L'impact de la guerre en Ukraine sur les prix des matières premières et sur la campagne présidentielle : le "8h30 franceinfo" de Jean-Baptiste Moreau
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Jean-Baptiste Moreau, vous étiez tout à l'heure aux côtés du président de la République lorsqu'il est arrivé au salon de l'agriculture à 7h15. Il y est encore. Dans quel état d'esprit vous l'avez trouvé ?
- 1:24OuverteRéponse directe
Les agriculteurs eux-mêmes, vous êtes vous-même au salon depuis hier, vous êtes avec les différents métiers des agricoles. Ils sont eux-mêmes dans quel état d'esprit les agriculteurs ?
- 2:19OuverteRéponse directe
Jean-Baptiste Moreau, quand vous dites effectivement qu'il sera président jusqu'au dernier quart d'heure, en tout cas jusqu'à vendredi prochain, 4 mars, on va dire, c'est cette date butoir. Donc le président devrait se déclarer d'ici cette date et sans doute après le débat qui va se tenir au Parlement, à l'Assemblée nationale, sur l'Ukraine, mardi prochain.
- 4:10OuverteRéponse directe
En tout cas, on peut se demander aussi comment on peut faire campagne dans une telle situation, quelle que soit la date.
- 5:09OuverteRéponse directe
Jean-Baptiste Moreau, vous parlez de débat. Mais par exemple, vous le savez, on a eu confirmation cette semaine que tout avait été organisé pour un meeting à Marseille le 5 mars, c'est-à-dire samedi prochain. Est-ce que dans ce contexte, aujourd'hui, on peut imaginer le président de la République, le président candidat en meeting ?
- 7:46OuverteRéponse directe
Jean-Baptiste Moreau, qu'est-ce que vous craignez le plus ? L'envolée des prix du gaz qui va avoir un impact sur l'engrais ? L'envolée du prix de l'énergie qui va avoir un impact sur toutes les exploitations agricoles ? On va dire un ralentissement du commerce mondial ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:31Invité politiqueFait
« Ça change tout, évidemment, qu'on ne peut pas faire campagne comme on aurait fait campagne si elle n'était pas là. »
- 2:44Invité politiqueFait
« Le président l'a rappelé ce matin, c'est parti pour durer, ça n'a hélas pas duré que quelques jours. »
- 3:02Invité politiqueFait
« Je sais qu'il a eu le président ukrainien encore ce matin au téléphone. »
- 8:11Invité politiqueFait
« En France, on produit des céréales largement assez pour notre marché, voire on en exporte. »
- 8:52Invité politiqueFait
« l'Ukraine est le troisième producteur de maïs, et le quatrième producteur de céréales, la Russie est le premier exportateur de céréales, il y a effectivement un risque de spéculation sur les marchés, de pénurie, mais pas chez nous, plutôt en Afrique du Nord et au Maghreb. »
- 9:09Invité politiqueFait
« les prix vont monter. »
- 10:00Invité politiqueFait
« aujourd'hui, on a quand même des stocks stratégiques au niveau européen qui nous permettent de faire face. »
- 10:44Invité politiquePromesse
« le président a annoncé ce matin un grand plan de résilience à la fois français et européen, avec notamment des financements européens, pour justement accompagner ces conséquences de la crise qui risque de durer comme il l'a annoncé ce matin. »
- 11:42Invité politiqueFait
« le gouvernement a tout fait pour limiter, justement, ces hausses, déjà, au niveau de l'énergie, puisque le prix du gaz est bloqué, le prix d'électricité aussi. »
- 11:52Invité politiqueChiffre
« on a limité l'augmentation du prix du gaz à 4%. »
- 13:11Invité politiqueFait
« On a obligé à la contractualisation sur la base des indicateurs de coût de production. »
- 13:46Invité politiqueFait
« La loi EGalim, elle a juste été votée en fin d'année dernière. Donc, elle rentre juste en application là. »
- 13:51Invité politiqueFait
« EGalim 2. »
- 13:53Invité politiqueFait
« EGalim 1 a été votée en octobre 2018 puisque j'étais le rapporteur. »
- 15:56Invité politiqueFait
« l'agriculteur est là pour nourrir la population et il la nourrit le plus sainement au monde puisque l'agriculture française a été reconnue comme la plus durable du monde. »
Temps de parole
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- Invité21 %
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- Présentateur 29 %
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France Info en direct du salon de l'agriculture, percuté évidemment par l'invasion russe de l'Ukraine. Mais tout à l'heure, le président de la République était là, il s'est adressé aux agriculteurs. Il a assez peu parlé finalement de cette opération militaire russe en Ukraine, si ce n'est pour dire qu'elle allait probablement durer et qu'elle aurait des conséquences sur l'agriculture française. Bonjour Jean-Jérôme Bertolus. Bonjour Hercine. L'invité du 8.30 France Info ce matin, c'est Jean-Baptiste Moreau. Bonjour à vous. Bonjour. Vous êtes agriculteur, député de la Creuse et porte-parole de la République En Marche.
