Macron se dévoile et entre en campagne #cdanslair 29.05.2021
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 29 %Attaque 44 %Défensif 25 %
Questions et réponses
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- 1:46OuverteRéponse directe
Est-ce qu'avec cette sortie de crise sanitaire qui se dessine, on ouvre un nouveau chapitre dans la politique ?
- 3:29OuverteRéponse partielle
C'est la sécurité avec à nouveau hier une policière agressée au couteau par un ancien détenu fiché pour radicalisation à côté de Nantes.
- 4:46OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il y a un climat anxiogène qui est alimenté et entretenu même politiquement par tous ces faits divers ?
- 12:06OuverteRéponse partielle
Ne trouvez-vous pas que la séquence avec les Youtubers dévalorise la fonction présidentielle ?
- 14:22OuverteRéponse partielle
McFly et Carlito à l'Elysée qui font des roulades dans le jardin et qui écoutent un concert de heavy metal, est-ce que ça dévalorise la fonction présidentielle ?
- 20:09OuverteRéponse directe
Autre interview, mais alors là, pour une cible totalement différente, c'est quoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:30PrésentateurChiffre
« 67% des Français estiment que les Républicains pourraient tout aussi bien rallier la République en marche ou le Rassemblement national. »
- 11:47InvitéChiffre
« Sa cote de popularité progresse chez les moins de 35 ans avec 63% d'opinions favorables, selon un récent sondage. »
- 30:14InvitéChiffre
« Moi, je suis donné à 33-35 et lui, la dernière fois, lui va tourner entre 40-43. »
- 31:50InvitéFait
« Sa liste a quasiment été annoncée par M. Castex à Matignon. »
- 32:24speaker_unknownFait
« C'est les idées de Marine Le Pen. »
- 36:39InvitéChiffre
« En 2015, le score du Front National a été très élevé. C'est son meilleur score, 27,7% des suffrages exprimés. »
- 37:05InvitéFait
« Cette possibilité, elle existe et ce serait incontestablement un formidable instrument de légitimation du Rassemblement National. »
- 37:12InvitéFait
« L'idée qu'ensuite, on verrait des erreurs dans la gestion est une idée fausse. »
- 40:42InvitéFait
« Les années Jacques Chirac, 95, 2007, 12 ans, du coup, un quinquennat, un septennat, puis le quinquennat de Nicolas Sarkozy ont laissé penser à la droite qu'un pays qui votait plutôt dans cette famille politique-là, eh bien, allait tout le temps voter pour le parti qui était censé l'incarner, l'UMP, puis les Républicains. »
- 43:40PrésentateurFait
« Emmanuel Macron a récupéré un électorat de droite, une sensibilité de droite qui est pro-business, pro-libéral, pro-entreprise. »
- 47:42InvitéFait
« Lorsqu'il dit, par exemple, dans ce rêve ou ma semence de nez que fout en cloque cette chienne de Marine Le Pen, ça vous choque pas, ça ? »
- 49:50PrésentateurFait
« Ce que l'on retiendra, c'est cette poignée de supporters inconscients que Lilian Thuram essaye de raisonner. »
- 50:30InvitéFait
« Ce sportif, ça vaut pour Karim Benzema, ça vaut pour d'autres, doit être exemplaire. »
- 52:42InvitéFait
« Mon cœur est en Algérie. »
- 55:55InvitéFait
« Ceux qui se déclarent proches des Gilets jaunes ont en intention de vote déclaré beaucoup plus d'appétence pour le Rassemblement national. »
- 56:45InvitéFait
« Une Marine Le Pen qui gagnerait l'élection à mon sens ça provoquerait un choc politique tel que je ne suis pas sûre que les partis soient capables en face de s'organiser pour avoir une riposte similaire. »
- 57:12InvitéFait
« Du côté de Marine Le Pen, c'est un pacte de gouvernance avec une partie de la droite qui accepterait qui composerait un groupe un peu l'équivalent de ce qu'est le modem aujourd'hui pour En Marche et qui aide à former une majorité. »
- 1:01:09InvitéFait
« En cas de duel Macron-Le Pen, on a un taux de français qui s'en laverait les mains, qui s'abstiendrait, ou qui voterait blanc et nul bien plus important que ce qu'on a eu jusqu'à maintenant. »
Temps de parole
- Présentateur63 %
- Invité17 %
- Invité 212 %
- Invité 33 %
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Bonsoir à toutes et à tous. Emmanuel Macron rattrapé par le thème de la sécurité après l'attaque au couteau hier d'une policière près de Nantes par un ancien détenu fiché pour radicalisation. À un mois des élections régionales et à un an de la présidentielle, le chef de l'État multiplie les prises de parole avec son interview accordée aux youtubeurs McFly et Carlito. Mais aussi, c'est une interview fleuve de 20 pages accordée au magazine Zadig où Emmanuel Macron raconte sa France, une France meurtrie, dit-il, par les morsures de la désindustrialisation. Comment comprendre ces différentes prises de parole ? À qui s'adresse Emmanuel Macron ?
Et avec quel message à un an d'une élection présidentielle dont tout laisse à penser qu'on va rejouer le match Macron-Le Pen ? C'est le sujet de cette émission de ce C'est dans l'air, intitulé ce soir « Macron se dévoile et entre en campagne ». Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Cécile Cornudet, éditorialiste politique aux Echos, je cite votre édito, Emmanuel Macron, l'opération Renaissance. Neila Latrousse, vous êtes journaliste politique, vous animez le Brief politique tous les matins sur la radio France Info. En visioconférence, Alix Bouillaguet, éditorialiste politique à France Télévisions.
Et enfin, Brice Tinturier, directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipsos. Je rappelle votre dernière enquête, 67% des Français estiment que les Républicains pourraient tout aussi bien rallier la République en marche ou le Rassemblement national. Merci de participer à cette émission en direct. Neila Latrousse, on commence avec vous. Est-ce qu'avec cette sortie de crise sanitaire qui se dessine, on ouvre un nouveau chapitre dans la politique ?
Oui, clairement, un nouveau chapitre pour le Président. En premier lieu, vous évoquiez à quelques instants l'interview à ces deux Youtubers, McFly et Carlito. À l'Élysée, on expliquait qu'elle ne pouvait pas avoir lieu tant que la crise sanitaire était encore à son comble, puisque cette futilité de l'exécutif, elle ne pouvait arriver que comme une cerise sur le gâteau, une fois que la campagne de vaccination a été lancée, qu'elle est réussie, qu'on atteint les objectifs, etc. Donc c'est bien le signal qu'on est passé dans une nouvelle étape.
Et c'est aussi pour les oppositions, au-delà de l'exécutif, une nouvelle phase qui commence, puisque la sortie progressive d'un état d'urgence sanitaire, même si on est encore sous un régime extrêmement contrôlé, il n'est pas question évidemment de relâcher la vigilance, etc. Mais on voit bien les oppositions qui disent « dans ce cas, refaisons des meetings, repartons en campagne ». Et puis il y a concrètement dans trois semaines les élections régionales qui invitent aussi à le faire. Donc on sent dans l'ensemble de la classe politique qu'il y a eu envie d'aller sur de nouveaux thèmes, de faire émerger de nouveaux sujets, la sécurité mais pas que.
Le président au Rwanda a évoqué les questions mémorielles. Dans l'interview à Zadig, il réévoque effectivement la France des territoires. Il reprend son bâton de pèlerin pour faire un tour de France, des maires, des premiers magistrats, des communes, pour montrer aussi qu'il y a une forme de vie qui reprend. Donc clairement, on est entré en pré-campagne, puisque quand on dit nouvelle période, il faut la qualifier. On est en pré-campagne électorale.
Alex Bouillaguet, sauf que parmi les thèmes, il y en a un qui s'impose immédiatement à cause de l'actualité. C'est la sécurité avec à nouveau hier une policière agressée au couteau par un ancien détenu fiché pour radicalisation à côté de Nantes.
Oui, c'est vrai que, alors je ne sais pas si on peut appeler ça la loi des séries, mais c'est vrai que depuis quelques mois, c'est extrêmement pesant. C'est la litanie aussi des violences urbaines dans les banlieues. Ce sont aussi des agressions entre adolescents, donc avec une violence avec des jeunes qui sont impliqués, qui sont de plus en plus jeunes. Et puis on a aussi ces agressions sur les policiers et aussi deux tribunes, chacune dans leur style. La tribune des militaires et la manifestation des policiers. Ce sont deux institutions qui, en général, sont quand même assez discrètes et assez aussi garantes un peu de la démocratie.
Et c'est vrai que tout ça donne un cocktail assez explosif, une atmosphère comme ça un petit peu étrange. Alors c'est vrai que la sécurité, Emmanuel Macron, il n'avait pas attendu ces éléments-là. C'était sa première interview dans le Figaro il y a quelques temps, où il a enfin embrayé, en parallèle, je veux dire, la crise sanitaire sur un autre sujet. Donc il piaffait d'envie de passer à d'autres sujets. Mais c'est vrai que là, l'actualité, la question qu'on se posera, à mon avis, au cours de l'émission, c'est savoir à qui sert cette actualité. Et pas forcément à Emmanuel Macron, mais plutôt à Marine Le Pen.
