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Discours / meetingyoutube.com· 30 juillet 2023 11 minAutoproduitActualité / polémiqueJusticeInstitutions & électionsSolidarités & famille

Le discours de Juan BRANCO ce Dimanche 30 juillet 2023 à Dakar

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 100 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:35PrésentateurFait
    « Ousmane Sonko, porteur de l'espoir du grand peuple des déshérités, a été arrêté. »
  • 8:17PrésentateurChiffre
    « Plus de 600 Sénégalais demeurent enfermés du fait de leurs idées. »
  • 6:58PrésentateurFait
    « Vous l'avez espéré à la menace, l'intimidation, la corruption, servile et soumise. »

Temps de parole

  • Présentateur98 %
  • ?2 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Présentateur

Bienvenue. Monsieur le procureur de la République, nous sommes venus ici vous dire que nous n'avions pas peur. Nous sommes venus ici, au Sénégal, où s'engagent au devenir humain, dire à tous ceux qui nous entendent qu'ils ne doivent pas avoir peur. Ousmane Sonko, porteur de l'espoir du grand peuple des déshérités, a été arrêté. Ce n'est pas le cas de l'espoir qui se levait à ses côtés. Cet espoir, que les balles n'ont pas réussi à détenir, résonne par-delà ses contrées. Il s'élève et s'appose dans les cœurs des centaines de milliers d'exilés qui, de Paris à Hong Kong, ont dû fuir la misère que leurs gouvernants généraient. Cet espoir va au-delà.

Il est celui de toutes les masses sombres et obscures qui, partant des jeunes déshérités de Thies, voguent jusqu'aux gilets jaunes français en passant par les enfants de Gaza, les femmes et hommes maltraités, tous ceux qui crient liberté, dignité, souveraineté. Cet espoir, aucune digue et aucun procureur ne saura l'arrêter. Je suis venu vous dire, monsieur le procureur, qu'une masse sombre et obscure vous toise. Vous et vos décisions d'apparence si fermes, si assurées. Une masse sombre et obscure qui fut celle de vos ancêtres, qui fut celle qui, en des temps reculés, se leva pour mettre fin au regard clair, qui l'esclavagisait et la soumettait.

Cette masse sombre qui vous a fait homme, vous souhaitez désormais la battre. C'est une masse sombre que vous craignez désormais plus que tout, contre laquelle vous vous êtes montré, prêt à lever des armes destinées à la protéger. Monsieur le procureur de la République, l'espoir du monde résonne au Sénégal où un juste, il y a quelques années, s'est levé. Si je prends le temps de lire ce texte, c'est parce qu'il est particulièrement important et que les conséquences que ma présence ici peut avoir peuvent être cardinales pour ma vie, pour celle de mon client et de millions de Sénégalais.

L'espoir du monde résonne au Sénégal où un juste, il y a quelques années, s'est levé pour dénoncer la corruption qui affligeait son peuple. Ce peuple l'a accompagné, s'est sacrifié et martyr a donné une leçon au monde. Il a décidé de loger son âme en un corps que vous avez pensé pouvoir arrêter. Cet homme, ce juste qui est entouré d'âmes mortes, avait décidé de se lever, ne saurait être arrêté. Il y a des êtres qui, se levant, décident que les astres appartiennent à tous et non à ceux qui se sont prétendus vouloir gouverner.

Des êtres qui, fait pour gouverner, pour les privilèges, pour le confort, héritiers de capitaines d'antan assassinés, décident de se joindre au peuple plutôt que de les exploiter. Vous avez fait le choix, monsieur le procureur, de la morbidité. C'est un pouvoir décadent qui, dans sa fuite en avant, n'a pu trouver que la force à opposer un peuple qui lui réclamait le respect. Vous avez perdu, ce faisant, à nous, hommes de droit, notre respect. Aujourd'hui, au Sénégal, un pouvoir a pris l'odeur et l'apparence de l'ambition frustrée, de la soumission au néant, qui donne l'impression, éphémèrement, de goûter à l'absolu.

Ce pouvoir a fait le choix du cadavre, monsieur le procureur, et vous avez décidé d'y accompagner. En vous attaquant, Ousmane Sonko, vous faites allégeance à la mort, contre ceux qui défendent la vie. Je suis venu vous dire, au nom de cet homme que vous a décidé de faire emprisonner, que nous n'avons pas peur. Que nous avons l'âme tranquille des hommes qui luttent et qui observent sans dédain ni pitié ceux qui s'offrent à la servilité. Je suis venu prêter main forte à ceux qui ont décidé de défier le malheur et la fatalité. A ceux qui ont décidé de tenir droit contre ceux qui les veulent plier.

