Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 10 mars 2026 62 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeSécuritéInstitutions & électionsEurope & international

Epstein : scandale au Quai d'Orsay - C dans l’air - 11.02.2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 30 %Défensif 70 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Cette affaire est choquante?

  • 0:45OuverteRéponse directe

    Quelle était la nature des échanges avec Epstein?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi le ministre des Affaires étrangères est indigné?

  • 3:30OuverteRéponse directe

    Quel était le niveau de proximité entre ce diplomate et Epstein?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce sont 2 histoires parallèles?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que certaines victimes pourraient être appelées à parler?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00V.CantiéFait
    « En 2013, F.Aidan a fait l'objet d'une enquête du FBI pour avoir consulté des documents pédocriminels lorsqu'il était à l'ONU. »
  • 1:30V.CantiéFait
    « Il a continué à travailler en France pour le ministère des Affaires étrangères. Aux dernières nouvelles, il travaille pour Engie. »
  • 2:00A.GoutardFait
    « On voit bien que J.Epstein manie toujours la conversation de salon avec ses interlocuteurs, une offre de jeunes filles, dans la plupart des cas, et aussi des documents qu'il souhaite obtenir. »
  • 4:30R.WerlyFait
    « Epstein avait identifié, dans tous les pays qu'il fréquentait, comme la France, des gens qui lui servaient de relais, de tête de pont pour obtenir des informations ou des accès pour ouvrir des portes. »
  • 5:30A.BellangerFait
    « Le fait que F.Aidan ait pu se mettre à la disposition du ministère des Affaires étrangères pour raisons personnelles et aller pantoufler chez Engie sans que personne n'y voit rien à redire, alors qu'il avait été licencié à cause de l'enquête... »
  • 6:30A.GoutardFait
    « Il est dit qu'il a séjourné dans ce fameux appartement avenue Foch, qu'il a séjourné dans différents lieux de résidence de J.Epstein. »
  • 7:30V.CantiéFait
    « On a l'impression que ce sont des messages cryptés. C'est d'autant plus difficile de les décrypter qu'ils s'écrivent tous les uns les autres. »
  • 8:30A.BellangerFait
    « Il y a les mêmes schémas qui réapparaissent. C'est un marais de diplomates et de fonctionnaires qui lui fournissent des informations privilégiées, qui relèvent de la trahison. »
  • 9:30V.CantiéFait
    « On a oublié de reparler d'Olivier Colom, l'ancien conseiller diplomatique, pendant toute la présidence de N.Sarkozy. Son nom est apparu dès le début de la semaine dernière. »
  • 10:30R.WerlyFait
    « Pour l'instant, D.Trump est en position plutôt favorable. D'abord parce qu'il est vrai que c'est une loi bipartisane qui a permis la divulgation de ces documents, mais rappelons que l'administration Biden ne l'avait pas fait ni proposé. »
  • 11:30V.CantiéFait
    « On ne sait pas ce que sont devenus les contenus de ces ordinateurs, qui ont été saisis lors de la perquisition 22 avenue Foch, quelques jours après la mort de J.Epstein. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

On a un soutien de la nation, mais on se rend bien compte ... - C.Roux: Bonsoir.

Bienvenue. Cette fois, c'est le Quai d'Orsay qui se retrouve dans la tourmente du scandale Epstein avec la mise en cause d'un diplomate français, F.Aidan, qui a échangé des dizaines de mails avec Epstein pendant des années alors qu'il était en poste à l'ONU.

Selon Mediapart et la cellule d'investigation de Mediapart, il a fait bénéficier Epstein d'informations diplomatiques confidentielles et de son réseau international. Le ministre des Affaires étrangères s'est dit effaré et indigné. Ce Français avait été visé par une enquête en 2013 pour des soupçons de consultation d'images pédopornographiques.

Aux Etats-Unis, l'audition de la ministre de la Justice P.Bondi démontre que la pression reste intacte. Elle affirme que tout a été publié, mais des parlementaires qui ont pu consulter les documents non caviardés demandent la totale transparence sur le dossier pour mettre à jour toutes les complicités.

Ce soir, A.Bellanger. Vous êtes éditorialiste à franceinfo et spécialiste des questions internationales.

R.Werly, vous êtes éditorialiste international pour Blick.ch.

V.Cantié est avec nous. Vous êtes journaliste à l'agence de vérification de Radio France.

Dès 2019, vous avez fait une enquête sur J.Epstein et ses relations avec J.-L.Brunel.

A.Goutard, bonsoir. V.Cantié, vous avez suivi ce dossier.

Cette affaire est choquante? - V.Cantié: Non seulement c'est choquant, mais on comprend bien qu'on peut s'attendre à d'autres informations concernant le ministère des Affaires étrangères.

Là où on peut être surpris, c'est que sur F.Aidan... - C.Roux: On peut faire les présentations. - V.Cantié: C'est un diplomate français.

Il a été conseiller à l'ONU, envoyé par la France...

Conseiller d'un envoyé spécial norvégien. Il était vraiment son bras droit. Ce Norvégien est d'ailleurs totalement impliqué dans l'affaire Epstein.

Mais bon...

Ce qui se passe avec F.Aidan, c'est qu'il apparaît environ 200 fois. Son nom apparaît dans les fameux documents, les 3 millions de documents qui viennent d'être déclassifiés par le département de la justice américain.

On découvre que ce F.Aidan a beaucoup échangé avec Epstein directement. On ne parle pas de...

Il n'y a personne entre les deux. Il s'adresse à Epstein, qui lui répond. Il y a une complicité.

Au-delà de ça, on se rend aussi compte, et c'est la presse française qui l'a sorti, qu'en 2013, F.Aidan a fait l'objet d'une enquête du FBI pour avoir consulté des documents pédocriminels lorsqu'il était à l'ONU. Lorsque Ban Ki-moon a su ça, le secrétaire général de l'ONU, il a demandé à ce qu'il soit licencié, qu'il parte de l'ONU, mais il a continué.

Il est revenu en France et à continué son petit "bonhomme de chemin". Il a continué à travailler en France pour le ministère des Affaires étrangères. Aux dernières nouvelles, il travaille pour Engie.

Il est passé dans le privé. Engie a communiqué hier...

Ou aujourd'hui, je ne sais plus... - C.Roux: Hier. - V.Cantié: Engie dit que, vu les informations qui sortent sur cette personne, il a été demandé à ce qu'il soit suspendu. - C.Roux: Quelle était la nature des échanges avec Epstein? - A.Goutard: La nature est intéressante.

Elle est très représentative et caractéristique du fonctionnement d'Epstein. On voit bien que J.Epstein manie toujours la conversation de salon avec ses interlocuteurs, une offre de jeunes filles, dans la plupart des cas, et aussi des documents qu'il souhaite obtenir.

