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AutreFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 6 avril 2026 36 minContradictoireMixte

"Le Petit Prince", 80 ans, et pas une ride : les secrets d'un chef-d'œuvre qui parle au monde entier

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 4 %

Temps de parole

  • Invité41 %
  • Invité 221 %
  • Invité 317 %
  • Auditeur5 %
  • Auditeur 24 %
  • Auditeur 34 %
  • Auditeur 43 %
  • Auditeur 52 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

France Inter, France Inter, 18-20, Christelle Rebière.

0:10
Invité

Sa crinière blonde et bourrée fait son écharpe au vent et sa grande cape. 80 ans que le petit prince d'Antoine de Saint-Exupéry est entré dans nos vies et qu'il y reste. On le voit partout et son « dessine-moi un mouton » est une phrase culte qu'on retrouve jusque sur des mugs. Un parc à thèmes lui est dédié, il existe des timbres-postes évidemment, mais aussi une collection de sushis. À la démesure du succès mondial de ce conte si différent des autres, l'histoire ne commence pas par « il était une fois ». Il n'y a pas de princesse mais une rose, des planètes et cette rencontre onirique avec un aviateur perdu dans le désert après une panne de moteur.

Le petit prince est inclassable et universel. Sorti en France début avril 1946 alors que son auteur est mort en 1944, son avion abîmé dans la Méditerranée. 150 millions d'exemplaires ont été vendus dans le monde. On parle de 600 traductions officielles, c'est un phénomène littéraire inédit avec les illustrations de l'auteur. Alors on a envie de comprendre ce qui fait son universalité et sa complexité. Ce n'est pas un livre facile malgré les apparences, il y a plusieurs niveaux de lecture. Alors on a envie de le partager avec vous ce soir. Racontez-nous votre premier souvenir du petit prince.

Qu'avez-vous compris à ce moment-là, peut-être l'avez-vous offert à vos enfants, vos petits-enfants, pourquoi Antoine de Saint-Exupéry écrivait « Les grandes personnes ne comprennent jamais rien toutes seules et c'est fatigant pour les enfants de toujours et toujours leur donner des explications ». Alors que vous soyez une grande personne, un enfant, une grande personne avec une âme d'enfant, c'est le téléphone sonne ce soir. Soyez les bienvenus.

1:44
Présentateur

Le téléphone sonne. 01 45 24 7000.

1:48
Invité

Bonsoir Françoise. Bonsoir. Soyez la bienvenue, nous vous écoutons. Ah, c'est déjà à vous. Et oui, c'est déjà à vous.

1:56
Auditeur

Excusez-moi, je suis émue. J'ai 70 ans aujourd'hui et c'est ma maman qui me l'a fait aimer. Elle était maîtresse d'école. Et moi-même, en tant que fille de tri, je lisais un chapitre par jour à mes élèves. Donc ça a duré un certain temps, mais bon, c'était un chapitre toujours. Et d'année en année, je finissais par le connaître par cœur. Et je l'ai même raconté à des moyennes sections et des grandes sections. Et on me disait « Mais comment tu fais ? » Et je disais « Mais quand on aime, on fait tout passer ». Et les enfants, je leur ai même appris la page du renard. Et ils étaient fiers de la raconter à leurs parents. Pour ne pas les lasser, bien sûr, je faisais autre chose en même temps.

Mais les adultes qui ont eu l'occasion de me voir ont compris. Je ne coupe rien du Petit Prince, je garde tout. Ce livre m'accompagne et je l'emmènerai sur une île déserte. Je l'offre en pop-up. Moi, ce que j'aime, c'est le livre naturel, tout simple. C'est-à-dire ? Je l'offre en pop-up. Le tout ça, le livre de poche ou l'autre. Il y a différentes versions. J'offre le pop-up parce que c'est vrai que les images sont jolies pour les enfants. Mais en lecture, c'est moins facile à lire. C'est juste beau pour les images. Oui, c'est ça.

3:03
Invité

C'est ce que je disais tout à l'heure. En fait, il y a plusieurs niveaux de lecture. On va y venir. Mais effectivement, tout le monde peut y trouver quelque chose, en fait.

3:10
Auditeur

Complètement. Et je n'aime pas qu'on dise que ce livre ne durera pas plus que 2,80 ans. J'ai ma belle-fille qui m'a offert des boucles d'oreilles. Et c'est rigolo parce que ça fait du petit prince, bien sûr. Et ça interpelle les gens et ça fait parler. C'est un sourire. Je trouve ce moment super chouette quand les gens remarquent et qu'on parle. C'est un sourire. Ça fait parler. Oui. Et à des CP aussi. J'ai pris des phrases de lecture. Alors, je ne sais pas si on en parle pas. Je veux dire, c'était des phrases. J'ai appris à lire à des enfants. Pas qu'avec ça, mais avec des phrases du petit prince.

