Municipales à Paris : récit d’une campagne mouvementée
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:30OuverteRéponse partielle
À quoi joue Donald Trump avec ce discours ?
- 3:30OuverteRéponse directe
Est-ce que Trump est coincé par sa guerre ?
- 5:30OuverteRéponse partielle
Sébastien Lecornu est-il coincé entre pression sociale et contraintes budgétaires ?
- 7:30OuverteRéponse directe
La ligne de Lecornu sur les surplus budgétaires est-elle lisible ?
- 9:30OuverteRéponse directe
La transition énergétique est-elle une solution à la crise actuelle ?
- 11:30OuverteRéponse directe
Comment expliquer la défaite de Rachida Dati ?
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On va parler des municipales dans la seconde partie du club puisqu'on reviendra sur un documentaire, un reportage réalisé par Public Sénat, par Quentin Calmet sur la bataille de paris il nous rejoindra mais d'abord actualité de cette nuit marquée par le discours de donald trump qui dit qu'il va continuer à frapper l'iran ça a des conséquences sur le prix du baril de pétrole et ça aura donc des conséquences à la pompe on va y revenir d'abord résumé du discours de donald trump avec flavie vellas c'est la première fois qu'il s'adresse à son peuple depuis le début du conflit cette nuit le président américain a affirmé sa détermination à poursuivre les attaques contre l'iran nous allons les frapper extrêmement durement au cours des deux à trois prochaines semaines nous allons les ramener à l'âge de pierre auquel ils appartiennent en continuant la guerre donald trump espère débloquer le détroit d'hormuz mais il invite aussi les pays dépendants du passage stratégique à agir par eux mêmes les états unis n'apportent presque pas de pétrole via le détroit d'hormuz et ils n'en importeront pas à l'avenir nous n n'avons pas besoin et les pays du monde qui reçoivent du pétrole via le détroit d'Hormuz doivent s'occuper de ce passage. Ils doivent le protéger, ils doivent s'en emparer et le protéger. Ils peuvent le faire facilement.
Alors que l'Iran a démenti la demande de cesser le feu annoncée par Donald Trump cette semaine, le président américain se félicite des interventions menées par son armée. Au 33e jour de conflit, il affirme être proche de ses objectifs. Au cours de ces quatre dernières semaines, nos forces armées ont remporté sur le champ de bataille des victoires rapides, décisives et écrasantes.
Des victoires comme peu de gens en n'ont jamais vu auparavant. Quelques heures après l'allocution du président américain, Israël affirme avoir été ciblé par une attaque de missiles iraniens. Et on y revient avec vous.
Bonjour Elisabeth Martichoux, merci d'être là et bonjour Michael Darmon, merci également d'être avec On attendait les discours de Donald Trump qu'on annonçait un peu décisifs. On s'attendait à de grandes annonces, un retrait éventuellement, un envoi de troupes. Finalement, il n'en a rien été.
À quoi joue Donald Trump D'abord, à quoi jouent les observateurs, je dirais ? Il va falloir revoir notre approche sur les discours qui arrivent. Un discours qui est annoncé est tout de suite désigné de manière mystérieuse comme comme décisif, intournant, où pendant des heures, on spécule sur ce qui va être dit.
Où en fait, quelque part, on prend un peu nos désirs pour des réalités. Et on voit quoi finalement au final Un discours d'étape, très important quand même parce qu'il ne s'est pas adressé aux journalistes français, il ne s'est pas adressé aux journalistes internationaux, il s'adresse aux électeurs américains. Il s'adresse à la société américaine qui ne comprend pas globalement ce conflit, qui voit bien que c'est en décalage avec le corpus politique qu'il a posé pour lequel il a gagné les élections et par rapport au scrutin qui s'annonce.
