilise Instagram, les réseaux sociaux, les tweets.
J'utilise très régulièrement l'intelligence artificielle que ce soit chat GPT ou Mistral. Mais je considère que la lecture, la littérature, la langue française, c'est un des combats les plus importants que nous avons devant nous. Et donc ce combat, je le livre.
Euh je sais bien que c'est difficile, que les livres se vendent moins bien, qu'il y a moins de lecteurs, mais je considère qu'il est pas perdu et que livrer le combat pour la langue française, c'est livrer le combat pour la nation française, pour l'unité des gens, pour la capacité à échanger entre nous, à trouver les mots justes, permet de parler à la personne qu'on aime, à la personne qui souffre, à la personne qui est son voisin avec qui on a envie d'ouvrir la conversation, de commencer une relation. Et je considère également que la meilleure façon de comprendre le pouvoir, c'est ce que j'essaie de faire dans ce livre, c'est pas uniquement le tweet ou l'émission de télévision ou le reportage, c'est aussi le récit. Donc ce lit, c'est vrai que c'est un récit des rencontres avec Trump, avec Shishing Ping, comment ça se passe le pouvoir, les détails, comment chacun est habillé, comment chacun se comporte, les geste.
Ça s'inscrit dans une longue tradition littéraire française qui va de Saint-Simon à Château Brillant et à d'autres auteurs. Et je pense qu'il est indispensable de livrer ce combat pour cette tradition littéraire française qui à la réinventer et qui t'a livré un combat qui peut par derrière garde mais qui pour moi est très moderne qui est le combat pour la lecture. Alors effectivement euh on vous connaît comme un auteur euh chroniqueur, un véritable, j'allais dire observateur participant et vous nous faites profiter grâce à votre plume qui est effectivement pour le coup elle n'a pas elle n'a pas changé, elle est toujours aussi précise.
Vous ne faites profiter de d'un sens du portrait que vous que vous possédez réellement. Je je je cite par exemple, il y en a beaucoup mais vous vous évoquez Mohamed Ben Salman. Bon, MBS, on connaît, j'allais dire, ces ces états de service et et c'est l'occasion pour vous d'une forme d'introspection, celle d'une personnalité politique occidentale, celle que vous êtes.
Je vous dis, voici venu l'aube des années carnivores selon l'expression utilisée par les poétesse Anna Akmatova au sujet de l'Union soviétique où chacun dévore l'autre quand on connaît ce qu'a fait Ben Salman et plus loin. Pourquoi voudrions-nous que ceux qui ont recueilli la puissance que nous avons abandonné se comporte différemment ? Que nous manque-t-il pour comprendre cette évidence ?
Et vous terminez plus loin, plus difficile à digérer pour les estomac européens, le plus difficile à croire c'est l'abandon américain. Et vous dites d'ailleurs, mais d'ailleurs, qu'est-ce que les Européens ont pu y faire ? Al je vais reprendre l'exemple de Mohamed Ben Salman parce que il traduit bien l'exercice du livre qui est un exercice à la fois de description des personnages faire rentrer vraiment dans ce que c'est que l'intimité du pouvoir et puis c'est aussi une réflexion sur les temps dans lesquels nous sommes.
La réflexion dans les temps dans lesquels nous sommes, c'est que c'est effectivement une aire de brutalité pas possible. Et je raconte cet entretien avec Mohamed Ben Salman alors qu'on vient quelques mois avant d'apprendre qu'il avait fait découper à la 6 sauteuse un de ses adversaires dans un consulat à Istanbul et on sait on a les indications que ça a été fait sur ordre de Mohamed Ben Salman. Mais dans le même temps, votre fonction de ministre des finances vous oblige à le rencontrer et à négocier avec lui des contrats pour les Français. en Arabie Saoudite.
Donc c'est un moment assez vertigineux de vous retrouver face- à face avec une personne dont vous dites "Il a fait assassiner un de ses opposants, il a fait assassiner un journaliste et pourtant je dois le rencontrer, je dois discuter avec lui." Et le nouvel ordre mondial c'est ça. Si vous ne discutez plus avec les personnes qui font preuve de brutalité dans la conduite des affaires, bah vous allez très fini finir très vite par discuter avec vous tout seul.
