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InterviewC à vous (sur YouTube)· 5 décembre 2022 52 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsEnvironnement & énergieSolidarités & famille

Bruno Retailleau, Pierre Maturana, Yoann Riou et Farid Vahid - C à Vous - 05/12/2022

Source d'origine 4 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 36 %Attaque 43 %Défensif 21 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 7:04OuverteRéponse directe

    Bruno Retailleau, vous sembliez être au courant de la venue de cette main d'œuvre canadienne ?

  • 7:28OuverteRéponse directe

    Et vous dites que c'est la faute à François Hollande et Emmanuel Macron ?

  • 8:21RelanceRéponse partielle

    Absolument, j'ai regardé les programmes de 2017, Bruno Retailleau, dont celui de François Fillon, qui promettait de rallonger la durée de vie des centrales jusqu'à 60 ans, mais à aucun moment qui ne proposait de créer de nouveaux réacteurs, de relancer la construction de centrales.

  • 8:42FerméeÉludée

    Ah si, si, ça importe.

  • 11:29OuverteRéponse directe

    Pour revenir aux petits calculs électoraux, vous êtes donc qualifié depuis hier soir pour le deuxième tour des élections à la présidence du Parti des Républicains.

  • 11:51OuverteRéponse directe

    Il vous a notamment reproché de partager la gamelle droitière avec Éric Ciotti.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:30PrésentateurFait
    « La centrale à charbon de Saint-Avold en Moselle a d'ailleurs repris du service il y a une semaine alors qu'on avait annoncé sa fermeture définitive fin mars. »
  • 3:37PrésentateurChiffre
    « Saint-Avold va brûler 500 000 tonnes de charbon durant l'hiver. »
  • 3:46PrésentateurChiffre
    « Ce qui nous manque, c'est l'électricité nucléaire. Voilà, qui pourvoit normalement à 70% de nos besoins. »
  • 3:50PrésentateurFait
    « La France subit une baisse historique de la capacité de son parc nucléaire, jamais vue depuis 30 ans, et doit importer massivement chez nos voisins alors que nous sommes exportateurs d'électricité depuis des années. »
  • 4:04PrésentateurChiffre
    « Fessenheim produisait chaque année 12 TWh, 12 milliards de KWh, ce qui n'est que 10 à 15% de ce qui nous fait défaut par rapport aux productions des années antérieures. »
  • 4:15PrésentateurChiffre
    « EDF prévoit de produire cette année 280 TWh d'électricité nucléaire. En 2019, c'était 380 TWh. »
  • 4:37PrésentateurChiffre
    « Ouverture prévue fin 2023 au lieu de 2012. 11 ans de retard. »
  • 7:31Bruno RetailleauFait
    « Ils ont une énorme responsabilité parce que tous les deux ont abandonné la filière nucléaire. »
  • 7:46Bruno RetailleauFait
    « Total, on a fermé Fessenheim et on a ouvert Sainte-Avold, qui va cracher dans l'atmosphère des gaz à émission à effet de serre. »
  • 7:56Bruno RetailleauFait
    « Ça sera absolument terrible. »
  • 8:25PrésentateurFait
    « dont celui de François Fillon, qui promettait, qui proposait de rallonger la durée de vie des centrales jusqu'à 60 ans, mais à aucun moment qui ne proposait de créer de nouveaux réacteurs, de relancer la construction de centrales. »
  • 9:15Bruno RetailleauFait
    « Il a dit, voilà, Fessenheim, il y avait un inconvénient. C'est que Fessenheim est à la frontière avec l'Allemagne. Et, grosso modo, on l'a arrêté parce qu'il fallait s'aligner avec la stratégie allemande. »
  • 10:14Bruno RetailleauPromesse
    « grâce à ces compteurs intelligents, on pourrait, sur la base du volontariat des Français, avec un kilowatt-heure effacé qui serait rémunéré, gagner l'équivalent d'au moins deux Flamanville, deux EPR. »
  • 17:56Bruno RetailleauFait
    « jamais je n'aurais nommé M. Papandiaï comme ministre de l'Éducation nationale. C'est un wokiste de salon. Il a eu cette phrase il y a deux ans. Être français, c'est être blanc. Être noir, c'est être d'ailleurs. »
  • 30:28InvitéFait
    « Il a raison, Joe Biden, de soutenir son industrie automobile. Nous, on devrait faire la même chose. »
  • 31:15InvitéPromesse
    « Moi, je milite justement pour une protection, une vraie taxe carbone, pas seulement comme elle existe, pas seulement sur le ciment, pas seulement sur l'acier, mais aussi sur l'ensemble des produits, notamment chinois. »
  • 45:00Farid VahidFait
    « La télévision iranienne a même démenti l'information, donc il faut savoir que je pense qu'ils ont mené une opération de propagande assez subtile, en amont des manifestations et de la grève prévue cette semaine en Iran. »
  • 49:30InvitéChiffre
    « Éric Zemmour, un grand meeting devant 4000 personnes, deux à trois fois moins qu'à Villepinte il y a un an. »
  • 49:57PrésentateurFait
    « Les sociétés hétérogènes sont criminogènes, les sociétés multiculturelles sont multiconflictuelles. »
  • 51:20Locuteur 8Fait
    « Ce que je peux vous dire, c'est que je vois qu'il y a de plus en plus de gens qui sont enthousiasmés. »
  • 51:44PrésentateurPromesse
    « que je veux refonder, que je veux reconstruire, puisse servir à quelque chose et qu'on soit demain une vraie alternative. »

Temps de parole

  • Présentateur70 %
  • Invité8 %
  • Invité 26 %
  • Invité 35 %
  • Invité 44 %
  • Invité 54 %

2,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonsoir, bienvenue dans C'est à vous, très heureuse de vous retrouver. On est ensemble en direct jusqu'à 20h55 avec l'équipe de C'est à vous, à nouveau au complet. Ben ouais, je suis contente. Salut à tous les cinq. Bonsoir, ma maître. Émilie, votre choix de l'actu du jour. Et un, et deux, et trois, bizarre. Là, on bat chez la Pologne, ils sont qualifiés pour l'écart. Ça a échappé à peu de monde, 7 téléspectateurs sur 10. Regardez le match. Et c'est un nouveau record pour l'audience de ce match France-Pologne. Vous avez regardé Bruno Rataillaud ? Ah non, j'étais sur la route pour me rendre à Bannon. J'étais entre la Vendée et puis Paris parce qu'il y avait des résultats.

Ah, peut-être qu'il y avait une élection. Voilà, le premier tour de l'élection pour la présidence des Républicains. Bruno Rataillaud s'est qualifié sur le deuxième tour. Il est ce soir notre invité. Merci d'avoir accepté notre présence ce soir. Merci à vous. Votre édito, votre présence ce soir. La grande crise du nucléaire français qui est à l'origine de nos craintes pour cet hiver. Je n'ose plus parler de panique. Mohamed, votre story ? On a suivi pendant 24 heures le président de la République, Emmanuel Macron, aux Etats-Unis, à la Nouvelle-Orléans. Et il nous a accordé un entretien que l'on va retrouver dans quelques secondes, quelques minutes plutôt. Et Mathieu dans notre 5 sur 5.

1:13
Invité

On va parler avec Farid Vahid de la Fondation Jean Jaurès. De la confusion, pour tout dire, en Iran. Samedi soir, le procureur général de la République qui annonce l'abolition de la police des mœurs. Personne ne semble vraiment confirmé. Est-ce qu'on a voulu calmer les ardeurs des manifestants ? Ou est-ce que vraiment il y a un recul ? On va en parler.

1:29
Présentateur

Pas d'œil de pierre ce soir, mais une invitée exceptionnelle.

1:33
Invité

Lily Collins ! Lily Collins !

1:35
Présentateur

Lily Collins !

1:36
Invité

Ça méritait de fermer l'œil.

1:40
Présentateur

On ferme l'œil exceptionnellement ce soir pour accueillir Lily Collins. C'est tout simplement l'américaine la plus connue dans la capitale. L'héroïne de la série qui cartonne, qui est l'une des plus vues dans le monde sur Netflix. Émilie in Paris en exclusivité, elle nous présente la saison 3 de cette série.