C'est-à-dire en mois de novembre, les midterms. Donc c'est tout. Il a fait un bilan d'étape pour ceux qui ne savent même pas placer la France ni l'Europe et encore moins le Moyen-Orient sur une carte, c'est-à-dire grande majorité des lecteurs de l'Amérique profonde, on le sait, et de ce point de vue-là, il leur donne des repères par rapport à un conflit qu'ils ne comprennent pas dans leur majorité et pour leur faire comprendre que quelque part, l'Amérique qui gagne reste encore le principe directeur.
Parce que l'opinion publique américaine elle est importante dans ce conflit pour Donald Trump c'est majeur, Elisabeth ? Oui alors sa base MAGA, la base républicaine est toujours derrière Trump. Mais c'est vrai que là, c'était la première allocution solennelle, en fait, depuis le début de la guerre.
Un chroniqueur a la question qu'a-t-il dit cette nuit ? La réponse est Rien. Rien qui n'est déjà dit, c'est-à-dire que l'Iran est vaincu et que l'Amérique est puissante.
Et qu'il faut maintenant s'attendre à une sortie de crise d'ici un peu plus de deux semaines. Et donc en deux semaines, à l'échelle de la communication de Trump, c'est deux siècles. Voilà.
Michael m'enlève les mots de la bouche. Mais ce que je veux dire, c'est que deux semaines, c'est demain. Et pour autant, pour Trump, ça lui permet effectivement d'envisager autre chose, un autre cap, une autre communication, puisque chaque jour apporte son lot de coups de de freins, d'accélérateurs, etc.
Donc il n'a rien dit. C'était quand même assez décevant. Et je pense quand même que ça montre, malgré tout, qu'il est coincé.
Et quand je dis qu'il n'a rien dit, de nouveau, sinon que ça montre que ce président américain aujourd'hui est quand même un peu coincé par sa guerre. Alors est-ce qu'il y en a un autre qui est coincé ? Il s'appelle Sébastien Loucornu.
Parce que le président américain, il n'a pas dit grand chose, mais quand même, ça a fait réagir les marchés, le prix du baril de pétrole remonte, ça aura évidemment des conséquences à la pompe. Est-ce qu'aujourd'hui, Sébastien Lecornu, il est aussi coincé entre des Français qui mettent de plus en plus la pression pour être aidés face à cette hausse des prix à la pompe ? Et puis une situation budgétaire de la France qui ne le permet pas ?
Il s'est piégé. Je ne comprends pas très bien. Pour le coup, le Premier ministre ultra-politique, Maude Bréjean était le week-end dernier sur LCI.
Elle a passé une heure à expliquer qu'il n'y avait pas de surplus budgétaire. Même à la question plus précise, mais il peut y avoir un à court terme qui en effet après avalé à moyen terme par une baisse de la consommation. Mais non, elle n'a rien lâché.
Et dans la nuit de mardi à mercredi, Sébastien Lecornu envoie une lettre à ses ministres en disant qu'on va communiquer sur le fait qu'il faut utiliser les éventuels surplus budgétaires pour amortir les prix des Français à la pompe. Les prix sont effectivement très rudes à encaisser dans des régions où on roule au diesel. Et si vous appliquez une carte des bas revenus en France, ça se juxtapose avec l'utilisation du diesel qui n'a jamais été aussi haut.
Il y a eu un pic dans la semaine considérable, même plus haut qu'en 2022. Donc pour les Français, c'est évidemment très rude. Et là, Sébastien Lecornu dit le contraire de ce qu'il a fait dire à ses ministres, c'est-à-dire qu'il y aura d'éventuels surplus plus budgétaires, qu'il va utiliser comment ?
Il ne l'a pas dit, on ne sait pas, mais ils existent. Évidemment pour Marine Le Pen...
Plutôt sur l'électrification du coup. Est-ce que c'est le bouc de réchaîche ? Plutôt sur l'électrification, et il a raison, il faut accélérer la transition énergétique.
