Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Débat28 minutes - ARTE· 12 mai 2026 45 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsImmigration & asileÉconomie & entreprises

Élise Blanchard / Emmanuel Macron a-t-il mis un terme à la Françafrique ? | 28 minutes | ARTE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 60 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 20:00OuverteRéponse partielle

    Emmanuel Macron a-t-il mis un terme à la Françafrique ?

  • 30:00RelanceÉludée

    Les bases militaires françaises en Afrique sont-elles un héritage colonial ?

  • 40:00OuverteRéponse directe

    La France doit-elle présenter des excuses officielles pour l'esclavage ?

  • 50:00RelanceRéponse directe

    Le retrait du Mali est-il un échec de la politique africaine de Macron ?

  • 1:00:00OuverteRéponse partielle

    Les investissements français en Afrique sont-ils vraiment gagnant-gagnant ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 20:00Emmanuel MacronFait
    « C'est un continent que je ne veux plus que la France regarde d'un côté comme étant un précarré où les dirigeants d'entreprise auraient en quelque sorte tous les droits. C'est fini depuis 2017, c'est terminé cette époque. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonsoir, vous êtes bien dans 21 minutes. Soyez les bienvenus. Merci de votre fidélité et bonsoir mes petits camarades.

Isabelle, merveilleuse bande. L'actualité géopolitique, c'est la présence d'Emmanuel Macron au Kenya, un pays anglophone du continent africain, faut-il le rappeler. Sa présence pour le sommet Africa Forward, l'Afrique en avance censé inaugurer une nouvelle ère. selon le président français, moins d'aide, plus d'investissement.

C'est un continent que je ne veux plus que la France regarde d'un côté comme étant un précarré où les dirigeants d'entreprise auraient en quelque sorte tous les droits. C'est fini depuis 2017, c'est terminé cette époque. La France-Afrique, s'est donc bien fini, chassé de plusieurs pays du Sahel, notamment du Mali.

La France renoncerait à être le gendarme de l'Afrique. La coopération économique, est-ce le nouvel et le Dorado ? On en débattra ce soir avant de vous retrouver en fin d'émission.

Marie Bonissau et Xavier Modui. Oui Ellisabeth et tous les passagers de Londus. Vous savez ce navire de croisière qui faisait voyager des castaent virus.

Chaque passager est rentré dans son pays d'origine avec des cas positifs, on le sait bien l'occasion de partir aux origines de l'antavirus qui va nous conduire jusqu'à une maladie du passé que l'on croyait mystérieuse et disparue. H Marie, on va préparer l'été et parler du droit aux transat. Un enjeu crucial dans les hôtels avec piscine ou paraît-il les places sont chères.

À tout à l'heure. Et pour commencer, place à une grande photo journaliste française qui a vécu plusieurs années en Afghanistan. Élise Blanchard, pris World Press 2026 pour un reportage sur les femmes et les filles afghanes fragilisées par la baisse de l'aide humanitaire américaine.

Élise Blanchard qui parle le Dari et le Pacheta a passé des mois dans la maison d'un taliban. Elle vient de publier le récit de cette improbable et fascinante cohabitation. On la retrouve tout de suite.

Bonsoir Élise Blanchard, je vous présente Anan Dia et Benjamin Sportouche. Vous faites paraître aux éditions du cherche midi ce récit hybride, cette plongée, cette immersion avec vos réflexions dans la maison d'un taliban. Euh vous y avez passé en tout presque 3 années.

Vous êtes rentré quand d'Afghanistan ? Tout récemment, je crois. Ce dernier voyage, je suis r j' était un mois et demi et je suis rentrée il y a quelques semaines juste avant la promo.

Quelques jours avant. Très bien. On évoque donc cette aventure incroyable, une famille qui vous a quasiment adopté, je mets les guillemets évidemment qui s'y est à ce mot d'adoption.

Après votre profil idéal réalisé par Olivier Boucreux. Él Blanchard, vous êtes photo journaliste. Pendant 7 ans, vous avez arpenté l'Afghanistan, ses villages et ses guerres.

Pour raconter la complexité de ce pays au-delà des certitudes occidentales, vous avez le profil idéal. Rien ne destinait la jeune exoise née dans les années 90 à un tel destin, d'abord Paris et Sciencep, puis New York et Colombia. Pendant vos études, dans un camp de réfugié, vous découvrez les récits des familles Afghanes exilées.

Vous aidez à traduire des demandes d'asile et peu à peu l'Afghanistan devient une obsession. Vous apprenez le Dari, le perçant oriental pour y partir seul en 2018 à 26 ans. Freelance puis journaliste pour l'AFP, vous couvrez la chute de Kabou et le retour des Talibans en 2021.

Vos photos paraissent dans Time, le New York Times, le monde ou The Guardian. Et lorsque vous quittez ponctuellement le pays, c'est pour documenter d'autres zones de conflit du Myanmar à l'Ukraine. Ce qui vous attire, ce sont les vies derrière les idéologies.

En 2022, lors d'un reportage, vous rencontrez Harman, ancien combattant taliban. Vous pensez photographier un soldat, vous découvrez un père entouré de ses filles, tendre, attentif. Ça m'a rappelé mon père qui met vraiment elles avaient cet amour dans les yeux lui aussi et ça m'a tout de suite perturbé.

C'était pas l'image à laquelle je m'attendais du tout. Pendant près de 3 ans, vous partagez le quotidien de cette famille, de cette immersion née aujourd'hui dans la maison d'un taliban. Vous y racontez les adolescentes privées d'école, les mères épuisées, les rêves empêchés. et votre travail continue.

Vous documentez la santé maternelle dans les zones rurales afghanes, des cliniques qui ferment, des sages-femmes isolées. En 2025, vous recevez le prix UNICEF Photo of the Year, puis votre image d'un accouchement dans une maison afghane est récompensée d'un World Press photo. Mais derrière ces prix, une méthode restée assez longtemps pour que les évidences vacillent.

À propos de l'Afghanistan, vous laissez cette phrase comme une mise en garde contre tous les clichés. Si on croit qu'on a compris, on a forcément tort. Oui, la phrase est en exerg de votre livre et c'est une phrase que vous avez dit d'un ami afghan d'ailleurs.

Il faut préciser Arman et Zarina, ce sont des noms d'emprunt. Ce n'est pas le vrai nom de cet homme et de sa famille. Cet homme qui est taliban depuis ses 15 ans et en même temps qui vous disait "Je suis un taliban de maison".

