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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 4 octobre 2021 5 minComplaisantPortrait personnelCulture, médias & sport

Les invités : Franz-Olivier Giesbert et Jean-Louis Borloo - C à Vous - 04/10/2021

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Temps de parole

  • Invité57 %
  • Jean-Louis Borloo22 %
  • Présentateur13 %
  • Invité 28 %

9,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Ancien ministre, ancien avocat de Bernard Tapie, son ami depuis 44 ans. Je n'ai pas oublié une année ?

0:06
Jean-Louis Borloo

Non, je n'ai pas oublié, j'aurais bien fait 45. Oui.

0:11
Présentateur

Vous disiez que Bernard Tapie était comme un frère pour vous ?

0:15
Jean-Louis Borloo

Oui, enfin, c'est une expression. Oui, je le considérais comme ça. On peut dire que c'était un intime, quand même. C'était la famille, un peu. Oui, mais vous savez, il y a des gens que vous le considérez absolument comme ça. Vous rentrez dans la revue ou ils rentrent dans la vôtre, peu importe. Et puis, c'est instantané. C'est sans raison bourré de... Je l'ai vu arriver dans mon bureau, j'ai vu arriver de la lumière. J'ai vu arriver de la chaleur. J'ai vu arriver à... Qui commençait, on ne se connaissait pas, à me raconter des trucs absolument inouïs. En me racontant que l'écor HSA, que le faveau, moi, peu importe. Et oui, et ensuite, on a tout traversé ensemble.

Toutes les affaires jusqu'à avant Adidas. On avait un avion ensemble, le Bokassa. On avait un club de foot chacun. Et on a occupé le même portefeuille ministériel, la même chaise, le même... Je veux dire, c'est... En gros, moi, j'ai eu de la chance et j'ai eu un peu de facilité. Et lui, il avait du talent et du génie, ce qui fait la différence entre l'un et l'autre. Voilà.

1:24
Présentateur

Un frère dont vous avez salué l'ultime combat contre le cancer, qu'il avait décidé de ne pas cacher. Même affaibli, fin avril dernier, Bernard Tapie avait tenu à témoigner sur le plateau du 20h de TF1.

1:33
Invité

Il faut que chacun trouve le mobile de son combat. Celui qui est universel, c'est d'arrêter de faire souffrir ceux qui sont autour de nous. Parce qu'eux aussi souffrent. Vous comprenez ? Alors, moi, je crois qu'on n'a pas... Comment ? On n'a pas à se vanter de trouver le courage. On a à avoir honte de ne pas l'avoir. Et il faut l'avoir. Il est à la portée de tout le monde.

2:00
Présentateur

Vous lui avez rendu visite jusqu'à très récemment dans son hôtel particulier de la rue des Saint-Père. Et jusqu'au bout, on aurait dit qu'il menait une vie tout à fait normale.

2:10
Invité

Ouais, c'était incroyable. Parce que moi, j'ai connu, évidemment, beaucoup de cancéreux, vu mon grand âge. Ma mère, Mitterrand. Et ce sont des bureaux qui sont toujours pleins de médicaments, de seringues, il y a des infirmiers, etc. Vous alliez chez lui, et attention, même de manière plus intime, dans le bureau à l'étage, que tu connais, il n'y avait pas de signe, c'est-à-dire qu'il n'y avait pas de médicaments. Et la raison est très simple. C'est qu'il essayait de lutter, comment dire, avec ses propres armes, avec ses propres mains contre le cancer. À l'énergie. À l'énergie, c'est-à-dire qu'il avait un truc incroyable. Les escaliers. Il appelait, je fais des escaliers, t'as dû entendre ça.

Je fais des escaliers. Il montait, il descendait des escaliers. Une quarantaine de kilos, c'était affreux. Il était tellement maigre. Mais pour tenir, pour résister, parce que la force physique, c'est important. Il y a l'anecdote que je raconte, que va raconter son fils, Laurent Tapie, qui rentre pour le voir après son opération. Et qu'est-ce qu'il voit dans le lit ? Il voit un type qui est en train... En fait, il faisait des pompes. Des pompes à l'envers, mais il faisait des pompes. C'est-à-dire, c'est ça, Tapie. C'est-à-dire, en permanence, la forme physique, c'est un sportif. Il faut bien voir. Donc, il va aborder le combat du cancer un peu comme un sportif.

Et après, ce qui est intéressant, c'est que, comme il dit toujours, j'ai besoin des gens, j'ai besoin des autres. Ce combat, je les ai menés avec les autres. Mais aussi, il a le côté chef d'équipe. Et donc, sans arrêt, il disait aux gens, je voyais bien, ou il recevait énormément de courriers d'ailleurs, et il disait, attention les antidouleurs, attention les antidouleurs, ne prenez pas tout de suite les antidouleurs. Les antidouleurs, c'est pour la fin.

3:34
Présentateur

C'est-à-dire qu'il avait beaucoup de courriers de soutien auxquels il répondait ?

3:37
Invité

Oui, bien sûr. C'est-à-dire qu'il avait... Mais c'est quelqu'un qui, comment dire, il mène des combats et il est sur le collectif. Moi, je reviens toujours à l'idée du sportif. C'est-à-dire, les gens ne comprennent pas souvent Tapie parce qu'il peut être très brutal, très violent. Moi, je... Enfin, peut-être pas toi parce que tu étais un intime. Moi, t'es un pote, j'en ai pris plein la gueule, on s'engueule et c'était épouvantable, il montait dans les tours. Vous êtes obligés de répondre si vous avez un peu de dignité, mais arrête tes conneries, mais qu'est-ce que t'es con, mais arrête, etc. Et c'était plus des conversations, je dirais, de vestiaires, vous voyez ?

Ça n'avait aucune espèce de gravité parce que ça se termine avec des embrassades. Les vestiaires, vous savez, quand on a joué, on a mal joué, on s'engueule, mais toi, espèce de connard, tu vas voir. Bon, c'était comme ça quand on était gosse. Lui, il faut bien voir qu'il a été éduqué, en fait, au parc municipal du Bourget, parce que son taudis, là où il a passé son enfance, les 20 mètres carrés, où il était quatre, ses deux parents, son frère cadet et lui, il était juste en face du stade municipal du Bourget et il y passait sa vie à jouer au foot, à faire des tas de trucs, la piscine, etc.

4:35
Présentateur

Il continuait à jouer collectif, y compris à répondre au téléphone et à donner des conseils.

4:40
Invité

Mais c'était fou, c'était fou.

4:42
Présentateur

Voir aller rencontrer Emmanuel Macron, le président.

4:44
Invité

Oui, mais c'est-à-dire...

4:46
Présentateur

Pour lui donner des conseils, lui prodiguer des conseils.

4:48
Invité

Le cancer, le bouffer de partout, il était là, enfin, il faut réformer ce pays, mais c'est plus possible. Mais attendez, il faut De Gaulle, enfin, il était toujours passionné par la vie publique. Alors que, bon, souvent, on a connu ça autour de soi, il y a un moment donné, on ferme les grilles et puis voilà, et on se retire un peu. Lui, jusqu'au dernier moment, il était dans le monde, dans l'actualité, il vous téléphonait pour... Est-ce que tu as vu ce truc qui n'avait rien à voir, ni avec la maladie, ni avec rien ? Mais c'était parce que c'était une actualité forte.