Est-ce qu'il y a un climat anxiogène qui est alimenté et entretenu même politiquement par tous ces faits divers, alors que ce soit le krach à Stalingrad, que ce soit les rodéos urbains ou ces attaques contre des forces de l'ordre ? Est-ce que tout ça est exploité politiquement contre Emmanuel Macron ? En tout cas, ça fait un décor à l'aube de la campagne présidentielle et à trois semaines des régionales qui est vraiment prégnant. Il y a plusieurs éléments. Il y a un, on a vécu un an sous cocotte minute. Et la cocotte minute, on soulève le couvercle et on voit que les bandes, dans certains endroits, etc., il y a des tensions qui font qu'il y a tous ces mouvements de violence.
Il y a les chaînes Tout-Info, je pense, qui sont rentrées quand même dans une compétition entre elles. Vous savez, le succès de CNews en ce moment, on sent que les autres essayent de la rattraper. Ils font des journées entières non-stop sur ces faits divers. Je pense que ça participe quand même du décor. Et puis, il y a l'exploitation effectivement politique du Rassemblement national, même s'il n'a pas besoin d'en faire beaucoup pour que ça lui serve, de Xavier Bertrand, des LR, d'Emmanuel Macron qui, lui, veut montrer qu'il n'est pas déconnecté par rapport à ces sujets.
Mais c'est vrai qu'au bout d'un moment, il faut, en campagne, on dit toujours, mettre les sujets sur la table qui vous servent. Il faut que le débat se noue autour des sujets qui sont les vôtres. Or, ce n'est pas un sujet d'Emmanuel Macron. Il n'est pas lié à ça dans l'esprit des Français. Donc, au bout d'un moment, c'est pour ça que cette semaine, il repart sur le terrain pour essayer de voir jusqu'où il peut aller pour remettre dans l'atmosphère une réforme des retraites, par exemple, ou d'autres sujets comme ça. C'est vrai que Brice Tinturier, lors de la dernière campagne présidentielle en 2017, on avait beaucoup parlé d'économie. De quoi va-t-on parler là ?
Quels sont les thèmes qui seront au cœur de l'élection de 2022 ? Il est un peu tôt pour savoir exactement quelle va être la controverse la plus importante. Mais vous avez raison de souligner que normalement, en sortie de pandémie, avec la crise non seulement sanitaire, mais économique que le pays a subie, on aurait pu s'attendre à des controverses majeures sur le modèle de croissance à rebâtir, la façon éventuellement de rembourser et à quel rythme la dette, la protection, puisque le chômage redevient devant de la scène la protection des salariés. Et la réalité, c'est que ce n'est pas ça du tout.
La réalité, pour les raisons que Cécile Cornudet vient de rappeler, c'est qu'aujourd'hui, la délinquance s'est installée, depuis maintenant plusieurs mois, au premier rang des préoccupations des Français, que c'est ce qui étouffe totalement tout autre débat. On avait le Covid auparavant, et bien maintenant, c'est véritablement, dans cette campagne des régionales, aussi, n'oublions pas que nous avons ce scrutin, la délinquance, le terrorisme, les deux étant entremêlés, qui structurent les préoccupations, les attentes, les peurs des Français.
Et je pense que ça restera, pendant la présidentielle, ça ne veut pas dire que ce sera le sujet exclusif, évidemment, mais que ça restera parce que c'est bien ancré aujourd'hui, depuis au moins septembre. C'était très faible avant l'été dernier, on a eu une flambée à l'été dernier, et depuis, le sujet n'est jamais véritablement retombé. Il est entretenu par l'actualité, mais il y a aussi une offre politique, une offre médiatique, beaucoup de raisons qui convergent pour en faire un sujet majeur qui ne va certainement pas disparaître de l'agenda.
Alors, interview, fleuve dans la presse, opération séduction avec des youtubeurs, déplacement de terrain, si ça n'est pas encore officiellement une campagne électorale, cela y ressemble beaucoup. Le président Macron accélère, jouent les candidats, et visiblement, ça marche, sa cote de popularité grimpe en flèche, notamment chez les jeunes. Sujet de Juliette Vallon et Michel Bouilly.
Depuis quelques semaines, Emmanuel Macron semble être partout. Le chef de l'État multiplie les déplacements, les bains de foule et les apéritifs avec les Français. Comme un air de campagne présidentielle autour de celui qui, cette semaine, joue aussi la carte des confidences, au magazine Zadig.
Ma France, c'est une carte sensible entre deux pôles que sont Amiens et les Pyrénées, puis un troisième pôle qui est Paris.
20 pages dans lesquelles le président se confie sur son rapport à la France et sur les moments délicats de son quinquennat, comme la crise des Gilets jaunes.
Avec les Gilets jaunes, il s'agit d'un retour de la violence, cette idée que lorsque la colère et la peur se nouent, tout devient possible.
Mais sur la crise sanitaire, c'est bien vers l'avenir qu'Emmanuel Macron se tourne.
Si on a une énergie collective et une vision, on repartira de l'avant. Je pense que nous en avons la possibilité.
Un président optimiste, donc, qui ne se prive pas de savourer les bonnes nouvelles, baisse des contaminations et des confinements, l'occasion pour lui de s'afficher en terrasse avec le Premier ministre.
On n'est pas encore sortis, ce sont des étapes progressives de réouverture, telles que nous les avons détaillées avec le Premier ministre, qui sont le fait aussi de concertations, de ce que nous dit la science, et puis des concertations qu'on a eues avec l'ensemble des professions et des territoires.
Emmanuel Macron a un président presque candidat qui peaufine sa stratégie. Il ne faut pas lâcher avant le bac. Merci. Depuis plusieurs semaines, opération séduction, notamment avec les jeunes, création d'un pass culture, mais aussi d'un pass sport, avec l'ancien basketteur Tony Parker comme ambassadeur. Et pour être visible, quoi de mieux que de se mettre en scène avec les youtubeurs McFly et Carlito, très appréciés du jeune public. Concours d'anecdotes entre les deux influenceurs et le chef de l'État.
Je pense que cette anecdote, elle est fausse. Alors, on va lui demander. Non. Oui, bonjour Kylian, c'est Emmanuel Macron à l'appareil. Kylian, j'annonçais la nouvelle à nos amis, à savoir que vous alliez quitter le PSG pour l'Olympique de Marseille.
Impossible.
Ça, c'est beau.
Monsieur le Président, est-ce que je peux tenter une roulade dans le Jardin de l'Elysée ? Allez-y. Merci beaucoup. Il va le faire en plus.
Elles sont belles, tes roulades. Vous faites pas mal des roulades, vous. Attention, j'ai travaillé. Une roulade et un concert de métal en prime dans le Jardin du Président. Déjà 13 millions de vues pour cette séquence. Un bon coup de com' pour l'Elysée, mais un exercice très critiqué par l'opposition qui reproche à Emmanuel Macron sa légèreté. Je considère que le Président n'est plus à la hauteur de sa fonction. Et je me pose la question à l'issue de cette vidéo. Quel est le bénéfice pour le pays ? Qu'est-ce que ça a apporté au pays ? Il n'est pas capable de mettre le RSA pour les jeunes. Il y a des jeunes qui font encore des files d'attente pour accéder à un colis alimentaire.
Et ce qu'il propose, c'est de parler à des animateurs télé et à des influenceurs pour essayer de reconquérir l'électorat jeune. Un électorat jeune qui semble pourtant séduit par Emmanuel Macron. Sa cote de popularité progresse chez les moins de 35 ans avec 63% d'opinions favorables, selon un récent sondage. Et le Président ne compte pas s'arrêter là. Il devrait sillonner la France en juin et juillet prochains pour aller à la rencontre de la population.
– Alors, question téléspectateur, Neila Latrousse. Ne trouvez-vous pas que la séquence avec les Youtubers dévalorise la fonction présidentielle ? Donc, un spectateur qui apparemment n'a pas aimé.
– Ils sont beaucoup à ne pas avoir aimé. Dans l'opposition, on les a entendus. Mais cela dit, autour du chef de l'État, on est plutôt très contents de l'opération. On savait que les, je vous cite texto la phrase d'un conseiller, que les grincheux allaient grincher.
Et pour tout dire, depuis le départ, la stratégie, que ce soit sur McFly et Carlito, mais que ce soit tous les signaux envoyés à l'adresse de la jeunesse, vise aussi à corriger non seulement les effets d'un confinement dont on considère qu'il a essentiellement nuit cette frange de la population, qu'il a été demandé un effort peut-être surhumain, de dire, vous allez mettre entre parenthèses votre vie pendant 18 mois pour protéger les plus fragiles.
Et que le pacte avec la jeunesse, en fait, c'est de redistribuer ensuite, de remontrer des signes d'attention, que ce soit à travers cette interview qui, effectivement, est plutôt triviale et où il n'y a pas de grands messages politiques adressés, mais aussi via le pass culture et via aussi tout un tas d'autres propositions qui remontent à l'Élysée. Le chef de l'État a demandé à la majorité de faire remonter des propositions. Qu'est-ce qu'on peut faire pour aider les jeunes ? Il y avait aussi ce projet sur les donations, de pouvoir augmenter le plafond pour les donations entre les grands-parents et les plus jeunes.
Bon, il y a des sujets à arbitrer au niveau de l'Élysée, mais on a envie, en tout cas, de faire de l'intergénérationnel et de redistribuer. Il y a l'interview à McFly et Carlito. Il y a un autre sujet qui a été évoqué par Numérama. Alors, pour le coup, si on veut aller dans du extrêmement futile et fugace, là, on est en plein dedans, qui est un site Internet d'information qui s'intéresse aux nouvelles technologies, qui a trouvé des messages d'Emmanuel Macron sur un réseau social que vous et moi, je présume, utilisons peu, TikTok. Donc, des petites vidéos. Pour les jeunes, ça. Pour les très jeunes. Et Emmanuel Macron s'adresse à des micro-communautés sur TikTok.