Qu'est-ce que ça veut dire ? Ben parce qu'en fait il est il a rejoint les Talibans en tant que soldat quand il avait euh 15 ans quand il était à dos 14 15 ans. Et euh ensuite donc il s'est battu, il a commencé en petits soldat mais après euh la prise du pouvoir par les talibans, sa femme dit qu'il avait des problèmes dans la tête.

En fait, il avait bah je sais pas si on peut appeler ça du postraumatique quand c'est dans le syndrome postraumatique. Ouais. Mais en fait donc il a il arrivait plus à travailler dans la prison.

On l'avait mis comme un chef d'unité dans une prison, il y arrivait plus. Ensuite, comme chauffeur d'un commandant taliban, il y arrivait plus. Donc il avait démissionné et il s'occupait de sa famille, de sa femme qui était malade pour l'emmener à l'hôpital.

Il s'occupait de son jardin, de sa et il aurait voulu avoir des ruches et des abeilles. Il se réveit apiculteur. Alors Zarina, sa femme, bon ce n'est pas son vrai nom, fille de Taliban, peut-être plus forcuné que lui d'ailleurs et malgré tout il vous accueille et même on vous appelle la tante dans la maison.

Comment se fait-il qu'on vous accueille ? Éise Blanchard parce que vous parlez le Pachetto et le Dari et que vous pouvez communiquer avec eux parce que vous êtes quelque chose d'extraterrestre quasiment et pas armé évidemment. Bah en fait c'est ça m'étonne.

Moi aussi ça a vraiment été un hasard quoi. C'est pas venu de moi qui a dit je vais trouver une famille taliban et je vais les étudier. C'est ça qui s'est passé en fait.

On s'est bien entendu. C'est surtout avec les femmes et les filles que je me suis les femmes, les filles, ses sœurs, sa femme avec qui je me suis très bien entendu, ça a cliqué. Elles ont mon âge ces femmes.

Faut faut voilà, faut pas oublier que c'est des femmes et des femmes qui ont mon âge. Et donc en fait le temps qu'on passait ensemble, c'était super intéressant. On rigolait et ça s'est plus fait naturellement.

Et pour moi c'était très intéressant aussi de pouvoir demander à un soldat taliban mais pourquoi tu penses ça ? Comment tu peux oser vouloir des choses aussi horribles pour tes filles ? Ta fille tu veux vraiment qu'elle qu'elle puisse pas aller à l'école et faire ce qu'elle veut.

Donc en fait pour moi, c'était à la fois intéressant et on s'entendait bien et ensuite on m'a demandé si j'avais une idée pour un livre et je me suis dit ah ben c'est vrai que ça c'est c'est étrange ce qui se passe là. Moi non plus je l'explique pas quoi. C'est étrange aussi parce que ça se passe à la campagne.

Vous dites le régime taliban n'exerce pas de manière aussi féroce son pouvoir en campagne qu'en ville. Ça caboule. C'est ça qui Oui, parce qu'en fait dans ces villages comme c'était déjà des villages sur le front ou dans des zones tenues par les talibans, en fait les règles, ils ont pas les imposer parce qu'elles existaient déjà.

Donc il y a une très faible présence de Taliban. Je les ai vu bah le lendemain de la mort de la mère d'Arman, là il y avait des talibans qui étaient là mais en fait ils étaient revenus au village pour l'enterrement. Ils sont pas là systématiquement parce qu'ils ont pas besoin d'être là parce que le mode de vie traditionnel traditionnaliste, lié à l'islam rigoriste est là de toute éternité quasiment dans les campagnes en Afghanistan d'une certaine façon.

Ah oui, c'est pour elle, en terme des règles et de leur mode de vie, le retour des talibans au pouvoir n'a rien changé à part que la pauvreté n'a fait qu'empirer. 30 juin 2023, Zarina vous dit "Deviens musulmane, récite le kalimat, vous refusez et une de ses filles vous dit "Le monde qu'Allah a créé est une prison pour les musulmans, mais c'est un test, il faut l'accepter car il y a un autre monde." Ça explique quelque chose ce qu'on pourrait voir nous comme une forme de de d'embrigadement ou de soumission, mais il y a un autre monde.

Ben moi en fait, j'ai essayé de C'est ce que vous écrivez he dans votre livre. Oui. Oui.

Ce que je veux dire c'est que quand elle me parlait qu'on en discutait, j'essayais de voir les choses de leur côté en fait. J'essayais de d'expliquer ses contradictions des ces contradictions. Donc je mettais pas de jugement, je me disais pas ils ont tort, ils ont raison.

C'était plus OK. Qu'est-ce que tu en penses toi ? Pourquoi est-ce que tu fais ce que tu fais ?

Et donc ce que j'ai moi ce que je voyais c'était un raisonnement qui était un peu dur à battre parce qu'avec tous ces débats avec Arman, des fois il lâchait, il disait "Oui, c'est vrai que moi j'aimerais ma fille, elle puiss être docteur, j'ouvrirai une petite pharmacie." Mais à la finissait toujours sur ce bah de toute façon, si entre passer entre faire des sacrifices maintenant et passer ta vie au paradis ou aller vouloir mettre des mini jupes tout de suite et enlever ta burka et passer ta vie enfer, c'était toujours bah écoute, c'est quelques décennies quoi, laisse tomber, ça va. C'est ça.

Élise Blanchard, on va évoquer avec vous et avec Anna les talibans. Une décision qui a été promulguée en janvier dernier, un nouveau code pénal qui réduit encore plus, si cela était possible, le droit des femmes. Oui, depuis 2021, les femmes ne peuvent plus étudier, conduire ou se promener dans les parcs, mais avec ce nouveau code pénal qui légalise cette fois les violences conjugales, c'est un pas de plus qui est franchi.

L'article 32 précise notamment que le mari est autorisé à donner des coups à son épouse. Je cite tant qu'il ne lui brise pas les eaux ou qu'il ne cause pas de plais ouverte. Alors les femmes, si elles arrivent à prouver leurs blessures, la peine maximale encour de 15 jours de prison maximum.

À titre de comparaison, c'est que 5 mois pour l'organisation de combat d'animaux. L'ONU s dit très inquiète et a appelé les États à enquêter en Afghanistan sur les violations des droits humains par les talibans. Dans le livre, Elise Blanchard Nouria, une des filles vous dit "Les Afghans ne méritent pas de continuer à souffrir autant.

