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Conférence de presseLCP (sur YouTube)· 17 mars 2025 58 minFond programmatiqueInstitutions & électionsEurope & internationalJusticeSolidarités & famille

Évènement : Les Questions au Gouvernement fêtent leur 50 ans | LCP-Assemblée nationale

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 27 %Défensif 43 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 35:17OuverteRéponse directe

    Mathilde Panot, vous êtes présidente d'un groupe d'opposition. C'est votre but, lors d'une question au gouvernement, de mettre parfois au pied du mur des ministres ?

  • 36:41OuverteRéponse directe

    Marc Fénaud, sur la question, ces questions au gouvernement, qu'on soit de l'opposition, de la majorité, ce n'est pas du tout le même objectif ?

  • 40:58OuverteRéponse directe

    Hendrick Davy, comment ça se passe chez les Insoumis ? Comment vous déterminez les thèmes, les orateurs ?

  • 42:55FerméeRéponse directe

    Vous ne donnez aucun thème au gouvernement ? Vous ne dites rien ?

  • 45:08OuverteRéponse directe

    Annabelle Roger, quand il se passe ce genre de moment, que fait la présidente de l'Assemblée nationale ?

  • 49:30OuverteRéponse directe

    Daniel Fasquel, c'est vrai qu'on parle souvent du décalage qu'on peut avoir dans l'hémicycle et sur les retransmissions ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:29InvitéFait
    « Valéry Giscard d'Estaing, à peine élu président de la République, adresse un message au Parlement et suggère que l'Assemblée aménage son règlement de manière à réserver chaque mercredi une heure pour des questions d'actualité. »
  • 1:54InvitéFait
    « Ce type de débat doit permettre au gouvernement et à l'opposition d'une part, au gouvernement et à la majorité d'autre part, d'avoir un échange bref de vues sur des sujets nationaux ou d'importance nationale. »
  • 10:10InvitéFait
    « Beaucoup de gens pensent qu'on envoie le texte des questions avant de les poser. Alors ça arrive que les députés de la majorité, en soutien au gouvernement, le fassent. »
  • 10:45InvitéFait
    « Nicolas Sarkozy avait souhaité rehausser fortement l'indemnité du président de la République, parce qu'il considérait que ce n'était pas normal que le président soit moins bien indemnisé que le Premier ministre. »
  • 30:55InvitéFait
    « Il est essentiel que vous disiez toute la vérité cet après-midi devant la représentation nationale et devant les Français. »
  • 31:22InvitéFait
    « Je dément catégoriquement les allégations contenues sur le site Mediapart. Je n'ai pas, Monsieur le député, je n'ai jamais eu de compte à l'étranger. »
  • 35:08PrésentateurFait
    « on ne ment pas devant la représentation nationale et devant ceux qui représentent l'ensemble des citoyens »
  • 36:06PrésentateurChiffre
    « le porte-parole des victimes dit qu'il y a 40 plaintes supplémentaires et qu'il pense que des 112 à 160, on pourrait même arriver jusqu'à 300 plaintes »
  • 36:22PrésentateurChiffre
    « face à un fléau qui touche des centaines de milliers d'enfants dans notre pays »
  • 48:27PrésentateurChiffre
    « nous sommes maintenant dans un moment où un français sur trois se prive régulièrement de repas pour pouvoir nourrir ses enfants »
  • 48:33PrésentateurFait
    « la faim revient dans la septième puissance économique au monde »
  • 50:05InvitéFait
    « par une question ou par la répétition de la même question on peut effectivement faire gérer la vérité, obliger le gouvernement aussi parfois à évoluer sur ses positions »
  • 55:04InvitéFait
    « la France lutte et elle surmontera cette épreuve »
  • 55:53PrésentateurChiffre
    « une quinzaine de députés dans l'hémicycle qui représentaient l'ensemble de leur groupe »

Temps de parole

  • Présentateur71 %
  • Invité11 %
  • Invité 27 %
  • Invité 34 %
  • Invité 43 %
  • Invité 52 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et nous sommes de retour sur ces plateaux pour célébrer ensemble le 50e anniversaire des questions au gouvernement. Ils sont là pour nous aider à souffler les bougies, à revenir sur ces moments de tension, d'émotion, d'imprévu. Bruno Fulini, bienvenue. Vous êtes historien, vous connaissez l'Assemblée mieux que personne. Roger Chineau, vous avez, vous, été député, écoutez bien, en 1973 jusqu'en 1980. Vous avez connu la transformation des questions d'actualité. Annabelle Roger, vous êtes journaliste, vous avez publié au perchoir les secrets des présidents de l'Assemblée nationale.

Et puis François de Rugy, on peut le dire, vous avez une triple casquette, ancien député, ancien ministre, ancien président de l'Assemblée nationale. Une vision à 360 degrés de ces questions au gouvernement. Donc, le 50e anniversaire est tombé pendant la dissolution. Je vous propose donc de retourner en 1974 pour voir la transformation des questions au gouvernement, leur naissance, celle qu'on connaît aujourd'hui. Un sujet de Maïté Frémont.

0:59
Invité

L'ordre du jour appelle les questions au gouvernement.

1:03
Présentateur

C'est une phrase qui résonne dans l'hémicycle depuis maintenant 50 ans. Cet après-midi, la séance des questions à l'Assemblée nationale.

1:10
Invité

Les QAG, comme on les appelle, sont devenus en un demi-siècle le temps fort de la semaine parlementaire. Le 30 mai 1974, Valéry Giscard d'Estaing, à peine élu président de la République, adresse un message au Parlement et suggère que l'Assemblée aménage son règlement de manière à réserver chaque mercredi une heure pour des questions d'actualité. Objectif, renforcer la vie démocratique. Je demanderai alors au Premier ministre et à l'ensemble des ministres d'être présents à cette séance afin de répondre directement aux questions. 15 jours plus tard, Edgar Faure, alors président de l'Assemblée, tente l'expérience. Jacques Chirac explique le concept.

Ce type de débat doit permettre au gouvernement et à l'opposition d'une part, au gouvernement et à la majorité d'autre part, d'avoir un échange bref de vues sur des sujets nationaux ou d'importance nationale. En 50 ans, la formule change plusieurs fois, de 1974 à aujourd'hui. Actuellement, deux séances, l'une le mardi, puis une autre un peu plus courte le mercredi.

