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InterviewC à vous (sur YouTube)· 19 mars 2024 10 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiSantéÉconomie & entreprisesEurope & international

Comment financer notre modèle social ? - Bruno Le Maire - C à vous - 19/03/2024

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:40OuverteRéponse partielle

    Vous voulez vous attaquer aux ALD ? 12 millions de personnes concernées.

  • 3:02OuverteRéponse directe

    Ces questions devraient être tranchées par référendum ?

  • 3:52RelanceRéponse directe

    Demandez-vous des efforts aux Français alors que certains manifestent pour plus d'argent ?

  • 4:37OuverteRéponse partielle

    De combien souhaitez-vous être augmenté pour vivre plus confortablement ?

  • 6:22RelanceRéponse partielle

    Toutes ces propositions, vous aviez 7 ans pour les mettre en œuvre.

  • 7:21OuverteRéponse directe

    Quelle est la situation économique de l'Europe selon vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:18PrésentateurFait
    « Sous couvert d'avoir une bonne indemnisation du chômage, on écarte les plus de 55 ans du marché du travail. »
  • 1:17PrésentateurPromesse
    « 80% de temps de travail, 90% de rémunération, 100% de cotisation retraite. »
  • 1:30PrésentateurFait
    « Quand on a plus de 55 ans, plus vous mettez de temps à reprendre un emploi, plus vos chances d'en retrouver un s'éloignent. »
  • 5:37PrésentateurChiffre
    « La charge de la dette cette année, c'est 50 milliards d'euros. »

Temps de parole

  • Présentateur76 %
  • Invité6 %
  • Invité 25 %
  • Invité 34 %
  • Auditeur3 %
  • Invité 43 %
  • Auditeur 23 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Ça veut dire que vous allez réduire leur indemnisation ? Là, elle a déjà été réduite. Ils sont passés à 27 mois au lieu de 36. Il faut les passer à 18 mois d'indemnisation ?

0:08
Présentateur

Ça veut dire qu'il faut poser ce débat sur la table et qu'il y a une gigantesque hypocrisie. Et que je n'aime pas l'hypocrisie. J'aime la vérité et la clarté des choses. La réalité, c'est que sous couvert d'avoir une bonne indemnisation du chômage, on écarte les plus de 55 ans du marché du travail.

0:24
Invité

Ça rend service à tout le monde. Ça rend service à beaucoup d'entreprises. Ça va les garder sur le marché du travail ? Que ça va inciter les entreprises à les garder ?

0:30
Présentateur

Je pense que c'est un ensemble de décisions prises par les entrepreneurs, les syndicats, l'État, qui permet ensuite d'avoir une prise de conscience collective qu'il y a quelque chose d'inacceptable dans notre société. On écarte les plus de 55 ans. Les entreprises ont une responsabilité. Je le dis très clairement. L'État a une responsabilité en formant, en qualifiant, en proposant un contrat comme celui que je propose. Et les responsables syndicaux ont aussi une responsabilité à exercer.

Mais en tout cas, je ne me satisferai jamais de cette hypocrisie qui consiste à dire, vous avez une indemnisation du chômage qui est généreuse, alors qu'en fait, on veut vous mettre à la retraite le plus vite possible.

1:05
Invité

Le meilleur moyen, c'est de contraindre les employeurs, non ? Plutôt que de s'en prendre, de s'attaquer aux chômeurs, oui.

1:11
Présentateur

On peut avoir des dispositifs de pénalisation des entrepreneurs. Je pense que ce serait juste et efficace. On peut avoir des contrats comme ceux que je propose. 80% de temps de travail, 90% de rémunération, 100% de cotisation retraite. Mais je pense qu'il faut aussi toucher à la durée d'indemnisation du chômage. Pourquoi ? Parce qu'on sait très bien que quand on a plus de 55 ans, plus vous mettez de temps à reprendre un emploi, plus vos chances d'en retrouver un s'éloignent. Donc on ne rend pas service aux plus de 55 ans.

1:40
Invité

Question très sensible aussi. Je reviens un instant sur les problèmes de santé. Vous voulez vous attaquer aux ALD, affections longue durée. Il y a 12 millions de personnes aujourd'hui qui sont prises en charge sous le régime de l'ALD. Vous pensez que ce n'est pas raisonnable ?

1:56
Présentateur

Non, je ne veux pas m'attaquer aux ALD. Vraiment, je veux être très clair là-dessus, parce que le sujet est trop sensible. Je pose un constat. Il y avait 8 millions de personnes qui étaient en affections de longue durée il y a un peu plus de 10 ans. Elles sont 12 millions aujourd'hui. C'est un coût qui est très élevé. Donc je considère qu'il faut protéger ces personnes qui ont des maladies de longue durée, qui en souffrent et qui ne l'ont pas choisie. Mais je dis de l'autre côté, est-ce qu'on peut continuer à dépenser plus de 5 milliards d'euros chaque année pour le remboursement intégral des transports médicaux ?