Mais les Français, c'est vrai, sur les 70 millions qui ont été débloqués il y a quelques jours pour aider ce passage de cap, c'est très ciblé, vous l'avez vu, pêcheurs, agriculteurs, gros rouleurs. Rien pour les Français qui ont des bas revenus et qui roulent au diesel. Je pense que progressivement, il va peut-être y avoir une réflexion quand même sur ce point parce que pour les bas revenus, honnêtement, c'est compliqué.
Est-ce qu'elle est tenable, cette ligne ? Et est-ce qu'à un moment, Sébastien Lecornuil doit s'adresser aux Français ? On ne l'entend pas.
On ne l'entend pas parce qu'il a décidé que c'était sa marque de fabrique et qu'il a bien vu que plus moins il paraît, il y a un petit syndrome, petite méthode Mylène Farmer. C'est-à-dire qu'en fait...
Alors oui ? Oui, c'est-à-dire qu'en réalité la popularité augmente avec le silence. Et c'est quelqu'un qui reste secret.
On aurait pu choisir d'autres exemples. Bah oui, mais en même temps, c'est ce qui me veut dire. C'est celui-là.
Donc voilà. Et c'est un choix de communication qui fait que le silence et d'autres l'avaient théorisé ailleurs, le silence permet à la fois de thésauriser de la popularité et en plus de créer l'événement lorsqu'on prend la parole. Un petit côté contre Emmanuel Macron, surtout.
C'est surtout ça parce que quand même, il doit vivre aussi un enjeu très particulier. C'est la fin de mandat d'un président qui va tout faire pour pouvoir imposer son héritage et sa marque de fabrique puisqu'il va terminer sa présidence, qu'il ne pourra plus se représenter et un Sébastien Lecorni qui doit quand même exister. Alors il a justement, selon un titre très juste que j'ai lu hier dans la presse, il a décidé justement d'être éclairé par l'ombre.
Et le fait que justement, moins ils parlent, plus on remarque qu'ils ne parlent pas. Et donc quelque part les Français disent oui mais c'est quelqu'un enfin qui travaille et qui s'occupe de nous. Alors maintenant par rapport à cette crise de l'essence, ce que disait Elisabeth très justement, si on peut superposer effectivement la carte non seulement des bas revenus et du diesel, et vous rajoutez une troisième carte qui correspond également, le vote RN.
C'est-à-dire qu'en réalité la vraie aussi je dirais inquiétude du gouvernement, et bien simplement c'est la raison pour laquelle ça va évoluer, c'est parce que on est bien entendu dans le débat présidentiel, et que la crainte de de voir quand même de plus en plus monter le vote RN, alors que certains sondages prétendent qu'une candidature du centre droite, éventuellement aujourd'hui incarnée par Edouard Philippe, pourrait battre le RN, reste une inquiétude politique et qui va très certainement déterminer les évolutions à venir. Quand je disais qu'il s'est piégé, il donne l'impression effectivement de changer, de donner un coup de volant par rapport à la communication. Est-ce qu'il l'a anticipée en se disant, je vais d'abord dire ça et puis je vais dire aux Français finalement qu'il y a un petit... pas une petite cagnotte, mais un surplus effectivement de TVA qui tombent dans les caisses de l'État.
Moi, je ne trouve pas ça très lisible. Mais il faut rappeler quand même quelque chose qui est vraiment fondamental, on n'a pas d'argent. Et ce n'est pas parce qu'il y a une crise internationale que les caisses se remplissent de façon particulière.
On a toujours 5 ,1 % de déficit. C 'est considérable. L 'équation est compliquée pour le gouvernement qui doit répondre à une situation internationale qui lui est tombée dessus, qui tombe sur l'ensemble des pays européens, qu'on doit gérer, mais nous, dans un contexte budgétaire qui est intenable.
Il va y avoir des évolutions, des adaptations et peut-être des changements piètes de cet ordre-là. Avant de vous faire réagir, Michael, on écoute le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou. C'était ce matin.
