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Podcast / conversationHugoDécrypte (sur YouTube)· 22 janvier 2024 13 minActualité / polémiqueAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieEurope & internationalSolidarités & famille

Les agriculteurs menacent de bloquer la France face à Emmanuel Macron

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  • 2:06PrésentateurFait
    « l'augmentation du prix du gazole non routier »
  • 2:15PrésentateurFait
    « une hausse qui a été décidée dans le cadre de la transition écologique »
  • 3:54PrésentateurFait
    « l'Europe a facilité l'importation de produits ukrainiens comme la volaille ou encore le sucre »
  • 4:07PrésentateurFait
    « suppression par l'Union européenne de droits de douane ou de quotas »
  • 4:50PrésentateurChiffre
    « Un agriculteur se suicide tous les deux jours en France »
  • 4:58PrésentateurFait
    « selon une étude de Santé publique France qui a été conduite en 2017 sur des données de 2007 à 2011 »
  • 6:21PrésentateurFait
    « « Nos agriculteurs ne sont pas des bandits, des pollueurs, des personnes qui torturent les animaux comme on peut l'entendre parfois. » »

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Depuis plusieurs jours, la colère des agriculteurs se manifeste partout en Europe mais aussi beaucoup en France avec des blocages d'autoroutes et des manifestations. La Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles, qui est le premier syndicat agricole français, a déjà annoncé qu'il mènerait des actions toute la semaine et même au-delà. Mais alors, comment l'expliquer ? A quoi faut-il s'attendre ? Et que répond le gouvernement ? Salut c'est Hugo, j'espère que vous allez bien, j'espère que vous avez passé un bon week-end. C'est donc le sujet très important à la une des actus du jour.

Alors depuis jeudi soir dernier, des dizaines d'agriculteurs bloquent l'autoroute A64 qui relie Toulouse à Bayonne au niveau de Carbone en Haute-Garonne. De la même façon, ce lundi, l'autoroute A62 était également coupée dans les deux sens sur une portion. Plus largement, un petit peu partout dans le sud-ouest de la France notamment, les agriculteurs ont mis en place un certain nombre d'actions qui devraient durer toute la semaine et plus si nécessaire selon la FNSEA. On peut noter que le syndicat a d'ailleurs déjà prévu de perturber la visite d'Emmanuel Macron au salon de l'agriculture. Ce sera en l'occurrence à partir du 24 février à Paris.

Alors l'objectif, selon Arnaud Rousseau, qui est le président de la FNSEA et qui était interrogé ce lundi sur France Inter, c'est que le gouvernement entende le ras-le-bol et la colère des agriculteurs. A noter au passage, pour que tout le monde ait bien tout le contexte, que la FNSEA, c'est le premier syndicat agricole, mais pour autant, il ne fait pas l'unanimité. Bon déjà, il faut savoir que de nombreux agriculteurs qui manifestent en ce moment ne se revendiquent pas de la FNSEA et revendiquent à l'inverse une forme d'indépendance.

Et par ailleurs, même s'ils sont tous d'accord globalement sur le constat et sur la détresse très importante des agriculteurs, eh bien, certains syndicats ne portent pas les mêmes solutions. C'est le cas, par exemple, de la Confédération Paysanne, dont on a beaucoup entendu parler et qui d'ailleurs, sur certains sujets, s'opposait directement à la FNSEA. Mais alors, de quoi parle-t-on exactement ? Eh bien, l'une des premières raisons de cette contestation, c'est la hausse des charges pour les agriculteurs, avec d'ailleurs, en conséquent, un prix des produits qui ne suit pas forcément. Alors, dans cette hausse des charges, on peut citer notamment l'augmentation du prix du gazole non routier.

C'est un carburant destiné aux agriculteurs. Et c'est une hausse qui a été décidée dans le cadre de la transition écologique. Ils dénoncent aussi une hausse des marges de la part des industriels et des distributeurs qui viendraient donc, de leur côté, les mettre en difficulté, alors qu'en parallèle, vous l'aurez compris, eh bien, il y a, selon eux, une hausse trop importante des charges. Première raison, donc, une augmentation des coûts sur certains éléments essentiels. La deuxième raison, maintenant, eh bien, les agriculteurs protestent contre certaines normes européennes.