Alors, non pas en faisant des vidéos, mais en commentant des vidéos postées par des utilisateurs. Et on voit qu'en fait, on est très...
C'est vraiment lui qui le fait ou c'est son service de com ?
C'est son service de com qui le fait en réalité, mais qui va aller s'adresser à un influenceur sur des questions d'accessibilité, d'handicap, etc. Et en fait, ça existe beaucoup dans le privé de s'adresser à des micro-communautés, d'aller chercher l'influenceur mobilité, l'influenceur handicap, l'influenceur environnement, l'influenceur, je ne sais pas moi, vins et voyages. Et c'est adapté désormais à la stratégie politique. Et donc, voilà, on a une stratégie 360 sur la jeunesse, dont McFly et Carlito font partie, mais ça ne va pas s'arrêter là.
Brice Tinturier, McFly et Carlito à l'Elysée qui font des roulades dans le jardin et qui écoutent un concert de heavy metal, est-ce que ça dévalorise la fonction présidentielle ? Pour reprendre la question des téléspectateurs. D'abord, moi, je crois que ce sont à chaque fois des tentatives qui structurent toujours ce type de polémique. Souvenez-vous, dans un autre ordre d'idées, mais c'était déjà un peu le cas, François Mitterrand et Yves Mourouzi, quand ils avaient adopté ce langage, chez Branc, Cablé, etc., on avait eu les mêmes choses. Est-ce qu'on est face à un abaissement de la fonction présidentielle et du discours politique ou pas ?
Donc, il me semble que là, la ligne rouge n'est pas franchie. C'est un exercice de proximité. Et écoutez, moi, j'ai toujours dit qu'on ne pouvait pas se lamenter à chaque élection de l'abstention phénoménale des jeunes, de la distance qu'ils prennent avec les responsables politiques et avec le système politique, pour ensuite déplorer quand on va sur les médias et avec les gens qui peuvent permettre de les toucher. À un moment donné, il faut être cohérent. Après, c'est une question de bonne mesure.
Est-ce que là, le pas de côté d'Emmanuel Macron, qui n'était pas au service de messages politiques, qui était plus un exercice d'image, de proximité, parce qu'il veut créer ce lien, c'est une évidence, et d'ailleurs, ça marche quand on regarde les intentions de vote, est-ce que ce pas de côté était de trop ? Je ne crois pas. Mais il est certain qu'il crée toujours cette tension ou ce malaise parfois entre est-ce qu'on abaisse la fonction politique traditionnelle, le message politique traditionnel ou pas. Mais il faut aussi aller là où les jeunes sont et être capables de leur parler.
Sinon, vous avez des béances qui sont de plus en plus fortes entre, j'ai envie de dire, les vieilles générations et les nouvelles. En tous les cas, Cécile Cornudet, il a atteint sa cible. 63% des jeunes ont confiance en Emmanuel Macron. Sondage Harris, c'est 15 points de plus que l'ensemble des Français. Qu'il conseille d'ailleurs ? Est-ce que c'est lui-même qui a l'initiative sur ce genre de vidéo ou c'est une idée qu'on lui a soufflé et il dit, ah tiens, pourquoi pas ? Sans doute, on lui a soufflé. Je ne sais pas. Sincèrement, je ne sais pas. Mais c'est vrai que c'est systématique depuis janvier.
Vous vous souvenez, il avait déjà parlé longuement au magazine Brut que regardent beaucoup les jeunes. Il a, de façon systématique, besoin et envie de parler aux jeunes. Moi, je trouve que c'était plutôt réussi, qu'il n'était pas dans la connivence. Il était quand même en costume et il n'a pas fait de roulade dans le jardin, lui. Et en même temps, ça donnait une image assez sympathique. Donc je comprends ce score. Sympathique et un peu démago aussi quand il appelle Kylian Mbappé, quand il ne s'indigne pas quand on parle de fumer certaines substances ou je ne sais pas quoi. Bon, il a... Il est... Ce n'est pas évident parce que faire jeune, il n'y a rien de pire. Or là...
On peut vite être grotesque. On peut vite être grotesque. Voilà. Et plein de politiques se sont cassées les dents là-dessus. Lui, il y avait une forme de sincérité, quelque chose de sympathique. Alex Bouillaguet, c'est vrai, très à l'aise, très spontané, alors qu'on est, comme le disait Cécile Cornudet, c'est vite casse-gueule ce genre d'exercice quand on veut faire jeune et qu'on ne l'est pas. C'est un bon comédien au fond, ce président ? Parce qu'on imagine que ça a été travaillé, non ?
Oui. Alors, c'est à la fois une prestation que j'ai trouvée remarquable. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de fausses notes, on y croit. Il a l'air sympa. Il a un côté Obama, d'ailleurs, qui était très, très à l'aise dans ce type d'exercice. Donc, pour le coup, c'était réussi. Après, c'est vrai que ça nous interroge aussi sur les capacités artistiques de notre président, c'est-à-dire une capacité à se mettre en scène, à pouvoir jouer la coolitude, pouvoir dire des choses, des âneries, d'ailleurs, avec un naturel confondant. Donc, voilà, c'est un bon comédien. Il aurait pu avoir une autre carrière possible.
Après, ce qui est très intéressant, je trouve, dans cet exercice-là, c'est que, alors, je pense qu'en termes de fond, naturellement, l'exercice mené sur Brut était beaucoup plus complet parce que là, on était vraiment sur du fond. Là, il y a zéro fond. Je ne suis pas persuadée, d'ailleurs, que ça rapporte des points, enfin, de vote. Sabri, c'est mieux placé que moi pour le dire. Mais ce qui est intéressant, c'est le front renversé qu'il a installé aujourd'hui avec Marine Le Pen. C'est-à-dire qu'au moment où Emmanuel Macron veut faire plus cool, eh bien, Marine Le Pen, elle, elle veut faire plus présidente. Et donc, elle se met, elle, en aplomb de ces événements faits par Emmanuel Macron.
Et elle, au contraire, elle incarne plus l'autorité, le régalien, au-dessus de la mêlée. et c'est vrai que c'est une longue suite de ce qu'elle a mis en place depuis quelques mois, c'est-à-dire ne plus courir sur chaque coup, être plutôt en retrait, de la même manière que la manifestation des policiers, elle, n'était pas devant l'Assemblée nationale, mais au même moment, dans un commissariat du côté de Bordeaux, toujours en aplomb et dans un rôle de plus en plus présidentiel.
Et il a la trousse. Marine Le Pen cherche, au contraire, à se présidentialiser et ne se prêterait certainement pas à ce genre d'exercice auprès de youtubeurs.
Alors, en 2017, on se souvient quand même des interviews Snapchat de Marine Le Pen, à leur autre réseau social très prisé à l'époque, grimé avec des oreilles de chiens ou de chats. Donc, si, évidemment, tous les candidats en période électorale s'y prêtent. Mais effectivement, par rapport à ce que disait Alix, ce qui est intéressant, c'est les électorats auxquels l'un et l'autre souhaitent s'adresser. Marine Le Pen, elle n'a pas l'électorat des plus âgés. Elle ne rassure pas auprès de cette frange de l'électorat qui a plutôt voté Emmanuel Macron en 2017, là où les jeunes ont davantage voté pour Marine Le Pen et pour Jean-Luc Mélenchon.
Et là-dessus, Marine Le Pen sait qu'elle ne pourra pas gagner sans se présidentialiser et sans rassurer cette frange de l'électorat. Emmanuel Macron, lui, doit reconquérir les jeunes qu'il avait perdu dès le début du quinquennat. Souvenez-vous de la polémique sur les APL, les aides pour le logement, qu'on a renié, etc. Il y a eu un malentendu dès le début du quinquennat là-dessus.
Alors, Cécile Cornudé, autre interview, mais alors là, pour une cible totalement différente, c'est quoi ? Il vient de sortir une interview de 20 pages, donc c'est long, dans ce magazine Zadig qui coûte assez cher, 19 euros. Quelle est la cible là ? Et quel est le message ? C'est l'inverse. D'abord, ça arrive trois jours ou quatre jours après McFly et Carlito, l'air de dire « Je ne suis pas que dans la futilité. » Il faut savoir être ça, il faut savoir redonner de l'optimisme au pays en ce moment. Mais il y a des choses sérieuses et je vais vous en parler longuement. Il aime bien les formats longs.
Emmanuel Macron, il avait déjà fait plusieurs fois déjà avec Éric Fautorino dans le 1 avant d'être candidat. Et là, il parle de sa France. En fait, au moment de partir en campagne et de faire son tour de France, il veut essayer de corriger toutes les images qu'il estime fausses que les Français ont eues de lui en quatre ans. Donc, il dit « La France, la ruralité qui coule dans mes veines, quelque chose de très sensible. » Il veut montrer qu'il a la France dans la peau. En réalité, qu'il n'est pas le candidat, le président start-up nation mondialiste qu'on a cru voir. Donc, voilà, c'est un autre exercice de communication, plus CSP+, cette fois, ce que disait Neila.
On connaissait le marketing politique de s'adresser à chaque part de la population au cours d'une campagne. Là, c'est du micro-marketing. Oui, parce que le problème… On ne s'adresse pas à la nation, on s'adresse à des… Alors, c'est peut-être le début d'une campagne. À l'étrange qu'on saucissonne. Tout à fait. Et au bout d'un moment, il y a des problèmes de cohérence. Parce que quand vous parlez à des jeunes, par exemple, dans Brut, il avait eu des propos sur les violences policières qui sont exactement l'inverse des propos qu'il a tenus dans le Figaro où il défendait, au contraire, la police. Donc, c'est vrai que ça a des écueils.