La crise économique qui est consécutive à ce qui se passe en Iran va coûter de l'argent au pays, notamment par les taux d'intérêt. Les taux d'intérêt vont monter. Vous savez que c'est quasiment le premier poste maintenant budgétaire de l'État.
Donc au grand total, les finances publiques vont perdre de l'argent bien sûr par cette crise économique. Ce sont des mauvaises et en plus de l'argent on s'y faut remettre il faut remettre pour aider les entreprises à traverser cette crise de manière ciblée et puis aussi il faut mettre de l'argent pour accélérer là il faut arrêter la dépendance aux énergies fossiles on le voit bien on est trop dépendant du pétrole on est trop dépendant du gaz il faut accélérer l'électrification de l'industrie l'électrification des usages et la programmation pluriannuelle de l'énergie va nous aider à le faire il a reçu l'élément de langage de Matignon, donc il le décline comme il faut. La réalité, c'est que ce sont des processus qui mettent 10-15 ans à trouver leur réalisation, leur concrétisation.
Donc, ce qui est toujours paradoxal, c'est que c'est dans les moments de crise aiguë que la solution du gouvernement, ce sont des politiques à long terme. Le problème, c'est que c'est bien joli d'annoncer les têtes de chapitre de la transition, mais cette crise révèle Et surtout, comme on le disait à l'instant, le problème de souveraineté. Il n'y a pas de marge de manœuvre, donc il n'y a pas de souveraineté.
Oui, alors l'étrification, pardon, elle va dans le sens de la souveraineté. Absolument. Donc elle prépare l l'avenir.
Mais la gestion du présent, elle est compliquée. Exactement. On va ouvrir pour terminer une page consacrée à l'élection municipale à Paris sur notre antenne.
Demain à 16h30, vous découvrirez un grand reportage sur la campagne dans la capitale pendant plusieurs Dûres semaines, notre journaliste, Quentin Calmé, a pu suivre les 5 principaux candidats. Alors comment comprendre la victoire d'Emmanuel Grégoire ? Comment expliquer la cinglante défaite de Rachida Dati avant d'en parler avec Quentin qui nous rejoint ?
On regarde un premier extrait de son reportage, c'est en coulisses avec Rachida Dati, on est début février. Depuis des mois, Rachida Dati a milité aussi en coulisses pour faire évoluer le mode de scrutin à Paris, Lyon et Marseille. Désormais, les habitants de ces trois grandes villes voteront directement pour leur maire, une stratégie qui personnalise bien plus le scrutin.
Voilà, je la voulais, je vais le présenter devant les électeurs. On va voir ce qu'ils décident. À un moment donné, on aura tout fait.
Moi, je fais campagne à fond les ballons, je vois tout le monde, on explique. C'est pour ça que moi, je ne voulais pas qu'on reste dans les couloirs à dire oui, mais si tu y vas, tu n'y vas pas, est-ce qu'on se maintient? ... ...
Vous nous avez rejoints. Bonjour. C'est votre reportage.
On découvrira demain. On a vu un extrait. C'est un des enseignements de ce reportage.
Rachid Alati a souhaité une l'évolution du mode de scrutin. Le maire est donc élu plus directement par les Français. Ça n'a pas été synonyme de victoire.
Ce qui est intéressant dans cet extrait, c'est qu'elle revendique ce changement du mode de scrutin. On savait, on avait lu les articles qui disaient qu'en coulisses, elle avait manœuvré, fait en sorte que cette modification du mode de scrutin se fasse bien malgré les crises politiques, malgré la dissolution. Elle avait vraiment tenu à ce que le texte aille au bout.
Et là, dans cet extrait, ce qui est intéressant, c'est qu'elle le revendique. C'est donc bien elle qui était à la manœuvre pour être directement comme cela, effectivement, confrontée directement au vote des Parisiens, ce qui est ce nouveau mode de scrutin puisqu'il y avait donc deux urnes pour les électeurs parisiens, lyonnais et marseillais, pour le maire d'arrondissement et donc pour la mairie centrale. Et de facto, ça a personnalisé l'élection du maire de Paris.
