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Podcast / conversationPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 9 février 2026 26 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieAgriculture & alimentationSantéEurope & international

Mélanie Vogel : « Le retour de la loi Duplomb est un crachat à la figure du débat démocratique »

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:52OuverteRéponse directe

    Quelle une de la presse vous inspire aujourd'hui ?

  • 1:05OuverteRéponse directe

    Expliquez-nous pourquoi les déserts médicaux ?

  • 1:56OuverteRéponse partielle

    L'affaire Epstein, le scandale qui se répand en France, Jack Lang a annoncé sa démission de la direction de l'Institut du Monde Arabe. Vous êtes soulagée ce matin ?

  • 2:39RelanceRéponse directe

    Il n'y a pas que des hommes qui sont impliqués dans cette affaire, il y a aussi des femmes.

  • 3:07OuverteRéponse directe

    Vous demandez une commission d'enquête sur cette affaire, comme le demande la France Insoumise ?

  • 3:19OuverteRéponse directe

    Que vous porterez peut-être ici au Sénat ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:11InvitéFait
    « la situation dans laquelle nous sommes et la raison pour laquelle on se retrouve à avoir des camionnettes qui doivent circuler en France pour combler ces vides, ce sont les décisions qui ont été prises par les gouvernements successifs ces dernières années. »
  • 1:41InvitéFait
    « Est-ce qu'on investit dans les services publics ? Est-ce qu'on investit dans l'hôpital public ou pas ? »
  • 2:23InvitéFait
    « l'affaire Epstein, le sujet de l'affaire Epstein, et je crois qu'il ne faut pas s'en détourner, c'est les hommes puissants et riches qui font réseau, se retrouvent dans une situation de jouissance, d'impunité. »
  • 2:52InvitéFait
    « le sujet de société que révèle l'affaire, c'est un réseau d'hommes riches et puissants qui utilisent leur richesse et l'impunité dont ils jouissent pour commettre ensemble des crimes, en particulier des crimes sexuels. »
  • 4:54InvitéChiffre
    « On a près de trois ans de retard en France sur un sujet qui est un sujet absolument majeur. »
  • 5:14InvitéChiffre
    « aujourd'hui, le secteur des renouvelables emploie directement ou indirectement 150 000 personnes en France. »
  • 6:25InvitéFait
    « la relance, pour moi, relancer le nucléaire, donc dépenser des milliards dans une technologie dont on ne sait pas à quel horizon elle va nous produire un kilowatt, puisque vous savez que l'EPR de Flamanville a quand même eu 12 ans de retard. »
  • 6:49InvitéFait
    « la relance du nucléaire, pour moi, est une aberration économique absolue. »
  • 7:05InvitéChiffre
    « nous avons des dizaines de milliers d'emplois en France qui dépendent des renouvelables. »
  • 10:02InvitéFait
    « Le sénateur qui repart en bataille. L'idée avec ce texte déposé début de semaine dernière est de réintroduire deux molécules classées parmi les néonicotinoïdes. »
  • 10:28InvitéFait
    « On est dans une hypocrisie bien française qui consiste à ne pas voir regarder la réalité en face de filières qui vont disparaître et de continuer à manger des produits qui ne seront plus produits en France, mais qui seront produits à l'autre bout de la planète ou de l'autre côté de la frontière en Europe. »
  • 12:34InvitéFait
    « la loi Duplomb 2, après la censure du Conseil constitutionnel, après la pétition, pour moi, c'est un crachat à la figure des 2,1 millions de personnes qui ont signé cette pétition. »
  • 13:24InvitéFait
    « les néonicotinoïdes sont des neurotoxiques, ils passent la barrière placentaire et on a des études qui s'accumulent pour démontrer le lien entre les néonicotinoïdes et toute une série de maladies, la maladie de Parkinson, etc. »
  • 18:34InvitéFait
    « les études scientifiques s'accumulent pour démontrer leur dangerosité. »
  • 20:15InvitéFait
    « la demande des agriculteurs, c'était on veut vivre dignement avec des revenus justes. »

Temps de parole

  • Invité62 %
  • Présentateur20 %
  • Invité 210 %
  • Auditeur4 %

3,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Mélanie Vogel. Bonjour. Vous êtes sénatrice écologiste des Français de l'étranger. On va dérouler toutes ces actualités avec vous. Mais d'abord, comme tous les jours, je vais vous montrer trois unes de la presse régionale. On commence avec la une de Sud-Ouest, des aires médicaux, une solution qui roule. La région expérimente des camionnettes médicalisées qui vont à la rencontre des patients dans des zones qui connaissent des pénuries de spécialistes. Midi Libre consacre sa une au gaz hilarant, le fameux protoxyde d'azote qui a provoqué une série d'accidents mortels. Plusieurs élus demandent un changement de la loi.