Et le deuxième chose, c'est de bien faire comprendre à la personne qui lit ce livre quel est le sentiment d'être assise elle-même en face de Mohamed Ben Salman, le prince héritier d'Arabie Saoudite. Donc si vous voyez l'image de Moemel Salman à la télévision sur une émission ou dans un journal, vous verrez un homme, on sait pas très bien s'il est grand ou pas, qui a son kéfier, une barbe et qui ressemble à un dirigeant saoudien et qui est plutôt souriant. Et qui est plutôt souriant.
Mais dans le livre, j'essaie de traduire tous les détails qu'on ne voit pas à la télévision. d'abord le fait que cet homme d'état est bourrétique et que quand vous êtes en face de lui, il a un mouvement de tête très particulier en permanence. Ça vous le voyez pas lorsque vous regardez le journal ou que vous lisez un magazine.
Le fait que il est manucuré, les doigts très soignés, les mains très soignées, vous ne le voyez pas. Le fait qu'il est très charnel et quand vous lui serrez la main, vous avez l'impression d'une main extraordinairement charnelle. Vous ne le voyez pas la télévision.
Le fait qu'il est lourdement parfumé, vous ne le voyez pas. le fait qu'il a beaucoup de charme, qu'il est très souriant, qui vous enjaule et qu'au moment même où vous dites "Ce gars-là a fait assassiner un journaliste dans un consulat à Istanbul et le journaliste est reparti dans une caisse découpée en morceaux, il est en même temps extraordinairement doux." Et c'est ça que je veux faire comprendre et que jamais aucun film, aucun magazine ne vous permettra de comprendre.
La même manière quand je décrive Vladimir Poutine justement j'ai pardon je vous interromps cher Bruno Lomè parce que justement là pour le coup vous vous posez la question vous dites en quoi serait Vladimir Poutine personne ne sait en despot en ogre en Pierre le Grand en Staline en perturbateur sa méthode est un mélange d'intimidation de violence de calcul froid et de provocation son pouvoir sointe l'argent et l'assassinat sur commande. devient différent à la mort des autres. Son rubicon et la guerre, il a été franchi depuis longtemps.
Je pense que c'est la description assez Comment vous expliquez comment vous expliquez la fascination qu'il peut exercer y compris sur un certain nombre de personnalités politiques occidentales ? Parce qu'il y a toujours eu en Occident et toujours eu en France une fascination pour le despot. fascination pour alors n'est pas universellement répandue Dieu soit loué mais une fascination pour le pouvoir brut qui n'est pas ce qui se pratique en France donc comme ça n'est pas nous on est fasciné par ce qui n'est pas nous et il y a effectivement en France tout un courant de pensée qui est fasciné par Vladimir Poutine fasciné par la puissance russe fasciné par le dirigeant russe.
Moi je ne partage pas du tout cette fascination. J'ai toujours considéré Vladimir Poutine que j'ai rencontré à de multiples reprises comme un homme des services secrets sans aucune limite dangereux dont la conduite du pays est un mélange de narratifs impérial et de mafia. Donc le narratif impérial, c'est pour redonner de la fierté au peuple russe et la mafia, c'est pour prendre le contrôle de l'argent et des ressources naturelles du pays.
Et on retrouve les deux niveaux de réflexion qu'il y a dans le livre. La réflexion géopolitique. Oui, aujourd'hui Vladimir Poutine est une menace pour l'Europe.
Il a agressé l'Ukraine et il faut que nous soyons prêts à faire face à cette menace. et une réflexion de description plus humaine de ce que c'est qu'avoir Vladimir Poutine en face de soi. C'est un homme qui arrive toujours avec 2h, 3h, 4h de retard, ça vous pouvez pas le voir dans le magazine.
Dans le magazine à télévision, dans un reportage, vous aurez Vladimir Poutine parce que vous avez appuyé sur le bouton que vous avez ouvert votre journal. Mais il faut comprendre que voir Vladimir Poutine, c'est d'abord attendre Vladimir Poutine et que l'attente est une forme du pouvoir. On dit que n'est pas très ponctuelle.
Oui, mais pas dans des proportions qui peuvent être celles de 2h 3h. Mo Bels Salman, ça peut être plusieurs jours. Vous pouvez arriver à Riad, avoir un rendez-vous avec Moed Ben Salman le jeudi et vous aurez rendez-vous le dimanche.
