VivaTech : échange avec des créateurs de start-up françaises et européennes
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on est en train de changer d'échelle pour l'écosystème des start-up françaises ?
- 4:00OuverteRéponse partielle
Peut-on rendre les écosystèmes financiers en France et en Europe plus ambitieux ? Faut-il adopter des stratégies protectionnistes ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Comment rendre les régulations européennes futures-proof sans protéger les acteurs établis ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Comment créer, attirer et retenir les meilleurs talents en France et en Europe ?
- 16:00OuverteRéponse directe
Faut-il privilégier le marché américain ou construire une Europe unie pour les start-up ?
- 20:00OuverteRéponse directe
Comment renforcer la collaboration public-privé pour la stratégie IA européenne ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00E. MacronChiffre
« 1,4 milliard d'euros ont été levés depuis sur les 4 premiers mois de l'année par les start-up françaises. C'est 70 % de plus que l'année dernière. »
- 4:00Julia Bijaoui (Frichti)Fait
« Nos concurrents sont anglais, américains, surtout : Uber, Amazon. Et eux, sur la même période, ont levé des milliards d'euros pour développer le même genre de technologie. »
- 8:00Flora Coleman (TransferWise)Fait
« The EU has brought forward so many good regulations in terms of data protection and also in open banking. »
- 12:00Pierre Dubuc (OpenClassrooms)Fait
« On est la plus grosse start-up d'éducation et de technologie en Europe. »
- 16:00Thomas Plantenga (Vinted)Fait
« You cannot imagine how difficult it actually is to operate as Europe as one. »
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-Monsieur le Président, merci d'être là cette année encore. Vous avez soutenu cette manifestation VivaTech depuis le début, depuis 4 ans, et c'est la 3e fois que vous venez comme président de la République. En 4 ans, on peut dire que l'écosystème des start-up a réellement changé. 1,4 milliard d'euros ont été levés depuis sur les 4 premiers mois de l'année par les start-up françaises.
C'est 70 % de plus que l'année dernière. Est-ce qu'on est en train de changer d'échelle ? -E.
Macron : Bonjour. Merci d'abord de m'inviter sur ce panel et bonjour à toutes et tous. Comme toujours, moi, je suis très heureux de vous retrouver, parce que, parfois, ça me manque.
Je vous vois moins souvent. (Applaudissements) (...) Et...
Oui, d'abord les salles s'agrandissent. Le salon est de plus en plus grand et les salles sont de plus en plus grandes, je dois bien le constater. Et plus sérieusement, l'écosystème grandit.
En effet, lors du 1er salon VivaTech, d'abord beaucoup de gens se disaient : est-ce que la France va réussir à faire un grand salon de la Tech ? La démonstration a été faite. Et on ne fait pas des grands salons de la Tech s'il n'y a pas un écosystème qui, dans le pays, a sa propre dynamique, attire des investisseurs et a une attraction pour les collègues.
Donc ça, c'est le mérite de l'écosystème, aussi, français, européen. Ensuite, les chiffres que vous venez de donner le montrent. On était les meilleurs d'Europe continentale il y a 4 ans en création de start-up.
On continue à l'être. Mais on avait une limite, on avait du mal, pour continuer à parler en bon français, avec le scale-up. Il y a 4 ans, on devait lever un peu plus d'un milliard sur l'année.
Si on continue les levées telles qu'elles se sont faites, vous avez donné les chiffres pour les 1ers mois, on va vers 5 milliards. L'année dernière, on était un peu moins de 3 milliards et demi. Ca veut dire que les tickets sont de plus en plus gros.
Et maintenant, lever plus de 100 millions d'euros, il y a plein de start-up de l'écosystème français qui le font, que quand je regarde les 18 derniers mois, on a créé plus de licornes que dans toute la période précédente, et donc il y a une accélération de l'écosystème et qu'il est dans sa phase de croissance. Donc on continue à garder la créativité, l'inventivité, la dynamique, mais maintenant, on lève beaucoup plus rapidement, on attire plus de talents et on acquiert la taille critique. Alors vous avez autour de vous 5 très, très belles...
Représentants de très, très belles start-up européennes. Ils ont tous plein de questions à vous poser. Je voudrais commencer par Julia Bijaoui.
Alors Julia est cofondatrice de Frichti. C'est une société de livraison de repas, de courses, qui a levé plus de 43 millions d'euros depuis sa création. Vous avez créé plus de 300 emplois.
Votre question. (Applaudissements) (...) -Alors bonjour, monsieur le Président.
Merci de prendre le temps de répondre à cette question. Donc effectivement, chez Frichti, on essaye d'inventer le futur du retail alimentaire. Pour ce faire, on a créé une technologie unique qui nous permet de livrer à nos clients, à leur porte, en seulement 20 minutes, des produits frais et d'un rapport qualité-prix complètement inédit.
On a donc à peu près 4 ans d'existence, créé 300 emplois et levé un petit peu plus de 43 millions d'euros. Et nos concurrents sont anglais, américains, surtout : Uber, Amazon. Et eux, sur la même période, ont levé des milliards d'euros pour développer le même genre de technologie.
Donc c'est vrai que les systèmes de financements américains, malgré le fait que ça évolue, comme vous l'avez cité en Europe et en France, on est encore vraiment derrière. Leur système de financement sont beaucoup plus ambitieux, "risk taker", et permettent bien plus tôt dans la vie des start-up de les financer avec des très gros tickets, et donc, mécaniquement, de créer des leaders nationaux, et, du coup, internationaux, qui viennent jusqu'en Europe, évidemment. Donc ma question pour vous c'est : peut-on changer et rendre plus ambitieux ces écosystèmes financiers en France, en Europe ?
Doit-on même adopter peut-être des stratégies protectionnistes pour que demain, par exemple, le prix, le cours de la tomate, ne soit pas fixé par Amazon ? -Diable ! (Applaudissements) (...) -Alors d'abord, votre exemple, l'exemple de Frichti, et vous êtes quelques-uns dans le secteur, montre, et je le dis, parce qu'on l'oublie souvent, que la Tech, l'innovation, n'est pas l'ennemie de l'emploi local des savoir-faire français et des traditions.
