Nos dirigeants sont corrompus ? Les révélations de Robert Bourgi sur la Françafrique.
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Questions et réponses
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- 2:17OuverteRéponse directe
Comment ça a commencé la France-Afrique ?
- 2:59OuverteRéponse directe
Quel était le but de ces relations franco-africaines ?
- 3:23RelanceRéponse directe
Vous parlez de contrôle des dirigeants africains, est-ce exact ?
- 3:43OuverteRéponse directe
Comment la France a-t-elle pesé à l'ONU grâce à ses ex-colonies ?
- 4:06RelanceRéponse directe
Les accords de défense ont-ils permis de maintenir des régimes autocratiques ?
- 5:21OuverteRéponse directe
Quand avez-vous pris conscience de ces pratiques ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:12Invité politiqueChiffre
« On a vu un flot de billets de 5 dollars. 5 ! »
- 2:29Invité politiqueFait
« Ça a commencé en 1960 avec les indépendances des colonies africaines, sous l'égide du général de Gaulle, fortement influencé par Jacques Faucard. »
- 2:52Invité politiqueFait
« C'était des relations que j'ai qualifiées un peu plus tard d'incestueuses, parce qu'elles étaient bizarroïdes, vous voyez ? »
- 3:28Invité politiqueFait
« Non seulement sur les dirigeants, mais sur les matières premières. La France était partout chez elle, alors qu'elle venait d'accorder l'indépendance aux États africains. »
- 4:06Invité politiqueFait
« Les chefs d'État africains avaient signé des accords de défense avec la France. »
- 4:51Invité politiqueFait
« Elle ne les a pas encouragés. Elle les a conservés. Elle leur a permis de durer. »
- 5:53Invité politiqueFait
« Je n'en ai été conscient, franchement, qu'au début des années 90, au moment du discours de la boule du président Mitterrand, en 1989. »
- 8:04Invité politiqueFait
« Il m'avait dit, Robert, avertissez votre ami Thomas d'être très prudent, parce qu'il va y avoir un coup venu du plus proche d'entre lui, d'entre ses hommes, du plus proche. »
- 10:30Invité politiqueFait
« M. Faucard lui-même, le M. Afrique du général et de M. Chirac, à l'époque Premier ministre, il était Premier ministre, Chirac, à l'époque, m'avait dit qu'il allait y avoir un coup contre Sankara. »
- 14:01PrésentateurFait
« Le Front CFA, c'est une monnaie commune à plusieurs pays africains qui relie leur monnaie à la monnaie française, qui était le franc au départ et maintenant l'euro. »
- 15:15PrésentateurFait
« Le franc CFA, en réalité, aujourd'hui, c'est un non-sens. »
- 18:09Invité politiqueFait
« Il a dit que l'Afrique n'était pas assez rentrée dans l'histoire. »
- 21:41Invité politiqueChiffre
« Des Libanais collectés tous les ans une centaine de millions de francs CFA quand le franc CFA valait le double. »
- 34:00Invité politiqueFait
« j'ai un fils qui a aujourd'hui 51 ans »
- 37:00Invité politiqueFait
« l'argent est dedans »
- 38:44Invité politiqueFait
« il y avait donc une masse d'argent, de billets dans le bureau du président de la république »
- 43:27Invité politiqueFait
« on dit que mon père a financé la campagne de Sarkozy à hauteur de 50 millions de dollars »
- 43:30Invité politiqueChiffre
« le virement de 50 millions de dollars »
- 47:59Invité politiqueFait
« Nicolas, qu'est-ce que tu fais là ? »
- 48:01Invité politiqueFait
« un jour je serai président »
- 53:13Invité politiqueFait
« il y a eu un homme à gauche vraiment qui avait quelque chose : Jacques Delors »
- 54:20Invité politiqueFait
« si ça marche, je t'appellerai, je te remercierai »
- 56:00Invité politiqueFait
« alors papa, qu'est-ce que ça a donné les prières cette nuit ? »
- 57:01Invité politiqueFait
« mon fils, tu vas gagner »
- 59:35Invité politiqueFait
« je me suis senti complice d'une trahison »
- 1:00:08Invité politiqueFait
« j'ai lutté contre eux »
- 1:00:14Invité politiqueFait
« il y avait en face de moi monsieur des forces obscures »
- 1:00:32Invité politiqueFait
« ils ne voulaient pas de Gbagbo »
- 1:00:52Invité politiqueFait
« ne viens pas à Marcoussi c'est un traquenard »
- 1:01:10Invité politiqueFait
« on l'a obligé à constituer un gouvernement à se dépouiller de la plupart de ses attributions »
- 1:01:30Invité politiqueFait
« la France a appuyé Compaoré dans son projet de déstabilisation et du renversement de Laurent Gbagbo »
- 1:02:59Invité politiqueFait
« je vais le vitrifier »
- 1:06:33Invité politiqueChiffre
« la jeunesse en Afrique c'est 65 à 70% des populations »
- 1:07:45Invité politiquePromesse
« il y aurait moins d'immigration sauvage »
- 1:08:47Invité politiqueFait
« ce que l'on a fait pendant 50 ans ça ne devait pas être fait »
Temps de parole
- Invité politique85 %
- Invité11 %
- Présentateur2 %
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L'argent est dedans, M. le Président. Les deux hommes retournent les quatre djembés et Villepin, de couper le cordage, de retourner le djembé et l'argent dévale. On a vu un flot de billets de 5 dollars. 5 ! Et Chirac de dire « Qu'est-ce que je vais faire de tous ces billets de 5 dollars, moi ? Il faut les changer ! »
J'ai murmuré à l'oreille des présidents africains. Oui. La France n'a plus aucun intérêt en Afrique. Si, elle a des intérêts. La France devrait garder une influence en Afrique. J'aimerais qu'elle garde cette influence.
Je suis coupable de la France-Afrique. En partie. Bonjour, je m'appelle Robert Bourgie, j'ai 79 ans, je vais sur mes 80 ans. J'ai trouvé qu'il était temps de raconter ma vie. Depuis les origines de l'arrivée de mon père en Afrique, raconter 4 décennies de pouvoir au sein du pouvoir politique français et africain. Et j'ai été acteur et témoin de toutes les relations franco-africaines depuis 1981 jusqu'en 2012, date à laquelle le président Sarkozy a quitté l'Elysée. Je suis heureux de dire qu'il y a eu un télégramme du département d'État américain qui disait qu'il y avait un homme à surveiller pour les États-Unis en Afrique. C'était Robert Bourgie, « This guy is very dangerous ».
Les relations post-coloniales ont fait du mal au pays africain. Absolument. Les transferts d'argent entre des dirigeants français et africains ont toujours été transparents. Ils ont toujours été transparents, mais avec moi à la manœuvre, elles ont disparu depuis 2007. La France soutient encore certains dirigeants africains en échange de ressources. Oui. C'est mal ? Non. Je suis plus attaché à la France qu'au continent africain.
Non, je suis pareillement attaché au continent africain et à la France, comme je suis attaché au Proche et au Moyen-Orient, pays d'origine de mes parents.
Il n'y a personne en France pour me succéder. Je n'en vois pas l'ombre même.
L'Afrique est plus indépendante que jamais. Elle n'est pas encore indépendante. Elle l'est de plus en plus, mais elle n'est pas encore complètement indépendante. Et ça viendra. Elle est dépendante de qui, aujourd'hui ? Des grandes puissances occidentales, mais indépendantes de la France.
Il faut bien comprendre, on parle beaucoup de France-Afrique. Ça a commencé quand, la France-Afrique ? Est-ce que c'est Jacques Faucard ? C'est vous ? Oh non, non. Comment ça a commencé ? Et jusqu'à quand ça a existé ? Et qu'est-ce que c'est exactement ?
Ça a commencé en 1960 avec les indépendances des colonies africaines, sous l'égide du général de Gaulle, fortement influencé par Jacques Faucard. Et ce sont des relations qui ont été mises en place dans toutes les ex-colonies africaines, en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale. Mais c'était des relations que j'ai qualifiées un peu plus tard d'incestueuses, parce qu'elles étaient bizarroïdes, vous voyez ? Quel était le but de ces relations ? C'est de maintenir ces États indépendants, devenus indépendants, sous le tutorat français. On parle du Sénégal ?