Et si vous osez mettre la moindre protestation, ben vous n'aurez pas votre rendez-vous. Vladimir Poutine, vous pouvez avoir rendez-vous à 19h le soir, il vous reçoit à 2h du matin. Et rien que cette attente est une expression du pouvoir et une manière de déstabiliser son interlocuteur.
Et quand il arrive, il est précédé par une cororte d'officiers de sécurité tous aussi massifs les uns que les autres. Et vous voyez arriver au milieu de cette corde d'officiers de sécurité qui sont tous immenses et extraordinqué, un tout petit homme parce qu'il est tout petit. Et c'est ça que je veux vous faire voir, rencontrer et comprendre.
Ensuite, il s'assit et il a l'air très gentil, espèce de renard avec un regard un peu des steps mais il parle avec une voix très douce. Il a quelques cheveux sur le crâne, on entend à peine ce qu'il dit, l'interprète a du mal à traduire ce qu'il dit. Donc ça n'est pas du tout ce qu'on peut imaginer.
Poutine, c'est pas quelqu'un qui arrive, qui est très brutal, qui parle haut et fort. Non, c'est une toute petite chose qui parle tout doucement et qui en même temps sacrifie 35000 jeunes par mois dans la guerre contre l'Ukraine. Et je veux que mes lecteurs comprennent cela et voient cela et touchent cela du doigt.
Alors vos votre science du récit euh effectivement nous fait complètement entrer dedans, mais c'est aussi vous nourri par euh évidemment euh votre culture générale et en particulier vos connaissances de l'histoire, l'histoire contemporaine. Euh vous faites en particulier un à la fin de de d'un chapitre un un une comparaison entre le trio actuel Trump, Chi et Poutine et Wilson, Lloyd, George et Clémenceau qui sont les trois figures de la victoire de 1918. et que l'on voit évidemment le 28 juin 1919 à la signature du du traité de Versailles.
On les a vu tout le temps. Et vous dites quel il est temps et au-delà de l'incantation et vous dites il est temps de sonner le réveil européen. Ça c'est quelque chose de tout à fait essentiel.
Alors vous vous proposez parce qu'il y a une dimension de proposition et en particulier j'ai noté vous êtes pour revenir à une Europe à 6 mais c'est pas les 6 qu'on a connu le 25 mars 57. Alors, je vais essayer de pas les de pas me tromper. Évidemment, la France, l'Allemagne, la Pologne, l'Italie, les Pays-Bas et l'Espagne.
Voilà. Euh, c'est quoi ? refaites refaites l'Europe.
D'abord, je pars de l'histoire qui est très présente dans tout ce récit parce que ça permet de comprendre là où nous en sommes aujourd'hui. Je pense qu'il a échappé à personne dans cette pièce que l'Europe est totalement déclassée du point de vue stratégique et que ce soit sur la question iranienne, sur la question de Taïwan, sur les grands enjeux géopolitiques, elle est même plus autour de la table. Et donc j'essaie de voir déjà ce qui s'est passé, de mesurer.
Je prends mon maître d'historien ou mon maître d'écrivain ou mon maître de responsable politique comme vous voulez. Je mesure 1918 autour de la table vous avez le président du conseil français, vous avez le premier ministre britannique et vous avez le président américain. Oui, ça commence à se gâter un peu hein.
Ils sont mais ils sont autour de la table. Il y en a un qui met le pied dans la porte là quand même. Oui, mais ceux qui dirigent ce sont les Européens et les Américains. 100 ans plus tard, c'est pas 1000 ans plus tard, 100 ans plus tard, vous avez autour de la table Xingping, Vladimir Poutine, Donald Trump, mais vous n'avez pas un seul dirigeant européen.
Et si vous aviez un dirigeant européen, ça ferait presque bizarre. Vous diriez tiens mais qu'est-ce qu'il fait là ? C'est c'est pas le même niveau, c'est pas le même rapport de force.
Donc à partir de là, je me pose une question toute simple. Est-ce que nous acceptons ce déclassement ou est-ce que nous voulons face à la Chine et face aux États-Unis trouver notre place ? Et je préfère être très cache et très direct et je le serai de plus en plus dans les mois qui viennent.
Ni la France, ni l'Allemagne, ni l'Italie ne reprendront cette place seule. Ça n'existe pas. J'ai fait un nombre innombrable de déplacements avec des présidents de la République différents en Chine.