Et plus précisément, certaines normes environnementales, comme l'interdiction de certains pesticides qu'ils estiment de leur côté nécessaires à leur culture. Par exemple, dans ces mesures, on peut citer le pacte vert européen, qui, à l'échelle européenne, donc, forcément, vise à réduire de moitié, d'ici 2030, l'utilisation des produits phytosanitaires chimiques. En gros, une partie des agriculteurs estiment qu'ils ne peuvent pas se passer de ces pesticides pour leur culture.

Et par ailleurs, sur ce sujet-là, il faut ajouter, selon eux, le problème des agriculteurs étrangers qui font venir, en l'occurrence, des récoltes ou autres directement au sein de l'Union européenne, mais avec des normes qui ne sont pas aussi exigeantes que celles qui sont donc imposées aux agriculteurs locaux. Et à noter que sur la question des pesticides, typiquement, ça fait partie de ces sujets où il y a des divergences au sein des agriculteurs.

La Confédération Paysanne, par exemple, est plutôt favorable à l'interdiction des pesticides les plus dangereux, mais à condition, cependant, qu'il y ait une forme de compensation ou alors de garantie de revenus et donc une aide financière aux agriculteurs. Troisième élément de colère que l'on entend chez ces agriculteurs, c'est la concurrence des produits qui peuvent venir d'Ukraine. Une concurrence, là aussi, qu'ils jugent déloyale. En fait, je vous la fais courte, mais avec la guerre en Ukraine, l'Europe a facilité l'importation de produits ukrainiens comme la volaille ou encore le sucre pour soutenir l'économie ukrainienne.

Ça a pu prendre la forme, par exemple, de suppression par l'Union européenne de droits de douane ou de quotas, ce qui a permis donc aux produits ukrainiens d'entrer plus facilement sur le marché européen. Sauf que, eh bien, certains estiment que tout cela fragilise l'agriculture française avec donc une concurrence beaucoup plus importante. Enfin, ces arguments et cette colère s'inscrient dans un cadre où, eh bien, il y a des reports successifs d'un projet de loi sur l'agriculture. C'est un projet de loi qui a été promis il y a plus d'un an par Emmanuel Macron.

Ce projet, il a pour but de préparer l'agriculture française à relever les défis futurs en matière de transition d'un point de vue écologique, mais aussi en matière de renouvellement des générations d'agriculteurs parce que c'est un métier, en l'occurrence, où il y a un besoin de recrutement important. Et enfin, pour terminer sur cette mise en contexte générale, sur cette colère importante, il faut savoir que la condition sociale des agriculteurs est souvent très difficile. Un agriculteur se suicide tous les deux jours en France selon une étude de Santé publique France qui a été conduite en 2017 sur des données de 2007 à 2011. Un agriculteur qui met le fin à ses jours tous les deux jours.

Par ailleurs, il y a aussi des difficultés souvent importantes avec des risques de surendettement, des risques de charges de travail aussi extrêmement élevées. Le tout donc dans un contexte parfois difficile. Mais alors, face à cela, que réclament-ils ? Eh bien, ils veulent que les prix déjà auxquels ils vendent leurs produits soient suffisamment élevés pour couvrir leurs coûts de production. Ils veulent par ailleurs des meilleures négociations avec les grands industriels ou les grandes surfaces. Sur la question des normes et notamment des normes environnementales, donc vous l'aurez compris, ils souhaitent un débat sur le sujet et des solutions en cas d'interdiction de certains produits.

Bref, beaucoup de sujets face à cela. Eh bien, d'abord sur les mobilisations et notamment sur ces blocages. Il faut savoir que le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé qu'il n'est pas prévu d'évacuation pour l'instant de l'autoroute A64. Par ailleurs, on peut noter que le gouvernement a annoncé un report du projet de loi agriculture. En effet, il devait être présenté ce mercredi, mais finalement, il serait présenté dans quelques semaines a priori avec pour objectif d'être débattu au Parlement dans les six premiers mois de 2024. Enfin, on peut noter que le gouvernement a multiplié les déclarations de soutien en quelque sorte aux agriculteurs.