2:19
Présentateur

Monsieur le Premier ministre, j'ai deux questions auxquelles j'attends une réponse claire.

2:23
Invité

Chaque groupe politique intervient par la voix d'un député. Deux minutes pour poser sa question et éventuellement réagir à la réponse du ministre interrogé. « S'il vous plaît, vous connaissez la règle, c'est le gouvernement qui choisit, le ministre qui doit répondre. » « Monsieur le député Ciotti. » Un rythme bien souvent fait de diatribes enflammées, parfois de brouhaha généralisée, mais souvent de débats qui permettent aux citoyens de suivre la vie politique française.

2:51
Présentateur

La séance des questions au gouvernement est terminée, la séance est suspendue. Et la séance reprend sur ce plateau. Bruno Fulini, comment ces questions au gouvernement se sont-elles imposées comme un moment important, phare de la semaine ici au Parlement ?

3:07
Invité

Alors, bien sûr, par la télévision. Il y avait déjà depuis 150 ans, en fait, à partir d'aujourd'hui, à partir de 1875, un droit pour les députés d'interroger le gouvernement. Mais ça se faisait selon des modalités pas du tout intéressantes, pas du tout spectaculaires. Même au début de la Ve République, ce sont des séances qui ont lieu le vendredi. Il n'y a pas beaucoup de députés. Les ministres ne sont pas obligés de répondre immédiatement. Le président lit la question avant de donner la parole aux députés. Bref, c'est tout à fait inintéressant. Et ce qui se passe en 1974, pour, comment dirais-je, effectivement, renouveler l'exercice et puis donner la parole à l'opposition.

3:44
Présentateur

Ça, c'était dans les idées nouvelles que défendait Giscard d'Estaing, qui venait d'être élu président de la République. On imagine un système beaucoup plus dynamique, alors qu'il a été perfectionné depuis.

3:54
Invité

Et puis, dès la première séance, le 12 juin 1974, il y a des caméras. Alors attention, à l'époque, il n'est pas question encore d'une retransmission en direct. Il n'est pas question d'une retransmission intégrale.

4:05
Présentateur

On se donne le temps de faire le tri. Et même, en fait, au bout d'une demi-heure, les journalistes remballent leur matériel, ce qui va susciter un rappel au règlement des députés qui avaient une question à poser

4:16
Invité

et qui ne vont pas passer à la télé.

4:18
Présentateur

Ils veulent être filmés, eux aussi.

4:18
Invité

Il faut voir qu'en 1974, passer à la télévision, c'est très important. Je ne dis pas que ça ne l'est moins aujourd'hui, mais il y a beaucoup de chaînes aujourd'hui. À l'époque, c'était vraiment, imaginez, pour un député passer à la télévision. Donc, énorme frustration. Et donc, ce qui est intéressant, c'est qu'à peine la première séance de questions à gouvernement est-elle terminée, que le président de l'époque, Edgar Ford, s'engage à prendre langue avec la télévision française pour trouver des modalités telles que... Et c'est seulement à partir de 1981 que les séances vont être intégralement retransmises

4:49
Présentateur

et entrer dans les foyers et prendre cette importance. – Roger Chineau, je le disais, vous étiez député, justement, à ce moment de bascule, 1974. Vous l'avez vécu, cette transformation des questions au gouvernement. Ça a beaucoup compté pour les députés ? – Ah oui, c'était tout à fait important. Et il faut bien replacer, je parle sous le contrôle de l'historien parmi nous, c'était une... Giscard, il avait voulu... Il se trouve que j'étais un de ses collaborateurs depuis 1965, donc je me chargeais d'affaires politiques et donc j'avais suivi cette préparation de prêts. Et si vous voulez, les parlementaires ont été fidèlement surpris, d'abord, de l'initiative.

Et après, ceux qui ont été les plus surpris, je me souviens effectivement à Edgar Ford, pardon le président dont on peut vous parler il y a un instant, et il a fallu que les prêts dans le groupe, qui est une fonction à mon avis tout à fait essentielle, sur le plan du fonctionnement quotidien de l'Assemblée, apprennent aussi. Vérité, j'ai été élu à ce moment-là président de mon groupe parlementaire, j'étais secrétaire général de notre formation avant, et si vous voulez, il a fallu qu'on apprenne et qu'on voit comment on pouvait l'utiliser. – À se familiariser avec cet exercice. – À se familiariser avec l'exercice.

Le problème de la télévision s'est posé assez rapidement, parfaitement, comme vous l'avez dit, ça n'a pas été la première préoccupation des parlementaires. Bon, ça leur aurait fait plaisir, mais le fait déjà qu'il puisse y avoir cette action directe vis-à-vis du Parlement, et à cette époque-là, où les questions n'étaient pas transmises au préalable, – Justement, ça on y reviendra sur ces coulisses.

– C'était un point, donc c'était de la matière brute, si j'ose dire, et je contrôle la présidente de l'Assemblée, et c'était difficile, mais bon, tout le monde avait à faire un apprentissage, mais c'était un souci fondamental, je dirais, de fonctionnement des institutions pour le nouveau président de la République, c'est d'ailleurs à la même époque qu'on a mis en chantier la possibilité pour 60 parlementaires de saisir le Conseil constitutionnel directement, pour le cas où il y aurait une opposition qui se manifestait, c'était l'ouverture, en quelque sorte, améliorée pour l'époque, du fonctionnement du débat parlementaire.

– François de Rugy, je le disais, vous avez vécu plusieurs rôles dans ces séances, un mot pour définir chacun en tant que député, en tant que ministre, en tant que président de l'Assemblée ?

– Je pense que pour les députés, c'est un moment très important, parce que c'est vraiment une expression directe vis-à-vis du gouvernement, en France on aime bien quand même la logique un peu d'affrontement entre le gouvernement et le Parlement, surtout entre l'opposition et le gouvernement, donc c'est un moment important, l'aspect évidemment que moi j'ai toujours connu, d'abord sur France 3, puis sur LCP, la retransmission en direct, donc vraiment on intervient devant ces électeurs, entre guillemets, en tout cas devant les Français, sans filtre, ça met une pression aussi, parce que si on se trompe, si on trébuche sur les mots, si on ne va pas au bout de sa question, le monde le voit.