Sénégal, toutes les républiques d'Afrique de l'Ouest, Mali, Mauritanie, Côte d'Ivoire, Niger, Haute-Volta à l'époque, devenu Burkina Faso après.
Donc l'idée c'était dire, vous êtes indépendant, mais en réalité on contrôle, on a un contrôle sur les dirigeants ?
Non seulement sur les dirigeants, mais sur les matières premières. La France était partout chez elle, alors qu'elle venait d'accorder l'indépendance aux États africains.
Aux yeux de l'ONU, la France avait fait son travail en rendant les pays indépendants, alors qu'en réalité elle continuait d'influencer.
Et c'est grâce à ces colonies, ces ex-colonies françaises en Afrique, une quinzaine, que la France a pesé lourd à l'ONU. Parce qu'à chaque fois que la France souhaitait faire voter une résolution, vous aviez tous les États africains qui votaient avec elle. En fait il y avait la voix de la France et la voix de ses ex-colonies. Un. Deuxièmement, les chefs d'État africains avaient signé des accords de défense avec la France. La France avait des bases un peu partout en Afrique, en Afrique centrale et en Afrique de l'Ouest. Dakar, Abidjan, Libreville et autres.
Et grâce à ces accords de défense, les chefs d'État africains, qui étaient souvent très loin de la démocratie la plus élémentaire, étaient assurés de rester au pouvoir. Ils avaient signé des accords de défense. Donc la France disait aux chefs d'État, faites ce que vous voulez dans vos pays, nous nous assurerons votre pérennité grâce aux accords de défense.
Donc la France a encouragé des régimes autocratiques, peut-être même dictatoriaux ?
Elle ne les a pas. Elle ne les a pas encouragés. Elle les a conservés. Elle leur a permis de durer. Et elle a permis à ce que des chefs d'État africains restent 4 ans, 5 ans, 10 ans, 15 ans, 20 ans, 30 et 40 ans au pouvoir. Et aujourd'hui, vous avez au Congo-Brasaville, au Togo et partout ailleurs en Afrique, des présidents qui sont là depuis des décennies.
C'est impensable et c'est inacceptable aujourd'hui. Et vous, votre sentiment quand vous commencez à travailler sur ce sujet, à cette époque-là, vous êtes un jeune étudiant, vous avez conscience de ça ? Comment vous le percevez ?
Non, je vais être franc avec vous. Je vais être franc avec vous. Bien sûr. Il y a 50 ans, ne se posez pas ce problème, comme il se pose aujourd'hui. Vous, vous êtes branché sur tout ce qui se passe dans le monde. Vous voyez, les portables, les ordinateurs et tout, les réseaux sociaux et tout. À l'époque, on n'avait rien. Le portable n'existait pas. Donc, je n'en ai été conscient, franchement, qu'au début des années 90, au moment du discours de la boule du président Mitterrand, en 1989. Qu'est-ce qu'il dit à ce moment-là, le discours ? Il avait dit qu'il fallait les conférences nationales dans les ex-colonies françaises et qu'il fallait aller vers plus de démocratie.
Impossible de proposer un système tout fait. La France n'a pas à dicter je ne sais quelle loi constitutionnelle qui s'imposerait de facto à l'ensemble de peuples qui ont leur propre conscience et leur propre histoire et qui, s'ils veulent bien retenir le principe édicté, la démocratie est un principe universel, doivent savoir comment s'y diriger. À la démocratie, il faut un État. À la démocratie, il faut le développement. Et il faut l'apprentissage des libertés. La France, bien entendu, lira dans sa démarche tout ce effort de contribution à tous les efforts qui seront accomplis pour aller vers plus de liberté. Donc, il met à jour le système de la France-Afrique ?
Non, mais il l'a dit, mais ça n'a pas été suivi dans les faits, vous voyez.
Mais il y a des consciences qui se sont ouvertes à ce moment-là.
Oui, les nouvelles élites africaines, que j'applaudis d'ailleurs, que j'approuve dans leur discours, dans leur comportement, dans leur attitude, les nouvelles élites africaines sont formées comme ne l'étaient pas leurs aînés. Les élites politiques africaines, les élites intellectuelles africaines, les élites économiques africaines, les élites scientifiques africaines sont autrement plus perfectionnistes que celles qui existaient auparavant.
Et vous parlez du discours de la Bôle de François Mitterrand, mais c'est sous le mandat de François Mitterrand que Thomas Sankara a été assassiné aussi. Est-ce que vous, vous imaginez, par exemple, un Thomas Sankara a été assassiné par les pouvoirs français, justement dans ce contexte de France-Afrique ?
Disons que Thomas Sankara, je le dis, était devenu un ami. Nous étions très liés. En deux ou trois ans, nous avons forgé une amitié qui ressemblait à celle qu'on entretient, qu'on construit en trente ans. Je l'avais mis en garde. Faucard m'avait fait venir chez lui, rue de Prony à Paris, et il m'avait dit, Robert, avertissez votre ami Thomas d'être très prudent, parce qu'il va y avoir un coup venu du plus proche d'entre lui, d'entre ses hommes, du plus proche.
Il ne m'a pas parlé de Compaoré, mais j'ai su par la suite, par un des collaborateurs de Sankara, qui fut mon étudiant à la faculté de droit d'habit de Jean, à Blasé Compaoré, qui n'est plus de ce monde, un garçon brillantissime, et il m'avait dit, j'ai peur pour le patron. En parlant de Thomas Sankara ? Il était le conseiller personnel de Thomas Sankara. Il m'a dit, j'ai peur pour le patron, parce que j'ai le sentiment que Compaoré, appuyé par le président Oufoued Bouani, pourrait, un jour ou l'autre, poser des ennuis à Thomas. Pour resituer le président Oufoued Bouani, c'était le président de la Côte d'Ivoire, qui était le doyen des chefs d'État africains, avant Omar Bongo Ndimba.
Qui faisait autorité auprès de tous les chefs d'État africains ? De tous les chefs d'État, c'était le doyen. Et le coup est venu. C'est Oufoued Bouani qui a favorisé l'attentat contre Thomas Sankara. Ça ne vient pas de l'État français ? Ça ne vient pas de la France ? J'ai été interrogé. Vous me plaisez parce que vous êtes curieux. Mais ce n'est pas une curiosité morbide, c'est une curiosité curieuse.
En tant que citoyen, c'est intéressant. Absolument.
J'ai été interrogé par la gendarmerie française à propos de l'assassinat de Thomas Sankara. J'ai dit ce que je suis en train de vous dire. Et franchement, je ne sais pas s'il y a une part française dans cet assassinat. Je l'ignore. Par contre, je sais que M. Faucard lui-même, le M. Afrique du général et de M. Chirac, à l'époque Premier ministre, il était Premier ministre, Chirac, à l'époque, m'avait dit qu'il allait y avoir un coup contre Sankara. Est-ce qu'il y a eu une main secrète française ? Cela n'aurait pas été possible aussi sans une ingérence française. Mais je ne vous le dis pas de manière certaine. Mais ça ne peut pas se faire sans que la France y soit mêlée de près ou de loin.
Mais l'acteur premier, c'est Oufouet-Bouet.
Parce que je faisais cette question, ce que je voulais dire à l'instant, c'est s'il y a quelqu'un qui devait bien être au courant de ça, si jamais l'État français était responsable, c'est Jacques Faucard, ou vous qui étiez vraiment présent sur les questions africaines ? Écoutez, moi, je n'étais pas au courant.
Celui qui m'a mis au courant, c'est Jacques Faucard. Et si Jacques Faucard me l'a dit, c'est qu'il savait qu'il y avait quelque chose qui se préparait au niveau français. Il le savait automatiquement, il le savait. Et d'ailleurs, une fois que Thomas Sankara a été éliminé, celui qui porte le poids le plus lourd de la responsabilité, c'est-à-dire le président qui est venu après, Blaise Compaoré, il a été adoubé par toute la classe politique française. Adoubé. J'ai mis en garde Sankara. Lors d'un entretien téléphonique entre lui et moi, moi, j'étais à Dakar et lui était à Ouaga.
Vous lui avez dit après que Jacques Faucard...