3:43
Invité

Oui, vous avez appris à lire. Vous l'avez aussi enseigné à des tout-petits. Merci beaucoup, Françoise, pour en parler avec vous ce soir en studio près de moi. Nathalie Prince. Bonsoir. Bonsoir. Merci d'être là. Vous êtes professeur de littérature générale et comparé à Le Mans Université, autrice de Saint-Exupéry, du vent dans le cœur aux éditions Calypse. Et nous sommes aussi en ligne avec Alban Cerisier. Bonsoir. Est-ce qu'Alban Cerisier nous entend ? Ah, bon, voilà. On va le retrouver dans une minute. Nathalie Françoise nous disait, c'est ma mère qui me l'a fait aimer. Ça commence souvent comme ça ? Le mot important, là, c'est l'amour.

C'est une histoire d'amour, le petit prince, avec ses lecteurs. Je trouve que les élèves de la dame qu'on vient d'entendre ont bien de la chance, parce qu'apprendre le français avec le petit prince, c'est quand même assez magique. C'est un cas d'école, le petit prince, c'est apprendre le français par le plus beau des chemins, je dirais. Pourquoi ? C'est parce que non seulement on apprend le français, mais on apprend une autre façon peut-être d'habiter le monde. C'est très lisse, votre auditrice en parlait. C'est un livre qui parle à tout le monde. Tout le monde se retrouve dans Le Petit Prince. Et en même temps, ce n'est pas un livre simpliste.

Encore une fois, le simple est une notion complexe. C'est un livre qui a l'apparence d'un conte, mais qui va aller chercher toutes les grandes vérités, toutes les expériences universelles, comme l'attachement, la solitude, la perte, la responsabilité. C'est très important. On va y venir longuement. On a retrouvé Alban Serizier. Vous êtes parmi nous cette fois ? Oui, bonjour. Bonjour, merci beaucoup. Bonsoir, plutôt. Je vous en prie. Vous êtes éditeur, spécialiste de l'œuvre de Saint-Exupéry. Quand Nathalie Prince nous dit « Tout le monde se retrouve, finalement », d'où elle vient, cette universalité ?

Elle vient déjà d'un écrivain qui a su parler dans Le Petit Prince, mais aussi dans le reste de son œuvre de valeurs, de principes qui, effectivement, ont une portée universelle, précisément par l'humanisme qui les inspire. Voilà, Saint-Exupéry est un des grands écrivains humanistes du XXe siècle, un siècle de crise, un siècle où la dignité humaine a été plus que malmenée. Et il est évident qu'une parole me colle la sienne avec une parole assez intransigeante, en réalité, et assez peu politique, au sens de ce que la politique peut induire de compromis, de complexité, par rapport à des faits, à des situations du monde.

Lui est resté toujours à une certaine hauteur, un peu en surplomb, c'est peut-être sa vocation de pilote, qu'il l'a située à ce niveau-là, au niveau des valeurs. Et il a associé à cette pensée humaniste, ce qui était profondément en lui, c'est-à-dire une poésie de la langue, une poésie du monde, qui n'a pas rien qu'à lui, en réalité. Oui, et une poésie qui nous est proche, parce que finalement, c'est écrit de manière très simple, en fait. C'est vrai, et aussi avec quelque chose qui, comment dire, laisse la voix de l'imaginaire. C'est-à-dire qu'il y a une écriture chez lui, comme il le disait lui-même à propos de sa propre écriture.

Je disais, moi, mes phrases, elles commencent avec des mots et elles finissent en rêve. Et vous ne voyez qu'une part de moi-même. C'est ce qu'il disait à une de ses amies, René de Saucine, dans une très très très belle lettre. Et je pense que ça, il l'a gardé toute sa vie. Et ça a atteint vraiment son sommet, ça définit un style, une écriture. Ça a atteint son sommet dans Le Petit Prince. Et du reste, ce n'est pas pour rien que Le Petit Prince parle en demi-confidence, par des demi-confidences. Il donne petit à petit les clés de son énigme à l'aviateur, parce que c'est aussi par là qu'une vraie transmission se fait. Ça pose une forme de respect dans la conversation, vous voyez.

Il donne les clés, mais il ne donne pas toutes les clés. Et lui, quand il prend le livre, il sent ce respect-là. Il sent cette espèce de lenteur de l'écriture, mais qui est en fait une lenteur qui laisse la relation s'installer et le sens s'installer. Consuelo, qui était l'épouse de Saint-Exupéry, dans une de ses toutes dernières lettres, lui disait, à propos du Petit Prince précisément, « Tu consoles, tu fais attendre, tu crées la patience qui bâtit l'être à être. » Et je pense qu'elle avait quand même assez bien compris ce que Saint-Exupéry, son mari, a essayé de faire dans Le Petit Prince. On va revenir au Standard pour accueillir Lison, qui vient de nous appeler. Bonjour Lison. Bonjour.

Merci d'être avec nous Lison. Je peux te tutoyer ? Oui. Bon, tu peux me donner ton âge ? J'ai 9 ans. Très bien. Alors, parle-moi du Petit Prince, Lison.