F.Aidan est à l'ONU. Il ne travaille pas avec n'importe qui.

Il travaille avec un Norvégien, qui est au coeur de négociations très importantes. Des négociations israélo-palestiniennes pour la préparation des accords d'Oslo de 1990. Il est donc au coeur du réacteur, dans un domaine qui est on ne peut plus inflammable.

Epstein n'hésite pas à lui demander des documents. Cet homme n'hésite pas à les lui envoyer. - C.Roux: C'est dingue, la façon dont ça se passe.

C'est très fluide. On a un mail qui date d'octobre 2012. C'est ce genre de documents qu'il transmettait à Epstein. - R.Werly: Il est, dans ce cas de figure, un collecteur d'informations confidentielles, parce qu'elles n'ont pas encore été rendues publiques.

Elles circulent dans la communauté diplomatique. Elles ne sont pas secrètes, mais elles sont confidentielles. C'est pour le compte de J.Epstein.

Epstein avait identifié, dans tous les pays qu'il fréquentait, comme la France, des gens qui lui servaient de relais, de tête de pont pour obtenir des informations ou des accès pour ouvrir des portes. On est dans un réseau destiné à alimenter J.Epstein en informations, probablement pour en faire quelque chose. - C.Roux: Pourquoi le ministre des Affaires étrangères est indigné?

Qu'est-ce qu'il y a de grave dans ce qu'il fait en partageant ces informations, confidentielles mais pas secrètes, et par rapport à ce qui s'est passé avec l'enquête du FBI? - A.Bellanger: L'administration n'a pas fait remonter les interrogations du ministère des Affaires étrangères sur lui et d'autres, qui ont fauté d'une manière ou d'une autre et dont la carrière peut être entachée de prévarications, de crimes de harcèlement sexuel ou autre chose...

Ca pose la question de la façon dont le ministère des Affaires étrangères traite ses brebis galeuses. Le fait que F.Aidan ait pu se mettre à la disposition du ministère des Affaires étrangères pour raisons personnelles et aller pantoufler chez Engie sans que personne n'y voit rien à redire, alors qu'il avait été licencié à cause de l'enquête...

Rien ne l'empêchait de revenir au ministère des Affaires étrangères. Vous vous souvenez de cet ambassadeur de France en Tunisie et en Irak, B.Boillon.

Il avait été arrêté en 2013 avec 350 000 euros dans les poches au sortir d'un train. Il avait 40 000 dollars. En 2016, il a été réintégré au ministère des Affaires étrangères.

Il a été envoyé à New York. Il a fallu une révolte au sein de l'institution pour que, finalement, on décide de le destituer. Tous ceux qui ont travaillé avec les Affaires étrangères savent que ce genre d'affaires... - C.Roux: G.Araud, qui était en poste en 2013 s'est expliqué auprès de l'AFP.

Il dit qu'il a été informé par les Nations unies. Il y avait une consultation d'images pédopornographiques. Il a tout de suite appelé Paris.

Ce diplomate a été renvoyé en France pour "être traité légalement et psychologiquement". Il ne sait pas ce qui s'est passé ensuite. Il y a un autre volet avec le ministère des Affaires étrangères qui parle d'ingérences. - A.Goutard: Et de trahisons, quelque part.

Une trahison commise de façon très claire par ce diplomate qui n'aurait jamais dû donner ces documents. Tout cela est connu depuis longtemps, cet aspect d'échange de documents, mais aussi l'aspect lié à la pédophilie. - C.Roux: En tout cas, la consultation d'images pédopornographiques. - A.Goutard: En 2016, un livre sort, "La Face cachée du Quai d'Orsay." Dans ce livre, le grand reporter V.Jauvert évoque l'enquête du FBI.

Il raconte l'histoire de ce diplomate, mais ne donne pas de nom. Dans les 3 millions de documents qu'on vient de retrouver, il y a un échange concernant J.Epstein et la directrice financière de la banque Edmond de Rothschild.

Elle envoie un extrait du livre avec cette histoire à J.Epstein. Il relaie immédiatement le mail avec cet extrait à F.Aidan, sans commentaire.

Lui, il sait très bien de qui on parle et qui est visé par cette enquête du FBI. - V.Cantié: De manière plus générale, c'est le modèle qu'on retrouve.

Régulièrement, il y a des coupures de presses qui sont envoyées par Epstein à quelqu'un et, dans l'autre sens, juste pour information, sans commentaire, sans contexte. - C.Roux: Quelle lecture faut-il en faire? - V.Cantié: La plupart du temps, ça ressemble un peu à essayer de mettre des warnings. "Attention, là, il y a une enquête..." Mais ça n'est pas écrit.

C'est des suppositions. On s'informe tous mutuellement d'où en sont les enquêtes, les témoignages. Ca ressemble aussi à "attention, telle jeune femme risque de parler" ou "elle a parlé".

Les articles de presse sont échangés. Ca fait partie des 3 millions de documents. - C.Roux: Quel était le niveau de proximité entre ce diplomate français et J.Epstein?

J'ai lu qu'il avait le digicode du 22 avenue Foch. - A.Goutard: Par le biais de tous ses messages et ses échanges, on sait qu'il avait le digicode.

Il est dit qu'il a séjourné dans ce fameux appartement avenue Foch, qu'il a séjourné dans différents lieux de résidence de J.Epstein. Bref, c'est un homme considéré comme très proche de J.Epstein.

Dans quel but? Pourquoi J.Epstein s'intéresse à ce "petit" fonctionnaire du Quai d'Orsay?

L'enquête le dira. Il y a une enquête. Le Quai d'Orsay a demandé une enquête. - C.Roux: Il a saisi le procureur de la République. - R.Werly: Il faut comprendre le contexte.

Vous avez un diplomate français nommé aux Nations unies. Il sort de l'appareil du Quai d'Orsay. Il ne sert plus l'ambassade de France.

Il sert un diplomate aux Nations unies. Normalement, si vous êtes diplomate français, vous renseignez aussi votre capitale sur ce qui se passe aux Nations unies. Il a d'autres entrées aux Nations unies.

Par ailleurs, les Nations unies sont réputées extrêmement poreuses en termes d'informations qui circulent. Ce diplomate français est dans une situation où le nom de J.Epstein est connu. ...

Il y a des gens qu'on alimente en informations. On est à New York. J.Epstein reçoit quantité de gens dans ses soirées.

Vous pouvez aussi avoir des gens qui ont intérêt à le mettre de leur côté. Vous parliez des affaires israélo-palestiniennes. N'oublions pas cet aspect influenceur de J.Epstein. - C.Roux: Là, on parle de 2013.

J.Epstein a déjà été condamné. - R.Werly: Bien sûr.