Alors Jean-Baptiste Moreau, vous étiez tout à l'heure aux côtés du président de la République lorsqu'il est arrivé au salon de l'agriculture à 7h15. Il y est encore. Dans quel état d'esprit vous l'avez trouvé ?
Alors l'état d'esprit globalement, c'est un sentiment de lourdeur. L'ambiance est excessivement lourde et dramatique. Donc il est pleinement mobilisé sur cette crise et les éleveurs et les agriculteurs sont particulièrement touchés qu'il ait pris le temps de venir ne serait-ce que quelques heures sur le salon cette année. Puisque vu les circonstances, c'est vraiment très très compliqué. Il est très concerné et très à sa tâche.
Et alors effectivement, on est au salon de l'agriculture. Il a même dit que c'est le salon des retrouvailles. Les agriculteurs eux-mêmes, vous êtes vous-même au salon depuis hier, vous êtes avec les différents métiers des agricoles. Ils sont eux-mêmes dans quel état d'esprit les agriculteurs ?
Ils sont comme tous les français, ils sont excessivement inquiets et pas inquiets uniquement par rapport à leur métier, par rapport au coût des matières premières, mais inquiets parce que la guerre est aux portes de l'Europe, voire est en Europe, puisqu'on peut considérer que l'Ukraine est en Europe. Donc ils sont excessivement inquiets. Et effectivement, j'étais là hier soir déjà, j'étais ce matin et leurs questions, elles tournent principalement à qu'est-ce qui va se passer, est-ce que ça va durer. Voilà, ils sont vraiment très inquiets sur cette crise et sur cette guerre, bien au-delà du cadre de leur profession.
Et Hercine Leboïc, je le rappelais, vous êtes porte-parole de La République En Marche. Ça veut dire que cette guerre, ce dramatique conflit, change l'élection présidentielle ?
Ça change tout, évidemment, qu'on ne peut pas faire campagne comme on aurait fait campagne si elle n'était pas là. Le président l'a rappelé ce matin, c'est parti pour durer, ça n'a hélas pas duré que quelques jours. Donc il va falloir s'adapter, il va falloir faire campagne certainement différemment. Et le président de La République, aujourd'hui, il doit être... Alors il avait déjà dit qu'il serait à sa tâche jusqu'au dernier quart d'heure, mais c'est d'autant plus vrai aujourd'hui, où il ne peut pas faire autrement que de s'impliquer pleinement dans cette guerre. Je sais qu'il a eu le président ukrainien encore ce matin au téléphone. Donc il est vraiment entièrement dédié à cette tâche.
Il a quand même pris le temps de venir parler aux agriculteurs. Il leur a parlé des perspectives. Il leur a aussi dit que l'État et l'Europe seraient là à leur côté pour faire face aux conséquences. Mais on a tous, ce matin, des yeux tournés vers Kiev et une pensée pour le peuple ukrainien dans son ensemble.
