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Le député PS Jérôme Guedj invité d'Olivier Boy dans RTL Matin

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse directe

    Est-ce que la machine à perdre est déjà enclenchée à gauche ?

  • 1:35RelanceRéponse partielle

    Cet électeur de gauche dont vous parlez, il n'est pas qualifié au second tour d'une présidentielle depuis 2012...

  • 2:31OuverteRéponse partielle

    Pourquoi la présidentielle agace tout le monde alors que vous pourriez faire valoir vos idées au PS ?

  • 4:00RelanceRéponse partielle

    Le réel, c'est que le Rassemblement National est à plus de 30% d'intention de vote...

  • 5:24OuverteRéponse partielle

    Sur cette obsession de la présidentielle qui agace... vous pensez vraiment qu'à la fin vous êtes élu ?

  • 6:28OuverteRéponse directe

    Pourquoi est-ce que vous n'allez pas derrière Raphaël Glucksmann ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:28Invité politiqueFait
    « Moi, j'ai présenté ma candidature à l'élection présidentielle, pas pour m'ajouter à une liste. »
  • 0:33Invité politiqueFait
    « Donc je pense que c'était utile que cette voix singulière à gauche puisse exister autour d'un contenu, d'une ligne. »
  • 3:22Invité politiqueFait
    « le gouvernement a renoncé une nouvelle fois à un plan grand âge. »
  • 3:27Invité politiqueFait
    « Ça fait dix ans qu'on attend une grande politique pour accompagner le vieillissement de la population. »
  • 4:39Invité politiqueFait
    « Marine Tondelier, Clémentine Autain, François Ruffin »
  • 8:52Invité politiqueFait
    « si Jean-Luc Mélenchon d'aventure se qualifiait au deuxième tour de l'élection présidentielle, ce serait la certitude de la victoire de Jordan Bardella. »
  • 9:07PrésentateurFait
    « Vous l'aviez traité d'ordure antisémite avant de regretter le terme ordure »
  • 10:12PrésentateurFait
    « la direction de la chaîne en prend acte. »

Temps de parole

  • Jérôme Guedj78 %
  • Présentateur22 %

1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

RTL Matin, Olivier Bois. L'invité de RTL Matin est Jérôme Gage, député socialiste de l'Essonne. Désormais, si on a bien fait les comptes, neuvième candidat à gauche, intéressé ou plus ou moins déclaré par la présidentielle ou à une éventuelle primaire. Bonjour M. Gage. Bonjour. Est-ce que la machine à perdre est déjà enclenchée à gauche ?

0:21
Jérôme Guedj

Non, je ne pense pas. Je pense que ce qui est attendu par nos concitoyens, c'est tout simplement que dans cette présidentielle, on parle des sujets qui les intéressent. Moi, j'ai présenté ma candidature à l'élection présidentielle, pas pour m'ajouter à une liste. D'ailleurs, je suis le premier socialiste à être déclaré. Donc je pense que c'était utile que cette voix singulière à gauche puisse exister autour d'un contenu, d'une ligne.

Moi, je souhaite porter ce que plein de gens de cette majorité silencieuse à gauche ont chevillé au corps, ce que j'appelle la gauche républicaine, une gauche universaliste, laïque, sociale, écologiste, celles qui assument des convictions fortes, mais qui pensent que dans le débat public, on peut les porter dans ce que j'appelle la dispute apaisée, dans la recherche du compromis, parce que ce n'est pas un gros mot en politique. A fortiori, quand il n'y a pas de majorité, j'étais un de ceux qui a assumé, négocié et discuté avec le gouvernement.

Donc cette ligne-là, résolument républicaine, est radicalement de gauche, c'est-à-dire s'attaquant aux problèmes du pays, le logement, la santé, les questions de défense, les questions de sécurité, les questions d'immigration, les questions de pouvoir d'achat. Sur tous ces sujets, il y a une voix de gauche qui n'est pas celle qu'on entend beaucoup, qui est parfois le bruit et la fureur, qui est parfois tonitruante, mais qui ne correspond pas, je crois, à l'aspiration majeure de ce peuple de gauche qui est un peu orphelin de cette voix singulière.

1:35
Présentateur

Cet électeur de gauche dont vous parlez, il n'est pas qualifié au second tour d'une présidentielle depuis 2012, et il a fait avec Anne Hidalgo 1,75% des voix lors de la dernière présidentielle. Cet électeur, il est inquiet, et il est inquiet de voir autant de candidatures se arriver devant lui.