Et puis enfin, je crois que vous êtes née à Marseille, Mélanie Vogel. La une de la Provence, nulle, nulle comme la défaite de l'OM hier en Ligue 1. 5-0 face au Paris-Saint-Germain. Quelle une vous inspire ? De laquelle avez-vous envie de nous parler aujourd'hui ?

0:56
Invité

Alors, je suis désolée, je ne vais pas prendre la Provence parce que pour être très franche, le football, ce n'est pas trop mon truc. Je vais prendre les déserts médicaux.

1:05
Présentateur

Oui, alors expliquez-nous pourquoi.

1:06
Invité

Parce que c'est un enjeu majeur du service public en France, parce que la situation dans laquelle nous sommes et la raison pour laquelle on se retrouve à avoir des camionnettes qui doivent circuler en France pour combler ces vides, ce sont les décisions qui ont été prises par les gouvernements successifs ces dernières années. On a traversé de longs mois de débats budgétaires très importants. Et je crois qu'il faut avoir conscience que derrière ces déserts médicaux, il n'y a pas de fatalité, il y a des choix politiques. Est-ce qu'on investit dans les services publics ? Est-ce qu'on investit dans l'hôpital public ou pas ?

Et je pense que le réarmement des services publics, en particulier la santé et l'éducation, la santé fait partie des priorités des Français, ça doit être un des grands débats qui va animer la présidentielle.

1:56
Présentateur

– L'actualité, c'est aussi, Mélanie Vauchel, cette affaire Epstein, le scandale qui se répand en France, Quentin l'évoquait tout à l'heure, c'est l'affaire du week-end. Jack Lang a annoncé sa démission de la direction de l'Institut du Monde Arabe. Vous êtes soulagée ce matin, vous dites qu'il était temps qu'il s'en aille.

2:10
Invité

– Je veux dire, enfin, je ne vais pas l'applaudir pour avoir fait ce qui s'imposait. Par ailleurs, je pense que Jack Lang est vraiment un épi phénomène dans cette histoire. L'affaire Epstein, le sujet de l'affaire Epstein, et je crois qu'il ne faut pas s'en détourner, c'est les hommes puissants et riches qui font réseau, se retrouvent dans une situation de jouissance, d'impunité.

2:37
Présentateur

– Il n'y a pas que des hommes qui sont appliqués dans cette affaire, il y a aussi des femmes.

2:40
Invité

– Il y a aussi des femmes victimes, oui.

2:42
Présentateur

– Je pense notamment à Norvège, etc., il n'y a pas que des hommes qui sont appliqués dans cette affaire.

2:48
Invité

– Mais majoritairement, le sujet de société que révèle l'affaire, c'est un réseau d'hommes riches et puissants qui utilisent leur richesse et l'impunité dont ils jouissent pour commettre ensemble des crimes, en particulier des crimes sexuels. C'est ça le sujet de l'affaire Epstein, et c'est ça qui doit nous animer.

3:07
Présentateur

– Vous demandez une commission d'enquête sur cette affaire, comme le demande la France Insoumise ?

3:11
Invité

– Je pense que c'est tout à fait un sujet qui peut faire l'objet d'une commission d'enquête parlementaire, oui.

3:15
Présentateur

– Que vous porterez peut-être ici au Sénat ? – Peut-être, il faut encore en discuter.

3:19
Invité

– Que vous le souhaitez porter, mettre à l'agenda ? – Potentiellement.

3:20
Présentateur

– Jacques Lang, c'est aussi l'homme qui a incarné une culture politique, la culture politique de la gauche. Est-ce que cette affaire vient remettre en cause aussi peut-être un héritage politique ?

