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Podcast / conversationFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 25 juillet 2023 9 minComplaisantDivertissementCulture, médias & sport

Kheiron à l’improviste

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 90 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:08OuverteRéponse directe

    De quoi est-ce que vous voulez parler aujourd'hui ?

  • 0:23OuverteRéponse directe

    Vous vous êtes mis au centre de ce spectacle justement ?

  • 1:17OuverteRéponse directe

    Quel rapport vous avez avec ce public ?

  • 1:28OuverteRéponse directe

    Vous nous avez reproché d'être passé dans le spectacle.

  • 3:03OuverteRéponse directe

    C'est une technique classique de rebondir sur les bides ?

  • 4:15OuverteRéponse directe

    C'est quoi ces ficelles ? Elles sont pré-écrites ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:37PrésentateurFait
    « Je vais chercher des profils, des situations, je crée des personnages avec eux. »
  • 0:47PrésentateurFait
    « À la fin quand on sort, ma grande fierté c'est que je mets toujours une photo sur les réseaux. »
  • 4:22PrésentateurFait
    « Plus on joue quelque chose, plus on est prêt. »
  • 4:28PrésentateurFait
    « Quelqu'un qui arrive en retard, quelqu'un qui se lève et qui part et qui revient, quelqu'un qui se lève et qui part tout court. »
  • 4:43PrésentateurFait
    « Je crée des blocs, des passages. Et quand j'arrive sur scène, je sais comment je commence, je sais comment je finis et je ne sais pas ce que je fais au milieu. »
  • 4:58PrésentateurFait
    « Pour moi, pendant une heure, tu as le droit à un bide. »
  • 6:48PrésentateurFait
    « Et je lui dis, ok, bon, toi, ce soir, c'est toi le boss des plus bêtes. »
  • 6:55PrésentateurFait
    « Il dit, c'est le maire de la ville. »
  • 8:24PrésentateurFait
    « Je considère que la scène, c'est mon sanctuaire. »
  • 8:29PrésentateurFait
    « C'est le dernier endroit où la liberté d'expression est totale. »

Temps de parole

  • Présentateur60 %
  • Invité30 %
  • Locuteur non identifié10 %

2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Culture, les matins d'été, Quentin l'a fait.

0:05
Invité

Bonjour Kéron, ça va et vous ? Très bien. De quoi est-ce que vous voulez parler aujourd'hui ? Ce que vous voulez, je vous suis. Comme vous êtes le roi de l'improvisation, c'était dit que c'était à vous de décider du sujet qu'on évoquerait ce matin. Vu que je suis là, autant parler de moi, mon culte, ma gloire et mon héritage. Oui, c'était tellement trop de ski comme délire. Vous vous êtes mis au centre de ce spectacle justement ?

0:26
Présentateur

J'ai l'impression d'avoir mis le public au centre. J'ai l'impression d'avoir créé, enfin j'ai essayé de créer une soirée unique. Et le concept c'est que le spectacle n'est pas que sur scène mais dans toute la salle. Donc on est deux, il y a moi et le public, le blog public. Et chaque soir je vais chercher des profils, des situations, je crée des personnages avec eux. Et à la fin quand on sort, ma grande fierté c'est que je mets toujours une photo sur les réseaux. Et il y a toujours des commentaires, il y a plein de références, il y a une trentaine de personnes identifiées. Et la soirée continue après. C'est vraiment, c'est un duo.

1:01
Invité

C'est ça qui est frappant quand on vient vous voir à l'Européen, à Paris. C'est que vous jouez entièrement avec le public auquel vous faites face. C'est un public qui est extrêmement divers du point de vue religieux, social. On le découvre puisque vous vous interrogez ce public en continu. Quel rapport vous avez avec ce public ? C'est un rapport que j'ai trouvé parfois, si ce n'est de défiance, du moins vous voulez challenger à l'Européen, vous voulez challenger un peu. Oui, je suis sincère, vous êtes venu samedi c'est ça ? Je suis venu samedi, vous nous avez reproché, pour expliquer aux éditeurs, vous nous avez reproché d'être passé dans le spectacle.

1:33
Présentateur

Parce que la veille en fait, ils étaient tellement à fond et alertes et présents et disponibles intellectuellement. Et que le lendemain, c'était un peu un chouïa plus mou. Vous vous êtes déçu alors ? Pas déçu, parce que je n'ai pas d'attente. C'est pire alors ? Non, je suis honnête. Je suis honnête avec mon public. Ça veut dire que s'ils sont super, je leur dis que vous avez été super. S'ils sont mous, même parfois je me suis arrêté au milieu en disant, il y a un problème les amis là, c'est nul ce qui se passe. Donc je ne sais plus c'était quelle ville, j'ai fait 300 kilomètres pour venir vous voir. Qu'est-ce qui se passe ?