Jean-Baptiste Moreau, quand vous dites effectivement qu'il sera président jusqu'au dernier quart d'heure, en tout cas jusqu'à vendredi prochain, 4 mars, on va dire, c'est cette date butoir. Donc le président devrait se déclarer d'ici cette date et sans doute après le débat qui va se tenir au Parlement, à l'Assemblée nationale, sur l'Ukraine, mardi prochain.
Oui, probablement, c'est lui qui choisira la date où il l'annonce. Mais je ne dirais pas parce qu'aujourd'hui, dans le contexte actuel, c'est quasiment un non-événement. Aujourd'hui, les événements sont tellement importants. On a une guerre aux portes de l'Europe. Savoir quand est-ce qu'il sera candidat, à la limite, peu importe. Aujourd'hui, il faut faire en sorte que cette crise s'arrête le plus vite possible et le plus rapidement possible.
En tout cas, on peut se demander aussi comment on peut faire campagne dans une telle situation, quelle que soit la date.
Bien sûr, mais ça va être compliqué pour tout le monde. Ça va être compliqué aussi pour les autres candidats. Je vois bien, aujourd'hui, tout le monde se pose la question sur quel thème. On voit bien l'esprit des Français et de nos concitoyens. Il est entièrement tourné sur ce qui se passe en Ukraine. Donc c'est excessivement compliqué de faire campagne sur d'autres thématiques. Donc campagne à minima, alors. Mais il va falloir quand même qu'il y ait un débat démocratique parce que c'est important. C'est une échéance importante pour notre pays. Et puis il n'y aurait rien de pire dans une démocratie qui est à peu près tout ce qu'exècre M.
Poutine, de boycotter ces débats-là parce qu'ils sont importants dans la vie démocratique de notre pays. Les Français ont besoin de voir les différentes visions qui se présentent à eux. Et voilà, il faut surtout que notre démocratie, elle continue son chemin. Justement, c'est le meilleur moyen de répondre à M. Poutine qui exècre la démocratie.
Jean-Baptiste Moreau, vous parlez de débat. Mais par exemple, vous le savez, on a eu confirmation cette semaine que tout avait été organisé pour un meeting à Marseille le 5 mars, c'est-à-dire samedi prochain. Est-ce que dans ce contexte, aujourd'hui, on peut imaginer le président de la République, le président candidat en meeting ?
J'en sais rien. Honnêtement, on ne sait déjà pas ce qui va se passer dans 3 heures. Donc une semaine, ça semble excessivement loin. Je veux dire, samedi prochain, je ne sais pas où on en sera. On ne sait pas où on en sera déjà cet après-midi. Donc je pense que c'est vraiment trop tôt pour parler de ce qui va se passer ou pas se passer, ou s'il y aura des meetings ou pas des meetings. Aujourd'hui, on n'est vraiment pas dans cette optique-là.
Bon, une chose est sûre en tout cas, c'est qu'à 9h moins 20 sur France Info, c'est le fil Info. Et c'est maintenant Jean-Baptiste Moreau. On se reparle juste après les toutes dernières infos. En bref, avec Diane Ferschit. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky affirme que ses partenaires occidentaux vont livrer de nouvelles armes à son pays. Il appelle ce matin à continuer à se battre et à défendre la capitale Kiev au cœur des combats. En ce moment, un missile a frappé un immeuble résidentiel, indique les secours. Sur place, on ignore s'il y a des victimes. La guerre revient en Europe.
Nous nous voyons aujourd'hui dans un contexte grave et historique, a déclaré Emmanuel Macron un peu plus tôt au Salon de l'Agriculture, 58e édition, qui vient d'ouvrir porte de Versailles à Paris, avec donc un bref passage du président de la République cette année. Bref, en raison de cette situation en Ukraine, une guerre qui durera, dit le chef de l'État, avec des conséquences aussi pour notre agriculture. L'Ukraine est un gros producteur de blé. Au niveau international, sans surprise, la Russie a opposé son veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU. Un texte qui déplorait l'agression de l'Ukraine par Moscou et lui demandait de retirer immédiatement ses troupes du pays.