Et puis après évidemment c'est différent quand on est côté ministre, et un président de l'Assemblée c'est encore autre chose, président de l'Assemblée, moi je dois dire que pour moi c'était les séances les plus difficiles à présider, parce que c'est vraiment des séances dans lesquelles à tout moment, il peut y avoir du chahut, il peut y avoir tout d'un coup un emballement simplement autour d'un mot, un mot prononcé par un député,

8:08
Invité

un mot prononcé par un ministre, et comme il peut, ça peut être très calme, comme ça peut se dérouler sans accroc, donc c'est une séance difficile à présider.

8:16
Présentateur

– On va revenir sur votre expérience de député, Annabelle Roger, François de Rugy, je le disais, c'est le titre de votre livre, le président de l'Assemblée, il donne la parole, mais est-ce qu'il a vraiment un rôle dans cette séance-là ? Chacun a pu imposer son style. – Il a un rôle essentiel, qui est un rôle d'arbitre finalement, puisque c'est lui qui distribue la parole, c'est lui qui effectivement stop quand ça ne va pas, et quand ça va vraiment très très mal, où il interrompt carrément la séance, et on éteint les caméras à ce moment-là, donc c'est très important.

C'est une séance que le président préside, parce que vous savez que le président a six vice-présidents, il préside à tour de rôle, ce moment-là des questions au gouvernement, les présidents de l'Assemblée nationale, ils tiennent tout particulièrement. – C'est très très rare effectivement.

– Il y a tout un cérémonial, le président part du bureau, il traverse la salle des pas perdus, entre les gardes républicains, ce qu'on voit tous les mardis, et il y a une vraie solennité dans ce moment-là, et effectivement tous les présidents qu'on a interrogés dans le cadre de ce livre nous disent que c'est un moment très spécifique, qu'ils ont beaucoup apprécié, avec des moments extrêmement compliqués, mais chacun y a apporté sa patte, sa manière de faire, qui correspond assez souvent à sa personnalité.

– Alors sur les questions des députés, François de Rugy, vous aviez eu cette casquette, il faut ménager peut-être un certain suspense, je vais vous proposer de regarder un extrait, c'est une question que vous aviez posée, vous étiez député d'opposition. – Je voudrais partager avec vous, mesdames et messieurs les ministres, une petite devinette. Quels sont les agents de l'État qui en 2009, se verront octroyer une augmentation de salaire moyenne de 15 300 euros chacun. – Alors c'était un petit suspense, un petit piège que vous aviez fait au gouvernement, expliquez-nous. – Oui, vous savez que beaucoup de gens pensent qu'on envoie le texte des questions avant de les poser.

Alors ça arrive que les députés de la majorité, en soutien au gouvernement, le fassent. Pas toujours d'ailleurs. Il arrive même, on dit que c'est des questions téléphonées, c'est-à-dire que parfois c'est les ministres qui demandent à des députés, ce serait bien si vous pouviez poser une question. – Et les députés disent allô quand ils considèrent que c'est un peu trop téléphoné. – Et ça arrive, moi-même, quand j'étais ministre, ça m'est arrivé de dire que ce serait peut-être bien si on pouvait parler de tel ou tel sujet à travers une question d'actualité.

Mais quand on est député d'opposition, ce qui était mon cas à cette époque-là, j'étais évidemment dans la situation où je n'envoyais pas les textes de mes questions avant. Mais les cabinets des ministres insistent et disent, mais quel va être le thème ? Et donc j'avais dit, écoutez, je vais parler de l'augmentation des salaires des fonctionnaires. Et en fait, ce que je visais, c'était l'augmentation du traitement du président de la République, parce que Nicolas Sarkozy avait souhaité rehausser fortement l'indemnité du président de la République, parce qu'il considérait que ce n'était pas normal que le président soit moins bien indemnisé que le Premier ministre.

Et là, vous aviez vu le ministre changer un peu de tête au début de votre question ? Oui, on ne le voit pas à l'écran, mais c'était Éric Wörth, qui était ministre à l'époque, on disait, des comptes publics, qui avait répondu. Et en effet, au début, je crois qu'il se disait, voilà, c'est une question parmi d'autres sur les salaires des fonctionnaires, j'ai une réponse toute faite. Et tout d'un coup, je le vois, en effet, tourner la tête et dire, mais de quoi va-t-il me parler ? Et être un peu, en effet, cueilli à froid. Roger Chineau, vous l'aviez dit, vous avez été président du groupe. On se battait dans votre groupe pour poser une question ? Beaucoup de députés vous disaient, allez, à moi.

Non, on n'allait pas jusqu'à la bataille, mais il fallait faire un arbitrage, parce qu'on savait à peu près par le temps combien de questions on pouvait passer. Donc, ça fait partie des missions d'un président de groupe. C'est d'essayer de répartir un petit peu, et sur le plan régional, et sur le plan des tendances, qui peuvent être diverses dans des groupes. Ça dépend de leur importance. C'est un petit peu plus compliqué quand, en 1978, on a créé le groupe UDF, et j'ai été élu également président du groupe UDF à ce moment-là. Bon, parce qu'il y a davantage de monde, mais c'est tout à fait normal. Mais il y avait beaucoup de volontaires.

Je voudrais revenir sur le plan de la télévision, de la radio, reprenant ça. Il a fallu, effectivement, un peu de temps avant, et Edgar Ford a joué un rôle fondamental, d'ailleurs, pour aider à faire qu'il en soit ainsi. Mais l'intérêt est devenu très, très vif, tout de suite, tout de suite, chez les parlementaires. Ça leur a fait plaisir, quelle que soit d'ailleurs leur tendance politique. Moi, je me souviens, en parlant d'entreprise dans le groupe, c'était Defer, c'était Balanger, et c'était Claude Labbé, déjà, du côté gris. Si vous voulez, ça a été...

Ils ont vu, et moi, je sais que c'est un argument pour pousser les parlementaires, au début, à être candidats pour poser une question, si vous voulez, c'est qu'ils ont tout... La presse écrite a tout de suite été relée. La presse écrite a tout de suite fonctionné, et la presse locale, pour un député, c'est fondamental. Donc, le député prévenait parfois le journal de presse quotidienne régionale en disant, je vais poser une question, écoutez bien. Il vérifiait, et puis c'était pris. Et puis, les correspondants de presse, c'était au Parlement, faisaient admirablement leur métier.