1:57
Invité

On reçoit également Mathieu Chédide et l'humoriste Laura Felpin, qui est au théâtre des Maturins pour son premier salon scène. Ça passe, on dîne ce soir autour d'un idée préparé par notre chef de la semaine, Cédric Béchade, chef du Relais Château. L'auberge basque, c'est un sympé sur Nivelle dans les Pyrénées-Atlantiques. Je ne sais pas comment on dit bonsoir en basque. Bonsoir. Égunone. Eh bien, à vous également. Bonsoir, ma bête, bonsoir à tous. Je ne vous cache pas que je n'ai aucune blague à vous proposer pour ce point Cuisine. Donc je propose qu'on passe tout de suite à la description du magnifique dîner que va nous préparer notre chef Cédric ce soir.

Écoutez, je vous présente les cocots de chasse. On continue. Ce sont des bajoux de merlue. C'est un peu le solilès du merlue. Et on va les cuisiner avec une purée de potimarron avec des koumkwats et aigredoux, de la courge butternet en ravioles, des graines de courge et un petit bouillon au teint exotique. Et bien sûr, des petites paillettes de piment d'Espelette. Et bien voilà, plein de paillettes à vous, ma bête, pour cette émission.

2:52
Présentateur

Oh, merci à tous les deux. Et à tout à l'heure. Tout de suite, l'édito de Patrick Cohen. On reparle de la crise énergétique ce soir, des risques de pénurie de courant cet hiver. Avec cette question, à qui la faute, Patrick ? Pas à Vladimir Poutine. La crise ne doit rien à la guerre en Ukraine. Le conflit a rendu l'énergie plus chère. Mais l'arrêt des importations russes de charbon, de gaz et maintenant de pétrole n'empêche pas nos centrales thermiques de carburé à plein régime. La centrale à charbon de Saint-Avold en Moselle a d'ailleurs repris du service il y a une semaine alors qu'on avait annoncé sa fermeture définitive fin mars.

Un redémarrage au prix de grandes émissions de CO2 Saint-Avold va brûler 500 000 tonnes de charbon durant l'hiver. L'autre centrale à charbon restante, celle de Cordemais, à côté de Nantes, va aussi tourner plein pot et fournir la quasi-totalité du courant de la Bretagne. Ce qui nous manque, c'est l'électricité nucléaire. Voilà, qui pourvoit normalement à 70% de nos besoins. Tout est là. La France subit une baisse historique de la capacité de son parc nucléaire, jamais vue depuis 30 ans, et doit importer massivement chez nos voisins alors que nous sommes exportateurs d'électricité depuis des années. C'est l'arrêt de Fessenheim qui pèse beaucoup dans cette pénurie ? Non, c'est marginal.

Fessenheim produisait chaque année 12 TWh, 12 milliards de KWh, ce qui n'est que 10 à 15% de ce qui nous fait défaut par rapport aux productions des années antérieures. EDF prévoit de produire cette année 280 TWh d'électricité nucléaire. En 2019, c'était 380 TWh. Donc même si le maintien de Fessenheim nous aurait rendu service, ça n'aurait pas évité la crise. Disons pour résumer que tout s'est détraqué en même temps. Il y a d'abord l'interminable chantier de l'EPR de Flamanville qui devait à l'origine remplacer Fessenheim. Ouverture prévue fin 2023 au lieu de 2012. 11 ans de retard.

La maintenance des centrales les plus anciennes, ce qu'on appelle le grand carénage, qui devait s'étaler sur plusieurs années mais qui a été retardé par la pandémie de Covid et concentré sur 2022. La découverte de problèmes de corrosion sur les réacteurs les plus récents et les plus puissants, en gros ceux des années 80-90, ça arrête plusieurs mois là aussi. Et les grèves du mois d'octobre qui ont entraîné des retards de quelques semaines sur des centrales en maintenance.

5:07
Invité

Ce sont donc des causes conjoncturelles. Mais les partisans du nucléaire affirment que cette énergie a été trop longtemps délaissée.

5:13
Présentateur

Le nucléaire sort d'un hiver de plus de 20 ans. C'est ce qu'a expliqué la semaine dernière à l'Assemblée nationale, le physicien Yves Bréchet, qui fut le haut commissaire à l'énergie atomique de 2012 à 2018. Donc sous Hollande et un peu sous Macron, premier quinquennat. Réquisitoire prononcé devant la commission d'enquête sur la souveraineté et l'indépendance énergétique de la France. La souveraineté industrielle est hélas une découverte récente dans les instances gouvernementales.

5:40
Invité

En six ans de fonction, je n'ai jamais entendu ce mot en dehors des secteurs de la défense. Chaque fois que je l'ai prononcé, je me suis heurté à un mur d'indifférence.

5:51
Présentateur

Le suivisme vis-à-vis de la politique énergétique de nos voisins allemands était total. Yves Bréchet qui ne décolère pas de l'abandon du projet Astrid, prototype de réacteur à neutrons rapides capable de fermer le cycle du nucléaire, comme on dit, c'est-à-dire en transformant l'uranium appauvri en combustible, ce qui réglerait à la fois la question des déchets et de la souveraineté énergétique. Bréchet, comme d'autres scientifiques, parle de la décision d'Emmanuel Macron d'arrêter Astrid en 2019 comme d'une faute historique. Et en attendant sa relance, le nucléaire manque de bras et de compétences. Oui, à commencer par les métiers de base, soudeurs, tuyoteurs, chaudronniers.

EDF a parrainé la création d'une haute école de formation en soudage qui vient d'ouvrir ses portes en Normandie. 40 élèves cette année, 200 l'an prochain. Mais pour parer au plus pressé et intervenir sur les tuyauteries des réacteurs corrodés, figurez-vous que l'électricien a dû faire venir des ouvriers spécialisés des États-Unis et du Canada. Une centaine de soudeurs et de tuyoteurs employés notamment par l'entreprise Westinghouse, formés et habilités aux normes françaises pour la remise en route des réacteurs et pour que nous ayons un petit peu plus de courant cet hiver. Bruno Retailleau, vous sembliez être au courant d'ailleurs de la venue de cette main d'œuvre canadienne. Absolument.

Je l'ai dénoncé lorsque, devant la Première Ministre, nous avons eu au Sénat un débat. Ce n'était pas le texte de loi, mais un débat sur la politique énergétique. Et je lui avais dit, regardez quel paradoxe, il y a quelques décennies, les Américains venaient en France pour voir nos centrales, qui étaient un fleuron français, même mondial, et désormais on importe des ouvriers, si j'ose dire américains, pour faire les travaux de base dans nos centrales nucléaires. Et vous dites que c'est la faute à François Hollande et Emmanuel Macron ? Ils ont une énorme responsabilité. Écoutez, ils ont une énorme responsabilité parce que tous les deux ont abandonné la filière nucléaire.

Et Emmanuel Macron a accéléré d'ailleurs, puisque François Hollande avait dit « On ne fermera Fessenheim que lorsqu'on ouvrira Flamanville ». Et ça ne s'est pas passé comme ça. Total, on a fermé Fessenheim et on a ouvert Sainte-Avold, qui va cracher dans l'atmosphère des gaz à émission à effet de serre. Ça sera absolument terrible. Astrid, moi j'étais très favorable au projet Astrid. Astrid, ça permettait justement de réutiliser les déchets nucléaires. L'inconvénient du nucléaire aujourd'hui, vous le savez bien, c'est l'entreposage des déchets nucléaires. Grâce à Astrid, on avait une économie circulaire du nucléaire. Patrick Cohen l'a d'ailleurs très bien dit.

Tout comme d'ailleurs Lionel Jospin, un peu plus il y a 20 ans, avait abandonné Superphénix. Entre-temps, il y a eu des candidats de la droite à l'élection présidentielle. Absolument, j'ai regardé les programmes de 2017, Bruno Retailleau, dont celui de François Fillon, qui promettait, qui proposait de rallonger la durée de vie des centrales jusqu'à 60 ans, mais à aucun moment qui ne proposait de créer de nouveaux réacteurs, de relancer la construction de centrales. Alors, ça m'étonne. J'ai vérifié. Écoutez, peu importe. Mais en tout cas... Ah si, si, ça importe. Je pense que, en tout cas, notre famille politique...

