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InterviewRadio France (sur Site radio)· 10 juin 2026 7 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéJusticeSolidarités & familleEurope & international

"Le couvre-feu pour les moins de 16 ans est une restriction de liberté grave" pour Marianne Maximi, députée LFI

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:34OuverteRéponse directe

    Votre réaction quand vous avez eu ces annonces, on parle de décisions liberticides du côté de l'opposition.

  • 1:28OuverteRéponse directe

    Un sentiment de facilité, si je vous écoute, sachant que Clermont n'est pas la seule.

  • 2:24OuverteRéponse directe

    Si on vous écoute, ce n'est pas la question du couvre-feu en lui-même. C'est le contexte autour.

  • 3:23OuverteRéponse directe

    Et là aussi, on imagine que vous êtes opposé à cette mesure.

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Vous avez sans doute participé à cette mine de silence pour Liana, cette jeune fille qui a été tuée dans le Gers.

  • 5:10OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous êtes favorable à la fameuse loi intégrale ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:44Invité politiqueFait
    « c'est une restriction de liberté grave. »
  • 2:04Invité politiqueFait
    « Il y a eu des difficultés il y a deux semaines. »
  • 6:22Invité politiqueChiffre
    « 160 000 enfants par an, c'est-à-dire un enfant tous les trois minutes, est victime de violences sexuelles. »

Temps de parole

  • Marianne Maximi72 %
  • Présentateur26 %
  • Présentateur 22 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Pays d'Auvergne, ICI Matin Bon réveil et bon mercredi avec toute l'équipe d'ICI Pays d'Auvergne, Delphine Marion avec votre invitée ce matin. On va parler Coupe du Monde et Sécurité. Oui, et cette mesure qui fait réagir chez nous ce couvre-feu pour les moins de 16 ans à Clermont-Ferrand. Interdiction aussi des matchs aux terrasses pour éviter de nouveaux débordements comme après la victoire du Paris Saint-Germain. Et forcément, ça fait réagir l'opposition de gauche à la mairie. Et on en parle avec l'élu France Insoumise à la mairie et députée du Puy-de-Dôme, Marianne Maximi. Bonjour. Bonjour.

D'abord, rapidement, votre réaction quand vous avez eu ces annonces, on parle de décisions liberticides du côté de l'opposition.

0:44
Marianne Maximi

Effectivement, c'est une restriction de liberté grave. Moi, ce que je constate, c'est en fait l'incapacité à la fois de la préfecture et de la mairie d'organiser les conditions pour que les Clermontois et les Clermontoises, quel que soit leur âge, puissent célébrer la Coupe du Monde, assister aux matchs en sécurité et en tranquillité. Et ça aurait été possible, par exemple, en installant des fanzones, ce qui permet à la fois d'accompagner les supporters, de faire de la prévention, de réguler aussi quand il y a des difficultés. Et en fait, c'est tout l'inverse.

On interdit, on met en difficulté aussi les commerçants qui sont sur les grandes places, qui ont besoin aussi de la Coupe du Monde et qui ont investi pour cette Coupe du Monde. Donc franchement, je trouve que c'est des mesures qui sont graves, qui sont effectivement des atteintes à la liberté des gens de pouvoir faire la fête ensemble.

1:28
Présentateur

Un sentiment de facilité, si je vous écoute, sachant que Clermont n'est pas la seule. A priori, Toulouse va suivre le même chemin. Le maire est en train de préparer un arrêté, lui aussi, pour reprendre les mêmes mesures.

1:40
Marianne Maximi

Lui aussi, un maire de droite qui ne comprend pas la jeunesse, qui a décidé de mettre tout le monde dans le même sac et de punir l'ensemble des personnes qui auraient voulu juste partager un moment qui est important. En fait, c'est une Coupe du Monde. Les gens aiment le foot, ça rassemble. C'est des moments dont on a besoin. Et donc, en fait, on a là des hommes politiques qui ont décidé de stigmatiser ensemble toute une population. Et c'est effectivement grave. Il y a eu des difficultés il y a deux semaines. Mais au lieu de comprendre et d'essayer d'isoler les personnes qui ne se comportent pas bien, en fait, on met tout le monde, je le dis, dans le même sac qui ont puni tout le monde.

Et ça, c'est franchement grave pour cette jeunesse qui a besoin aussi d'espace festif pour se construire et pour aller mieux.

2:24
Présentateur

Si on vous écoute, ce n'est pas la question du couvre-feu en lui-même. C'est le contexte autour. Parce que le couvre-feu, il en était question quand la gauche dirigeait la mairie l'année dernière. Mais ça, c'était par exemple au moment du pic de violence du narcotrafic.

2:35
Marianne Maximi

Oui, mais j'y étais aussi opposée. Parce que je crois que ce n'est pas les bonnes solutions. En fait, les couvre-feux, on en a eu dans notre histoire, dans d'autres grandes villes. Ça n'a pas résolu quelques problèmes. Si on veut une vraie politique aujourd'hui qui s'attaque aux difficultés, aux moments de violence aussi, c'est en mettant des moyens humains, c'est en mettant des moyens de prévention, c'est en remettant des éducateurs et des médiateurs là où on en a besoin.