Est-ce qu'il ne faut pas faire un effort là-dessus pour garantir que ceux qui ont un cancer continueront à être remboursés à 100%, aidés, accompagnés, soignés dans les meilleures conditions ? Est-ce que sur les dispositifs médicaux, ça peut être les béquilles, ça peut être autre chose, il y a des économies à faire ? Je propose que nous ayons une discussion avec toutes les oppositions. Je ne vais pas dire que j'ai la vérité révélée tout seul.

J'ai invité toutes les oppositions à venir début avril débattre avec le ministre des Comptes publics, Thomas Cazenave, et moi-même à Bercy pour dire où peut-on faire des économies pour que ceux qui ont cette injustice de la maladie et qui en souffrent tous les jours n'aient pas de soucis financiers à avoir.

3:02
Invité

Vous pensez que ce sont des questions qui devraient être tranchées par référendum ? Vous imaginez un président de la République engager sa responsabilité, peut-être son poste, sur un référendum de ce type avec des économies et des sacrifices aussi grands demandés à la population ?

3:20
Présentateur

Je pense que l'article 11 de la Constitution est très clair. Il dit très fermement que le référendum est fait justement pour trancher notamment les questions économiques et sociales. Et que le financement de notre modèle de protection sociale, qui fait partie de notre culture, de notre identité, de ce que nous sommes comme Françaises et comme Français, c'est pas absurde de penser qu'à un moment donné, les nouvelles modalités de financement puissent être soumises au vote des Français. C'est le peuple qui doit décider du modèle social qu'il veut.

3:52
Invité

Monsieur le maire, vous demandez donc aux Français de réfléchir à des efforts à faire, mais aujourd'hui, certains d'entre eux vous demandaient plus d'argent, notamment les fonctionnaires qui manifestaient et faisaient greffe pour obtenir des augmentations de salaires. Audrey Payas et Benjamin Delmas en ont rencontré quelques-uns au cours du cortège parisien.

4:10
Auditeur

Les fins de mois sont difficiles, les loyers en haussent, on peut voir les courses, c'est pareil. On en a marre de compter nos petits sous pour pouvoir manger correctement, pouvoir partir en vacances. On survit avec les factures d'électricité qu'augmentent. Le gaz, la nourriture, même 2000 euros par mois, on s'en sort pas, on s'en sort pas, on calcule tout, tout, tout, tout. De combien vous souhaiteriez être augmenté pour être dans une situation plus confortable que vous n'êtes actuellement ? Moi, perso, il me manque 500 euros. Entre 400 et 500 ? S'il y avait environ 500 euros par mois, ça serait déjà bien.

Il faut que le gouvernement entende que ses fonctionnaires, ils sont à bout de souffle.

4:56
Présentateur

Et quelle heure à répondre ? Déjà, des réponses ont été apportées. Je rappelle qu'on a revalorisé le point d'indice. Je rappelle que sur les personnels de santé, c'était indispensable. On fait le Ségur de la santé, mis 19 milliards d'euros sur la table pour revaloriser les aides-soignants, les infirmières, l'ensemble des personnels hospitaliers. On est en démocratie, on va écouter les revendications des fonctionnaires. La ministre de la Fonction publique, Stanislas Guérini, va écouter ses revendications.

Mais je dis très clairement que moi, ma responsabilité des ministres des Finances aujourd'hui, c'est de rétablir les comptes publics, de réduire les déficits pour une raison qui est simple, c'est que sinon, le coût de l'argent explose, la charge de la dette explose et c'est autant d'argent qu'on jette par les fenêtres chaque année. La charge de la dette cette année, c'est 50 milliards d'euros. Je trouve que l'argent peut être mieux employé qu'avoir 50 milliards d'euros de charge de la dette.

5:46
Invité

Bruno Le Maire a raison sur la relance économique et les réformes à faire. Il devra en parler à celui qui est ministre de l'Économie et des Finances depuis 7 ans. Ça, c'est une phrase qui est prêtée à Emmanuel Macron, le chef de l'État, après avoir pris connaissance de votre livre La Voix française. C'est dans le cas d'un enchaîné apparaître demain.

6:03
Présentateur

Oui, je lis depuis 7 ans que je suis ministre de l'Économie et des Finances les commentaires du président de la République sur moi qui sont rapportés par des journaux ou d'autres. Je les lis et je les ignore. Tout simplement parce que je considère que le travail que nous avons fait ensemble est un bon travail.

6:23
Invité

Non, mais c'est vrai que c'est ce qu'on pourrait vous reprocher, de dire, ben voilà, toutes ces propositions-là, vous aviez 7 ans pour les mettre en œuvre.

