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Podcast / conversationLCP (sur YouTube)· 27 février 2026 58 minComplaisantPortrait personnelAgriculture & alimentationInstitutions & électionsEnvironnement & énergieSolidarités & famille

Christophe Naegelen, président du groupe LIOT et député des Vosges | Politiques, à table !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Comment décririez-vous votre parcours politique depuis 2017 ?

  • 4:00RelanceRéponse partielle

    La raclette est-elle vosgienne ou une manoeuvre pour booster l'image des Vosges ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Comment mangez-vous la raclette dans les Vosges ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Vous ne buvez pas d'alcool, est-ce difficile en politique ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Votre alimentation est-elle adaptée à votre rythme ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    L'artificialisation des sols est-elle un problème dans les Vosges ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Christophe NaegelenFait
    « « La raclette, c'est un plat typiquement montagnard. » »
  • 5:00Christophe NaegelenFait
    « « J'ai aucun problème à en manger le 15 août. » »
  • 7:00Christophe NaegelenFait
    « « Moi, j'adore ça. Chaque Vosgien a un appareil à raclette. » »
  • 12:00Christophe NaegelenFait
    « « Entre le mandat de parlementaire, qui prend énormément de temps, le mandat de conseil régional, qui en prend un peu moins, mon travail, parce que moi, depuis 2017, j'ai toujours dit que pour moi, un bon élu, c'était quelqu'un qui gardait un pied dans le monde du travail. » »
  • 18:00Christophe NaegelenFait
    « « Il y a certaines normes qui les embêtent. On parlait d'écologie tout à l'heure. L'écologie est importante et les agriculteurs sont aussi des écologistes amoureux de leur territoire. » »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Générique --- --- Bonjour à tous et bienvenue dans Politiques à Table. Vous avez bien sûr réservé la meilleure table, alors installez-vous tranquillement pour déguster notre cuisine fusion entre politique et gastronomie que nous avons le plaisir de partager avec Christophe Naegelen. Bonjour. -Bonjour. -Bonjour Jean-Pierre Montanay. -Bonjour. -M.

Naegelen, dans une assemblée aux pentes instables, vous avancez à ski de fond, traçant votre ligne sur la crête, là où d'autres préfèrent le télésiège. Vous grandissez au pied des Vosges et en 2017, vous chaussez vos raquettes nationales en décrochant la 3e circonscription des Vosges. Elu sans étiquette, vous rejoignez plus tard le groupe UDI, puis réélu en 2022 et 2024, vous attrapez la corde des LIOT jusqu'à en prendre la tête il y a quelques mois.

Vous avancez sans dameuse, prêts à négocier chaque virage. Comme en 2020, quand vous faites adopter une loi contre le démarchage téléphonique abusif. Un jalon planté sur l'arête, discret mais solide, pour sécuriser la descente des consommateurs.

En parallèle, comme les skis, vous vous engagez au Conseil Régional du Grand Est. Mais sur la piste de l'hémicycle fragmenté, les voies du groupe LIOT deviennent des bâtons de ski, modestes en apparence, indispensables pour garder l'équilibre. Vous aimez les reliefs, ne craignez pas l'endurance, votre parcours nous rappelle une règle simple.

Des sports d'hiver, on peut être discret dans la tempête et pourtant compter quand la pente devient raide. Et c'est toute votre belle montagne que vous avez apportez dans nos assiettes aujourd'hui, n'est-ce pas Jean-Pierre ? -Oui, avec une belle et tenace odeur de fromage fondu, une raclette et en dessert, une île flottante. -Dans Le dessous des plats, on vous emmène sur le plateau de Saclay où, et c'est assez rare pour le souligner, les fermes poussent comme de beaux légumes. -Ensuite, halte dans une ferme auberge des Vosges, 40 hectares, 30 vaches et des cochons.

Et au fourneau, Brigitte qui régale ses hôtes avec la viande de l'exploitation. -Voilà pour le menu, maintenant on passe à table avec Cuisine et confidences. Jingle -Christophe Naegelen, je ne doute pas un instant de votre passion sincère et gourmande pour la raclette, qui n'a rien de vosgiens, mais permettez-moi de voir dans ce choix quelques arrière-pensées politiques.

J'allais même dire, une supercherie. Mais attention, soyez rassurés, rien de bien méchant, je m'explique. Avec la raclette, vous célébrez une recette typiquement alpestre née côté suisse dans le Valais au Moyen-Age.

Depuis, ce plat est devenu emblématique de toutes les Alpes, naturellement en Savoie et en Haute-Savoie, où les stations de ski, l'hiver venu, exhalent une belle odeur de fromage fondu. Au fil des ans, le Jura, pas très loin, s'est invité dans ce club fermé et huppé de la raclette. Et voilà qu'aujourd'hui, Vous profitez de PàT pour essayer d'y faire rentrer discrètement les Vosges.

Je sais bien pourquoi. Oui, vos stations de ski qui culminent à 1 350 mètres d'altitude seulement sont en sursis avec le réchauffement climatique. Vous tentez, par cette manoeuvre culinaire, de nous faire croire que les Vosges font partie des Alpes.

Avec leur neige éternelle et leurs pistes à plus de 3 000 mètres, puisqu'elles sont aussi le pays de la raclette. Bien tenté, de bonne guerre même, d'entretenir cette confusion pour doper l'image de vos stations, mais un peu gros, car à y réfléchir, il est peu probable que votre village natal, Saint-Maurice-sur-Moselle, dix fois plus près d'Epinal que de Val d'Isère, ne donne un jour à la France un descendeur olympique. Alors rêvons un peu, il pourrait pourquoi pas se rattraper en surclassant les meilleures raclettes alpines qui, cette fois, ne seraient pas pour vous déplaire.

Je me trompe ou pas ? -Oui, sur plusieurs points. Déjà parce que la raclette, c'est un plat typiquement montagnard. -Mais pas vosgien. -Pas vosgien, tout à fait.

Néanmoins, c'est un symbole de convivialité. Et c'est vrai que quand on vient ici à Politiques à Table, c'est aussi de la convivialité. C'est, je le répète, un plat montagnard.

Et mes Vosges natales, ce sont de vieilles montagnes qui certes ne culminent pas haut, mais la taille compte peu dans ce cas précis. Et on a eu de grands champions, de très grands champions. Et encore dans ces Jeux Olympiques, on a Clément Noël qui vient de trois villages à côté de chez moi, à moins de dix kilomètres.

Donc un enfant de la vallée de la Moselle, tout comme on a eu les soeurs Leduc, tout comme on a eu les Frères Finance. Donc les terres vosgiennes, même avec ses petites montagnes, sont une vraie terre de champions et de championnes. -Et une terre aussi de raclette, j'imagine qu'on en mange chez vous quand même de la raclette. -Enormément. -Voilà, on va la goûter. -C'était pour vous taquiner. -Aucun soucis ! -Alors, c'est une raclette qui a été préparée par Le Bourbon.

On les remercie, évidemment, de nous préparer à chaque émission d'excellents repas. Vous l'aimez comment, la raclette ? Est-ce que vous mélangez plein de choses ?

Comment vous la mangez, la raclette, chez vous, dans vos Vosges natales ? -Alors chaude déjà. -Oui mais... -On a fait ce qu'on a pu. -Une précision, c'est qu'on aurait bien aimé avoir un super appareil à raclette, mais on ne peut pas pour des raisons de sécurité.

Donc effectivement, c'est une raclette un peu... -Améliorée. -Mais elle est bonne. -Elle a l'air excellente.

Encore une fois, c'est vraiment le repas, par définition, qui se veut de convivialité avec de la famille, avec des amis. -Donc vous avez des souvenirs de raclette tout le temps, quoi ? -Déjà, je dis toujours qu'il n'y a pas de saison pour la raclette.

