Vérité et transparence : l'appel de Xavier Bertrand - C à Vous - 28/01/2021
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:06OuverteRéponse directe
C'est-à-dire que le président veut encore prendre un peu de temps avant de prendre ses décisions. Il veut attendre les derniers résultats des études pour savoir exactement quel est le niveau de la circulation des variants en France.
- 1:17RelanceRéponse partielle
Mais ils ne devraient plus attendre. En fait, c'est trop long, là.
- 2:18OuverteRéponse directe
Est-ce que vous comprenez que le pouvoir puisse hésiter à prendre de nouvelles mesures traumatisantes si, comme c'était dit encore ces dix derniers jours, elles pouvaient éventuellement être évitées si le couvre-feu généralisé à 18h pouvait faire effet ?
- 3:25OuverteRéponse directe
Ils peuvent tout entendre, même si vous avez constaté sur le terrain qu'ils sont à bout.
- 4:36RelanceRéponse directe
Vous pensez vraiment qu'on peut connaître tout ce qui se dit en Conseil de défense ? Parce que peut-être qu'il n'y a pas autant de certitudes que ça du côté des scientifiques.
- 6:51OuverteRéponse directe
C'est votre majorité qui l'a un peu amoindri ou affaibli avec la création des agences régionales de santé ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:00Invité politiqueFait
« Ce qu'il faut pour conduire une crise aussi importante que celle-ci, jamais vue, c'est jouer la carte de la vérité et de la transparence. »
- 0:06Invité politiqueFait
« Les éléments qui sont en conseil de défense, je demande qu'ils soient sur la place publique pour que l'on sache exactement contamination ou pas dans les écoles. »
- 0:14Invité politiqueFait
« Par exemple, on nous a fait fermer les restaurants. Je suis président de région, mes cantines scolaires sont encore ouvertes, même avec des règles de distanciation. »
- 0:30Invité politiqueFait
« Ce qui permettra d'ailleurs de davantage adhérer. Mais je vous l'ai dit à l'instant, si un confinement est décidé, quel qu'il soit, il faudra qu'on le respecte. »
- 1:43Invité politiqueFait
« Et la date, d'ailleurs, regardez autour de nous. Nombre de pays ont décidé de confiner. Nous ne sommes pas une île. Donc on sait pertinemment que ce variant anglais, à partir du moment où il est là, dès qu'il prend de l'élan, il court très vite. »
- 2:33Invité politiqueFait
« Bien sûr que c'est difficile. Bien sûr que c'est difficile. Moi, j'ai eu à gérer des crises sanitaires, mais jamais d'une telle ampleur. D'ailleurs, aucun dirigeant n'a eu à affronter telle crise. »
- 2:43Invité politiqueFait
« Les seules situations qui sont plus délicates que celles-ci, c'est en temps de guerre. »
- 3:00Invité politiqueFait
« Vous me parliez des écoles. On est en train de nous dire, mais on va prolonger. Appelons un chat un chat. »
- 3:13Invité politiqueFait
« Jean-Michel Blanquer, il semble-t-il hostile. C'est ce qu'il a dit. »
- 3:30Invité politiqueFait
« C'était dit tout à l'heure dans le reportage avec Didier Raoult. C'est vrai que d'un point de vue moral, d'un point de vue psychologique, on n'en peut plus. »
- 4:03Invité politiqueFait
« Il ne se contente pas de déposer le courrier. Il sonne parce qu'il y a des gens qui sont en larmes. »
- 4:52PrésentateurChiffre
« Les données pourraient prêter à confusion, ajouter au trouble des Français. Il faut continuer à avoir ces débats-là sur la place publique ? »
- 5:00Invité politiqueFait
« Mais ils ont lieu sur la place publique. Mais il y a une cacophonie. Matin, midi et soir. Il y a 36 000 responsables. Il y a 3 responsables officiels. »
- 5:15Invité politiqueFait
« Quand on a eu à affronter les situations de grippe aviaire, c'était un délégué interministériel. »
- 5:27Invité politiqueFait
« à partir du moment où ça dépassait le seul cadre de la Santé, c'était le ministère de l'Intérieur qui prenait la main et qui organisait. »
Temps de parole
- Xavier Bertrand87 %
- Présentateur7 %
- Invité5 %
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Ce qu'il faut pour conduire une crise aussi importante que celle-ci, jamais vue, c'est jouer la carte de la vérité et de la transparence. Les éléments qui sont en conseil de défense, je demande qu'ils soient sur la place publique pour que l'on sache exactement contamination ou pas dans les écoles. Par exemple, on nous a fait fermer les restaurants. Je suis président de région, mes cantines scolaires sont encore ouvertes, même avec des règles de distanciation. C'est cette question du bon sens qui doit guider les choix et je pense que les éléments scientifiques doivent être rendus publics. Ce qui permettra d'ailleurs de davantage adhérer.