Seule la mort peut arrêter notre douleur. Est-ce qu'aujourd'hui vous êtes inquiète pour Nouria et ses sœurs avec la promulgation de ce nouveau code pénal ? Euh bah Nouria, pour remettre en contexte, dans ce livre, j'ai voulu inclure aussi des adolescentes et des jeunes femmes de Kabou parce que je voulais pas écrire le livre en disant bah regardez la famille taliban, on oublie ce que leur gouvernement a enfin les les conséquences de ce qu'ils font.

Et Nouria, voilà pour du contexte, c'est une ado qui que j'avais rencontré quand le lycée a fermé. Elle était en pleur quand ils avaient rouvert les lycées puis refermé. Elle était en pleur devant le lycée et elle se rêvait politique.

Elle avait ses rêves énormes. Elle y croyait. Elle travaillait à l'école comme une comme une malade et d'un coup elle a vu tout s'écrouler.

Donc au sur les années où je l'ai suivi, bah elle a d'abord elle prenait des cours en ligne, ensuite dans un hôpital pour devenir infirmière. Elle se raccrochait à ça même si c'était vraiment elle disait "Non mais c'est pas ce que je veux faire de ma vie moi, mais bon ok." Et en fait ensuite elle est devenue complètement dépressive.

C'est un c'est un pseudonyme, c'est pour ça que je me peris de donner des détailson médicaments, dépression chronique. C'est une fois je suis venue et elle avait elle venait d'avoir essayé de faire enfin elle avait essayé de faire une tentative de suicide. Enfin c'est Noria, c'est vraiment le symbole de pour moi de ce que font les aliments du subliste quotidien vécu par ces femmes.

Poussé des adolescentes au suicide. Et donc Noria, bah elle je pense pas que sa mère j'espère encore va la forcer à se marier pour l'instant parce que c'est pas une famille où c'était dans les esprits parce qu'il y a il y a tout types de famille mais c'est inquiétant pour toutes les Afghanes. Enfin le problème c'est que c'est des choses qu'on peut plus mettre de niveau qu'elles sont interdites d'école qu'on permett de les battre.

Il y a même plus de enfin il y a plus de il y a plus de jugement c'est juste horrible quoi. Par crime contre l'humanité ell tiennent et vous l'écrivez parce qu'elles prennent souvent des anxiolitiques et des antidépresseurs à leur insu quasiment. vous découvrez qu'on leur donne cela que le médecin c'est ce qui prescrit le plus facilement.

Oui, ça je me suis permise de mentionner dans le livre parce que je l'ai vu dans beaucoup de régions, dans beaucoup de situations. Même moi une fois, je suis allée chez un docteur près de chez moi et ils m'ont prescrit du Xanac sans me dire alors que c'était pour une grosse crève mais c'était pour m'aider à dormir le soir. Et elle et en fait oui, elle se retrouve souvent avec des anxiques ou des antidépresseurs sans qu'on leur dise ce que c'est.

Donc Zarina, bah à chaque fois, elle me montrait ses médicaments parce qu'elle savait pas trop ce qui était quoi et en fait elle mettait le Prosac au même niveau que le Doliprou Dolpran. Elise Blanchard, vous avez reçu le prix World Press photo 2026 pour cette photo qu'on voit. Où a-t-elle été prise par vous-même ?

Que représente-t-elle ? Un accouchement dans des conditions terribles qui expliquent que la mortalité maternelle notamment en Afghanistan est une des plus élevées au monde ? En fait, j'ai eu le WordPress pour le pour un reportage sur tout ça et en fait c'était un reportage sur les le fait que avec les coupes de fonds américains de l'USF, mo d'aide humanitaire, fragilisation, la condition vie des femmes Donald Trump.

Voilà, il y a beaucoup de cliniques qui ont dû fermer dans des zones où il y avait déjà très peu accès à la santé et donc les femmes n'ont plus accès à des sages femme parce que soit c'est trop loin, elles peuvent pas se payer une voiture, soit tout court c'est trop loin. Et donc en fait elle se retrouve à à recommencer à accoucher dans la maison. Quand j'y suis allée, il y avait déjà des femmes qui avaient perdu leurs enfants en essayant d'attendre une clinique, des femmes qui étaient mortes.

Et là, c'était Goul Chaman, une sage femme qui elle, même si elle était plus payée, elle avait décidé de rester et de continuer à travailler pour pas abandonner les femmes du village. Et donc ça c'était cette jeune fille, c'était son premier bébé et elle avait accouché. Donc Goul Chaman était venu la voir pour lui expliquer comment se débrouiller parce que voilà, elle continuait son travail sans salaire et c'est vraiment ça moi que j'essaie de montrer, c'est ces Afghanes qui sont mais incroyables, solidaires entre elles.

Merci Élise Blanchard dans la maison d'un taliban, un récit absolument stupéfiant aux éditions du cherche midi que voici. Merci infiniment d'être venu dans 28 minutes. On va passer à notre débat sur le sommet Afrique-Fance Africa Forward qui s'achève aujourd'hui au Kenya en présence d'Emmanuel Macron et de pas mal d'investisseurs. l'occasion de faire le bilan sur 9 ans de relation tumultueuse entre la France et le continent sous la Macronie.

La page de la France-afrique néocoloniale est-elle tourner ? La politique mémoriale d'Emmanuel Macron suffit-elle à penser toutes les plais ? Moins de présence militaire, plus de partenariat économique, est-ce nouvelle diplomatie d'appui ?

Comme on dit, on en débat après la mise au point d'Amiras Willam. Emmanuel Macron veut décoincer les relations avec l'Afrique et il met de sa personne. Le sommet entre l'Afrique et la France était organisé pour la première fois dans un pays anglophone, le Kenya.

Dans la sacoche du président, une enveloppe de 23 milliards d'investissements sur le continent dont 14 venant de France. Nous croyons que l'Afrique est un continent. C'est celui qui a la plus grosse croissance au monde et donc il faut le regarder totalement différemment.

Et en effet, c'est un continent que je ne veux plus que la France regarde d'un côté comme étant un précarré. C'est fini. Depuis 2017, c'est terminé cette époque.

En 2017, dès son premier mandat, Emmanuel Macron tente d'imprimer sa marque à Wagadouu. Devant un parterre d'étudiants, il livre sa vision des nouvelles relations franco-africaines. Je suis d'une génération de Français pour qui les crimes de la colonisation européenne sont incontestables et font partie de notre histoire.

Avec Emmanuel Macron, les gestes symboliques se multiplient. Restitution d'œuvres pillées. Reconnaissance des responsabilités de la France dans le génocide rwandais.