On veut souvent opposer des mondes et on dit : il y a la France qui va bien, celle des métropoles, des centres-villes, la Tech, etc. Frichti fait vivre des producteurs français. Vous favorisez ce qu'on appelle le circuit court, et donc c'est la réconciliation, c'est le fameux "en même temps" auquel je crois beaucoup, mais c'est la réconciliation, c'est-à-dire que c'est bon pour les producteurs français et pour à la fois des savoir-faire et notre agriculture. 2e chose : est-ce que la bonne réponse, c'est "protectionniste" ?
Je ne crois pas. Par contre, ce qui est vrai, c'est que vos grands concurrents américains ne livrent pas toujours, justement, en circuit court, n'ont pas la même traçabilité, valorisent parfois moins ce que vous faites, donc moi, je crois beaucoup que l'achat responsable en même temps que le bilan carbone, puisque vous avez aussi beaucoup mis en avant ça dans votre stratégie, c'est quelque chose de très bon. Il y a des grandes entreprises qui font de la logistique mondiale, de plus en plus, le consommateur, qui est en même temps citoyen engagé, qui veut qu'on lutte contre le réchauffement climatique, il ne voudra plus acheter de la tomate qui a fait des milliers de kilomètres, même si c'est livré rapidement, il préférera acheter celle qui est en circuit court.
Donc je crois beaucoup plus à cette responsabilisation, cette communication positive qu'au protectionnisme. Après, pour vous permettre de faire face à ces géants américains, il me semble qu'il y a 2 éléments : un, vous assurer que le cadre de concurrence est le même, et 2, vous assurer que vous avez un écosystème de financement aussi performant. Le cadre de concurrence, ça veut dire quoi ?
Ca veut dire que vous, vous payez des impôts. Il faut que le géant de l'Internet américain, qui est en concurrence avec vous, on le conduise à payer les mêmes impôts. Ca n'était pas le cas jusqu'à aujourd'hui. -Ca, ça reste un combat. -Bien sûr.
Parce qu'il y a le sujet des financements, je vais y venir. Mais c'est un combat essentiel, parce que vous payez l'impôt sur les sociétés, vous payez la TVA, si vous avez quelqu'un en face de vous qui, parce qu'il a acheté ailleurs, arrive, par ses systèmes de refacturation, quasiment à ne rien payer, à facturer de la propriété intellectuelle qui remonte en Irlande et derrière paye un impôt sur les sociétés très bas en Irlande, refait passer le cash par un autre pays européen, souvent les Pays-Bas, et le ramène dans un paradis fiscal...
Il y a un moment donné, de toute façon, vous avez un plafond de verre. Bon. Or, ce n'est pas juste, parce que toutes les entreprises, et on était hier au sommet Tech for Good pour cette 2e édition à parler de ça avec ces entreprises et ces géants de l'Internet.
Ces grands acteurs industriels, ils appartiennent, ils vivent dans le même monde que nous. Et donc ils ne peuvent pas éternellement être dans un système où, non plus on optimise, mais on sur-optimise en matière fiscale. Donc être dans un cadre juste, ça veut dire quoi ?
Ca veut dire s'assurer qu'ils payent l'impôt. Alors nous on a mis en place, comme vous le savez, pour les plus grands acteurs, une taxation française. C'est un système provisoire, parce que ce qu'on veut faire, c'est que ça se passe au niveau européen, et plus largement, le coeur de la bataille, c'est de le faire au niveau de l'OCDE.
Parce qu'à ce moment-là, on aura toutes les économies développées qui auront un même cadre fiscal qui permettra de le faire, comme on l'a fait d'ailleurs dans l'industrie. Dans l'industrie, pendant des années, il y a des gens qui échappaient, qui planquaient la valeur ajoutée, pardon de le dire comme ça, mais qui sortaient la valeur ajoutée des pays qui taxaient plus et qui truquaient un peu les chiffres pour aller les faire taxer ailleurs. On a su créer un cadre coopératif et lutter contre ça.
Il faut qu'on le fasse sur le numérique de la même façon. Avoir un cadre compétitif loyal, équitable, ça veut dire aussi éviter que les plus gros acteurs rachètent tout, et je le dis, parce qu'on parle souvent de politique de concurrence. En Europe, on a développé une politique de concurrence qui, parfois, d'ailleurs, en ne regardant que le marché européen, bloque certains rapprochements.
Quand on se compare au niveau mondial, on n'est pas sûr qu'on serait si dominant. -Pas seulement dans la Tech. -Et pas seulement dans la Tech.
Néanmoins, au niveau mondial, on a aujourd'hui des géants. Et quand je regarde les études économiques, on montre que l'on crée pas le plus de valeur en permettant à ces géants de tout racheter. Et donc on va devoir aussi rentrer dans une ère, aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe, où on va quand même réguler l'expansion infinie par le M and A de ces géants.
Et puis, en effet, au-delà de ce cadre loyal, nous, on doit bâtir un cadre d'investissements qui vous permet d'aller plus vite, plus loin, plus fort. Alors, je le disais, il s'est beaucoup amélioré. J'ai vu plusieurs entreprises ce matin qui ont fait des levées depuis le début d'année de plus de 100 millions d'euros.
C'était avant très rare. Comment on l'a fait ? Un, on a mis en place depuis plusieurs années la Banque publique d'investissement, qui, sur les 1res étapes, a beaucoup structuré le marché français.
Deux, il y a en France de plus en plus de business angels, et il faut les saluer ici. C'est souvent des entrepreneurs un peu plus âgés que vous qui ont réussi une 1re fois et qui veulent, qui ont décidé de réinvestir en France et on leur doit beaucoup, parce que c'est eux qui ont cru dans des entreprises et qui, entrepreneurs individuels, ont mis des tickets, ont permis de se développer. Trois, on a des fonds qui se sont structurés.
Fonds français, européens, mais on a attiré de plus en plus de fonds internationaux, pas seulement sur les 1ers tickets, mais pour aider à la croissance, qui ont permis, justement, d'accroître les levées que j'évoquais, et se développer. Et puis, on est en train de développer un vrai marché, maintenant, européen qui permet de coter et d'avoir une sortie pour ces investisseurs, avec des marchés sur les valeurs les plus innovantes. On est encore beaucoup moins performants que les Américains sur ce sujet.