Il y avait, à ce moment-là, une représentation de l'agence France Presse, formidable, c'était un couple, d'ailleurs, homme-femme qui me donnait ça, c'était Pajot, je suis en train de rechercher, valeureusement, le nom de sa complice. Et il y avait une base tout de suite, et un bureau très actif, et ça a dû vous arriver, amis, c'est le... Comment dirais-je ? Les parlementaires allaient tout de suite voir au bureau de presse que la liaison soit... La question était bien reprise. Alors, justement, il faut choisir le thème, c'est savamment orchestré, parfois des questions sur la circonscription. Écoutez ce que disait Jacques Chirac, le conseil qu'il donnait sur les questions gouvernement.

13:54
Invité

Ce type de débat ne doit pas se limiter à des affaires de circonscription. Et que je suis tout prêt, je vais néanmoins répondre.

14:01
Présentateur

Donc on l'a redit, ces questions, elles ont leur importance, puisque tous les électeurs les regardent. On revient, Bruno Fulini, avec vous, sur les différentes étapes. Vous le disiez, donc à partir de 1974, on les filme, diffusé en 81 sur France 3 et sur LCP. Cocorico, c'est François de Rugy qui avait aussi pris cette décision. Ça change quoi vraiment pour les députés, la médiatisation et pour les médias aussi ? De leur côté, il y a un intérêt rapide sur cet exercice ?

14:29
Invité

Il y a un intérêt à la fois pour les médias, pour l'institution et bien sûr, pour le député qui est mis en valeur parce qu'il pose sa question. Pour les présidents d'Assemblée aussi qui apparaissent, comme ça a été dit,

14:39
Présentateur

finalement en pivot de ce moment-là. Et pour les ministres, ils sont bons. Il faut voir qu'à l'origine, ces questions ont lieu le mercredi, c'est-à-dire très peu de temps

14:47
Invité

après la fin du Conseil des ministres. Et donc ça permet d'interroger le gouvernement sur ce qui vient d'être décidé au Conseil des ministres, avec très peu de temps entre la fin du Conseil des ministres et l'ouverture de la séance. Donc ça, c'est tout à fait important. Et puis à l'origine, le mercredi, c'était aussi un jour un petit peu différent des autres

15:05
Présentateur

parce qu'un jour où les enfants n'avaient pas cours. Donc il y avait aussi une dimension d'éducation civique. C'est-à-dire que les questions au gouvernement dans les années 70-80,

15:15
Invité

c'est aussi un spectacle familial.

15:16
Présentateur

On disait aux collégiens, aux lycéens, aller regarder un petit peu ce qui se passe à l'Assemblée.

15:19
Invité

Ils le regardaient avec leurs parents ou avec leurs grands-parents, effectivement. Et donc ça a beaucoup popularisé l'Assemblée avec, attention, un effet de miroir grossissant. C'est-à-dire que les questions au gouvernement, c'est même pas 2% du temps parlementaire dans l'année, mais c'est comme ça que le grand public voit les débats parlementaires, d'où les commentaires des fois un petit peu amers qui peuvent circuler.

15:41
Présentateur

C'est la question que j'allais vous poser, Annabelle Roger. On le suit bien, évidemment, sur LCP. Il y a les commissions, il y a tout le travail en séance publique, les questions au gouvernement, c'est finalement peu de choses. Mais pour un député, il le sait, ou une députée, évidemment, c'est le moment clé dans la semaine. C'est le moment où on peut briller, finalement, et puis où on peut briller surtout vis-à-vis de ses concitoyens et des citoyens de sa circonscription. Vous disiez tout à l'heure l'évolution des médias et de l'intérêt des médias.

Quand on est encore en tribune à la place des journalistes, il y a encore, effectivement, des petites étiquettes avec la dépêche du midi, ni ce matin à Ouest-François. Voilà, les tribunes qui sont un petit peu au-dessus de l'hémicycle. Là où s'installent les journalistes. On a une très belle vue plongeante, d'ailleurs, sur l'ensemble de l'hémicycle. Donc, effectivement, c'était avant les journalistes de ce qu'on appelle la PQR, des journaux locaux. Et aujourd'hui, le mardi, à partir de 14h30 jusqu'à 16h15, les journalistes politiques sont à l'Assemblée nationale.

François de Rugy est fait immédiat dans la circonscription, au retour le jeudi, quand on a posé une question la veille ou l'avant-veille ?

16:44
Invité

Alors, oui et non.

16:45
Présentateur

D'abord, parce que Jacques Chirac le disait au tout début, il avait tout de suite perçu le risque que des députés viennent poser des questions qui ont vraiment trait uniquement à leur circonscription. Je crois que, malheureusement, ça existe toujours. En tout cas, moi, je l'ai toujours connu. Et c'est vrai que c'est un peu dommage que dans une enceinte nationale, on s'adresse normalement à toute la France, il y ait des sujets. Bon, mais ça peut sensibiliser des gens aussi dans la circonscription. Mais je vais vous raconter une anecdote qui permet de relativiser aussi.

Un jour, moi, j'allais chercher ma fille à l'école, dans ma commune, dans ma circonscription et un parent que je voyais souvent me dit « Ah, je vous ai vu l'autre jour intervenir à la télévision, à l'Assemblée. » Je dis « Ah bon ? Je n'avais pas le souvenir d'une intervention récente. » Il me dit « Si, si, je vous ai vu pendant la séance des questions, vous hochiez la tête. » Vous voyez que pour un citoyen qui regarde la séance des questions alors que je n'avais pas posé de questions, le simple fait que j'ai été filmé

17:33
Invité

en train de hocher la tête par rapport à ce que disait un collègue, pour lui, c'était une intervention. Donc vous voyez que ça relativise un petit peu aussi les interventions. Bruno Fulini, j'en viens,

17:41
Présentateur

certains étaient spécialistes. Il faut se faire remarquer, Bruno Fulini.

17:45
Invité

Les députés savent très bien que parmi les bonnes places, il y a celles qui sont dans le champ, c'est-à-dire pas loin des micros. C'est-à-dire que même si vous ne posez pas la question, du simple fait que vous êtes dans le champ, c'est bien. Si vous n'avez pas une aussi bonne place mais qu'une telle place est libre, comme vous n'êtes pas obligés absolument d'occuper votre siège, on voit parfois des députés qui migrent parce qu'ils savent qu'un collègue va poser une question. Et puis alors vous avez les grands pros, c'est-à-dire ceux qui, pour les questions au gouvernement, mettent un vêtement très voyant pour qu'on les voit de loin.