Il est mis au ban par un certain nombre de personnalités, dont D.Trump, qui affirme qu'il l'a jeté de Mar-a-Lago, mais il reste influent à New York et très bien connecté. - C.Roux: C'est un rebondissement dans le volet français de l'affaire Epstein.

Un diplomate a échangé des informations confidentielles avec le criminel. Il avait fait l'objet d'une enquête du FBI pour consultation d'images pédopornographiques avant de quitter les Etats-Unis, sans être inquiété après. Le ministère des Affaires étrangères se dit effaré. - Cette fois-ci, c'est toute la diplomatie française qui est touchée.

Une nouvelle réplique du séisme Epstein. Un diplomate français, F.Aidan, a échangé des dizaines de courriers avec le prédateur sexuel, allant de simples services rendus à la transmission d'informations diplomatiques, comme dans ce mail de 2012.

A la même époque, et alors qu'il est détaché aux Nations unies, le FBI aurait ouvert une enquête à son encontre pour des consultations présumées de sites pédopornographiques. Aucune charge n'avait été retenue contre lui, mais sa proximité avec J.Epstein embarrasse aujourd'hui le Quai d'Orsay. - J.-N.Barrot: Quand j'ai pris connaissance de ces informations, j'ai été effaré.

J'ai fait ce que chacun aurait fait à ma place. J'ai saisi le procureur de la République, j'ai lancé une enquête administrative pour concourir au travail de la justice ainsi qu'une procédure disciplinaire le concernant. - Où s'arrêtera le volet français de l'affaire Epstein?

Sur le plan judiciaire, un nouveau témoignage pourrait pousser la justice française à ouvrir une enquête. Une ancienne mannequin suédoise porte plainte pour viol contre un homme d'origine algérienne et naturalisé suédois, un certain Daniel Siad. Il aurait recruté la jeune femme pour Epstein à Stockholm.

Elle l'a reconnu 36 ans plus tard sur des photos. - J'ai vu la presse. J'ai compris que Daniel Siad était l'homme qui m'avait violée.

J'ai tout compris. Je me suis dit que je devais porter plainte. - Le nom de Daniel Siad apparaît des milliers de fois dans des discussions avec Epstein, mais dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux de manière inattendue, le chasseur de top-modèles tente de se défendre. - D.Siad: J'ai travaillé professionnellement pour présenter des mannequins pour lui et pour l'agence.

Heureusement, j'ai jamais présenté de ma vie un mannequin mineur ou qui a été abusé. J'ai rien à me reprocher. - Le gouvernement français appelle les victimes à se tourner vers la justice, mais l'Assemblée pourrait bien se saisir de l'affaire.

LFI appelle à l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire. Une demande aussitôt rejetée par la présidente de l'Assemblée. - Y.Braun-Pivet: La commission d'enquête parlementaire ne doit pas être en concurrence avec la justice.

Ca entraînerait de la confusion des pouvoirs. - Une position qui fait réagir. - G.Attal: Tous les groupes parlementaires ont le droit de déclencher une commission d'enquête.

Si un groupe décide de déclencher une commission d'enquête sur ce sujet, je ne m'y opposerai pas. - Preuve de l'importance grandissante de l'affaire en France: J.Lang a été placé sous protection judiciaire après des menaces sur les réseaux sociaux.

Il est accusé d'avoir entretenu des liens proches avec Epstein. Il a quitté la présidence de l'Institut du monde arabe samedi. Le scandale Epstein n'éclabousse pas seulement le monde politique.

L'ancien footballeur F.Ribéry est cité dans une lettre anonymisée, adressée au département de la justice américain. L'avocat du footballeur dit qu'il va porter plainte et met en garde contre la crédibilité du témoignage. - Si vous avez consulté le document, vous avez compris que nous sommes en présence de quelqu'un qui est dans un état de mythomanie absolue.

F.Ribéry est cité. Il y a un avocat qui est cité, qui n'a jamais été l'avocat de F.Ribéry. - Si le dossier Epstein continue d'alimenter les scandales, démêler le vrai du faux reste un défi pour les enquêteurs et les journalistes. - C.Roux: L'avocat de F.Aidan conteste l'ensemble des accusations, que ce soit le partage d'informations confidentielles ou la consultation de sites pédopornographiques.

Question. On va revenir sur le rôle de D.Siad et les suites qu'il pourrait y avoir en France. - A.Bellanger: Bien sûr. - A.Goutard: D'autant plus qu'E.Macron a dit que c'était une affaire aux Etats-Unis. "C'est aux Etats-Unis de laver leur linge sale." Finalement, on est comme la Slovénie, la Norvège, les Etats-Unis...

On a visiblement...

Chacun va se défendre, mais il y a des soupçons chez nos diplomates, avec un ministre des Affaires étrangères qui dit qu'on n'est qu'au début de la partie. - A.Bellanger: La France est un peu plus touchée que le reste.

La Grande-Bretagne, ça risque de faire déminer le Premier ministre. La France était le seul endroit où Epstein avait un pied-à-terre de 800 m2, à Paris, en Europe. C'était la plaque tournante.

Il y a beaucoup d'agences de mannequins, avec les Semaines de la mode, des mannequins qui viennent du monde entier pour les défilés. C'est un point de rencontre pour ceux qui aiment les jeunes femmes influençables, qui viennent du monde entier. C'est la ville où on peut s'amuser.

G.Maxwell elle connaît parfaitement la France. Il y a des milliers de photos la représentant.

Il y a un vrai tropisme français qui ne peut qu'entraîner scandale après scandale. - C.Roux: On est au début de l'affaire française? - R.Werly: Je pense.

Reste à savoir si d'autres documents vont être divulgués. Le département de la justice américain retire des documents. Au fur et à mesure que des journalistes vont se se plonger et ouvrir tous ces documents...

C'est très fastidieux de les ouvrir les uns après les autres. Il y a des gens qui n'ont pas dévoilé des informations et qui vont se sentir dans l'obligation de les donner. Il y a toujours une procédure en cours, sauf erreur, au civil, pour des questions de dommages-intérêts pour les victimes.

Il est à mes yeux impossible qu'une personnalité comme J.Epstein, dont on connaissait les agissements, n'ait pas été surveillée par les services de renseignements et par la police. Il y a des dossiers Epstein qui, pour l'instant, ne sont pas sortis, mais on savait ce qui se passait dans cet immeuble. - C.Roux: V.Cantié, vous avez enquêté sur ce sujet depuis 2019.

Il y a eu une perquisition à son domicile. Les enquêteurs ont récupéré un ordinateur, des clés USB, 4500 mails. C'est suffisant à éplucher.

Où est cette matière? - V.Cantié: On n'a pas de nouvelles.

Je ne peux pas être plus claire. On ne sait pas ce que sont devenus les contenus de ces ordinateurs, qui ont été saisis lors de la perquisition 22 avenue Foch, quelques jours après la mort de J.Epstein.