Si vous n'avez pas envie d'être là, est-ce que vous avez tous été invités ? Est-ce que vous êtes des figurants payés par la prod pour me faire croire que j'ai un public ? Donc j'ai commencé à les faire rire, etc. Et à un moment donné, ils se sont repris. Et voilà, c'est un échange. Et le public s'est repris. Ils sont repris, on a passé une meilleure soirée. Donc moi je suis honnête avec mon public, s'ils n'aiment pas, ils n'aiment pas, ce n'est pas grave.

2:24
Invité

Et votre talent impressionnant, c'est évidemment l'improvisation, je voudrais vous faire réagir à ce son.

2:30
Locuteur non identifié

Il y a aussi tout un travail rhétorique, qui est qu'en fait on n'a jamais l'impression que c'est écrit, que ça a été pensé avant, que c'est vraiment sur le fil de la performance en fait, qu'il est en train d'improviser. Et c'est comme s'il avait une sorte de conversation avec des gens qui étaient à table en fait, et que c'était le convivre le plus drôle, le plus intelligent, le plus brillant de la table. Et c'est comme ça qu'il travaille son stand-up. C'est pour ça qu'il y a des écleurs, c'est qu'on a toujours l'impression qu'on peut le faire en fait, que chacun peut le faire. Ce qui n'est pas du tout le cas, c'est un énorme travail.

D'abord, il faut assurer une présence sur scène qui n'est pas évidente. Et après, c'est un énorme travail de rythme en fait, comment utiliser les rires, comment utiliser les blancs et comment utiliser les bides aussi. Parce qu'il y a des bides, forcément ça ne marche pas toujours. Et comment on rebondit sur un bide, comment on n'est pas enfermé dans cette toile d'araignée du bide. Parce que le public, il a des réactions et il faut utiliser ces réactions-là dans le stand-up.

3:26
Invité

Les deux critiques de cinéma, Steve Kreef et Guillaume Aurignac interrogés par Romain Devec de Lièvre sur France Culture et qui évoquent les techniques de Lenny Bruce, roi du stand-up américain, maître de l'impro. Il y a aussi des bides qui rentrent dans votre spectacle, mais vous les utilisez pour rebondir, c'est une technique classique ?

3:44
Présentateur

Déjà, Lenny Bruce, pour moi, je pense que c'est même l'inventeur du stand-up, entre guillemets. Incroyable parcours. Et c'est exactement ça. C'est le fait de, ce que j'essaie de créer, c'est une soirée sincère. Et donc, dans une soirée sincère, il n'y a pas d'effet. C'est-à-dire qu'on doit donner la sensation que tout est arrivé naturellement. Alors qu'on a des ficelles pour arriver exactement là où on veut arriver. C'est quoi ces ficelles ? Elles sont pré-écrites, écrites, pensées en avance ? C'est de la répétition. Plus on joue quelque chose, plus on est prêt. Après, je sais que j'ai plus ou moins des blagues pour tout type de situation.

Quelqu'un qui arrive en retard, quelqu'un qui se lève et qui part et qui revient, quelqu'un qui se lève et qui part tout court. Des gens qui s'embrouillent, des gens qui sont trop contents d'être là. Il y a 200 situations et à force de jouer, je crée des blocs, des passages. Et quand j'arrive sur scène, je sais comment je commence, je sais comment je finis et je ne sais pas ce que je fais au milieu. Et ça dépend de ce qui se passe dans la salle. Mais naturellement, je ne demande pas au public de me donner une idée juste par rapport à ce qui se passe. Et le bide, effectivement, c'est humain de faire un bide, ce n'est pas grave. On a le droit à un bide sur scène.

Pour moi, pendant une heure, tu as le droit à un bide. Un bide maximum sur scène, Karon ? C'est la limite que vous fixez ? Oui, parce que tu peux en rigoler une fois, tu ne vas pas en rigoler trois fois. Après, ça devient un manque de professionnalisme. Mais tu as le droit à... Et puis, quand tu improvises, tu es obligé d'aller chercher des... Le rire, c'est la surprise. Pour faire rire quelqu'un, il faut le surprendre. Mais on ne connaît pas les gens en face. Ils n'ont pas les mêmes sensibilités. Donc, à un moment donné, on tente des choses. Ça passe, tant mieux. Et parfois, ça ne passe pas. Et si ça ne passe pas, ce n'est pas grave. On n'est pas méchant. On a tenté un truc pour faire rire.

Ça m'est déjà arrivé de dire... Ah, ok, bon, là, c'est... Donc là, c'est votre limite ce soir. Et de tenter, après, d'aller plus loin, de repousser cette limite encore plus loin. Parfois, ça marche, parfois, ça ne marche pas. Non, vraiment, ils n'ont pas envie d'en rire.

5:40
Invité

Vous avez joué ce spectacle plus de mille fois, Karon. C'est ce que vous... Juste à l'européen, oui. Juste à l'européen. Est-ce que vous pouvez nous raconter cette anecdote que vous relatez, qui s'est passée en 2013, lorsque l'un des spectateurs arrive avec 45 minutes.