8:44
Auditeur

Moi, le Petit Prince, en fait, je suis en train de le lire. J'aime beaucoup parce qu'en fait, c'est comme si c'était un ami qui n'était pas là. Et en fait, quand moi je lis, j'ai l'impression qu'en fait, je suis dans les aventures du Petit Prince.

9:02
Invité

Et tu t'y sens bien ?

9:04
Auditeur

Oui, très bien. Mais des fois, par exemple, à certains passages, quand il y a le passage du serpent, par exemple, j'ai un peu peur ou j'ai envie. C'est ça, c'est ça. Ça me fait ressentir des émotions.

9:17
Invité

Beaucoup d'émotions. Donc, tu te sens très proche. Tu as l'impression que tu comprends facilement toute l'histoire ou parfois le rêve, il te perd un peu ?

9:26
Auditeur

En fait, je trouve qu'en fait, parce qu'en fait, il parle un peu comme si c'était fait pour être montré par des enfants. Du coup, en fait, il y a certains passages où on se perd un peu, mais la plupart du temps, je comprends.

9:43
Invité

Bon, ben merci, Lison. Alban Cerisier, qu'est-ce que vous retenez du témoignage de Lison qui est très touchant ? Elle dit, c'est comme un ami qui n'est pas là, le Petit Prince. Ah, je crois qu'on a perdu Alban Cerisier. Nathalie Prince, pardon, votre nom, évidemment, était entré en consonance avec cette émission. Merci. Le Petit Prince, Nathalie Prince, comme un ami qui n'était pas là. Oui, Lison, je t'envie de lire ce livre pour la première fois. Vraiment, ça, c'est quelque chose qui est sur lequel j'insiste, parce que c'est vraiment un livre qui a été écrit pour les enfants. Et ça, il faut le rappeler, dès l'origine, même le titre était en script pour que les enfants s'y retrouvent.

Et puis, ce qu'on n'a pas dit encore, c'est qu'il y a des images aussi qui accompagnent le texte. Ce sont ces images aussi qui donnent ce côté universel au texte. Un livre qui peut être lu par les enfants et parfois aussi peut-être pour les adultes. Mais il y a effectivement des couches de sens très différentes qui apparaissent. Alors, je reprendrai ce que disait Umberto Eco. Il dit, un livre, c'est une machine paresseuse. Un texte, c'est une machine paresseuse qui veut que quelqu'un l'aide à fonctionner. Et en fonction des lectures qui se font, c'est tout un autre imaginaire qui s'exprime. Lisons, quand tu liras la fin, je ne vais pas divulgacher pour toi ce texte.

Tu verras peut-être une fin toute jolie, très euphorique. Et puis, quand on lit, qu'on est un peu plus âgé, on voit d'autres choses dans ce texte. Et c'est peut-être d'autres images qui apparaissent beaucoup moins heureuses. Mais c'est vrai qu'il se met à hauteur d'enfant. Il s'adresse aux enfants contre les grandes personnes, comme il dit, finalement. C'est « apprenez à regarder », les grandes personnes ne savent plus regarder. On ne sait plus regarder. L'essentiel, on l'a oublié. On a tout gommé. On ne sait plus prendre le temps. Donc, les grandes personnes sont représentées dans cet ouvrage, vraiment comme des gens qui n'y comprennent rien.

Il y a un adjectif qui revient très souvent dans Le Petit Prince, c'est « les adultes sont décidément très bizarres ». Et ce « bizarre » désigne l'absurdité du monde dans lequel évolue Saint-Exupéry. On a Mathieu qui est en ligne aussi. Bonsoir.

12:02
Auditeur

Bonsoir, madame. Soyez le bienvenu. Merci beaucoup pour la diversité et l'intérêt de vos émissions que j'écoute souvent. D'ailleurs, je suis un abonné à France Inter depuis quelques décennies.

12:11
Invité

Eh bien, ne changez rien.

12:13
Auditeur

Non, c'est un livre que j'ai découvert grâce à… Je suis d'origine anglaise. C'est un livre qui m'a servi de coup de foudre, en fait, quelque part, pour la langue française. J'ai eu plusieurs coups de foudre dans ce sens, heureusement. Tant que c'est si bien que je suis devenu français entre-temps. Je ne suis pas encore arrivé sur l'Asteroid P612, mais c'est un livre que, évidemment, j'ai lu par la première fois à 18-19 ans, beaucoup plus âgé que les petits français francophones de Nessence. Mais voilà, c'était effectivement, comme vient de dire l'interlocutrice que vous aviez en ligne à l'instant, un rappel aux adultes que, voilà, on passe à côté d'énormément de choses.

Et c'est tellement universel que je ne suis pas étonné que ce soit un succès mondial, évidemment.

12:58
Invité

Mais vous dites « j'ai appris finalement le français grâce à cette œuvre ».