La veille de la perquisition, qui a quand même duré une dizaine d'heures, le majordome, on va dire, de J.Epstein, s'est rendu dans l'appartement. Il n'y avait pas de scellés.

C'est lui-même qui nous l'a dit lorsqu'on l'a interviewé en 2019. Il nous a pas dit ce qu'il y avait fait. Il est venu "ranger des affaires", nous a-t-il dit, à la demande du trust de J.Epstein, qui s'appelait le trust 1953, où était sa fortune.

On ne sait pas ce que le majordome a pris et quel est le contenu des ordinateurs saisis. - C.Roux: Pourquoi l'affaire s'arrête à ce moment-là? - V.Cantié: Elle ne s'arrête pas totalement.

Après, J.-L.Brunel est arrêté.

C'est 1 an après, ou même 2 ans. Il y a des plaintes contre J.-L.Brunel.

L'enquête continue, visant spécifiquement J.-L.Brunel plus qu'Epstein.

J.-L.Brunel meurt.

Il se suicide à la Santé après avoir été arrêté alors qu'il essayait de fuir la France. Là, on ne sait pas où on en est sur le plan judiciaire en France. - A.Goutard: Du point de vue du proxénétisme, J.Epstein apparaissait régulièrement, lorsqu'il venait en France...

On peut supposer qu'il se passait des horreurs avenue Foch en sa présence, mais il avait des hommes de main. J.-L.Brunel, Gérald Marie, qui est mort en 2013, soupçonné de proxénétisme.

Toutes ces personnes avaient du poids à l'époque. Face à elles, il y avait des toutes jeunes filles qui venaient souvent de pays nordiques, de l'Est, qui avaient un mal fou à se défendre et à se faire entendre. Ces jeunes filles n'arrivaient pas à se faire entendre.

Souvenez-vous de K.Mulder qui dit qu'elle a été violée par Gérald Marie...

On l'a fait passer pour folle. Elle est hospitalisée par son petit ami qui était aussi dans le milieu, et elle disparaît de la circulation. A cette époque, les victimes ont du mal à se faire entendre.

Elles sont entourées de morts. Tous les auteurs potentiels meurent les uns après les autres. - C.Roux: Un nouveau personnage est entré dans ce dossier: Daniel Siad.

C'était une sorte de rabatteur pour J.Epstein. - V.Cantié: C'est un scout, c'est-à-dire quelqu'un qui va à la recherche de modèles dans la rue, n'importe où, et qui va essayer de trouver des mannequins, le nouveau futur visage de tel magazine.

Il a donc échangé beaucoup de mails avec J.Epstein. Son nom apparaît souvent sous le nom "Daniel S".

On comprend très vite qu'il s'agit de lui. Il est accusé depuis hier par une ancienne mannequin suédoise pour viol. Elle avait porté plainte aussi contre Gérald Marie.

Finalement, la plainte a été prescrite. Elle relance sa plainte, mais cette fois-ci contre Daniel Siad. Son témoignage est glaçant.

Elle raconte que Daniel Siad l'a d'abord emmenée voir G.Marie. Il l'a jetée dans la gueule du loup.

G.Marie l'a violée. Ensuite, D.Siad l'a violée. - A.Bellanger: On comprend l'importance de la France pour le recrutement de ces jeunes femmes et pour leur mise à disposition d'un trafic de jeunes femmes.

J.-L.Brunel est intéressant.

C'est Epstein qui le sauve de la ruine. A Paris, son agence périclite. Il ne joue plus son rôle de recruteur.

Il est obligé de s'expatrier à New York pour qu'Epstein l'aide à rouvrir une agence. - C.Roux: C'est terrible de lire ces mails à froid, quand on sait qu'on parle de ces jeunes femmes...

Un échange entre D.Siad et Epstein qui dit ceci... - A.Goutard: On doit faire attention.

Il n'a pas été entendu par la justice. Il va falloir faire le point. Son job, c'est de trouver des jeunes filles... - C.Roux: Oui, mais... - A.Goutard: On a envie de faire la suite de l'histoire. - C.Roux: Elle y est, la suite... - A.Bellanger: Elles sont prêtes pour être fournies à Epstein? - C.Roux: Il y a des précautions dans tous les échanges pour ne jamais aller trop loin et être trop clairs. - V.Cantié: On a l'impression que ce sont des messages cryptés.

C'est d'autant plus difficile de les décrypter qu'ils s'écrivent tous les uns les autres. Les phrases ne sont pas suffisamment claires pour qu'on puisse dire que là, il est question de...

Quand on commence le mannequinat, on est toujours mineur. C'est très rare de commencer à 25 ans. On sait très bien, malheureusement, Qu'on recrute des filles de 14 ans pour être mannequins. - C.Roux: Est-ce que c'est du recrutement de jeunes mannequins prometteuses ou des filles livrées à des prédateurs? - V.Cantié: Epstein n'a pas d'agence de mannequins.

Il a déjà été condamné. Pourquoi un recruteur de mannequins s'adresse à Epstein pour lui dire qu'il a des mannequins disponibles qui ont 15 ou 16 ans? Il y a un truc qui ne va pas. - A.Bellanger: Il y a les mêmes schémas qui réapparaissent.

C'est un marais de diplomates et de fonctionnaires qui lui fournissent des informations privilégiées, qui relèvent de la trahison. Dans le cas de P.Mandelson, c'est très clair.

Il est poursuivi. Chacun tombe du côté où ils ont penché. Dans tous les pays, y compris en Norvège ou ailleurs, vous avez le mélange de diplomates, le ventre mou d'une administration... - C.Roux: C'est pas le top management. - A.Bellanger: Ca peut arriver.

Ces diplomates lui servent d'introduction. C'est par ce biais qu'il est arrivé à jusqu'à la princesse héritière de Norvège ou jusqu'au prince Andrew, même s'il ne s'est pas fait prier. - A.Goutard: C'est par sa femme. - A.Bellanger: C'est toujours le même schéma.

On essaie de viser des diplomates ou des gens de seconde catégorie qui ont accès à des informations importantes dans des pays qui ne sont pas les leurs pour ensuite accéder aux personnes les plus influentes, s'en vanter et servir d'alibi à ce marais de gens qui se croient dans l'entre-soi. - C.Roux: Est-ce que ce sont 2 histoires parallèles?

D'un côté, il y a un ex-financier influent qui va récupérer des informations, de manière peut-être pas totalement illégale...

C'est des réseaux d'influence. A quel moment entre le trafic? - V.Cantié: On dirait qu'il y a 2 mondes parallèles.

Quelquefois, ils se croisent. Il y a des documents qui le prouvent. Epstein s'intéressait beaucoup à la politique internationale.