J'ai aucun problème à en manger... -Le 15 août, vous mangez des raclettes ? -Pourquoi pas ? -Je n'aurais aucun problème à le faire. -A Paris, il y a des restaurants de raclette.

Quand vous passez entre juin et septembre... -C'est dommage. -Oui, mais parce que c'est Paris. -Vous avez un appareil raclette chez vous ? -Valérie en a aussi. -C'est vrai.

Moi, j'adore ça. -Chaque Vosgien a un appareil à raclette. -Le petit caquelon ou le truc qui coule ? -Le petit caquelon.

C'est vrai que dans les restos, dans certains, pas tous, c'est le caquelon et vous venez racler la raclette qui coule naturellement. -C'est pour ça qu'on appelait ça la raclette. On mettait le fromage près du feu et on raclait. le petit bout qui était chaud. -Exactement. -Mais non, pour le coup, chez nous, c'est vraiment... -Et alors, je reprends.

Comment vous la mangez ? Est-ce qu'il y avait une charcuterie particulière ? Vous aimez une pommes de terre en particulier ? -Ca dépend vraiment des gens.

Moi, j'aime bien le jambon blanc, plutôt, et la viande de grison. -D'accord. -C'est les deux principales viandes que je mets avec du fromage à raclette.

Bien entendu, il faut des patates. On les épluche avant, on les met ensemble. Je me souviens, mon frère plus jeune, il mettait les patates, il faisait trois, quatre, cinq caquelons de raclette.

Et en fait, il en faisait un espèce de Gloubi-boulga, où il mangeait tout ça d'un coup. -Ah, c'était sa manière à lui de manger la raclette, qui n'était pas très délicate ? -Non, ce n'était pas une part de fromage après l'autre.

C'était on met tout, et après, on mange ça. -A l'origine, il n'y avait pas de charcuterie. C'était juste du fromage fondu.

Et de la pomme de terre. C'était un plat un peu de pauvre, fait avec les moyens du bord. Après, il y a eu des cornichons qui apportaient un peu d'acidité.

Moi, j'adore le cornichon, c'est indispensable. Et après, elle s'est embourgeoisée et est arrivée la charcuterie en fonction des terroirs. -Au-delà des charcuteries, maintenant, on peut faire aussi le petit oeuf de caille.

Vous ne l'avez jamais fait ? -La raclette bourgeoise, alors. -C'est exactement ça.

Est-ce que vous l'améliorez un peu ou... ? -Nous, c'est la manière traditionnelle, simple.

Et comme ça a été très bien dit. Je veux dire, tel que ça a été fait à l'époque et qui ne symbolise pas, contrairement à ce qu'il est dit, une certaine bourgeoisie, avec l'oeuf de caille, mais plutôt le repas amical, convivial, traditionnel, en famille ou entre amis. -Mais quel fromage dans les Vosges, vous en avez, à raclette sans doute ?

Parce que vous ne prenez pas le fromage à la raclette suisse, si ? -Non, nous, on achète...

J'ai une crèmerie à Bussan, une crèmerie qui fait du très bon fromage, où dans les différents...

On a beaucoup de paysans, des fermes, qui font aussi du fromage qui peut être utilisé à la raclette. Et j'en ai mangé une la semaine dernière, et j'y ai fait fondre du munster. C'est excellent ! -Ah, on note ! -Alors, il y avait, bien entendu, du fromage à raclette.

Mais j'en ai aussi fait quelques-uns avec du munster fondu. Et franchement, c'était vraiment très, très bon. Et là aussi, du munster fermier, vosgien, pour le coup. -Il faut ouvrir les fenêtres. -Mais ce n'est pas grave, ça.

C'est marrant. Les odeurs de fromage, ça vous dérange ? -Ah, le fromage... -Ah, moi, j'adore ça.

Je comprends très bien. Vous pourriez nous donner une adresse de très bon restaurant à raclette à Paris ? -Non.

Non, parce que la raclette, comme je dis, c'est convivial et c'est amical. -Ca ne se fait pas dans un restaurant ? -Ca se fait surtout avec les amis.

J'en ai plus dans les Vosges qu'à Paris. -Un, rue de Charonne, pour information. -Non, je crois, j'en ai jamais mangé.

Déjà parce que je sors très peu. En dehors de l'Assemblée, je vais très peu au restaurant. Et pour le coup, non, pas souvenir. -Parce que, vous nous l'expliquiez hors antenne, vous n'avez malheureusement pas le temps d'aller au restaurant, c'est un peu ça aussi votre rapport à la gastronomie ? -Oui, en fait, je prends l'exemple de 2025, c'est du lundi au dimanche, 52 semaines sur 52.

Je crois que j'ai pris trois jours entre Noël et le Nouvel An. Mais c'est vrai qu'entre le mandat de parlementaire, qui prend énormément de temps, le mandat de conseil régional, qui en prend un peu moins, mon travail, parce que moi, depuis 2017, j'ai toujours dit que pour moi, un bon élu, c'était quelqu'un qui gardait un pied dans le monde du travail. Je suis dirigeant d'entreprise, je continue, bien entendu, à gérer les entreprises.

Avec, bien entendu, je suis aussi très bien entouré, mais entre les 60 heures pour la députation, la vingtaine d'heures pour l'entreprise, ça laisse pas trop de temps pour faire autre chose, sachant que quand on est parlementaire et surtout élu, sans étiquette, dès 2017, il faut une présence terrain. qui ont "beaucoup moins besoin d'avoir des élus avec des étiquettes de partis politiques". Certains, d'ailleurs, dont c'est même pas leur tête qui était sur l'affiche.

Donc, ils ont un besoin de présence qui est bien moindre. Moi, l'année dernière, j'ai fait, vendredi soir, samedi dimanche, 548 manifestations. Donc, c'est à peu près 12 par week-end, vendredi soir, samedi dimanche.

Donc ça laisse pas trop le temps ni de sortir ni rien. Ca laisse le temps pour faire du sport. J'essaie d'en faire quand même régulièrement soit le matin de bonne heure quand je suis ici, à 6 h 30, 8 h 30, ou alors dans les Vosges quand j'ai un peu de temps entre deux rendez-vous. -Et du coup, vous ne mangez jamais ? -Je mange très peu...

J'ai une très mauvaise alimentation. Je ne bois pas d'alcool. -On en parlera tout à l'heure. -Je ne fume pas.

Je ne bois pas de café. Par contre, à côté de ça, j'ai une très mauvaise alimentation. Très sucrée.

Beaucoup d'écarts. Il n'y a pas une semaine où je ne fais pas un fast-food. Peu importe...

Pas une semaine sans. Ou alors des sushis parce que c'est rapide. Je reconnais que mon alimentation...

Ou très sucrée. C'est aussi la facilité. On en parlait tout à l'heure, mais un paquet de Malteser, ça va vite. -Bien sûr, un paquet de bonbons. -Non, je n'ai pas une alimentation exceptionnelle, mais par contre, ça me permet de gagner énormément de temps. -Vous ne pesez pas qu'en faisant la cuisine, en étant au fourneau, vous pourriez être maître de ça ? -Mais je n'ai pas le temps. -Vous l'avez déjà dit, on a bien compris.

Mais quand même, quand on veut, on trouve toujours un peu de temps, non ? C'est LIOT à 2 000 % ? -Non, non.

Et moi, je suis plutôt un député de terrain. A partir du...

Quand je rentre dans les Vosges, le jeudi soir. Le vendredi, je ne rentre pas chez moi. Le samedi non plus...

Donc, je pars le matin, je rentre le soir. Le dimanche, je pars le matin, je rentre le soir. Donc, non, non.