Le Premier ministre Gabriel Attal, par exemple, samedi lors d'un déplacement dans le Rhône, a déclaré, je cite, « Nos agriculteurs ne sont pas des bandits, des pollueurs, des personnes qui torturent les animaux comme on peut l'entendre parfois. » L'enjeu donc, vous l'avez compris, pour le gouvernement, c'est de tenter d'apaiser la situation alors que certains estiment que le gouvernement craint un mouvement qui prend de l'ampleur, un peu comme ça avait été le cas pour la crise des gilets jaunes il y a quelques années. Et d'ailleurs, signe d'une tentative d'apaisement de la situation.

Le président de la République avait déjà évoqué la semaine dernière, en conférence de presse, une simplification de certaines normes qui peuvent décourager, notamment, les agriculteurs, sans donner plus de précision pour autant. Alors, il faut savoir que des mesures ont déjà été annoncées ces derniers mois sur les lycées agricoles, sur des aides aussi pour la transition écologique, mais c'est des mesures qui sont jugées insuffisantes, que ce soit par la gauche, que ce soit par la droite ou que ce soit par l'extrême droite, avec des partis et des politiques qui, chacun, vont porter de solutions différentes. On aura l'occasion d'en reparler.

Bon, mais si le gouvernement français est très vigilant, c'est que la France n'est pas un cas isolé. Il y a de nombreuses manifestations qui ont lieu de la même façon dans plusieurs pays d'Europe. En ce moment, on peut penser à l'Allemagne, à Londres, au Royaume-Uni, en Roumanie ou encore en Pologne. Alors certes, les motivations, elles peuvent varier selon les pays, mais ça illustre donc un certain mécontentement de la part des agriculteurs européens. Et d'ailleurs, ça pose une question plus globale qu'on n'a pas eu le temps d'évoquer en détail aujourd'hui, mais qui est assez importante, la question du modèle agricole.

Entre eux, besoin de production, besoin en l'occurrence d'avoir des conditions convenables pour les agriculteurs, et besoin aussi d'un point de vue environnemental, comment concilier donc toutes ces questions. C'est intéressant de noter d'ailleurs que les syndicats d'agriculteurs n'ont pas tous la même position ou la même vision sur le sujet. On aura l'occasion d'en reparler dans les prochains jours. Dans tous les cas, ça pourrait être l'une des questions majeures des élections européennes qui vont se tenir le 9 juin en France. C'est donc ces élections qui vont permettre d'élire des nouveaux députés au Parlement européen.

Ce sera donc l'occasion de suivre les débats sur tout ça, notamment sur la politique agricole commune qui est menée à l'échelle de l'Union européenne. Bref, sujet important, je vous mets des liens en description pour en savoir plus. Je vous laisse avec Blanche et je reviens juste après. Merci Hugo et bonjour à tous. On commence avec cette actu. Aux Etats-Unis, le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, a annoncé ce dimanche qu'il se retirait de la primaire républicaine. La primaire républicaine, c'est une élection interne au parti des Républicains, donc le camp de l'ancien président américain Donald Trump, qui permet d'élire le candidat qui représentera le parti à la présidentielle de novembre.

Jusqu'ici, Ron DeSantis était le principal adversaire de Donald Trump, mais il s'est donc retiré et a annoncé qu'il soutiendrait dorénavant Donald Trump, le grand favori d'après les sondages. L'ancienne ambassadrice américaine aux Nations Unies, Nikki Haley, est désormais la dernière concurrente de Donald Trump. Deuxième actu, en Allemagne, plus d'1,4 million de personnes ont manifesté contre le parti d'extrême droite AFD ces derniers jours, selon les organisateurs du mouvement. Une centaine de rassemblements ont été organisés partout dans le pays depuis vendredi.

Ces rassemblements, ils font suite aux révélations le 10 janvier du média d'investigation allemand Corrective, qui expliquait qu'en novembre, des extrémistes néo-nazis et des responsables de l'AFD avaient discuté d'un projet d'expulsion massive de personnes étrangères ou d'origine étrangère. Pour la ministre de l'Intérieur, Nancy Faeser, cette réunion rappelle la conférence de Van Zee, pendant laquelle les nazis avaient planifié en 1942 l'extermination des juifs européens. Et manifestants ont notamment demandé l'interdiction de ce parti, qui est en tête dans les sondages, alors que d'importantes élections régionales vont avoir lieu dans quelques mois dans l'est du pays.