Quelquefois, vous avez des messages où quelqu'un lui demande s'il veut des informations sur tel pays africain...

Il faut imaginer quelqu'un qui veut tisser sa toile partout dans le monde pour avoir des informations. Ca peut toujours servir, d'avoir une relation dans tel pays ou tel autre. Il ne faut pas perdre ça de vue.

On a oublié de reparler d'Olivier Colom, l'ancien conseiller diplomatique, pendant toute la présidence, de N.Sarkozy. Son nom est apparu dès le début de la semaine dernière.

O.Colom échange parfois des mails...

Certains sont très problématiques, parce que c'est des messages cryptés, mais clairement misogynes, voire plus. - C.Roux: Et racistes. - V.Cantié: Il a aussi des échanges de mails où il propose à J.Epstein des informations sur la Corée du Nord. - C.Roux: L'étape d'après, c'est: à quoi servaient les informations?

Pour faire du business? Pour les intérêts des puissances étrangères comme la Russie? On pense aussi aux services israéliens... - A.Goutard: Je veux bien imaginer que ce soit un lobbyiste, même s'il a été condamné en 2008 pour proxénétisme sur mineurs.

Soit, un lobbyiste. Tout à l'heure, on voyait un politique britannique en slip avec une jeune fille. Quel est l'intérêt...

Pourquoi a-t-il fonctionné de cette façon? Pourquoi a-t-il pris en photo tous ces hommes politiques, toutes ces personnalités? Vous imaginez bien que c'est pas parce que c'est sympa et que c'est les vacances.

C'est pour tenir ces gens. Toutes ces personnalités, ensuite, vont donner des informations. Jusqu'à quel point étaient-elles tenues?

Est-ce que c'est un échange entre un lobbyiste et d'aimables correspondants ou est-ce que c'était une relation de kompromat? - A.Bellanger: L'exemple de ça, c'est la Norvège.

C'est le pays qui, pendant toute la guerre froide, avait les 200 km de frontière commune avec la Russie. Le rêve de tout espion russe, c'est d'infiltrer la Norvège voisine pour avoir accès à l'Otan. C'est un petit pays.

C'est plus facilement contrôlable. Ca permet d'avoir une vision sur la Scandinavie et la mer Baltique. La Norvège est l'un des alliés de l'Otan les plus fidèles et les plus roides.

Ils n'ont pas abandonné le service militaire. Il y a une focalisation ahurissante de J.Epstein sur la Norvège.

Il y a peut-être une 2e explication. Vous vous souvenez que D.Trump voulait le prix Nobel de la paix.

Qui le remet? Le roi de Norvège. Dans les documents qu'on envoie aux journalistes, il y a peut-être une volonté de nuire à la Norvège parce qu'elle n'a pas choisi le bon candidat pour le prix Nobel de la paix en 2026. - C.Roux: G.Maxwell est restée mutique lundi face aux élus du Congrès, invoquant son droit au silence.

L'avocat de la complice d'Epstein affirme que sa cliente parlera si elle obtient une grâce présidentielle de la part de D.Trump. Emprisonnée au Texas, elle est celle qui détient tous les secrets. - G.Maxwell: Ghislaine Maxwell. - Son audition par les élus du Congrès américain était très attendue, mais sans surprise, la complice de J.Epstein, interrogée depuis le Texas, a refusé de répondre à toutes les questions. - Avez-vous, à un moment ou un autre, joué un rôle dans les activités de J.Epstein, impliquant la préparation ou le recrutement de jeunes filles? - G.Maxwell: J'invoque mon droit au silence garanti par le 5e amendement. - Condamnée à 20 ans de prison pour exploitation sexuelle, G.Maxwell promet de tout révéler à une condition énoncée par son avocat. - Madame Maxwell est prête à parler complètement et honnêtement si elle obtient une grâce du président Trump.

Elle seule peut fournir un récit complet. Certains n'aimeront peut-être pas ce qu'ils entendront, mais la vérité compte. - Si elle était graciée, G.Maxwell assure qu'elle blanchirait de tout soupçon le président Trump et B.Clinton.

Une mascarade insupportable, dénoncent les élus du Congrès. - Le président n'a pas exclu de la gracier. C'est pourquoi elle refuse de coopérer à notre enquête.

C'est un monstre. Elle devrait rester derrière les barreaux. - Elle n'a aucun remords.

Elle ne cherche pas à aider les victimes ou à tourner la page. Il semble que l'administration Trump s'en fiche aussi. Tout ce qui les intéresse, c'est de protéger les puissants et les pédophiles. - Le jour même de son audition, lundi, le ministère américain de la Justice a publié ces images de vidéosurveillance.

On y voit G.Maxwell au quotidien dans sa cellule étroite de New York. C'était en 2020.

Aujourd'hui, la femme de 65 ans est emprisonnée dans des conditions bien différentes. - CNN a appris que G.Maxwell, la complice de J.Epstein, a été transférée dans une nouvelle prison. - On ne dirait pas, comme ça, mais il y a une énorme différence entre les 2 prisons. - Dans sa nouvelle prison du Texas où elle est détenue depuis l'été dernier, G.Maxwell aurait accès à une boîte mail, un espace de réception et même des collations pour ses invités.

D'étranges privilèges, accordés quelques jours seulement après un rendez-vous avec T.Blanche, le procureur général adjoint des Etats-Unis. - Le fait qu'elle ait été déplacée vers cette nouvelle prison cette semaine, juste après avoir rencontré T.Blanche, qui est aussi l'ancien avocat personnel de D.Trump, est très préoccupant. - Alors, l'intrigante complice d'Epstein fait-elle chanter la Maison-Blanche?

Pour mieux percer le mystère Maxwell, les regards se tournent de plus en plus vers son père, Robert, mort dans d'étranges circonstances en 91. Les derniers documents d'Epstein nous en disent plus sur ce patriarche aux multiples secrets. Nous avons retrouvé ce mail écrit par J.Epstein à un destinataire inconnu.

Il suggère clairement les liens entre Maxwell père et le renseignement israélien. Pour cet ancien responsable du MI6, Robert Maxwell était non seulement un espion du Mossad, mais aussi du KGB et Epstein n'était pas loin. - Il semble qu'Epstein ait eu des liens forts avec Robert Maxwell dans les années 80.

Maxwell a participé à l'exfiltration de juifs hors de l'Union soviétique. En échange, il s'occupait du blanchiment des devises du PC et de leurs investissements en Occident. Je soupçonne que cet argent soit à l'origine de la fortune d'Epstein. - G.Maxwell semble être aujourd'hui la seule à pouvoir faire la lumière sur la tentaculaire affaire Epstein, mais la Maison-Blanche a dit hier ne pas envisager de grâce présidentielle. - C.Roux: Nous allons revenir sur le rôle que pourrait jouer G.Maxwell.