À force de trop vouloir cibler son auditoire, du coup, on lui dit parfois ce qu'il a envie d'entendre, surtout quand on est en campagne. Et ça, voilà, ça peut créer des problèmes de cohérence. Brice Teinturier, Emmanuel Macron se présente, je cite, en provincial. « Ma France, c'est une carte sensible entre deux pôles que sont Amiens et les Pyrénées, puis un troisième pôle qui est Paris. » Mais ça vient après Paris. Comme pour gommer cette image qu'il incarne de start-up nation, de mondialisation heureuse dans les grandes métropoles ? Oui, tout à fait. Moi, je crois qu'il y a trois objectifs dans cette interview.
Il y a le premier qui a rappelé Cécile Cornidé, qui est de se mettre dans une lignée, dans un enracinement territorial, géographique, mémoriel, historique, de dire « je ne suis pas en apesanteur, je ne suis pas ce technocrate qui gouvernerait la France à travers un tableau Excel. » Et puis, il y a une autre dimension également dans ce texte. Il essaye de montrer qu'il a des origines ou des liens beaucoup plus populaires que ce qu'on pourrait imaginer. Il évoque ses cousins au chômage, il évoque son grand-père cheminot du côté des Pyrénées.
Donc, il y a aussi cette dimension, cette volonté, non seulement de se réancrer, mais de montrer qu'il ne serait, en termes de catégorie socio-professionnelle, pas uniquement le premier de cordée ou celui d'en haut. Il revient d'ailleurs sur cette expression. Et puis, il y a toute cette nostalgie ou en tous les cas, tout ce discours sur la France industrielle qui a disparu, sur les services publics qui ont été détruits.
Là aussi, c'est une façon de remontrer, de montrer un lien avec le passé, mais également avec des attentes extrêmement fortes des Français autour des territoires et de ne pas laisser, par exemple, Xavier Bertrand prendre le leadership sur cette question des territoires ou de la révolution des territoires, comme le dit Xavier Bertrand. Donc, il y a ces trois éléments, je crois, et qui sont importants.
C'est un texte important, pas incohérent avec les autres postures et puis qui peut répondre au risque qu'on évoquait sur Carlito et son comparse parce que le risque dans ce qu'il fait avec les jeunes, c'est de déplaire effectivement à l'électorat de droite qui lui est très sensible à un certain nombre d'attributs sur la fonction présidentielle. Eh bien, l'intervention dans Zadig, le texte de Zadig, il répond beaucoup plus à ce qu'attend un électorat, on va dire, plus traditionnel, plus attaché à la France, à ses origines, au territoire et à ce qui fait que nous voulons vivre ensemble. C'est aussi un des points sur lesquels il revient.
Alors, comme une façon de se réconcilier et de dire qu'il a parfaitement compris la colère des Gilets jaunes quand il dit « j'ai à Amiens comme à Bagnères de Bigorre, j'ai ressenti une certaine inquiétude, il parle de la morsure, de la désindustrialisation ». Alex Bouillaguet, il a aussi cette formule sur la Seine-Saint-Denis alors qu'il peut surprendre puisqu'il dit la Seine-Saint-Denis qui, je le rappelle, est le département le plus pauvre de France avec un taux de pauvreté deux fois supérieur à la moyenne nationale. Eh bien, il dit la Seine-Saint-Denis c'est notre Californie à nous sans la mer.
Alors, comment interpréter cette vision très optimiste de la situation concernant la Seine-Saint-Denis ?
Là encore, je pense qu'il veut il fait un petit peu l'opposé de ce sur quoi il s'est fait élire en 2017. En 2017, c'était, on l'a dit, le chantre de la Start-up Nation et de l'émancipation individuelle mais, voilà, dans une grande forme de modernité. Là, on a l'impression qu'il veut parler effectivement aux classes les plus populaires en leur disant « je vais vous aider ». à vous émanciper et vous pouvez y arriver. Avant, c'était aussi le Macron des petites phrases qui pouvait dire « vous trouvez un boulot en traversant la rue » et tout. Et là, avec Zadig, c'est le Macron des entretiens au long cours et qui essaye d'imprimer davantage que ces petites phrases.
Et c'est vrai qu'il essaye aussi un peu comme Mitterrand ou comme Chirac mais qui finalement avait ça dans le sang, de s'enraciner et de faire corps avec ce peuple français. Et d'où la défense de la désindustrialisation, de la défense des services publics et d'où effectivement la mise en valeur de certains territoires qui sont aujourd'hui perdus et qui pourraient voter aussi pour Marine Le Pen parce qu'il y a un problème d'électorat. C'est vrai que Marine Le Pen, c'est la classe populaire, c'est les ouvriers, c'est les employés et Emmanuel Macron, c'est la classe sociale qui ont justement bénéficié de cette mondialisation.
Mais il a la trousse pour beaucoup à la Seine-Saint-Denis et d'ailleurs les statistiques le disent, donc on l'a dit, la pauvreté aussi, l'insécurité, c'est ce qu'on dit, pour rattacher à ce qu'on disait au début de l'émission, le thème de l'insécurité, ça reste l'impensé ou l'angle mort de la politique, du message dont veut parler Emmanuel Macron.
Et d'ailleurs pendant toute la période où le couvercle était mis sur la crise sanitaire, les seuls sujets qui ont émergé, c'est des sujets de sécurité et ça, ça inquiète beaucoup l'exécutif en disant, en fait, même quand il y a une actualité très anxiogène liée à un virus qui écrase tout le reste des sujets, le seul sujet qui est capable d'émerger, ça reste la sécurité, de transpercer ce mur d'actualité, ça reste la sécurité. Et là-dessus, je n'avais pas un pensée.
C'est un sujet dont Emmanuel Macron a connaissance qu'il travaille évidemment depuis qu'il est élu, mais bien auparavant avec les mises en garde de ces différents ministres de l'Intérieur, mais en tout cas, il y a une divergence stratégique autour de lui. Est-ce qu'il faut en faire beaucoup ? Est-ce qu'il faut rationaliser le sujet ? Dire, les chiffres sont bons puisque globalement, il n'y a pas plus d'insécurité que par le passé.
Et d'ailleurs, lorsque le gouvernement Jean Castex a été nommé, ça a été le premier axe de communication, de dire, regardez, on va faire tous les mois une conférence de presse et on va vous montrer que c'est maîtrisé avec un tableau de bord et on va vous montrer que ça va mieux à l'exception de deux ou trois indicateurs comme les violences intrafamiliales, par exemple. Et puis, il y a toute une partie de la Macronie qui dit, mais oublions le rationnel, la sécurité et l'insécurité, c'est de l'émotion avant tout. Il y aura toujours un fait divers qui, effectivement, passera toute la journée sur les chaînes d'info et qui laissera à penser que la France est un coup de gorge.
Et face à l'émotion, il y a deux stratégies, soit on met en scène façon Gérald Darmanin, on est auprès des policiers, on est auprès des victimes, on est auprès au plus près du terrain que lorsqu'il y a un féminicide pour montrer qu'il y a une prise de conscience, soit, et c'est toute une autre partie de la majorité qui le dit, on n'en fait pas trop parce qu'en la matière, on sera toujours dépassé par le sordide et qu'on donnera toujours le sentiment de n'avoir pas pris assez connaissance, de ne pas en avoir assez fait ou de ne pas avoir assez durci l'arsenal judiciaire et pénal. Et c'est tout le débat actuellement qui semble plutôt donner raison à cette frange de la Macronie.
Brice Tinturier ? Oui, effectivement, à chaque fois qu'on a des séquences longues autour du thème de l'insécurité ou de l'immigration, ça profite prioritairement à Marine Le Pen. Ou, souvenez-vous, lors du quinquennat de Lionel Jospin qui s'était terminé par la qualification de Jean-Marie Le Pen, c'est aussi sur la sécurité qu'on avait eu ce phénomène. Donc, ça tend plutôt à profiter aux adversaires du pouvoir en place et notamment au Front National. Cela étant, la grande difficulté, c'est que si vous n'en parlez pas du tout, vous donnez aussi le sentiment de nier le problème, de ne pas le prendre à sa juste mesure.
Donc, tout l'enjeu, c'est d'arriver à faire passer un message qui n'est pas un message de négation ou de naïveté qui permet aux Français de se dire « bon, quand même, ils font le maximum pour lutter contre ce phénomène » et de ne pas être enfermés dans cette thématique exclusive, donc d'être capable aussi d'imposer d'autres thématiques dans la controverse présidentielle, dans la campagne présidentielle, que ce soit sur ce qui nous rassemble, que ce soit sur des thématiques économiques ou autre chose. C'est ça le double écueil dans lequel navigue Emmanuel Macron, mais il n'est pas le premier, c'était arrivé déjà à nombre de ses prédécesseurs.
Alors, dans ce contexte, les élections régionales, le mois prochain, ont évidemment valeur de test. Une région en particulier attire l'attention, c'est la région PACA. Les derniers sondages placent le Rassemblement National en tête du premier tour. Alors, chacun affûte ses armes. Sujet de Laszlo, Gélabert et Maxime Liogier qui sont allés à la rencontre des candidats.
Bienvenue ici, dans ce territoire magnifique. Regardez ça, comme c'est beau.