3:30
Invité

– Non, comme je vous le disais tout à l'heure, je pense que l'affaire, ce n'est pas Jacques Lang, ce n'est pas la gauche. L'affaire, c'est les réseaux d'hommes riches et puissants qui se connaissent à travers le monde, qui ont des intérêts communs. Et c'est ça, l'affaire, ce n'est pas… On entend tout un tas de théories complotistes autour de cette affaire qui ne doivent pas nous détourner du sujet principal. Le sujet principal, c'est les hommes riches qui se mettent ensemble pour jouir d'une forme d'impunité et qui, à cette occasion, commettent différents crimes, dont des crimes sexuels.

4:06
Présentateur

– L'association Innocence en danger demande la réouverture de l'enquête en France. Elle avait été clôturée, vous savez, à la suite de la mort de Jean-Luc Brunel en prison en 2022. Est-ce que vous demandez aussi la réouverture de cette enquête ?

4:18
Invité

– Je ne suis pas au fait du sujet, veuillez m'en excuser, mais s'il y a des nouveaux éléments dans une enquête criminelle, évidemment qu'il faut qu'elle soit réouverte.

4:27
Présentateur

– On va parler d'une autre actualité, la programmation pluriannuelle pour l'énergie. La PPE, c'est la feuille de route de la France en matière de transition énergétique. Elle est attendue depuis trois ans. Elle sera signée en fin de semaine, annonce Sébastien Lecornu. Ça sera par décret, donc sans consultation du Parlement. Juste déjà sur la méthode, ça pose un problème ?

4:46
Invité

– Moi, je regrette qu'on en soit arrivés là. On a près de trois ans de retard en France sur un sujet qui est un sujet absolument majeur. La PPE, la programmation pluriannuelle de l'énergie, c'est la détermination de l'avenir énergétique de la France sur les dix prochaines années. Et derrière ça, il y a l'enjeu évidemment de souveraineté énergétique qui est aujourd'hui, nous le savons, un enjeu de paix. Il y a un enjeu de souveraineté industrielle et derrière ça, des emplois. Aujourd'hui, le secteur des renouvelables emploie directement ou indirectement 150 000 personnes en France. Il y a un enjeu de climat, évidemment, et un enjeu de prix et donc de pouvoir d'achat.

Donc c'est un enjeu absolument majeur. Et on n'a pas été capable, pendant trois ans, d'adopter cette PPE. Donc je regrette qu'on en soit arrivés là.

5:35
Présentateur

– Maintenant, elle arrive. Et sur le fond, je vous donne ce qu'elle prévoit, le gouvernement va réduire la progression du solaire et de l'éolien terrestre. Et Sébastien Lecornu qui confirme la relance du nucléaire décidée par Emmanuel Macron. Est-ce que c'est une politique anti-écolo ? Est-ce que c'est ce que vous dites aujourd'hui ?

5:50
Invité

– Alors, on a un gouvernement qui, c'est évident, à travers, nous l'avons vu, la loi Grémié, etc., porte dans son cœur, en tout cas s'allie, avec celles et ceux à droite et à l'extrême droite, qui, par climato-scepticisme, par anti-renouvelable à ses primaires, et par idolâtrie du nucléaire, veulent nous amener dans une direction, à mon sens, parfaitement inverse à ce que nous devrions faire. Donc, la relance, pour moi, relancer le nucléaire, donc dépenser des milliards dans une technologie dont on ne sait pas à quel horizon elle va nous produire un kilowatt, puisque vous savez que l'EPR de Flamanville a quand même eu 12 ans de retard.

Alors qu'on a des énergies, des technologies, des renouvelables qui sont matures, qui sont sûres, qui sont peu chères, qui assurent notre souveraineté énergétique et qui assurent la décarbonation. C'est irrationnel. Donc, la relance du nucléaire, pour moi, est une aberration économique absolue. Maintenant, sur les renouvelables, nous avons, pour moi, un enjeu majeur, c'est de refuser le moratoire de faits qui a été demandé par la droite et l'extrême droite. Nous avons des dizaines de milliers d'emplois en France qui dépendent des renouvelables. C'est l'avenir énergétique du continent européen. C'est ce qui nous permettra d'assurer nos objectifs climatiques.

Et donc, il serait absurde de reculer.

7:18
Présentateur

On va reparler juste du nucléaire. Je veux juste vous faire écouter Marine Tondelier, qui a demandé une convention citoyenne sur l'énergie. C'était en fin de semaine dernière. Et puis, je vous fais réagir tout de suite. Mais si je suis candidate de la gauche et des écologistes à la présidentielle, ce que je proposerais, c'est de rendre la parole aux Français. Un truc très simple. Une convention citoyenne sur l'énergie. On tire sur toute l'énergie.