Je lui ai dit, le vieux, je lui ai dit ceci. Je lui ai dit, Thomas, le vieux m'a chargé d'un message dans ta direction. Il m'a dit, qui, grand frère ? Je lui ai dit, voilà, il m'a dit que tu sois très prudent. Un coup pourrait venir du plus proche de ton entourage. Il m'a dit, mais tu en es sûr ? Je lui ai dit, tu sais, quand le vieux dit quelque chose, le vieux étant Jacques Faucard, c'est que quelque chose est là, qui te menace. Il m'a dit, bon, je vais y veiller. Deux jours après, il était parti. Enfin, il était parti, il avait été éliminé. Lâchement. Et ça a été une perte, non seulement pour...
Vous en êtes voulu ? Pardon ? Non, mais je veux dire, est-ce que vous aviez... Est-ce que vous vous dites, j'aurais peut-être pu faire plus, j'aurais peut-être pu lui dire de se préparer ?
Est-ce que j'aurais pu faire ? Je suis chargé d'un message, je le lui transmets. Je n'ai rien pu faire, moi. Si j'avais pu éviter cela, je l'aurais fait. Mais ça a été une perte, non seulement pour le Burkina Faso, mais véritablement pour l'Afrique. Thomas Sankara était un homme de la dimension de Patrice Lomumba, de la dimension de Kwame Nkrumah à ses débuts, de la dimension de Sekou Touré à ses débuts. C'est un homme exceptionnel. Moi, je me souviens des soirées que j'ai passées avec lui. Je l'ai aimé. Il était... C'est un nationaliste. Pas simplement Burkinabé, mais un nationaliste africain. Il avait la fierté africaine, l'identité africaine bien ancrée en lui. Dommage.
La France Afrique, c'est aussi le Front CFA qui est resté en vigueur après l'indépendance de l'Afrique. Absolument. Est-ce que vous pouvez expliquer aussi à notre audience ce que c'est aujourd'hui le Front CFA ? Et est-ce qu'aujourd'hui, c'est une bonne idée ? Que ce soit encore en circulation, est-ce qu'il faut arrêter le Front CFA ? Je ne suis ni un économiste, ni un financier.
Alors, le Front CFA, c'est une monnaie commune à plusieurs pays africains qui relie leur monnaie à la monnaie française, qui était le franc au départ et maintenant l'euro. Ce qui est un vrai problème dans les politiques monétaires à mener. Parce que les intérêts, en termes de politique monétaire de la France, ne sont pas les mêmes que ceux des pays africains. Et donc, aujourd'hui, il n'est pas normal de ne pas avoir l'outil monétaire pour mener des politiques économiques. Vous savez, il y a beaucoup de pays, par exemple, surtout des pays exportateurs qui vont dévaluer parfois leur monnaie pour rendre les biens moins chers.
Aujourd'hui, les pays africains qui ont le CFA ne peuvent pas faire ça. Donc, en réalité, ils ont leur politique monétaire qui est contrainte, puisqu'elle est reliée à la politique monétaire, finalement, de la France. Et vous avez également leur politique budgétaire qui est très contrainte, parce qu'elle est contrainte souvent par des accords qu'ils ont avec le FMI. Ils ont des marges budgétaires très faibles. Donc, dans ces conditions-là, pour pouvoir se développer, je ne sais pas comment ils peuvent faire. C'est-à-dire que, même moi, si tu me donnais... Je sais très bien ce qu'il faudrait faire.
Même si tu me donnais les commandes d'un pays africain, sans avoir de politique monétaire, en ayant une politique budgétaire contrainte et en ayant aussi de très faibles accès aux moyens financiers, je dis bonne chance pour vous dans ces conditions-là. Donc, le CFA, le franc CFA, en réalité, aujourd'hui, c'est un non-sens. C'est un non-sens. Soit les pays sont indépendants et dans ce cas-là, ils ont leur monnaie et ils ont une souveraineté monétaire, mais ils ne peuvent pas avoir une monnaie comme ça qui est reliée à un pays extérieur. Ce n'est pas possible. Ce n'est pas envisageable.
Les chefs d'État africains, la plupart du temps, ce sont les militaires. Ceux qui ont en main les destinées du Mali, du Burkina Faso, du Niger, de la Guinée et d'autres intellectuels africains veulent la fin du franc CFA. Je crois qu'il y a un franc européen. L'euro vient là. Il y a le dollar. Pourquoi ne pas créer une monnaie africaine, purement africaine ? C'est la question que je pose. Justement, oui. Ça a des relents néocolonialistes, le franc CFA.
Quel rôle, aujourd'hui, le franc CFA joue encore en Afrique ? Est-ce que le franc CFA, c'est la Banque de France qui imprime la monnaie de l'Afrique de l'Ouest ? Est-ce qu'aujourd'hui, la France garde un certain contrôle sur la monnaie africaine ?
Absolument. C'est pour cela que les chefs d'État, les militaires chefs d'État en Afrique, aujourd'hui, se sont dressés contre le français. CFA. Et nous allons, je leur conseille, moi, d'aller vers la formation d'une monnaie africaine.
Et pourtant, vous souhaitez que la France garde des relations diplomatiques
avec les règles africaines ? C'est-à-dire que la France garde des relations diplomatiques, mais il faudrait que ces relations diplomatiques nouvelles soient totalement adaptées au mouvement général du monde. On ne peut pas conserver des relations incestueuses comme elles furent établies en 1960 dans le monde d'aujourd'hui. Et c'est parce que les relations politiques entre la France et l'Afrique n'ont pas un label nouveau que nous avons perdu pied en Afrique. La Turquie nous est passée devant, le Brésil nous est passée devant, la Chine nous est passée devant, la Russie nous est passée devant, les États-Unis nous sont passés devant. On a perdu pied.
Et à cela s'ajoute les chefs d'État africains depuis Chirac. Chirac a été le dernier grand connaisseur de l'Afrique. Depuis Chirac, les chefs d'État français ignorent tout de l'Afrique.
Même François Hollande qui s'est rendu au Mali. Même François Hollande,
même Sarkozy. Vous savez combien j'affectionne Nicolas Sarkozy. Même lui, il n'a aucunement l'amour de l'Afrique. En lui, il cherche même pas à connaître. S'il avait un sentiment plus ou moins favorable à l'Afrique, il n'aurait jamais prononcé le discours de Dakar en 2010. C'est ce discours de Dakar ? C'est une faute majeure. Il va traîner ce boulet toute sa vie. Qu'est-ce qu'il a dit dans ce discours ? Il a dit que l'Afrique n'était pas assez rentrée dans l'histoire. Alors que les empires africains existaient depuis des siècles et des siècles et des siècles. La culture africaine...
Ça a fait mal aux Africains, ce discours. Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire.
Ils le reprocheront toute leur vie, les Africains. Je vous dis, c'est une faute lourde qu'il a commise. Et souvent, on en parle, lui. Vous lui dites ? Pourquoi voulez-vous que je ne lui dise pas ? Je ne sais pas. Je pense être réputé pour mon franc parler. Qu'est-ce qu'il vous dit alors ? Il me dit, oui, mais tu comprends, c'est Henri Guénaud qui l'a écrit. Je lui dis, mais enfin, j'étais à côté de toi, Nicolas. Je suis à côté de toi. Plus Africain que moi, il n'y a pas dans le monde politique français. Tu aurais pu me le dire, je suis avec toi. Je faisais partie de ce voyage. Il me dit, oui, mais tu comprends, mais moi.
Guénaud qui connaît l'Afrique comme moi, je connais le Tadjikistan ou l'Ouzbékistan ou le... Je ne sais pas. Ce sont des pays que vous ne connaissez pas pour la blague. Mais il ne connaît rien du tout. S'il m'entend, il ne va pas être encore... Il ne va pas être content de moi. Vous vous aimez bien ? Pas du tout. Vous ne parlez pas ? Je le saluais. Quand on se voit, on se salue sur les plateaux de télévision. On salue Henri, on salue Robert, mais il sait ce que je pense de lui. Il sait tout. Et lui, ce qu'il pense de moi, je n'en ai rien à faire.