Nous sommes en ligne avec C.Meynial. Vous êtes à Washington, où vous avez suivi l'audition de P.Bondi, la ministre de la Justice, auditionnée aujourd'hui.

Elle s'est confiée sur les raisons qui l'ont poussée à masquer certains documents? Elle a été soumise à pas mal de questions de la part des élus républicains et démocrates. - C.Meynial: C'est une audience qui est toujours en cours.

C'est extrêmement houleux. Chaque élu de la commission judiciaire peut poser sa question. Ca peut durer presque toute la journée.

Il n'y a absolument aucune admission d'erreurs de la part de P.Bondi. Elle est très agressive.

Quand on lui pose des questions sur l'affaire Epstein, elle pivote sur l'immigration, les criminels sans papiers. C'est aussi ce que disent tous les républicains. Dès qu'un républicain prend la parole, il la félicite sur son formidable travail sur l'immigration et les arrêts de sans-papiers et la violence à Minneapolis qui est attribuée aux gens qui résistent à l'ICE et aux forces de l'ordre. - C.Roux: Une partie des élus américains pense que l'administration américaine masque une partie de la vérité? - C.Meynial: Les démocrates uniquement.

P.Bondi répète que D.Trump est le plus grand président de l'histoire américaine.

Le président le plus transparent de l'histoire américaine. C'est une branche séparée du gouvernement. Elle n'est pas censée parler de lui.

En juillet 2016, B.Clinton qui était alors ex-président, a rencontré par hasard, dans l'aéroport de Phoenix, la procureur général de l'époque. Il avait dû présenter des excuses publiques après coup.

Il y avait eu une enquête sur les e-mails d'H.Clinton. Là, on a une procureure générale qui donne des conférences de presse depuis la Maison-Blanche et qui répète que c'est le meilleur président de l'histoire des Etats-Unis. - C.Roux: Est-ce que ça veut dire qu'il ne faut plus rien attendre de la part de l'administration américaine quant à la publication du reste des documents? - C.Meynial: Il va y avoir un effort qui va être poursuivi par les démocrates pour faire sortir d'autres documents.

C'est un moment très fort. 8 victimes sont présentes dans la salle, plus le frère et la belle-soeur de Virginia Giuffre, la victime qui s'est suicidée. On a dit à P.Bondi: "Regardez-les, demandez-leur pardon.

Que leurs dites-vous sur la gestion que vous avez eue?" - C.Roux: Je vous laisse retourner suivre cette audition.

Merci d'avoir été avec nous. On parlait des élus démocrates. Il y a eu quelques républicains qui se sont dressés contre l'administration américaine pour dire, notamment M.Taylor Greene, qu'il faut aller au-delà.

Les élus de la Chambre des représentants, du Congrès, ont la possibilité, à leur demande, d'aller voir l'ensemble des documents in extenso, non caviardés. - V.Cantié: Ils sont plusieurs à avoir déclaré qu'ils avaient pu Voir les noms d'auteurs de crimes avec J.Epstein.

Il serait question de 6 noms. C'est ce qu'un élu a dit à la sortie d'une conférence de presse. On n'a pas les noms.

Il y a des soupçons. - C.Roux: Quelques-uns sont sortis. - V.Cantié: On n'a pas les 6 noms ni la liste entière...

Ils sont allés voir tous les documents. Ca demande un temps fou. Ils avaient des ordinateurs qui, au début, ne fonctionnaient pas.

Tout ça a fait que ça a pris beaucoup de retard. Ils n'ont pas épluché tout ce qu'ils voulaient éplucher. - A.Bellanger: Si cette loi est passée, celle qui permet de travailler sur 3 millions de documents, c'est aussi parce que républicains et démocrates se sont mis d'accord pour faire voter à l'unanimité d'une des assemblées et à une forte majorité de la seconde, cette fameuse loi qui a permis, parce qu'il le fallait bien...

Elle a permis qu'on en discute aujourd'hui. L'affaire continue de polluer l'espace médiatique. - R.Werly: Pour l'instant, D.Trump est en position plutôt favorable.

D'abord parce qu'il est vrai que c'est une loi bipartisane qui a permis la divulgation de ces documents, mais rappelons que l'administration Biden ne l'avait pas fait ni proposé. C'est quand même l'administration Trump qui a mis ces documents en ligne. Il est quand même crédité, même si son stylo avait de la peine à faire sa fameuse signature.

La 2e chose, c'est que pour l'instant, aucun document absolument fatal ne sort de ces millions...

Il n'y a pas le document fatal qui permettrait de dire qu'il a été...

Pour D.Trump, quel serait le document fatal? Ce serait le document qui montrerait qu'il a eu des actes sexuels avec des mineurs.

L'affairisme et tout ça, D.Trump peut en faire...

C'est une accusation habituelle contre lui. G.Maxwell était dans une position parfaite pour D.Trump.

Elle est dans un système assoupli. Je connais ce genre de centres, aux Etats-Unis. J'y ai visité un ami en Californie, qui était dans le même type de centre, pour des histoires de violences conjugales.

Vous pouvez accueillir des gens dans la cour, recevoir des gens, vous êtes enfermé, et encore, vous pouvez même en sortir si, par exemple...

Lorsqu'il y a un incendie, des hommes peuvent être envoyés combattre l'incendie ou faire des tâches d'intérêt public. G.Maxwell peut faire l'objet de remise de peine, si elle se comporte bien.

Pour D.Trump, c'est assez tranquille. Elle ne dira rien jusqu'à la fin de son mandat.

C'est évident. Elle est assez contente de son sort. - C.Roux: Elle voudrait être graciée! - R.Werly: Vous pensez vraiment?

Vous pensez qu'elle serait plus en sécurité si elle était dehors? - C.Roux: Son avocat dit qu'elle souhaite être graciée. - R.Werly: Vous pensez qu'elle serait plus en sécurité à l'extérieur?

Dans l'immédiat, je trouve que c'est une position assez confortable pour D.Trump. Et on peut lui faire confiance pour la prolonger au maximum. - C.Roux: Question. - R.Werly: Je pense pas.

Enfin...

Je pense pas que, de toute manière, elle dira quoi que ce soit puisque son avocat, hier, a dit qu'elle pourrait parler, mais que Trump et Clinton sont innocents. - C.Roux: On va écouter la prise de parole de Jamie Raskin, sénateur démocrate, qui a vu ces fameux dossiers décaviardés.

Je sais pas si on a un autre mot pour ça. C'est très clair pour tout le monde, en tout cas. Il a pu se rendre sur les ordinateurs du ministère de la Justice. - Le nom de D.Trump a été expurgé à de nombreux endroits.

Son nom apparaît partout dans ces dossiers, des milliers et des milliers de fois. - C.Roux: Il y a peut-être une suite à ce dossier concernant D.Trump aussi. - V.Cantié: Au sujet de D.Trump, il n'y a peut-être pas le smoking gun, et encore.