Donc c'est en fait tout l'inverse de ce que fait aujourd'hui le maire de Clermont, mais aussi de ce que préconisait Olivier Blanqui à l'époque au moment du narcotrafic qui était très aligné avec des mesures ultra sécuritaires. Le problème est qu'aujourd'hui, on a enlevé tous les moyens qui permettaient de prévenir ces passages à l'acte, les difficultés et les violences aussi que subissent les mineurs.

3:17
Présentateur

Olivier Blanqui qui était contre l'armement de la police municipale et ça c'est l'autre mesure qui a été prise par Julien Bonny il y a quelques jours. Et là aussi, on imagine que vous êtes opposé à cette mesure.

3:25
Marianne Maximi

Effectivement, je l'ai toujours été, je pense que c'est une mission régalienne de la police nationale, d'être armée, d'avoir des pouvoirs de police judiciaire et la police municipale a d'autres missions qui sont essentielles, indispensables dans une ville, à savoir une police de proximité qui est là aussi pour aider, accompagner, mais qui n'a pas les mêmes formations, les mêmes missions qui sont... Et ça, en fait, ce mélange, il est très très grave.

Et puis, on enregistre aussi les défaillances de l'État en se disant « on va les combler », sauf que moi j'attends de voir, on a un conseil municipal qui arrive, avec quels moyens on va acheter, former, déployer ce grand bouclier sécurité qu'il a présenté en grande pompe à la presse avec une mise en scène de plus en plus ridicule, je trouve aussi, du côté du Nouveau-Maire, mais avec quel argent ? Ce que je constate, c'est que, par exemple, on est en train d'annuler un programme de construction d'écoles dans le quartier Regensbourg-Salin, au profit de la construction d'un hôtel de policiers. Moi, ça me fait penser un peu à Victor Hugo, quoi.

On est dans un moment où on va prendre sur l'éducation, la culture, la prévention, pour donner des moyens de répression, et c'est un aveu aussi d'échec, je pense, de pouvoir anticiper les choses et d'être plutôt là tout le temps pour punir et surveiller. Et ça, c'est un mauvais signal, on n'est pas surpris. Et ça accompagne aussi de mesures qui sont très graves d'un point de vue éthique, comme l'intelligence artificielle, la reconnaissance faciale, les drones. Enfin, voilà, moi, je suis très inquiète du tournant ultra sécuritaire.

4:54
Présentateur

Marine Maximi, vous êtes élue d'opposition, vous êtes aussi la députée du Puy-de-Dôme, députée hier à l'Assemblée nationale. Vous avez sans doute participé à cette mine de silence pour Liana, cette jeune fille qui a été tuée dans le Gers. Il faut tirer les enseignements de ce drame. On parle de la lenteur de la justice, encore une fois, de son manque de moyens. Est-ce que vous êtes favorable à la fameuse loi intégrale ? Elle est portée par une centaine de députés. C'est une loi qui vise les violences sexistes et sexuelles contre les femmes et les enfants.

5:20
Marianne Maximi

Alors, moi, je suis favorable à, effectivement, une loi cadre, une loi globale. Je dois dire que cette loi intégrale, elle a été rédigée avant, évidemment, ces événements. Déposée en décembre, il faut le préciser. Voilà, elle était beaucoup axée sur les violences faites aux femmes. Et évidemment, en tant que féministes, nous avons besoin de continuer cette bataille pour l'égalité des droits, pour vivre en sécurité, pour lutter contre les féminicides et la culture du viol.

Mais il manque, et pour travailler depuis presque quatre années sur la question du droit des enfants, malheureusement, nous avons beaucoup de politiques, aujourd'hui, qui découvrent la question des violences faites aux enfants. Et dans cette loi intégrale, il manque beaucoup de financement pour les enfants. Et moi, je porte, justement, depuis le début de mon mandat, c'est de pouvoir faire comprendre aux gens que les enfants vivent, reculent dans leurs droits, qu'ils sont victimes d'infanticides, de viols. Et malheureusement, ce qui vient de se passer autour de l'affaire de Liana fait réagir.

Mais ça fait longtemps qu'on a des données, qu'on sait que des enfants sont victimes de violences sexuelles, que 160 000 enfants par an, c'est-à-dire un enfant tous les trois minutes, est victime de violences sexuelles. Mais que les enfants ne sont jamais écoutés, jamais crus. Et c'est ça que révèle cette affaire. Donc, il y a des manques de moyens dans la justice, c'est une réalité.

6:34
Présentateur

Mais il y a aussi un manque de loi, en tout cas de législation. Et cette loi cadre qui a appelé de vos voeux, il faut la modifier, notamment, et la compléter. Je suis désolée, on manque de temps, Marianne Maximi.

6:47
Marianne Maximi

Mais il manque de moyens, mais il manque surtout que notre culture arrête de mépriser la parole des enfants. Et ça ne passera pas par des peines de prison, ça passe par des moyens dans la prévention, dans l'éducation, pour qu'enfin, on écoute les enfants quand ils parlent.

6:58
Présentateur

Merci beaucoup, Marianne Maximi, élue d'opposition à Clermont-Ferrand, députée France Insoumise du Puy-de-Dôme. Merci d'avoir été avec nous ce matin. Merci à vous.