J'ai vu comment un président français est traité par Krishing Ping. Il est bien traité. Monsieur Kishing Ping traité correctement et courtoisement ses interlocuteurs, mais il ne le considère pas comme jouant dans la cour des grands sur la scène internationale.
C'est comme ça. Et s'ils veulent imposer des intérêts économiques, des intérêts financiers, des intérêts politiques, ils les imposent. S'ils veulent exporter leurs voitures vers le marché européen et tuer l'industrie automobile européenne, si la France est toute seule, elle ne pourra pas résister.
Donc la proposition effectivement que je fais c'est dire comme à 27 on se mettra jamais d'accord on se met à 6 France, Allemagne, Italie, Espagne, Pays-Bas, Pologne. On constitue une fédération d'États-nation dans l'Union européenne agissant comme un seul état qui aura la majorité qualifiée, qui pourra décider beaucoup plus librement parce qu'elle pèsera plus que les 21 autres États réunis. et sur un certain nombre de sujets, que ce soit les diplômes universitaires, l'intelligence artificielle, l'énergie, la défense, nous avancerons en commun et nous pourrons aller voir monsieur Chishingping ou monsieur Donald Trump en leur disant "Nous sommes en désaccord avec votre décision, les 15 % de tarifs doués sur les biens européens, nous le refusons." Et donc nous, nous vous refusons l'accès à vos produits sur le sol européen parce que ça n'est pas notre intérêt économique.
Si vous le faites à 6, unis parlant comme un seul état, vous serez respecté. Si vous le faites seul, vous serez même pas écouté. Alors, vous évoquez plein de choses, y compris les l'évolution de de du du théâtre européen et du monde, hein, depuis la chute du rideau de fer.
Donc, en en novembre 89, vous évoquez en particulier le le débat qu'il a pu y avoir entre Fukuyama d'un côté et Huntington de l'autre. Euh j'ai noté, vous dites le la seule disparition d'un chef d'état qui vous a fait pleurer, c'est Jean-Paul II. C'est le 2 avril 2005.
Oui, parce que j'ai eu l'occasion de le rencontrer à plusieurs reprises et dans le fond, il a accompagné ma vie personnelle et ma vie politique. La première fois que je l'ai rencontré, c'était de loin, je lui ai pas serré la main, mais j'étais j'étais enfant de cœur. C'est ça.
Donc, j'étais en aube et j'ai vu de loin, j'ai chanté pour le pape Jean-Paul II, c'est devait être en 1980, donc il a 46 ans. Il était au Bourget, c'est ça ? Enfin, il était en France.
Il était en France. Il était au Parc des Princes. Parc des Princes.
Et donc je l'ai vu comme je vous vois vous madame, il était pas très loin mais je ne lui ai pas serré la main. Puis je l'ai rencontré ensuite à plusieurs reprises quand il est venu en déplacement à Paris. Je lui ai rendu visite avec Dominique de Villepin min des affaires étrangères en 2003 au moment où nous sommes opposés la guerre en Irak.
Je l'ai revu ensuite avec le président Jacques Chirac. Et donc quand vous avez accompagné comme ça la vie d'un homme pendant des décennies, bah le jour où il meurt, vous dites voilà vous perdez vous perdez quelqu'un. Et par ailleurs, de toutes les figures politiques que j'ai pu rencontrer, celui qui dégageait la plus grande puissance intérieure, c'était Jean-Paul II.
Intérieur ou ou un mélange de d'intelligence exceptionnelle, de compréhension du monde et de spiritualité. C'est pas l'intelligence seule suffit pas. Ouais intelligent les gens intelligent pas impressionnants.
Donc il y avait une dimension de transcendance un peu. Il y avait une dimension spirituelle très forte. Des gens intelligents, il y en a plein.
Des gens qui dégagent quelque chose d'humain, de spirituel, de très particulier. Il y en a très peu et il en faisait partie. Alors le thème 3 puisqu'il y a trois thèmes dans votre livre, euh vous vous êtes là pour le coup non seulement dans le récit mais dans j'allais dire dans dans le rétablissement selon vous un certain nombre de choses à dire.
Alors, la presse l'a souvent noté depuis la sortie du livre, c'est le en particulier la situation financière de la France. Euh vous vous évoquez le fait que en en 2022, en juin 22, le président Macron vous propose Matignon et vous vous bon vous nous faites participer aux allers-retours, aux échanges. On voit un petit peu comment ça se fait dans de d'heure en heure et et le président vous reçoit.