Mais si on veut attirer plus d'investisseurs, y compris dans les phases de croissance, il faut leur offrir des voies de sortie et donc il faut que l'on ait un marché encore plus performant et attractif au niveau français et européen. Alors comment on passe à l'étape du dessus ? D'abord en ayant un cadre fiscal qui est incitatif.
C'est ce qu'on a fait il y a 2 ans en supprimant l'impôt sur la fortune quand on investit, justement, dans l'économie productive, et en particulier la Tech, en ayant une flat tax sur l'investissement en capital, parce qu'on a besoin de capital pour réussir. Pas que, on y reviendra. Mais donc la flat tax à 30 %, elle nous remet dans un système très compétitif, et on a vu le boost que ça a fait en termes d'investissements.
L'étape du dessus, elle se passera au niveau européen. Et donc maintenant, ce qu'on doit faire, c'est réussir à jouer sur 2 leviers pour aller plus vite, plus fort. D'abord, nos entreprises, et je veux saluer aussi la présence dans ce salon VivaTech de beaucoup de grandes entreprises françaises, européennes, mondiales.
Et ça, c'est un changement aussi, ces 4-5 dernières années, formidable. On les a vus là, j'ai les ai vus sortir du plateau précédent : Orange, La Poste, L'Oréal...
Je cherche du regard les uns et les autres. Engie, etc. Bon.
Ce sont des grandes entreprises qui, si on se replace 5-10 ans en arrière, faisaient l'innovation en interne, avaient peu l'habitude de travailler avec les start-up, ce qui était le tropisme français. Et ce qui était bon, c'était "invented here" : à la maison. Cet écosystème a totalement changé.
Maintenant, nos grandes entreprises, j'ai encore vu aussi Renault tout à l'heure en déambulant, elles croient dans les start-up, elles investissent et elles vont chercher des start-up qui leur permettent d'aller plus vite, plus fort, de faire de l'innovation et donc aussi d'apporter des financements comme des synergies commerciales. Et puis enfin, je le disais, c'est l'Europe. Et donc l'Europe, on doit maintenant véritablement construire un marché des capitaux financiers européens.
C'est le seul moyen d'y arriver. On est en train, c'est trop long, mais de parachever ce qu'on a appelé "l'Union bancaire", mais ce n'est pas simplement l'Union des banques qu'il faut faire, c'est l'union des marchés de capitaux. Il faut qu'en Europe, on arrive à faire circuler l'épargne pour que l'épargne puisse aller se mettre sur les endroits où il y en a le plus besoin, où il y a les plus fortes croissances, et donc les plus forts risques, parce que c'est comme ça que cette épargne aura aussi le meilleur retour.
Cela suppose quelques modifications réglementaires et une meilleure intégration européenne. C'est aussi pourquoi le débat européen qu'on a en ce moment est si important, et donc pour aller plus vite, plus fort, voilà les quelques leviers sur lesquels on peut aller, mais ça ne remplacera jamais la volonté, le courage, et la détermination des entrepreneurs. (Applaudissements) (...) -On va aborder ces questions financières et d'épargne justement avec votre voisine.
We're gonna switch to English with Flora. Flora Coleman comes from the UK, but she belongs to a company that was founded by 2 Estonians. So, it's a truly European start-up.
TransferWise is one of the most successful fintechs in Europe today. It's valued at 1.6 billion euros and, in a nutshell, you offer a service for sending money overseas without paying banking fees.
Your question. -Thank you for switching to English for me. And it will be very helpful to all of us in Estonia watching.
And, of course, your English is far better than my French will ever be. The EU has brought forward so many good regulations in terms of data protection and also in open banking. And we must ensure these are consumer-led and focused on good outcomes for our customers and citizens of Europe.
But how do we make sure the regulations are future-proof and, also, don't protect systems and incumbents? -E. Macron : Thank you very much.
And, first of all, you are very welcome to Paris. If you want to get full access to the single market of Europe, I mean, Paris is a good place. (Applaudissements) (...) So, you're very welcome and we can discuss after this panel about all the facilities.
No, you're right. I mean, I think we do need regulation. Especially when we speak about, I mean, finance, consumer finance.
We do need regulation because, I mean, we did experience in the past, the consequences of the absence of regulation or too-low regulation. But you're right that one of the main risks of regulating is, precisely, regulating for vested interests or existing players. And I know this is very often the case for a lot of players, a lot of innovators.
So, that's why I am a strong believer in what we call smart regulation, i.e. we have to regulate for our consumers, when you speak about finance, we have to regulate for our citizens because when you speak about data, and it's true for all your sectors, you speak about privacy as well.
And, for our citizens, for people, it's absolutely critical to be sure that they are protected regarding their privacy. We passed a 1st regulation at the European level, but this is an ongoing, permanent process. The best way not to be captured by the past players or the big players is to have a permanent dialogue with all the players of the market, to be sure that you optimize, you have a win-win situation, i.e. you optimize innovation, you allow people to create, but, at the same time, you regulate just what you want to regulate and you adapt this regulation to what is feasible and you... the regulation is proportionate vis-à-vis your objectives.
For instance, yesterday we were with a lot of players in this room, in this Christchurch call, i.e. we are putting in place a new global regulation against terrorism.
I mean, this is no question about terrorism, it's black and white and everybody is committing, but, what we want to do is to increase, as well, regulation against hated speech. It is sometimes very complicated. If you pass a regulation on your own, sometimes it's non-feasible, sometimes it's non-adapted, it can block everything, block all the...
I mean, all the dynamics of the system, and you can have side effects you didn't see as a regulator. So, what we decided to do with some platforms is to send the regulator, embed with the company and the tech guys in order, precisely, to work together during a month. And we are building a smart regulation against hated speech.
This is exactly what we want to do, as well, on all the different data stuff. But I think regulation, especially in your sector, is definitely a necessity and could be, according to me, a very good complement to innovation. If you take privacy, privacy is one...
I mean, and respect of our privacy, is one of the preconditions of any innovation. And it will be an increasing concern for a lot of people. During years and years, nobody dared, basically, to address this issue.
