Montagne : "Le ski n'est pas mort du tout. On en a encore pour quelques décennies", assure le directeur général de la Compagnie des Alpes
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« Un chiffre d'affaires à un demi milliard d'euros sur un an pour les domaines skiables, plus 5% sur un an. »
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« Le parc Astérix conforte sa deuxième place derrière Disneyland avec 2 800 000 visiteurs sur un an. Un record. »
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Bonsoir à toutes et à tous, bientôt la quille et les vacances de fin d'année pour les enfants, les vacances scolaires, c'est vendredi soir et pendant deux semaines. Bonsoir Dominique Tillot.
Bonsoir.
Vous êtes le directeur général de la Compagnie des Alpes, plusieurs activités dans le portefeuille du groupe, vous avez publié vos résultats financiers en début de mois, on va y revenir évidemment. Mais tout d'abord parlons de l'ouverture des stations de ski, vous opérez 10 domaines skiables en France, les Arcs, Val d'Isère, Tignes, La Plagne. Comment se profile cet hiver, où en sont les réservations ?
Écoutez, cette année les réservations ont été faites plus en avance que d'habitude et donc les réservations sont très bonnes, sont très bonnes pour la totalité de la saison, hormis la fin où il y a encore un peu de disponibilité chez nous en tout cas. On a un opérateur qui s'appelle MMV qui a très très bien vendu, très en avance cette année. Les réservations sont très bien orientées cette année.
Comment est-ce que vous expliquez justement que les gens s'y soient pris à l'avance ?
Je crois qu'il y a un appétit, il y a un appétit fort pour l'envie de montagne, l'envie de se sortir peut-être du quotidien, vous voyez, et puis d'aller vivre une expérience incroyable.
Alors, année après année, on parle quand même, notamment ici sur France Info, du manque d'enneigement, des prix qui flambent, les stations de moyenne montagne qui se demandent parfois si ça vaut le coup de continuer à investir dans des installations coûteuses. Et quand on regarde vos chiffres, c'est comme si toutes ces inquiétudes s'évanouissaient. Un chiffre d'affaires à un demi milliard d'euros sur un an pour les domaines skiables, plus 5% sur un an. Merci Kiki, merci de la clientèle étrangère notamment.
Merci l'expérience, merci tous les acteurs de ces domaines de haute altitude qui travaillent ensemble pour, encore là, fournir une expérience incroyable.
Donc c'est ça la recette du succès, c'est d'être en altitude où il y a de la neige.
Des investissements de notre part, l'accueil, le sourire, à l'école de ski, à l'hôtel, dans l'hébergement, dans les remontées mécaniques. C'est l'équipe, c'est l'équipe du site de la station. Et c'est la situation géographique, bien sûr.
Donc c'est-à-dire qu'aujourd'hui, le ski, c'est en haute montagne, avec de bonnes installations ?
Non, il y a aussi d'autres domaines. Après, ils ont un erratisme sur l'enneigement en basse et moyenne montagne, qui est peut-être un peu plus fort qu'il ne l'a été il y a quelques décennies. Mais évidemment, l'expérience reste incroyable sur les domaines de haute altitude.
Et donc, ça veut dire que le ski n'est pas mort ?
Ah non, le ski n'est pas mort du tout. En tout cas, en ce qui nous concerne, on en a encore pour quelques décennies. Et puis, on fait les efforts aussi à notre mesure, j'allais dire, pour effacer, pour notre empreinte carbone, réduire notre empreinte carbone, sans compensation, je le précise. Donc réduire tout court. Réduire tout court, de manière pérenne, mesurée et mesurable. Et donc, c'est ça les efforts. Et je crois que c'est, encore une fois, tout l'écosystème qui se... Les communes, les offices du tourisme, les hôteliers, les hébergeurs...
Donc c'est un vrai travail de fond. Ah oui, c'est... Est-ce que le fait, justement, qu'il y ait moins de neige en moyenne montagne et qu'il y ait des stations qui ferment, ça fait venir chez vous, dans vos stations, notamment en haute montagne, plus de monde et plus de monde qui dépense plus ? J'ai vu que le nombre... Enfin, les dépenses par personnes qui viennent dans vos stations a augmenté sur un an.
Oui, absolument. D'abord, il y a eu beaucoup un phénomène d'inflation qui fait que, de toute façon, les prix ont monté. Il y a un certain nombre, effectivement, de skieurs qui doivent se repositionner sur des domaines d'altitude.
Et notamment des étrangers avec un fort pouvoir d'achat.
Et notamment des étrangers avec un pouvoir d'achat. Mais on n'a pas de baisse relative de la clientèle française. Chaque station a un peu ses spécificités en termes de typologie de clientèle. Et tout le monde est content. Puis, sur une semaine, on a une... Comment ça s'appelle ? Une expérience, là aussi, incroyable, mais qui est tellement dépaysante et si proche de chez nous.