Mais je vous l'ai dit à l'instant, si un confinement est décidé, quel qu'il soit, il faudra qu'on le respecte. Et je suis persuadé qu'à une très très large majorité, la casu d'unanimité, les Français le feront. La seule chose qui leur manque aujourd'hui, c'est les perspectives. Le bout du tunnel, c'est quand ? Comment on se projette ? Et c'est ça aujourd'hui toute la difficulté. Et puis surtout, qu'on arrête avec le supplé chinois. Parce qu'on pensait qu'en début de semaine, on aurait des annonces. Au fur et à mesure, on nous prépare. Mais on sait tout entendre. Les Français savent tout comprendre. Mais qu'on leur dise les choses clairement.
C'est-à-dire que le président veut encore prendre un peu de temps avant de prendre ses décisions. Il veut attendre les derniers résultats des études pour savoir exactement quel est le niveau de la circulation des variants en France. Mais ils ne devraient plus attendre. En fait, c'est trop long, là.
Mais nos concitoyens, aujourd'hui, n'en peuvent plus. Que ce soit tout simplement pour savoir le week-end prochain, qu'est-ce qu'on peut faire ? Il faut se dépêcher d'aller voir. C'est la question que je me pose. Je pense qu'il faut aller voir les proches parce qu'on ne pourra pas les revoir pendant trois semaines ou pendant un mois. Je ne parle même pas de ceux qui ont prévu de partir en vacances. C'est de savoir. Même si on comprend qu'on ne puisse pas tout savoir, mais qu'on sache le maximum. Et la date, d'ailleurs, regardez autour de nous. Nombre de pays ont décidé de confiner. Nous ne sommes pas une île.
Donc on sait pertinemment que ce variant anglais, à partir du moment où il est là, dès qu'il prend de l'élan, il court très vite. Et donc ce qu'il faut faire, c'est freiner sa progression avant que nous ne soyons dépassés. C'est les variants qui changent aujourd'hui complètement la donne. Parce qu'on ne pensait pas, après novembre, avec en plus les Français qui ont vraiment joué le jeu pour les fêtes de fin d'année. C'était compliqué. On a réduit le nombre d'invités pour Noël. Au jour de l'an, on l'a fait vraiment sans voir qui que ce soit. Donc tout le monde a joué le jeu. Et là, c'est le variant qui change cette donne.
Est-ce que vous comprenez que le pouvoir puisse hésiter à prendre de nouvelles mesures traumatisantes si, comme c'était dit encore ces dix derniers jours, elles pouvaient éventuellement être évitées si le couvre-feu généralisé à 18h pouvait faire effet ?
Bien sûr que c'est difficile. Bien sûr que c'est difficile. Moi, j'ai eu à gérer des crises sanitaires, mais jamais d'une telle ampleur. D'ailleurs, aucun dirigeant n'a eu à affronter telle crise. Les seules situations qui sont plus délicates que celles-ci, c'est en temps de guerre. Mais là, aujourd'hui, je reste intimement convaincu que pour susciter l'adhésion, le respect des consignes, c'est encore une fois cette idée de dire la vérité et de jouer au maximum la transparence. Les Français peuvent tout entendre, tout comprendre. Vous me parliez des écoles. On est en train de nous dire, mais on va prolonger. Appelons un chat un chat.
Ça veut donc dire dans ces cas-là qu'il faut certainement fermer les écoles une semaine ou deux semaines de plus parce qu'il va y avoir les vacances scolaires. Jean-Michel Blanquer, il semble-t-il hostile. C'est ce qu'il a dit. Mais si on étend une semaine, comme l'a dit le porte-parole du gouvernement, c'est la même chose. Mais il faut dire les mots. Les Français peuvent tout entendre. Et les respecter, c'est aussi leur dire les choses le plus clairement possible.
Ils peuvent tout entendre, même si vous avez constaté sur le terrain qu'ils sont à bout.
C'était dit tout à l'heure dans le reportage avec Didier Raoult. C'est vrai que d'un point de vue moral, d'un point de vue psychologique, on n'en peut plus. On n'en peut plus. La question qui se pose aujourd'hui, c'est qu'il y a déjà les victimes du Covid en soi. Ceux qui ont perdu des proches, ceux qui ont été affectés, et puis il y a aussi quelque chose qui fait des ravages. C'est l'isolement. L'isolement est ravageur. Les personnes âgées... J'étais ce matin à Boulogne-sur-Mer et je discutais avec un facteur qui me disait qu'il est la seule personne qui, bien souvent, pousse la porte. Il ne se contente pas de déposer le courrier. Il sonne parce qu'il y a des gens qui sont en larmes.