18:12
Présentateur

Regardez justement cet exemple. Veste jaune. Évidemment, c'est une anecdote que tout le monde connaît, la veste jaune. Regardez ces images. On le voit, on le repère tout de suite. Moi là, je l'ai vu immédiatement à l'image. La veste jaune, Bruno Fulini, du député de Gauchy spécial. Qui par ailleurs ne posait quasiment jamais de questions. Mais on le voyait tout le temps. C'est-à-dire que pour lui, être à la séance des questions au gouvernement consistait non seulement à mettre une veste jaune. Je l'ai croisé des dizaines de fois dans les couloirs de l'Assemblée. Jamais il n'avait une veste jaune pour le reste du temps. Donc il la mettait uniquement pour la séance des questions.

Et en effet, lui, il bougeait. On le voyait bouger au fil de la séance pour se mettre à côté d'un député de son camp quand même qui posait une question. Il y avait aussi un autre député socialiste, lui, qui est mort malheureusement, Patrick Roy, qui lui avait une veste rouge. Et c'est pareil. Il avait décidé de mettre une veste rouge dans l'hémicycle pour bien montrer qu'il était de gauche et que... Et alors, en plus, il l'interpellait chaque fois qu'un ministre parlait, enfin le ministre du Travail en l'occurrence, et il disait le ministre du Travail et du Chômage. C'est ce que vous... Et c'est comme ça qu'il s'est fait connaître dans l'hémicycle.

Vous aviez retenu comme anecdote aussi à Annabelle Roger. On se fait un peu remarquer comme on peut. Exactement. Et mais il y avait des députés, peut-être moins maintenant parce que c'est rentré dans les mœurs, etc. Mais il y avait des députés qui demandaient, c'est Jean-Louis Debré qui me racontait ça, il me disait, pas forcément de questions, mais est-ce que tu peux me citer ? Donc Jean-Louis Debré, il faisait « Taisez-vous, monsieur Untel ».

Monsieur Untel n'avait rien fait, mais au moins, il avait été cité et c'est une anecdote qui m'a été confirmée par André Chassaigne qui est encore président de groupe aujourd'hui et qui m'explique qu'un jour, il fait passer un petit papier comme ça par les huissiers à Jean-Louis Debré qui dit « Ah, vous savez, monsieur le président, les papiers et les mamis de ma circonscription ne savent sans doute pas que je suis dans l'hémicycle. » Il continue le débat et là, il entend « Taisez-vous, Chassaigne ! » Et Jean-Louis Debré avait effectivement reçu ce petit mot et avait pointé finalement le député qui s'est dit.

Rien que le nom prononcé, Roger Chineau, il y avait aussi certains députés dans votre groupe qui faisaient tout peut-être pour se faire entendre ou se faire voir lors de cette séance. Oui, au début, on n'a pas connu les couleurs d'uniforme encore, mais c'était le début, donc il y avait des hésitations. Mais ceci dit, ils ont rapidement vu qu'il fallait essayer de s'exprimer malgré tout même pendant la séance, c'est-à-dire de pousser du coup d'un copain, de se faire remarquer. Ils ont tout à fait repéré. Non, le plus difficile, à mon avis, au début, c'était d'essayer d'équilibrer les questions d'intérêt, circonscription ou départementale, si vous voulez. Il fallait absolument qu'il y en ait.

Et puis de travailler aussi, parce que vous avez les groupes à l'Assemblée, mais vous avez les commissions. Et on l'avait tous, en fonction de nos formations politiques, on désignait des WIP de commissions, leur permettre, en fonction précisément, vous y faisiez allusion tout à l'heure, de l'ordre du jour du Conseil des ministres la semaine précédente ou du jour même, puisque au début, c'était le mercredi, de faire poser une question qui relance ou qui complète le débat de commission et surtout la question qui créait un problème entre le ministre compétent et puis la majorité de sa commission.

Et en plus, il fallait essayer d'équilibrer, d'ailleurs, pour les présidents de groupe, la répartition des questions. Je pense qu'on savait qu'il pourrait y en avoir 7, 8, enfin, ça dépendrait du temps. De fond, un peu plus politique aussi, parfois. François de Rugy, surtout que par rapport au brouh qu'il peut avoir dans l'hémicycle, les députés n'aiment pas trop qu'on les sermone. Je crois que vous aviez demandé à certains députés quand vous étiez de président de l'Assemblée nationale de ne pas invectiver à haute voix liberté d'expression du député. Oui, j'ai beaucoup bagarré là-dessus sans arriver à avoir plus de calme et de respect mutuel dans l'Assemblée.

Alors, vous aviez des députés dont c'était vraiment le sport à chaque séance. Par exemple, je me souviens très bien Éric Strouman qui avait une voix très forte. Donc, lui, il était en bas, assez proche du gouvernement d'ailleurs, et il interpellait régulièrement les ministres qui répondaient. Et puis, quand j'étais président de l'Assemblée nationale, en effet, il y avait Aurélien Pradier, on peut le nommer, ça a été public à l'époque, qui invectivait aussi beaucoup soit les autres députés, soit les ministres qui répondaient. Il était un jeune député à l'époque, il venait juste d'être élu. Vous voyez, ce n'est pas une histoire de vieux parlementaire roublard.

Et le président de l'époque, Christian Jacob, de son groupe, me dit,

22:23
Invité

tu peux le convoquer dans ton bureau à l'Assemblée et lui dire quand même qu'il faudrait se respecter mutuellement. Ce que j'ai fait, c'était un échec total

22:30
Présentateur

puisqu'à à peine sorti de mon bureau, il est allé dire à la presse que je m'étais comporté comme un maître des colmets. Moi, je tiens à cette idée, je vois bien qu'aujourd'hui, ça continue à être des séances très perturbées, qu'on se respecte, on respecte le temps de parole. Moi, j'avais été traité par un journaliste, d'ailleurs de l'Express, de Seriole Cooper parce que je coupais la parole, en effet, et je l'assumais, tant aux députés communistes lorsqu'ils dépassaient les deux minutes parce que sinon, on ne peut pas avoir une séance de questions au gouvernement qui se tienne normalement.

Et c'est toujours compliqué aujourd'hui puisque la présidente de l'Assemblée annonce qu'elle va aussi réunir, travailler avec les groupes parlementaires pour essayer de réduire un peu la pression. Il y a aussi l'imprévu, l'inattendu. Bruno Filini, on va revenir avec vous là-dessus. On regarde d'abord les images. C'était en décembre 2003. Séance interrompue, perturbée par les intermittents du spectacle.

