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InterviewRadio France (sur Site radio)· 24 juin 2026 5 minComplaisantActualité / polémiqueEnvironnement & énergieSantéJustice

PFAS : 163 foyers des Ardennes portent plainte contre X, une procédure "inédite" selon leur avocate

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:25OuverteRéponse directe

    400 habitants qui portent plainte d'un coup, est-ce que c'est une mobilisation inédite par son nombre ?

  • 0:40OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce nombre peut peser dans le dossier ?

  • 1:07OuverteRéponse directe

    Alors justement, à propos du parquet, comment ça va se passer après le dépôt de plainte qui doit intervenir dans une dizaine de jours ?

  • 1:25FerméeRéponse directe

    Les maires des six communes, la communauté de communes portes de Luxembourg qui concernent le même territoire et le syndicat intercommunal d'alimentation en eau potable de la vallée de la Chierce ?

  • 2:14OuverteRéponse directe

    Est-ce que la procédure s'annonce longue ?

  • 2:46OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'objectif, c'est donc bien de vérifier que l'hypothèse de départ est bien la bonne ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:25InvitéFait
    « 400 habitants qui portent plainte d'un coup, est-ce que c'est une mobilisation inédite par son nombre ? »
  • 0:31InvitéFait
    « Oui, c'est assez inédit et c'est à la lumière de l'ampleur de la contamination au PFAS qu'il y a dans cette région. »
  • 0:53InvitéFait
    « que ce soit des personnes âgées, des femmes enceintes, des enfants. »
  • 1:25InvitéFait
    « Les maires des six communes, la communauté de communes portes de Luxembourg qui concernent le même territoire et le syndicat intercommunal d'alimentation en eau potable de la vallée de la Chierce. »
  • 1:42InvitéFait
    « Donc, ces plaintes ont déjà été déposées pour les habitants de la Meuse en janvier 2026, pour les collectivités tout début avril. »
  • 1:59InvitéFait
    « contre X, pour des chefs de mise en danger de la vie d'autrui, pollution de l'eau, gestion irrégulière de déchets, etc. »
  • 2:37InvitéFait
    « Depuis la révélation de cette pollution de l'eau du robinet dans les Ardennes et la Meuse en juillet 2025, ce sont les épandages de boue de l'ancienne papeterie de Stenay dans la Meuse qui sont pointés du doigt. »
  • 2:52InvitéFait
    « Oui, c'est l'hypothèse de départ, mais elle n'exclut pas d'autres hypothèses, aussi bien d'émissions de ces molécules que d'épandages. »
  • 3:17InvitéFait
    « Ce n'est pas l'urgence. Je crois que l'urgence, c'est d'être assuré, de savoir quelles sont les conséquences d'avoir consommé cette eau contaminée pendant des années, sur leur corps, sur leur santé, sur leurs enfants à naître, sur les potagers, les légumes qu'ils consomment quotidiennement, là encore, depuis des années. »
  • 4:02InvitéFait
    « vous allez aussi demander au préfet une enquête épidémiologique pour mesurer les conséquences, justement, sur la santé de cette pollution au PFAS. »
  • 4:26InvitéFait
    « Est-ce qu'il y a des liens, en fait, à faire entre certaines personnes qui sont malades ou qui pourraient l'être en lien ou pas avec ces molécules ? »

Temps de parole

  • Invité67 %
  • Invité 224 %
  • Présentateur9 %

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0:03
Présentateur

l'origine de la pollution au PFAS de leur eau du robinet. 163 foyers ardennés, c'est-à-dire 400 habitants de 6 communes, vont bientôt porter plainte contre X pour mise en danger de la vie d'autrui. Pour les accompagner dans cette procédure, ils ont fait appel à une avocate du barreau de Dijon, spécialisée en droit de l'environnement. Elle est votre invitée ce matin, Margot. Alors Abramovitch,

0:23
Invité

bonjour. Bonjour Margot. 400 habitants qui portent plainte d'un coup, est-ce que c'est une mobilisation inédite par son nombre ? Oui, c'est assez inédit et c'est à la lumière de l'ampleur de la contamination au PFAS qu'il y a dans cette région. Est-ce que ce nombre peut peser dans le dossier ? Je ne sais pas s'il pèsera, mais en tout cas, il sera révélateur de comme je viens de vous le dire, de la contamination, de la diversité des personnes touchées, que ce soit des personnes âgées, des femmes enceintes, des enfants. Donc on espère que le parquet prendra, je crois qu'il l'a fait, conscience de l'ampleur de la contamination.