Justement, on a parlé de la France-Afrique, du rapport que la France avait avec les dirigeants africains pour continuer à exploiter les ressources. Mais ce qu'on sait moins, c'est que les dirigeants africains, et c'est ce que vous racontez justement dans ce livre, aidaient au financement des partis politiques. Absolument. Alors comment ça se passait ? Parce que c'est aussi ce que vous racontez au début. Votre père allait auprès de la communauté... Libanaise. Libanaise, chiite-libanaise, pour collecter aussi de l'argent pour le financement politique, on va dire... Du Parti du Général de Gaulle,
du RPF, Rassemblement du Peuple Français. J'ai vu opérer mon père. C'est grâce à ce qu'il faisait que j'ai rencontré Jacques Focard, que j'ai vu, même en 1954 ou 1955, j'étais gamin. J'ai accompagné mon père avec mon frère aîné Albert, autre grand africaniste, certainement plus doué que moi, mon frère aîné Albert. Grâce à lui, que j'ai vu pour la première fois, un homme qui s'appelait Georges Pompidou, en 1954-55. À l'époque, il était directeur de Rothschild. Il était venu à Dakar parce qu'il venait de Mauritanie où il avait mis au point des contrats sur les minerais de fer de Mauritanie. C'est là que j'ai rencontré M. Pompidou et tant d'autres collaborateurs du Général. J'étais petit.
Et j'ai retrouvé ces gens-là au cours de ma carrière universitaire. et j'ai vu comment ça se faisait. Et en 1981, 1981, Jacques Chirac me demande, en présence de M. Foucault, il me dit, Robert, vous êtes professeur à la fac de droit d'Abidjan. Je sais par Jacques Foucault tout ce que votre père a fait pour le Général de Gaulle, pour M. Pompidou. Et est-ce que vous pourriez intéresser vos compatriotes libanais de Côte d'Ivoire au financement de mon action politique ? Je ne pouvais pas dire non. J'ai dit oui, spontanément. Et j'ai fait ce que j'ai décrit dans mon livre. Des Libanais collectés tous les ans une centaine de millions de francs CFA quand le franc CFA valait le double.
Vous partiez d'Abidjan avec 100 millions de CFA, en France, vous aviez 2 millions de nouveaux francs. Et je l'ai fait. Et ensuite, en 1986, ça a été la collecte de l'argent venant des républiques africaines. Voilà. Et M. Chirac me le demandait et je l'ai fait. Je l'ai fait, j'ai accompagné les émissaires auprès de lui.
Mais vous faites un regard comme si vous regrettez.
Je le regrette. Aujourd'hui, je le regrette. Mais je l'ai fait, attention, franchement, je ne me suis posé aucune question jusqu'à la fin des années 90. quand il m'a demandé de faire appel au chef d'État africain pour financer sa campagne présidentielle de 2002 face à M. Jospin et face à M. Le Pen. Et déjà, je n'étais plus très chaud comme avant. Enfin, je l'ai fait. Je l'ai fait. Les chefs d'État africains ont contribué fortement au financement de ça. À combien ? À hauteur de combien à peu près ? J'ai dit 10 à 15 millions d'euros ou de dollars. Franchement, franchement, je crois qu'il y en avait trois ou quatre fois plus.
Il faut que je le dise. Comment vous vous êtes rendu compte de ça ?
Mais parce que les chefs d'État envoyaient les émissaires. Les émissaires venaient à mon cabinet et me disaient grand frère toujours. Maintenant, c'est papy. Et il me disait voilà, le patron m'a chargé de remettre ça à M. Chirac ou à M. De Villepin. Je lui dis combien y a-t-il dedans ? Il me disait 2 millions, 3 millions de dollars, 2 millions, 3 millions d'euros. Et comme j'ai vu tout ce que j'ai conduit vers M. Chirac, c'est pour ça que je dis qu'on dépasse facilement les 30 millions. Facilement, facilement, facilement. Et en 2003, quand M.
Chirac demandait aussi, vous voyez, faisait comprendre qu'il avait encore besoin d'argent, à telle enseigne que les chefs d'État africains me disaient mais Robert, mais qu'est-ce qu'il fait de cet argent, Chirac, Jacques ? Qu'est-ce qu'il fait ? J'ai dit mais écoutez, posez-lui la question. Mais moi, je vais dire à M. De Villepin qu'il est temps d'arrêter. Et c'est vrai qu'en 2003, j'ai dit à Villepin, je lui dis Dominique, il faut arrêter, il faut arrêter. La campagne est terminée, il a été réélu, il faut arrêter. à quoi ça sert maintenant ? Il n'est plus président du RPR, il n'est plus président, enfin, il a été élu,
c'est son dernier mandat qu'on arrête. La situation s'est retournée un peu avec De Villepin d'ailleurs, puisque De Villepin au départ voulait vous mettre les menottes, vous en rigolez dedans, parce qu'il n'aimait pas vos méthodes.
Vous êtes un marrant,
vous. Ah ben j'ai lu
J'aime bien le croustillant, lui. Voilà, que je vous raconte dans le détail. En 1993, c'était la deuxième cohabitation en France. Édouard Balladur était le premier ministre du président Mitterrand. Et étant premier ministre, l'envie lui est venue de concourir en 1995 à la présidentielle. D'où le coup de poignard qu'il a mis dans le dos de Jacques Chirac. Les deux étant de droite, pour préciser. Les deux étant de droite. Et Villepin était le directeur de cabinet d'Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères de M. Balladur. Et un de mes amis journalistes d'investigation était venu me voir à mon cabinet et il vient me voir et il me dit je passe te voir à ton cabinet. Je dis ah bon ?
Il me dit j'ai un détail croustillant. Il me dit j'étais chez Villepin au déjeuner et il y avait Villepin et Maurice Gourdeau de Montagne qui était le directeur adjoint du cabinet d'Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères. Villepin, directeur de cabinet, Maurice Gourdeau de Montagne, directeur adjoint et Philippe Martel qui a poignardé Juppé à la fin était chef de cabinet. Mais c'était le mal aimé. C'était le mal aimé. Juppé qui ne vous porte pas dans son cœur non plus. Oh oui, c'est pas grave. On en reparle. Regardez comme je suis. Je suis bien. Et il me dit j'étais au déjeuner avec Villepin et Gourdeau de Montagne. Alors lui, il ne t'aime pas Robert. Je lui dis ah bon ?
Il me dit l'envie me prend de plus en plus de lui faire passer les bracelets. Les bracelets ? Je lui dis quels bracelets ? Il me dit mais les menottes. Mais pourquoi ? Il me dit mais je vous le dirai un jour dit-il aux journalistes d'investigation. Seulement M. de Villepin ignorait tout ce que dans l'ombre faisait Robert Rougy pour son patron pour Jacques Chirac à l'époque maire de Paris et président du RBR. Et lorsque Chirac est devenu président de la République en 1995 et quand pour la première fois j'ai vu M. de Villepin en 1997 en mars 97 après les obsèques de M.
Foucard Jacques Chirac était présent aux obsèques il m'avait dit Robert retrouvez-moi chez Villepin ce soir à 19h30 je ne le connais pas Dominique M. le Président il m'a dit retrouvez-moi il vous attend c'est là que je vois pour la première fois Villepin mais vis-à-vis Chirac et je le salue et tout là-dessus est arrivé M. Chirac et il me dit je suis content que vous que vous ayez fait connaissance Robert avec Dominique d'ailleurs Dominique prendra la place de M. Foucard maintenant dans vos relations avec l'Elysée et je lui dis pas de problème M.
le Président mais je vais vous raconter une chose il me dit quoi et Villepin sait bien rire je lui dis est-ce que vous savez que votre secrétaire général de l'Elysée voulait me passer les bracelets il y a quelques années ah bon et Dominique de lui dire oui M. le Président j'ai eu cette parole malheureuse j'ai tenu cette parole malheureuse à un journaliste d'investigation du monde d'ailleurs et je lui dis voyez maintenant vous me demandez de travailler avec lui c'est ce que je vais faire mais les bracelets je n'en ai pas eu Dominique et vous n'allez pas me les passer maintenant puisque c'est là que Chirac a dit tout ce que vous faisiez dans l'ombre maintenant
vous le faites avec Dominique il a dû accepter du coup de faire ce travail tout de suite
tout de suite ça se refuse pas pourquoi ça se refuse pas investir de la confiance absolue du
parce que l'argent peu importe ce que le Président nous dit de faire ça ne se refuse pas
écoutez tout le personnel politique de la droite à laquelle j'ai appartenu ignorait tout de ce que je faisais dans l'ombre pour M. Chirac au point de vue financier et argent ignoré à telle enseigne que Jacques Chirac m'avait dit dès 81 quand il m'a nommé délégué national des clubs 89 pour tous les pays en développement et ensuite chargé de mission du RPR pour les relations avec les pays d'Afrique au Sahara au sud du Sahara il m'avait dit Robert c'est moi et rien que moi c'est Jacques Faucard et rien que Jacques Faucard le reste vous ignorez je lui ai dit mais enfin M. le maire je l'appelais M.
le maire mais enfin je les vois aux réunions du RPR et tout vous ne dites rien Robert donc ils vous voyaient ils doivent tout ignorer vous voyez mais ils ne savaient pas ce que vous disiez qui ? ah oui mais on ne va pas voir M.