7:41
Auditeur

Et vous pensez qu'ils seraient contre l'énergie nucléaire ?

7:43
Présentateur

Je pense qu'on tire au sort 150 citoyens.

7:45
Auditeur

Après ce qui s'est passé depuis la guerre en Ukraine, ils seraient contre le nucléaire.

7:49
Présentateur

On leur explique. Les tenants et les aboutissants de manière neutre, je suis persuadée que les gens en sortent anti-nucléaire. Vous ne lâchez pas l'affaire sur le nucléaire, Mélanie Vogène ?

7:58
Invité

Non, je pense qu'il y a très peu de pays dans le monde qui choisissent d'investir des milliards d'argent public dans le nucléaire. Ce n'est pas l'avenir énergétique ni économique de notre industrie. Mais sur les renouvelables, ce que nous savons aujourd'hui, et je pense que c'est à ça que nous devons conclure de l'affaire de la PPE, les informations qui ont fuité, on n'a pas les décrets. Ils devront être publiés dans la semaine. Les informations qui ont circulé, c'est que nous éviterions le moratoire de fait en ayant un scénario qui n'est pas réjouissant, mais qui n'est pas totalement catastrophique pour les renouvelables.

Si c'est le cas, alors ces décrets doivent être publiés puisque l'industrie, le secteur en a absolument besoin. Moi, je ne les ai pas vus, les décrets. Voilà, j'attends de voir quels sont les chiffres. Ils doivent être publiés, mais on ne fera pas l'économie dans la campagne présidentielle d'un vrai débat sur l'avenir énergétique de notre pays. Est-ce qu'on relance le nucléaire à coups de milliards dans une technologie qui est très chère, qui n'est pas sûre et qui ne garantit pas notre souveraineté énergétique, ou est-ce qu'on fait, comme la plupart des pays européens, on investit dans le renouvelable majoritairement pour faire la transition énergétique ? Majoritairement.

On est obligé de dépenser de l'argent dans le nucléaire parce qu'on a un parc nucléaire. Donc, il faut le maintenir. Par contre, je crois qu'on ne doit pas réentrer dans le nucléaire. On doit investir dans les renouvelables et petit à petit réduire la part du nucléaire jusqu'à être sur du renouvelable uniquement.

9:33
Présentateur

100% du renouvelable à terme.

9:35
Invité

À terme, c'est l'objectif. C'est l'objectif à terme.

9:37
Présentateur

Mélanie Vogel, l'actualité politique, elle se fait aussi au Sénat avec le sénateur Laurent Duplon qui revient à la charge. On en parle avec vous, Quentin. L'explosive proposition de loi Duplon fait donc son retour. Le sénateur LR a déposé un nouveau texte pour réintroduire deux molécules dans certaines filières agricoles.

9:53
Invité

Exactement. Le sénateur qui repart en bataille. L'idée avec ce texte déposé début de semaine dernière est de réintroduire deux molécules classées parmi les néonicotinoïdes. Le Conseil constitutionnel avait retoqué cette partie de loi Duplon. On s'en rappelle, c'était à l'été dernier. Le sénateur qui a donc modifié son texte, il propose de réintroduire ces pesticides uniquement pour trois ans, pour trois filières, betteraves, noisettes, pommes. Une manière de s'assurer que son texte ne soit pas censuré. Cette fois-ci, écoutez, Laurent Duplon à notre micro mercredi. Il rappelle que ces molécules sont autorisées dans le reste de l'Union européenne. Écoutez.

On est dans une hypocrisie bien française qui consiste à ne pas voir regarder la réalité en face de filières qui vont disparaître et de continuer à manger des produits qui ne seront plus produits en France, mais qui seront produits à l'autre bout de la planète ou de l'autre côté de la frontière en Europe. Les sénateurs à l'air qui déposent cette proposition de loi au moment où le gouvernement a annoncé une nouvelle loi d'urgence agricole, sans doute en espérant que l'exécutif reprenne les articles de la loi Duplon.

Mais Sébastien Lecornu, dans la presse régionale, a écarté l'idée de reprendre cette proposition de loi Duplon, car je cite, « si elle peut résoudre certains problèmes, elle en pose d'autres ».