François Fillon, candidat à l'élection présidentielle en 2017, n'avait pas prévu un programme nucléaire. Nous avons toujours... Aucun candidat ne prévoyait n'avait dit dans la campagne de 2017, on va construire de nouveaux réacteurs. Et au moins, ils prévoyaient de repousser, si je comprends bien... De repousser et de ne pas respecter le plan, l'abaissement à 50% du mix nucléaire dans le mix électrique. Le reportage l'a bien posé, cette question. Quand Emmanuel Macron est venu, et que, sur nos télévisions, il a justifié la fermeture de Fessenheim. Il a dit, voilà, Fessenheim, il y avait un inconvénient. C'est que Fessenheim est à la frontière avec l'Allemagne.

Et, grosso modo, on l'a arrêté parce qu'il fallait s'aligner avec la stratégie allemande. Et c'est terrible. Ça veut dire que c'est bien de la question de la souveraineté énergétique. Je pense que le nucléaire doit être la colonne vertébrale de base, qui est ensuite, pour un rôle d'appoint des énergies renouvelables, tout à fait, qui est des économies. J'ai moi-même fait des propositions sur un service public de l'effacement. Parce que vous voyez, en 20 ans, l'effacement, pour les particuliers, je ne parle pas des grandes entreprises, l'effacement, si vous voulez, c'est quand ? Moi, j'ai, par exemple, un régime, un contrat Tempo. Vous avez des jours rouges, des jours bleus, voilà.

Et ça coûte plus cher quand c'est un jour rouge, etc. Eh bien, en 20 ans, ça a été divisé par 10, ce que rapporte, justement, cet effacement. Or, aujourd'hui, on a des compteurs intelligents. Et grâce à ces compteurs intelligents, on pourrait, sur la base du volontariat des Français, avec un kilowatt-heure effacé qui serait rémunéré, gagner l'équivalent d'au moins deux Flamanville, deux EPR. Vous vous rendez compte ? Non, mais pour revenir à cette question, ce n'est pas la faute d'Emmanuel Macron et de François Hollande, c'est la faute de tous les responsables politiques qui n'ont pas assez développé la politique nucléaire en France. Vous ne pouvez pas dire ça.

Franchement, ma famille politique a toujours assumé la filière nucléaire. Nous avons, au Sénat, je dois vous le dire, refusé, en 2015, lorsque Ségolène Royal, sous François Hollande, nous a présenté un texte qui proposait de plafonner à 50% de notre mix énergétique, justement, la source nucléaire. Nous l'avons refusé. Et nous avons toujours eu une position qui était constante. On veut une énergie bon marché, pilotable et décarbonée. Décarbonée, c'est-à-dire le nucléaire. Qu'ensuite, on fasse du photovoltaïque, que l'on fasse de l'éolien, et qu'on fasse du méthane, enfin du biogaz, oui. Mais on a toujours été très constants.

Et ces décisions-là ont été prises par Hollande et par Emmanuel Macron. Pourquoi ? Parce que, tout simplement, ça a été sacrifié sur l'autel des petits calculs électoraux. C'était simplement pour avoir l'accord avec les Verts, avec Hollande, et pour avoir le ministre Hulot à son gouvernement, l'éphémère ministre Hulot au gouvernement d'Emmanuel Macron.

11:27
Invité

Pour revenir aux petits calculs électoraux, vous êtes donc qualifié depuis hier soir pour le deuxième tour des élections à la présidence du Parti des Républicains.

11:35
Présentateur

Éric Ciotti est en tête, Aurélien Pradié est troisième. Pour l'instant, Aurélien Pradié ne donne pas de consigne de vote. Vous lui tendez la main, même si vos relations ont toujours été assez fraîches. Il vous a notamment reproché de partager la gamelle droitière avec Éric Ciotti. Non, je l'ai eu au téléphone. Après, c'est lui qui se la concerne. Moi, ce que je veux d'abord, c'est important qu'il y ait deux tours, puisqu'on nous avait beaucoup expliqué qu'il n'y aurait sans doute qu'un tour, que ce serait plié rapidement. Donc c'est une bonne nouvelle qu'il y ait deux tours. Une bonne nouvelle qu'Éric Ciotti ne soit pas élu au premier tour. Et que je sois élu au second tour.

Voilà, Patrick Cohen. Donc moi, je pense que c'est important. Vous savez, si vous enlevez d'ailleurs les deux fédérations dont on est originaire, la Vendée d'un côté, pour ma part, et si vous enlevez la fédération des Alpes-Maritimes... Et alors vous gagnez ? Je gagne, je suis devant. Donc il y a 5500 voix qui nous séparent. C'est-à-dire que toutes les Alpes-Maritimes votent pour que vous soyez élu, c'est ça ? Non, ce n'est pas ce que je veux dire. Simplement, 5500 voix, c'est très peu de choses. Et moi, je me bats vraiment pour imposer deux idées.

Je me bats pour imposer cette idée du rassemblement, parce que je pense que quand on fait moins de 5% à l'élection présidentielle, si on veut toujours... C'est-à-dire Valérie Pécresse. Si on veut toujours cliver plus, on terminera dans une cabine téléphonique. On n'a d'ailleurs plus beaucoup dans nos villages des cabines téléphoniques. Et puis la deuxième idée pour laquelle je me bats, c'est de mettre de côté les égaux, de se consacrer à une refondation à partir du débat d'idées. Et cette idée de l'obsession présidentielle, cette idée de désigner un candidat en 2023, ça va nous tétaniser. On va recommencer les divisions autour de la présidentielle. Et on oubliera de travailler le fond.

On oubliera de travailler les idées. Or, moi, ce que je veux, c'est dire aux Français demain le projet de société qu'on veut leur proposer. Il y a tellement de changements. Et on doit être bien entendu sur le régalien. Moins d'impôts, d'accord. Mais la droite, ce n'est pas seulement l'autorité de l'État. Bien sûr, c'est nécessaire. Et moins d'impôts. C'est beaucoup d'autres choses. La dimension sociale, elle est importante.

13:37
Invité

Vous voulez créer un grand parti de droite populaire et patriote qui, selon vous, manque à la France.

13:42
Présentateur

Populaire, patriote, c'est aussi la définition que se donne le Rassemblement national. C'est leur positionnement que vous l'orniez ? Non, mais écoutez, si vous faites ça, à ce moment-là, on est pétanisé. Non, mais je vais vous répondre. Je pense que quand on est militant de la droite, on est militant de la France. La France, c'est une nation. Une nation, c'est une solidarité.

Moi, je propose, par exemple, dans le débat sur la réforme des retraites, qu'on crée un nouveau droit pour les enfants handicapés, pour qu'il y ait une pension de reversion pour les enfants handicapés, parce que les parents d'enfants handicapés, lorsqu'ils vieillissent, souvent, ils vieillissent la peur au ventre de savoir que deviendra, quelles seront les ressources de l'enfant handicapé. Donc, ce que je veux dire, c'est que cette notion de nation, elle est fondamentale. Nous sommes un parti, le parti gaulliste. Le parti gaulliste, c'est l'incarnation de l'État-nation. Or, l'État est tellement bureaucratisé qu'il est devenu impuissant.

Et la nation française est morcelée, est archipélisée par le communautarisme. Donc, je pense que c'est important qu'on soit populaire. Et pour ça, moi, je veux redonner la parole et un droit de vote aux militants. J'en ai marre que les chapeaux à plumes décident de l'avenir pour le collectif. Et ensuite, patriote, parce que je pense que la France, c'est important. On a trop laissé, voyez, votre question, elle est finalement révélatrice. On a trop laissé ce terme à d'autres que nous. Alors que le mot patrie, c'est un mot gaullien, c'est un mot de droite. Si je devais d'ailleurs définir la droite, j'utiliserais sans doute le mot de transmission. C'est aussi cette transmission.