6:27
Présentateur

Oui, beaucoup de propositions, je fais le bilan de ce qui a été fait, ont été déjà mises en œuvre. Je ne vais pas vous faire le bilan de tout ce qui a été fait, mais quand je regarde ce qui depuis 7 ans a été fait en matière économique, c'est un des éléments forts du bilan du président de la République.

Je me suis engagé totalement, pleinement, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, pour obtenir ces résultats, transformer la fiscalité, alléger la fiscalité des entreprises, mieux rémunérer les salariés, simplifier la vie d'entrepreneurs, mettre sur pied une taxation internationale des gens du numérique, une taxation internationale minimum, faire la loi industrie verte pour qu'il y ait des investissements verts dans nos pays, ouvrir des gigafactories de batteries électriques. Mais je pourrais continuer comme ça. Je suis fier du bilan économique qui est le nôtre avec le président de la République depuis 7 ans. Donc je lis et j'ignore.

7:14
Invité

Vous revenez de Berlin pour une conférence sur l'avenir économique de l'Europe, et vous avez défendu l'Europe en ces termes.

7:25
Présentateur

Au XXe siècle, l'Europe fabriquait les meilleures machines-outils, les meilleurs avions, les meilleures voitures, les meilleurs produits chimiques. Elle continue à produire les meilleurs avions, cher Guillaume, de très loin. Et je préfère la situation d'Airbus à celle de Boeing, et je préfère désormais voler en Airbus que de voler en Boeing. Ma famille aussi. Elle tient à moi.

7:48
Invité

Est-ce qu'on peut vraiment rire des malheurs de Boeing, qui est effectivement le concurrent d'Airbus ?

7:53
Présentateur

Je pense qu'on peut surtout être fier de ce que fait Airbus. Honnêtement, je ne prends pas de précaution oratoire là-dedans. Airbus réussit très bien, tant mieux, et on doit soutenir Airbus. Mais l'objet de cette conférence n'était pas ça. L'objet de cette conférence, c'était de faire un constat, là aussi, le plus lucide possible. Aujourd'hui, et depuis maintenant près de 10 ans, l'Europe a une productivité qui décline. L'Europe a une croissance moins élevée de 1 à 1,5 point chaque année que celle des États-Unis. Donc les citoyens américains sont plus riches. Et les citoyens européens, eux, ils tirent la langue derrière. Donc je pense que nous avons commencé...

Vous avez fait du protectionnisme américain ? Oui, je pense qu'il faut qu'on soit lucide sur le monde dans lequel nous entrons. C'est aussi l'objet de ce livre, et je le dis très clairement. Les Chinois ont un modèle économique très clair. Il se résume en un mot. Interventionnisme. On donne de l'argent public, on soutient ces entreprises, on soutient les véhicules électriques chinois, on soutient les panneaux solaires chinois. Et puis ensuite, à prix cassé, ils vont sur le marché européen. Les Américains ont un modèle protectionniste. Et que ce soit M. Biden ou M. Trump, qui soit élu en novembre prochain, rien n'y changera. Les Américains resteront protectionnistes.

Où est le modèle économique européen ? Nous, nous avons défendu depuis 2017 avec le président de la République, un modèle qui s'appelle la souveraineté. On a réussi à faire bouger les lignes. On a réussi à avoir des aides d'État pour soutenir l'industrie, à développer de nouvelles filières. J'ai cité les batteries électriques. Mais maintenant, il faut aller au bout de cette idée-là, défendre nos intérêts. Moi, je fais des propositions très enthousiastes et très concrètes sur l'Europe.

Je propose que quand il y a un appel d'offres sur un marché public, par exemple des parcs éoliens, je propose que 50 à 60% de ces appels d'offres soient réservés à l'industrie européenne et à des produits réalisés en Europe. J'ai proposé qu'on mette en place une communauté européenne de l'intelligence artificielle, comme on a su le faire sur le charbon et sur l'acier il y a 40 ans. Je propose que nous mettions en place, et je me bats tous les jours pour ça, une union des marchés de capitaux. Pour que lorsque Mistral, cette entreprise qui réussit si bien, c'est un des chapitres de mon livre, Arthur Mench, le créateur de Mistral, habite encore en France.

Il a levé 100 millions, puis 200 millions, puis 300 millions. L'histoire, on la connaît. Si on ne crée pas l'union des marchés de capitaux, c'est-à-dire sa capacité à lever demain 2, 3 ou 5 milliards d'euros en Europe, Arthur Mench et Mistral partiront aux États-Unis, comme les géants pharmaceutiques sont partis aux États-Unis, ceux qui avaient créé l'ARN messager, parce qu'ils ne trouvaient pas l'argent en Europe. Donc vous voyez, l'Europe, c'est un projet enthousiasmant, et pour les prochaines élections, je pense qu'il est indispensable que nous serions capables de présenter clairement notre vision de l'Union européenne. – Sous-titrage FR 2021