11:06
Présentateur

Et Quentin, il y a une polémique dans la polémique.

11:09
Invité

Voilà. Vendredi, l'eurodéputé Rima Hassan a qualifié Laurent Duplon d'ordure sur le réseau social X. Les LR ont annoncé lancer une procédure judiciaire contre ce tweet, en espérant notamment faire lever son immunité parlementaire. Mais on le comprend, Laurent Duplon est devenu un symbole et ses collègues LR sont en rang serré pour soutenir son combat. Écoutez, vendredi, le sénateur LR Olivier Paco. Je connais personnellement Laurent Duplon. C'est un parlementaire très courageux, efficace, qui travaille sur ses problématiques depuis très longtemps. Il avait fait un rapport dès 2019 sur la compétitivité de la Ferme France. Il a été, à partir de l'été dernier, menacé de mort et s'est reparti.

On voudrait le faire brûler en place publique comme les sorcières au XVIe siècle. C'est une honte absolue. Le dépôt du texte qui intervient alors qu'un débat doit être organisé à l'Assemblée nationale mercredi, donc après-demain, à la suite de la pétition. Vous vous souvenez qu'elle avait réuni 2,1 millions de signatures pour demander l'abrogation de la loi. D'ailleurs, on a vu des mobilisations ce week-end à l'appel de plus de 80 organisations contre le retour de la loi Duplomb. Alors, Mélanie Vogel, ce retour de la loi Duplomb, qu'est-ce que ça vous évoque ? Est-ce que vous reconnaissez à la droite une forme de constance et d'obstination ? Ah oui, ça, c'est sûr qu'il y a de la constance.

Mais la loi Duplomb 2, après la censure du Conseil constitutionnel, après la pétition, pour moi, c'est un crachat à la figure des 2,1 millions de personnes qui ont signé cette pétition. C'est un crachat à la figure du débat démocratique et du débat parlementaire, parce que le débat parlementaire, suite à la pétition, doit avoir lieu le 11 février et qu'il n'a pas attendu ça pour déposer sa version numéro 2. C'est un crachat à la figure du Conseil constitutionnel qui lui a dit que la réautorisation des néonicotinoïdes concernés était contraire à la Charte de l'Environnement. Parce que mal écrite, visiblement ?

Non, parce qu'en fait, nous avons dans l'état de droit une protection du droit à vivre dans un environnement sain qui fait que, rien de trop dire des produits qui sont dangereux pour la santé humaine, dangereux pour la biodiversité, dangereux pour l'environnement, les néonicotinoïdes sont des neurotoxiques, ils passent la barrière placentaire et on a des études qui s'accumulent pour démontrer le lien entre les néonicotinoïdes et toute une série de maladies, la maladie de Parkinson, etc. Donc, le sujet de l'agriculture française aujourd'hui, c'est un sujet de modèle.

Est-ce qu'on fait enfin la transition vers l'agroécologie et donc on sort progressivement des pesticides en changeant les usages ? Ou bien est-ce qu'on fait ce que propose Duplomb, c'est-à-dire un retour en arrière ? On réautorise des néonicotinoïdes, des pesticides qui avaient été interdits pour des raisons sanitaires et on replonge encore une partie du secteur agricole dans la dépendance à la chimie. Je suis désolée, mais… Oui, vous avez vu aussi l'argument de la droite qui dit que Laurent Dupont est devenu comme ça, quelqu'un qu'on vise particulièrement. On a vu le tweet de Rima Hassan, il y a une chasse aux sorcières aujourd'hui envers Laurent Dupont.

C'est devenu la cible des écologistes. Non, mais dans l'hémicycle, nous, on s'est fait traiter de cancer de la France par la droite. Donc ça va, en fait, à un moment donné. C'est un débat politique. Il porte un modèle agricole qui est catastrophique pour la santé publique, pour l'environnement et pour les agriculteurs et les agricultrices qui sont les premières victimes de l'usage des pesticides.

14:38
Présentateur

Est-ce que c'est normal de se faire traiter d'ordures ? Est-ce que vous apportez votre soutien quand même à M. Duplomb face au tweet de Rima Hassan ?