1:52
Jérôme Guedj

Mais je vous rassure, ou j'en inquiète certains, moi je plaide pas pour une multiplication de candidatures de témoignages, je plaide pour qu'il y ait un rassemblement autour d'une ligne politique claire, qui n'a pas d'ambiguïté, notamment sur la question des valeurs, parce que la politique, ça commence toujours par les valeurs. La laïcité, la République, le refus de la brutalisation dans le débat politique, la lutte contre le racisme et l'antisémitisme, le refus de l'assignation identitaire, le fait qu'on s'adresse à la communauté nationale et pas à une juxtaposition de communauté. Tous ces principes, c'est d'abord des valeurs, et puis une gauche qui protège.

Mais pourquoi est-ce qu'il faut être candidat pour affirmer ces valeurs-là ? C'est parce que pour l'instant, nous n'avons pas de mode d'emploi.

2:31
Présentateur

Pourquoi la taux de petits chevaux, toujours de la présidentielle, toujours un an et demi de l'échéance, qui agace tout le monde, alors que vous pourriez faire falloir vos idées au sein du Parti Socialiste, entre vous, avant de déclarer une candidature ?

2:41
Jérôme Guedj

C'est ce que je fais au sein du Parti Socialiste, mais dans la discussion avec le reste de la gauche. Mais vous voyez, j'ai moins envie qu'on parle de cette tuyauterie que des sujets. Et donc moi, j'ai envie qu'on se mette autour de la table, avec les visions que nous avons en matière économique. Comment est-ce qu'on fait une alliance des productifs dans ce pays, entre les salariés, les employeurs, les investisseurs, les chercheurs, les innovateurs, pour qu'on puisse réindustrialiser le pays, mieux payer les salariés, rémunérer ceux qui prennent le risque d'investir, et à côté de ça, plutôt mettre de côté cette économie de la rente, ou cette économie financiarisée ?

Ces questions-là, on ne les aborde pas. J'aimerais qu'on parle des vulnérabilités qui minent notre pays. Vous savez quoi ? Aujourd'hui, je préférais qu'on passe du temps. C'est passé inaperçu la semaine dernière, mais le gouvernement a renoncé une nouvelle fois à un plan grand âge. Ça fait dix ans qu'on attend une grande politique pour accompagner le vieillissement de la population. Parce que c'est des besoins gigantesques. Dans les EHPAD, dans les services à domicile... Non, je veux qu'on parle de ces sujets-là, parce que c'est les sujets dont on me parle... Vous savez, moi j'ai été élu local pendant très longtemps, j'ai été président d'un département.

Les pieds dans la réalité de ces vulnérabilités, qu'il s'agisse du handicap, de la protection de l'enfance... Pourquoi on ne parle jamais de ces sujets dans l'élection présidentielle ? Elle renvoie au modèle social auquel nos concitoyens sont attachés, à la manière de le financer, et plutôt que de faire des plans sur la comète, partons du réel, partons de ces préoccupations du quotidien.

4:00
Présentateur

Le réel, en l'occurrence, c'est que le Rassemblement National, dans toutes les... C'est mon obsession. C'est mon obsession. Il est à plus de 30% d'intention de vote au premier tour, donc très très haut, et que vous avez un camarade socialiste, Stéphane Troussel, président du département de la Seine-Saint-Denis, qui dit que c'est une candidature irresponsable. Est-ce que vous êtes irresponsable face au risque de l'arrivée du Rassemblement National, dont vous dites que c'est votre hantise ?

4:22
Jérôme Guedj

Ce qui est irresponsable, c'est de ne pas avoir de mode d'emploi, de travail, pour organiser l'alternative. Je ne suis pas le seul à avoir dit que le recours à une primaire qui serait sur un périmètre trop étroit, celle qui était envisagée, avec des candidatures respectables, Marine Tondelier, Clémentine Autain, François Ruffin, je voudrais qu'on ouvre plus les portes et les fenêtres. Boris Vallaud, le président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, quelques jours après l'annonce que j'ai faite, a lui-même indiqué que ce n'était pas le bon périmètre, mais construisons une alternative.