13:02
Auditeur

Ça m'a aidé, en tous les cas. Ça m'a donné encore envie d'aller plus loin, pas uniquement grâce à cette œuvre. Il y a eu un peu de Molière, il y a eu un peu d'Opaze, de Pagnole. Mais il y avait quand même aussi ce livre-là. Quelqu'un qui me voulait du bien pour me dire « ne tombez pas amoureux de celle-là ».

13:20
Invité

Parce que finalement, finalement, c'est une langue qui est facile d'accès à le bon cerisier, celle d'Antoine de Saint-Exupéry. Oui, c'est sûr, le vocabulaire qu'emploie Antoine de Saint-Exupéry est un vocabulaire simple. D'ailleurs, on voit bien dans le manuscrit, parce qu'on dispose du manuscrit, du petit prince. Et vous avez travaillé, vous, sur ce manuscrit, Alman Cerisier ? Oh oui, des centaines d'heures, à vrai dire. Parce que l'écriture d'Antoine de Saint-Exupéry est très, très, très difficile à déchiffrer.

Mais bon, on y arrive, et on voit bien que Saint-Exupéry a mis beaucoup de temps à élaborer une langue aussi claire que possible, avec des formules, évidemment, qu'on connaît tous, qui font la célébrité en particulier de ce livre, mais aussi avec ce souhait d'enlever tout ce qui pouvait être des scories, des choses pas claires, des choses trop biographiques. Voilà, donc on sent qu'il y a une voie vers l'universel, vers la simplicité, vers la perfection de l'expression, qui, pour lui aussi, est liée à l'univers du conte. Donc, c'est un conte du XXe siècle, parce que je trouve aussi qu'il a cette simplicité extraordinaire.

Il n'est qu'à comparer aujourd'hui, si vous prenez, par exemple, un conte de Voltaire comme Micromégas, c'est d'une lecture beaucoup plus complexe, avec des phrases extraordinairement, de structures très complexes, etc. Vous n'avez pas du tout ça dans Le Petit Prince. Ce sont des phrases courtes, beaucoup de dialogues aussi. Ça compte énormément. C'est ce qu'il rend encore très actuel, et qui fait qu'il arrive à continuer assez dur, parce que 80 ans sans avoir bougé, c'est quand même un succès de ce niveau-là. Il y a quelque chose qui fait qu'il tient dans le temps. Donc, s'il tient dans le temps, c'est un, parce qu'il y a des illustrations, et deux, parce que les phrases sont simples.

Oui, et que la morale est puissante aussi. Je pense que le XXe siècle avait besoin de son conte, et que Saint-Exupéry le lui a donné, tout simplement. Et ce qui, effectivement, ça dure, mais comme un conte, Andersen porte encore aujourd'hui des vérités fortes. C'est celles-là que Saint-Exupéry cherchait. Il appelait ça des prières, vous voyez, mais pas au sens strictement religieux du terme, mais des choses qui sont des vérités charriées par cette émotion-là.

Est-ce que vous pouvez, Alban Cerisier, est-ce que vous pouvez nous expliquer, puisque vous travaillez chez Gallimard, comment ce livre est né, parce qu'il l'a écrit aux Etats-Unis, en fait, alors qu'il était en exil, Antoine de Saint-Exupéry, et qu'il est paru aux Etats-Unis en 1943, c'est-à-dire trois ans avant sa parution ici en France. Oui, c'est effectivement un enfant de l'exil, d'une certaine façon. Saint-Exupéry avait participé à la campagne de France en tant que pilote militaire, bien entendu, et puis il s'est trouvé démobilisé après la défaite. Et là, il a hésité.

Savoir quelle était la meilleure façon pour lui de continuer, d'une certaine façon, son combat pour les démocraties, pour la défense des démocraties. Et son choix était de partir aux Etats-Unis pour essayer de convaincre l'opinion, mais aussi l'État américain, à faire preuve de solidarité. Et lui qui avait une petite tendance, déjà, je parle de l'État américain, à être isolationniste. Donc il a été, c'est un écrivain très célèbre aux Etats-Unis, déjà, c'était d'ailleurs certainement l'écrivain français le plus célèbre aux Etats-Unis. Et donc, quand il arrive là-bas, c'est un événement d'ailleurs, il ne cache pas ses intentions.

Ses intentions sont, un, d'expliquer la défaite française, et d'autre part, d'aller mobiliser les consciences américaines, parce que pour lui, le salut passe. Par l'engagement des Etats-Unis. Donc il va écrire là-bas, Pilote de guerre, qui est son roman où il explique, en réalité, la défaite française, et il formule son humanisme. Et puis ensuite, sur la sollicitation probable de ses éditeurs américains, il décide d'écrire un conte pour enfants, qui devait être un conte pour Noël 1942. Et puis le livre est un peu compliqué à élaborer, à fabriquer, une articulation très fine, on l'a dit, entre l'écriture et le dessin.