Troisième actu en France, le procès des attentats de Trèbes et de Carcassonne a débuté ce lundi à Paris pour cinq semaines. Il y a six ans, le 23 mars 2018, Radwan Lagdim, qui se présentait comme un soldat du groupe État islamique, a volé une voiture à Carcassonne avant de tuer d'une balle dans la tempe un homme de 60 ans. Il a ensuite rejoint un supermarché à Trèbes, dans le sud de la France, où il a pris en otage des clients. Il a finalement été tué par les forces de l'ordre, mais la prise d'otage a entraîné la mort de trois personnes, dont le lieutenant-colonel Arnaud Beltram, qui avait été échangé contre une otage. Sept proches de Radwan Lagdim sont donc jugés pour ces attentats.

Parmi eux, cinq sont jugés pour associations de malfaiteurs terroristes criminels et risquent jusqu'à 30 ans de prison. Quatrième actu, c'est une nouvelle révélation sur l'établissement scolaire privé catholique parisien Stanislas. Selon le site d'investigation Mediapart, Stanislas a contourné Parcoursup, la plateforme des admissions post-bac, pour privilégier ses élèves. En fait, l'établissement a conclu un arrangement avec 38 élèves pour les faire entrer directement dans ses classes préparatoires aux grandes écoles. Parmi ses élèves, il y a le fils de la nouvelle ministre de l'Éducation nationale, Amélie Oudea-Castera.

Cet arrangement va donc à l'encontre du principe d'égalité des chances que Parcoursup est censé favoriser. Je vous mets des liens en description si vous voulez en savoir plus. Cinquième actu, toujours en France, un bilan de fertilité pour les jeunes de 25 ans pourrait être mis en place par le gouvernement. C'est ce qu'a confirmé ce dimanche la ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Berger, à France Inter, France Info et Le Monde. Alors comment ça se passerait ?

Eh bien, selon la tribune du dimanche, il s'agirait de faire passer à 25 ans un examen gynécologique aux femmes et pour les hommes, un spermogramme, donc un examen médical qui permet d'évaluer la qualité du sperme. Ces examens devraient être pris en charge à 100% par la Sécurité sociale. L'objectif pour le gouvernement serait de lutter contre la baisse de la natalité en France alors qu'un couple sur quatre qui désire un enfant ne parvient pas à obtenir une grossesse après 12 mois d'essai, selon un rapport de l'Élysée publié en 2022. Cette mesure pourrait s'inscrire dans le plan contre l'infertidité annoncé par Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse la semaine dernière.

Sixième actu, le sexisme persiste et s'aggrave même chez les moins de 35 ans, selon le dernier rapport du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes publié ce lundi. Selon le rapport, un homme sur cinq de moins de 35 ans considère normal de mieux gagner sa vie qu'une femme pour le même poste au travail, tandis que 60% des femmes pensent qu'elles doivent être discrètes pour correspondre à ce que la société attend d'elles. Selon le rapport, les stéréotypes de genre sont d'abord transmis par la famille, puis relayés par l'école, avant d'exploser sur Internet à travers les réseaux sociaux.

Pour vous donner une idée, 88% des principaux contenus sur YouTube diffuseraient des stéréotypes de genre. Alors, pour changer les mentalités, le Haut Conseil à l'égalité recommande notamment de mettre en place des quotas de femmes dans les filières informatiques et numériques et d'inciter les citoyens à porter plainte pour délit de sexisme. Dernière actu, la SNCF va mettre en vente ce mercredi les billets de train pour les vacances de printemps. Cette offre concerne les voyages compris entre le 25 mars et le 22 mai pour les TGV Inouï Intercité et jusqu'au 5 juillet pour les trains Ouigo.

Les billets des Eurostar vers la Belgique, les Pays-Bas, l'Allemagne et l'Angleterre seront également proposés à la vente à partir de ce mercredi. Les premiers arrivés seront les premiers servis. Merci beaucoup Blanche pour ces actualités en bref. Le débat du jour, c'est le suivant. Faut-il mettre en place un bilan de fertilité à 25 ans en France ? Pour participer, ça se passe directement dans l'onglet Communauté. Prenez soin de vous, prenez soin de vos proches et puis on se dit à demain pour une nouvelle vidéo.