23:23
Invité

Voilà, il fallait bien s'y attendre malgré les dispositifs de sécurité qui sont prêts à l'Assemblée nationale. Vous voyez que les intermittents ont réussi à entrer dans les tribunes du public.

23:32
Présentateur

Là, c'est quoi ? C'est panique à bord, Bruno Filini, dans l'Assemblée ?

23:36
Invité

De façon générale, là, ce n'est pas propre aux questions au gouvernement. Les séances sont publiques. Il y a du public dans les galeries, mais ce public n'est pas censé se manifester ni oralement, ni gestuellement. Et il arrive souvent quand il y a un problème politique, quand il y a une polémique, que des gens enfreignent cette règle, balancent des tracts dans l'hémicycle, se manifestent. Alors, ça n'est jamais allé aussi loin qu'au Sénat où un militant s'est mis tout nu et a sauté dans l'hémicycle. On n'a pas encore eu ça, je ne me donnais d'idée à personne.

24:04
Présentateur

Pas encore.

24:05
Invité

Il y a eu une militante de Greenpeace qui est descendue avec une corde

24:08
Présentateur

depuis les tribunes du public. Alors, ce n'était pas lors d'une séance de questions au gouvernement, c'était pendant un débat sur les accords de l'environnement. Ah si, c'était pendant une séance de questions au gouvernement. Et Bernard Acoyer, qui présidait la séance à l'époque, a immédiatement suspendu la séance. Et c'était suite, Greenpeace avait fait une grosse action puisque le matin, ils avaient tendu une banderole sur la toiture de l'Assemblée avec un faux camion de pompiers. Et puis, l'après-midi, ils sont intervenus dans la séance de questions au gouvernement.

24:32
Invité

Et ce qui est vrai, c'est que les séances de questions au gouvernement donnent une très grande visibilité à toute manifestation qui n'est plus un discours. D'où les drapeaux, d'où les costumes symboliques. Jean Lassalle avait, par exemple, une fois chanté et une autre fois revêtu un gilet jaune. Pas besoin de parler, on comprend.

24:51
Présentateur

Toute petite précision, Annabelle Roger, là, c'est encore filmé à l'époque. On voit les journalistes qui commentent à l'image. Là, aujourd'hui, la réalisation de l'Assemblée coupe tout. Il n'est plus question de voir lors des suspensions de séance ce qui passe dans l'hémicycle. C'est très simple. À partir du moment où les micros sont coupés par le président, je pars sur votre contrôle, les caméras sont éteintes pour éviter justement de donner cette image de bazar qu'on a malgré tout, y compris au sein même de l'hémicycle maintenant avec des députés assez perturbateurs.

On pose au drapeau palestinien, peut-être qu'on y reviendra, de Sébastien Deloglou, des députés insoumis qui sortent les courses pour dénoncer une coupe des APL pour les étudiants. Enfin, voilà, il y a aussi au sein de l'hémicycle maintenant des happenings parce qu'on dit voilà, c'est un peu une sorte de théâtre. De nombreux politiques le disent, c'est du stand-up en direct. Parfois, une ultime question pour vous, Roger Chineau. Est-ce que vous les regardez encore les séances de QAG aujourd'hui ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Toutes, mais j'en regarde quelques-unes à certains moments si vous voulez.

Bon, puis j'aime bien voir comment la mécanique marche et puis ça permet surtout de voir comment tel ou tel ministre répond. Ça me paraît tout à fait important. Je dois reconnaître la seule chose qui frappe pour quelqu'un d'âge comme moi, c'est que, en vérité, il y a une crise du Parlement dans toutes ces affaires. Le Parlement d'aujourd'hui ne respecte pas le minimum de règles qu'il faut rester. Ça n'a rien à voir avec la présidence qui fait ce qu'elle peut avec beaucoup de présidents de groupe, mais je ne veux citer personne ici, nous n'avons pas à faire des politiques actives, si j'ose dire. Mais c'est insupportable.

Mais ils ne se rendent pas compte à quel point ridiculiser, diminuer la qualité de l'image du Parlement, c'est-à-dire faire que cette institution en elle-même souffre du désordre parlementaire créé par des gens qui pensent d'abord à s'agiter plutôt qu'à discuter et ceci en ne respectant jamais l'autre. Allez, je vous remercie. C'est un problème de la société. Il faut d'abord penser à l'autre aujourd'hui. Je vous remercie infiniment à tous les quatre d'avoir accepté de regarder dans le rétroviseur ces 50 ans d'histoire des questions au gouvernement. Restez avec nous dans un instant de nouveaux invités, évidemment, mais je vous propose un petit best-of, un magnéto de l'Assemblée.

On l'a intitulé « Du rire aux larmes ».

27:09
Invité

À la sortie de la toute première séance de questions au gouvernement en 1974, voici ce que disait ce député. Ça donne la place à un certain humour qui est toujours indispensable à la vie politique.

27:21
Présentateur

Et de l'humour, il y en a eu, parfois involontaire. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les retraités, Monsieur le député Jean-Philippe Né.

27:29
Invité

« S'agissant des autorisations qui ont été données en matière d'exploration et d'exploitation de gisements de gaz de schiste, compte tenu des méthodes qui sont actuellement employées pour exploiter ces gisements de gaz de schiste, et compte tenu... » « Nous sommes en train de recueillir toutes les demandes des communes qui sont concernées avec le ministre de l'Intérieur, Christophe Collomb, et deux, que nous aurons l'intégralité des demandes, Gérard Collomb. « De l'humour, mais aussi des traits d'esprit. » « Monsieur le député, Éric Ciotti, si c'était du temps de ma fringante jeunesse, j'aurais supposé un sentiment contrarié.

Mais cet hémicycle tout entier a déjà constaté à quel point je vous obsède dans toute votre expression publique avec une constance qui appelle quand même l'admiration. » Les QAG, c'est aussi de la solidarité et avec le retour de ce député, premier parlementaire atteint du Covid, un mois dans le coma. « Pour tous ceux qui se battent aujourd'hui contre le virus,

28:59
Présentateur

je n'ai qu'un message à leur donner. Ils vaincront ce virus et vivent la vie ! »

29:05
Invité

De la compassion également quand un député malade fait ses adieux. « J'ai été autant bouleversé, autant bouleversé par le soutien tout aussi humaniste du gouvernement, de vous, monsieur le président. Alors que je vous vilipende à longueur de séance, vous avez été à mes côtés sans faille. Je vais vous le redire. Je vais vous le redire. Je vous aime toutes et tous. La vie est belle. » Merci.