Et donc le livre aura un petit peu de retard, et paraîtra précisément le 6 avril 1943, à New York. Or, le 6 avril 1943, à New York, Saint-Exupéry n'est plus à New York. Il est déjà parti. Il est déjà parti en Algérie, en fait ? Exactement, pour aller rejoindre son groupe de reconnaissance, c'est son intention, en tout cas, son groupe de reconnaissance aérienne. Voilà, le fameux 233. Et donc il part avec un exemplaire de son livre, qui d'ailleurs paraît en langue française et en langue anglaise en même temps. Il a bien sûr écrit en français. Ah, aux Etats-Unis, il paraît dans les deux langues. Oui, tout à fait. Il y a deux éditions bien distinctes. Et donc il part avec l'édition française.

Voilà, et il traverse l'Atlantique sur un convoi militaire, et il rejoint ses camarades du 233. Et pourquoi faut-il attendre trois ans de plus pour qu'il soit édité en France ? Parce que les conditions ne sont pas du tout matérielles d'échange entre notamment les Etats-Unis et la France sont telles qu'il n'est pas possible que ce livre parvienne d'une certaine façon jusqu'en France métropolitaine pour qu'il puisse être publié dans de bonnes conditions. Donc les Français ne le découvrent qu'en... D'abord en 1945, mais partiellement, parce qu'il y a une pré-publication dans le numéro 2, la deuxième livraison de Elle, qui vient tout juste d'être créée, le magazine, d'Hélène Gordon-Lazareff.

L'Azareff était un grand ami de Saint-Exupéry aux Etats-Unis. Et donc il y a un extrait qui paraît avant Noël. Et puis, en avril 1946, Gaston Gallimard, qui était le fondateur des Etions Gallimard, peut enfin publier ce livre et donner ce livre à lire aux Français dans des conditions complexes. Parce que, vous voyez, on est juste... On est juste après la guerre, oui. Mais oui. Il y a plein de privations encore. Les conditions d'impression, des pas... Mais oui, il y a les privations. Les ateliers d'impression ne sont pas encore vraiment disponibles. Enfin, c'est compliqué de faire paraître des livres à ce moment-là. Surtout un livre aussi raffiné dans sa mise en page.

Vous voyez, il y a un problème de dessin. On n'a pas les dessins originaux. Donc il y a toute une série de petites difficultés, voire de grosses difficultés de fabrication qui accompagnent la plupart du champ de ce livre. Si vous nous rejoignez sur France Inter, il est 19h42. On évoque ce soir avec vous, dans le téléphone sonne, les 80 ans du Petit Prince. Nous sommes en studio avec Nathalie Prince, professeure de littérature générale et comparée à Le Mans Université. Et en ligne avec Alban Cerisier, qui est éditeur chez Gallimard et grand spécialiste de l'œuvre d'Antoine de Saint-Exupéry.

20:04
Présentateur

Le 18-20-01-45-24-7000

20:09
Invité

Bonsoir Sophie. Bonsoir. Soyez la bienvenue.

20:15
Auditeur

Oui, j'ai un peu peur parce que je vais être la rabat-joie de la soirée. Ah bah il en faut. C'est vous ce soir. Voilà, c'est moi. J'ai 57 ans, donc pas une jeune lectrice. Je déteste le Petit Prince. J'ai toujours détesté le Petit Prince. Je l'offre à des amis qui sont à l'étranger pour leurs enfants avec plaisir parce qu'ils veulent, bon ben pourquoi pas, mais moi je le déteste quoi. Il est gnangnang, il lui arrive que des ennuis, ça finit mal, les personnages en face sont désagréables, anxiogènes au possible, enfin je veux dire, pour moi c'est le livre d'horreur pour enfants. Mais alors dites donc,

20:56
Invité

c'est quand même dingue parce que vous dites que c'est un livre d'horreur mais vous l'offrez.

20:59
Auditeur

J'accepte que d'autres trouvent ça sympa, ils veulent le faire découvrir à leurs enfants, surtout pour les enfants qui sont à l'étranger, je trouve ça sympa. Les dessins sont très beaux, bon, Syntex c'est une personnalité que moi j'aime beaucoup. Bon, donc il y a tellement de gens qui aiment ça, et puis c'est pas grave non plus, c'est pas comme au frère Mein Kampf, on n'en est pas là. Donc c'est gentil quand même.

21:23
Invité

Je crois qu'il n'y a pas vraiment de comparaison. C'est ça, voilà,

21:25
Auditeur

c'est pas un truc méchant.

21:26
Invité

Non, non, mais juste, vous, vous n'aimez pas, mais vous l'avez lu à quel âge, Sophie, vous ?

21:33
Auditeur

Alors je l'ai lu, comme tout le monde, j'ai dû le lire à 9-10 ans, et puis me disant quand même, non mais t'exagères, c'est pas bien. J'ai dû relire quand les petits Nicolas sont sortis en folio, et que je me suis éclatée à lire les petits Nicolas. Donc j'étais, je ne sais pas, j'avais une vingtaine d'années, je me suis dit, bon, fais un effort, relis le petit prince. Eh ben non. Et toujours pas ? Toujours pas.