Est-ce que ce n'était pas la bonne stratégie ? En tout cas, c'était sa position. On l'a vu rencontrée à l'époque, justement, en début de campagne avec l'association de la presse présidentielle.
Et elle disait effectivement que la conséquence principale et l'avantage à ses yeux principal de cette loi, c'est qu qu'on allait éclater les baronnies et qu'on allait maintenant beaucoup plus se concentrer sur la personnalisation des têtes de liste. Et que, de ce point de vue-là, eh bien, elle était avantagée. Moi, ce qui m'intéresse aussi beaucoup dans cet extrait, c'est qu'au fond, elle admet que peut-être ça ne marchera pas.
Elle dit, ça marche, ça marche pas, on verra bien. On a bien, effectivement, le fatalisme que l'on connaît bien chez elle, mais où elle montre qu'on a fait ce qu'on a pu, elle dit aussi. Donc on sent bien que quelque part, à ce stade-là, je ne sais pas exactement à quel moment de la campagne s'était pris, mais on sentait déjà un doute qu'ils percevaient quand même.
Et Et elle admet que, bon, ben voilà, on a fait tout ce qu'on a pu, mais ça ne marchera peut-être pas. Le mot-ce fut là, elle avait raison. – Oui, ça lui a été un peu fatal, le fait de personnaliser autant le Est-ce que, Elisabeth, cette défaite, vous l'expliquez sur une équation personnelle de Rachida Dati ou elle s'explique autrement ?
En partie parce que votre reportage montre ce hiatus entre ce qu'elle a fait préalablement pour être la candidate, donc politiquement, législativement, si je puis dire. Elle s'est imposée où elle est, etc. Et puis, cette campagne, dans le fond, et je trouve que ça transparaît bien, où elle est là sans être vraiment là.
Elle dit, elle vous dit, moi, je parle aux Parisiens. Et dans le fond, quand on l'interrogeait sur ces éléments de programme, elle Elle n'était jamais très précise. Elle n'a jamais su vraiment vendre son programme.
Vous parlez de personnalisation. Oui, mais ça ne suffit pas. Et elle avait son énergie.
Ses équipes ne cessaient de dire « Elle est incroyable sur le terrain. elle est extraordinaire, etc. Mais en réalité, ce qui a été perçu par une ville où quand même le peuple de gauche entre guillemets est important, eh bien c'était plutôt les éléments de discours des opposants.
Elle a des affaires judiciaires, elle est LR et macroniste, etc. Et finalement, ça l'a nuit, effectivement. – Oui, et d D'ailleurs, Quentin, elle a refusé les débats Rachida Dati.
Ça l'agace quand vous lui posez la question. Oui, oui, je pose la question plusieurs fois dans deux séquences. On le voit dans le reportage, elle dit « Moi, je débat avec les Parisiens ».
Oui, et sachant que, paradoxalement, elle n n'ouvre pas ces débats avec les Parisiens et ses déplacements sur le terrain aux journalistes. Nous, on l'a sollicité son équipe, on l'a sollicité elle-même depuis le mois de janvier pour pouvoir faire ces fameuses rencontres, débats au plus près du terrain. Ça n'était pas des des déplacements ouverts aux journalistes uniquement à ce qu'elle voulait poster ensuite sur les réseaux sociaux.
Je crois qu'elle s'est dit qu'elle avait une renommée, qu'elle était comme ça très connue, qu'elle avait comme ça une notoriété qui serait un avantage parce qu'elle était identifiée comme la principale opposante à Anne Hidalgo. Et elle s'est dit avec 25 ans d'une majorité de gauche qui est essoufflée par aussi l'usure du pouvoir, ça sera suffisant. C'est cette image de première opposante à Anne Hidalgo qui va me permettre d'avoir un couloir pour moi.