Et puis, souvent, je pars le matin plutôt de bonne heure parce que j'essaie d'être à l'entreprise le matin plutôt de bonne heure. Et il y a beaucoup d'assemblées générales, non seulement tout au long de la journée, mais aussi le soir relativement tard. Je rentre chez moi et je n'ai plus faim. -Quand vous parlez des différentes manifestations que vous faites, le week-end, c'est aussi, j'imagine, l'occasion de goûter des choses locales ou pas tant ? -Eh bien, pas tant que ça.

C'est une idée reçue où on a tendance à dire : "Ah bah tiens, c'est bien parce qu'il fait..." -Oui, enfin, goûter des choses. -Quand vous en faites sept ou huit le samedi, et pareil le vendredi, en fin de compte, le temps d'écouter les gens, de discuter avec, vous n'avez pas forcément le temps après d'être au cocktail.

Alors moi j'ai une tradition, c'est qu'à chaque manifestation, j'essaie à chaque fois d'acheter une crêpe, quand il y en a, parce que déjà ça donne de l'argent pour la kermesse ou l'association qui le fait. Mais c'est mon petit plaisir. -Mais il y a certains de vos confrères qui nous racontent ici, qu'au contraire, quand ils sont très sollicités en circonscription, et sont embêtés car à 6 h 00 du matin, il faut taper dans une saucisse.

Parfois c'est une tête de veau. Non, vous ne vous êtes pas retrouvés à 7 h 00 du matin, un peu encombré, à devoir consommer un plat ? Dans les Vosges, ils n'ont peut-être pas cet esprit-là. -Non, mais jamais.

Tu vas à la fête des Knepfles, manger des Knepfles, à Cornimont. Des Knepfle ou des gnocchis, peu importe comment on les appelle. -Je ne connaissais pas le mot. -C'est les gnocchis vosgiens. -Je ne connaissais pas.

C'est une fête qui est à Cornimont, je crois, au mois de septembre. J'en goûte un ou deux...

Il y a très peu d'occasions où à 7 h 00 du matin tu manges une tête de veau. -OK. On parlait de la charcuterie qui accompagne souvent la raclette.

Et vous le disiez, pour vous, c'est l'essentiel. Le fromage, la pomme de terre et la charcuterie. Tout ce qui est rapport à la viande, vous savez qu'il y a beaucoup de débats sur ne plus en manger du tout, en manger moins.

Comment vous vous positionnez par rapport à ça ? -J'ai été élevé...

Mon père nous répétait tout le temps : "Il faut user sans abuser." -D'accord. -Et en réalité, c'est pareil pour la viande.

C'est pareil pour tout, en réalité. Donc non, moi, je trouve absurde, le fait de dire qu'il ne faut plus manger de viande. Ca fait partie...

Bien entendu, ça fait partie de nos... -Ca, c'est des radicaux. -Nos traditions...

J'ai énormément d'élevages de montagne dans ma circonscription, avec de la viande de superbe qualité. Les steaks hachés que je peux manger chez moi, ils viennent d'une ferme, j'en prends de deux endroits, une de Saint-Maurice, une de Rupt-sur-Moselle qui sont des steaks faits localement. Non, non, je pense que c'est important...

Des terrines. Du marché du Germont avec des très bonnes terrines. Non, non, pour moi... -Manger de la viande, mais de bonne qualité.

Est-ce que ça veut dire qu'elle est forcément bio ou plutôt locale ? -Pour moi, c'est qu'elle est locale. Pas forcément bio.

C'est qu'elle est faite localement. En plus, c'est un circuit court. Donc c'est important.

Et puis nos paysans, nos agriculteurs, c'est une vraie force aussi pour nos territoires. Et je pense que c'est important de les soutenir. Et puis même sans ça, honnêtement, c'est meilleur. -Quelle que soit la qualité, une nouvelle campagne vient de sortir de santé publique qui recommande encore une fois de limiter sa consommation de viande et même la consommation, ça va faire du tort à la raquette, de charcuterie.

Même si elle est de bonne qualité, il ne faut pas trop en manger. Non mais... -J'aimerais bien voir l'orientation des personnes qui ont fait cette étude-là. -Ce sont des scientifiques, qui ont des résultats sur la santé, on peut quand même leur accorder un peu de crédit. -Sur le gras peut-être de la charcuterie.

En tout cas, pour faire une bonne raclette chez soi, il faut noter les trois choses à savoir. -Et pourtant, je ne suis ni des Vosges, ni du Jura, ni des Alpes. Alors, la clé du succès réside bien sûr dans le choix du fromage, crucial.

Une raclette à la vache qui rit n'aura pas la même saveur qu'avec la raclette du Valais. doté d'une AOP fromage suisse à base de lait cru de vache, spécialement élaboré pour cette recette. D'autres fromages à raclette sont aussi fabriqués en Suisse, mais aussi chez nous, en Franche-Comté, peut-être dans les Vosges, puisque vous trouvez du fromage à raclette dans vos villages.

Vous pouvez aussi panacher avec plusieurs pâtes, et les morbier, les mont d'or, les Saint-Nectaire, les reblochon font très bien le job, et on vient même d'entendre que le munster à l'odeur particulièrement délicate, fait bien le travail aussi. Tentez aussi le chèvre, les fromages fumés, parfumés, au cumin, aux graines de moutarde, au poivre et aussi, bien sûr, aux truffes. Un conseil, n'enlevez jamais la croûte.

Elle est très goûteuse lorsqu'elle chauffe et qu'elle cuit un petit peu. -Ca donne du goût. -Voilà.

Moins importante, mais à ne pas négliger, la pomme de terre, elle doit rester ferme, fondante, sans se déliter à la cuisson. Là, les pommes de terre, elle est bien ferme. Si elle part en charpie ou en purée, c'est moyen.

Je vous conseille la charlotte, l'amandine, la pompadour, la chérie ou la rate. Et pour la cuisson, bien sûr, vapeur ou eau bouillante. Enfin, la charcuterie, a l'origine, elle n'apparaît pas dans la recette du Valais.

Il y avait juste des cornichons et des oignons grelots. Mais aujourd'hui, c'est la norme, pas de raclette sans charcuterie. Alors, viande de grison, c'est une viande de boeuf séchée.

C'est moins calorique et plus sain que les viandes de porc. Bresaola, ça c'est la viande séchée italienne. Les jambons crus de Parme, de Bayonne, Iberica ou encore Speck, ça c'est très bon avec le petit goût de fumée, c'est parfait.

Certains préfèrent un jambon blanc, comme M. Naegelen, aux herbes. Testez aussi le salami, le saucisson à l'ail, le chorizo, la rosette de Lyon, la poitrine fumée, la mortadelle...

Ou plus exotique, une raclette à l'andouille. -Du Val-d'Ajol, uniquement de là-bas. -Bien sûr.

Et pour accompagner ce plat, alors c'est bien la première fois qu'on nous apporte ça sur le plateau de Politiques à Table, je vous laisse nous expliquer. -En fait, chez moi, il y a le Verger des Avolets, c'est la famille Vincent, là c'est Bruno Vincent qui en a la tête, son père Didier et Thérèse avant, qui ont des bleuets. Beaucoup de bleuets qui font énormément de produits dérivés et qui ont fait, là, c'est les bulles à Bubu... -Une boisson à base de bleuets. -Exactement.

Une boisson aromatisée, pétillante. -Je vais me permettre de vous servir aussi. Comment vous avez découvert ça ? -Alors déjà parce que c'est des amis.

Ils sont chaque année au salon de l'agriculture aussi, sur le stand Vosges. Et il a énormément diversifié l'offre. C'est vrai qu'au départ, c'était uniquement de la récolte de bleuets.

Et au fur et à mesure, il a fait plein de produits "dérivés", mais qui sont vraiment locaux. Les bleuets sont vosgiens. -C'est délicieux.