5:54
Présentateur

Non, je la garde pour la scène. Vous la gardez pour la scène ? Oui, parce que celle-là, c'est un de mes classiques. Je l'ai racontée le lendemain sur scène. Et ça a tellement marché que je la raconte très souvent. Je peux vous en raconter d'autres, si vous voulez. Alors, une autre, c'est parti. Ok, j'en ai une que... C'est mon grand regret. C'est un soir où la caméra n'a pas filmé. C'est vraiment un de mes grands regrets. Je joue dans une ville, je ne sais plus où. Et ce soir-là, ils s'étaient concertés, on dirait, pour qui va être le plus bête. Mais je le dis en toute sincérité, je leur disais. Votre public était bête. Je leur disais. Chaque réponse, c'était...

Dès qu'il y en a qui parlaient, le QI général de la salle baissait d'un coup à chaque fois. Donc, je leur disais sincèrement, là. Je ne sais pas où je suis. Je ne sais pas ce que vous faites. C'est une expérience pour moi. Mais en toute honnêteté, ils rigolaient. Et donc, ça s'enfonce, ça s'enfonce. Et vers la fin du spectacle, il y a un mec en costume qui faisait des allers-retours au téléphone. Et il était dans son truc. Donc, quand je lui pose des questions, il répondait à côté. Et je lui dis, ok, bon, toi, ce soir, c'est toi le boss des plus bêtes. Les gens autour de lui rigolent. Et je dis, c'est quoi ? Je ne comprends pas la blague. Qu'est-ce qui se passe ?

Il dit, c'est le maire de la ville. C'était le maire de la ville ? Voilà, c'était le maire de la ville.

6:58
Invité

Évidemment, vous ne donnerez pas la ville.

6:59
Présentateur

Je ne m'en rappelle plus, pour être tout à fait honnête. Et de la caméra n'a pas marché ce soir-là. J'avais tellement la haine. C'était la soirée qu'il fallait mettre.

7:06
Invité

Il faut le dire aussi, je serais insincère, de ne pas le dire. Il y a certains moments dans votre spectacle, mais vous l'assumez comme tel, et vous allez nous expliquer pourquoi, qui sont proprement gênants. Et vous dites vous-même que la chaîne vous excite, que la gêne, pardonnez-moi, vous excite, vous grise. Qu'est-ce que ça vous procure, cette gêne ? Pourquoi vous aimez tant susciter de la gêne ?

7:23
Présentateur

C'est que sur scène, pas dans la vie. Dans la vie, j'ai régulièrement des groupes WhatsApp avec des potes qui m'envoient des vidéos gênantes. Je ne peux pas regarder. Je la regarde comme ça de travers. Dans la vie, je n'aime pas mettre les gens mal à l'aise. Sur scène, j'aime parce qu'il y a un public, et donc les rires, les gloussements au début du public me permettent, me donnent la légitimité de continuer et de faire en sorte de faire rire cette personne qui est gênée par ce qu'il s'est passé avant. Et quand on arrive à faire rire quelqu'un sur quelque chose qui le gênait, en vrai, on lui rend un service de fou.

7:54
Invité

En quelques mots, Kéron,

7:55
Présentateur

pourquoi votre spectacle s'appelle-t-il Dragon ? Pourquoi il s'appelle Dragon ? Parce que c'est dans le pitch, parce que dans la mythologie grecque, le dragon a un symbole particulier. Chaque civilisation a un lien particulier avec le dragon. Moi, j'adore cette bête mythologique. En Chine, c'est lié à la santé, au savoir. En Europe, au Moyen-Âge, c'est plus une bête féroce qu'il fallait combattre. Chez les Grecs, c'est un gardien de sanctuaire en général. Les quelques dragons mythiques sont des gardiens de sanctuaire. Et je considère que la scène, c'est mon sanctuaire. C'est le dernier endroit où la liberté d'expression est totale. Vraiment, c'est le seul endroit.

Et je suis le gardien, le garant de cette liberté d'expression. Et quand vient mon spectacle, on peut tout dire, on peut rire de tout.

8:38
Invité

En quelques mots, Kéron, si on veut venir vous voir prochainement sur scène, où est-ce qu'il faut se rendre ? À Paris et ailleurs en France ?

8:44
Présentateur

À Paris, c'est l'Européen jusqu'à août. Ensuite, à la rentrée, je passe à l'Apollo. Et je fais une tournée dans toute la France à partir d'octobre, je crois. Le mieux, c'est d'aller sur kéron.fr.

8:53
Invité

Kéron.fr, et puis on mettra les dates sur le site de France Culture. On conseille évidemment à toutes celles et ceux qui viendront d'être à la hauteur, parce que Kéron est un humoriste exigeant. En tout cas, merci beaucoup, Kéron. Et puis, je remercie également toute l'équipe des Matins de France Culture. Sous-titrage Société Radio-Canada