Chirac en tête à tête dans son bureau de maire de Paris ou dans son bureau de président du RPR rue de Lille comme ça par la grâce de Dieu c'est que il flairait quelque chose mais qu'il aurait jamais complètement le seul à savoir matériellement ce qui me lie à Chirac ça a été Villepin Faucard le savait depuis les origines mais Villepin c'était Dominique est de 53 moi je suis 45 8 ans c'est beaucoup quand on est on est beaucoup plus jeune 8 ans c'est une grande différence d'âge Nicolas lui il est de 55 Nicolas Fillon Sarkozy et Fillon lui est de 54 pour ça que je l'ai habillé pour ensuite le déshabiller
sur sur ce sujet là justement ça a été quoi votre anecdote a posteriori vous dites la plus insolite celle que vous étudiez là j'ai vécu quelque chose d'assez improbable pendant cette période là justement où vous occupiez des transferts financiers entre les dirigeants africains je n'ai jamais
transporté de manette je le dis et le répète je n'ai jamais transporté de manette on a créé cette légende j'ai pas dit ça j'ai accompagné les émissaires bon et ce qui est à raconter mais vraiment jusqu'à ce que je perde la mémoire c'est l'histoire des djembes l'histoire des djembes pour la campagne présidentielle de 2002 Jacques Chirac m'avait dit une fois de plus il faudrait quand même sensibiliser nos amis africains j'ai encore besoin cette cette campagne va coûter cher sensibiliser
ça voulait dire il faut leur demander de l'argent
oui pas leur demander du tissu je sais pas ou des mangues ou des papayes mais et donc donc je je suis allé à Ouagadougou au Burkina Faso voir Blaise Compaoré nous étions devenus des amis par la suite même plus des frères je lui dis Blaise le chef il a besoin de sous parce que j'ose pas supprimer les fonds spéciaux les fonds secrets j'ose pas avait serré la vis il me dit il n'y a pas de problème c'est dur pour actuellement pour le Burkina Faso mais je trouverai le moyen je te préviendrai et quelques jours après je rentre à Paris bien entendu et je reçois un appel de Blaise il me dit je t'envoie Salif Diallo son ministre d'Etat l'homme politique le plus proche de lui l'homme des secrets ce dernier arrive à Paris il me téléphone et je vais le voir à son hôtel il me dit tu as pris le rendez-vous avec le chef je lui dis oui tu as rendez-vous un dimanche à 19h avec le président et Villepin tout se passait dans le bureau de Villepin pas dans le bureau de Chirac et je lui dis tu as rendez-vous à 19h et on on portera les fonds et il me dit on va passer il avait une grande suite on passe dans le salon et là dans le salon je vois 4 djembe debout debout je dis mais il y a un orchestre pour Kila B je sais pas j'ai pas été averti qu'est-ce qui est prévu ?
il me dit non ça c'est pour le vieux comment ? le vieux c'était qui ? Chirac comment pour le vieux ? il n'attend pas les djembe le président il m'a dit non l'argent est dedans je dis les djembe il me dit oui c'était les magistrats français s'intéressaient à l'argent venu d'Afrique vous savez c'était au moment de l'affaire Elf l'Angola Gate les bien mal acquis tout ça vous savez il y avait un fantasme qui était né il fallait être très prudent
je dis
il n'y a pas de problème mais 4 djembe dans la voiture de l'ambassadeur du Burkina ça ne rentre pas Salif il me dit non tu viendras avec ta voiture je lui dis mais moi je ne conduis pas je ne peux pas porter alors tu fais venir ton fils j'ai un fils qui a aujourd'hui 51 ans c'était en 2 minutes costaud Olivier et bel homme aussi et le dimanche je viens avec ma voiture à l'hôtel de l'émissaire du Burkina il en met 2 dans le coffre de la voiture de l'ambassadeur du Burkina moi j'en mets 2 dans le truc et on rentre dans la cour d'honneur la cour d'honneur un dimanche après-midi qu'honneur de l'Elysée de l'Elysée bien sûr pas du zone 27 de l'Elysée et les gendarmes étaient là mais prévenus et qui me connaissaient parce que j'étais un visiteur régulier du palais donc on rentre les 2 voitures ils nous voient sortir ouvrant les les côtes ils ne posent pas de questions le gendarme ne posent pas de questions le secrétariat du président avait donné les instructions mais ils me connaissaient et là je me retourne vers eux ils étaient ilard les gendarmes ilard je dis bien ilard et donc on a posé les 4 djembes moi j'ai dit Salif moi je ne peux pas porter j'ai été opéré c'est vrai que je venais d'être opéré du dos et je lui ai dit mon fils en portera un mais 2 il ne peut pas alors j'ai appelé la secrétaire de Villepin je lui ai dit Nadine il y a un problème il faudrait que vous veniez nous aider parce que c'est c'est pas des malettes c'est des c'est autre chose que des malettes des djembes et je l'entends me dire mais des djembes qu'est-ce que vous direz maître je lui ai dit des djembes et alors je lui ai dit venez avec eux elle me dit je viens avec monsieur je lui ai dit oui vous en porterez un Villepin en portant le ministre d'état en portant et mon fils en portant et voilà Villepin qui était plus puissant qu'un chef d'état à l'époque Villepin qui porte un djembe la secrétaire porte un djembe le ministre d'état un djembe et mon fils en portant et nous voilà aller il faut se mettre devant le micro on se retrouve dans le bureau de Villepin et on a installé les quatre les quatre djembes entre nos deux fauteuils et le fauteuil qu'attendait le président de la république quatre vous voyez un peu djembe c'est haut comme ça et arrive Chirac on se met debout mais respect monsieur le président bonjour Robert le ministre d'état lui dit monsieur le président bonjour voilà je vous apporte le témoignage de reconnaissance d'amitié de fidélité de mon président il dit mais monsieur le ministre d'état qu'est-ce que je vais en faire des djembes et pardonnez-moi de rire cette scène mais là où a là où a régné le général de Gaulle je ne sais pas si vous imaginez un peu et monsieur Pompidou et et Giscard et Mitterrand et il dit l'argent est dedans monsieur le président qui dit ça le ministre d'état l'argent moi je parle le ministre l'argent est dedans parce qu'il faut être prudent monsieur le président il dit mais mais comment je vais faire ça il dit mais il faut retourner le djembe monsieur le président et il y a les cordes en bas et et Chirac de dire à Villepin mais Dominique vous êtes outillé pour ça il dit oui je crois je crois je vais appeler aller au secrétariat Villepin sort de son bureau va il revient avec des ciseaux des ciseaux et seigneur et il y a quand même un ministre d'état étranger et nous sommes là où réside la France l'Elysée la France pas simplement le président de la république française c'est la France et j'ai assisté à ce spectacle à nul autre il paraît que je ne voudrais jamais revivre pour la dignité de mon pays et les deux hommes retournent les quatre djembe et Villepin de couper le cordage de retourner le djembe et l'argent dévale ils ont ouvert les quatre djembe il y avait donc une masse d'argent de billets dans le bureau du président de la république du nom du secrétaire général de l'Elysée mais enfin il est là le président le président c'est la France monsieur on peut ne pas aimer Macron Macron c'est la France on peut ne pas aimer Hollande Hollande c'est la France on peut ne pas aimer Sarkozy Sarkozy c'est la France et