C'est très bon. -Oui ! Je m'attendais à quelque chose...

Oui, c'est très bon. -Très bon. -Vous vous attendiez à quoi ? -Non, je ne sais pas, mais c'est curieux, comme l'a dit Valérie, c'est on découvre. -C'est original, très original. -Je ne m'attendais à rien, mais c'est très très bon. -Vous l'avez précisé un peu plus tôt, vous ne buvez pas d'alcool. -Je n'en ai jamais bu.

Jamais bu d'alcool parce que depuis tout jeune, la majorité des amis avec qui j'étais au collège et au lycée, la période où on peut-être on commence à tester l'alcool, n'en buvaient pas. Donc c'est vrai que c'est plutôt quelque chose qu'on a tendance à faire en groupe. Et puis j'ai gardé cette habitude.

Donc non, jamais d'alcool, pas une goutte. -Est-ce que c'est difficile, justement, "de résister", à un verre de vin quand on fait des manifestations dans sa circonscription ou peut-être aussi à l'Assemblée quand on doit discuter ? Non, ce n'est pas du tout un sujet ? -Pour moi, c'est vraiment un non-sujet.

Les associations, déjà le savent. Parce qu'à force d'y aller depuis neuf ans maintenant, chaque année, la majorité d'entre elles le savent. Et en fait, ça a beaucoup évolué depuis 15-20 ans.

Ou avant, il y avait peut-être une pression sociale, en effet... -Avant, vous deviez vous justifier, peut-être ? -J'imagine.

A une autre époque, pas la mienne, mais il y a 20 ans, c'était compliqué de ne pas boire un verre de vin, etc. Et moi, je suis parti du principe que quand tu dis oui à un, on est obligé de dire oui au deuxième. Là, en disant non tout de suite, ça évite déjà d'avoir la proposition du deuxième.

Et puis, ça me va très bien. -Et on ne vous en fait jamais le reproche ? -Jamais, non, pas du tout. -Dans les Vosges, il doit y avoir de très bons vins ?

Moi, je ne m'y connais pas très bien. -Ce n'est pas une région viticole. Chez moi, on est plutôt sur une région granitique.

Il n'y a pas de vignes, il y a du vin en Alsace. -Pas loin, il y a du vin. Il n'y a pas de vin dans les Vosges, mais pas loin. -En tout cas, on ne vient pas vous reprocher de ne pas goûter... -Chez nous, il y a la mirabelle. -Le vin de mirabelle ? -Ah non, c'est pas du vin, c'est de l'eau de vie. -Je plaisantais. -Je connais un peu pour le coup. -Bien entendu, il y a de la mirabelle en digestif, mais non, pas de... -Et le vin sans alcool, parce qu'on a beaucoup de députés maintenant qui nous font "la promotion", du vin sans alcool, ils adorent ça, désalcoolisé, sans alcool, ça ne vous intéresse pas ? -Non, pas du tout.

Je préfère... -Un jus de bleuets. -Voilà, exactement. -OK.

Super. Je vous propose maintenant de faire dorer notre culture générale. C'est parti, on envoie les quiz.

Jingle -Vous avez passé du temps en Chine pour y apprendre la langue, puis comme stagiaire. Dites-nous si ces affirmations sont vraies ou fausses ? Les vrais baguettes chinoises sont en bois ou en bambou ?

Vrai ou faux ? -Vrai. -Oui.

Contrairement aux coréennes ou parfois aux japonaises qui sont en métal. Elles sont plus longues, d'ailleurs que les baguettes coréennes. Le rice cooker a été inventé à Hong Kong dans les années 40. -J'aurais dit faux. -Oui, faux.

Bien joué. Il a bien été inventé dans les années 40, mais il a été inventé au Japon, qui était déjà un pays technologiquement un peu avancé. Une grande évolution qui a révolutionné la cuisson du riz dans ces pays.

L'ustensile pour récupérer les nouilles après cuisson s'appelle le rack. Vous savez, quand on récupère les nouilles du bouillon, là, dans la street food chinoise dans les rues de Shanghai, le rack. -Moi, j'aurais dit non, mais... -Ben non, vraiment, je pense que vous dites ça un peu à hasard. -Non, pas du tout.

J'aurais eu tout faux, vous auriez dit : "Vous n'êtes pas bon." Là, j'ai tout juste, c'est un coup de chance. -Non, mais c'est votre science chinoise.

Vous avez raison, c'est faux. Ca s'appelle l'araignée pour récupérer les nouilles. Et le rack, vous avez donc raison, c'est ce qui permet de poser le plat dans un wok pour faire cuire ce plat à la vapeur.

Ca fait...

Trois sur trois. -Je vais me tromper sur la dernière. -Alors attention, les xia ja sont des raviolis cantonais avec une farce au port. -C'est tellement mal prononcé.

Un peu comme quand vous avez dit "meunstère" tout à l'heure. C'est du munster. -Comment ça se prononce ? -Alors le munster.

Le problème, c'est que là, personne autour de la table de référence pour nous dire comment ça se prononce. Je répète, phonétiquement, xia ja sont des raviolis cantonais avec une farce au port. -Ca ne vous évoque rien ? -Je vais dire vrai. -Ah, c'était faux. -J'ai dit que je donnais une mauvaise réponse à la dernière pour vous faire plaisir. -C'était ravioli, dimsum, comme on dit, avec une petite pâte translucide et à l'intérieur, des crevettes. -Vous gardez quelle expérience de la Chine ? -Bonne.

Moi, j'ai toujours eu un profil un peu...

Je suis parti à 17 ans, un an aux Etats-Unis. Et ça m'a...

Je trouve que c'est important. Ca donne une ouverture d'esprit. -De voyager ? -Voyager, voir d'autres cultures.

Et c'est vrai qu'après être revenu en France, quand j'ai fait mon année de césure en école de commerce...

Mes trois voeux, le premier, c'était la Chine. J'ai eu la chance d'avoir mon premier voeu. Le deuxième était la Russie.

Et le troisième était un pays maghrébin, il me semble. J'avais une volonté d'apprendre une langue qui changeait de l'anglais, l'allemand, l'espagnol, les langues traditionnelles. Donc, je suis allé en Chine et six mois en université chinoise, où j'avais un peu plus de cinq heures de chinois par jour.

Ce qui permet, en effet, de... j'avais jamais parlé avant.

Donc, c'était assez intéressant, les deux premiers mois, les cours étaient en anglais. Les deux mois d'après, c'était moitié anglais, moitié chinois. Et les deux derniers mois, c'était uniquement chinois. -Quel niveau vous avez, par exemple, en chinois, là, maintenant ? -C'était il y a 15 ans. -Vous avez laissé tomber ? -Là, je me suis mis sur Duolingo. -C'est bien, c'est bien.

Pour essayer de re-récupérer. -Exactement. Depuis deux, trois semaines, je fais ça.

Et en fait, j'avais très bien progressé, j'étais capable de faire mes courses, discuter avec le chauffeur de taxi, etc. Mais en effet, n'ayant pas pratiqué pendant 15 ans, j'ai énormément perdu. -Qu'est-ce que vous avez mangé de plus fou en Chine ?

Qu'on ne trouverait jamais en France. -Alors, la soupe à la tortue, qu'on ne doit pas trouver en France, je crois. -Ca doit être interdit maintenant...

La tortue est protégée, je crois. Mais ça se mangeait, oui. -Sinon, les deux plats que je préférais en Chine, c'était le gong bao ji ding.

C'était du riz avec du poulet et des noisettes. C'était plutôt très bon. Et sinon, en street food, des lamians.