22:02
Invité

Bon, eh ben on va en parler. Nathalie Prince, il est gnan gnan, elle dit Sophie, et en plus ça finit mal. Alors ? Oui, j'entends bien. Moi j'ai à peu près votre âge. Alors il se trouve que ce livre, je l'ai peut-être lu une centaine de fois, je l'ai entendu dans la première version avec la voix de Gérard Philippe, j'avais la chance d'avoir ce livre audio, il est vraiment venu me bercer, mais il y avait quelque chose qui clochait, je n'étais pas aussi radicale que vous, il y avait quelque chose qui me déplaisait, et notamment la fin.

Par contre, en le relisant de très nombreuses fois, je me suis vraiment aperçue que c'est un livre qui résistait à la critique et qui était extrêmement profond, et peut-être que ce qui vous déplaît, ce sont les émotions, ce que vous appelez le côté gnan-gnan, parce qu'on est dans un océan d'émotions avec ce livre, on est face au pays des larmes, ce petit prince qui réagit et qui se réfugie au pays des larmes, on est aussi dans le rire du petit prince, c'est la valse des émotions cet ouvrage. Moi je trouve que c'est un livre qui vient me perforer le cœur à chaque fois, exactement comme les grands contes de fées qui ne font pas forcément du bien.

Ce n'est pas parce que c'est des livres pour les petits et que ça dit des petites choses ou que ça fait du bien. Les livres pour les enfants et notamment les contes sont souvent un petit peu cruels et viennent vous toucher en plein cœur et ça c'est très très important. Et Saint-Exupéry, vous avez dit que vous aimiez bien le personnage ou en tout cas l'homme qui était Saint-Exupéry, je pense que si vous pourriez relire avec cette idée que le petit prince est une autobiographie de Saint-Exupéry, c'est l'hypothèse que je défends dans mon livre qui non seulement raconte sa vie mais encore annonce sa mort et là vous serez peut-être foudroyé par l'hypothèse que je défends dans ce livre.

Alban Cerisier, qu'est-ce que vous avez envie de dire à Sophie qui déteste le petit prince ? Alors moi je vais lui donner un conseil qui est le conseil que donnait Saint-Exupéry qu'il se donnait à lui-même lorsqu'il voulait aller relire les contes de l'enfance de son enfance et voilà ce qu'il écrivait il disait relire les livres de l'enfance en oubliant entièrement la part naïve qui n'a point d'effet mais en notant tout le long les concepts charriés par cette imagerie.

Voilà, alors il faut prendre peut-être pour une première pour réapprivoiser d'une certaine façon le petit prince peut-être mettre un peu de côté les émotions si effectivement c'est celle-là qui pose problème et puis essayer de réfléchir deux, trois minutes sur ce que nous dit Saint-Exupéry sur la question de l'isolement sur la question du deuil sur la question de la planète sur l'amitié sur l'amour bien entendu sur la durée et puis peut-être que la trame de ce texte réapparaîtra voilà c'est peut-être un conseil pour un lecteur adulte en tout cas c'est celui-là que mettait en œuvre Saint-Exupéry pour lui-même quand il relisait Perrault ou Andersen Les thèmes notamment sur l'écologie on dit qu'ils sont très actuels ces thèmes-là Nathalie Prince est-ce que c'est l'interprétation qu'on veut bien en faire ou pas moi personnellement je ne comprends pas la planète avec les baobabs donc je veux bien que vous m'expliquiez parce que je n'ai pas compris ce que ça voulait dire alors je pense qu'effectivement Saint-Exupéry en 1942 parce qu'avec son petit avion il peut se promener un petit peu partout on n'est pas dans la neutralité carbone d'aujourd'hui mais à l'époque il a pris conscience que la planète était vulnérable et qu'il fallait peut-être faire quelque chose pour notre petite planète et c'est le message c'est un des messages qu'il présente dans Le Petit Prince cette planète qu'il faut entretenir il faut nettoyer le volcan il faut en prendre soin et notamment avec cette histoire de la rose dont il est pour toujours responsable c'est vrai qu'il va fuir sa planète en profitant d'une migration d'oiseaux sauvages il va la quitter mais il reviendra parce qu'il est responsable pour toujours de sa rose et là on rejoint les grands principes d'aujourd'hui c'est un texte qui est extrêmement actuel et notamment par exemple des penseurs comme Hans Jonas qui disent que nous sommes en danger permanent d'autodestruction collective on en est là aujourd'hui et Saint-Exupéry nous avait alerté en 1942 avec par exemple le dessin des Baobabs pour reprendre votre question cette planète dévorée par trois immenses arbres qui ne peuvent que faire exploser la planète et c'est pour ça qu'il faut prendre soin d'enlever toutes les graines de Baobabs qui pourraient y pousser à le borseriser c'est vrai qu'il y a une dimension politique en tout cas une dimension de critique sociale qui est très très présente dans le petit prince quand je dis très présente évidemment c'est pas ce qui domine mais elle est là et c'est pas pour rien que Saint-Exupéry écrit dans son livre un qu'il n'aime pas qu'on le lise à la légère c'est écrit dans le petit prince et qu'en plus et notamment cette question de Baobab il a écrit cela avec un certain sentiment d'urgence vous voyez donc cette angoisse profonde de Saint-Exupéry à l'égard de ce que la planète est en train de devenir sous ses yeux sous l'effet d'une industrialisation massive de politique folle et donc d'une certaine forme de distanciation que la société met entre l'individu et le monde au point de l'isoler au point de faire des consciences de construire des consciences isolées du monde isolées des autres ça pour lui c'est une catastrophe humaniste c'est pas pour rien qu'il a écrit la Terre des Hommes Terre des Hommes c'est qu'il y a ce maintien-là à faire alors est-ce que c'est un message écologiste ou pas ça ne peut plus mesurer là-dessus parce qu'on offris toujours un petit peu même si cette thématique est déjà là on tire toujours un petit peu le fil de l'actualité mais on va revenir sur l'écrivain Antoine de Saint-Exupéry parce que Eric voudrait s'exprimer là-dessus bonsoir Eric