En pleine campagne sur les terres camarguèses, Renaud Muselier prend la pause. Ça porte à fait, ça peut être utile.
Ça peut être utile.
Des temps difficiles pour le candidat Les Républicains. Thierry Mariani, tête de liste du Rassemblement National, le devancerait de 10 points au premier tour dans les sondages.
Moi, je suis donné à 33-35 et lui, la dernière fois, lui va tourner entre 40-43. C'est ça ce qui va se passer sur le premier tour. La gauche étant loin derrière, on est neuf compétiteurs. Donc, bien entendu, qu'il y a un risque que cette région puisse passer au Front National.
Renaud Muselier se s'étend d'Angers. D'autant plus que sa campagne n'a pas démarré comme il le souhaitait. Sa tentative d'alliance avec la majorité présidentielle a provoqué un cataclysme dans sa famille politique. Des poids lourds comme Éric Ciotti l'accuse même de trahison. C'était difficile pour vous cette tempête à traverser, justement ? Oui, parce qu'elle est injuste. Pourquoi elle est injuste ?
Parce qu'il y a un code de lecture qui est très différent entre le national et le local. Moi, j'additionne les compétences au niveau local. J'ai un programme local et je travaille pour ma région avec ma colonne d'artébrale. On nous dirait que les étriers,
ça va. Après un début de campagne difficile, le candidat à sa propre succession compte bien miser sur son bilan. A moins d'un mois du premier tour, cette tentative d'alliance avec des élus macronistes pourrait pourtant lui coûter très cher. Quelques kilomètres plus loin, Thierry Mariani est en pleine opération séduction. Le candidat RN veut tirer profit de ce psychodrame chez ses anciens amis de la droite.
Vous faites partie de ma chambre ? Je fais partie de votre chambre ? C'est ça. Comment vous voulez dire ? J'en ai des affiches de partout. Bon, alors, si je fais partie de votre chambre, j'en suis flatté. Renaud Muselier, c'est le candidat d'Emmanuel Macron. Voilà. Quand il m'accuse de préparer les présidentielles, c'est quand même extraordinaire. Sa liste a quasiment été annoncée par M. Castex à Matignon. Voilà. Donc, je pense que les électeurs ont compris la manœuvre.
Ce sont justement ces électeurs qu'il veut attirer. Des déçus du parti Les Républicains tentés par le vote RN. D'autant plus qu'il met en avant un thème cher à la droite, la sécurité. Thierry Mariani, je suis tête de liste aux élections régionales. Je suis heureux de vous. Merci beaucoup. Pourquoi vous soutenez M. Mariani ? Parce que je suis pour le Front National. C'est tout simplement. Qu'est-ce qui vous plaît dans ses idées ? C'est les idées de Marine Le Pen. Une élection régionale comme un test pour la présidentielle de 2022. Thierry Mariani s'en défend.
Je fais campagne avant tout pour les élections régionales, c'est-à-dire pour ma région. Parce que je suis né ici, j'ai grandi ici. Vous savez, j'ai fait ma scolarité à Avignon, à Aix-en-Provence. Donc, bien sûr qu'après, il y a une étape ultérieure.
Mais ça, on verra en son temps. Face à ce duel qui attire toutes les attentions, les autres candidats peinent à se faire entendre. Jean-Laurent Felicia est à la tête d'une liste d'Union de la gauche qui regroupe des socialistes, des verts et des communistes. D'ici le premier tour, il espère pouvoir mettre en avant des thèmes plus régionaux.
Les sondages ne font pas l'élection. Et si on arrive à sortir de ce débat qui aujourd'hui occupe deux personnes et qui nationalise un débat qui est avant tout régional, à mon avis, je vous donne rendez-vous le soir du 20 juin et on rediscutera de qui devra prendre
ses responsabilités face au Front National. Mais un autre candidat écologiste a décidé de faire cavalier seul. Crédité de 6%, Jean-Marc Governatori a une certitude. Seule sa liste peut fusionner avec celle de Renaud Muselier au second tour. Unique solution pour faire barrage au RN selon lui.
Il y a réellement un risque RN et si une liste de gauche comme celle de M. Félizia s'associe à la liste de M. Muselier, M. Muselier gagne des électeurs à gauche, il en perd autant à droite. Donc ça veut dire qu'on offre la région au RN. Et ça, c'est inacceptable. Donc c'est nous qui ferons la différence, l'écologie au centre.
En échange de cette fusion, Jean-Marc Governatori espère la mise en place de mesures écologiques concrètes. En plus de ces quatre candidats, cinq autres listes sont inscrites aux élections régionales. en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Merci le Cornudet, question de Christophe dans la Vienne. Le seul indicateur, finalement, ne sera-t-il pas le résultat des élections régionales ? Si, comme c'est possible, le RN gagne une ou plusieurs régions, ce serait une première, est-ce que ce sera un impact sur 2022 ? Ça va créer un élan, une dynamique ?
Ça va faire un choc, c'est sûr, parce que, comme vous le dites, il n'a jamais gagné de régions et les régions ont énormément de pouvoir en termes économiques, en termes sociaux. Donc, ce sera vraiment un précédent. Alors, qu'est-ce que ça créera ? On est à un an de la présidentielle, ça créera forcément des choses. Mais ce qui est intéressant, c'est de voir qu'autour d'Emmanuel Macron, on se divise un peu. Encore un sujet sur lequel on se divise, sur ce que ça produira. Il y en a qui disent, finalement, c'est peut-être pas si mal, parce que ça créera un sursaut dans le pays.
Les gens se diront, bah si, il y a vraiment un risque RN, donc on se mobilisera, donc on repartira plus fort, contre Marine Le Pen. Et d'autres qui disent, mais non, au contraire. Alors, ceux qui pensent que c'est un atout disent, mais on pourra faire comme avec les verts, par exemple, on pourra montrer les bêtises qu'ils font, etc. Et les autres disent, bah, ils vont être suffisamment malins, sans doute, pour ne pas faire trop de bêtises. Et plutôt qu'un choc, ça va plutôt créer un marche-pied. Ce sera une étape supplémentaire de banalisation. Des majorités d'électeurs ont voté dans des régions immenses pour le Rassemblement national. Bon, ben voilà, c'est banalisé.
Donc, moi, je pense que ça va avoir un effet banalisation très très fort pour Marine Le Pen. – Brice Tinturier, d'ailleurs, que disent les sondages à un mois des élections ? L'ERN est en position de gagner une ou plusieurs régions ? – Oui, mais attention, sur le papier, oui, parce que quand vous posez des seconds tours, avec des quadrangulaires et même parfois avec des triangulaires, il peut y avoir un risque de bascule. Mais il y a un biais dans nos enquêtes s'agissant des intentions de vote de second tour. Les électeurs nous répondent sans avoir connaissance des résultats du premier tour. Et donc, leur comportement réel pour le second tour, il va bouger.
Autant les intentions de vote de premier tour sont des indicateurs précieux, autant les intentions de vote de second tour doivent être prises avec plus de précautions. Et puis, il y aura des fusions, des ralliements et encore une fois des comportements différents. Le deuxième point, c'est qu'il faut rappeler quand même qu'en 2015, le score du Front National a été très élevé. C'est son meilleur score, 27,7% des suffrages exprimés. Donc, refaire un tel score au plan national, ce n'est pas si simple pour le Rassemblement National. Ce n'est pas exactement, d'ailleurs, ce qu'on a aujourd'hui. Il peut être un petit peu en dessous dans cette zone-là.
Alors, ça n'exclut pas, et je réponds à votre question, qu'une ou deux régions basculent. Ça dépendra justement du comportement des électorats et des alliances ou pas qui se feront à l'issue du premier tour. Je dis bien à l'issue du premier tour. Donc, cette possibilité, elle existe et ce serait incontestablement un formidable instrument de légitimation du Rassemblement National. Il ne faut pas se leurrer là-dessus. L'idée qu'ensuite, on verrait des erreurs dans la gestion est une idée fausse. On a pu déjà le voir et le documenter à travers les victoires du Rassemblement National au municipal. Ça le conforte.
Et dans le reste de l'électorat, c'est aussi un instrument de légitimation puisque une partie supplémentaire de la population se dit d'autres votes pour le Rassemblement National. Après tout, pourquoi pas moi ? Et puis, dans les villes et peut-être demain dans les régions où il a le pouvoir, ça ne semble pas si dramatique que ça. Donc, il y a un enjeu vraiment extrêmement important sur ces régionales. Des bascules supplémentaires à l'évidence légitimerait et avantagerait le Rassemblement National qui ne rêve d'ailleurs que de victoire. C'est bien normal.
Alex Bouillaguet, est-ce que ces élections régionales sont révélatrices de l'état de déliquescence ou de la grande faiblesse du parti, les Républicains à un an de la présidentielle ?
Alors, ça montre un peu la faiblesse générale, je trouve. Et c'est vrai qu'à ce titre-là, on peut se demander aussi si Emmanuel Macron, il ne joue pas un peu à l'apprenti sorcier. Et c'est vrai qu'il y a certains de ses proches, François Bayrou d'ailleurs, Alain Minc, les séistes qui discutent souvent avec lui, trouvent qu'il y a des errements tactiques qui peuvent être très dangereux et qu'effectivement, si le soir du second tour, le Rassemblement national se retrouve avec deux régions, on pourra dire finalement qu'Emmanuel Macron, ce n'est pas le meilleur rempart pour lutter contre le Rassemblement national et que, pourquoi pas, par exemple, un candidat de la droite.