And we had some scandals on the other side of the ocean. And suddenly, everybody woke up. The fact that we started to work on the European level and we put in place this new regulation to protect privacy regarding data in Europe made, for instance, Facebook, which experienced this, I mean, bad story with Oxford Analytica, Facebook, itself, announced one year ago: "GDPR in Europe is a good regulation, "we will adapt it and we will make it as a global standard." And I think it was a good regulation for a lot of start-ups and new players, because when you create your business in the European landscape, adapting yourself day one to these European regulations, you can provide to the consumer more guarantee, you can better compete with big Chinese or American players without any sort of comparable guarantee and you are compliant with this political objective.
But everything is in the process and this smart regulation, in terms of method, for me, is a guarantee not to be captured, as you surely feared. (Applaudissements) (...) -Je voudrais me tourner maintenant vers Pierre Dubuc, qui est le cofondateur d'OpenClassrooms.
Vous connaissez OpenClassrooms, monsieur le Président, qui est une école en ligne, mais une école avec plusieurs millions d'étudiants et plus de 1 000 cours en ligne. Vous avez levé plus de 50 millions d'euros l'an dernier. Votre question. -Merci.
Bonjour, Monsieur le Président. Bonjour à tous. Hi to all non-French speakers.
Ma question, elle est sur les talents. Notre métier chez OpenClassrooms, c'est de créer les talents de demain. On a créé cette entreprise à mission.
La mission, c'est de rendre l'éducation accessible. On a la chance aujourd'hui d'avoir une équipe exceptionnelle de 200 personnes pour toucher 3 millions d'étudiants par mois sur 50 parcours diplômant, les métiers d'avenir, pour être les meilleurs dans notre catégorie. Aujourd'hui, on est les meilleurs en Europe.
On est la plus grosse start-up d'éducation et de technologie en Europe. Pour devenir les meilleurs du monde, il faut les meilleurs talents sur tous les métiers. Comment créer les meilleurs talents en France, en Europe ?
Comment les attirer ? Comment les retenir ? Et comment les former tout au long de la vie ? -Merci beaucoup.
D'abord en effet OpenClassrooms, c'est un magnifique exemple de réussite française, européenne. Et la question des talents, c'est l'autre pilier, peut-être même en train de devenir à mes yeux le 1er avec le pilier du financement qu'on évoquait. Il y a le capital financier, puis il y a le capital humain.
Et d'abord, je veux dire qu'on est très compétitif sur ce plan-là en France. En Europe, mais tout particulièrement en France. Et ça, il faut l'expliquer, le vendre, et le faire savoir partout dans le monde.
Pourquoi ? Parce que d'abord, on forme bien, on a un bon système éducatif. On avait des faiblesses, on est en train de s'y attacher avec les réformes qu'on passe et d'ailleurs avec votre aide.
Et donc le pilier de tout, c'est d'avoir un bon système éducatif. Et c'est pour ça que quand on parle d'école, on parle toujours aussi de notre capacité à innover, à créer de l'emploi dans notre pays. Et donc en s'assurant que tous nos jeunes ont les savoirs fondamentaux, en ayant un lycée qui permette justement d'accéder aussi à ces savoirs et de les perfectionner, en ayant un système d'orientation, un système universitaire, qui permet de faire davantage avec de plus en plus d'étudiants, en faisant d'ailleurs et en développant l'enseignement par le numérique, en partenariat avec des acteurs comme vous, on forme de plus en plus de talents.
Et donc nous, on a un premier défi, c'est former de plus en plus de talents par notre système éducatif, notre enseignement supérieur, notre système de formation continue et l'apprentissage et l'alternance dans les nouveaux métiers. C'est ce qu'on fait avec le ministre de l'Education nationale et la ministre du Travail, et donc il y a un gros investissement en capital humain qu'on fait dans le pays. On met 15 milliards d'euros du plan d'investissement sur ces sujets, ce qui permet, un : de donner des perspectives à nos universités et nos écoles, mais aussi à beaucoup d'acteurs du secteur privé qui sont ses partenaires aussi de l'offre éducative.
Et donc on a besoin de continuer cet effort pour former, partout où il y en a besoin, dans la Tech, où vous êtes, dans la Tech, dans tous les nouveaux métiers d'avenir le capital humain dont on a besoin. Ensuite, une fois qu'on a dit ça, quand je regarde la situation, nous sommes compétitifs et très compétitifs en termes de capital humain. C'est pas un hasard.
Déjà, il y a quelques années, on disait : "Regardez la Silicon Valley, il y a plein de Français." Mais j'ai envie de dire à toutes les entreprises du monde : les Français en France, ce sont les mêmes que sur la Silicon Valley et ils coûtent beaucoup, beaucoup moins cher. Beaucoup moins cher.
C'est vrai. (Applaudissements) Et donc pour une entreprise, y compris une entreprise californienne ou asiatique, elle a aujourd'hui beaucoup plus intérêt à venir se développer en France avec ces ingénieurs français, dont elle a parfois été chercher l'excellence dans la Silicon Valley, parce qu'ils sont là aujourd'hui, ils sont formés avec les mêmes compétences, et c'est sur cet écosystème qu'il faut le faire. Donc un : bien les former.
Deux : rappeler qu'on est déjà attractif et fort et qu'en plus, quand je compare les prix, parce qu'ils se sont envolés en Californie, en France, nous sommes très compétitifs sur ce sujet-là. Trois, vous l'avez très bien dit, il faut les garder et les attirer. Le meilleur moyen de garder les talents, c'est d'avoir des talents.
Et c'est pour ça que ce qu'on est en train de faire aujourd'hui, cette dynamique dont on parle depuis tout à l'heure, c'est le meilleur aspirateur à talents qui puisse exister. Parce que quand on est doué, quand on est très fort dans son secteur, quand on a envie de réussir, quand on a envie de bousculer tous les plafonds, on a simplement envie de recruter les meilleurs, d'être au milieu des meilleurs, d'être dans un environnement qui est très concurrentiel et d'avoir la possibilité de recruter dans son environnement les meilleurs acteurs. Et donc c'est là où le cercle est vertueux, et on est en train de le développer.
Et c'est aussi pour ça, que moi, je suis très attaché à ce que les start-up qui réussissent en France puissent se développer en France, parce qu'elles reproduisent ces talents. Et c'est ce qu'on voit dans nos grands incubateurs, qu'il s'agisse de Station F ou d'autres, c'est ce que la BPI pousse à faire, c'est ce que Business France aussi pousse à faire, en donnant des accès partout dans le monde à nos talents, et donc ça, c'est l'autre levier. Et puis ensuite, c'est de les garder en ayant un système fiscal qui est attractif pour ceux qui réussissent.