27:57
Auditeur

bonsoir madame bonsoir France Inter mais écoutez je vous téléphone de Strasbourg où je suis à Stockfeld en banlieue de Strasbourg et je suis à 3 km de l'aéroclub du Polygone où Saint-Exupéry a appris à piloter en 1923 mais je ne voudrais pas dire comme votre interlocutrice qui disait que le petit prince c'est néant néant mais ce n'est pas mes favoris mes deux favoris c'est père des hommes que vient de parler votre collègue et pilote de guerre parce que jusque dans les années 80-90 les intellectuels jusqu'à présent considéraient que on n'arrivait pas à définir Saint-Exupéry est-ce qu'il est pilote est-ce qu'il est écrivain alors qu'Antoine avait besoin de ses 10 millimètres pour comprendre ce microcosme humain mais on n'oublie on n'oublie pas que c'était un homme qui avait 7000 heures de vol c'était un homme qui avait participé au mouvement de la poste de transport du courrier avec l'aéropostale qui est devenu un pilote de guerre en se formant en ayant passé la première guerre mondiale il a appris à piloter d'ailleurs avec un français qui avait piloté pour les Prussiens justement au Polygon on en parlait cet après-midi avec des pilotes et donc il a disparu en 1945 il n'a pas eu de chance on lui avait autorisé 5 missions on en avait fait 8 et on parle des écrivains collaborationnistes mais vous savez moi je ne connais que deux écrivains qui sont morts dans ces conditions pour la France c'est lui et je crois que c'est son camarade Jean Prévoux qui était un résistant et qui est mort le même jour le 31 juillet 1944

29:31
Invité

Merci Eric Allemand Cerisier il ne faut pas le résumer seulement au Petit Prince Antoine de Saint-Exupéry Ah non alors là vous prêchez Mais je sais bien Non non véritablement c'est une oeuvre très très globale c'est une oeuvre qui s'écrit sur une période assez courte en réalité quand on y réfléchit parce que c'est entre 1929 et 1943 et donc extrêmement dense mais qui se tient intégralement en réalité c'est-à-dire que vous ouvrez n'importe quel livre de Saint-Exupéry de Courrier Sud à Pilote de Guerre et puis vous voyez très très bien à quel point les correspondances d'oeuvre à oeuvre sont fortes présentes il y a une espèce de cohérence d'intention qui est très frappante il se rattache aussi à sa génération d'écrivains c'est-à-dire toute la réflexion sur l'isolement des hommes c'est une réflexion qui est concomitante à celle de Malraux et de Gamus sur la question de l'absurde par exemple vous voyez donc c'est une oeuvre qui s'inscrit pleinement dans la littérature de son temps la très grande littérature de son temps et ce que dit l'auditeur là moi me touche beaucoup parce que c'est d'ailleurs ce que son ami Kessel disait de Saint-Exupéry il disait que c'était le seul qui avait su être entièrement pilote et entièrement écrivain c'est-à-dire c'est pas un petit compliment de la part de Kessel vous vous rendez compte voilà donc ça c'est quand même extrêmement frappant et c'est ce qui peut-être touchait le plus Saint-Exupéry c'est-à-dire de pouvoir être les deux parce que les deux sont insécables en réalité pour lui vous voulez ajouter quelque chose Nathalie Prince ?