29:37
Présentateur

Et puis de l'émotion lors de la toute dernière intervention d'une personnalité politique.

29:43
Invité

« Dire aussi que dans ces 20 années d'exercice du travail parlementaire comme ministre ou comme député, j'ai toujours essayé de faire au mieux, mais chacun sait que face à la rudesse des choses et des défis, quand on essaie de faire au mieux, on n'est jamais sûr de bien faire. Et je voudrais vous dire aussi l'immense fierté qui a été la mienne d'être si longtemps à vos côtés. »

30:10
Présentateur

Et on accueille à présent nos nouveaux invités. Annabelle Roger, vous vous êtes restée sur ce plateau. Je rappelle que vous êtes journaliste, vous êtes autrice du livre « Au perchoir, les secrets des présidents de l'Assemblée nationale ». Mathilde Panot, vous êtes présidente du groupe « La France insoumise », députée depuis 2017. Marc Fénaud, plusieurs casquettes, président du groupe « Les démocrates ». On vous invite pour votre expérience d'ancien ministre des Relations avec le Parlement. Je précise que vous avez aussi été ministre et député. Daniel Fasquel, vous avez été député « Les Républicains » du Pas-de-Calais de 2007 à 2020.

Alors, s'il fallait vous inviter, Daniel Fasquel, c'est quand on se remémore ces grands moments des questions au gouvernement. On pense souvent à la question que vous aviez posée à Jérôme Cahuzac. On revit ce moment ensemble. c'était en décembre 2012.

30:55
Invité

Il est essentiel que vous disiez toute la vérité cet après-midi devant la représentation nationale et devant les Français. Merci. La parole est au ministre délégué chargé du budget Jérôme Cahuzac.

31:09
Présentateur

Merci, Monsieur le Président. Monsieur le député, j'appartiens au gouvernement de Jean-Marc Ayrault qui a été investi par la représentation nationale. Votre question est donc légitime et il est normal que j'y réponde. Je dément catégoriquement les allégations contenues sur le site Mediapart. Je n'ai pas, Monsieur le député, je n'ai jamais eu de compte à l'étranger et c'est donc devant la justice que je m'expliquerai devant ces contradicteurs en attendant d'eux des éléments probants qui à ce jour font manifestement défaut. Merci, Monsieur le député, de m'avoir permis de le dire devant la représentation nationale.

Daniel Fasquel, est-ce que vous vous souvenez des coulisses de la préparation de cette question au gouvernement ?

31:53
Invité

Je m'en souviens effectivement très bien. C'était au mois de décembre, je crois que c'était un cas de décembre, vous voyez, ça m'a marqué. Mediapart diffuse cette information comme quoi Jérôme Cahoussac pourrait avoir un compte en Suisse et immédiatement, moi je propose qu'au sein de mon groupe on pose une question à ce sujet parce que c'était important que les Français aient la réponse du ministre devant la représentation nationale. j'ai eu quelques réticences au départ parce que le même site Mediapart avait causé quelques ennuis à certains d'entre nous. Dans votre formation politique.

Mais pour autant, moi j'ai toujours été partisan de la vérité, de toute la vérité sur tous les sujets et j'ai réussi à convaincre, alors je m'en souviens c'était en toute fin d'après-midi, en début de soirée, dans l'hémicycle même à l'époque, Christian Jacob et Jean-François Copé qu'il fallait à tout prix qu'on pose cette question. Donc ils ont donné le feu vert. Ensuite il a fallu préparer cette question. Alors par chance ou par malchance pour M. Cahuzac, vous savez que l'ordre des questions dépend d'un tirage au sort et là la première question à 15h était attribuée à mon groupe. Donc j'ai pu poser la question immédiatement à 15h.

Les collaborateurs du ministre ont cherché à savoir comme c'est souvent le cas, quelles questions j'allais poser. Évidemment, je me suis...

33:15
Présentateur

Motus et bouche cousue.

33:16
Invité

Motus et bouche cousue. Et puis là aussi pour que les choses soient... Je ne voulais pas en faire un sujet polémique. Donc j'ai posé une question en relance et deux minutes mais en une minute très technique, très précise, très concrète pour avoir de la part du ministre également une réponse technique et factuelle. Il m'a fait cette réponse.

33:36
Présentateur

Elle vous a convaincu ? Vous le croyez quand il vous répond ? Parce qu'on le rappelle après Jérôme Cahuzac avouera effectivement...

33:42
Invité

Moi je n'ai pas été pleinement convaincu. Mais enfin, toujours est-il que c'est sa réponse. Il dit qu'il va en répondre devant les tribunaux. Moi je suis jury, je suis professeur de droit par ailleurs. Donc voilà, je fais confiance dans la justice de mon pays. Mais bon, le fait est qu'il a fait cette réponse, qu'elle était inexacte, bien évidemment, que c'était même un mensonge devant la représentation nationale. et s'il avait fait une autre réponse à ce moment-là, peut-être que l'histoire aurait été différente. Mais toujours est-il qu'ensuite, nous avons demandé une commission d'enquête, obtenu cette commission d'enquête. Malheureusement, elle n'a pas pu aller jusqu'à son terme.

En tous les cas, nous avons nous quitté la commission d'enquête parce que nous avions voulu interroger et le Premier ministre et des collaborateurs du Président de la République parce que nous pensions qu'à ce niveau-là, ils étaient parfaitement informés du sujet, contrairement à ce qu'ils disaient. Et c'est un regret que j'ai, c'est-à-dire que dans l'affaire Cahuzac, certes, il y a eu cette question, ça a été le point de départ de l'affaire Cahuzac, mais on n'a pas pu faire pleinement notre travail ici s'agissant de Jérôme Cahuzac qui, à la fin, finit par avouer d'être coupable de frotir ce qu'il y a.

34:48
Présentateur

Annabelle Roger, c'est aussi le mensonge devant la représentation nationale. Il y a eu évidemment l'enquête, les aveux, mais qui a coûté cher au ministre ? L'histoire a coûté cher. Il a menti, il a menti d'abord dans la représentation nationale. J'avais tout à l'heure du côté très important, très solennel de ces questions au gouvernement. Donc oui, on ne ment pas, peut-être moins en France qu'aux États-Unis, mais en tout cas, on ne ment pas devant la représentation nationale et devant ceux qui représentent l'ensemble des citoyens, finalement. Mathilde Panot, vous êtes présidente d'un groupe d'opposition.