Rapport sur la guerre menée par la France au Cameroun entre 1945 et 1971. Premier président français né après les indépendances, Emmanuel Macron n'a pas perdu pour autant les vieux réflexes. Les points de friction restent nombreux à commencer par l'Afrique de l'Ouest où la série de pouches militaires qui ont eu lieu au Mali, au Niger ou encore au Burkina Faso ont débouché sur un départ des troupes françaises.

On veut que la France quitte dans notre pays pour aller être dans son pays. Ici c'est pas la France. Actuellement nous sommes là pour dégager la France.

Emmanuel Macron a profité du sommet de Néroi pour tendre à nouveau la main. Alors cette stratégie est-elle payante ? Rompre avec le passé est si simple.

Emmanuel Macron a-t-il tenu sa promesse de renouveler les relations de la France avec l'Afrique ? Nos trois invités pour ce débat. Merriemélal.

Bonsoir. Journaliste et productrice à France 24. Vous êtes aux commande du journal de l'Afrique.

Vous considérez qu'Emmanuel Macron n'a toujours pas compris comment fonctionne le continent. Il est toujours dans une certaine manière dans la France-Afrique et les nouvelles générations ne supportent plus ce paternalisme. À côté de vous, Martial Zbellinga, bonsoir.

Économiste et sociologue. Selon vous, l'époque du précarré de la France en Afrique est terminée, mais c'est lié aux mutations de l'économie mondiale. La France a deux factos, ajoutez-vous, une place moins importante dans les économies africaines.

C'est mécanique. Et à côté de vous, Nicolas Normand, bonsoir. Ancien ambassadeur de France entre autres au Mali, au Congo, Brazaville et au Sénégal.

Votre essai le grand livre de l'Afrique est paru aux éditions Hol. Vous estimez que le bilan d'Emmanuel Macron en Afrique est contrasté. Il n'y a pas eu de rupture sur les questions diplomatiques et militaires, mais il y a eu des avancées sur les questions économiques et on y reviendra évidemment après le sondage du jour. 93 % des Kénans ont une bonne image de la France, un chiffre tiré d'une enquête toute récente sur l'image donc de la France dans neuf pays africains.

Et regardez ce qu'il en ressort, c'est qu'aujourd'hui la France est bien mieux considérée et de loin dans les pays anglophones que dans les pays francophones. My Améal, ça vous surprend ces chiffres ou pas du tout ? Absolument pas.

C'est tout à fait normal. Il y a pas d'histoire coloniale dans ces pays de pour la France. Donc on voit la France avec un peu de recul. et et la France voit ses pays aussi avec un un certain recul.

Donc il y a pas ces relations conflictuelles comme on peut les voir, je vois la Côte d'Ivoire ou même avec le Sénégal en ce moment qui est dirigé par un président souverainiste. Donc on voit pas tout à fait on ne considère pas tout à fait la même chose la France dans ses pays anglophones. Et c'est pour ça qu'Emmanuel Macron s'y est rendu et d'ailleurs dès le début euh de son mandat, il s'est rendu au Ghana euh qui est un pays anglophone.

Il a tissé des liens avec le président de l'époque Nana Koufoado. Donc on a vu qu'il y avait cette volonté aussi de de séduire ces pays africains anglophones et de dépassionner donc la relation. Je sais pas si c'est ça la volonté, mais je dirais plus plutôt diversifié.

C'est-à-dire que je crois que la France, les relations entre la France et l'ancien précarré ont atteint un maximum. C'est-à-dire qu'elles ne peuvent probablement pas aller beaucoup plus loin, en tout cas en terme économique et cetera. Et on est plus dans un temps aujourd'hui qui a un temps, je dirais vous avez dit souverainiste, un temps décolonial plus global.

C'est-à-dire que les questions mémorielles, les questions historiques, les questions euh d'extractivisme et cetera sont mises au premier plan. De telle sorte qu'à mon sens la politique qui est considérée comme la politique africaine de la France, elle va être de plus en plus faite à la demande des Africains et par les Africains quasiment. Nicolas Normand en même temps cette ce choix du Kenya c'est aussi pour Macron d'une manière de concrétiser ce qui dit la fin du précarré de la France en Afrique.

C'est aussi cela qu'il voulait signifier. Alors les le président Macron comme ses deux prédécesseurs ont annoncé la fin de la France Afrique des changements radicaux dans la politique africaine. Rappelez-vous Sarkozi en 2007 il avait fait de la fin de la France de la fin de la France-Afrique un objectif officiel de la politique de sa politique.

Même chose pour ensuite François Hollande et en fait ils n'ont rien changé et de nouveau, Macron n'a rien changé parce que qu'est-ce que la France Afrique pour les Africains ? C'est la présence de base militaire. C'est des expéditions militaires françaises dans le précarré en Afrique francophone.

C'est le franc CFA et c'est des injonctions, des ingérences dans la politique interne. Or le président Macron a répété tout cela. Il a maintenu les bases militaires.

Il a maintenu Barcan sans faire aucune critique de l'opération Barcane, c'est-à-dire de la présence militaire de Il a même augmenté le nombre de soldats français. il est passé de 4500 à plus de 5000 euh militaires français dans le Sahel. Euh et en plus, il n'a pas du tout envisagé la fin de cette opération.

Il aurait dû au minimum faire le bilan et essayer de de voir s'il fallait continuer de la même manière. Mais Myam, si on regarde en terme d'économie, on va voir que les les principaux partenaires commerciaux, ce sont plus les pays d'Afrique francophone. C'est le Nigéria, c'est l'Afrique du Sud puis la Côte d'Ivoire seulement.

C'est assez important le différentiel. Voilà, il y a quand même une évolution, non ? tout de même dans les relations que la France nous maintenant avec le continent africain il y a il y a eu une évolution il y a eu aussi une dégradation des relations avec les pays qui ont abouti aussi sur ce ce on va dire ce manque d'investissement ou le recul de la France par rapport à d'autres puissances on va se rattraper avec des pays anglophones on peut se rattraper c'était aussi l'objectif au Ghana alors le Ghana je l'ai pas dit tout à l'heure mais c'est un pays anglophone entouré de pays francophones donc c'était très intéressant d'un point de vue économique aussi parce que beaucoup de gens par le français au Ghana et que ça pouvait aussi euh d'un point de vue linguistique parce que la langue française aussi recule, faut pas l'oublier.