Si je prends l'illustration de ce qui se passe en ce moment dans les Hauts-de-France, mettre cinq ministres, dont les plus prestigieux, Éric Dupond-Moretti, Gérald Darmanin, face à Xavier Bertrand, c'est un risque, c'est-à-dire, c'est déjà le risque de faire monter le Rassemblement national et puis le risque à l'arrivée, si Xavier Bertrand, si la liste La République en marche qui était toujours autour de 10, 11 % avec Laurent-Pierre Schiefki, si avec les renforts des autres, des ténors du gouvernement, cette liste, elle ne monte pas beaucoup plus haut, on se dira, bon, la République en marche, ce n'est pas génial.
Et puis, dernier cas de figure, si Xavier Bertrand l'emporte dans cette région sans l'aide de La République en marche, on pourra se dire, après tout, Xavier Bertrand, c'est peut-être le meilleur rempart pour lutter contre le Rassemblement national et pas Emmanuel Macron. Donc, c'est vrai que ces régionales, elles vont être décisives et qu'il y aura aussi un moment très intéressant de report de voix. Qui va faire le front républicain ? A priori, Christophe Castaner, la semaine dernière, a assuré que La République en marche ferait bloc et donc éventuellement se désisterait au second tour pour permettre à la droite ou à un autre parti arrivé en tête de le porter.
se posera la question des LR et là, effectivement, chez les LR, c'est beaucoup plus compliqué.
Il n'empêche, Neila Latrousse, on va revoir le sondage Ipsos de Brice Tinturier sur comment les Français apprécient le parti des Républicains par rapport à LREM, donc par rapport à La République en marche et par rapport au RN. On voit que la droite est moindisante sur le plan des compétences, sur le plan de la proximité et sur le plan de la capacité à changer les choses. À chaque fois, les Républicains apparaissent comme faibles sur tous ces domaines. C'est terrible quand même pour ce grand parti qui se fait siphonner, c'est ça, des deux côtés ?
C'est un parti d'abord qui a beaucoup pâti d'une forme de fainéantiste ces dernières années, c'est-à-dire que les années Jacques Chirac, 95, 2007, 12 ans, du coup, un quinquennat, un septennat, puis le quinquennat de Nicolas Sarkozy ont laissé penser à la droite qu'un pays qui votait plutôt dans cette famille politique-là, eh bien, allait tout le temps voter pour le parti qui était censé l'incarner, l'UMP, puis les Républicains.
La victoire devait leur revenir naturellement.
D'une certaine façon, et c'est d'ailleurs ce qui a été dit au moment de la victoire de François Hollande en 2012, de dire qu'il avait gagné un peu, je ne sais plus quelle est expression utilisée par effraction, qui était assez atroce, et puis ensuite, tout le procès fait à Emmanuel Macron d'expliquer qu'il y avait un cabinet noir qui était chargé de faire perdre François Fillon, et un peu ce côté, on s'est endormi sur nos lauriers, on n'a pas trop travaillé sur la ligne politique, du coup, d'autres ont profité de cet espace-là et ont travaillé, et aujourd'hui, de fait, incarnent peut-être mieux sur ces items-là ce qu'est la compétence, l'expertise, etc. Donc ça, c'est le premier point.
Le deuxième, est-ce que les LR sont en danger ? Oui, bien sûr, et notamment parce que, mais qu'est-ce qui va se passer au soir du second tour ? Si Xavier Bertrand gagne, mais de peu, et que Laurent Wauquiez gagne de beaucoup en Auvergne-Rhône-Alpes, eh bien Laurent Wauquiez dira, vous avez vu, c'est quand on a une ligne claire qui est la mienne que l'on gagne, donc je réclame des primaires et un Xavier Bertrand à nouveau la guerre des chefs.
C'est si grande idée ? Je pense qu'il faut un tout petit peu mesurer sur les régionales. C'est vrai qu'ELR est en grande difficulté, mais sur les régionales, facialement, c'est le parti qui peut sortir gagnant des élections régionales. Pourquoi ? Parce que c'est eux qui ont le plus de sortants, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez, Renaud Muselier, donc, et LREM, on le sait, a une faible implantation locale et va avoir un score, sans doute, très, très inférieur à celui des Républicains. Donc on va avoir peut-être en deux étapes.
D'abord, les régionales où on aura l'impression que LRE est encore fort dans le paysage et après la présidentielle, tout l'enjeu pour LRE, ce sera de capitaliser sur ces élections régionales, de ne pas mourir dans la guerre des chefs et de faire en sorte qu'un candidat s'impose et puisse se créer un petit mouvement entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen pour la présidentielle. Brice Tinturier, sur votre sondage, qui est très dur, sur les Républicains, à la fois, je le rappelle, moins dix ans sur les compétences, sur la proximité et sur la capacité à changer les choses. Voilà, on le voit.
Ce n'est pas le sondage qui est très dur sur les Français qui portent un chuchot de LRE par rapport à la REM, bien sûr, et au Rassemblement National. Mais d'où vient le problème des LRE aujourd'hui, indépendamment de ce qui a déjà été rappelé ? Moi, je crois que l'enjeu, le moment cardinal, c'est le tournant de 2010, initié par Nicolas Sarkozy lors du discours de Grenoble et pendant la campagne présidentielle, où les LRE renoncent à une ligne économique, en gros libérale, pro-business, pro-européenne, au profit d'une ligne beaucoup plus sur l'identitaire et les sujets régaliens. Ligne qui a été entretenue, ensuite, après la défaite de Nicolas Sarkozy, par ses successeurs.
Et c'est à ce moment-là qu'Emmanuel Macron a récupéré un électorat de droite, une sensibilité de droite qui est pro-business, pro-libéral, pro-entreprise. Et du coup, la ligne économique chez les LRE aujourd'hui, est bien malin celui qui peut me dire si c'est plutôt la ligne Wörth qui est dans cette filiation libérale pro-business ou la ligne, par exemple, Guillaume Pelletier qui est beaucoup plus sur l'idée d'augmenter le SMIC ou en tous les cas d'être davantage dans une problématique plus sociale.
Et comme il y a brouillage sur la ligne économique, Macron en profite parce que lui il tient cette ligne libérale, on va dire, et en revanche, la lisibilité de la ligne régalienne, pensez à un Ciotti, est beaucoup plus forte. Mais là, vous êtes pris en étau avec le Rassemblement national. Donc tant qu'il n'y aura pas une clarté plus grande sur la ligne économique des LRE, je pense qu'ils ne parviendront pas s'ils ne remettent pas un peu plus de libéralisme. Chirac, il avait Madeleine et Seguin à ses côtés, là on ne sait plus très bien. Je pense que les LRE n'arriveront pas à faire revenir des électeurs de droite partis chez Macron et qui eux sont sensibles à ça et moins aux enjeux régaliens.
Quand on arrive ensuite au régional ou à la présidentielle, il y a une cristallisation de ces phénomènes autour des perceptions, on le voit dans notre enquête, ou des dimensions strictement électorales. Mais fondamentalement, idéologiquement, je crois que c'est là que les choses se sont jouées quand la droite est partie trop exclusivement dans une ligne identitaire et à abandonner ce qui était son terrain d'excellence depuis 30 ans autour des lignes économiques. Et sur les personnalités, est-ce qu'on pourrait avoir des surprises ? Néhila Latroux évoquait, pourquoi pas, l'hypothèse Laurent Vauquiez s'il devait être porté par un succès foudroyant au régional.
Ah, vous ne m'entendez plus, Brice Tinturier. Si, si. Oui ? Je pensais que la question s'adressait. Est-ce que vous envisagez des surprises sur les personnalités ? Parce que Xavier Bertrand a l'air de faire le match en tête, mais rien n'est joué ? Non, rien n'est joué entre les différentes personnalités LR. On a Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, Laurent Vauquiez qui sont très bien placés pour être réélus. Donc, ils vont bénéficier probablement de ces élections régionales. Et effectivement, pour les LR, c'est important, ça peut les conforter, ils détiennent sept régions. Il ne faut surtout pas qu'ils en perdent une, sinon ça accentuera l'idée qu'il y a là un déclin.
Mais s'ils restent forts sur ces sept régions, c'est déjà un premier succès. Après, cela va aussi réactiver la guerre entre les leaders. Parce que ça peut relancer une Valérie Pécresse alors que c'est Xavier Bertrand qui fait la course en tête ou au contraire conforter Xavier Bertrand si véritablement il a un succès éclatant. Donc, il y a tout ça qui est en jeu. Et ce n'est pas anodin parce qu'encore une fois, sur les questions de lignes idéologiques, il faut un leader qui vous indique la dominante et qui indique aux pays et aux électeurs quelle est la dominante de la ligne idéologique. et c'est ce qui manque aujourd'hui. C'est pour ça qu'il y a ce flottement et cette difficulté pour LR.
Mais demain, en poste régional, il peut y avoir émergence d'un leader qui clarifierait la ligne et permettrait peut-être de faire, de revésifier cette famille politique qui a été sous la Ve République, quand même, rappelons-le, un parti dominant, voire ultra-dominant. Alors, qui dit campagne électorale dit bien évidemment polémique à répétition. Ces derniers jours, plusieurs d'entre elles ont concerné l'équipe de France. Vous allez le voir, quand il s'agit de parler des bleus, les enjeux vont bien souvent au-delà du football. Sujet de Romain Bessnenou et Christophe Roquet. En attendant l'Euro de football, dans deux semaines, le match se joue sur le terrain politique.