Alors, autre activité du groupe au sein de la Compagnie des Alpes qui résiste bien, c'est celle des parcs de loisirs. La Compagnie des Alpes possède notamment le parc Astérix, le Futuroscope. Le parc Astérix conforte sa deuxième place derrière Disneyland avec 2 800 000 visiteurs sur un an. Un record. Et pourtant, vous n'avez pas du tout été servi par la météo cette année. On peut le dire, on a eu un été plutôt pourri avec beaucoup de pluie. Et pourtant, les gens continuent à se rendre dans des parcs de loisirs. Comment vous expliquez ?
Oui, là, nous investissons beaucoup.
D'accord.
Nous investissons beaucoup pour avoir, là aussi, des attractions quasiment uniques au monde. D'ailleurs, qui sont reconnues par nos pères par différents prix internationaux. Nous investissons beaucoup pour l'accueil. Nous investissons beaucoup pour la qualité de l'accueil et la qualité du service dans les parcs.
Mais ça ne veut pas dire que les gens, quand il pleut, ils ne viennent plus au parc Astérix ?
Ils viennent moins, ils viennent moins. Il ne faut pas se leurrer. C'est surtout l'hiver dernier et le printemps dernier qui a été extrêmement pluvieux. En dépit de ça, quand on a un produit et qu'on investit, on investit massivement On fait des promos, on fait la pub, on voit des campagnes. On fait un peu de promotion, mais je pense que nous, on essaie de positionner nos parcs avec un espace suffisant pour accueillir tout le monde, hormis quelques dates. Sur des dates creuses, on peut être amené à faire quelques promotions. On a aussi les hôtels. Et donc, on n'est pas dans la logique de, par exemple, le sujet d'augmenter les prix sur les périodes de pointe. Absolument pas.
Vous n'augmentez pas les prix à Noël, par exemple ? Nous, on ouvre en mettant les périodes d'ouverture. Parfois, sur la même une journée, on va rajouter une ou deux heures de plus. Et puis, surtout sur les périodes d'ouverture sur l'année.
Et donc, ça veut dire que les gens vont continuer à venir, notamment pendant les périodes de Noël ? Les prix ne seront pas dissuasifs ?
Ils peuvent venir. On a investi encore plus que l'année dernière, aussi bien en Belgique. Vous l'avez cité en France, mais aussi en Belgique, mais aussi aux Pays-Bas. Aussi en Rhône-Alpes avec Walibi-Rhône-Alpes. On a investi massivement toujours pour avoir une expérience de Noël qui soit la plus incroyable possible.
Alors, autre investissement cette année du groupe dans des activités d'intérieur citadines avec l'acquisition de Urban, leader du Urban Soccer et de l'Urban Paddle, sorte de tennis qui cartonne. Il y a un nouveau centre, d'ailleurs, juste en bas de chez nous, à la Maison de la Radio. Pourquoi cette acquisition ?
C'est une identité clientèle. Ce qui fait notre raison d'être, c'est les loisirs réels qu'on vient entre famille, collègues, en famille, collègues ou amis. Et on retrouve bien ces créateurs de liens sociaux avec une identité de clientèle parce que beaucoup de clients d'Urban, du Paddle ou de Foot à 5 sont aussi clients du ski et ou de nos parcs d'attractions. Et donc, cette identité de clientèle, il se retrouve. Et à la fois, c'est des activités plutôt périurbaines, un peu urbaines, mais qui sont liées au sport, liées sur des valeurs de création de liens sociaux. Et c'est ça qui nous a amenés à nous développer dans ce segment-là.
Et ce n'est pas aussi pour avoir des activités d'intérieur, pour être moins météo-sensible, puisque les activités dont on a parlé tout à l'heure, c'est des activités d'extérieur.
Oui, c'est des activités d'extérieur, ceci étant dit, il y a une partie extérieure aussi dans le football à 5 et puis dans le paddle, mais c'est plus récurrent sur l'année aussi. Et donc, ça permet de faire des ventes croisées dans des clients entre nos différents métiers. C'est ça sur lequel nous travaillons.
Et la diversification s'arrêtera là pour le groupe ?
Oui, on ne le voit pas nécessairement comme une diversification d'ailleurs, puisque nous, c'est des loisirs réels qui créent du lien social. Et donc, vous pouvez aller dans un centre Urban Soccer, Urban Paddle, et vous verrez, il y a toute catégorie socio-professionnelle. Comme on le retrouve dans les parcs, comme on le retrouve dans le ski, c'est un lieu d'échange social, de, j'allais dire, de paix sociale, de calme, où on se ressource, encore une fois, entre amis, entre collègues, en famille.
Et ça cartonne. Urban, merci beaucoup. Dominique Thillaud, directeur général de la Compagnie des Alpes, invité éco de France Info ce soir.