demain ça sera quelqu'un d'autre ou quelqu'une d'autre et là on a vu un flot de billets de 5 dollars 5 et Chirac de dire mais qu'est-ce que je vais faire de tous ces billets de 5 dollars il faut les changer et alors là j'ai vu le regard de l'hôte étranger j'ai dit monsieur le président le ministre d'état voudrait retourner à l'ambassade je crois que j'ai fini ma mission nous allons rentrer et j'ai laissé monsieur Chirac et Villepin devant une petite montagne d'argent en espèce c'est qu'est-ce que vous vous dites vous à son là j'ai eu honte vous aviez honte j'ai eu honte pour mon pays oui monsieur parce que quelques temps après au cours d'une autre affaire j'ai demandé à être interrogé par le pôle financier du tribunal de grand incense de Paris et j'ai raconté l'histoire des djembe il y avait le doyen du pôle financier qu'est-ce que vous avez ressenti maître je lui ai dit vous savez monsieur le doyen doyen du pôle financier monsieur le doyen j'ai eu honte pour mon pays parce que je tout le monde me sait gaulliste plutôt gaullien que gaulliste et j'ai eu j'ai eu mal pour la maison du général j'ai eu honte vraiment j'ai eu honte mais c'est une scène qui me fait rire mais
qui me fait rire de tristesse qui serait digne d'une comédie on pourrait l'imaginer dans un film d'une comédie c'est tragi-comique ce qui est intéressant c'est que vous dites que vous avez eu honte à ce moment là est-ce que quand vous allez voir le président africain que vous lui demandez de l'argent déjà dès ce moment là quand il vous dit c'est difficile pour mon pays pour le Burkina Faso actuellement c'est difficile est-ce que dès ce moment là vous dites quand même je viens d'une grande puissance je demande un pays qui a des difficultés je lui demande de l'argent c'est pas moi qui ai demandé je suis envoyé en mission mais c'est vous
qui parlez avec le président monsieur comprenez ma position je ne suis rien je suis un avocat un avocat j'ai eu une carrière africaine universitaire il m'était difficile de dire non au président de la république de dire non mais j'ai fait savoir un ou deux ans après la réélection de Chirac c'est là que j'ai dit à Villepin ça suffit il faut arrêter il faut arrêter j'ai même utilisé un autre terme je lui ai dit Dominique il faut arrêter de raqueter les gens moi je ne veux trouver quelqu'un d'autre moi je ne veux plus je lui ai dit trouver quelqu'un d'autre moi je ne veux plus et quand il y a eu le scandale de 2005 entre lui et moi au pavillon de musique de Matignon j'ai été sauvé par Sarkozy qui était candidat à la présidentielle Sarkozy qui n'a pas fait appel à des présidents africains non mais Sarkozy m'a dit Robert on t'a foutu un coup de pied au cul les Chiracains t'ont foutu un coup de pied au cul comme à moi d'ailleurs une fois qu'ils se servent de nous ils nous jettent et bien là tu es le bienvenu il t'est mis à l'intérieur tu es le bienvenu mais j'ai une chose à te dire je sais tout ce que ton père a fait pour le général pour monsieur Pompidou je sais tout ce que tu fais depuis des années et des années pour Jacques Chirac mais moi je ne veux pas un sou venu des états africains je ne veux pas un sou et je le répéterai jusqu'à la fin de mes jours c'est la phrase qu'il a prononcée je sais vous allez venir il y a le financement libyen qui arrive en janvier je ne m'occupais pas de ces pays là je ne m'occupais pas
non mais je sais que le financement libyen c'est quelque chose que vous ne connaissez pas forcément mais je n'allais pas forcément aller là-dessus
je m'en idée là-dessus
qui est ? moi
je vais vous dire une chose jeune homme excusez-moi de vous appeler jeune homme mais vous l'êtes vous êtes plus jeune que mes enfants vous êtes de l'âge de mes petits-enfants et je suis Saif al-Islam vous êtes d'accord je suis le fils de Muammar Kadhafi et mon père a été supplicié par une armée d'insurgés sous commandement des Nations Unies mais à la tête de ce commandement des Nations Unies il y a Sarkozy et David Cameron et je sais on dit que mon père a financé la campagne de Sarkozy à hauteur de 50 millions de dollars vous êtes d'accord c'est le fameux virement de 50 millions de dollars mais dites-moi ça fait Kadhafi est parti il y a plus de 10 ans qu'est-ce qu'il attend où est-ce qu'il est le virement de 50 millions de dollars virer jeune homme 5000 francs 5000 euros virer 2000 euros il y a un justificatif 1000 euros il y a un justificatif c'est ce que je fais en direction de mes enfants et mes enfants bon et on parle de 50 millions de dollars les juges vont trancher ah non c'est à eux de dire le droit et de prononcer la peine si peine il y a et mais moi je suis saïf et l'islam Sarkozy dit qu'il n'a pas reçu de l'argent vous êtes d'accord il a supplicié mon père ou fait supplicier mon père vous croyez que je vais me taire moi j'aurais sorti depuis longtemps le virement la preuve du virement de 50 millions de dollars
pour vanger son père
je l'aurais sorti depuis longtemps vous si ce virement existait ça c'est mon analyse attention c'est au juge au magistrat de dire le droit attention mais c'est mon j'ai le droit d'avoir une analyse mais qu'est-ce que j'attends pour sortir le virement qu'est-ce qu'il attend saïf et l'islam saïf et l'islam qu'est-ce qu'il attend pour venger son père et sortir le virement de 50 millions de dollars donc pour vous il n'y a pas eu de virement puisque c'est mon analyse
parce que moi
je me mets à la place de saïf et l'islam saïf et l'islam toucher monsieur un cheveu de mes enfants et de mes petits-enfants encore plus vous entendrez parler de moi alors là non mais c'est une image attention je sais bien
je m'en amuse moi je sais que
Sarkozy n'a jamais reçu un sou un sou des états africains un sou
justement pour parler Nicolas Sarkozy ce qui est intéressant aussi dans votre bouquin vous racontez la première fois que vous l'avez rencontré et vous dites que vous avez anticipé qu'il deviendrait président vous vous êtes dit lui il va devenir président comment est-ce que vous le dites à posteriori
non non non j'ai fait la connaissance non non non je vois à quel passage de mes mémoires vous faites allusion j'ai fait la connaissance de Sarkozy en 82 c'était l'homme qui montait au RPR et moi je venais d'être nommé chargé de mission du RPR mais pour toute l'Afrique et j'étais en poste à Bidjan je reçois un message de la secrétaire particulière de monsieur Chirac président du RPR le président du RPR qui s'appelle Jacques Chirac c'est pas Eric Ciotti attention c'est pas je ne sais même pas qui est le patron
je ne sais même pas
qui est le patron des républicains où est-ce que le RPR
il faut expliquer il y a eu le RPR l'UMP puis maintenant les républicains donc c'est la droite
c'est même pas qui est le patron des républicains vous vous rendez compte moi qui ai milité 50 ans enfin je suis orphelin de Sarkozy depuis son départ mais on a eu une réunion au siège du RPR dont le président était Chirac en même temps maire de Paris on avait rendez-vous un jour à 16h j'étais en poste à Bigeon je suis arrivé je suis allé déjeuner je suis venu un peu plus tôt que 16h à la réunion et je monte à l'étage présidentiel du 123 rue de Lille de M. Chirac la secrétaire savait que j'étais un ami de M. Chirac elle me dit assieds-toi là M.