Ce qui me choque, moi, si vous voulez, c'est la chanson qui a été choisie pour l'Euro, notamment la chanson de Youssoufa.
En ligne de mire du Rassemblement National, cette chanson, hymne des Bleus pour la compétition ou plutôt son interprète, le rappeur Youssoufa. Le RN l'accuse d'avoir tenu des propos insultants à l'encontre de Marine Le Pen dans un autre morceau, sorti en 2007.
Lorsqu'il dit, par exemple, dans ce rêve ou ma semence de nez que fout en cloque cette chienne de Marine Le Pen, ça vous choque pas, ça ? Moi, ça me choque qu'on choisisse quelqu'un comme ça, si vous voulez, pour représenter la France à l'Euro en matière musicale.
Face à l'offensive du RN, la Fédération française de football bat en retraite. Son président dit regretter le choix du chanteur et le gouvernement, lui, est visiblement embarrassé par la polémique.
Quand on parle d'une femme de cette manière-là, je ne peux que ne pas être d'accord. Maintenant, c'est aussi pour dénoncer les propos de Marine Le Pen en termes de racisme, en termes de haine qu'elle répand aussi dans la société.
Ce n'est pas la première fois que l'extrême droite s'empare du sport pour faire passer ses messages politiques. Déjà dans les années 90, Jean-Marie Le Pen, habitué des provocations, pestait contre une équipe de France, selon lui, trop colorée.
Je trouve que c'est tout de même un peu artificiel de faire venir des joueurs de l'étranger et de les baptiser équipe de France.
En 1998, le triomphe de la Coupe du Monde fait définitivement basculer le football dans le monde politique. Le président Chirac, un peu dépassé par les événements, reçoit les Bleus à l'Elysée dans une ambiance survoltée.
Ils sont la plus belle image que vous garderez de la France de cette année dans votre cœur.
Le mythe Black Blanc Beurre est né, l'équipe de France est vue comme le reflet de la nation.
Cette équipe, à la fois tricolore et multicolore, donne une belle image de la France dans ce qu'elle a d'humaniste, dans ce qu'elle a de fort, dans ce qu'elle a de rassembleur.
Au fil des années et des compétitions, les Bleus entrent dans une nouvelle dimension. Plus qu'une simple équipe de foot, ils deviennent un symbole national, un objet politique pour le meilleur ou pour le pire. Le 6 octobre 2001, un match amical, France-Algérie dégénère. La Marseillaise est sifflée, des spectateurs s'introduisent sur le terrain au milieu des joueurs. La rencontre est interrompue. C'est d'un c'est d'ambiance très tendu que le match a commencé. Oubliez le score de 4 à 1. Ce que l'on retiendra, c'est cette poignée de supporters inconscients que Lilian Thuram essaye de raisonner.
Conscients de la nouvelle stature publique de l'équipe de France, les responsables politiques n'hésiteront plus à se mêler des affaires des Bleus, même jusqu'au plus haut sommet de l'État. Le président Nicolas Sarkozy sévit après le fiasco de la Coupe du Monde 2010. Le visage donné par l'équipe de France en Afrique du Sud, désastreux. Manuel Valls, alors Premier ministre, avertit l'attaquant Karim Benzema, impliqué dans une affaire de chantage à la sextape.
Ce sportif, ça vaut pour Karim Benzema, ça vaut pour d'autres, doit être exemplaire. Et s'il n'est pas exemplaire, il n'a pas sa place, bien sûr, dans l'équipe de France.
Karim Benzema, symbole de la politisation à l'extrême du football français. Son retour en équipe de France cette semaine a provoqué, une fois encore, les critiques de l'extrême droite.
Moi, je me souviens de ces déclarations. Je suis français pour le football, mais je suis algérien par le cœur. Alors, si M. Benzema persiste dans cette vision, eh bien, qu'il joue pour l'équipe nationale, mais à ce moment-là, l'équipe nationale d'Algérie.
Le retour de l'attaquant français a même poussé le président de la République à réagir et à soutenir le choix du sélectionneur. Ultime preuve que l'équipe de France est devenue une caisse de résonance du débat politique. Question téléspectateur Brice Tinturier. L'équipe de France a-t-elle toujours été une question politique ? Non, pas toujours ou pas à ce point en tous les cas. Je pense que l'équipe de France est devenue véritablement de plus en plus une question politique à partir de la fin des années 80 et des années 90, c'est-à-dire aussi avec l'émergence du Rassemblement national, qui a souvent pris à partie l'équipe.
Vous l'avez rappelé avec Jean-Marie Le Pen dans vos reportages, mais c'est là où chacun a été sommé un peu de se positionner par rapport à cette équipe et à son comportement. Et puis, c'est l'équipe de France. Donc, véritablement, elle a une valeur symbolique et de représentation qui est devenue extrêmement importante. Et avec l'extrême médiatisation, la dimension de plus en plus mondiale et l'intérêt des Français pour le foot, le comportement, on le voyait aussi dans votre reportage de l'équipe de France en Afrique du Sud, est devenu un objet de controverse. Donc, c'est croissant, c'est de plus en plus important.
Toutes les forces politiques sont sommées de se positionner par rapport à un certain nombre de controverses ou de polémiques sur le comportement des joueurs. Mais ce n'était pas le cas et pas du tout dans ces proportions-là sous Valéry Giscard d'Estaing, Georges Pompidou ou le général de Gaulle, par exemple. Et c'est, Naïla Latrousse, c'est Karim Benzema qui cristallise un peu cette critique sur l'équipe de France quand il dit « mon cœur est en Algérie » et alors, du coup, c'est récupéré par le Rassemblement national qui dit qu'il a joué en Algérie.
Une phrase qui, de mémoire, n'était pas tournée exactement de la même façon. Il disait forcément « l'Algérie, c'est le pays de mes parents, donc c'est un peu mon pays de cœur, mais moi, je joue pour la France et je suis fière de porter le maillot français. » La phrase n'était pas exactement dite de la façon dont la tourne Stéphane Ravier, mais c'est vrai que pour le Rassemblement national, tout le contexte actuel, en fait, c'est de l'or en barre comme disent les jeunes, c'est-à-dire qu'il y a la question du football. Marine Le Pen régulièrement dit « j'aime pas le football, c'est devenu n'importe quoi, il y a trop d'argent.
» Donc il y a un peu tout ce côté, un peu la critique qu'on fait d'une vision un peu de gauche de l'économie un peu étatisée qu'il faut contrôler trop d'argent donc on critique. Il y a le métissage qui n'est pas du tout la ligne de Marine Le Pen. Marine Le Pen a dit « assimilation » donc il n'est pas question que ce soit un creuset. Là, actuellement, il y a le rap donc il y a aussi en plus avec Youssoufa le rapport à la culture que peut avoir le Rassemblement national. Donc effectivement, vous avez le cocktail idéal pour faire une polémique et la personnalité de Karim Benzema qui effectivement cristallise beaucoup avec cette question « est-ce que les sportifs doivent être exemplaires ?
» Et c'est intéressant de voir que ça se transpose aujourd'hui aussi de plus en plus au monde de la culture les polémiques que l'on voyait sur la Coupe du Monde par exemple ou sur l'équipe de France on les trouve aujourd'hui sur des réalisateurs sur les chanteurs de l'Eurovision est-ce qu'ils doivent chanter en français ou pas ? Donc en fait, c'est tout le champ qui échappait jusqu'ici à la politique qui se politise aussi un peu comme si les hommes et les femmes politiques ayant une parole qui imprime moins devaient aller là où il y avait de l'entrain populaire pour se faire entendre.
Allez, tout de suite on revient à vos questions. Alix Bouillaguet « Les campagnes à l'ancienne avec collage d'affiches meeting, tout ça c'est fini tout va-t-il se jouer sur les réseaux sociaux ? » C'est Olivier dans l'Aisne qui s'interroge.
Alors je vais vous dire et en même temps parce que je pense qu'on va continuer de coller les affiches et de faire les petits meetings à l'ancienne mais effectivement la part des réseaux sociaux va extrêmement augmenter et on voit d'ailleurs que tout le monde s'y met dernièrement enfin Jean-Luc Mélenchon il est très souvent sur TikTok avec des petits messages d'ailleurs assez bien faits assez amusants et c'est vrai que là pour le coup personne n'y échappera.
Diriez-vous qu'Emmanuel Macron a davantage pris confiance en lui et ose plus de choses ? Cécile Cornudé est-ce que c'est le même Emmanuel Macron en 2022 qu'en 2017 ? En tout cas on sent revenir l'odeur de la campagne et on sent qu'il aime ça qu'il essaye de retrouver ça il faut dire il a eu beaucoup de crise en tant que président et donc c'est vrai qu'il y a depuis un mois l'idée de lier la fin du confinement et le retour dans cette atmosphère de séduction c'est un séducteur Emmanuel Macron qu'est-ce que c'est qu'une campagne ?
C'est de séduire donc on sent qu'il est vraiment dans son élément je ne sais pas si c'est plus de confiance en tout cas il voit ce qu'on dit de lui il essaye de corriger au début de sa reconquête Ristin Thurier pour qui voteront les Gilets jaunes ?