Vous avez eu le temps de réfléchir avec vos votre équipe rapprochée et vous demandez de de conserver Ber comme on dit, c'est-à-dire le portefeuille de l'économie et des finances tout en étant à Matignon. Je précise que la seule fausse s'est passée sous la 5e République, c'est Raymon en 1976 lorsque Jacques Chira claque la porte de Matignon et que Raymond Bar arrive, il cumule fonctions. Il a il va avoir Robert Boulin au budget un peu plus tard mais euh et là le président vous dit c'est beaucoup et vous vous dites c'était trop.
Enfin c'est pas vous lui dites pas mais vous l'écrivez. Euh ça tient ça tient à à quoi cette cette situation ? Pourquoi est-ce qu'il vous a refusé Bercy selon vous ?
Vous le dites pas dans le livre parce que enfin je le dis dans le livre parce que c'était trop. Oui mais et que dans l'équilibre des pouvoirs entre le président de la République et le premier ministre qu'un des enjeux majeurs de la gouvernance et de la bonne gouvernance du pays demain. Arrêtez d'avoir un président de la République qui est premier ministre.
Moi, je vous donne ma conviction depuis 20 ans, vous avez des présidents de la République qui sont premier ministres et pas de président de la République. Premier ministre, c'est celui qui mène la politique du gouvernement, qui s'occupe de la réduction des dépenses, du rétablissement des comptes, la politique éducative, de la politique économique et qui a les mains dans le camboui et qui s'assure que tout ça va dans la bonne direction. Président de la République, c'est pas ça.
Le président de la République, c'est celui qui veille aux intérêts supérieurs de la nation, qui s'assure de la prospérité du pays, du respect de l'État, puisqu'il est chef de l'État et qui garantit que nous nous intégrons bien dans l'Union européenne dans la défense des intérêts économiques militaires de la France. Donc je trouve qu'il y a eu un dévoiement complet des institutions de la 5e. Et ce que je raconte dans ce récit sur cette nomination, c'est exactement ça.
C'est une manière de mettre le doigt là où ça fait mal. En 2022, on commence déjà à avoir des comptes qui se dégradent. Donc je suis bien placé, je suis aberie.
Je vois que ça se dégrade. Le président de la République m'appelle un soir à 21h, je dîner avec ma femme Pauline et il me dit voilà écoute j'ai regardé la situation politique aujourd'hui c'est toi qui est le mieux placé pour être premier ministre. Donc je vais te nommer premier ministre.
Faut que tu pass Ça c'est après, pardon, pour bien comprendre, c'est après les législatives de 22. C'est après les législatives de 2022 où il voit bien que il y a pas de majorité autre que en se rapprochant de la droite. J'en viens donc il me dit je vais te nommer à Matin et je fais le point avec mes équipes.
Je dis l'un des sujets majeurs ça va être le rétablissement des comptes. Donc il faut qu'on garde la main sur les comptes publics. Donc je vais le voir pour avoir un premier échange avec lui sur la manière dont on va concevoir les choses.
Il faut quand même qu'on soit d'accord sur la répartition des tâches et je lui dis l'une des priorités absolues du prochain premier ministre, c'est de rétablir les comptes publics et je pense avoir été lucide sur le sujet à défaut d'avoir eu les marges de manœuvre pour le faire. Et je lui dis donc, je veux garder la direction générale du trésor, le ministère des finances pour que le premier ministre puisse vraiment avoir la main sur les comptes publics, réduire les dépenses, l'imposer aux autres ministres et s'assurer que les budgets sont tenus. Et là, je le raconte parce que ça ça ne se voit pas, ça ne se raconte pas autrement. personne n'était d'autre dans la pièce que lui et moi.
Je vois à son regard que il se dit mais dans le fond, il est en train de me demander d'abdiquer et ça c'est pas possible. Je veux moi président de la République garder la main sur la politique gouvernementale et donc il valait mieux que les choses ne se fassent pas parce que c'est deux conception des institutions qui sont irréconciliables. Soit vous avez un président de la République qui a les mains dans le cambouille et qui est en fait un super premier ministre et qui s'occupe de la gestion des masques, des vaccins et des comptes publics.