C'est dans ce contexte que l'ancien Premier ministre François Fillon dit qu'il va démissionner de ses mandats dans des conseils d'administration de deux grandes entreprises russes. Une décision qu'il dit prendre avec tristesse. Décision saluée par la candidate LR à la présidentielle Valérie Pécresse. Le sacre d'illusions perdues. Cette récompense au total pour le long métrage de Xavier Giannoli, dans celui de Meilleur film. Hier soir au César, le César de Meilleur acteur va à Benoît Magimel pour son rôle dans Deux sons vivants. Celui de Meilleur actrice à Valérie Lemercier dans Aline. Léo Scarax, quant à lui, reçoit la statuette de Meilleur réalisateur pour son long métrage Annette.
France Info.
En direct du Salon de l'agriculture, Ersine Lebovitch.
Avec Jean-Jérôme Bertolus et c'est Jean-Baptiste Moreau qui est l'invité du 830 France Info ce matin.
Député de la Creuse, porte-parole de La République En Marche. Alors bien sûr, la guerre va avoir des répercussions sur les consommateurs français, sur l'agriculture française. Jean-Baptiste Moreau, qu'est-ce que vous craignez le plus ? L'envolée des prix du gaz qui va avoir un impact sur l'engrais ? L'envolée du prix de l'énergie qui va avoir un impact sur toutes les exploitations agricoles ? On va dire un ralentissement du commerce mondial ?
Globalement, là où on peut rassurer les Français, c'est qu'il n'y aura pas de pénurie. En France, on produit des céréales largement assez pour notre marché, voire on en exporte. On l'a bien vu au moment de la pandémie, et d'ailleurs c'est aussi pour ça que le Président voulait venir ce matin, pour remercier l'agriculture d'avoir tenu tout au long de cette pandémie, d'avoir permis justement qu'il n'y ait aucune rupture dans l'approvisionnement alimentaire de notre pays.
Il a reparlé de la souveraineté, des nécessités, particulièrement dans le contexte actuel, de souveraineté agricole et de souveraineté alimentaire, parce qu'on voit bien, on n'est pas souverain au niveau de l'énergie, on voit bien les conséquences que ça peut avoir. Rien ne serait plus dramatique qu'une perte de souveraineté au niveau alimentaire, et elle nous menace aujourd'hui, pour être tout à fait clair.
Donc sur les craintes, bien sûr, l'augmentation du coût des matières premières, il va y avoir de la spéculation, l'Ukraine est le troisième producteur de maïs, et le quatrième producteur de céréales, la Russie est le premier exportateur de céréales, il y a effectivement un risque de spéculation sur les marchés, de pénurie, mais pas chez nous, plutôt en Afrique du Nord et au Maghreb, qui sont des principaux clients aujourd'hui de la Russie, avec une montée effectivement du prix des céréales, qui risque de pénaliser notamment les filières porcs, par contre chez nous, qui utilisent beaucoup de céréales, et donc les prix vont monter.
Et Jean-Baptiste Moreau, sans faire de catastrophisme, est-ce qu'il ne peut pas, vous parlez effectivement de souveraineté alimentaire, vous dites qu'il n'y aura pas de pénurie pour les consommateurs français, mais ce qui ne pourrait pas y avoir, Ercine Lebovich le rappelait, les mots du président, c'est que cette guerre va durer, est-ce qu'il ne pourrait pas y avoir une chute de la production agricole, compte tenu du prix des engrais, compte tenu encore une fois du prix de l'énergie, et effectivement, vous parlez des céréales, les céréales qui nourrissent les bêtes dans les différentes écrasations.