Euh c'était il y avait un objectif linguistique mais aussi économique au Ghana. C'était vraiment un pays très intéressant, mais c'est vrai euh que c'est plus facile aujourd'hui pour la France d'investir dans ces pays euh parce que il y a pas cette relation conflictuelle, il y a pas cette histoire, cette question mémorielle euh que dans d'autres pays où il y a eu des avantages, je pense au Sénégal avec la pêche par exemple où les pêcheurs sénégalais étaient désavantagés par rapport au aux pêcheurs de l'Union européenne. Donc il y a eu tout tous ces toutes ces choses, tous ces avantages qu'avait la France et dans ces pays qui ont fait que les les les nouveaux présidents, je par je pense à Bassir Myfi qu'on voyait tout à l'heure sur les images, président sénégalais, souverainistes ou même les populations disent stop maintenant, on veut du gagnant gagnant, on veut et surtout que c'est une nouvelle génération qui n'a pas vécu ils ne veulent plus ces pays africains de relation à sens unique avec la France.

écouter ce qu'on dit le président Kenan William Rutsibilities relationship is not going to be one we will be expecting from France as they will be expecting from us and they will be giving as much as we're keep giving that is the win win you know mutually beneficial relationship Marcel Zbellinga voy voilà un dirigeant fringuin qui dit voilà on est maintenant dans une relation de gagnant gagnant et d'ailleurs il salue que la France va investir 14 milliards d'euros pour aider l'Afrique à être plus souveraine et non pas être dans l'aide pur et simple comme cela était le cas auparavant avec les les prêts qui lui étaient accordés. Est-ce qu'il y a un changement ou pas ? Là en fait difficile à dire. vous avez pris le cas du Nigéria, faut comprendre une chose, c'est que en réalité depuis euh depuis depuis la période coloniale, les principaux investissements sont des investissements de matière première.

C'est-à-dire que l'Afrique reste malheureusement dans une configuration assez précise qui est une configuration coloniale au sens économique du terme, c'est-à-dire on exporte les matières premières et on importe des biens, les services manufacturés. C'était exactement le cas avec le Nigé. Exactement.

C'est exactement le cas aussi avec le Nigéria. C'estàd il y a une diversification de des partenaire géographique parce que le Nigéra c'est quand même un des plus grands producteurs aussi. Euh euh et ça fait très longtemps hein que la France a ses relations de pétrole avec le Nigéria.

Ça date pas d'aujourd'hui. C'est pas c'est pas lié au contexte actuel, c'est beaucoup plus ancien. Donc euh il reste en fait cette cette économie euh disons euh un peu coloniale après la colonie euh justement qui fait que il y a un butoir dans l'évolution des relations entre la France et les pays africains.

C'estàd que quand vous regardez pas que la France he l'Union européenne quand vous voyez comment les économies sont configurées, les africains ont plus besoin aujourd'hui de transformer leurs économies, de les industrialiser, d'aller vers du contenu local et cetera et cetera. Et c'est cette relation là, il la trouvent beaucoup moins avec les pays européens dont la France. Ils vont la plus la trouver avec l'Asie, avec aujourd'hui la Turquie et cetera et cetera.

Ce qui fait que quand on parle justement de cette relation qui change, elle change mécaniquement par la force des choses et parce qu'on est dans un temps qui est un temps de décentrement, un temps décolonial, un temps comment dire de où se provincialise aussi les relations. On ne peut plus avoir des relations de un peu de maître à à esclave malheureusement ou de de patron à voilà exactement. Nicolas Normand, il y a aussi les mots qui changent Emmanuel Macron, il ne parle plus tant d'aide mais plutôt d'investissement.

Est-ce que ça c'est une manière un peu moins paternaliste de considérer le continent africain ? Mais malheureusement, on appelle toujours agence française de développement et on parle toujours d'aide au développement. Donc on n pas changé ces termes qui sont un peu humiliants parce que la main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit, n'est-ce pas ?

Mais pourtant les enveloppes ont réduit. Alors et en plus alors maintenant le sommet Africa Forward qui s'est tenu aujourd'hui et hier mettait l'accent sur l'investissement et le développement des relations avec les entreprises. Ça c'est une bonne chose.

Mais ce qui freine les investissements, c'est pas tellement les entreprises occidentales, c'est les conditions d'investissement en Afrique qui sont difficiles parce que il y a pas beaucoup d'état de droit souvent. Donc, il y a des problèmes de contentieux avec les entreprises qui sont difficilement réglées. Une incertitude juridique, une incertitude même quelque fois sécuritaire et puis un manque d'infrastructure, un manque même de cadres locaux formés, donc un manque de système éducatif performant.

C'est ça les vrais freins. Ça explique que le continent africain dans son ensemble ne reçoit que 3 % des investissements directs étrangers dans le monde. Donc c'est très peu par rapport à l'Asie qui reçoit 40 %.

H je suis pas convaincu par l'explication. Il y a d'abord parce que vous savez dans les pays dit pauvre entre guillemets le taux de rentabilité du capital est en général plus élevé par définition. Donc en gros les entreprises qui sont positionnées sur les marchés africains, leur bénéfice en général est plus élevé.

Donc ça veut dire que si ce n'était qu'une question de calcul économique de ce point de vue-là euh bah elles investiraient. Ça passe un déficit d'investissement quand même. Oui, ça va pas été la réindustrialisation justement que vous appelez de vos vœux.

Exactement ce qui se passe c'est que on va dire que l'Afrique historiquement est spécialisée h dans les matières premières et c'est cette spécialisation qui est dure, qui est extrêmement difficile à dépasser. C'est pour ça que aujourd'hui il y a il faut penser les choses différemment. Je suis pas tout à fait d'accord quand vous dites qu'il y avait l'aide avant, il y a jamais eu l'aide.

Il y a toujours eu l'intérêt. Il y a eu des catégories disons de de des catégories institutionnelles ou administratives qu'on appelait aide mais qui était des prêts. L'agence française dévelutement fait principalement des prêts.

Donc il y a jamais eu d'aide aux africains. Par contre si on regarde bien les processus historiques, l'aide elle a pu venir d'Afrique vers le vers la France et vers l'Europe. Si on regarde si on regarde les les mouvements de matière première, si on regarde les mouvements des flux exactement financiers, si on regarde également les les flux financiers illicites parce que c'est extrêmement important de savoir que aujourd'hui on a autour de 80 milliards chaque année qui reviennent qui quittent l'Afrique et qui viennent en Occident en terme de flux financier illicite par le les le jeu de voilà.

Il faut donc corriger ce qui vient d'être dit parce que faut qu'on évoque la dimension mémoire sont des prêts concessionnels n'est-ce pas qui sont pas un taux de marché. Ouais budgétaire dans moi je pouris juste dire très rapidement que Emmanuel Macron a tout de même capté quelque chose dans cette à cette nouvelle Afrique avec cette nouvelle génération qui est entrepreneuse qui est dynamique et ça c'est c'était quand même un bon début et on voit qu'il est génération génération d'après les colonies. Exactement.