C'était des pâtes, mais faites devant vous. C'était super bien. Des pâtes chinoises assez épaisses, très bonnes, qui se mangeaient... -Il faisait les pâtes vivantes ? -Ah si, et j'adorais ça le week-end.

J'avais plus de temps que maintenant. Et souvent, j'achetais du poulet, mais il était recouvert d'argile. Donc recouvert de feuilles de thym et chauffé avec de l'argile tout autour.

Donc il fallait casser l'argile et puis après le découper. Et le matin à l'université, maintenant que vous m'en parlez, ça me rappelle...

Et le matin en université, je mangeais des oeufs. Mais qui étaient dans...

Ils faisaient bouillir dans de l'eau avec du thé dedans. Et les oeufs étaient tout noirs. -Ah oui, d'accord, ça infusait avec un goût particulier. -Et tous les matins, c'était ça avec du poulet. -Et ils étaient même un peu marbrés comme la coquille était cassée, c'est très joli, c'est très beau.

C'est facile à faire ça, je vous donne la recette. -Bien sûr. On quitte la Chine.

Et on va retrouver vos montagnes vosgiennes. Dites-nous si ces affirmations sur la gastronomie des Vosges sont vraies ou fausses. On en parlait tout à l'heure.

Les kneffes, je ne sais pas comment vous dites, les "knéfeux" ? -Les "knèfe". -...sont des petites boules de pâte à base de farine et de pommes de terre. -Faux. -Dites-moi, c'est à base de quoi du coup ? -C'est à base de farine, mais ce n'est pas de la patate, c'est de l'oeuf. -Vous avez raison.

Non, je voulais aller au bout de la démarche. Non, vous avez raison. Vous l'avez dit avec un tel aplomb, je me suis dit : alors très bien.

Vous avez raison. Farine, oeuf, lait, et on les appelle aussi les gnocchis des Vosges. La salade vosgienne est un mélange de trois variétés de salade verte. -Non, c'est faux. -C'est faux. -Salade vosgienne, des lardons, de la patate. -Oui, de trois salades vertes.

Mâche, scarole et laitue. Mais bon, il n'y a pas de mâche, mais que de la frisée. Les toffailles, préparées avec des pommes de terre, des oignons, du lard et du vin blanc, sont cuites à feu vif à la poêle. -Non, c'est faux, c'est cuit à l'étouffée. -Exactement, bravo, c'est cuit à l'étouffée.

Et enfin, dernière affirmation, la recette du pâté de truite a été inventée par des chanoinesses au XVIe siècle. -Bien sûr, c'est vrai. D'ailleurs, ça a été refait il n'y a pas longtemps à Remiremont.

Et maintenant, il y a la dégustation du pâté de truite à Remiremont. -Ah, donc vous goûtez quand même parfois des spécialités... -Oui, c'est surtout que je connais le pâté de truite. -Bon, chapeau en tous les cas. -Quatre sur quatre ! -La cuisine vosgienne.

Incollable et la chinoise, parfait. Il y avait un piège avec la mauvaise prononciation des dimsum. -Duolingo, Jean-Pierre !

On passe maintenant à la Brève de comptoir. Jingle -Jus de bleuets. -C'est très bon.

M. Naegelen, pour préparer cette émission, on vous avait demandé d'aller chercher dans vos souvenirs, dans votre mémoire, un moment qui mêle cuisine et politique. Expliquez-nous, qu'est-ce que vous avez choisi ? -J'avoue que ça a été assez dur, comme on l'a dit je ne vais pas souvent...

A des repas, mais j'ai pensé, on parlait de gastronomie, du moment où, je crois que c'était même avant d'être élu, j'avais été intronisé à la confrérie des rognons blancs de Rhin-aux-Bois, et donc au moment de la dégustation, parce que pour être intronisé, il faut manger ces rognons blancs et c'est vrai que c'est un goût qui est spécial, surtout avec une espèce de sauce au vin blanc qu'il y avait avec. -Vous avez terminé votre assiette ou pas ? -J'ai mangé ce qu'il fallait, j'ai été intronisé !

Mais c'est vrai que c'est un vrai beau souvenir, parce qu'on a beaucoup de confréries chez nous. On a la confrérie de l'andouille, comme on en a parlé, au Val-d'Ajol. Il y a la framboise à Saulxures-sur-Moselotte.

Il y avait la tomme de Meuse à Gérardmer. Mais dans ma circonscription, on a quand même quelques-unes. Et il y a celle des rognons blancs à Rhin-en-Bois.

Et c'est vrai que c'était... -Un moment fort, quoi.

Fort en goût, fort en émotion. -Fort en goût, plus qu'en émotion. -Vous en avez remangé depuis ? -Non. -Je comprends...

Les rognons, ce n'est pas mon truc non plus. C'est maintenant l'heure de vous emmener à la ferme. Et pour ça, pas besoin de faire des centaines de kilomètres.

On part en région parisienne, au beau milieu du plateau de Saclay. C'est tout de suite dans Le dessous des plats. Jingle On parle souvent, trop souvent, des exploitations agricoles qui ferment.

Mais aujourd'hui, on va plutôt parler de celles qui ouvrent sur le plateau de Saclay, dans l'Essonne. On comptait 13 fermes en 2008 et aujourd'hui, il y en a 27. Leur nombre a doublé grâce à une loi, accrochez-vous, la loi ZNPAF, pour Zone de Protection Naturelle, Agricole et Forestière.

Un texte qui a permis de stopper l'urbanisation croissante sur ces terres, où se sont implantées de grandes écoles, comme HEC. Aujourd'hui, le plateau de Saclay, c'est 4 800 hectares de nature protégée, dont 2 300 agricoles. Mais vous allez le voir, la cohabitation sereine entre la ville et la ferme reste un combat de tous les jours.

C'est un magnifique reportage de Dario Borgogno et Pierre Brretta. -La ville s'est comme arrêtée aux pieds de cette ferme. Une petite surface de deux hectares protégée par les autorités pour être dédiée uniquement à l'agriculture.

Une opportunité saisie par cet agriculteur en 2022. Maraîchage, verger et poules pondeuses, une exploitation biologique installée grâce à l'aide de la commune. -Il est assez onéreux d'investir pour s'installer en agriculture.

Donc, partager les investissements avec une commune qui partage une vision d'une ferme nourricière, c'était vraiment cette rencontre-là qu'on recherchait. On ne s'est pas sentis tout seuls et ça nous a aidés à concrétiser. -Pourtant, il y a encore quelques décennies, les villes du département n'étaient pas aussi concernées par les problèmes de ces agriculteurs. 40 % des terres agricoles cultivées en 1982 sur le plateau ne le sont plus aujourd'hui.

La faute à une forte urbanisation. Pour lutter contre ce phénomène, depuis 2010, une loi a sanctuarisé 2 300 hectares agricoles. Rassurant pour ce producteur de produits laitiers, l'exploitation familiale avait déjà dû déménager une première fois à cause du développement urbain. -C'est formidable de pouvoir continuer à être agriculteur, de savoir que ces terres-là ne vont pas bouger.

Ca nous permet de faire des projets agricoles. Et pour tous les agriculteurs d'ici, être assuré d'avoir ces terres, être agriculteur toute notre vie et pour plusieurs générations. -Malgré cette protection juridique, il reste encore des limites. -Bonjour madame, bonjour.

Bienvenue. -Faute de moyens dédiés et d'instances de gouvernance, cette loi est souvent mise à mal. L'association Terre et Cité doit alors continuer de protéger ces zones agricoles grâce à un dialogue constant avec les services de l'Etat.

Et les sujets ne manquent pas, comme le partage des routes. -Quand ils ont fait les travaux, juillet-août, pour eux, c'était une période creuse pour la circulation, mais pas pour notre activité. Donc je sais que vous êtes intervenus.