Alors justement, à propos du parquet, comment ça va se passer après le dépôt de plainte qui doit intervenir dans une dizaine de jours ? Alors le parquet a déjà été saisi d'autres plaintes, donc par des habitants de la Meuse, mais aussi par les collectivités des Ardennes. Oui, donc six maires qui ont porté plainte, les maires des six communes où vivent les 400 habitants ? Absolument. Les maires des six communes, la communauté de communes portes de Luxembourg qui concernent le même territoire et le syndicat intercommunal d'alimentation en eau potable de la vallée de la Chierce.

Donc, ces plaintes ont déjà été déposées pour les habitants de la Meuse en janvier 2026, pour les collectivités tout début avril. Donc là, la plainte des habitants Ardennes va venir compléter ces plaintes qui ont déjà été déposées contre X, pour des chefs de mise en danger de la vie d'autrui, pollution de l'eau, gestion irrégulière de déchets, etc. Mais là, sur un panel de personnes différentes de ce qui a déjà été, de ce dont le parquet est déjà saisi. Est-ce que la procédure s'annonce longue ?

Oui, la procédure s'annonce, j'imagine, un peu longue, parce que les actes d'enquête nécessitent du temps, il y a des prélèvements à faire, il y a des auditions à faire, et le parquet va, j'imagine, pas négliger certaines pistes, et il y a toute une chaîne de responsabilités à remonter, donc ça prend du temps, effectivement. Depuis la révélation de cette pollution de l'eau du robinet dans les Ardennes et la Meuse en juillet 2025, ce sont les épandages de boue de l'ancienne papeterie de Stenay dans la Meuse qui sont pointés du doigt. Est-ce que l'objectif, c'est donc bien de vérifier que l'hypothèse de départ est bien la bonne ?

Oui, c'est l'hypothèse de départ, mais elle n'exclut pas d'autres hypothèses, aussi bien d'émissions de ces molécules que d'épandages. On ne sait pas qui a épandu, quand, pendant quelle période, et on n'est pas certain que seule l'entreprise papetière de Stenay est concernée par ces émissions. Il y a peut-être d'autres sources de PFAS dans la région, ou l'Imitrof, qu'il faut aller chercher aussi, et ça fait partie de l'enquête. Est-ce que les habitants espèrent aussi obtenir des réparations financières, par exemple ? Ce n'est pas l'urgence.

Je crois que l'urgence, c'est d'être assuré, de savoir quelles sont les conséquences d'avoir consommé cette eau contaminée pendant des années, sur leur corps, sur leur santé, sur leurs enfants à naître, sur les potagers, les légumes qu'ils consomment quotidiennement, là encore, depuis des années. Ça, c'est la première urgence. Ensuite, c'est de pouvoir de nouveau boire de l'eau. Enfin, je pense qu'elle est équivalente à la première urgence. C'est de pouvoir consommer de l'eau qui ne soit pas contaminée. Et ensuite, viendra le temps de la réparation, mais ce n'est vraiment pas, je crois, leur priorité.

Et en parallèle de cette plainte, Laura Abramovitch, vous allez aussi demander au préfet une enquête épidémiologique pour mesurer les conséquences, justement, sur la santé de cette pollution au PFAS. Pourquoi est-ce que c'est important ? Oui, c'est également important. C'est en lien avec ce que je viens de vous dire, c'est-à-dire que les populations ont besoin de savoir, de manière certaine, quelles sont les conséquences sur leur santé, sur leur corps, sur ce qu'elles consomment de ces PFAS-là, à moyen terme, à plus long terme. Est-ce qu'il y a des liens, en fait, à faire entre certaines personnes qui sont malades ou qui pourraient l'être en lien ou pas avec ces molécules ?

Donc, il faut qu'elles soient fixées, en réalité. Et aujourd'hui, on n'en a pas, alors qu'il y a des études épidémiologiques sur le lien entre les PFAS et la santé qui sont faites dans d'autres régions, notamment en Rhône-Alpes. Donc, il n'y a pas de raison qu'elles ne soient pas faites ici. Merci beaucoup, Maître Laure Abramovitch. Je rappelle que vous êtes avocate au barreau de Dijon, spécialisée en droit de l'environnement, et que vous êtes donc mandatée par les 400 Ardonnets qui vont bientôt porter plainte. Merci beaucoup et bonne journée à vous. Merci à vous.

5:02
Présentateur

Merci à vous deux. Et dans un instant, Olivier Cattio viendra nous rejoindre pour apaiser les tensions au travail.