Effectivement, il y a quand même un risque à ce niveau-là, parce que l'Ukraine est un des principaux pourvoyeurs des matières premières qui composent des engrais, je pense notamment au phosphate et à d'autres types de molécules, et effectivement, si on n'a pas d'engrais, on diminue les rendements, effectivement, c'est réel.
Bon, aujourd'hui, on a quand même des stocks stratégiques au niveau européen qui nous permettent de faire face, on a d'autres fournisseurs au niveau européen que l'Ukraine, et heureusement, maintenant, oui, ils vont être durablement chers le temps que cette crise va durer, forcément, mais il n'y aura pas de pénurie en France, ni en céréales, ni en viande, on l'a bien vu, pendant la crise du Covid, où tout était arrêté quasiment, tous les échanges étaient arrêtés, et malgré ça, l'agriculture française continuera à nourrir son pays. Donc, là-dessus, on n'a pas de crainte à avoir.
Par contre, sur une flambée des prix, une spéculation, que ce soit sur l'énergie ou sur les céréales, oui, on aura fatalement une spéculation, hélas. Donc,
il y aura forcément une répercussion sur les consommateurs ?
Sur les consommateurs et sur l'économie des agriculteurs, mais le président a annoncé ce matin un grand plan de résilience à la fois français et européen, avec notamment des financements européens, pour justement accompagner ces conséquences de la crise qui risque de durer comme il l'a annoncé ce matin. Donc, l'État sera là, il l'a confirmé aux agriculteurs ce matin, il le confirmera à tous les Français bientôt, l'État sera là, l'Europe sera là pour accompagner les conséquences de la crise, mais aujourd'hui, on est vraiment dans la préoccupation de ce qui se passe à Kiev et d'arrêter le plus rapidement possible cette guerre inadmissible.
Mais encore d'un mot pour être tout à fait précis, effectivement, pour ceux qui nous écoutent, on sait que les prix de l'alimentaire ont augmenté beaucoup ces derniers mois. Est-ce que, quand même, il n'y a pas à craindre un regain d'inflation dans tout ce qui est prix alimentaire ? Et je ne pense pas seulement à la baguette ou au prix des pâtes dans les supermarchés, mais je pense à l'ensemble, effectivement, de la filière agroalimentaire.
Écoutez, jusqu'à présent, le gouvernement a tout fait pour limiter, justement, ces hausses, déjà, au niveau de l'énergie, puisque le prix du gaz est bloqué, le prix d'électricité aussi, on a limité l'augmentation du prix du gaz à 4%, donc, le gouvernement sera aussi là pour assurer que tout ne repose pas sur le consommateur, mais aujourd'hui, on n'est pas dans cette situation, oui, il y a de l'inflation, mais qui n'est pas liée forcément à la crise en Ukraine. Je ne suis pas sûr qu'elle soit beaucoup plus importante dans les jours et mois qui viennent et de toute façon, le gouvernement sera là pour accompagner à la fois les agriculteurs et les consommateurs, évidemment.
Est-ce que vous pensez que la distribution aura un rôle à jouer dans cette affaire, comme c'est souvent le cas, d'ailleurs ?
Elle a un rôle à jouer, mais pas en détruisant de la valeur parce qu'aujourd'hui, on ne peut pas aussi expliquer à nos agriculteurs que tous leurs coûts vont augmenter, mais qu'en même temps, leurs prix de vente ne vont pas augmenter. Je veux dire, il y a un moment, on est déjà suffisamment tendus au niveau de la situation des trésoreries et des exploitations agricoles. Il ne faut pas que la grande distribution fasse un jeu délétère en détruisant de la valeur comme elle a fait depuis.
Attention,
vous dites,
jouez le jeu.
Et le président l'a répété ce matin. Vous ne pressurez pas les agriculteurs qui seront déjà... Le président l'a précisé ce matin. On a voté une loi récemment pour justement garantir le revenu des agriculteurs. Il y aura des contrôles, il y aura des sanctions. D'ailleurs, il y en a une qui est tombée encore hier matin contre qui ? C'est Intermarché qui a été pénalisé 29 millions d'euros.