Et n'oublions pas non plus la situation des jeunes. Les étudiants, on en a beaucoup parlé. Mais tous les jeunes qui sont aujourd'hui dans... On ne peut pas se serrer dans les bras. On ne peut pas s'embrasser. On ne peut pas se côtoyer. Même faire du sport dans un club ou autre, c'est aujourd'hui pas possible. Et encore une fois, ça va faire un an que ça dure. Nous ne sommes pas le seul peuple au monde. Mais c'est cette perspective de ne pas voir le bout du tunnel. Et c'est pour ça qu'il faut dire le maximum de choses et jouer encore cette carte de la transparence. C'est vraiment essentiel.
Vous pensez vraiment qu'on peut connaître tout ce qui se dit en Conseil de défense ? Parce que peut-être qu'il n'y a pas autant de certitudes que ça du côté des scientifiques. Les données pourraient prêter à confusion, ajouter au trouble des Français. Il faut continuer à avoir ces débats-là sur la place publique ?
Mais ils ont lieu sur la place publique. Mais il y a une cacophonie. Matin, midi et soir. Il y a 36 000 responsables. Il y a 3 responsables officiels. Mais bon sang, mais il n'y en est qu'un qui parle. Qu'il n'y en est qu'un qui parle. Et puis Conseil de défense... Il fait ça le président de la République ? Ou le ministre de la Santé. Ou le ministre de la Santé. Même si je pense que depuis bien longtemps, c'est un autre ministère que le ministère de la Santé qui aurait dû gérer tout cela. Quand on a eu à affronter les situations de grippe aviaire, c'était un délégué interministériel.
Et d'ailleurs, dans les plans pandémiques qui avaient été préparés, en 2006 notamment, j'avais eu à les préparer sous l'autorité de Jacques Chirac, à partir du moment où ça dépassait le seul cadre de la Santé, c'était le ministère de l'Intérieur qui prenait la main et qui organisait. Et si tel était le cas, nous n'aurions pas connu les difficultés que nous avons connues avec les agences régionales de santé immenses, mais qui sont moins en mesure de gérer les dossiers qu'un préfet qui, lui, dépend du ministère de l'Intérieur. Et puis le ministère de la Santé, l'administration du ministère de la Santé, pas les soignants, c'est un ministère traumatisé.
Traumatisé depuis bien longtemps par notamment le sang contaminé. C'est un ministère qui aujourd'hui n'a pas l'infrastructure nécessaire pour pouvoir tout piloter. Il y a eu cette forme, à un moment donné, de responsabilité qui a pesé sur nombre de fonctionnaires. Et c'est un ministère, je vous l'assure, je l'ai dirigé pendant de nombreuses années, qui n'est pas forcément en mesure d'affronter ces crises. Les soignants savent gérer les crises. Les soignants. Mais les technocrates du ministère de la Santé, ça n'est pas le cas. La direction générale de la Santé ? Pas seulement. Pas seulement.
Et puis il y a aussi un autre aspect qui est très important, c'est que c'est les remontées d'informations. Quand j'étais en charge, notamment, j'ai eu à gérer la canicule de 2006. Vous savez comment j'avais l'air monté de terrain ? Par Patrick Pelou. C'est lui qui nous aide dans tel ou tel établissement. Il y avait un problème. Et parfois, quand je demandais à certains responsables, pas à tous, c'est sous contrôle, monsieur le ministre. Tout va bien. Or, la réalité du terrain est différente. Donc c'est un ministère où les gens sont formidables pour soigner, mais pour organiser, ça n'a pas la même efficacité que le ministère de la Nouvelle-France.
C'est votre majorité qui l'a un peu amoindri ou affaibli avec la création des agences régionales de santé ?
C'est vrai. C'était le cas en 2007. Moi, j'ai toujours été plus fanat des agences régionales d'hospitalisation, qui avaient un champ beaucoup moins large, qui ne s'occupaient que de l'hôpital. Et là, le problème, c'est que la question de la course à la taille, du gigantisme, parfois, ce n'est pas génial pour l'efficacité. Et d'ailleurs, il faudra tirer tous les enseignements de ce qui vient de se passer. Tous. Nous.
Nous. Nous. Nous. Nous.
Xavier Bertrand