Chirac n'est pas arrivé il va arriver dans une demi-heure mais assieds-toi là et j'entends j'entends quelqu'un parler et la voix venait du bureau du président du RPR et je dis mais tu es sûr que M. Chirac n'est pas là ? elle me dit mais il serait passé par là il ne peut pas passer par là elle me dit non c'est Nicolas Sarkozy qui est dans le bureau qu'est-ce qu'il fait dans le bureau de M. Chirac ?
elle me dit c'est Sarkozy et qu'est-ce que je je me lève je toc toc toc à la porte entrez entrez je rentre il était assis dans le bureau du président sur le fauteuil le président des repères c'est une chose dans le bureau de Chirac attention Chirac c'était pas n'importe qui dans le bureau de Chirac mais dans le fauteuil derrière le bureau je lui dis Nicolas qu'est-ce que tu fais là ? il me dit un jour je serai président comme ça il dit ça ah oui je lui dis oui pourquoi pas pourquoi pas je lui dis mais t'es gonflé il me dit oui et même si M. Chirac me trouve là il me dira rien
mais dans votre livre vous êtes plus certain vous lui dites que tu le seras pas tout de suite sois patient quelque chose comme ça je lui dis
ça m'étonnerait pas je lui dis ça m'étonnerait pas tu le dis ça m'étonnerait pas mais je lui ai dit ce que je n'ai pas mis dans le livre je lui dis t'es gonflé Nicolas je lui dis quand même t'es gonflé être assis dans le bureau ça va mais dans le fauteuil du président du RPR qui s'appelle M. Chirac pas Ciotti attention M. Chirac et enfin voilà il y a quelque chose en lui je vous assure
c'est ça que vous avez ressenti
c'est quelque chose il a toujours dégagé il s'est toujours dégagé de cet homme une sorte d'orin mais c'est vrai ce que je vous dis c'est une ambition mais ça déborde ça déborde moi vous savez j'ai des repères j'ai fréquenté tellement de grands hommes j'étais membre du premier cercle de Nicolas Sarkozy avant l'arrivée de Nicolas Sarkozy après qu'il ait quitté l'Elysée attention après qu'il ait quitté l'Elysée il était patron et il y avait ce qu'on appelle le premier cercle j'étais membre du premier cercle et il y avait le bruit vous savez comme les étudiants dans une salle de classe avant l'arrivée du maître ou du professeur dès que Sarkozy rentrait un silence sépulcral tout le monde s'écrasait ça cet homme impose le respect
on en retrouve aujourd'hui d'autres aujourd'hui est-ce qu'il y a d'autres personnalités politiques qui imposent autant le respect que Nicolas Sarkozy comme vous le dites ça n'existe plus chez nous ça n'existe plus
non moi je le dis objectivement il n'y a plus de Sarkozy ça a été le dernier je n'en vois pas je les connais tous il y en a un à plus d'un je vous assure c'est pas parce qu'il est premier ministre c'est Michel Barnier que j'ai connu quand je militais il était là il faisait partie des cadras à l'époque même des des trentenaires et je me rappelle un jour j'étais dans le bureau de Chirac président de la république et Michel Barnier était dans la salle d'attente je l'ai salué et tout il était ministre de Chirac et le lucier me dit vous êtes attendu par le président donc je rentre et il discute avec monsieur Chirac et à la fin de l'entretien il me dit il y a quelqu'un qui attend je lui dis il y a Michel Barnier qui est là vous le connaissiez Robert je lui dis oui je l'ai connu quand on militait au grand messe du RPR il me dit c'est un homme très bien Robert c'est un homme que je respecte c'est un homme que j'estime et c'est un homme que j'affectionne j'ai une mémoire on dit de moi que je suis hypermnésique je me souviens c'est un homme que je respecte c'est un homme que j'estime et c'est un homme que j'affectionne et aujourd'hui je ne vois d'autre que Michel Barnier et s'il devait y avoir une candidature unique en 2027 j'invite les quinquas et les sexagénaires de la droite à s'unir derrière Michel Barnier franchement c'est le seul qu'à droite vous parlez de la droite à gauche de la droite dites-moi à gauche à gauche excusez-moi ils ont eu un extraterrestre qui s'appelle Mitterrand mais alors un extraterrestre qui dominait Chirac de combien je ne sais pas plus charismatique que Jacques Chirac ah oui j'étais conseiller politique du ministre de la coopération donc j'assistais au sommet France-Afrique et Mitterrand était président de la république Chirac était premier ministre j'étais derrière avec le ministre de la coopération quand Mitterrand rentrait attention le silence des 40 chefs d'état africains silence sépulcral et je revois cette scène où Mitterrand a ouvert donc la réunion du sommet franco-africain c'était c'était une grande messe attention et je le revois encore se tournant vers Jacques Chirac qui était son premier ministre que pensez-vous monsieur le premier ministre vous savez que pensez-vous monsieur le premier ministre Jacques Chirac comme un pénitent comme un pénitent monsieur le président ça s'est signé ça s'est signé l'extraterrestre et depuis Mitterrand il y a eu un homme à gauche vraiment qui avait quelque chose Jacques Delors Jacques Delors imposait le respect il ne cherchait pas à l'imposer il imposait le respect je me suis retrouvé une fois à un restaurant où il y avait monsieur Delors et j'étais avec un ami avocat de gauche il est allé le saluer respectueusement c'était après la renonciation de Delors à la présidentielle il m'a dit viens j'ai dit à monsieur Delors que tu étais je suis allé le saluer respectueusement il se dégageait de ce monsieur Delors quelque chose que je n'ai plus retrouvé à gauche depuis Mitterrand c'est important le charisme ça s'appelle le charisme
justement sur François Mitterrand et même Jacques Chirac il y a quelque chose qui m'a intéressé dans votre livre je ne l'ai pas vu on en est parlé ailleurs c'est le rapport aux forces occultes vous racontez une scène assez incroyable de Jacques Chirac il y a un marabout qui vient voir Jacques Chirac qui lui prend les mains lui fait des prières vous reconnaissez des passages du Coran et Jacques Chirac dit au président africain qui lui a envoyé le marabout si ça marche je t'appellerai je te remercierai il y a eu deux scènes
une en 88 Jacques Chirac était candidat premier ministre de Mitterrand mais candidat aux élections de mai 88 et Bongo lui avait envoyé un marbre que j'avais installé moi personnellement dans un hôtel près de la place Beauvau cet hôtel existe toujours d'ailleurs et je l'ai conduit à monsieur Chirac ils ont fait connaissance l'homme l'a interrogé le vieil homme l'a interrogé et tout et tout et tout il lui a dit je vais mon fils je vais faire le halwa le halwa c'est une élévation mystique où le marabout un symptôme attention c'est pas le marabout du métro qui vous donne le qui vous guérit du cancer et de toutes les maladies le chagrin d'amour le billet de l'auto le numéro de l'auto et j'ai reconduit après l'entretien avec le candidat Chirac j'ai reconduit le marabout à son hôtel pour faire le halwa le halwa on le fait le jeudi soir la veille du vendredi c'est le jour sacré pour les musulmans le vendredi le halwa où il est seul c'est l'élévation mystique et le le lendemain donc vendredi vendredi soir avec le marabout et Jacques Faucard nous allons voir monsieur Chirac à la mairie de Paris il était premier ministre mais il nous recevait le soir à son bureau de maire de Paris et le gars lui dit monsieur Chirac lui dit alors papa qu'est-ce que ça a donné les prières cette nuit il dit à mon fils tu vas perdre il dit comment je vais perdre il dit tu vas perdre tu vas perdre c'est c'est le président qui va passer monsieur Mitterrand va passer mais toi tu vas perdre et Jacques Chirac d'interpeller monsieur Faucard qui était présent il lui dit ceci Jacques mais vous entendez ce qu'il dit il dit oui j'entends mais vous y croyez il dit vous savez monsieur Jacques les sondages de monsieur Pascouin qui était ministre de l'intérieur j'ai toujours observé beaucoup de réserve vis-à-vis de sondages que vous donne Jean Pascouin moi je pense que vous allez perdre Jacques Chirac a perdu et en 95 le même président Bongo envoie le même homme le même marbout même accueil je l'installe et on va il lui dit alors papa cette fois-ci il dit mon fils tu vas gagner il dit mais papa je suis à 14% rappelez-vous baladure caracolé en tête à tel enceinte que Nicolas Sarkozy qui était le ministre du budget de baladure avait dit le candidat baladure va être élu au premier tour or il a été battu et il lui dit non tu vas gagner moi je sais pas 14% je connais pas tout ça mon fils mais je sais que la prière m'a dit que tu allais gagner alors il me regarde je lui dis monsieur le président monsieur le maire pardon monsieur le maire moi je crois dans ce qu'il dit rappelez-vous en 88 il vous a dit que vous alliez perdre là il vous dit que vous allez gagner moi je pense que vous allez gagner mais Robert mais je suis à 14% monsieur le maire vous allez gagner je sais alors il dit à Faucard il dit Jacques et vous il dit moi je crois ce que vous dit le marabout Jacques vous allez gagner je lui dis à ce moment là monsieur le maire une fois élu le premier coup de fil monsieur le maire ça sera pour Omar Bongo il a été élu à la surprise générale et le premier coup de fil qu'a donné le président élu ça a été pour Omar Bongo ça c'est des scènes que je ne peux pas oublier je les ai vécues ma vie a été passionnante
passionnante je vois ça c'est pour ça que je vous pose des questions il y a une question qui me vient aussi c'est est-ce que vous avez pas eu le sentiment quand vous avez reçu l'argent des présidents parce que les présidents français les dirigeants français vous demandaient d'aller chercher l'argent en Afrique est-ce que vous avez pas eu le sentiment à certains moments d'avoir trahi des présidents africains en tant que représentant de la France je pense notamment à l'épisode avec Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire quand il l'aide pour la campagne en 2002 si je ne dis pas de bêtises et a posteriori la France là cette fois-ci c'était Nicolas Sarkozy en tant que président ne lui apporte aucune aide dans le cadre de l'élection présidentielle qu'il a alors le conseil constitutionnel de Côte d'Ivoire disait qu'il avait gagné un autre conseil indépendant disait qu'il avait perdu et la France ne l'aide pas à ce moment-là est-ce que vous avez le sentiment justement de l'avoir trahi
la question la question m'a été posée par mon ami de France 24 Perelman Marc Perelman m'a posé à peu près la même question que vous je lui ai dit que je me suis senti complice d'une trahison mais je n'ai rien pu faire je n'ai rien pu faire tout ce que je pouvais faire pour Laurent Gbagbo je l'ai fait je l'ai conduit à Sarkozy à New York je l'ai conduit à Sarkozy à Lisbonne j'ai tout fait pour lui du temps de Sarkozy mais le complot avait commencé déjà du temps de Jacques Chirac et de Villepin le complot contre lui ? contre Gbagbo il faut monter en France ?