Transmission d'une patrie, transmission d'un héritage, mais aussi d'une volonté d'aller de l'avant. Hier, lors de son rassemblement à la porte de Versailles, Éric Zemmour, Bruno Retailleau, vous a nommément interpellé. Je le dis ici, solennellement, pour Lola, ou à Toulon, nous aurions dû être côte à côte. Toute la droite aurait dû être présente. Il fallait que Bruno Retailleau fût là, il fallait que Jordan Bardella fût là. Pas uniquement pour être plus nombreux, mais pour être plus fort. Il fallait que Bruno Retailleau fût là. Que répondez-vous ? Écoutez, je n'ai rien à lui répondre. Mes prises de position, elles ne dépendent pas des prises de position d'Éric Ciotti ou de quiconque.

Ce sont mes convictions. Je n'ai jamais cru, et je l'ai toujours affirmé, je n'ai jamais cru à l'union des droites. Ce que moi je veux, ce que je cherche à construire d'ailleurs, à travers ce grand parti populaire et patriote, c'est l'union de la droite. Pas à travers des alliances, à travers les électeurs. Moi je pense que dans notre histoire, lorsque la droite s'assume, le Front National, par exemple en 2007, c'est Nicolas Sarkozy. J'ai quelques différends avec lui, mais je suis capable de lui reconnaître une campagne qui était brillante et une victoire qui était éclatante. Mais il a assumé nos valeurs et à l'époque, le Front National a reculé. Et c'est ce que je souhaite.

Non pas l'union des droites, mais l'union de la droite, je veux convaincre tous ces électeurs qu'on a fait fuir. On les a fait fuir parce qu'on les a dégoûtés, parce qu'on n'a pas été à la hauteur, parce qu'on a eu des reculs, des abandons, des lâchetés. Il faut le reconnaître. On a perdu, en 15 ans, on a perdu 10 millions d'électeurs. Qu'est-ce qu'on leur dit ? Qu'ils n'ont rien compris ? Ou est-ce qu'on est capable de tirer les leçons de nos échecs ? C'est ce que je veux. J'assume cette rupture, vous voyez. Je l'assume cette rupture. Je sais que c'est parfois difficile dans une famille politique.

Mais l'analyse que je fais, c'est qu'on est descendu tellement bas, tellement bas, que si on ne tire pas les yeux de l'échec, et si on ne dit pas aux Français ce en quoi on a compris et qu'il fallait que l'on change, on n'a aucune chance de se relever. L'alliance avec la majorité présidentielle, ce serait une lâcheté aussi, Bruno Rottelieu ? Absolument. Je pense, Patrick Cohen... Sur certains domaines, pas forcément sur tous, sur des textes importants, sur le régulier. Vous avez voté beaucoup de choses. Au Sénat, le Sénat est une assemblée qui a toujours pratiqué une ligne d'opposition ferme, franche, mais d'intérêt général.

Et quand les choses vont dans le bon sens, on est capable de voter les textes parce qu'on considère que c'est l'intérêt national qui est le plus important. Qu'est-ce que la politique ? Et pourquoi d'ailleurs les Français nous ont quittés en masse pendant ces 15 années ? La politique, c'est les convictions. Les Français, ils ont eu le sentiment qu'on n'avait pas été fidèles à nos convictions. Moi, je n'ai pas les mêmes convictions, vous voyez, qu'Emmanuel Macron. Par exemple, jamais je n'aurais nommé M. Papandiaï comme ministre de l'Éducation nationale. C'est un wokiste de salon. Il a eu cette phrase il y a deux ans. Être français, c'est être blanc. Être noir, c'est être d'ailleurs.

On sent bien cette obsession raciale qu'il y a aux États-Unis. Il a terminé ses études. Mais oui, bien sûr. Non, non, non, ce n'est pas dans ses travaux. Écoutez, je le redis. Pierre-André Taguiev, c'est lui qui l'a le premier qualifié de hokiste de salon. Et je pense que c'est une faute de l'avoir nommé à ce poste. Sur beaucoup d'autres sujets, que ce soit les sujets d'ordre, de sécurité intérieure, que ce soit sur les sujets de déficit, que ce soit aussi sur d'autres sujets, je ne suis pas d'accord. Je ne partage pas sa vision ni ses convictions. Quand on ne pense pas les mêmes choses en politique, on ne fait pas les choses ensemble. Parce que sinon, c'est une confusion.

Et ça encourage toujours les extrêmes. Ça encourage toujours les extrêmes. Et sur les retraites, on connaîtra la réforme des retraites le 15 décembre prochain. Elisabeth Borne a commencé à en donner les grands lignes dans le Parisien à jeudi dernier. Donc recul de l'âge de départ de 62 à 65 ans d'ici à 2031 pour une mise en œuvre dès cet été. Et donc première génération concernée, ce serait 1961. Réforme poussée par Emmanuel Macron, dont vous ne partagez pas les idées. Qui a tenu à dire quand même qu'il voulait que les discussions avec les partenaires sociaux soient ouvertes. C'est ce qu'il a confirmé à Mohamed Boavsi de retour des Etats-Unis. C'est simple.

Je ne veux pas augmenter les cotisations payées par les travailleurs. Parce qu'ils veulent gagner mieux leur vie par leur travail. Je ne veux pas baisser les pensions de nos retraités. Au contraire, je veux que nos retraités qui ont une carrière complète aient pour la retraite minimum un peu plus, les 1100 euros. Donc le seul moyen, c'est de travailler un peu plus longtemps. Et c'est normal parce qu'on vit un peu plus longtemps en bonne santé. Mais après, moi, j'ai dit au gouvernement, sur cette base-là, la copie de départ, engager tout, tout est possible. Je n'ai pas de fétiche, je n'ai pas de totem, je n'ai pas de tabou.

Si on dit qu'il faut mieux allonger la durée de cotisation et bouger l'allage, tout ça se discute. Mais il faut engager la discussion.

19:58
Invité

Sur cette idée-là, sur cette réforme, vous pourriez la voter ?

20:02
Présentateur

Écoutez, au Sénat, ça fait au moins 4 ans qu'on la vote. Emmanuel Macron a changé de pied, puisque pendant son premier quinquennat, il avait indiqué qu'il ne voulait pas repousser l'âge légal de départ, à 62 ans. Au total, 8 millions de retraités ont perdu du pouvoir d'achat. Beaucoup. En moyenne, environ, la CFDT l'avait calculé, à la hauteur d'un SMIC net, pour 8 millions. Parce qu'il n'y a pas eu de réforme. Nous, nous avons toujours dit qu'il fallait une réforme. Parce qu'on votera si c'est une vraie réforme. Et la réforme que nous avons votée, et que nous votons depuis au moins 4 années, c'est 1. le report de l'âge, à 64 ans. Et c'est l'accélération de la réforme touraine, 43 annuités.

La réforme touraine, c'était pour la génération de 73. Nous, on l'avance à la génération de 67. Avec un dispositif de carrière longue, avec une discussion sur la pénibilité. Et donc, c'est une réforme qui est très construite. Vous savez que le Sénat est capable de travailler au fond des choses. Nous l'avons beaucoup travaillé. Nous l'avons mise en proposition, sur la table des négociations, si j'ose dire. Et donc, j'attends de voir quelle sera la réforme de Mme Borde. Emmanuel Macron, qui était donc aux États-Unis pour son deuxième voyage d'État là-bas, et il était suivi en partie par Mohamed Bouafsi. Mohamed, vous avez suivi Emmanuel Macron à la Nouvelle-Orléans.

Oui, après sa visite d'État à Washington, le président s'est rendu en Louisiane, ancien territoire contrôlé par la France, sous Napoléon. Une visite symbolique, presque historique, car aucun président français ne s'y était rendu depuis Valéry Giscard d'Estaing en 1976.

21:46
Invité

Qu'est-ce que ça vous fait d'être ici 46 ans après le dernier président de la République français ?

22:04
Présentateur

Je fais beaucoup d'émotions, et surtout c'est là où vit à la fois la langue française encore, et je vais lancer tout à l'heure un grand programme là-dessus, et la créolisation des cultures. Et là, on vient d'être accueillis par un band. Vous avez dansé ? À Paris, très mal, je suis un très mauvais danseur. On ne vous lâche pas toute la journée ? Banco, venez avec moi. Un pas de danse sur le tarmac, avant un bain de foule dans le quartier français.