Et c'est pour cela qu'on a passé ces réformes fiscales, qui, parfois, m'ont valu quelques surnoms. Mais parce que ceux qui sont très, très riches et déjà riches, ça rejoint ce que vous disiez sur les gens de l'économie du passé, ils n'avaient pas besoin de moi pour ne pas payer l'impôt sur la fortune, ils le payaient déjà pas. Ils étaient suffisamment riches pour faire des montages financiers et mettre l'argent ailleurs.
Ceux qui avaient un gros problème, c'est ceux qui réussissaient dans le pays en montant des start-up ou en les développant. Ils allaient les développer parce qu'ils disaient : "Moi, le jour où je vends mes actions, "je vais être taxé comme un fou." Avec la réforme qu'on a fait, flat tax et la fin de l'impôt sur la fortune quand on est sur le financement productif, eh ben, les talents restent.
Et je dirais même que nous sommes aujourd'hui beaucoup plus attractifs pour les talents que beaucoup d'autres pays d'Europe, parce que non seulement on a un système fiscal qui est redevenu compétitif. On a supprimé l'ISF pour les gens qui investissent dans l'économie et on a mis une flat tax pour tous les gains de capitaux à 30 %, all included, mais en plus, on a un système social qui fait que quand vous êtes malade ou que vos enfants sont malades et que vous êtes un génie de la Tech, vous pouvez aller à l'hôpital public, que vous pouvez aller dans les meilleures écoles, elles sont gratuites, ce sont les écoles de la République, et ça, on le regarde jamais quand on regarde l'attractivité des systèmes. Or, les stars, quels que soient les secteurs, elles regardent ça, parce qu'elles ont une femme ou un mari et des enfants.
Et donc ça, ça fait partie de l'attractivité de l'écosystème français. C'est aussi notre modèle social, notre modèle éducatif qu'il faut pleinement valoriser. Et puis dernier point, c'est qu'on veut attirer les meilleurs talents du monde entier.
C'est pour ça qu'on a développé les facilités en termes de visas à travers justement la French Tech. French Tech Visa nous permet de donner énormément de facilités, c'est-à-dire d'instruire très rapidement les demandes pour, à la fois les entrepreneurs comme... leurs cadres ou les techniciens ou les stars, quel que soit le pays, qui veulent venir en France.
On va beaucoup plus vite, on instruit, donc c'est une espèce de fast track, on donne des garanties rapides et surtout on donne aussi des garanties pour les familles, ce qui permet justement d'avoir, d'être beaucoup plus accueillants pour les talents dont on a besoin dans l'écosystème. C'est pour moi une bataille essentielle. Elle a déjà commencé, mais c'est maintenant celle qui fera rage.
Et je pense que la France a tout pour la gagner, parce qu'on est un pays agréable à vivre, qui a tous les avantages que j'évoquais et qui a corrigé ses défauts. (Applaudissements) (...) -We're gonna move to Lithuania now with Thomas Plantenga, although you're Dutch, you're not from Lithuania. -E.
Macron: Welcome in Europe. -Your company was founded in Lithuania in 2008. Many people, I think, in this room know you.
Know, at least, the name of the company, Vinted, because France is your number one market. You're in the business of second-hand clothes. Your question to the president.
You have raised a hundred million dollars, I guess, last year. -Yeah, last year, 50 million, in total more than 100 million. And, thank you, France, for using us so much.
You saved Vinted. Truly. Thank you.
Now... (Applaudissements) You know, we talk a lot about the US attacking us and China and, you know, to be super honest, you know, it's a fair game.
They are able to scale in this market super easily. The previous business I built, I built it in the US, and it was fantastic, the amount of scale we got, and getting scale and tech is everything. I don't have to explain that in this room.
And, with Vinted, we decided, you know, even though many investors said: "Thomas, go and chase the US because that's where the money is,", right, and... but we saw France was working, and we said: "Okay, around France and Germany, create a European company." And we fully focused to be European and centralized ourselves to operate in the European market.
And things are going well back at home, but you cannot imagine how difficult it actually is to operate as Europe as one, you know. Everything is organized nationally, and I know you guys are making a lot of steps, and really appreciate it, to create a fair playing field, but we're fighting so much against national... you know, houses and castles that we have to break open and connect.
And my question is, you know, are we really gonna make big steps here? Or is it actually the right strategy to just go for that big market and then come back to Europe and take those little countries one by one? -E.
Macron: Thank you very much for this question. (Applaudissements) (...) First, I just would like to highlight the fact, I mean, what you embody, I mean, I just want to say, because we are discussing about European Union and a lot of people consider that, I mean, take it as granted or considered that, I mean...
European Union is something we should permanently criticize and something we could reduce, and a lot of people, because nationalisms are increasing everywhere in Europe, consider that: "Okay, we can discuss that, it could be at stake." But could you imagine without the European Union having a start-up set up in Vilnius with a Dutch CEO speaking in France about some things to improve? I mean, we did it. -Yeah.
Absolutely. (Applaudissements) -I mean We are incredibly grateful for that. -E.
Macron: No, but it's you! But this is Europe. It's not me.
The fact you're here and what you represent. But I just want to underline and stress this point because this is very important. Now, you're perfectly right.
Everything is about scale and speediness. -Yeah, absolutely. Without that we're done.
And, you know, those Chinese and Americans, they will come for us. -E. Macron: I agree.
That's why I'm a strong believer in European Union. -It's not that they are bad guys, they're just the same as us. They want to win, right? -We don't have a digital single market, that's what he's saying. -It's awesome that they're doing it. -E.
Macron : Exactly. Well, I mean, where are the critical issues? How to lift barriers and make an easy-going digital single market?
So, when I look at what the Commission did during the past 5 years, they did a pretty good job. On roaming, on common regulation, lifting a series of barriers, I mean, they improved the system. Now, you're right, we have a lot of resistance.
And, the more you will have nationalistic guys, the more you will have resistance. And I think the big dilemma today is where is the right sovereignty on digital? This is not a philosophical question.