Soit vous avez un président de la République qui préside et un premier ministre qui gouverne. Mais on peut pas avoir les deux options. Et donc il valait mieux que effectivement on se dise finalement on n' pas la même lecture des institutions.
Donc comme ça ne marchera pas, il vaut mieux s'arrêter là. Alors on va terminer euh je on vous a un peu moqué et taquiné sur votreos vos vos talents littéraires en matière de scène un peu un peu haute comme on dit. Donc je me désespérais d'en trouver une dans le livre.
J'ai continué j'ai bien luieusement. Puis page 219 et suivante rassuré. Vous imaginez un dialogue entre vous et la France comparable à celui entre Picoli et Bardaux dans une scène célèbre du mépris de God avec la bande originale de George de Lue et le magnifique thème envoûtant de de Camille.
Qu'est-ce que vous lui diriez à la France si elle était couchée toute nu auprès de vous et qu'elle vous dise "Et mes fesses ? Tu les aimes mes fesses ?" Alors, je ne cite pas le texte dans le livre, je vous rassure.
Euh moi, la seule chose que j'aurais envie de dire, c'est que la situation de la France dans le fond, elle est assez simple quand on la regarde avec tout le recul, tout l'amour qu'on peut lui porter vous tous ici et nous deux sur la scène. Je pense vous êtes comme moi, vous connaissez bien le pays, vous l'avez fréquenté, vous avez circulé, rencontré des gens, vu les territoires. Tout le monde voit bien à quel point le pays est abîmé.
Je pense que ça échappe à personne. Tout le monde voit bien à quel point la France est paupérisée. Ça n'échappe à personne.
Tout le monde voit bien les divisions entre les Français. Ça n'échappe à personne. Mais la question qu'il faut se poser, c'est est-ce que c'est lié à la nature de la France et des Français ou est-ce que c'est lié au modèle économique, social, politique que nous avons choisi depuis 20, 30 ou 40 ans qui n'ont pas voulu changer ?
Est-ce que vous appelez la monarchie technocratique j'appelle la monarchitectocratique ou le modèle de redistribution de gratuité de tout pour tout le monde qu'on a choisi depuis maintenant qui nous a été imposé depuis 30 ou 40 ans. Moi ma lecture c'est que c'est le modèle qui fait l'échec français et pas la France qui fait l'échec du peuple français. Donc c'est pas des réformes qu'il faut, ça sert à rien, c'est déposer le moteur, il marche plus. changer le moteur, avoir un modèle qui soit différent, fonder sur des valeurs différentes, sur des principes différents.
Le travail, l'autorité de l'État, l'intégration à l'Europe, le respect de la règle partout pour tous et qui s'impose à chacun et qu'à partir de là, le pays redémarrera sans problème. Mais si on se contente, et c'est le mais à coule pas que je fais dans le livre parce que c'est de comprendre ce qui a pas marché. Au moment où je vous parle, j'aurais aimé me dire tiens, je suis encore à Ber poursuivi la politique économique, on est à 6,5 % de taux de chômage.
La réindustrialisation est en cours et le pays sent que il peut réussir la révolution technologique qui se passe en Chine, aux États-Unis. Pardon, mais c'est exactement l'inverse. On va dépasser les 8 % de taux de chômage, les industries ferment, notre industrie automobile est menacée et on décroche technologiquement.
Donc l'honnêteté et ce livre va être honnête et sincère m'amène à dire on a loupé quelque chose. Alors il y a eu la dissolution, on a fait machine arrière toute par rapport à tout ce qu'on a fait pendant 7 ans. C'est pas très malin mais il y a plus que ça.
Il y a le fait que là où les Français attendaient notre part une transformation complète du modèle français qui est en situation d'échec, on a apporté des ajustements ici ou là. Et donc le moment est venu de porter cette transformation complète. Donc vous êtes candidat à la présidentielle.
Je suis candidat à défendre mes idées avec beaucoup de force de plus en plus parce que j'ai une expérience que d'autres n'ont pas et que je vois avec beaucoup d'inquiétudes venir une élection loupée. Mais pour la réussir, vous êtes candidat. Je suis candidat à défendre des idées avec toute la liberté qui sera la mienne.
Et donc il faut lire effectivement le temps d'une décision dans la collection blanche de Galimar quand même hein. Exactement. Merci.
Merci à tous.
Bruno Le Maire