Il y a un mail d'Epstein à G.Maxwell, qui date de 2019 et qui implique directement Trump. J'ai renoté ce qui était écrit. "Trump m'a demandé d'annuler mon abonnement à Mar-a-Lago.

Je n'ai jamais été membre du club, mais bien sûr, Trump savait pour les filles puisqu'il a demandé à Ghislaine d'arrêter." C'est un mail qui date de 2019 et qui a été envoyé par Epstein, non pas à G.Maxwell, mais à un journaliste dont on ne va pas parler.

Sinon, on va se perdre. Un autre mail d'Epstein à G.Maxwell qui date de 2011.

C'était il y a plusieurs années. Il dit: "Telle victime a passé des heures chez moi avec Trump. Son nom n'a jamais été mentionné." L'air de dire: "Comment ça se fait que le mien soit mentionné et pas celui de Trump?" Il n'y a pas de photo de Trump avec des jeunes mineurs, mais... - C.Roux: Vous mettez le doigt sur le sujet des semaines qui viennent, peut-être.

Est-ce que certaines victimes pourraient être appelées à parler? Sur le volet français, la porte-parole du gouvernement a encouragé les victimes à s'exprimer. - A.Bellanger: On commence à atteindre ce gros couteau.

On est passé des figures de proue comme J.Lang à des 2ds couteaux qui pourraient avoir intérêt à parler. La 2e chose, c'est qu'il y a toujours 3 millions de documents qui sont entre les mains de l'administration américaine.

Ca ne s'arrêtera jamais! 3 millions ont été publiés, mais 3 millions sont encore gardés, pour des raisons a priori juridiques, que l'administration Trump tente de justifier tant bien que mal, mais qu'elle n'a toujours pas remis, contrairement à ce que lui demande la loi, à l'enquête fédérale. Enfin, je veux dire au Parlement, à la commission fédérale...

Cette affaire ne finira jamais. Les soupçons, dans ces 3 millions de documents...

Il n'y a pas seulement des noms de victimes, mais il y a aussi Trump ou d'autres...

Ca ne cessera jamais. - C.Roux: 2 familles royales en Europe vacillent depuis la révélation de l'affaire Epstein.

Le roi Charles est interpellé dans chaque déplacement et exprime sa "profonde inquiétude avec l'implication de son frère Andrew dans le dossier". En Norvège, mêmes répercussions. - Deux familles, deux monarchies percutées par un scandale nommé Epstein.

Grande-Bretagne et Norvège. - En janvier 2013, à la princesse héritière aurait passé 4 jours chez Epstein à Palm Beach, en Floride. - Aujourd'hui, 7 personnes sur 10 estiment que la monarchie s'est affaiblie.

Jamais auparavant autant de personnes n'avaient partagé cet avis. - Un voyage chez J.Epstein en Floride et des centaines de mails comme ceux-ci...

Un ton souvent intime dans ses échanges avec le financier, étalés entre 2011 et 2014. Mette-Marit, la princesse héritière de Norvège, déjà affaiblie par les accusations de viols auxquelles fait face son fils, se retrouve au coeur du dossier Epstein. La voilà contrainte de s'excuser.

Alors que des diplomates et un ancien Premier ministre sont également dans la tourmente, le pays vient de décider de mettre en place une commission indépendante pour enquêter sur les révélations. Au Royaume-Uni, il ne se passe plus un déplacement sans que le roi...

Huées. - Ne soit interpellé sur cette affaire. - Même chose pour le prince William, ici en déplacement en Arabie saoudite. - Au coeur du scandale, Andrew, le fils préféré de la reine, désormais privé de tous ses titres royaux.

A la une de la presse s'étalent ses liens avec Epstein, qui lui propose les services de jeunes filles russes. Andrew, qui était déjà accusé d'agression sexuelle par V.Giuffre, avec lui, sur cette photo. - Il sait ce qui s'est passé, je sais ce qui s'est passé, et il n'y a qu'une personne parmi nous qui dit la vérité et je sais que c'est moi. - En 2019, Andrew avait tout nié en bloc. - Je peux affirmer de manière catégorique que cela ne s'est jamais produit. - Si Virginia Roberts regarde cette interview, quel est votre message pour elle? - Je n'ai pas de message pour elle. - Et ce n'est pas tout.

On apprend désormais qu'Andrew aurait transmis à Epstein des informations très sensibles. - La police a confirmé qu'elle était en train d'examiner les allégations selon lesquelles le prince déchu Andrew aurait partagé des rapports confidentiels avec J.Epstein alors qu'il était chargé du Commerce. - L'ex-femme d'Andrew est elle aussi rattrapée par le scandale S.Ferguson.

Le gouvernement britannique est lui-même touché après les révélations au sujet de P.Mandelson. L'homme aurait transmis des informations confidentielles au prédateur sexuel Epstein en échange d'importantes sommes d'argent.

P.Mandelson, pourtant nommé ambassadeur à Washington par K.Starmer, lequel est contraint de se justifier. - K.Starmer: On savait depuis un certain temps que Mandelson connaissait Epstein.

Mais aucun d'entre nous ne connaissait la profondeur et la noirceur de cette relation. - Malgré les appels à la démission, y compris de son propre camp, le Premier ministre britannique écarte tout départ du 10 Downing Street. - C.Roux: Un mot pour revenir sur la Grande-Bretagne.

Est-ce que K.Starmer peut tenir face à la pression? - R.Werly: Pour l'instant, oui.

Il a quand même une majorité très conséquente à la Chambre des communes. C'est ça qui fait tenir ou partir un gouvernement. Ce qui est évident, c'est qu'il ne faudrait pas d'autres révélations.

A la différence de la France et de l'affaire J.Lang, au Royaume-Uni, le couperet a été immédiat. - A.Bellanger: Pour P.Mandelson, il a fallu attendre quelques années. - R.Werly: Je parle des dernières révélations.

Immédiatement, il s'est séparé de P.Mandelson. Il a présenté des excuses aux victimes, K.Starmer, alors qu'il n'a rien à voir dans cette histoire.

Il a un passé de magistrat. Il était l'équivalent du procureur de Paris en France. Il connaît très bien les arcanes judiciaires britanniques.

Pour l'instant, me semble-t-il, l'incendie est maîtrisé. Mais si d'autres choses viennent...

Il y a un autre débat, celui sur la famille royale. Là, c'est Charles III qui est directement impacté, vu sa relation avec Andrew. - C.Roux: Ce qui est incroyable, c'est qu'Andrew n'a jamais vu un juge. - A.Bellanger: Comment voulez-vous ne pas alimenter la boîte à claques et le soupçon d'impunité au sein des élites mondialisées?