This is, I mean, a political, a business, a fundamental question, for a lot of people, they say sovereignty is 100% national. So, they say if I want to develop my business, if I want to protect my country, I need borders and barriers at the national level. If we do so, we will kill your business model and we will kill all the different business models here because it means you will have to deal with 28 regulations, tomorrow 27 with the Brexit, in the EU.
I'm sorry. You are not responsible for that. I'm not responsible at all.
I do regret. But this is the case. You have another way to see this situation, which is mine.
Sovereignty on digital is at the European scale. -Absolutely. -E.
Macron : Why? Because if we want to compete, we need European players. If we want to have and develop European players, we need players with a domestic market day one at the same scale or a comparable scale at the US or the Chinese one.
This is the EU. Which means we have to lift the maximum barriers to have the same regulations. What we did on privacy, one regulation for all, is exactly what we have to do for all the other sectors.
And this is the whole story of the European Union, which means, now, we have to accelerate these reforms, but, and I want to reassure a lot of people , it doesn't mean you abandon sovereignty. This is a precondition to have an actual European sovereignty, because the day you have such a market, you can have your own fair protection, your rules vis-à-vis the Chinese and the US ones. Why?
Because these guys have some protections for them. I don't want to be naive. They compete, it's fine, but, for you to compete in their market, you have some rules to be respected.
I want to be the same for Europe. I don't want to be the only naive in the room. I want to have...
That's why, on competition, on taxation, on data, we need to regulate. We need to protect our European model. But the only way to do so is, precisely, to have an actual European market.
This is where your concern is totally complementary with the concern of sovereignty. This is what I wanted just to emphasize. So, to address your point very directly, my perspective in the coming years is, indeed, to lift all the discrepancies in terms of regulation, to have this scale issue being solved for our start-ups. -Super.
Thank you. (Applaudissements) (...) Maybe just to follow up on that, would you say, Mr.
President, that you feel that there are stronger resisting forces against this European sovereignty, as you say, in Europe, in certain European countries? -E. Macron: But, because in Europe, we have a crisis of the European Union.
This is a matter of fact. Everywhere in Europe, when you look at the past 5 to 6 years, in our country, but in a lot of countries, all the extreme, extreme rights are increasing. And I do respect all the ideas, but what they do want is a fragmentation of the EU.
I want to reform the EU, I want to accelerate the integration on some issues, I think, on currency, on digital, on climate action, we need more Europe, I want the EU to be more protective for our borders vis-à-vis migration, vis-à-vis terrorism and so on, but I think, if you fragment Europe, there is no chance you have a stronger Europe. L'union fait la force. So, I do believe that the geopolitical and the business and the innovation fight today, for us, is do we want a G2 for decades between the US and China?
Or do we want Europe to be the 3rd way? I.e. do we want Europe to be an actual, not just a market, but an actual project?
Do we want Europe through the European Union to be a place where we provide growth, innovation, where we address artificial intelligence challenge, where we address a natural constant strategy, where we address all these opportunities in the different markets, which means jobs, and, at the same time, a European Union which defends and protects its own democratic and social model? On privacy, on education, on healthcare, we don't have the same view as the Chinese and the US. The only way to finance these views and to protect these views is to be a credible market and, precisely, to finance this model.
This is why I'm a strong believer in Europe because I'm a strong believer in France. (Applaudissements) (...) -Let me turn to you, Daniel Dines.
Because this is another fascinating European story. Mr. President, you have to realize that, 4 years ago, Daniel was creating this company in a small apartment in Bucharest, Romania.
Now, the company is valued over 7 billion dollars. You raised 1 billion dollars last year. It's one of the most successful companies in the world on AI.
Your question to the president. -Well, first of all, I am really honored to be on the same stage with you. I've always been very vocal about being a big admirer of what you are doing for Europe.
I think we, in Europe, we are lucky to have you. (Applaudissements) (...) I am grateful and proud to be a European and to have started a company in Bucharest, Romania.
But, despite our global presence by now, this company will always have, like, a European soul. And look, I want to bring on the table a very, you know, hot topic: the artificial intelligence. And we all know that we need to have a strategy in the European Union.
And you have announced a very ambitious national strategy around AI to reinvest 1.5 billion euros on the next 4 years. Look, we, at UiPath, also invest a lot in AI.
And our emergencies are toward the European Union, and we would very much like to participate. So, my question is: do you envision more collaboration between public and private on building the European AI strategy? Can we inject some of the start-up agility into this program? -E.
Macron : Thank you very much and, indeed, congratulations for what you did. (Applaudissements) -Thank you so much. -E.
Macron : This is an impressive story and you rightly raised the issue of artificial intelligence because this is one of the key opportunities for all of us if we manage to be part of the leaders and if we manage to assess properly all of the different consequences to have, as well, an ethical development of artificial intelligence because it will accelerate basically all the big issues for democratic systems in a lot of spheres. Indeed, I presented in the beginning of 2018 a strategy largely made and built with public and private players, not just in France, but everywhere in the world. We had a lot of discussions and brainstormings, and, with this investment you mentioned, and a full-fledged strategy.
Our willingness is to, first, have a very strong cooperation between Germany and France on artificial intelligence and, following this presentation, we had a lot of discussions with Angela Merkel for developing and expanding this artificial intelligence strategy on a cross-border basis. But, more than that, what we want to do now is to develop an actual European strategy. What we need is, first, to mobilize the maximum financing for artificial intelligence.
Even if you just quoted the quantum for France, I mean, when I look at the global competition, we are not at the right scale. When I compare France to China or the US, I mean, we have to increase like crazy our level of investment in artificial intelligence, for sure. In order to succeed, we have to mobilize our European budget.
And, for me, it's part of the topics we will have to focus on in the next negotiations. And we have to build a public-private ecosystem. Our strategy is based on a network, a network all over the country with public labs, universities, our main research centers and a lot of players and partners.
And there is no chance to succeed without this public-private partnership, no chance. And, in this strategy, obviously, we want to mobilize and associate a lot of...
I mean, all the European players and global players or candidates, basically, to be part of it, which means we need an actual...