C'est ce que vous dit Agnès Évren, d'ailleurs. Oui, il y a une soif d'alternance telle que, dans le fond, on est là, ça suffit. On rappelle quand même qu'il y a Il y a eu aussi le poison de la division à droite, qui est la nuit.
Et effectivement, on le voit aussi dans le reportage avec Pierre-Yves Bournazel, soutenu par Edouard Philippe, par Gabriel Attal. Ça a joué ? La salle d'alternance, ça a été je pense un concept qui a été posé mais qui ne correspond pas à la réalité.
Depuis le début, je me suis toujours posé la question de savoir dans quelle mesure Rachanati serait capable de pouvoir faire évoluer la sociologie électorale de Paris qui est très ancrée au centre-gauche, qui s'inscrit dans une évolution de gouvernance quand même d'une ville, après deux mandats d'une maire qui, en plus de manière souvent assez étonnante en réalité par rapport à ce qu'on connaît de la politique, a strictement appliqué son programme. C'est-à-dire que ce que l'on a vu avec la période d'Hidalgo, qu'il est de bon ton, de bâcher, mais ça de côté c'est du folklore. La réalité politique c'est qu'on a une maire qui a appliqué son programme.
Oui, alors ce qu'a dit lui-même Emmanuel Grégoire, quand même, c c'est qu'il y avait eu un problème de méthode dans l'application. Certainement. Eh bien ça a beaucoup compté et il en a fait, dans le fond, un sujet de différenciation.
C'est une manière pour lui de faire le droit d'inventaire, entre guillemets, méthode à la mode. Et utile. C'est sûrement utile, mais la réalité c'est qu'il y a eu une ville qui a été transformée.
On n'a pas vu de manifestation de parisiens en disant on veut revenir à la voiture et donc cette volonté d'alternance, moi je l'ai toujours questionné. Et à gauche justement on va entendre et ça c'est un extrait exclusif que vous avez réussi à avoir. Quentin, dans votre reportage, ce sont les premiers mots d'Anne Hidalgo immédiatement après l'annonce de l'élection d'Emmanuel Grégoire.
On regarde. À gauche, au même moment, on exulte. Vous attendiez un tel écart ?
Oui, absolument. Je confirme. Et qu'est-ce qui a joué selon vous ?
C'est le report de voies de Bournazel ? Non, c'est le rejet de Dati et le soutien à tout ce qu'on a fait jusqu'à présent, tu 25 ans à gauche à Paris, Emmanuel Grégoire s'accompagne. Emmanuel Grégoire, peu connu des Parisiens il y a encore quelques semaines, l'emporte finalement haut la main.
Il y a assurément un changement de mode de scrutin avec une personnalisation liée à ce mode de scrutin qui s'est retourné contre Dati. Dati a pensé que ça allait la ranger parce qu'elle était la plus connue, mais la réalité c'est que ce qu'elle incarnait, c'est-à-dire l affairisme, les parisiens n'en voulaient pas. Voilà, on voit à gauche, alors il parle du rejet de la personnalité de Rachida Dati, du bon bilan de la gauche, ça évidemment Anne Hidalgo ne pouvait pas dire autre chose.
Il y a eu quand même une bonne campagne d'Emmanuel Grégoire ou ça s'est joué uniquement sur ce rejet, enfin beaucoup en tout cas, sur ce rejet de Dati ? Ce qu'on a vu, c'était assez intéressant, on essaie de le raconter un peu dans le documentaire, c'est que pendant l'an d'un monstre de tour, Emmanuel Grégoire a eu très peur. On l'a suivi un déplacement avec Bertrand Delanoë et à ce moment-là, le fait que toute la droite se tourne vers Rachida Dati mais qu'à gauche il y ait le maintien de la candidature de Sofia Chikirou, ça fait très peur aux candidats à la candidatée à l'EFI, ça fait très peur à Emiliano Grégoire et même les équipes pensent qu'il a perdu parce que mécaniquement la division elle fait qu'il y a une dispersion des voies.