Encore une fois, ça, ça intéresse moins les Français, la manière dont on s'y prend, que de le faire en transparence devant eux, pour parler de leur sujet de préoccupation. Dans la psychologie, la psychologie. C'est vraiment une alerte, parce que c'est ça l'alternative au RN. Les classes populaires, elles ne peuvent pas avoir uniquement le RN qui donne l'impression de s'adresser à eux, alors que sur les questions de désindustrialisation de ces villes sous préfectures dans lesquelles les commerces ferment et où il y a une désertification médicale, il faut qu'il y ait une réponse, qu'il y ait une réponse de partage, de redistribution et de sérieux budgétaires.

Moi, je ne suis pas dans l'IA qu'à faux compte.

5:24
Présentateur

Sur cette obsession de la présidentielle qui, encore une fois, agace les auditeurs, agace vos électeurs parfois, vous pensez vraiment qu'à la fin vous êtes élu ou c'est une manière de se poser en tant que candidat sérieux ou de peser son poids, de faire poser son poids, d'être juste candidat. Vous avez une chance, au fond de vous, la certitude d'avoir une chance d'être élu.

5:43
Jérôme Guedj

Vous savez, c'est une décision mûrement réfléchie. On ne vient pas un matin pour dire je suis candidat à l'élection présidentielle. Moi, c'est l'engagement de ma vie, cette gauche républicaine, ce courage de la nuance dans le débat politique, c'est-à-dire accepter de discuter avec des gens avec lesquels on n'est pas d'accord et je pense qu'on crève de ceux qui pensent avoir raison tout seul. C'est vrai à droite ou c'est vrai à gauche. Donc, il faut avoir des convictions qu'on met dans le débat et on recherche à construire les compromis.

Donc, moi, je porte ça, je l'ai fait comme élu local, je le fais comme parlementaire dans un travail exigeant, méticuleux, en conciliant l'expertise, l'ancrage dans le réel de ce qu'a été un mandat local et puis la vision pour le pays. Moi, je crois qu'on commence la politique par les valeurs et la République, la République sociale, moi, c'est ce que je souhaite voir porté dans ce débat de l'élection présidentielle où, oui, je souhaite aller au bout, mais dans le cadre collectif, en élargissant le plus large.

6:28
Présentateur

Pourquoi est-ce que vous n'allez pas derrière Raphaël Glucksmann qui, aujourd'hui, est le mieux placé, si on en croit encore une fois, les sondages ? Il est à plus de 10%, autour des 13%. Il vous rejoint sur cette gauche républicaine et laïque. Il vous rejoint même sur ce refus de toute alliance. Désormais, c'est votre position aussi d'alliance avec Jean-Luc Mélenchon. On se dit que vous n'êtes pas très éloigné. Pourquoi vous n'allez pas avec lui ?

6:46
Jérôme Guedj

Pour être plus fort et pour peser plus. Il est possible qu'à un moment donné, on soit ensemble dans le cadre d'élaboration de ce programme. Mais, comment dire, lui, c'est lui, moi, c'est moi. On n'a pas la même histoire, on n'a pas le même parcours politique, on n'a pas le même style, le même tempérament. Et à la fin, je pense qu'il faut qu'on fasse une équipe France, une Dream Team avec des sensibilités. Vous êtes un meilleur candidat de lui, selon vous ? Écoutez, moi, je ne vais pas faire la course des petits chevaux. Je me suis déclaré, pour l'instant, Raphaël nous dit travailler sur une orientation programmatique.

Je souhaite qu'avec lui, mais avec d'autres, avec des gens venus de l'écologie républicaine, avec des gens venus du tissu associatif, du monde syndical, on puisse travailler à la construction de cette alternative et à cette vision claire dans le pays. Et encore une fois, sans aucune ambiguïté, parce qu'on le voit là dans les élections municipales, on ne peut pas tenir des discours différents d'un endroit à l'autre.

Nos élus, je sais qu'il ne faut pas que je prononce le nom de candidat aux élections municipales, mais les élus du Parti Socialiste, qui sont dans la réalité, ils sont capables à la fois de lutter contre le narcotrafic et de faire la gratuité des transports, c'est-à-dire de répondre aux préoccupations du quotidien. Et ils ont des lignes qui sont celles de la recherche de consensus et de compromis sur leur territoire local. Essayons d'appliquer ça, c'est ça qui fonctionne.

7:53
Présentateur

Est-ce que toute alliance avec la France insoumise est exclue ?