First, we need investment, we need, obviously, to invest on innovation and acceleration on innovation. We need discussions and adaptation of regulations on the different verticals, because, when you speak about artificial intelligence, you speak about artificial intelligence in NetTech, artificial intelligence in mobility, artificial intelligence in health care, which means you have to deal with a lot of regulations. That's why, as one of the key elements of this strategy, what we want to do is to streamline our regulations and have a sort of passport for innovation giving you a certain period of time to innovate with preconditions being negotiated in order to accelerate the innovation in the ecosystem.
And, third, obviously, we speak about data, once again, because artificial intelligence, obviously, is built on access on big data, and access, precisely, on the maximum possible data in order to improve the solutions provided. And that's where our strategy, I think, is very innovative and is something we want to develop with a lot of companies. It's that we decided to launch a series of platforms where we provide access to data, even public data, we push people, and it refers to your concern, we push people, for instance, in the health care system, when people and companies have a public financing, the data has to be available under certain criteria, but the data cannot be captured by the company itself because we want to maximize the level of creativity and innovation and the ability for big artificial intelligence players to use this data under preconditions and standards we define together.
But we don't want to have some players capturing the data especially in fields like health care. So, this is our strategy, so now, we are developing it, for instance, this health care data lab I was mentioning is being created and will be at full speed beginning of 20. We are, basically, at the right timing and executing this strategy.
Now, what we need is more private investment in France, more global players to join this strategy, more European cooperation and an actual European budget, basically to, once again, have the right scale and developing an actual artificial intelligence ecosystem in Europe. (Applaudissements) (...) -Still, there's a strong belief in many parts of the population in our countries that AI will actually have, ultimately, a negative impact on jobs.
What's your take on that? -E. Macron : I think...
It's always what I would call the Schumpeterian fear. When you have the Schumpeterian fear, you need the Schumpeterian evidence. I mean, a lot of people believe that innovation will kill jobs.
It's true, it can kill past jobs or jobs which could be substituted by machine learning systems or this kind of innovation, but it creates new jobs. For instance, on artificial intelligence, obviously it will impact a lot of sectors, but we were discussing with a very impressive French medtech in order to help, basically, our doctors for radio and so on, is it possible to have this medtech instead of the doctor? It's absolutely impossible.
What you can do is you can help the doctor, basically, to consume his time at a dedicated and very high added value task. And, instead of looking always the same pictures or the same radios, to be sure that he is focused on the main issue and what can justify 10 years of medicine studies. So, I think this is exactly for me the best evidence of the fact that it would not kill jobs, but it allows you to reduce, sometimes, what is painful in some jobs.
In other sectors, artificial intelligence, like innovation, all these innovations, indeed, kill jobs. And the big change we have to implement can kill jobs. But innovation is also the way to provide new, adapted jobs.
Another example not to just be focused on artificial intelligence, limate change is very often presented as one of the main jobs killer. A lot of people on the planet, sometimes people are particularly obsessed with this issue, but say : "Climate change is not business-friendly." I mean, in dealing with that and having an actual policy to fight against climate change.
It's totally wrong. For instance, plastic and biodiversity. This is an issue.
In France, we have thousands of jobs directly linked to the plastic business. We will have to shift because of biodiversity, because one of the main challenge we have is to stop with this new plastic continent killing the ocean and the Mediterranean sea. So, indeed, we will have to stop with the old plastic industry.
I just saw a French start-up a few minutes ago based on an innovation made in Lyon/Saint-Etienne, in France, creating new kind of plastic. You can dissolve it in a few seconds in water and 100% bio. I mean, and they are creating jobs.
They just opened a new plant precisely to produce this plastic. So, you have the evidence that innovation is the best way to deal with our challenges like climate change, biodiversity, and we create new jobs. The big issue for governments is precisely to highlight this positive part of this change and transition, is to help people to make this transition, to help, I mean, the different parts of your territory to make this transition and to provide training, formation and all what they need to people to go from job A to job B.
This is a transition cost. But the worst answer will be to block the change because of the fears. And what we are living is absolutely normal.
We had a discussion with Jack Ma yesterday evening, he came for the Tech for Good dinner and I want to thank him for that. He fairly raised the fact that each technological revolution led to a war because of the fears and because of the over-representation of fears and divisions in our societies. The big challenge for our democracies everywhere, not just in Europe, is to face these changes and these challenges and to be in a situation to explain our people what is the future state of the world, how could it provide opportunity for you.
Not to be captured by the past models and the past business models and the fears accompanying these past models, but to say: "Some will stay in this situation "because it's sustainable, some will have to change, "but we will be here to accompany you. "Nobody will be left alone. "But we want to go to a new direction "to deal with biodiversity issues, climate change, innovation, new jobs and a better world." This is feasible, this is our common job, this is why I do believe in Tech for Good.
This is the job of, obviously, heads of state and government, but this is the job of tech industry and a lot of CEOs. (Applaudissements) -Pour conclure, peut-être... (Applaudissements) Pour conclure, peut-être, en français, M. le Président : ce match n'est jamais fini, et je rebondis sur la 1re question de Julia.
Mais qu'est-ce qui nous reste à faire pour être certain que nous ne finirons pas comme une colonie numérique des géants américains ou chinois ? -E. Macron : Ah, écoutez.
D'avoir de l'ambition, de l'énergie et de vouloir être les numéros 1. Moi, je pense que quand on est conquérant, on n'a pas un discours défensif, on a un discours de conquête. C'est ce que j'ai vu toute cette matinée une fois encore à VivaTech, c'est ce que je sens.
Et notre pays, il est bousculé par ces peurs un peu paradoxales. Il y a une part de notre pays qui, à juste titre, considère qu'elle ne trouve pas ses perspectives, qui ne voit pas encore le bout du tunnel. Et il y a une part du pays qui commence à le voir, même pour sa propre vie, voit les changements.
La pire des erreurs, ce serait de dire : "On arrête tout." Non. Il faut que nous tous, on arrive à donner à chaque personne dans notre pays, dans nos démocraties, une part, justement, du progrès qu'on est en train de bâtir.
Mais la meilleure façon de réussir, c'est de redoubler d'énergie et d'ambition. Ce dont nous avons besoin, c'est ce que j'ai vu aujourd'hui, c'est ce que vous représentez les uns les autres. C'est-à-dire, il ne faut pas avoir un discours défensif, il ne faut pas dire : "Moi, je ne veux pas "des entreprises chinoises ou des entreprises américaines "ou des investisseurs chinois ou des investisseurs américains." Non, il faut dire : "Nous voulons être les meilleurs du monde !" Les Européens ont inventé la démocratie.