14:45
Invité

Écoutez, c'est une insulte. Nous, on reçoit... Enfin, je veux dire, les écologistes se font insulter à longueur de journée. On se fait traiter de tous les noms. Donc vous ne dénoncez pas particulièrement le tweet de Rima Hassan ? Moi, je n'aurais pas fait ça parce que je ne traite pas les gens d'ordures. Mais on est dans un débat politique qui est... Enfin, il faut voir les modèles qui sont portés. C'est-à-dire que le modèle qui est porté par Laurent Duplomb est un modèle pour moi qui nous amène à la perte de notre agriculture et de la santé publique et de l'environnement.

15:21
Présentateur

Alors, on va continuer à parler effectivement de cette loi Duplomb avec vous, Stéphane Bénier. Bonjour. Vous êtes directeur de l'information de TV Rennes en duplex depuis Rennes. Ce week-end, Quentin le disait, des manifestations ont eu lieu dans toute la France pour s'opposer à ce nouveau texte. Certaines manifestations ont lieu en Bretagne. Bretagne, première région agricole de France. Quelles sont les réactions à cette loi Duplomb 2 ? Est-ce qu'elles sont unanimes dans le monde agricole ? Dites-nous.

15:49
Auditeur

Bonjour, Steve. Bonjour, madame la sénatrice. Oui, la Bretagne, vous l'avez signalé, véritable terre agricole n'était pas en reste de ces manifestations. Il y en avait à Cloire-Carnoët ou à Brest où plus de 400 personnes sont venues dire non à cette nouvelle proposition de loi, vous l'avez bien expliqué, qui vise à réintroduire des pesticides interdits en France. Alors, madame la sénatrice Vogel, j'ai une question à vous poser. Ce sujet semble un peu diviser le monde agricole.

Si la Confédération paysanne est vent debout face à cette nouvelle proposition de loi Duplomb, qu'elle juge destructrice pour l'environnement, mais aussi la santé publique, que dites-vous aux agriculteurs plutôt issus des rangs de la FNSEA ou de la coordination rurale qui ont le sentiment de ne pas travailler à armes égales avec des agriculteurs européens qui, eux, ont le droit d'employer ces pesticides ?

16:44
Invité

Alors, d'abord, merci de rappeler qu'effectivement, le monde agricole n'est pas un bloc monolithique où tout le monde défendrait le même modèle. Effectivement, il y a, chez les agriculteurs, différents intérêts et différents modèles défendus. Ce que je vous répondrai, c'est que, tout d'abord, moi, je pense qu'il est fort possible qu'à terme, l'Union européenne aille dans le sens de la France aujourd'hui et finisse, parce qu'il y a une évaluation aujourd'hui de la dangerosité de ces néonicotinoïdes, et finisse également par suivre la France.

Et donc, à mon avis, on ferait mieux d'inciter l'Union européenne toute entière à protéger davantage la santé publique en allant dans le sens de la France et en interdisant également les néonicotinoïdes plutôt qu'en faisant reculer la France pour réautoriser des produits qui sont dangereux. Et la deuxième chose, c'est que, vous l'avez dit, il y a une concurrence déloyale envers les agriculteurs français. La solution, pour moi, c'est justement de résoudre cette concurrence déloyale en ne permettant pas qu'on puisse importer en France des produits qui ont été produits en utilisant des produits interdits en France.

Ce n'est pas de les interdire en France, c'est d'empêcher qu'on importe des produits qui les utilisent. Donc, sinon, on nivelle par le bas et en fait, on ne va pas s'en sortir et les premières victimes de ça, ce sera les agriculteurs.

18:10
Présentateur

Merci beaucoup, Stéphane. Merci pour votre intervention. Salutations à toute la Bretagne. À très bientôt, cher Stéphane. Mélanie Vauget, le mercredi à l'Assemblée nationale, il y aura un débat autour de cette pétition non à la loi du plomb. Vous attendez quoi, vous personnellement, de ce débat ?

18:25
Invité

Que ça pose le sujet du modèle en fait. Ce n'est pas qu'une histoire de cette molécule en particulier, même si, encore une fois, les études scientifiques s'accumulent pour démontrer leur dangerosité. La question agricole en France, la crise agricole en France, c'est une crise de modèles. Le modèle agricole en France, il est fondé sur trois acteurs. D'un côté, l'industrie phytosanitaire, en amont, en aval, la grande distribution et au milieu, les agriculteurs et les agricultrices qui en fait se font pressuriser des deux côtés et qui n'ont pas leur juste part des richesses produites

19:07
Présentateur

par l'agriculture. Vous n'attendez rien de ce débat, si je résume. Ce débat, il ne sert à rien, mercredi. Il n'y aura pas de vote en plus.