Et vous avez essayé de faire en sorte que ça s'active et que ça soit fini le plus tôt possible. -Les problématiques prises en charge par l'association Terre et Cité, c'est vraiment la question des fonctionnalités agricoles. Donner les moyens au quotidien à l'agriculture de fonctionner, qu'elle ne soit pas trop impactée par les travaux faits autour et lui conserver sa vitalité et son dynamisme. -Un équilibre encore très fragile, mais l'association a espoir de voir un jour d'autres zones agricoles être protégées sur notre territoire, à la manière du plateau de Saclay. -Est-ce que vous êtes concerné dans les Vosges ?

Est-ce qu'il y a des lieux, des endroits où l'artificialisation des sols vous inquiète ? -Dans ma circonscription, non. Non. -C'est pas du tout le cas dans les Vosges ? -Non, c'est vraiment pas un sujet.

On a beaucoup de l'agriculture de montagne, donc c'est quand même beaucoup plus dur, difficile d'avoir une artificialisation de la partie montagne. Et puis, il y a des politiques communales, départementales qui sont très cohérentes et qui l'empêchent aussi. Moi, j'aime beaucoup...

C'est ironique quand je dis ça, quand j'entends des collègues, notamment écologistes, nous parler d'écologie, quand on voit qu'ils viennent de Paris, Bordeaux, Toulouse, Marseille, des grandes villes, et qu'ils viennent dans nos campagnes nous expliquer comment est-ce qu'on doit vivre. Mais la réalité, c'est que nous, on veut protéger ces territoires qui nous ont vu naître, qui ont vu naître nos parents, qui ont vu naître nos enfants. Et je dis toujours que les premiers écologistes, c'est les habitants de ces territoires-là qui veulent les voir perdurer et donc qui prennent des décisions de gestion qui sont cohérentes avec leur environnement pour pouvoir allier une montagne vivante, parce qu'il ne faut pas mettre une cloche sur la montagne.

On doit avoir une montagne vivante avec des activités, de l'industrie, du tourisme. Mais encore une fois, user sans abuser, c'est important. Et en même temps, allier écologie, bien vivre, etc. -Est-ce que vous voyez, comme dans beaucoup de territoires malheureusement, des fermes disparaître ?

Là, ce n'est pas le cas. -Bien sûr. C'est un métier qui est extrêmement difficile.

On voit, oui, des fermes disparaître. On voit aussi des paysans se regrouper pour être en capacité, des fois, d'avoir un week-end. Des fois, d'avoir un peu de temps libre aussi.

Il y a aussi une évolution des mentalités. Etre du lundi au dimanche à la ferme toute l'année, parce qu'une ferme, vous ne pouvez pas fermer la porte à clé et sortir. Il y a des bêtes à l'intérieur à s'occuper ou autre.

Donc, beaucoup de paysans se mettent ensemble, qui font des GAECS et autres. Et ça permet aussi d'avoir cette rotation et de pouvoir avoir, de temps en temps, c'est rare, quelques jours de repos. -Très loin, aux antipodes de cette problématique de Saclay.

Vous, au contraire, ce n'est pas que des fermes remplacent des usines, c'est qu'on arrive à maintenir en vie ces fermes. Et là, on voit dans ce reportage, que c'est la commune qui aide, c'est bien gentil d'installer des fermes à la place des usines, mais ensuite, il faut bien leur permettre de vivre. C'est la commune qui s'en occupe.

Ce ne serait pas plutôt à l'Etat de faire ça ? Est-ce que l'Etat apporte une aide pour essayer de sauvegarder ce patrimoine de fermes dans les Vosges, dans les montagnes ? -Il faut des humains dedans. -Ce n'est pas forcément une question financière, c'est une question humaine. -Il faut aussi des hommes et des femmes qui soient là, des bras.

Et je tiens à rappeler un autre rôle très important des agriculteurs dans l'entretien du paysage. Regardez des photos d'il y a 50, 60 ans dans les montagnes. Où était la lisière de la forêt par rapport à là où elle est aujourd'hui ?

Quand il y avait plus de pâturages, donc moins de forêts, parce qu'un entretien se faisait plus, la nature a horreur du vide. Dès l'instant où des pâturages ne sont plus entretenus, la forêt revient extrêmement vite. Et en réalité, ce n'est pas est-ce que ça doit être l'Etat, ou la commune ?

C'est un travail collectif. Moi, je le vois chez nous. Les communes le font.

Le département le fait. La région aide à l'installation, à l'achat de matériel, etc. Donc, en réalité, tout le monde met la main à la patte dans les limites des compétences des mandats respectifs.

Mais tout le monde met la main à la patte. -Est-ce qu'il vous est arrivé, dans votre circonscription, d'avoir aussi cette espèce de manque de fluidité entre villes... vraiment zones très urbanisées et zone agricole à côté.

Ou ce n'est pas du tout... -J'ai 41 communes dans ma circonscription.

La plus grande fait 7 800 habitants. -D'accord. -Donc, je ne peux pas dire que j'ai des territoires...

Je n'ai pas de métropole, je n'ai pas de mégalopole, pas du tout. Les deux plus grandes villes sont Gérardmer et Remiremont, qui font à peu près la même taille, Gérardmer, maintenant, a un tout petit peu plus d'habitants. Mais non, on n'a pas une... on est loin, très loin d'avoir une sururbanisation. -Très bien.

Allez, on quitte la région parisienne et le plateau de Saclay et on part faire un tour dans un petit coin de France que vous connaissez bien, je crois, je ne vous en dis pas plus, c'est Les pieds dans le plat. Jingle -Alors c'est un lieu bien connu des amateurs de cuisine authentique des Vosges, j'imagine que vous le connaissez, une ferme-auberge où les produits de la ferme, cochons, boeufs, se retrouvent cuisinés dans les assiettes, sur place, grâce au savoir-faire de Brigitte. C'est un reportage à Gérardmer de Marion Becker et de Juliette Prunier. -Au coeur des Vosges, Gérardmer.

Entre lacs, forêts et prairies d'altitude, la ferme-auberge de la Mexel, sa trentaine de vaches et ses cochons, dont Brigitte régale ses hôtes. -C'est toujours traditionnel. Alors là, on a les super pâtés lorrains pour ce midi.

C'est une pâte brisée avec une pâte feuilletée au-dessus au beurre. Et dedans, il y a de la viande de porc qui est marinée au vin blanc avec persil, échalote, ail, sel, poivre, simplement. -Avec le cochon de la ferme, bien sûr, des plats typiques des Vosges. -On a la toffaille aujourd'hui aussi.

La toffaille, c'est les pommes de terre au lard et aux oignons. Donc là, ça cuit depuis...

J'ai laissé en veille, mais ça continue un peu à compoter depuis 8 h 00 ce matin. Pour ce midi, on a aussi un plat de boeuf. C'est le boeuf de la ferme aussi.

C'est tous des bons plats qui prennent du temps à cuisiner doucement. C'est comme ça que c'est bon. -Ici, tout est 100 % maison.

Autour de la grande cheminée, au-delà des spécialités vosgiennes, on vient aussi pour l'ambiance. -C'est bon, c'est chaleureux, on est bien. On mange bien. -On mange ce qui est produit localement, c'est quand même important.

On sait d'où ça vient et c'est toujours de qualité. C'est de la cuisine familiale, c'est ce qu'on recherche. -A l'apéro les amis ! -Ce jour-là, Brigitte reçoit des amis qui tiennent eux aussi des fermes-auberges et qui perpétuent cette tradition. -Je n'ai jamais regretté, mais jamais !