oui j'ai lutté contre eux il y avait en face de moi monsieur des forces obscures qui me dépassaient c'est de beaucoup le lobby du café le lobby du cacao mais le lobby mondial du lobby café, cacao les institutions financières internationales la banque mondiale le FMI ils ne voulaient pas de Gbagbo et je n'ai rien pu faire complice je l'ai été mais je me rappelle je me rappelle qu'à la veille du sommet de Marcoussi la réunion de Marcoussi du temps de Chirac j'avais prévenu Laurent Gbagbo je lui ai dit ne viens pas à Marcoussi c'est un traquenard qui t'attend le piège va se refermer sur toi envoie les paîtres tous il ne m'a pas écouté content sur son courage il est venu au sommet de Marcoussi et c'est là qu'on a voulu le transformer en reine d'Angleterre ce qui s'est passé à Marcoussi ?
on l'a obligé à constituer un gouvernement à se dépouiller de la plupart de ses attributions présidentielles et la France la France a appuyé Compaoré dans son projet de déstabilisation et du renversement de Laurent Gbagbo parce que tous les rebelles conduits par Guillaume Soro étaient entraînés au Burkina Faso partaient du Burkina Faso et à un moment donné il y avait présence française à Boaké et les autorités françaises de l'époque Jacques Chirac et Villepin surtout Jacques Chirac avaient demandé aux militaires français qui étaient au milieu du pays de laisser passer les rebelles
vous voyez
et Laurent Gbagbo n'a rien pu faire mais je l'ai défendu franchement j'ai pas réussi mais je l'ai défendu jusqu'au dernier jour puisque j'ai dit à Sarkozy dans son bureau j'ai dit Nicolas s'il te plaît le conseil constitutionnel qui chez nous sacralise et sanctifie le président élu a déclaré que Gbagbo était élu il me dit non mais la CENI dit que c'est Ouattara je lui dis mais la CENI n'est rien c'est le conseil constitutionnel qui a dit il a dit non je lui dis il n'accepte pas tout ce que tu l'as voulu proposer professeur 30 millions de CFA par mois il n'en veut pas et à ce moment là il a il a bondi de son fauteuil et il a prononcé cette phrase atomique je vais le vitrifier et c'est ce qu'il fit deux jours ou trois jours après et là
c'est pour Laurent Gbagbo vous qui étiez proche des présidents africains est-ce que vous discutiez avec eux de leur peuple qui dirigeait est-ce que la pauvreté de certaines personnes qui vivaient justement dans ces pays là ça affectait ces présidents là est-ce qu'ils œuvraient pour leur peuple où ils étaient très peu concernés en réalité
moi j'ai une chose à vous dire très souvent je disais à Sassoon Guesso je disais à Omar Bongo vu ma proximité avec eux mais les liens que j'avais avec eux vous savez l'amitié exige la vérité souvenez-vous de ce que je vais vous dire notez-le bien Bongo m'a dit ceci un jour Omar Bongo il m'a dit Fisson comme il m'appelait ma mère nous a appris une chose mémorise-la bien je dis quoi papa dis toujours la vérité à un ami car du jour où tu la lui caches c'est que déjà quelque part tu commences à le trahir j'ai toujours dit la vérité au chef d'état je leur ai dit à Sassoon je l'appelais Denis il n'y a pas d'hôpitaux dans ton dans ton pays il n'y a pas de route il n'y a rien je suis allé faire un tour à l'université en ville il n'y a rien il n'y a pas de banc il n'y a pas de vitre il n'y a rien tu perds ton temps chef il m'a appelé chef il m'a toujours appelé chef mais tu perds ton temps chef j'ai dit la même chose au président Bongo je leur disais mais je n'ai jamais je dois l'avouer je n'ai jamais agi dans le sens d'utiliser cet argent pour faire autre chose de penser à leur pays je n'ai jamais agi mais j'en ai pris conscience sur la fin mais je dois avouer humblement que je n'ai pas fait ce que j'aurais dû faire c'est pour ça
que vous avez écrit ce livre et que vous racontez tout ce qui s'est passé je raconte tout c'est pour vous confesser pour
sorte de confession ou sorte aussi de comment vous dire de soin de soin affectif que je me donne ça fait du bien de raconter ce qu'on a il ne faut pas garder c'est comme si vous alliez chez le psychanalyste il faut tout lui raconter au psychanalyste
moi j'ai fait ma confession psychanalytique est-ce que la France ce sera ma dernière question est-ce que la France et l'Afrique aujourd'hui peuvent rester amis et garder de bonnes relations ou c'est terminé je le souhaite
je le souhaite ardemment si je puis faire quelque chose je le ferai mais à mon âge c'est trop tard mais je demande à ceux qui nous dirigent en France de s'adapter au mouvement général du monde et de de ne plus s'attacher aux chefs d'état qui gouvernent leur pays de manière autocratique quasi dictatoriale vous voyez et d'essayer d'user de leur influence pour les amener à ne pas rester éternellement au pouvoir et surtout de s'appuyer sur la jeunesse parce que la jeunesse en Afrique c'est 65 à 70% des populations et c'est la jeunesse qui est dépositaire de l'avenir de ces pays c'est en elle que se trouvent les ressources intellectuelles les ressources matérielles l'intelligence naturelle et économique et scientifique il faut il faut aussi que les richesses les matières premières qui sont exploitées par les grandes puissances moi ce qui m'intéresse c'est la exploité par la France qu'elles soient ces ressources naturelles soient transformées en Afrique c'est à dire que ce soit des entreprises africaines qui gèrent l'exploitation exactement et ça aide d'abord c'est le plein emploi de les comment vous dire les consortiums français c'est dans l'intérêt de la France apprennent apprennent aux populations africaines à maîtriser la transformation c'est ça qu'il faut je vous assure que si cela se faisait il y aurait moins d'immigration sauvage il y aurait moins les africains sont plus heureux chez eux sont plus heureux mais à condition qu'on les forme qu'on les forme on les forme pas on prend le pétrole on prend le cacao on prend le café on prend les matières premières et on l'exporte en France non je dis non il faut il faut initier instruire les populations africaines c'est la France de le faire bien sûr c'est la France qui exploite ses richesses elle en profite mais elle en fait profiter aussi les états c'est ça la solution de l'avenir est-ce que nos dirigeants vont entendre cet appel mais on a intérêt à le faire et c'est une forme vous voyez si on le faisait ça serait se faire pardonner un certain passé qui a été un passé que je qualifierais que l'on me pardonne cette expression de criminel ce que l'on a fait pendant 50 ans ça ne devait pas être fait merci beaucoup Robert Bourgu c'est moi qui vous remercie et ça m'a fait plaisir de m'adresser à des jeunes je vous remercie
de m'adresser de m'adresser de m'adresser