Et ce qui est intéressant aussi c'est que cette jeunesse justement veut sortir de de tout cela. Moi, j'avais parlé avec des jeunes et j'avais aussi m'étais entretenu avec l'ancien président sénégalais Macky Sall qui disait "Il faut qu'on sorte de ce schéma colonial où la Côte d'Ivoire ne produit que du cacao ou euh le Bénin produit du coton. Il faut changer tout ça et c'est une nouvelle génération qui veut aussi changer tout ça." Alors on va évoquer très probable que justement ce sera pas à la à l'initiative de la France et des Européens.

C'est justement ça on verra. Mais en attendant, on va évoquer avec vous trois et avec Anna euh un événement récent qui a eu lieu à l'ONU autour de la reconnaissance de ce crime épouvantable que fut l'esclavage. Oui, c'était le 25 mars.

Le NU a adopté une résolution historique qui a reconnu l'esclavage comme crime le plus grave contre l'humanité. Cette résolution, elle est non contraignante et elle a été portée par le président du Ghana, John Draman Mahama et par l'Union africaine. Et elle invite donc les États responsables de la traite, les États-Unis et l'Europe, à présenter des excuses officielles et à envisager des compensations financières dans un souci de réconciliation.

Il faut rappeler que pendant près de 4 siècles, 12 millions d'Africains ont été déracinés, enlevés de force, torturés et exploités en Amérique au profit des puissances coloniales occidentales. Est-ce que la résolution a été adoptée à l'unanimité ? Ad non. 123 pays ont voté pour, trois contre, les États-Unis, Israël et l'Argentine et 52 pays se sont abstenus, dont le Royaume-Uni, les pays de l'Union européenne et la France au motif qu'elle ne voulait pas créer de hiérarchie entre les crimes contre l'humanité.

Nous refusons de mettre en compétition les souffrances, a ajouté Jean- Noël Marotu, le ministre des affaires étrangères, tout en reconnaissant la nécessité d'un travail, je cite, de mémoire et de vérité sur notre passé. Et puis début avril, donc quelques semaines après, lors de la visite du président ganéen en France, l'entourage d'Emmanuel Macron a laissé entendre que Paris serait peut-être prête à ouvrir un débat maintenant sur les réparations de l'esclavage. Alors Nicolas Normand, est-ce que cette abstention de la France à l'ONU, c'est quelque chose qui a été mal vécu en Afrique ?

Oui, ça a été mal vécu. À mon avis, c'est une erreur diplomatique de s'être absten parce que le prétexte qu'il doit pas y avoir de hiérarchie dans les crimes contre l'humanité ou les ou les génocides ne tient pas enfin je veux dire ce qui était important c'était de condamner symboliquement l'esclavage. On l'a fait par des lois en France.

C'est pas le seul pays qui s'est abstu alors on est un des rares pays à l'avoir reconnu publiquement par des lois n'est-ce pas ? Donc ça c'est une bonne chose mais il fallait fallait être cohérent avec nous-même à l'ONU. Il fallait peut-être aussi euh m'être rappeler que les pays musulmans, n'est-ce pas, ont contribué beaucoup à l'esclavage.

Ça a duré quand même du 8e siècle jusqu'au 19e siècle pratiquement alors que l'esclavage occidental a duré du 15e ou 14e siècle jusqu'au 18e siècle encore. Et Marcel Binga, tout de même le Emmanuel Macron a a fait tout un travail dans la restitution d'œuvre d'art. Il a reconnu la responsabilité français dans le génocide Wandé.

Il y a eu des avancées tout de même mémorielles ou pas, vous diriez sous ces deux quinquenas. Alors, je dirais que c'est peut-être le domaine dans lequel la déception va être la plus grande parce que oui, parce qu'en réalité, bon, si on prend la loi sur la restitution, la loi sur la restitution donne l'impression de passer d'un d'un disons d'un des restitutions qui étaient parlementarisées, on va dire. La loi dit, on ne passe plus par le parlement.

OK. Euh donc a priori, ça donne l'impression de faciliter les processus de restitution. Sauf que dans le contenu de la loi, il y a des commissions.

Donc en gros, on va repasser par du au cas par cas. On va avoir deux commissions, une commission nationale et une commission adoc. Donc on n'a pas tant avancé que ça.

Et pour terminer pour l'aspect mémoriel, en réalité l'objectif qu'il y a pour les on ne peut pas administrer la mémoire, on ne peut pas administrer l'histoire et passer par des commissions, ça ne fonctionne pas. Et il faudra criminaliser les processus devraient l'être. Ah mais là vous êtes aussi sévère que entre vos voisins ?

Alors je suis pas sévère à 100 % parce que factuellement factuellement Emmanuel Macron en a fait beaucoup. On peut pas le nier. Il y a eu l'Algérie, hein, même si c'est un sujet très vaste qu'on va pas aborder ici mais il y a eu voilà, il y a eu il y a eu il a fait plus que n'importe quel président de la 5e République.

C'est la perception de ce qu'il a fait. Il y a eu la le Rwanda, il y a eu le Cameroun avec la restitution des archives sur la guerre du Cameroun, il y a eu l'affaire de Tiaroy aussi, même si à chaque fois euh de l'autre côté, ce n'est pas toujours bien accueilli ça parce que même si en France ça c'est considéré comme un très gros effort, de l'autre côté c'est considéré comme une miette dans ce que dans ce que ces pays récent. Mais ce qu'il faut ce qu'il ne faut pas perdre de vue, c'est que cette question mémorielle, c'est pour les pays euh pour les pays qui sont concernés une question d'histoire, de mémoire et cetera, mais c'est ça aussi une dimension juridique et une question de réparation.

Quand l'Allemagne a reconnu le génocide des NAMAS et des Heréros, et ben il y a eu des des compensations financières qui ont été versées au aux victimes et ça c'est une question aussi qui bloque qui reste en suspens. Alors, on va évoquer euh la France qui n'est plus donc le gendarme du continent et sur le continent africain avec notre archive. Regardez au Sahel en 2022, marche arrière.

Toutes les troupes françaises entament leur retrait du Mali après avoir été présente pendant de nombreuses années dans le cadre de l'opération Barcane et Serval. C'est la plus grande base militaire française à l'étranger. Gao, avec une vingtaine d'hélicoptères, plus de 400 blindés et 300 véhicules lourds sera démantelé d'ici 4 à 6 mois.