Vous dites, il y a des lois pour garantir le revenu des agriculteurs. J'imagine que vous pensez à la loi EGalim. Oui. Où est la garantie dans cette loi ?
Là, justement, on a poussé les curseurs beaucoup plus loin. On a obligé à la contractualisation sur la base des indicateurs de coût de production. Donc, du coup, aujourd'hui, un agriculteur doit contractualiser pour vendre ses produits et doit contractualiser sur la base de ce que ça lui coûte à produire. Et donc, c'est nouveau. Ça semble le B.A.B. pour tout chef d'entreprise qui se respecte. Mais aujourd'hui, l'agriculture était le seul métier où ce n'était pas lui l'agriculteur qui décidait de son prix de vente, mais il prenait ce qu'on voulait bien lui donner. Alors, pourquoi le président
dit-il encore tout à l'heure qu'il faut aller vers la juste rémunération des producteurs ? On n'y est pas encore. On n'y arrive pas.
La loi EGalim, elle a juste été votée en fin d'année dernière. Donc, elle rentre juste en application là. EGalim 2. EGalim 2. Mais EGalim 1 a été votée en octobre 2018 puisque j'étais le rapporteur. Donc, la loi EGalim 2 est dans la même logique qu'EGalim, à version de la construction du prix, avec prise en main de la construction du prix par l'agriculteur. Maintenant, il faut effectivement que ça rentre dans les faits parce que les intentions sont louables, mais on sait très bien que la filière, depuis des années, a l'habitude de pressurer la production et il faut que ça s'arrête parce que sinon, on va avoir une disparition de notre agriculture et une perte de souveraineté alimentaire.
Et je le dis et je le répète, dans le contexte géopolitique actuel, on ne peut pas se permettre de perdre notre souveraineté alimentaire en France et en Europe.
Jean-Baptiste Moreau, on arrive au terme de cette interview. Le président de la République, dans son discours tout à l'heure, a été grave. Il a indiqué la guerre revient en Europe. C'est un contexte inédit, grave et historique. Le président de la République qui a aussi assigné comme mission à l'agriculture française de nourrir le peuple français aujourd'hui dans ce contexte d'agression russe en Ukraine. Effectivement, l'agriculture française retrouve un plan politique au plus haut niveau, enfin, retrouve un premier plan politique.
Oui, mais parfois, on l'avait un peu oublié au niveau de notre société française parce que ça fait des années qu'on n'a pas manqué d'alimentation et que l'étiquette de rationnement ça remonte à l'après-guerre et donc il y a peu de personnes aujourd'hui qui s'en souviennent encore. Mais le métier de base de l'agriculteur c'est de nourrir la population et d'abord la population de son pays et effectivement il l'a rappelé ce matin on a besoin de réaffirmer ça et on a besoin d'accompagner notre agriculture pour justement avoir une vraie souveraineté alimentaire.
Imaginez ce qui se passe dans l'énergie dans l'alimentation demain si on n'était plus autonome et qu'on était obligé d'en dépendre d'autres pays pour s'alimenter ça serait vraiment pour le coup catastrophique. Donc il y a nécessité de souveraineté il va falloir se battre on a fait des choses pendant ce quinquennat il reste à faire il reste à faire il a annoncé ce matin un grand plan d'orientation de l'agriculture faire comprendre aux consommateurs qu'on ne peut pas on n'a rien sans rien et que l'agriculteur est là pour nourrir la population et il la nourrit le plus sainement au monde puisque l'agriculture française a été reconnue comme la plus durable du monde.
Bien, merci beaucoup Jean-Baptiste Moreau avec nous ce matin en direct du salon de l'agriculture Porte de Versailles Jean-Baptiste Moreau vous êtes agriculteur député de la Creuse et porte-parole de La République En Marche on vous réécoute sur franceinfo.fr et l'appli Radio France