19:13
Invité

Oui, d'accord. Il y aura des manifestations

19:14
Présentateur

devant l'Assemblée nationale où vous allez participer.

19:17
Invité

Il y aura des manifestations. Vous y serez ? Oui, et je pense... Il y aura des manifestations. Les écologistes y seront. Et pour moi, ce que j'en attends, c'est qu'on pose la question du modèle agricole. La crise agricole, c'est une crise qui est liée à l'absence de revenus justes et décent pour les agriculteurs et ce n'est pas en leur permettant d'utiliser des produits dangereux qu'on va régler le fait qu'ils n'ont pas de quoi se payer dignement à la fin du mois. Quentin ? Oui, une question. Comment va se passer le Salon d'agriculture cette année ? Il doit s'ouvrir le 21 février prochain. C'est terminé le 1er mars. On peut s'attendre à des mobilisations des syndicats agricoles.

Qu'est-ce que vous leur dites ? Vous n'allez pas leur dire qu'il faut qu'on revoie le modèle agricole. Eux, ils demandent des choses à court terme, des choses pour bien pouvoir travailler à court terme. Mais ce qu'ils demandent, c'est ce que je disais, la crise agricole qui a émergé en 2024, la demande des agriculteurs, ce n'était pas s'il vous plaît, on veut des pesticides. La demande des agriculteurs, c'était on veut vivre dignement avec des revenus justes. Et à ça, à cette question, le gouvernement n'a pas répondu.

Et la loi Duplomb qui veut se raconter comme une loi agricole, ce n'est pas une loi agricole, ce n'est pas une loi qui va résoudre la crise et qui va permettre aux agriculteurs de dégager des revenus. Donc ce que je leur dis, c'est que s'il y a un sujet qui doit être posé pendant le Salon de l'agriculture cette année, c'est comment on résout le fait que des agriculteurs et des agricultrices qui sont en grande difficulté, qui essayent de produire dans le respect de l'environnement et de la santé, puissent dégager des revenus dignes et décents à la fin du mois.

20:52
Présentateur

Il nous reste peu de temps, Mélanie Vogel, quelques questions sur les élections qui arrivent, sur les municipales. Il y a beaucoup de tensions qui parcourent votre parti à l'approche de ces municipales. La direction des écolos a suspendu une trentaine de militants à qui on reproche d'avoir signé une tribune. Vous avez vu sur Mediapart, tribune qui dénonce l'alliance avec les socialistes. Est-ce que vous comprenez cette décision de la direction du parti ?

21:14
Invité

En tout cas, quand on est... Les écologistes ont fait des choix démocratiquement dans chacune de ces villes qui ont été animés par un cap, celui de conserver pour la gauche et les écologistes les villes que nous gouvernons et celui d'essayer d'en conquérir à de nouvelles. Moi, le choix qui a été fait par chacun des groupes locales écologistes dans les différentes villes, je trouve qu'ils ont fait les bons choix.

21:43
Présentateur

Donc, que ce soit clair, vous comprenez la décision de suspension de ces militants.

21:49
Invité

Quand on est écologiste, moi, le fait qu'on exprime des désaccords en interne, qu'on débatte, je n'ai aucun problème avec ça, je pense même que ça fait partie de notre force. Ça ne me pose aucun problème qu'il y ait des débats, des désaccords, y compris des divergences importantes. Maintenant, je pense que les signataires de cette tribune font une erreur d'analyse, que les écologistes ne sont pas, puisque c'est un peu ce qui est raconté par la tribune, les écologistes, en fait, ce n'est pas une force politique qui se situe entre les socialistes et la France insoumise. Moi, je ne suis pas entre les socialistes et la France insoumise.

Je suis écologiste et l'écologiste n'est pas au milieu de l'insoumission et de la social-démocratie.

22:30
Présentateur

Marine Tondelier veut être le trait d'union entre les socialistes et les insoumis. C'est une erreur. C'est ce que vous dites.