22:25
Invité

C'est génial, c'est un homme très bon, je suis très heureux qu'il est ici. Je pense qu'on a déménagé à Seattle il y a pas longtemps. Oui, ça se passe bien. Est-ce que tout va bien en France ?

23:00
Présentateur

Super.

23:01
Invité

Super ? Et on continue à se battre. En tout cas, nous, on vous représente ici, aux Etats-Unis. Merci beaucoup. Avec mes deux fils. Il est un leader spirituel. Il est un homme qui croit vraiment en rencontrer les gens sur le terrain, comme moi-même. Et je vous le dis, vous ne pouvez pas les garder.

Au programme de la journée, il y a un entretien avec le gouverneur de Louisiane, John Bel-Edward, et à la clé, la signature d'un accord sur le renforcement des relations dans le domaine énergétique avec cet Etat, un portant exportateur de gaz naturel liquéfié, une courte visite de la maison du peintre Edgar Degas, et un plus long arrêt au musée d'art de la Nouvelle-Orléans pour y lancer le programme French for All, un plan pour favoriser l'enseignement du français aux Etats-Unis.

24:09
Locuteur 6

La langue française, elle a un côté un peu élitiste quand on est à l'étranger.

24:23
Présentateur

C'est chic de parler français, c'est admirer, c'est aimer, mais il y a une forme de complexe. Le président Biden, d'ailleurs, me l'a dit, il a dit, moi j'ai appris le français pendant des années, des années, on nous accompagne un peu, avec Edith Piaf, vous voyez, qui est aussi à la Nouvelle-Orléans, et il m'a dit, mais simplement, j'étais complexé, on se moquait de moi parce que je parlais mal, alors que l'anglais, on le parle tous, on ne parle tous pas super bien, mais c'est devenu une langue internationale. Il faut réussir à ce qu'il y ait aussi ce français d'échange un peu dédramatisé. La dame est arrivée de Marseille il y a 4 mois.

Elle fait de la musique, elle enseigne, elle lui dit, elle est prête à aussi enseigner le français, nous aider, faire un truc musique. On peut lui donner un contact ? Vous avez des référents ? Vous avez un numéro de téléphone, une adresse ? J'ai un email. On va prendre. Filez votre email. Ah, il est fort, c'est un démerde. Mais je donne pas mon lit.

25:25
Invité

Dans la soirée, malgré les réticences des services secrets américains, Emmanuel Macron s'est offert une dernière déambulation au son des orchestres des célèbres clubs de jazz de Frenchman Street, accompagné de Troy Andrews, l'un des plus célèbres trompettistes américains qui l'a même invité sur scène. Du retour avec Pierre de Horn, Emmanuel Macron nous a accordé un entretien pour détailler ce qu'il a obtenu auprès du président Biden pour défendre les industriels européens,

27:05
Présentateur

pénalisé par l'Inflation Reduction Act qui prévoit plus de 400 milliards d'investissements américains en faveur de la transition énergétique. Ça a été à la fois amical, direct, franc et très précis avec le président Biden. C'est un des moments qui a été pour moi le plus important de cette visite. J'ai vu ce dirigeant, dont je partage les valeurs, qui m'a dit mais moi je veux créer des emplois aux Etats-Unis parce que c'est la clé pour moi, je veux réindustrialiser mon pays parce que sinon les extrêmes gagneront. Et je lui ai dit mais moi je comprends ça, je veux la même chose.

Ce que tu veux réussir chez toi, ça ne peut pas se faire contre moi, contre les travailleurs en France, contre les nouveaux projets qu'on a. Le but, ce n'est pas que ce soit une victoire de l'un face à l'autre, ce n'est pas du tout ça. C'est de te dire comment on garde cette loi américaine qui doit être aussi forte, aussi bonne pour les travailleurs américains, comment on trouve les mécanismes pour que ce qui était mauvais pour nous ne soit plus mauvais. Et donc en fait que ce qui est fait chez nous soit éligible à certains mécanismes, et puis qu'on regarde de cas par cas pour aussi faire des choses. Et puis nous Européens, on doit simplifier, aller plus vite, être plus ambitieux.

C'est qu'en surprise de ce voyage officiel, une rencontre avec Elon Musk, l'homme le plus riche au monde, PDG de Tesla, SpaceX et désormais de Twitter qui avait fait le déplacement jusqu'à la Nouvelle-Orléans, l'occasion d'une mise en garde du président français sur l'importance de la politique de modération sur Twitter. Vous savez moi, je ne crois pas à la liberté s'il n'y a pas de règle qui protège la liberté de chacun, justement. Dans la rue, il y a une liberté parce qu'il n'y a pas de discours de haine, parce qu'il n'y a pas d'incitation à la haine, parce qu'il n'y a pas de racisme, d'antisémitisme, parce que nos enfants sont protégés. Ça doit être pareil sur Internet.

J'ai besoin de vous. Et je veux que vous vous engagez, sinon, on ne sera pas copains. Il m'a dit de manière très directe, je veux m'engager pour une vraie modération transparente et je veux m'engager pour la protection des enfants. Je n'ai pas de raison de ne pas le croire à date. Le G20 à Bali, le sommet de la coopération économique des pays du Pacifique à Bangkok, le sommet de la francophonie à Djerba, puis cette visite aux États-Unis. Emmanuel Macron délaisserait-il la scène internationale pour la scène internationale ? On lui a posé la question. Monsieur le Président, il ne faut surtout pas écouter la musique du moment parce qu'elle change aussi vite que le moment.

Et donc, il y a deux semaines, j'étais dans une dépression très grave. Il y a un mois, j'étais en train de faire le travail de tous les ministres du Premier ministre et j'étais le Rémi Bricat de la vie politique française. Donc voilà, c'est ça. Donc il faut s'habituer. Comme disait le général de Gaulle, j'ouvre le journal pour savoir ce que je pense. Ça m'apporte peu. Moi, j'ai un cap et j'ai une détermination depuis le premier jour. Et là, quand on vient et qu'on est le premier pays qui est invité en visite d'État pour l'administration Biden, c'est bon pour le pays. Et j'y vais en défendant nos intérêts. On n'est pas une île.

Et donc, ce qu'on fait à la maison, il faut le défendre à l'extérieur.

30:00
Invité

Qu'est-ce que vous inspire les propos d'Emmanuel Macron sur l'Inflation Reduction Act ?

30:03
Présentateur

Il y a un énorme décalage entre les jolies images qui sont dans le reportage et les résultats, puisque vous savez que lorsqu'il s'est exprimé devant le président Joe Biden en disant « Écoutez, arrêtez de soutenir vos entreprises et protectionnisme », Joe Biden lui a répondu « Moi, je ne veux pas m'excuser ». En réalité, le décalage, c'est le suivant. Il a raison, Joe Biden, de soutenir son industrie automobile. Nous, on devrait faire la même chose. C'est ce qu'on a voté il y a quelques jours au Sénat.

30:32
Invité

En plan à « Buy European Act ».

30:33
Présentateur

Exactement. C'est ça ? Oui, puisque les voitures électriques, c'est pour le climat, c'est pour l'environnement. Mais nous, on sait très bien que 80% viennent d'ailleurs, et notamment de Chine. L'Europe a dit en 2035 qu'on va interdire les moteurs thermiques. On sait très bien qu'on risque de ne pas avoir l'électricité, on risque de ne pas avoir le réseau de recharge. Et surtout, on sait qu'on va venir par cargo entier des voitures qui sont de Chine. Donc moi, je pense que, justement, il faut que les Français sachent que la moitié de notre gaz à effet de serre, on l'importe.

Le gaz à effet de serre produit en France, on le produit avec nos usines, mais on importe aussi la pollution qu'on avait exportée à travers les importations. Moi, je milite justement pour une protection, une vraie taxe carbone, pas seulement comme elle existe, pas seulement sur le ciment, pas seulement sur l'acier, mais aussi sur l'ensemble des produits, notamment chinois. Et c'est comme ça qu'on aura une véritable filière de voitures électriques et qui ne se fera pas concurrencer justement par le dumping environnemental ou le dumping social des pays comme la Chine. Donc je pense que M. Biden a raison et on devrait faire la même chose.