Question de Mehmet en Haute-Garonne Alors ceux qui se déclarent proches des Gilets jaunes ont en intention de vote déclaré beaucoup plus d'appétence pour le Rassemblement national là-dessus il y a une proximité dès le début qui est claire et qui perdure c'est un électorat qui va plutôt de ce côté-là même s'il faut bien bien dire que vous avez une différence entre la proximité aux Gilets jaunes qu'on avait au tout début du conflit où là de très nombreux français s'étaient identifiés souvenez-vous à ce que représentaient ce que symbolisaient les Gilets jaunes et puis ce qu'on a eu à la fin les Gilets jaunes d'aujourd'hui où les français qui se disent proches des Gilets jaunes aujourd'hui cela vote davantage pour le Rassemblement national Et il a la trousse Emmanuel Macron a la majorité des députés et a du mal à gouverner Marine Le Pen ne l'aura pas comment va-t-elle donc faire donc c'est Jean-Claude en Seine-et-Marne qui pense que Marine Le Pen n'aura peut-être même si elle est élue présidente elle n'aura pas la majorité à l'Assemblée nationale
Oui ça reste je pense à prouver parce qu'une Marine Le Pen qui gagnerait l'élection à mon sens ça provoquerait un choc politique tel que je ne suis pas sûre que les partis soient capables en face de s'organiser pour avoir une riposte similaire ou en tout cas pour faire une sorte de front républicain aux législatives cela dit que soit Emmanuel Macron ou Marine Le Pen ils sont effectivement face à cette même problématique quelle majorité composée en 2022 si l'élection est remportée et des deux côtés on commence à évoquer très clairement une coalition donc du côté de Marine Le Pen c'est un pacte de gouvernance avec une partie de la droite qui accepterait qui composerait un groupe un peu l'équivalent de ce qu'est le modem aujourd'hui pour En Marche et qui aide à former une majorité avec une aile droite éventuellement des républicains Emmanuel Macron avec la maison commune qu'il essaye de construire c'est aussi cela c'est avoir une majorité plus composite une coalition et pas une majorité franche autour d'une manière d'En Marche
Cécile Cornudet combien de conseillers Emmanuel Macron a-t-il ? Écoute-t-il beaucoup Brigitte ?
Je pense qu'il écoute beaucoup Brigitte je ne sais pas dans les histoires de stratégie politique ou pas des conseillers il en a assez peu en réalité des conseillers vraiment qui élaborent avec lui la stratégie pour 2022 on a l'impression que c'est un peu les mêmes qui sont toujours là autour de lui c'est quelqu'un d'assez seul et qui organise sa solitude qui aime faire ça comme ça donc évidemment il a des soutiens il écoute etc mais dans la prise de décision et dans l'établissement de la stratégie je dirais c'est 10 personnes c'est très très peu Brice Tinturier hormis la région PACA le Rassemblement National a-t-il d'autres cibles accessibles ?
Oui bien sûr sous le papier avec les réserves que j'ai émises ou rappelées sur les seconds tours et puis ce qui peut se passer à l'issue du premier tour vous avez des régions comme la Bourgogne-Franche-Comté comme la région Grand Est notamment mais également comme la région potentiellement Centre-Val-de-Noire s'il n'y a pas des fusions au soir du premier tour qui pourraient à ce moment-là basculer en faveur du Rassemblement National donc la carte elle n'a pas été tellement modifiée par rapport à ce qu'on avait en 2015 PACA et les Hauts-de-France restent les zones de force le Grand Est la Bourgogne-Franche-Comté et puis quelques autres régions plus critiques qu'on a moins à l'esprit mais encore une fois le Centre-Val-de-Noire le Front National avait obtenu 31% on l'a un peu oublié en 2015 on le retrouve à cet étiage aujourd'hui donc tout dépend du rapport de force ensuite et du comportement des électeurs et des autres listes Alex Bouillaguet la crise du Covid va-t-elle favoriser Emmanuel Macron en 2022 est-ce que cette gestion de la crise sera mise à son actif ou à son passif ?
Alors ça dépend comment elle se termine forcément c'est vrai que pour l'instant cette deuxième phase c'est-à-dire depuis janvier où effectivement le Président de la République a été vraiment à la manœuvre malgré ce que pouvait dire parfois le corps médical donc les décisions qui ont été prises sont vraiment les siennes et seront forcément à mettre à son crédit ce déconfinement actuellement se passe plutôt très bien maintenant la question que tout le monde se pose c'est la vaccination est-ce que là aussi on va être dans les délais et surtout quatrième vague ou pas quatrième vague donc attendons la rentrée avant de se prononcer sur le sujet
Mais il a la trousse Edouard Philippe ne va-t-il pas se présenter face à Emmanuel Macron ?
Alors lui jure que non face à Emmanuel Macron non si Emmanuel Macron est empêché oui mais si le Président est candidat à sa réélection il n'est pas question pour l'ancien Premier ministre en tout cas c'est des messages qu'il fait passer de se présenter contre lui Et si la droite le supplie ?
Et si la droite le supplie si Emmanuel Macron est candidat il jure ne pas y aller face à lui ce qui est intéressant sur Edouard Philippe c'est qu'il vient de sortir un livre et son plan com' a été complètement percuté d'ailleurs par les prises de parole du chef de l'État que ce soit début avril Emmanuel Macron je me pose la question je me pose la question et ça montre qu'Emmanuel Macron n'a pas renoncé quand il disait à Brut si je suis candidat si les événements m'empêchent etc. qu'en réalité tout laisse à penser qu'il prépare bien sa candidature et donc Edouard Philippe ne sera pas sur la liste de départ
Un duel Macron-Le Pen augmenterait-il beaucoup d'abstention engendrerait-il pardon beaucoup d'abstention et de vote blanc question de Henri dans Gironde Bristin Thurier Ah oui incontestablement c'est ce que nous disent les électeurs enfin les français aujourd'hui en cas de duel Macron-Le Pen on a un taux de français qui s'en laverait les mains qui s'abstiendrait ou qui voterait blanc et nul bien plus important que ce qu'on a eu jusqu'à maintenant à toutes les élections et à tous les seconds tours alors on peut penser que cette proportion baisserait un peu si cette hypothèse se vérifiait mais malgré tout il y aura très certainement un front républicain fissuré et beaucoup d'électeurs de français qui se diront je ne joue pas même dans cette configuration Macron-Le Pen qui avait été celle de la dernière fois et justement parce qu'elle a été celle de la dernière fois et que la France ne se résume pas à Macron et à Le Pen pour beaucoup de français et que le rejet de Marine Le Pen ne sera pas un ressort suffisamment puissant pour provoquer de la mobilisation parce qu'il y a aussi du rejet d'Emmanuel Macron et donc on aurait des bulletins blancs et une abstention plus forte Autre question pour vous Brice Tinturier Quel programme serait en mesure de convaincre les jeunes de voter pour un candidat en particulier ?
Quelles sont les choses sur lesquelles les jeunes sont sensibles ?
Alors il y a beaucoup de choses il faut distinguer quand on parle des jeunes les 18-24 ans et les 25-35 ans par exemple cette seconde catégorie ils sont un peu moins jeunes votent beaucoup plus pour Marine Le Pen par exemple ce sont les premiers qui votent davantage pour Emmanuel Macron Alors les thèmes des premiers c'est beaucoup l'environnement les inégalités les questions de genre les questions d'avenir d'insertion mais d'avenir de la planète de pouvoir d'achat et pour les 25-34 ans ils s'alignent davantage sur l'ensemble de la population française et là vous avez des enjeux d'insertion professionnelle de chômage de pouvoir d'achat de logement et du coup aussi des questions d'autorité de sujets autour de la délinquance on en parlait en début d'émission de l'immigration qui les touche un peu comme les autres français donc les plus spécifiques c'est les 18-24 ans qui sont davantage sur les sujets économiques et sociaux et sur l'environnement bien entendu Cécile Cornudet quels sont les opposants qui peuvent inquiéter Emmanuel Macron ?
C'est Jacques dans le Rhône qui vous pose la question Alors à gauche manifestement ça va être très très difficile tous les sondages aujourd'hui montrent un total de la gauche même si on additionne tout le monde historiquement faible autour de 30% et on voit personne aujourd'hui capables de changer les choses d'autant qu'ils sont en plus divisés entre eux La question c'est à droite à droite est-ce que quelqu'un peut émerger en surfant sur ce dont on parlait juste avant qui est ce refus du duel Macron-Le Pen ça va être toute la stratégie d'un Xavier Bertrand d'essayer de ratisser à droite bien sûr mais aussi à gauche des gens qui dès le premier tour pourront voter pour lui et comme ça essayer de ne pas avoir ce duel de Macron-Le Pen donc aujourd'hui c'est lui qui est le mieux placé pour faire ça il est à peu près à 15% dans les sondages derrière on a Valérie Pécresse à 10% voilà c'est un de ceux-là est-ce qu'il peut y avoir à droite un candidat surprise un François Baroin qui reviendrait sur sa décision quelque chose comme ça bon ça paraît peu probable aujourd'hui mais c'est à droite en tout cas que quelqu'un peut faire la surprise il reste très peu de temps la fébrilité de la gauche empêchera-t-elle qu'on évoque les sujets dits de gauche comme la justice la santé l'éducation l'égalité etc.
en 2022
sa fébrilité
ou sa fragilité la fébrilité la fragilité on n'en parle pas
la fragilité le thème est très occupé par Eric Dupond-Moretti c'est vrai qu'il y a beaucoup de voix aussi au sein de la majorité où on fait vivre l'aile gauche l'aile droite et où en fait le débat contradictoire se fait presque bien plus en interne aujourd'hui qu'à travers une gauche divisée comme l'a rappelé Cécile
C'est la fin de cette émission merci beaucoup d'y avoir participé lundi vous retrouverez Caroline Roux vous restez sur France 5 à suivre C'est l'hebdo