22:34
Invité

L'écologie n'est pas un trait d'union, c'est un projet politique qui est un projet politique en soi et qui ne se situe pas entre l'insoumission et la social-démocratie. Et quand on est écologiste, à mon avis, eh bien, on fait campagne pour les écologistes et on respecte les décisions qui ont été prises encore une fois, démocratiquement. Et pour moi, et c'est pour moi le sujet le plus important de cette affaire, c'est que dans chacune des villes, dans chacune des villes dont on parle, à Lyon, à Paris, à Marseille, etc., les écologistes ont fait le choix qui était le meilleur pour pouvoir garder des villes et pour pouvoir en conquérir de nouvelles. Et c'est ça qui compte.

23:13
Présentateur

Certains parlent de débauchages pilotés par les insoumis. Vous reprenez cette formulation ? Il y a plusieurs cadres qui ont quitté votre parti.

23:22
Invité

Oui, d'accord. Ils sont au maximum une dizaine en 12 mois. Permettez-moi de dire que le débauchage est quand même léger. Oui, mais c'est peut-être

23:31
Présentateur

quand même un débauchage peut-être.

23:33
Invité

Oui, d'accord.

23:34
Présentateur

Piloté par les insoumis de l'extérieur.

23:36
Invité

Nous, en fait, on ne fait pas des communiqués de presse et des tweets à chaque fois qu'il y a des militants issus de la France insoumise qui rejoignent les écologistes. Mais ça raconte quand même une histoire peut-être. Est-ce que les insoumis

23:46
Présentateur

essayent de vous déstabiliser aujourd'hui ?

23:48
Invité

Oui, c'est une histoire qu'ils veulent raconter mais qui n'est pas une histoire vraie. L'histoire vraie, ce n'est pas qu'il y a une fuite des militants. Il y a quelques militants qui ont choisi de rejoindre... Mais on parle de 5 à 10 personnes. Pardonnez-moi. Et donc vous reconnaissez

24:03
Présentateur

qu'ils essayent de vous déstabiliser les insoumis ?

24:05
Invité

En tout cas, ils construisent un discours pour faire croire à une fable qui serait que beaucoup... Pas du tout. Encore une fois, 5 à 10 personnes, pardon, ce n'est pas un mouvement très important.

24:19
Présentateur

Ce n'est pas un raz-de-marée.

24:20
Invité

Vous avez parlé de 30 personnes suspendues. Je suis désolé, ce n'est pas quelque chose de majeur. Et moi, mon message le plus important, c'est aux écologistes qui font campagne, dans des campagnes qui sont difficiles et qui sont majeures pour nous. Parce que la question de savoir si les villes écologistes vont pouvoir continuer de changer et de changer la vie en mieux des habitants, c'est une question majeure. Et je leur apporte tout mon soutien. Ils font campagne dans des conditions difficiles. Et le rôle des écologistes, c'est de faire ces campagnes et de les faire gagner.

24:51
Présentateur

Petite dernière question, Mélanie Vogel, pour les prochaines élections municipales, les candidats précisément investis par LFI seront regroupés dans le bloc extrême gauche et non plus dans le bloc gauche. Est-ce que vous trouvez ça normal ? C'est une circulaire du gouvernement.

25:04
Invité

Alors, moi, la catégorisation des forces politiques, aujourd'hui, le Conseil d'État n'a pas classé. On verra. Est-ce que pour vous,

25:18
Présentateur

les Insoumis sont d'extrême gauche ou de gauche ? Plusieurs personnalités ont réagi à ça. Olivier Faure dit non, ce n'est pas exactement ça. Non,

25:24
Invité

pour moi, quand on connaît l'histoire politique de la gauche, les Insoumis, ce n'est pas l'extrême gauche.

25:31
Présentateur

C'est la même gauche que vous ? C'est la gauche écologiste, socialiste ?

25:35
Invité

Non, ce n'est pas ça. L'extrême gauche, ce n'est pas ça. Regardez les programmes de l'extrême gauche. Non, la France Insoumise ne prône pas à ce que prône l'extrême gauche. Il faut un peu se renseigner sur ce que c'est la véritable extrême gauche. Je pense que ces gens ont peut-être besoin de lire quelques manuels de théorie politique.

25:53
Présentateur

Merci beaucoup, Mélanie Vogel. Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.

Mélanie Vogel : « Le retour de la loi Duplomb est un crachat à la figure du débat démocratique » · Pourquijevote