Et juste avant de regarder le match entre la France et la Pologne, ce huitième de finale de la Coupe du Monde, Emmanuel Macron a donné à la Nouvelle-Orléans son pronostic à un supporter français. Un pronostic pour le match des Bleus ? 3-1. 3-1. Udem Mbappé ? 3-3. Merci à vous. Merci à vous d'être là. Bonjour. Les deux gyros. Les deux gyros. Un pronostic qu'il a réitéré dans l'avion en se payant le luxe de nommer les bons buteurs. Bon, sur ce coup-là, il ne s'est pas trompé. D'une façon générale, plus les Bleus gagnent de match, plus ils gagnent de supporters. Record de téléspectateurs pour cette Coupe du Monde hier. Ils ont fait 69% de part de marché.

Ça veut dire que plus de 7 Français, de 7 personnes sur 10 qui étaient devant la télé l'été pour regarder le match France-Pologne. C'est même la meilleure audience depuis juillet 2021. Tous programmes confondus, chiffres à multiplier, puisque devant certaines télévisions, il y avait des dizaines de téléspectateurs. C'était le cas dans ce bar à Paris où se sont rendus Louis Amart et Audrey Payas, plein à craquer. Et même sans regarder la télé, on était avertis de chaque but des Bleus. Voilà, mais comme Emmanuel Macron l'avait prédit, ça s'est transformé en 3 à 1. Mais rien ne pouvait faire de l'ombre aux deux hommes du match.

Le duo Mbappé-Giroux, immortalisé ensemble d'ailleurs sous tous les angles. Giroux qui, en marquant son 52e but en sélection, a battu le record détenu par Thierry Henry. Mbappé, lui, est devenu le meilleur buteur de moins de 24 ans en Coupe du Monde. Il fait mieux que la légende du Brésil pelée. Ça aussi, on ne pouvait le deviner rien qu'au son. Livrante, à défaut d'avoir les prochains pronostics d'Emmanuel Macron pour France-Angleterre, on a ceux des supporters, des analyses dignes des plus grands spécialistes de foot et apparemment, on va tout droit vers la finale, c'est bon.

33:49
Invité

On était beaucoup plus forts et sur la deuxième mi-temps, on leur marche dessus. On fait peur à tout le monde, mais tant mieux. Même si ça a été dur l'annonce du départ de Benzema, on se rend compte qu'en fait, on a un espèce de vivier infini en Équipe de France et qu'on peut avoir des blessés, mais on aura toujours les meilleurs attaquants.

34:05
Présentateur

Ah bon, c'est un plaisir d'en rendre l'Équipe de France jouée. Putain, on a pris du plaisir là-dessus ! On est les favoris pour aller au bout maintenant ? Pour moi, oui, mais depuis le début.

34:13
Invité

Oui, on va y aller. On va aller en finale, on va gagner cette Coupe du Monde. Donc ça aurait pu être la Pologne, la Suisse, le Brésil, on s'en fout. On va gagner tous les matchs.

34:21
Présentateur

Voilà, t'enissons pour conclure. Frit von Desire en français. Libérer du désir, liberté à homour, ça c'est aussi d'autres paroles. C'est en train de devenir l'hymne des Bleus et peut-être leur message le plus engagé dans cette Coupe du Monde du Qatar.

35:05
Invité

Directeur de la rédaction de SoFoot, à la demande de Johan, on commence avec la chanson...

35:36
Présentateur

C'est quoi ? J'ai la une de l'équipe du jour de votre anniversaire à chacun d'entre vous. Et Pierre, malheureusement, il n'y avait pas eu l'équipe le jour où vous êtes nés. Pourquoi ? Je ne sais pas pourquoi, on n'a pas réussi à la rédaction de SoFoot. Donc il n'y a pas du coup. Bon, au moins à tous les deux sur cette chanson qui résonne. Cette victoire désormais dans les vestiaires des Bleus, c'est un sacré symbole que cette chanson-là, devenue un hymne pour les féministes et pour la communauté LGBT, résonne au Qatar. Ce n'est pas rien quand même, non ? Non, c'est un symbole. Tous les symboles sont bon à prendre en ce moment dans ce contexte-là et c'en est un.

Je ne suis pas sûr que les joueurs de l'équipe de France l'aient choisi pour ça non plus. C'est une chanson qui avait eu aussi sa petite part de son petit retour en grâce en 2016 avec l'équipe d'Irlande du Nord. Donc ça devient surtout de là. Et c'est vrai que c'est une chanson qui est beaucoup reprise dans les vestiaires, notamment celui du Milan C avec Théo Hernandez et Olivier Giroud.

36:26
Invité

On voit même des supporters saoudiens danser sur cette musique.

36:29
Présentateur

C'est beau, oui. En 1998, il y avait eu Abile Survive. Et là, c'est beau que ça monte, ça monte, ce chant. Et même d'ailleurs, lors du match qu'il y a eu hier soir de l'Angleterre, à chaque but de l'Angleterre, il y avait ce chant qui résonnait également dans le stade. Et puis comme ça, on aime faire la fête et c'est magnifique.

36:41
Invité

Desire du désir et de l'amour. Love is in the air. C'est ce qu'a commenté le consultant et ancien champion du monde, Bichent Lizarazul, en postant cette photo de Giroud Mbappé qui a fait le tour du monde.

36:51
Présentateur

Voilà. C'est une scène de complicité assez intense entre le passeur décisif et le buteur.

36:57
Invité

Ça résume un sentiment largement partagé. C'est-à-dire que les Bleus fédèrent autant qu'ils sont fédérés et complices sur le terrain ?

37:05
Présentateur

Oui, et puis il y a surtout une espèce de retour en grâce qu'on se rappelle l'état d'esprit dans lequel on était il y a trois semaines, je parle éventuellement. L'équipe de France, on avait un peu peur, les blessés, les incertitudes, les défaites pas très encourageantes qu'on avait pu connaître avant. Et puis d'un coup, c'est la magie de l'équipe de France, parfois sur un tournoi, de savoir se réveiller, de redevenir l'adversaire impossible à manœuvrer, qui fait peur aux autres. C'est ce qui se passe. Et évidemment, Mbappé est le joueur qui symbolise tout ça.

37:33
Invité

Mbappé, moi j'aurais commencé par Giroud. Qui est seul sur son trône, ça c'est ce que dit le compte officiel des Bleus avec ce montage photo, 52 buts, meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du Monde, de l'équipe de France, oui pardon, excusez-moi. C'est la belle histoire de cette Coupe du Monde.

37:51
Présentateur

C'est absolument extraordinaire parce qu'il est revenu de tout. Et ce qui est beau, c'est qu'on peut vraiment, comment dire, s'identifier à lui. C'est quelqu'un qui a connu la division inférieure, qui a joué à Tours, tout le sait très bien Mohamed, qui a joué à Grenoble, quelqu'un qui s'est toujours battu. Et dès qu'il y avait un obstacle, il est devenu encore plus fort. Il a de battre, d'égaler le record de Thierry Henry lors du premier match. Cette fois-ci, de battre son record lors des huitièmes de finale. Et ce qui est beau d'ailleurs, c'est qu'entre Thierry Henry et Giroud, il n'y a aucune jalousie.

Souvent d'ailleurs, ces derniers mois, après chaque but d'Olivier Giroud, Thierry Henry lui a envoyé un texto, aucune jalousie, aucune arrogance. Et ce qui est beau dans cette Coupe du Monde, je trouve, c'est que Mbappé est le héros désigné. Cinq buts déjà, il marche sur les traces des plus grands. Et en même temps, il ne prend pas toute la place. Il y a également la place pour Giroud. Il y a également de la place pour Loris, qui a égalé un record extraordinaire hier. C'est ça qui est beau. Il y a une cohésion absolument incroyable. Mais c'est Kylian Mbappé, le joueur du match hier, et vraiment l'élément hyper solide de l'équipe de France.