Et donc on les a suivis dans ce déplacement et on voit Emiliano Grégoire qui vraiment a du mal à sourire alors qu'il est avec Bertrand Delanoïd qui fait beau etc. Mais on le sent que c'est très lourd sur ses épaules et d'ailleurs pour la petite anecdote, ces équipes de campagne, ces attachés presse étaient derrière les journalistes, derrière les caméras et elle lui faisait des sourires comme ça elles essayaient de lui faire en sorte qu'il n'ait pas une tête d'enterrement quoi parce qu'à ce moment-là vraiment le camp de gauche a très très peur de cette division. C'est vrai que ce n'était pas évident pour lui.
Il y a une scène extraordinaire quand même à la fin de cette campagne sont les retrouvailles entre Anne Hidalgo et Emmanuel Grégoire. Quand il se tombe dans les bras, c'est inouï. Enfin on se dit mais de qui se moque-t-on ?
Mais Mais voilà, ça c'est la...
Bon, voilà, ce sont les miracles de la politique. Mais il y avait quelque chose comme une espèce de soulagement d'Anne Hidalgo. Si elle avait perdu, ça aurait encore assombré son bilan parce que malgré son bilan, il n'est pas absolument incontestable.
C'est le moins qu'on puisse dire. Il n'y avait peut-être pas une soif d'alternance, mais il y avait quand même un bilan très contestable. Donc que oui, mais cette scène, elle est compréhensible d'une certaine façon.
Et quand il est entré dans le bureau de l'hôtel de ville, nous raconte Lops cette semaine, il n'y a plus rien dans le bureau d'Anne Hidalgo. Sinon, un seul tableau avec un message un peu...
Et les clés ! Elle lui a donné les clés ! Ah bah quand même, oui !
Oui, effectivement, ça a été une très belle page de théâtre politique avec tout ce qu'il faut d'insincérité et de capacité de ces acteurs à jouer et être capable de dépasser quand même parce qu'on sait quand même la réalité de leurs relations et de ce qui pensent l'un sur l'autre et est-ce qu'ils ont pu jouer devant les caméras et avec cette trouvaille d'Anne Hidalgo qui est de dire je parle en premier, on a l'impression que c'était elle qui avait été élue. On se rappelait quand même que c'était plutôt Emile Grégor à côté. Et la scénographie de la clé est magistrale.
Et c'est vrai qu'on imagine quand même qu'elle était malgré tout plus soulagée de transmettre ça, cette clé, peut-être d'ailleurs que ça n'aurait pas eu lieu, à Grégoire plutôt qu'à Dati. – Quentin, un dernier mot, parce qu'on le dit, vous avez suivi les cinq candidats dans les coulisses. Vous nous avez un peu dit pour Ashida Detti, mais ça a été compliqué ?
Oui, oui, ça a été compliqué. Effectivement, l'idée, c'était de leur proposer de les suivre sur des déplacements. Et après, nous, on essayait de faire vif comme ça les coulisses pour qu'un peu le téléspectateur ait l'impression d'être au-dessus de l'épaule des Parisiens qui voient les candidats sur le terrain.
C'était tout l'enjeu d'être au plus près de la matière, c'est raconter la campagne de l'intérieur. Et ça donne un très beau reportage en immersion. Bataille de Paris, scène de campagne, c'est à voir demain à 16h30 sur notre antenne, réalisée donc par Quentin Calmé.
Merci Quentin, merci Elisabeth et merci Niquel d'avoir été avec nous. Désormais, on ne se retrouve plus le vendredi donc on ne se retrouve pas demain mais on se retrouve la semaine prochaine, mardi. Je vous souhaite un excellent week-end de Pâques.
Rachida Dati