7:56
Jérôme Guedj

C'est exactement ce que je viens de mentionner. Je souhaite qu'il n'y ait pas d'alliance avec la France insoumise à quelque élection que ce soit.

8:02
Présentateur

Mais comment vous gagnez sans la France insoumise pour faire 50% à la fin au sein du peuple de gauche ?

8:06
Jérôme Guedj

Ça, on n'a toujours pas compris. Parce que quand on est clair sur les valeurs et qu'on est capable de porter une ligne de changement profond, de transformation sociale sur les questions sociales, les questions économiques, eh bien, il n'y a pas de raison qu'une partie de l'électorat aille chercher dans le bruit et la fureur ce qu'il ne trouve pas ailleurs. Et donc, moi, je souhaite que nous remplacions ceux qui ont occupé un espace que nous avons laissé vacant. Et je le dis, la rupture, moi, ce n'est pas mon obsession, la France insoumise. Les électeurs de la France insoumise, ils doivent et ils peuvent trouver...

8:37
Présentateur

Le problème, c'est Jean-Luc Mélenchon ?

8:39
Jérôme Guedj

Le problème, c'est la brutalisation du débat public, c'est cette conflictualisation permanente. Mais c'est Jean-Luc Mélenchon ? Et c'est le fait que c'est l'impuissance théorisée. C'est-à-dire, aujourd'hui, nous le savons, et il ne peut que s'en battre la coulpe. Aujourd'hui, si Jean-Luc Mélenchon d'aventure se qualifiait au deuxième tour de l'élection présidentielle, ce serait la certitude de la victoire de Jordan Bardella. Ce n'était pas vrai il y a dix ans. Il faut qu'il s'en prenne à lui-même. Pourquoi a-t-il, à ce point, endossé les habits de celui qui effraie et qui empêche le rassemblement d'une dispute ?

9:07
Présentateur

Vous l'aviez traité d'ordure antisémite avant de regretter le terme ordure, mais est-ce que pour vous, il est sorti du champ républicain ? Votre ancien ami, celui avec qui vous avez travaillé à gauche ?

9:16
Jérôme Guedj

Dès l'instant où, sur les valeurs, on sort de ce qui doit nous rassembler, et qu'il y a ces ambiguïtés, et pire, ces lignes rouges franchies, notamment sur la question de la lutte contre l'antisémitisme, alors à ce moment-là, on n'est plus dans le champ de la gauche. On est dans autre chose. On est dans une forme de populisme qui pourrait être fécond, mais qui ne cherche qu'une seule chose à guiver.

Moi, vous savez, à chaque fois qu'on segmente le corps national, la communauté nationale, en se disant qu'on va s'adresser aux uns et aux autres, en utilisant les termes et les mots dont on pense qu'ils vont les flatter et leur faire plaisir, on doit avoir un discours apaisé, un discours rassembleur, un discours ferme, mais pas un discours de l'impuissance qui consiste à se dire je veux être tonitruant pour passer le premier tour en sachant que je perdrai le deuxième. Moi, l'enjeu pour la gauche, c'est celui d'un cadre collectif qui permet de construire une alternative au rassemblement national.

10:09
Présentateur

Dernière question, Jérôme Gued. Jean-Marc Morandini se met en retrait de CNews. Il a annoncé hier, la direction de la chaîne en prend acte. C'est vous, quelque part, qui avez été à l'origine de l'amplification, en tout cas de la polémique, en interrogeant directement la journaliste Sonia Mabrouk en interview avec elle. Vous êtes satisfait de ce retrait de l'antenne ?

10:24
Jérôme Guedj

Écoutez, comme je viens de le faire avec vous à l'instant, j'ai ma libre parole. Je dis ce que je pense au moment où j'en ai la conviction que c'est nécessaire. Et quand j'étais face à Sonia Mabrouk, j'ai estimé qu'il était nécessaire de la questionner sur cette contradiction majeure en termes de valeur. Et ce qui m'a paraissé inéluctable est arrivé. Elle a fait son départ avec élégance et avec beaucoup de courage. Et le départ de Jean-Marc Morandini me paraissait absolument nécessaire pour un certain respect des victimes et une certaine éthique du comportement qui est nécessaire dans n'importe quel corps professionnel et qui est nécessaire aussi en politique. Merci beaucoup, Jérôme Gued.

Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous.

Le député PS Jérôme Guedj invité d'Olivier Boy dans RTL Matin — Jérôme Guedj · Pourquijevote