Au total, 2400 soldats de l'opération Barkane vont quitter le Mali après la fermeture des bases de Gossi, Gao et Menaka. Une décision annoncée ce matin par le chef de l'État alors que les relations avec la Ginte Malienne sont au plus bas. Nous ne pouvons pas rester engagés militairement au côté d'autorité de fête dont nous ne partageons ni la stratégie ni les objectifs cachés.

Une partie des forces présentes au Mali sera redéployée dans les bases déjà existantes au Niger notamment, mais aussi plus à l'ouest, au Sénégal et en Côte d'Ivoire. Une opération à haut risque alors que les manifestations antifrançaises comme celle-ci se multiplient dans la région. Ce retrait assez spectaculaire, Nicolas Normand des troubles françaises.

Est-ce que c'est un échec vous diriez là aussi de la polémique d'Emmanuel Macron ou il a hérité des erreurs de ses prédécesseurs ? Alors, les deux parce qu'il a hérité euh de la des erreurs du président François Hollande qui avait lui-même prolongé l'opération Servale en 2013 jusque jusqu'à la fin de son mandat et en 2017 euh le président Macron a continué l'opération Barcane sans la remettre en cause. Or, cette opération échouait dans ses objectifs puisqu'elle avait pas réduit le djihadisme qui s'était au contraire développé, qui avait augmenté et d'autre part cette opération a été mal perçue par les autorités locales parce que elle était beaucoup trop autonome par rapport aux autorités politiques parce qu'elle se battait séparément de l'armée malienne parce qu'elle humiliait en quelque sorte la souveraineté du Mali.

Alors le président euh Macron a évoqué ceci lors du sommet Africa Forward de façon assez maladroite sur le Mali. Vous dit notamment en disant qu'il était face à l'offensive djihadiste, ils ont eu tort, les dirigeants ont eu tort de se débarrasser des Français. Oui.

Alors, d'ailleurs le prés l'ancien premier ministre du Mali, Schogel Maiga, du fond de sa prison, a sorti aujourd'hui un communiqué protestant contre cette intervention du président Macron à Naéro en rappelant la vérité qui est que en fait l'opération Barcane a été stoppée par le président Macron lorsqu'il y a eu le deuxième coup d'état à Bamaco en mai 2021. Il a dit "Nous ne collaborons plus avec l'État malien tout en gardant les militaires sur place." Donc ça devenait une armée d'occupation puisquelle ne combattait plus les djihadistes, elle ne coopérait plus avec Bamo.

Et donc ça a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase et Marcel Bengaku en même temps de l'instrumentalisation du rejet français des idéos français par ces mêmes nationalistes qui aujourd'hui ont pris le pouvoir dans plusieurs pays. L'instrumentalisation est un grand mot. Il faut bien comprendre une chose, la présence militaire de n'importe quel pays dans un autre pays ne va pas de soi.

Il faut bien le comprendre. C'est vrai pour les africains comme pour tout le monde. Et déjà dans les années 50, vous savez, les Africains, les premiers États indépendants africains qui sont réunis, une de leurs requêtees, c'était de dire sous Kruma c'était à à Akra, c'était de dire on ne veut plus d'armées étrangères coloniales.

Donc le la fin des armées étrangères coloniales, c'est quelque chose d'absolument normal. simplement dans la culture des pays coloniaux, la culture institutionnelle, la culture militaire, la culture de la coopération, c'est vécu comme une forme de blessure narcissique. Et de cette blessure-là, malheureusement, il faudra guérir euh parce que c'est dans l'ordre des choses et je pense que ça va c'est c'est normal que les Africains assurent entièrement la responsabilité bah de la sécurité de leur territoire, quels que soient les épithètes sur lesquels qu'on leur colle.

Je pense que c'est normal qu'il en soit ainsi. Encore plus pour l'armée coloniale, encore plus quand c'est l'armée coloniale qui revient, n'est-ce pas ? Quand c'est des casques bleus, ça passe mieux.

Absolument. Absolument. Merci à tous les trois d'être venu débattre et nous éclairer ce soir.

On va rester dans l'actualité vue par Xavier Modu et Marie Bonisso. Premier cas positif à l'antairus en France, c'est une passagère qui était sur le pack on en l'occurrence. Et puis en Grèce, la guerre des transates autour des piscines.

Et ben cette guerre s'est soldé par une décision juridique. C'est dingue. Mais d'abord le mauvais det du jour, cigarette au Royaume-Uni, il est désormais interdit.

Il sera désormais intéré de vendre du tabac à toute personne née après 2008, c'est entendu. Vous pensez savoir ce qu'il y a dans une cigarette ? Réduire l'addiction à la cigarette.

Les cigarettes sont un vice mondial. Qu'est-ce que ça veut dire exactement ce que ça dit ? Merci de m'en dire un peu plus.

Entendu la vie secrète des motettes. Cigarette de l'espagnol sigara sigal et du diminutif et qui signale une version réduite désigne un petit cylindre de tabac haché entouré d'une feuille de papier fin que l'on fume et qui tue plus de 7 millions de terriens chaque année. Le 21 avril, le Royaume-Uni a voté l'interdiction de fumer à vie pour ces jeunes concitoyens.

Au Royaume-Uni, la clope était jusqu'ici interdite au moins de 18 ans. Dès janvier 2027, les citoyens anglais, écossais, galloises et nord-irlandais et à compté du 1er janvier 2009 ne pourront plus jamais acheter de club légalement. Le pluraliste la loi risque en 3000 € d'avant.

Le pays veut ainsi créer la première génération sans tabac de son histoire. La prohibition générationnelle de la cigarette n'est en vigueur qu'au Maldives. La Nouvelle-Zélande l'avait décidé en 2022 avant de changer d'avis en 2024, tandis que le reste du monde assiste passivement à l'enfumage de sa jeunesse.

Joyeusement incité à cloper par la fiction, Stranger Things saison 2 contient 260 scènes de tabagisme. Le tabac importé d'Amérique au 16e siècle soulève la méfiance dès le 17e siècle. Le pape l'interdit sous peine d'excommunication.

Au fumeur, le tsar promet fouet, déportation en Sibérie ou tranchage de lèvres. Au Japon, il est puni d'esclavage. En Chine, de décapitation.

En Perse, de l'ablation du nez. Le tabac roulé en cigarette apparaît au 19e siècle, période à laquelle un chimiste parisien analyse la composition de sa fumée. Burk.