Au Sénégal, s'engage le devenir d'un continent qui a porté l'homme, tutoyé les astres et que l'on a pour cela longtemps persécuté. Un continent qui désormais fait l'histoire et la domine. Ça prétend en écrire les pages les plus glorieuses, dans l'aspiration au bonheur et à la dignité. J'ai l'honneur d'avoir été choisi auprès de mes confrères par un homme qu'un peuple a choisi pour l'accompagner et aux côtés de mes frères et sœurs qui luttent d'avancer sur un chemin pour l'humanité. Au Sénégal, s'engage mon devenir puisque vous avez décidé de m'y faire arrêter signifiant au monde que j'étais recherché. Monsieur le procureur de la République, eh bien me voilà. Je n'ai pas l'âme d'un fugitif.

J'ai fait le serment de défendre un homme, Guzmane Sonko, dont le corps charrie les espoirs de tout un peuple et partant de toute l'humanité. J'ai fait le serment de défendre ceux qui, marchant depuis longtemps asservis, ont décidé de se lever. Vous avez décidé de le faire arrêter, ce corps qui s'est érigé, s'est redressé et à travers lui d'arrêter 17 millions de Sénégalais. Vous l'avez espéré à la menace, l'intimidation, la corruption, servile et soumise. Vous n'avez pas supporté que, rehaussant son regard, ce corps et cette âme disent non. Non, je ne céderai pas. Non, je ne me soumettrai pas. Non, je ne me plierai pas.

Trop de siècles sont passés, j'aspire désormais à la liberté et à la souveraineté. C'est donc tout naturellement en tant qu'avocat, mais également en tant qu'homme, qui sait ce qu'il doit au sien, à tous ceux qui luttent, quelle que soit leur origine et leur couleur de peau, que je suis venu me porter à ses côtés. Et c'est donc naturellement que vous m'avez voulu arrêter. Moi, comme d'autres confrères et consoeurs, comme tant de journalistes, comme tant de citoyens. Car vous savez les reconnaître, monsieur le procureur. Les hommes qui disant non menacent vos intérêts.

Je suis venu vous le dire, monsieur, que vous pouvez arrêter un homme et que vous ne pourrez rien contre la vague et le ressac qui viendront par la suite vous frapper. Nous sommes les héritiers et les ancêtres d'une longue lignée d'êtres qui ont ouvert leurs portes et qui ont ouvert toutes les portes aux sœurs et frères qui tremblaient. Plus de 600 Sénégalais demeurent enfermés du fait de leurs idées. Vous pourrez en arrêter mille autres, monsieur le procureur. Vous ne pourrez rien contre les champs humains que leurs mots et gestes s'apprêtent à en semencer. Monsieur le procureur, je suis venu ici à Dakar vous dire que nous serons vos spectres et que plus jamais vous nous échapperez.

Dans la nuit, dans le jour, aux côtés de ceux qui successivement se lèvront pour la justice et la vérité, vous nous aurez à vos côtés. Amrodantes, torturées, pillées, et assassinées, prêtes à frapper. Je suis venu vous dire et je finirai là-dessus qu'il n'y a de tranquillité que pour l'homme libre et pour celui qui à l'homme s'est voué. Les crimes que vous avez commis, messieurs les gouvernants, messieurs les magistrats, messieurs les hauts fonctionnaires, que vous avez autorisés, ordonnés, se sont inscrits dans la chaire de l'humanité, imprescriptibles et reviendront toutes, toute votre vie vous hantée. Et nous serons leurs garants.

Ceux qui s'assureront que plus jamais ces morts, ces blessés ne soient oubliés. Mort ou vivant, arrêté ou libre, nous viendrons vous susciter cette parole qui jusqu'au plus profond de votre intimité, vous laissant trembler, agité, accablé, prêt à tout pour vous sauver, vous ont amené à l'irréparable. Vous êtes damnés. Votre vie désormais est prise entre les raies de la fatalité. Vous êtes la tragédie et vous rêvez de nous y emporter. Nous demeurerons solaires auprès de nos frères arrêtés, torturés, tués. Nous porterons leur mémoire, leur nom, de falafleur à Papa Madoukaïta.

Nous relayons sans cesse et sans craindre d'eau tomber, sans craindre votre barbarie ni votre sauvagerie, votre obsession du pouvoir et de l'indécence, votre souveraineté et notre liberté. Le monde vous regarde, M. le procureur, et je suis venu vous le dire, le monde nous regarde. À cet instant, les spectres que vous et vos ancêtres, qu'ils soient colons, exploiteurs, maîtres ou traîtres, ont enfanté, à ce moment-là, ils se réunissent et ils se complotent pour qu'en ces terres, rejaillissent enfin beauté et liberté.

Je tiens à vous remercier d'être présent, d'avoir le courage de votre travail et je souhaite remercier mes confrères qui au quotidien défient les personnes qui atteignent à la souveraineté et à la liberté du peuple sénégalais en leur disant que nous sommes là pour eux et que nous sommes honorés d'être à leur côté. Merci. Sous-titrage Société Radio-Canada

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Locuteur

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