Effectivement, parce qu'il répond à toutes les attentes. Pour le coup, on se demandait tous, est-ce que ça va être la Coupe du Monde de Messi, de Ronaldo, de Neymar ou de Mbappé ? Et c'est lui qui éclabousse le début de compétition. C'est évidemment Mbappé, il change toute la face de l'équipe de France. Il y a une équipe qui est correcte, qui est une belle équipe, qui peut rivaliser avec toutes les autres équipes de la Coupe du Monde. Mais il y a un facteur en plus qui est Mbappé, qui change, je ne vais pas rentrer dans des considérations trop tactiques. Mais il change tout, quoi. Il change tout, il change la façon de jouer, il fait peur, il fait vraiment peur, c'est le mot, quoi.

Et même les Anglais, les futurs adversaires, saluent la performance de Mbappé.

39:16
Invité

The Game, la une du supplément du Times, titre avec un humour tout britannique, t'as bien fait d'amener trois arrière-droits, Gareth, en pensant au sélectionneur Gareth Southgate. Le Guardian, toujours sérieux, écrit, le mérite revient en grande partie à Mbappé,

39:32
Présentateur

dont la performance en seconde période a été l'une des meilleures du tournoi.

39:35
Invité

Et puis la radio nationale TalkSport a tweeté à deux reprises,

39:39
Présentateur

« Cet homme est inarrêtable, bonne chance à celui qui doit affronter cet homme ». Ils ont raison d'avoir peur ? Parce qu'ils ont bien joué hier, les Anglais. Les Anglais ont bien joué, c'est pour l'équipe de France le premier gros match du Mondial, je pense, à venir samedi. Oui. Parce que voilà, c'est deux équipes qui se ressemblent un peu, alors chacun a des…

39:57
Invité

Il y a eu des entames difficiles, tous les deux.

40:00
Présentateur

Tous les deux, parfois ils ont eu des trous d'air de 20-30 minutes qui auraient pu être un peu plus graves que ça ne l'a été. Et finalement, ils ont su jouer sur leur force. Parfois, il y a un gros réalisme côté anglais. Ils ont trois occasions, ils marquent trois buts. Voilà, ils ont un truc comme ça, très clinique, hyper solide. Ils croient en eux, il n'y a pas de souci là-dessus. Chez Mbappé, il y a aussi la dimension où on parlait de record. Mbappé, dans une ou deux Coupes du Monde, il est recordman des buts en Coupe du Monde. Enfin, ce n'est pas rien. Il n'a que 23 ans, quoi. C'est pour ça qu'il a 23 ans. Il a 9 buts à 23 ans.

Et ce qui est extraordinaire, pour l'instant, dans le full-off français, il y a un joueur français. C'était pendant un euro, l'euro 84, qui avait survolé, mais totalement. C'était Michel Platini qui avait marqué 9 buts en 1984. A lui, tout seul, il avait fait gagner l'équipe de France. Et là, voilà, alors il y a eu Zidane, évidemment, en 1998. Et en général, chaque équipe de France qui gagne avait besoin d'un très, très grand joueur. Et là, vous vous rendez compte, 23 ans, 9 buts en Coupe du Monde. Le record, c'est 16 buts, un Allemand closeux.

Et c'est vrai que ce qui est magnifique, c'est quelqu'un, on n'est pas habitué en France, quelqu'un qui a toujours dit, je veux entrer dans l'histoire, je veux battre les plus grands. Déjà, il avait gagné la Coupe du Monde il y a 4 ans. Et tout de suite, la première interview, c'était de dire, voilà, rendez-vous dans 4 ans, je vais encore en gagner une autre. Et il dit, il a gagné une Coupe du Monde. Il n'y a que 8 pays qui ont gagné la Coupe du Monde. La France n'en a gagné que 2 pour l'instant. Il en a gagné une. Il marche sur les plus grands. Dans sa tête, c'est assez clair. Il a 23 ans, il lui reste 3 ou 4 Coupes du Monde à jouer. Pour lui, il fallait gagner. Sans exception.

Donc, un pronostic pour le match contre l'Angleterre. Il faut se risquer quand même Emmanuel Macron. Si je prends le côté cœur et intérêt professionnel, je préfère que les bleus. Combien ? Ça penche forcément du côté des bleus, je ne sais pas, je dirais un match assez serré quand même. Un petit 2-1. Un petit 2-1 ? 3-2 en prolongation. Ok, Bruno Ressaïos. 2-1. 2-1 ? 2-1. Pourquoi ? Ah oui ! Les parties populaires et patriotes quand même. Jusque dans le faute. Si j'ai pas compris, la vie qui a rien compris. Quand même, cette Coupes du Monde, elle est marquée par les inquiétudes autour de... Bah oui, il y a le monde du foot qui retient son souffle. Puisque Pelé est hospitalisé, on l'a appris.

Ce serait pour une infection pulmonaire due à une contamination du Covid, alors qu'il se bat contre le cancer. Il y a eu des messages de soutien qui lui sont parvenus, bien sûr, du monde entier. Et depuis Doha, il y a eu un beau spectacle de drones pour diffuser un message. Bon rétablissement Pelé. Lui, il a dû même rassurer sur les réseaux sociaux en publiant ses bulletins médicaux. Là, il a encore publié un message il y a une heure pour dire qu'il allait suivre le match du Brésil depuis l'hôpital. Il faut s'inquiéter. Vraiment, tout le monde prie. Il y a même Mbappé, il y a quelques jours, qui a fait un tweet également, prière pour Pelé.

Il y a le club de Santos, son club historique, qui a fait également un tweet. Tout le monde est vraiment en train de prier. Et c'est vrai, parce que Pelé, c'est la Coupe du Monde, c'est le Brésil, c'est trois Coupes du Monde gagnées en étant extraordinaires à la fois en 58 et en 70, notamment. C'est le football, c'est la magie du foot.

42:40
Invité

Voilà. Donc, merci beaucoup à tous les deux, Yoann Riou pour l'équipe et RTL, et puis Pierre Maturana, directeur de la rédaction de SoFoot, qu'on lit toujours avec beaucoup de plaisir.

42:50
Présentateur

Merci beaucoup à tous les deux.

42:52
Invité

Un peu de Frit from Desire ou même pas ?

42:54
Présentateur

Ah oui !

42:55
Invité

Parce qu'il est dans cet état-là, en quart de finale, j'ose même pas imaginer la finale.

43:01
Présentateur

Il n'est pas vous !

43:01
Invité

Bon, je suis sérieuse avec le 5 sur 5 de Mathieu Béliard. Bonsoir, Mme Béliard, bonsoir à toutes. Ravie de vous retrouver.

43:34
Présentateur

Merci, on est ravis de votre retour aussi. Mathieu, et on part tout de suite en Iran avec un premier geste politique du régime en réponse aux manifestations.

43:43
Invité

Et oui, un premier geste politique, parce que la réponse policière, on la connaissait déjà. Selon les ONG, on parle de 450 civils tués depuis les premières manifestations, mi-septembre, de 18 000 arrestations. Mais ce soir, la question qui se pose, a-t-on simplement assisté à une posture tactique pour calmer la contestation, où un réel recul du pouvoir s'est encore confus ? Depuis que le procureur général iranien a annoncé samedi la dissolution de la police des mœurs, l'abolition de cet organe accusé d'avoir tué Marsa Amini pour un voile mal ajusté, la fin de la police des mœurs, les Iraniens restent sceptiques.

C'est une question qui s'est éclatée, c'est une question qui s'est éclatée et qui s'est éclatée à l'arrivée de l'arrivée de l'arrivée de l'arrivée.

44:46
Présentateur

Bonsoir Farid Vahid, directeur de l'Observatoire de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient à la Fondation Jean Jaurès.

44:51
Invité

Il y a d'abord un doute sur l'annonce elle-même, mis à part ce procureur général iranien samedi. Personne n'a réellement confirmé l'information à Téhéran ? La télévision iranienne a même démenti l'information, donc il faut savoir que je pense qu'ils ont mené une opération de propagande assez subtile, en amont des manifestations et de la grève prévue cette semaine en Iran. Donc oui, il y a effectivement un emballement médiatique, surtout en Occident sur ce sujet, mais qui n'avait pas lieu d'être. Pas forcément une ruse du côté iranien, plus un emballement côté occidental. Et les deux, les Iraniens savaient très bien ce qu'ils faisaient.