oui c'est effectivement quelqu'un qui a eu mille vies professionnelles et ça c'est très important de le rappeler il a été aviateur on vient de le voir écrivain mais il a été aussi journaliste grand reporter il a déposé des brevets il a essayé d'améliorer la manière de voler des avions français qui étaient très en deçà des avions allemands de la flotte allemande il a déposé des brevets et il a été un inventeur à part entière en plus il était aventurier enfin c'est fou ce qu'il a pu faire Alban Cerisier qu'est-ce que ça dit de lui de l'auteur Le Petit Prince est-ce que ça raconte l'exil on en a un petit peu parlé tout à l'heure est-ce que ça raconte l'enfance son besoin de retrouver sa propre enfance est-ce qu'il parle d'amour est-ce que la rose comme on le dit parfois c'est sa femme Consuelo alors je pense que toutes ses lectures sont vraies en réalité d'ailleurs Saint-Exupéry disait lui-même à ses amis Nélide Vauguet que c'était le livre le plus vrai qu'il ait jamais écrit ce qui est assez d'ailleurs troublant puisque c'est le plus le plus proche du conte de la fable alors que ses autres livres sont plutôt plus proches de son expérience vécue réelle mais je pense en tout cas ça dit assurément de lui que ses vérités il est allé les chercher c'est bien l'histoire du petit prince c'est aussi d'ailleurs l'histoire de l'aviateur au plus loin au plus extrême de l'expérience humaine c'est-à-dire au désert en fait alors le désert ça peut être à 6 000 mètres d'altitude ça peut être New York ça peut être le désert réel et ce qui apparaît là c'est quelque chose d'ailleurs qui est extraordinairement présent dans la littérature et notamment dans la littérature de compte mais pas que c'est la question du retour chez soi comment on reste chez soi et c'est-à-dire comment chez Saint-Exupéry on demeure en enfance le trouble c'est qu'on demeure chez soi quand on en est loin c'est ça qu'il nous dit c'est une morale compliquée austère et stable mais c'est bien ce qu'il nous dit c'est pas si simple Antoine de Saint-Exupéry on a une note vocale que nous envoie Jean-Daniel

33:06
Auditeur

je n'ai jamais lu le petit prince je n'ai jamais lu le manuscrit qui est je connais l'histoire par cœur c'est une histoire qu'on m'avait offerte en cassette audio j'ai 50 ans aujourd'hui donc je devais avoir 7 ans et je crois que la cassette elle a fini usée tellement on se l'est repassée en boucle avec mes mes trois sœurs et j'avoue que c'est une histoire qui qui m'est restée gravée au cœur

33:31
Invité

on a beaucoup de témoignages en ce sens Albin Cerisier notamment il y a beaucoup d'auditeurs qui nous parlent de la version qu'avait enregistrée Gérard Philippe en 33 tours à l'époque oui ça c'est vraiment ça a été un moment clé de la comment dire de l'adoption je dirais de ce livre par les français vraiment donc on est au début des années 50 oui on le voit bien d'ailleurs on le voit de façon un petit peu de façon très pragmatique par les ventes du livre quand on fait des courbes de ce long sceller parce que c'est quand même 17 millions d'exemplaires uniquement en France c'est colossal et ça s'est fait de façon très progressive mais en réalité on voit bien que le moment de la parution et de la diffusion de ce 33 tours qui est allé dans beaucoup de foyers dans toutes les écoles aussi il y a eu beaucoup de diffusion dans les écoles ce disque festival avec Gérard Philippe et puis le petit Poudjoui qui sortait de Jeux Interdits qui incarnait le petit prince et bien ça a vraiment marqué les consciences et c'est devenu comment dire ça partient au patrimoine familial au patrimoine des familles je le vois comme ça on parlait pardon de vous interrompre Alban Cerisier mais on parlait de la version audio mais je sais que Gallimard vient d'autoriser une adaptation par le studio Mina Lima avec de nouveaux dessins avec des couleurs plus vives des animations ce qu'on appelle des pop-up qui est sorti la semaine dernière en 22 langues je crois que c'est la première réadaptation c'est ça Alban Cerisier ?

Oui sous cette forme là même si Johan Svar avait donné une bande dessinée il y a quelques années qui était remarquable et Johan Svar est un immense lecteur du Petit Prince et là oui l'idée c'est que de toute façon je dirais le Petit Prince est tellement universel qu'il est l'objet d'appropriation divers et variée Oui mais on perd les dessins de Saint-Exupéry quand même on est bien d'accord mais que des artistes mais que des artistes du talent de Mina Lima se réapproprient ce texte et avec évidemment l'autorisation des ayants droit puissent en faire quelque chose tout en gardant bien entendu le texte lui-même on est bien d'accord il ne s'agit que des dessins et même si les dessins c'est très très important dans le livre mais puissent en faire une oeuvre graphique à part entière moi je trouve que ça appartient à la vie des oeuvres voilà ça appartient à la vie des oeuvres et bien merci infiniment ce sera le mot de la fin et longue vie encore au Petit Prince qui a 80 ans merci à vous Alban Cerisier et merci à vous Nathalie Prince d'être venue en studio et d'avoir dialogué avec les auditeurs merci à vous Nathalie Prince