Le prince Andrew, dont on sait que, depuis 10 ans, il a fait partie du cercle intime d'Epstein et dont on a un nombre de photos, de documents, de mails échangés depuis Balmoral, depuis Buckingham Palace où il explique très clairement son amitié pour Epstein et les raisons pour lesquelles il le fréquente...

Il lui envoie des filles et tout ça...

Il n'a jamais vu un juge! Jamais! Il y a des négociations en amont, pour payer la principale victime, V.Giuffre, qui s'est suicidée.

On pense qu'elle a touché quelque chose comme 20 millions de livres sterling payées par la reine. Mais cet homme, encore aujourd'hui, n'a jamais vu...

Il a beau avoir été privé de tout ses titres, mais la peine est assez faiblarde. On vous enlève votre robe de la jarretière, et quoi encore? Ca alimente ce soupçon...

Cette fameuse maxime de La Fontaine: "Que vous soyez puissant, misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir." C'est pas nouveau, mais c'est ce qui se passe. - C.Roux: Il y avait cette question. - A.Goutard: Souvenez-vous de cette Première ministre qui avait dû démissionner parce qu'elle a utilisé sa carte bancaire pour acheter des barres chocolatées.

Sa carte bancaire professionnelle, en Suède. On a l'image des pays nordiques qui sont hors de...

Contrairement à nous, les Latins, ils seraient exemplaires. - R.Werly: E.Joly, une magistrate franco-norvégienne, pourrait prendre la tête de cette commission.

Ca pourrait nous ramener, en France, par ricochet, vu sa connaissance intime du système judiciaire français. - C.Roux: Nous revenons à vos questions.

Question. - V.Cantié: On l'a dit... - C.Roux: On peut le redire? - V.Cantié: C'est un diplomate français qui a été envoyé, en 2012-2013, à l'ONU.

La France l'a envoyé là-bas. Le ministère des Affaires étrangères français l'a envoyé à l'ONU pour conseiller un couple d'envoyés spéciaux norvégiens à l'ONU. Très vite, il y a eu une enquête du FBI en 2013.

Des contenus pédocriminels, pédopornographiques, auraient été consultés par F.Aidan. Il a donc été non seulement licencié de l'ONU...

Ban Ki-moon a demandé à ce qu'il parte. Il est rentré en France et a continué à travailler au ministère des Affaires étrangères jusqu'à ce qu'il parte dans le privé, chez Engie. - C.Roux: Il est arrivé aux Nations unies en 2006 et a démissionné en 2013.

Pourquoi il n'y a pas eu d'enquête sur les consultations de sites pédopornographiques...

Son avocat s'est exprimé auprès de l'AFP et conteste l'ensemble des faits reprochés: la consultation de sites et le partage d'informations confidentielles. C'est de cela qu'il s'agit. Le ministre des Affaires étrangères s'est dit "effaré" par ce qu'il a découvert.

Question. Elle est intéressante, cette question. - A.Bellanger: C'est bien le problème.

On revient à ce que je disais. La maison mère est bonne mère. - A.Goutard: Là, la justice s'en mêle. - A.Bellanger: Quand la justice s'en mêle... - A.Goutard: Ca devrait être différent. - A.Bellanger: On a tendance, dans la haute administration française, à mettre des années avant de pouvoir contester une carrière.

On le voit avec F.Aidan et avec d'autres. Vous pouvez pantoufler, c'est ce qu'a fait monsieur Aidan.

Si ça ne vous convient pas, vous pouvez revenir dans l'administration... - C.Roux: Il a été suspendu de ses fonctions.

J.-N.Barrot a saisi le procureur de la République.

Ca change tout. Il y aura une suite judiciaire. Vous rappeliez tout à l'heure qu'un diplomate de N.Sarkozy avait été... - A.Goutard: On voit bien qu'Epstein cible ses interlocuteurs.

Quand j'ai découvert l'existence de F.Aidan, qui se défendra...

Néanmoins, la façon dont ça a été géré par le Quai d'Orsay, ça me fait un peu penser à la façon dont on a géré les pédophiles dans l'Eglise catholique. Ca a commencé dans les années 2013...

On les exfiltre, on les laisse pantoufler dans un poste qui vaut rien, il part pour convenance, rien ne se passe, rien ne se voit, et tant que ça ne se voit pas, il n'y a pas de problème. C'est ce que J.-N.Barrot déplore aujourd'hui, parce que les temps ont changé, certainement.

Là, il n'a pas eu le choix. Il a fallu alerter la justice et le procureur va faire le job. - C.Roux: Question. - R.Werly: La politique, c'est-à-dire le trafic d'influence.

Oui. On est beaucoup, dans le volet français, sur le trafic d'influence. Il y a 2 questions qui sont posées.

La 1re: à qui J.Epstein transmettait les informations dont il disposait? Est-ce qu'il travaillait pour le compte de quelqu'un d'autre ou est-ce que c'était afin de mener son train de vie et de faire fructifier ses informations? 2e question: quel type d'informations lui a-t-on données?

C'est ça qui se trouve à travers l'exemple de ce diplomate. Jusqu'où allait son accès? Est-ce qu'on va découvrir, peut-être, que des documents confidentiels voire secrets français lui ont été transmis? - A.Bellanger: Dans le volet britannique de cette affaire, P.Mandelson, le prince noir de la politique britannique, ce n'est que ça.

Ce n'est pas qu'une affaire sexuelle. Il était homosexuel. Ce n'est pas pour ça qu'il fréquentait Epstein.

Il était de ce monde où on mêlait le public et le privé. On a appris il y a quelques jours de cela, alors qu'il a été très peu de temps ambassadeur de Grande-Bretagne aux Etats-Unis, qu'il a donné des contrats à des entreprises qui avaient été ses clientes au sein de son cabinet de conseil. - C.Roux: Question. - V.Cantié: Je pense aux enquêtes journalistiques.

Surtout sur le plan journalistique, on se rend compte que la presse a sorti beaucoup de choses depuis plusieurs années. C'est comme ça que ça a démarré. Une enquête journalistique internationale, on mettrait tous en commun nos compétences... - C.Roux: Une commission d'enquête parlementaire. - A.Goutard: En France, en Grande-Bretagne, les parlementaires ont demandé une enquête et également en Norvège. - V.Cantié: Les Américains sont en avance puisqu'ils ont cette commission d'enquête. - C.Roux: On en reparlera, de ce dossier.

C'est la fin de cette émission. On retrouve A.-E.Lemoine. - A.-E.Lemoine: Au programme, ce soir, "Et la joie de vivre", titre du récit à la première personne signé G.Pelicot.

C'est un événement planétaire avec une sortie mondiale en 22 langues

Epstein : scandale au Quai d'Orsay - C dans l’air - 11.02.2026 · Pourquijevote