« Le référendum ce serait mieux qu’un vote du Parlement », estime Murielle Jourda
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
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Comment expliquer aux téléspectateurs le vote d'hier ?
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Bernard Fieller a dit "Le sénat n'est plus seulement conservateur, il apparaît réactionnaire." Qu'est-ce que vous lui répondez ?
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Qu'est-ce que vous répondez à l'argument sur les sondages d'opinion très favorables à des avancées sur une loi ?
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Qu'est-ce que vous en pensez ? Une forme de pression de la part de l'autre chambre sur le Sénat ?
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Qu'est-ce que vous pensez de faire de cette question un thème de référendum ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« l'écriture finale de ce texte était un peu baroque juridiquement. On ne l'aurait pas envoyé directement la promulgation. »
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« provoquer la mort, c'est le crime le plus grave du code pénal parce que c'est le plus important tabou de notre société »
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Comment expliquer aux téléspectateurs le vote d'hier ? Est-ce qu'il faut le retenir ? Que le Sénat était opposé à tout avancé sur la fin de vie ou que l'écriture proposé ne convenait plus à une majorité de sénateurs ?
Alors, je pense qu'il y avait beaucoup d'explications possibles au vote d'hier. Il y a eu en hémicycle, on a vu une certaine mobilisation de ceux qui étaient hostiles à toute possibilité d'euthanasie ou de suicide assisté. Peu importe l'écriture au final.
Peu importe l'écriture au final. Euh et d'ailleurs l'écriture finale de ce texte était un peu baroque juridiquement. On ne l'aurait pas envoyé directement la promulgation.
Vous reconnaissez était un problème d'écriture au final de ce qu' avait été voté. Il était il est évident ce texte n'était pas d'une grande cohérence juridique mais encore une fois il n'était pas à deux doigts de la promulgation. Il était dans la navette parlementaire mais il envoyait le message du fait notamment de la mobilisation de ceux qui étaient hostiles à l'euthanasie au suité dont je fais partie. il envoyaé un message assez clair, c'est qu'il avait supprimé toute notion euh de de d'appel au suicide assisté ou à l'euthanasie et avait remplacé le texte par euh un droit aux soins palliatifs.
Donc ce texte à mon sens, moi pouvait être voté parce qu'il envoyait ce message politique. Certains qui partageaient mon opinion de fond sur le fait de ne pas avoir recours à l'euthanasie ou au suicide assisté trouver que le texte était trop ambigu en tout cas trop mal rédigé pour pouvoir voter pour non obstant le fait qu'il ne soit pas pour l'euthanasie ou le Suisse d'assister et d'autres en réalité étaient tellement opposés même au principe qu'ils ne veulent voter aucun texte qui a trait au sujet. Donc, on avait un vote qui est difficilement euh analysable pour savoir exactement quelle est la proportion euh de sénateurs qui sont hostiles ou favorables à l'euthanasie.
Mais en tout cas, on a eu une convergence de votes contre qui euh ne permettent pas de faire voter un texte quel que soit euh son architecture juridique. Bernard Fieller, le sénateur RDSE à la tribune a dit "Le sénat n'est plus seulement conservateur, il apparaît réactionnaire." Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Alors enfin personne ne détient la vérité sur ces sujets. Ce sont des sujets d'une grande délicatesse. Est-ce qu'on est réactionnaire lorsque la position qu'on peut avoir est de dire et moi c'est la mienne et celle que j'ai exprimé à la tribune.
Enfin euh attention, on n'est pas dans l'exercice d'une liberté hein, parce qu'on dit beaucoup sur ce texte c'est un texte de liberté, la liberté de mourir, la liberté de mourir. Offrirait quelque chose à certains patients. Juridiquement la de mourir, elle existe.
Ça s'appelle le suicide. Je suis un peu sèche dans mon propos mais juridiquement c'est la réalité. Dans la mesure où dans le cadre de l'exercice de cette liberté euh on vous dit mais quelqu'un doit fournir le produit, quelqu'un doit le prescrire, quelqu'un doit l'injecter, on sort de la liberté, on est dans le droit.
Donc vous êtes créencié d'un droit à mourir. Quelqu'un en est débiteur. Celui qui en est débiteur, il provoque votre mort.