Les Européens ont été au coeur des révolutions industrielles précédentes. Il n'y a aucune fatalité à ce qu'on ne soit pas au coeur de la révolution industrielle à venir. Il y a 5 ans, personne aurait dit qu'on puisse en être là où on en est aujourd'hui.
Personne. On nous aurait ri au nez : "Ce truc des start-up, "c'est très sympathique, ça crée pas vraiment d'emplois. "C'est fait pour des jeunes qui ne veulent pas rentrer... "Ca leur passera.
Ils veulent faire rentrer "dans les grands groupes ou dans la fonction publique. "Tout ça va se terminer rapidement. "Revenons aux fondamentaux." C'était quasiment ça, il y a 5-6 ans.
C'est en train de changer. La France, elle a l'ADN pour ça. L'ADN.
Et avec elle, l'Europe. La France, c'est un pays de créateurs, d'innovateurs. On peut dire : "On est un pays d'écrivains, de peintres, "d'artistes, de grands chefs cuisiniers." On est le pays qui est le plus innovant, qui a cette fièvre de l'innovation.
C'est fait pour le monde de demain. C'est les qualités dont on a besoin pour innover dans les start-up. En Europe, on a des partenaires qui sont parfois meilleurs que nous pour avoir des process extrêmement organisés.
L'Europe est le lieu qui permettra de maximiser les capacités de chacun d'entre nous. Et le monde de demain, c'est un monde de complexité. L'Europe, c'est le plus beau laboratoire à traitement de complexité.
Les gens disent toujours : "Ca va trop lentement." Mais l'Europe, il n'y a pas un espace au monde où vous avez 28 cultures différentes, cultures nationales fortes, peuples avec leurs identités qui non seulement se font plus la guerre depuis 70 ans, mais montent des projets ensemble. Ca n'était jamais arrivé pendant les millénaires précédents.
Ca n'existe nulle part ailleurs dans la planète à ce niveau-là. On est un laboratoire à traitement de la complexité. Et donc pour toutes ces raisons... (Applaudissements) (...) Pour toutes ces raisons la France et l'Europe, c'est le bon tandem pour réussir le monde de demain.
Donc ce qui nous manque, c'est quoi ? Tout ce qu'il nous manque de pratico pratique, les financements et talents, on y arrivera, on les trouvera. Le gouvernement sera à vos côtés, les structures publiques avec les grands investisseurs privés, on fera tout ce qu'on peut pour l'écosystème.
Il y a une chose qui ne nous manque pas, j'en suis convaincu, et qui est notre principale richesse, c'est l'ambition, l'enthousiasme, l'énergie de conquête. Et donc ça, il ne faut pas l'arrêter. Il ne faut pas l'arrêter à l'ornière des peurs.
Nous, on doit collectivement travailler pour que ça se fasse dans le sens du bien commun, que tout le monde y trouve sa part de destin commun et de progrès. Mais moi, je suis convaincu d'une chose : l'Europe peut devenir le leader de la Tech de demain, parce que nous sommes en train de créer la Tech démocratiquement soutenable. Je vous le dis très franchement, et ne sous-estimez pas cela.
Je le dis en toute amitié pour nos amis Chinois. Jack est là, je viens d'en dire du bien. La Chine, elle crée un modèle de Tech qui est très puissant, elle a un milliard, plus d'un milliard de marchés domestiques.
Elle se répand dans le monde, elle va devenir...
Moi, je ne fais pas partie du tout de ceux qui disent : "Il faut faire la guerre à la Chine." Au contraire, il ne faut pas être naïf. On doit protéger notre propriété intellectuelle, on doit se respecter, et on est sur cette base-là.
Mais la Chine a un modèle qui est très stato-centrée, où le gouvernement a une part très importante, et qui n'a pas nos référentiels en termes de libertés individuelles, qui n'a pas nos référentiels en termes de droits de l'homme, et ça se respecte, mais c'est ce qui crée aussi les limites de ce modèle dans son expansion mondiale. Les Etats-Unis sont un continent formidable, et vous avez raison de dire qu'il y a des formidables acteurs. Beaucoup sont là, investissent en France, en Europe, on veut les avoir avec nous.
Mais ils ont un modèle aujourd'hui qui est complètement conduit, piloté, par des grands acteurs privés, et donc qui, en quelque sorte, n'est plus sous contrôle démocratique, et il n'y a plus un gouvernant aux Etats-Unis qui peut vous garantir sur le respect de votre vie privée, qui peut vous garantir sur des vrais politiques comme le changement climatique ou autres. Nous sommes en train de bâtir en Europe un modèle compétitif d'innovation, de création de richesses, de talents, dans tous les secteurs qu'on a vus, qui est démocratique et mû par le bien commun. C'est-à-dire où le dialogue est permanent avec les gouvernements, où les gouvernements sont business friendly, mais créent une régulation pour accompagner le changement climatique, nos objectifs de biodiversité, la protection de la vie privée, et donc le seul qu'on pourra, dans la durée, expliquer à nos concitoyens.
Le seul qui permet de dire à des compagnies qui créent plein d'opportunités pour des jeunes qui vivent en banlieue, qu'ils peuvent devenir chauffeur. Si vous voulez continuer à développer le business en France et en Europe, il faut aussi qu'il ait des droits sociaux qui vont avec. Parce que sinon, vous allez créer des problèmes avec les autres entreprises où il y a des droits sociaux, et ces gens-là, ils ne seront pas heureux demain.
C'est le modèle européen. Et je crois que c'est le seul qui est soutenable dans des sociétés démocratiques. C'est une chance inouïe.
Donc il y a des choses sur lesquelles on est en retard, on va les rattraper, parce que vous avez de l'énergie et moi aussi, mais il y a des choses où on est déjà en avance, et il ne faut pas l'oublier. La conquête. -Merci pour ces messages d'espoir.
Merci. (Applaudissements) (...) Merci à tous. (Applaudissements) (...) (Propos inaudibles) -Thank you, President Macron. (Applaudissements) Thank you one more time. -E.
Macron : Thank you. Thank you so much.
Emmanuel Macron