Ce côté convivial, ce partage. C'est nos produits et on les met en valeur. -Les gens veulent de plus en plus de bonnes choses, d'authentique. -Terroir et convivialité, voici les deux ingrédients de la recette de cette institution vosgienne. -Alors deux rectificatifs, un partout, la balle au centre, c'est Gérardmer en Vosges, et les petits rognons blancs, c'est pas des coucougnettes de taureau, mais d'agneau.

Donc est-ce que vous aimez ce principe des fermes-auberges ? Brigitte, vous la connaissez, c'est votre copine ? -Non, mais je la connais, je la connais bien en effet. -C'est un personnage des Vosges. -Je suis déjà allé manger là-bas, d'ailleurs, avec un ami qui est agriculteur, pour le coup.

Donc, oui, oui, je vois très bien où est l'auberge la Mexel et comment on y va. J'y suis déjà allé. -Et là, vous allez manger des toffailles. -On en a parlé tout à l'heure.

La question deux ou trois. -A l'étouffée. Et là, donc, elle a un petit cheptel et on coupe le boeuf en morceaux et puis on le met dans l'assiette.

C'est ça, pour le coup, le circuit est très très court. -Moi, quand j'étais allé, parce qu'ils ont un buffet aussi, donc nous, on avait mangé au buffet, mais c'est le cas dans beaucoup de fermes-auberges, soit c'est directement leur production qui est mise à table, ou alors une production locale, mais dans tous les cas, oui, c'est du circuit extrêmement court. -On parlait tout à l'heure de la ville de Gérardmer, qui accueille chaque année le festival du film Fantastique, je crois, qui est très très reconnu. -C'était il y a deux semaines. -Exactement.

Est-ce que ça amène énormément de touristes, énormément de gens ? Est-ce que ça remplit les auberges comme celle-ci ? -Clairement.

Mais Gérardmer, encore une fois, c'est une ville de 8 000 habitants à peu près. Beaucoup de résidences secondaires. -Ah ouais ? -Il y a une pression foncière qui est importante.

Pas dans beaucoup de villes, mais Gérardmer en fait partie. Vous avez le lac d'un côté, les pistes de l'autre. D'ailleurs, ça s'appelle la Perle des Vosges.

C'est vrai que c'est une très belle commune. Et oui, tout au long de l'année, il y a énormément de touristes qui viennent. -Ah oui, au-delà du festival ? -Bien sûr, toute l'année. -Ces fermes sont-elles aussi d'utiles ambassadrices de la cuisine vosgienne ?

Elle est un peu méconnue. Est-ce qu'elle souffre, d'un déficit d'images ? Y a-t-il du travail à faire pour qu'on connaisse bien, en France entière les recettes Vosgiennes ?

Et c'est vrai que sur ce plateau, on a un peu été hésitants...

Avec les toffailles...

Est-ce qu'il n'y a pas un déficit d'images ? Est-ce que ça, ça contribue à valoriser ce terroir ? -Bien sûr, ça permet de montrer que la France, ce n'est pas uniquement Paris.

Je vous invite avec grand plaisir. -Il n'y a pas de terroir à Paris. Il y a d'autres terroirs qui ont su faire prospérer leurs produits, le foie gras, la choucroute, etc. -Je vous invite dans ma circonscription.

On pourra aller voir Brigitte. On pourra découvrir d'autres fermes-auberges avec grand plaisir. Oui, c'est important.

Le salon de l'agriculture est important pour ça aussi. En fait, tout ce qui met en valeur notre patrimoine...

La mirabelle, ça fait partie de la tarte aux Brimbelles. D'ailleurs, j'aurais pu demander ça en dessert. La tarte aux Brimbelles, les myrtilles. -Oui, bien sûr. -Mais c'est vrai que c'est typiquement vosgien. -Vous parlez du salon de l'agriculture, je pense justement à celui qui va se dérouler cette année, sans vaches, que vous disent les agriculteurs chez vous ? -C'est acté, on est sûr que ça va être sans vaches ?

Parce que c'était encore en discussion. -Dermatose nodulaire, je crois que votre circonscription n'a pas particulièrement été touchée, mais quelles sont les remontées sur la colère des agriculteurs dans votre circonscription ? -Moi je suis quasiment quotidiennement à leur côté.

On en discute beaucoup. C'est vrai que sur la dermatose, on a eu la chance de ne pas être touché. Le climat fait aussi... et différentes choses.

Encore une fois, ce que demandent les agriculteurs, c'est de pouvoir vivre de leur travail. Donc, il y a certaines normes qui les embêtent. On parlait d'écologie tout à l'heure.

L'écologie est importante et les agriculteurs sont aussi des écologistes amoureux de leur territoire. Néanmoins, certaines normes empêchent de faire le travail, ou en tout cas... mettent une balle dans le pied par rapport à ce que peuvent faire nos voisins européens.

Ca, c'est une première évidence. Il y a, bien entendu, les prix de revente qui sont un peu compliqués, même si là, actuellement, la viande est plutôt assez haute. Donc, c'est plutôt positif. -Lorsque vous dites qu'il y a les normes et la surtransposition, le zèle ? -Bien sûr.

En fait, c'est de ça que je parle. C'est la surtransposition normative franco-française qui va beaucoup plus loin que ce que dit... c'est pour ça que je parle de nos voisins européens.

Je ne parle pas du Bangladesh ou du Mercosur. -On ne peut pas être vertueux ? Il faut toujours s'en référer à son voisin qui fait moins d'efforts de ce côté ? -Non, pas du tout.

Il faut que ce soit, là aussi, une réflexion collective qui est de dire : "Est-ce qu'on veut tous avancer dans le même sens ou pas ?" Et si tout le monde veut avancer dans le même sens, on met les mêmes règles pour tout le monde. Ou alors, on refuse d'importer dans nos assiettes des produits... -On se doit d'être inspirant. -C'est la loi Duplomb.

Je pense qu'on l'a tous compris sur ce plateau. Elle revient au Sénat. Le sénateur Laurent Duplomb remet sur l'ouvrage. -Franchement, sénateur Duplomb que je ne connais pas.

Mais à un moment donné, c'est du "jusqu'au boutisme". Non mais je veux dire, la loi, on en a discuté, on en a beaucoup parlé. Elle a été très mal résumée, très honnêtement, parce que résumer un texte de X articles par un titre de journal, c'est un peu compliqué. -Non mais c'était surtout la réintroduction des néonicotinoïdes qui ne sont pas forcément utilisés, chez des pays voisins. -Ce n'est pas la réintroduction des néonicotinoïdes, c'est la réintroduction d'un néonicotinoïde, l'acétamipride, qui ne faisait pas partie des néonicotinoïdes dont l'Europe demandait la suppression, mais il y a trois, quatre ans...

Quand on en a supprimé cinq, on en a supprimé trois, "imposés" par l'Europe obligatoire, on en a supprimé deux autres, dont l'acétamipride qui pour le coup...

Un peu de zèle, mais plutôt positif. On doit être inspirant. C'est du zèle positif.

Moi, je tiens juste à rappeler que l'utilisation de l'acétamipride, c'était 1,6 % de la surface agricole utilisée française. Que c'était cantonné, notamment à la noisette. Noisette et betterave.

Qu'aujourd'hui, la production de la noisette en France, c'est 20 % de la consommation française. Il y a 80 % de la consommation de la noisette française qui est importée, principalement de Turquie. Après, c'est d'Italie. -Bourrés de... -Deux pays qui utilisent...

Quand j'étais en circonscription, parce que j'ai eu des vrais échanges avec les gens, je suis plutôt favorable à la suppression des néonicotinoïdes. Et je l'avais voté, d'ailleurs, il y a cinq ans, la suppression. Mais à un moment donné, il y a aussi une cohérence à avoir.

Et les mêmes qui me disaient, "il faut supprimer l'acétamipride", mangeaient des crêpes au Nutella en même temps qu'ils me le disaient. Nutella qui est bourré d'acétamipride. A un moment donné, il faut une certaine cohérence.