Provoquer la mort, c'est le crime le plus grave du code pénal parce que c'est le plus important tabou de notre société et pas que de la nôtre. D'ailleurs, heureusement et pour répondre à une question que vous ne m'avez pas posé mais qui a été tellement évoquée en séance, ça n'est pas une question de religion. Je j'ose espérer que ceux qui n'ont aucune religion, c'était le cas d'ailleurs, nous avons eu ce débat, en fait sont aussi opposés à l'idée que provoquer la mort serait quelque chose qui maintenant soit tout à fait admissible en en droit.
Donc donc il y a ce vrai débat. Est-ce que c'est être réactionnaire que pensez que l'interdiction de provoquer la mort doit rester le plus grand tabou ? Je n'en suis pas sûr.
On a vu le sénateur Renaissance Xavier Kovelli parler d'un droit plébiscité par 75 % des Français. Qu'est-ce que vous répondez à cet argument sur les sondages d'opinion très favorables à des avancées sur une loi ? Vous savez, moi j'étais rapporteur de la loi bioéthique et suivant la façon dont vous posiez les questions, vous avez vous aviez une réponse qui était tout et son contraire.
C'est extrêmement difficile de le savoir. Il y a eu d'autres séries de sondages dont on a beaucoup parlé aussi qui avaient été faites pour la Fondapul qui disait exactement l'inverse. C'està-dire qu'il n'y avait pas de majorité.
La seule façon de le savoir, c'est le référendum. Alors justement le texte repart à l'Assemblée nationale. La présidente Tierel Bron Pivet a dit vouloir une adoption définitive du texte d'ici à l'été.
Qu'est-ce que vous en pensez ? Avant d'aller sur la question du référendum, est-ce que voilà une forme de pression de la part de l'autre chambre sur le Sénat pour faire avancer le texte ? Il y a une forme de pression il y a deux lectures par chambre.
Donc si elle dit avant l'été, ça veut dire qu'elle elle vous force un peu aussi à réexaminer le texte très rapidement. Enfin, il y a une volonté tout à fait affirmée de madame Bron Pivet mais pas seulement d'elle. J'ai vu que le ministre chargé des relations avec le Parlement a indiqué que son engagement dans le gouvernement n'était pas d'améliorer les relations avec le parlement mais de faire passer ce texte.
Donc il y a effectivement une pression qui est qui est assez forte. Est-ce que ça peut avec l'exécutif si le Sénat se voit forcé à réexaminer rapidement le texte ? Écoutez, le Sénat n'a jamais eu pour pour but de de tendre les relations avec l'exécutif.
Mais enfin euh j'ai pour ma part et je ne représente pas tout le Sénat le plus grand mal à imaginer que ça soit l'urgence absolue que de passer ce texte qui, contrairement à ce qu'on peut penser, n'est pas un texte d'unité malgré tout. Euh je sais que ceux qui sont tenants, en tout cas un certain nombre de ceux qui sont exprimés ici de l'euthanasie pensent que euh la société française est tout entière derrière eux. Je je n'ai pas discuté avec toute la société française, mais ceux avec qui je discute ne sont pas nécessairement de cet avis.
J'ai une dernière question. Qu'est-ce que vous pensez donc de faire de cette question un thème de référendum pendant la République qui en a parlé ? Est-ce que c'est une bonne possibilité ?
Ça trancherait le débat ? C'est une possibilité qui trancherait le débat à une seule condition et ce n'est pas la plus simple. C'est que le référendum me paraît euh un bon outil à condition que tout le monde soit au même niveau d'information et ne se contente pas d'affirmation de café du commerce sur tel ou tel sujet.
Il est nécessaire d'avoir un haut niveau d'information sur ce qu'est l'euthanasie, sur ce qu'est le suicide assisté et sur ce qu'ils sont dans les pays qu'ils pratiquent notamment et sur finalement la société que nous voulons et ça si nous arrivons à ce débat, le référendum ça sera mieux qu'un sondage sera même mieux qu'un vote du parlement. Vous savez le parlement dans la démocratie représentative il est en charge de trancher pour les Français des affaires qu'ils ne peuvent pas trancher eux-mêmes parce que c'est assez compliqué. Euh mais sur ce sujet, je pense que l' vie de la population française en entier euh est est beaucoup plus souhaitable qu'une démocratie représentative.
Muriel Jourda