Il faut savoir que c'est un responsable du pouvoir judiciaire qui dit que la police des mœurs dépend d'une autre institution, en l'occurrence le Haut Conseil de la Sécurité Nationale.

45:32
Locuteur 6

Il n'a pas le pouvoir.

45:33
Invité

Non, ce n'est pas à lui dire. Et de toute façon, même si la police des mœurs n'existe plus en Iran, le voile est toujours obligatoire. Ça l'a toujours été, même avant 2005, c'est-à-dire le début de la police des mœurs. Donc en fait, c'était un bon sujet finalement. Dans le même week-end, le même jour en fait, le président iranien, Ibrahim Raisi, a évoqué des modifications possibles de la Constitution. Alors après près de trois mois de mobilisation, on a le pouvoir qui clairement cherche une réponse. Est-ce qu'il est envisageable que l'Iran infléchisse sa loi sur le voile ? Non, non, sincèrement, non, ça fait partie de l'ADN du régime, c'est la République islamique d'Iran.

Donc le voile obligatoire, c'est un des symboles forts du régime, de l'islam politique. Et de toute façon, les Iraniens et les Iraniens aujourd'hui ne revendiquent pas la fin de la police des mœurs, c'est du voile obligatoire, ils revendiquent la fin de la République islamique, qui est un régime démocratique, laïque et séculaire dans le pays. Donc Raisi, ce qu'il dit, ça montre la fragilité, la peur du régime, des responsables du régime. Mais les Iraniens ne sont pas dupes, et on voit très bien aujourd'hui les manifestations continuent.

Sur la police des mœurs, aujourd'hui, une actrice iranienne très célèbre a été convoquée à la prison de Devine parce qu'elle a posé une photo d'elle sans voile sur Instagram. Donc rien n'a changé sur le terrain. Il n'y a pas forcément la police des mœurs en elle-même ? Il y aura les basidus, il y aura d'autres brigades. La police des mœurs, c'est une seule brigade de la police iranienne. Alors ces discussions, tergiversations autour de la police des mœurs, autour de la loi sur le voile, elles arrivent à un moment particulier. Depuis quelques jours, en Iran, circulent des appels à la grève qui court pour aujourd'hui, demain et mercredi.

Il va falloir des gestes plus forts du côté du régime pour espérer un apaisement. Où est-ce que vous pensez, par rapport à ce que vous veniez de dire, qu'il n'y aura tout simplement pas d'apaisement ? Il n'y aura pas d'apaisement. Ça ne veut pas dire que dans deux semaines, il y aura un changement de régime. Mais les Iraniens et les Iraniens le disent très clairement, ils veulent un changement de régime. On ne reviendra plus en arrière. Personne en Iran n'oubliera l'assassinat de Marcel Aminite et les autres jeunes filles. Les Iraniens, ce qui s'est passé, ce qui est très important à comprendre, ils ne croient plus en la réforme.

Pendant des années, on se posait la question, est-ce qu'on peut changer le système de l'intérieur avec des présidents réformateurs ? Les réformateurs ont gouverné en Iran. Pendant 16 ans, rien n'a changé. Donc aujourd'hui, pour la jeunesse iranienne, c'est clair, il faut changer de régime. Donc les appels à la manifestation, à la grève, faites très attention à la journée du mercredi, la journée de l'étudiant en Iran. Je pense qu'il se passera quelque chose d'important en Iran. Vous parliez de la jeunesse et des étudiants, les manifestations qui se poursuivent, la répression aussi.

Il y a également ces images qui nous parviennent, comme ici, un exemple à Bandar Abbas, plusieurs milliers de personnes, des manifestations pro-régime.

48:28
Présentateur

Alors, sans forcément se laisser berner par des images qui pourraient être des images de propagande, ce sont des images de l'agence de presse nationale.

48:35
Invité

Qu'est-ce qu'on sait aujourd'hui de l'opinion iranienne, de la population et de son regard sur ce qui se passe sur place depuis septembre ? C'est difficile de le dire de manière scientifique. Il n'y a pas de sondage en Iran, en tout cas de sondage libre. Mais on peut très bien voir la tendance. Il y a de moins en moins de partisans de régime, il y a de moins en moins de croyants en Iran. Ceux qui soutiennent toujours le régime, un, ça peut être juste pour les intérêts économiques. En Iran, il y a une oligarchie, les guerres d'une révolution contre l'économie du pays.

Il y a certainement une petite minorité fanatique qui soutient le régime pour des raisons idéologiques, mais qui sont ultra minoritaires. Et c'est tout le problème de l'Iran, vous avez une minorité idéologique fanatique qui impose son mode de vie et son style de vie à toute une majorité d'Iraniens. Merci beaucoup Farid Vahid, directeur de l'Observatoire de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient,

49:18
Présentateur

et à la Fondation Georges Jaurès, donc, à suivre cette journée de mercredi qui pourrait être très importante. On l'a évoqué plus tôt, Éric Zemmour fêtait l'anniversaire de son mouvement Reconquête.

49:29
Invité

Avec l'ambition de se relancer. Éric Zemmour, un grand meeting devant 4000 personnes, deux à trois fois moins qu'à Villepinte il y a un an. Mais qu'à cela ne tienne, hier on a retrouvé les cadres zemmouristes tels qu'on les a connus pendant la dernière campagne présidentielle.

49:42
Présentateur

Je suis blanc, je suis chrétien, je suis hétéosexuel, et pour tout cela, je n'ai pas. Les sociétés hétérogènes sont criminogènes, les sociétés multiculturelles sont multiconflictuelles. Les sociétés multiraciales tournent très souvent en sociétés multiracistes.

50:01
Invité

Autre type de propagande, la propagande LGBT. Alors je veux inviter à aller voir où on leur demande de se questionner sur leur identité de genre. Avec nous les étrangers radicalisés, les étrangers délinquants et criminels, n'auront qu'un seul droit dehors.

50:23
Présentateur

Alors William R. et Audrey Payas étaient sur place, on se serait cru, nous disait-il, à quelques semaines seulement d'une élection.

50:29
Invité

Alors si on n'est pas dans l'ambiance, on peut aussi rappeler les scores de 7% au premier taux de la présidentielle et de 4% aux législatives. Un an après, il y a le meeting, il y a l'ambiance, il y a les drapeaux, les supporters, mais aucun élu finalement. Alors on a simplement demandé aux cadres et militants de reconquête. À quoi sert leur parti ? Vous savez, aujourd'hui, il y a des milliers et des milliers de Français dans ce palais des sports qui sont plus motivés que jamais, comme vous le voyez.

50:51
Présentateur

Il y a beaucoup de partis politiques qui jalousent sans doute nos capacités de mobilisation.

50:55
Invité

Pour un parti si jeune, d'avoir émergé comme ça dans le paysage politique, c'est quand même quelque chose d'inédit. Rien n'est terminé, on a encore le temps, on a encore des choses à faire, il y a encore beaucoup d'élections. Le parti a progressé ou régressé ?

51:12
Présentateur

Vous y étiez trois fois plus il y a un an ? Non mais c'était une présidentielle. Personne aujourd'hui n'est capable, hors campagne présidentielle, de rassembler autant de monde. Aucun parti politique.

51:20
Locuteur 8

Ce que je peux vous dire, c'est que je vois qu'il y a de plus en plus de gens qui sont enthousiasmés.

51:25
Présentateur

C'est une fête aujourd'hui, c'est pas un rendez-vous politique, c'est une fête, la fête de Reconquête. Quoi il sert ce meeting ? A dire on est encore vivant, on bouge encore ? A montrer que nous sommes en train de naître. En 10 secondes, à quoi sert Reconquête dans le paysage politique français, Bruno Retailleau ? Je ne sais pas, mais en tout cas moi, ma tâche c'est de faire en sorte que le parti que je veux refonder, que je veux reconstruire, puisse servir à quelque chose et qu'on soit demain une vraie alternative. Parce qu'en 2027, moi je ne voudrais pas que le second tour ait lieu entre M. Mélenchon et Mme Le Pen.

Et je crois que dans une France où il y a beaucoup de Français qui sont à droite, on doit nous représenter une espérance, un idéal français finalement.