On doit être précurseur. La loi ne réintroduisait pas l'acétamipride. Elle donnait la possibilité d'une dérogation dans un cadre extrêmement précis qui était si et uniquement si, il y avait une menace grave et imminente sur la production. -Mais le raccourci a fait que... -Mais le raccourci, ça a été plutôt que de prendre, vous voyez, les trois minutes pour expliquer cet article-là un peu en profondeur.

Et en disant que le but, dans tous les cas, c'est qu'on arrive à la suppression, mais qu'il faut que ce soit fait au niveau européen aussi. Ca a été résumé par un titre de journal. -Où les limites de la punchline en assemblée, quand on veut aussi faire du buzz dans l'hémicycle. -C'est fou.

Je tiens à rappeler que le Conseil constitutionnel a censuré cet article donc l'acétamipride n'a pas été réintroduit et que le lendemain où le Conseil constitutionnel supprime la réintroduction de l'acétamipride le Conseil européen autorise l'augmentation du dosage d'acétamipride dans tous les autres pays, le lendemain. On l'interdit complètement. Je ne sais pas si c'est bien ou mal, je ne suis pas scientifique, mais on l'interdit complètement.

Le lendemain, on dit aux autres pays qui l'utilisent, "vous avez le droit de l'utiliser et dans des plus gros dosages." Je veux dire, l'éleveur de noisettes, j'en ai pas chez moi, donc je n'ai pas de soucis. Et c'est pour ça que je trouve que Duplomb, il en fait un peu trop à vouloir réintroduire le truc et le réimposer.

Mais le producteur français de noisettes, il se dit qu'on l'interdit, par contre, tous les autres pays voisins, ils peuvent l'utiliser plus. Surtout qu'encore une fois, ce n'est pas une introduction, mais une possibilité de dérogation. Et qu'il y a des produits aujourd'hui qui peuvent être utilisés pour suppléer l'acétamipride.

Sauf que ça fait 20 % de production en moins. Donc, si à chaque fois qu'il y a une crise et qu'on utilise ce produit de substitution avec 20 % en moins, à un moment donné, qu'est-ce qu'on constate ? Que la production française baisse, mais la consommation ne baissant pas, ça fait une augmentation de l'importation de produits, déjà qui viennent de plus loin, donc qui polluent plus, le circuit court... donc non seulement ça pollue plus mais en plus de ça c'est des produits beaucoup plus dangereux parce que la France contrôle beaucoup plus que la majorité des autres pays importateurs. -C'est une bonne chose qu'on contrôle plus. -Oui, c'est très bien qu'on contrôle. -C'est ça.

Et comme on ne finit jamais un repas sans une note sucrée, il est l'heure du Péché mignon. Jingle -Vous avez demandé une île flottante. Dessert particulier.

Aujourd'hui, il se résume aux oeufs à la neige. Des blancs d'oeufs pochés dans une crème anglaise. Mais originellement, l'île flottante était autre chose.

Escoffier avait inventé ce dessert. Et ce n'était pas du tout des oeufs battus pochés sur du lait ou de l'eau. C'était vraiment un biscuit avec des abricots, une espèce de tranche de génoise, imbibé de liqueur, avec de la marmelade d'abricot et qui trempait effectivement dans de la crème anglaise.

Là, on ne fait plus vraiment ce dessert. Et les deux se sont confondus. Quand on demande des oeufs à la neige ou une île flottante, on a un peu ça dans son assiette.

Mais cela reste très bon. Et c'est visiblement votre dessert préféré. Vous êtes bec sucré. -Oui, préféré...

J'adore beaucoup les desserts. J'aurais pu demander une religieuse à la vanille, une tarte aux Bimbelles, mais j'avais tellement peur d'être déçu et qu'elle soit moins bonne que celle des fermes-auberges. -Fruits surgelés. -Oui, donc...

Et puis, ce n'est pas la saison. -Une île flottante, parce que ça fait partie de vos desserts préférés. -Parce que j'aime bien, tout simplement.

Le choix était beaucoup moins intellectualisé que la définition que j'ai eue, mais c'est extrêmement intéressant. -C'est un dessert de l'enfance, ça vous rappelle quelques souvenirs, en culottes courtes. -J'ai deux souvenirs avec l'île flottante.

Le premier, c'est un restaurant de Remiremont, La Coupole, qui s'appelait Chez Blache, où Claude avait une recette d'île flottante. J'y allais quelques fois le vendredi midi, car c'est le jour où je suis à la permanence. Donc c'est un des jours où parfois, quand je ne vais pas faire de sport le temps de midi, j'ai le temps d'aller au restaurant.

Et son île flottante, est vraiment excellente. Et oui, c'était aussi un souvenir un peu plus d'enfance. Et les saladiers, parce que c'était des saladiers que ma mère faisait d'île flottante, où je me revois dire à tout le monde : "Allez-y, servez-vous".

Et une fois servis, de prendre le saladier pour boire l'île flottante. -Evidemment, pour accompagner ce dessert, vous avez choisi quelques notes de musique qu'on écoute tout de suite. -Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne. -C'est évidemment Le Chant des partisans.

Pourquoi vous avez choisi cette musique ? -Quand vous m'avez posé la question, ça a été extrêmement difficile, je suis très éclectique. J'écoute vraiment de tout.

J'avais ma période, quand j'étais plus jeune, aux Etats-Unis, où ça aurait été plutôt de la musique style Eminem ou des choses comme ça. J'ai été élevé sur Radio Nostalgie, donc avec la variété française, Pierre Bachelet ou autres, ou des groupes maintenant plus modernes comme Therapy Taxi. Donc j'ai vraiment hésité.

Et en fait, comme on parlait dans France de souvenirs, mon arrière-grand-père est décédé en camp de concentration. Il faisait partie des Fremis, les habitants de Saint-Maurice, qui, le 2 octobre 1944, se sont fait rafler. Il est mort à Kaufering, une annexe du camp de Dachau.

Et mes parents travaillant beaucoup, les mercredis, les samedis. C'était ma grand-mère et mon arrière-grand-mère qui nous gardaient. Pour une, c'était son père, pour l'autre, son mari.

Et j'ai appris Le Chant des partisans, ma grand-mère me l'a appris bien avant La Marseillaise. Je la connaissais depuis enfant. D'ailleurs, je suis un des élus qui, on a beaucoup de cérémonies patriotiques chez nous parce que...

Comme disait le général de Gaulle dans son discours de 1946, "Nul département n'a autant connu le prix du sang que les Vosges." Donc on a toutes les cérémonies de libération des villages ou autres. Et moi, c'est une musique qui m'a marqué et l'année dernière, j'ai une de mes filles, elle était en CM1.

Et quand on fait la cérémonie du 2 octobre, moi, j'ai été marqué d'avoir ma fille qui lisait le nom des personnes raflées et mortes, dont son arrière-arrière-grand-père, puis qui chantait avec le reste de sa classe Le Chant des partisans, et moi-même, derrière, député, qui après ça ai pris la parole pour parler de...

Et c'est un chant que...

Alors déjà qui est très, je vais dire, oecuménique, fait par un communiste, il faut le rappeler, qui prouve bien qu'en temps de guerre, il n'y a pas de parti, on est tous ensemble, et donc la première symbolique, elle est aussi là, et une symbolique plutôt historique, familiale. -Super, merci infiniment d'avoir partagé avec nous cette anecdote, vos souvenirs et puis ce repas. Merci infiniment Christophe Naegelen.

Merci Jean-Pierre Montanay. On remercie Le Bourbon qui nous a concocté ce très bon repas. On se retrouve très vite pour un prochain numéro de Politiques à Table. ---