Burk. L'association française contre l'abus du tabac est créé dans la foulée en 1868 mais n'a jusqu'ici pas réussi à convaincre les 12 millions de français qui continuent à fumer chaque jour. Le moo des uns fait le mago des autres.

Bravo Tibonte, Marie Bonisso, Xavier Modu lors de vos chroniques. Alors Xavier, tous les passager du onius, c'est le nom de ce bateau de croisière farci dans ta virus ont été rapatriés vers leur pays d'origine. Plusieurs cas d'infection ont été recensés.

Un en France, nous l'avons dit. Et vous avez une petite suée. Pourquoi ?

Petite Suète Ellisabeth oui. Au mois d'août 1485 apparaît en Angleterre une maladie jusqu'à inconnue. Elle commence à frapper l'Angleterre qui est touchée alors enfin qui est en pleine guerre civile, c'est la guerre des deux roses.

Et ce sont les soldats l'armée qui dans un premier temps est victime de cette maladie de la fièvre, beaucoup de sueurs, des maux de tête et puis après très vite des problèmes respiratoires. La maladie emporte ses victimes en quelques heures après l'apparition des symptômes et parfois vous n'avez même pas de symptômes. Alors, vous savez, les armées se déplacent, les soldats rentrent chez eux et très vite la maladie se propage.

Ce qui étonne aussi, c'est qu'elle touche des jeunes gens en bonne santé. Vous savez, à ce moment-là, ce qu'on craint le plus, c'est la peste. Sauf que très vite, on identifie que ce n'est pas la peste.

Il faut donner un nom à cette maladie, vu qu'il y a beaucoup de sudation. Le nom qui lui est donné, c'est site en anglais, suite en français. Et cette épidémie de suite de 1485 ne dure pas longtemps hein.

C'est simplement quelques semaines, à peine quelques mois et puis euh ça s'arrête après avoir fait quand même alors c'est difficile de donner un bilan mais des ravages he des villages entiers ont disparu et par la suite pendant de siècles, vous avez plusieurs vagues épidémiques alors qui touchent toujours l'Angleterre parfois ça s'étend sur le continent. C'est le cas en 1529 les Pays-Bas, l'Allemagne sont touchés et puis la dernière épidémie de Suède touche l'Angleterre. Là, on est dans les années 1570 et puis après la Suèdeette prend la poudre d'escompettes.

C'est exactement ça. La suète anglaise disparaît. On en parle plus.

Alors attention parce que vous avez une autre qui apparaît un peu plus tard au 18e siècle. Cette fois-ci, c'est la suète picarde ou suite militaire. C'est encore une fois lié à un contexte de guerre.

Elle, on en parle encore au 19e siècle et puis de nouveau, elle disparaît. Alors attention, accrochez-vous parce qu'on va faire un petit saut dans le temps et dans l'espace parce que je vous conduis en Corée en 1950, c'est la guerre de Corée. Donc les États-Unis sont impliqués dans cette guerre-là et vous avez 3000 soldats qui sont touchés par une étrange maladie.

Alors, on essaie d'identifier le virus, il est identifié et vu que ça se passe en Corée, on lui donne le nom d'une rivière coréenne, Antan. Donc c'est l'antairus et depuis la médecine, l'histoire ont confronté leurs informations et c'est une hypothèse très solide mais que cette mystérieuse maladie du passé la suète hein pour laquelle l'humanité a payé si cher est en réalité une épidémie danta virus qui donc ressurgit aujourd'hui un virus qui a envie de faire des sours supplémentaires. Ah bah oui, bravo, c'est réussi.

Merci beaucoup Xavier Maudu Marie, un touriste allemand privé de Transat pendant toutes ses vacances en Grèce a obtenu réparation devant un tribunal. Vacancière, vacanciers, réjouissez-vous. C'est une plaisanterie.

Voici peut-être enfin venu l'été de l'égalité. En tout cas, le droit au transat a été reconnu par un non par un juge de Hanno en Allemagne. Un juge qui s'est penché sur les vacances catastrophiques de la famille Egerte.

Un papa, une maman, deux enfants venus de Duceldorf pour aller bronzer sur l'île de Cosse. C'est en Grèce, 11 nuits au Grec hôtel impérial. Faut pouvoir se les payer hein.

C'était plus de 7000 € le séjour et ça ne les vaut pas tous les matins. La pauvre famille Égerte sous 36°gr a erré sans faim autour de la piscine. Les 400 transates étaient tous recouverts de serviettes a raconté monsieur Egerte.

Mais les gens n'utilisaient pas vraiment les transates. Ils mettaient leurs serviette puis ils allaient en ville ou retourner se coucher. Peut-être que vous aussi vous avez déjà été victime un jour de ce que les Anglo-saxons appellent le down dash, c'est-à-dire la ruée de l'aube quand très très tôt le matin, les clients se précipitent pour aller jeter leur serviettes sur le meilleur transade de la terrasse et pour pouvoir se réserver ce transade toute la journée.

Alors, au Grec hôtel impérial de l'île de Cosse, les panneaux interdisaient cette pratique mais tout le monde s'en fiche. L'hôtel, mais aussi l'opérateur de voyage au auprès duquel s'est plains monsieur Egert au téléphone dès le 2è jour de son séjour en direct de sa serviette est allée par terre pauvre. Le mois dernier, donc 2 ans après les faits, un juge allemand a condamné le voyagiste à rembourser 15 % du prix des vacances pour défaut de service.

Si des milliers de vacanciers poursuivent les agences de voyage en justice, les coûts se chiffreront en millions, a espéré monsieur Egert après cette décision de justice. C'est la nouvelle passionnaria du transat qui a peut-être quand même lancé un mouvement parce que la BBC a rapporté que depuis certains hôtels ont serré la vis, ne laissent plus de serviett posé sur les transades par peur peut-être du procès. On met aussi en avant de nouvelles méthodes.

Donc dans un hôtel à Chypre raconte la BBC, les parasoles sont numérotés et attribués au début du séjour. Voilà pour toute la durée des vacances. On a aussi vu, paraît-il, dans des campings du sud de la France, un klaxon qui retentit deux fois par jour.

Et si vous n'êtes pas à ce moment-là sur votre transat, on prend vos affaires et on les on les envoie directement aux objets trouvés. Voilà, vivement l'été allongé sur son trans comme une moule à son rocher. J'espère mais je doute qu'on va réussir à se détendre.

Tous dans la prairie à poil, pas besoin de transite. Bon, merci Marie. Merci à tous.

À demain 20h05. Tchus.