C'est votre but, lors d'une question au gouvernement, de mettre parfois au pied du mur des ministres, de les pousser dans leur retranchement ? Je crois qu'on a un exemple assez récent sur, justement, avec un même système, c'est-à-dire une révélation de Mediapart sur le fait d'avoir couvert des abus, en tout cas, de ne pas avoir dénoncé des abus de pédocriminalité faits sur des enfants. C'est ce qu'on appelle le scandale Bétharam, sur lequel nous, nous avons posé plusieurs questions avec d'autres articles qui sont sans suivi. Et je dois dire, puisque beaucoup nous ont reproché d'avoir fait une sorte d'instrumentalisation en demandant la démission de M. Bayrou de ce scandale.

D'abord, le fait que cette affaire soit portée politiquement a permis à d'autres victimes de porter plainte puisque le porte-parole des victimes dit qu'il y a 40 plaintes supplémentaires et qu'il pense que des 112 à 160, on pourrait même arriver jusqu'à 300 plaintes. Donc, ça permet de libérer la parole. Et y compris, il y a eu d'autres scandales qui ont été dévoilés dans d'autres établissements. Et je crois que face à un fléau qui touche des centaines de milliers d'enfants dans notre pays, il faut être à la hauteur de cela et effectivement redire qu'il n'est pas possible de pouvoir mentir devant la représentation nationale.

Et objectivement, quand on voit les éléments qu'a apporté Mediapart, il y a eu un mensonge. Alors, on ne refait pas l'enquête sur ce plateau. Marc Fénaud, sur la question, ces questions au gouvernement, qu'on soit de l'opposition, de la majorité, ce n'est pas du tout le même objectif, ce n'est pas les mêmes thèmes non plus, thèmes locaux, thèmes plus politiques, questions pièges. Comment on les envisage ces séances de questions au gouvernement ? Peut-être que, à la fois pour rebondir et globalement pour dire avec l'expérience du ministre des Relations avec le Parlement, ce que j'ai vécu, parfois reconnaissons-le quand on est dans la majorité, on a tendance à poser des questions.

Quand ils ne sont pas carrément téléphonés par les ministres, les ministères ou les cabinets, on a tendance à faire quelque chose qui vient conforter l'action d'un ministre. Il est arrivé, j'ai pu voir parfois des ministres appeler pour dire que ce serait l'occasion de mettre en valeur et on s'en aperçoit un petit peu parfois quand on regarde. Oui, parfois ça se voit et d'ailleurs il y a beaucoup de allo, allo dans la séance. C'est ça, les députés de l'opposition disent allo, voilà. Et je ne pense pas que ce soit un exercice parce qu'au fond, on est là pour contrôler l'action du gouvernement.

On peut être tout à fait solidaire d'un gouvernement, le soutenir et en même temps dire j'ai un problème

37:34
Invité

dans ma circonscription. Alors, il y a d'autres endroits pour le faire aussi. Roger Chineau en parlait à l'instant avec, je trouve, justice et justesse, c'est-à-dire

37:42
Présentateur

des sujets qui méritent à la fois l'attention mais peut-être pas dans les questions au gouvernement. Et puis de l'autre côté, côté opposition, on est dans un exercice aussi qui est parfois un peu figuré qui est un exercice de, on essaie de, ou tester la capacité de résistance du ministre. Ça c'est les premières questions au gouvernement. On essaie de regarder les nouveaux, comment ils se débrouillent. C'est un test qui est parfois un peu compliqué pour les impétrants, comme on dit. Et deux, pour plutôt mettre en défaut et pas forcément attendre une réponse mais simplement essayer de faire une controverse politique.

Mais c'est comme ça, c'est le jeu des questions au gouvernement et il me semble qu'il faut aussi accepter cette règle-là mais il me semble qu'on pondérerait de part et d'autre les choses, ça serait pas si mal. Un peu plus de sincérité pour la majorité, un peu plus de questions. Il y a une part de théâtralisation dans ce moment-là parce qu'il est télévisuel. Vous parliez de l'affaire Cahuzac. C'est à la fois le mensonge

38:28
Invité

devant la représentation nationale mais devant des centaines de milliers de Français.

38:33
Présentateur

Et après évidemment, tu regardes en direct et tu revois évidemment les images. Et ce sont des choses qui peuvent poursuivre, je pense à un autre, enfin je ne sais pas si c'était vraiment un mensonge mais à Michèle Eliaumari et à ses relations avec des dignitaires tunisiens au moment de la chute du président tunisien où quasiment toutes les semaines elle y avait droit et on voit, elle était ministre, je ne sais pas si vous l'avez dit, de l'intérieur à l'époque où elle a de plus en plus de mal à répondre parce que les infos sortent et il faut qu'elle reste sur sa ligne. C'est très compliqué au bout d'un moment. Et alors chaque semaine, on le voit, les groupes doivent faire des choix.

Quelle question poser le groupe écologiste et social a accepté de nous ouvrir les coulisses de la fabrication d'une question au gouvernement ? La parole est à monsieur Hendrick Davy pour le groupe écologiste.

39:18
Invité

Merci madame la présidente. Madame la ministre, vendredi dernier, des scientifiques se sont mobilisés partout sur la planète. Hendrick Davy prend la parole pour interroger le gouvernement. Une question loin d'être spontanée, fruit d'un travail fourni tout au long

39:36
Présentateur

de la journée. Il est un peu plus de midi au 9e bureau de l'Assemblée, comme chaque mardi matin, réunion des écologistes.

39:48
Invité

La veille, les députés ont proposé une série de questions. Trois ont été présélectionnées. L'une sur le changement climatique,

39:57
Présentateur

une autre sur Mayotte et enfin...

39:59
Invité

Sans surprise, mais moi je pense que Stand Up for Science, il faut marquer le coup.

40:03
Présentateur

Moi je trouve que ça fait partie des sujets importants, que ça soit l'attaque qu'il y a au niveau des Etats-Unis et puis la question du soutien en France. Je plaide aussi pour Stand Up for Science parce que je crois qu'il y a vraiment une actualité brûlante et qu'on a des choses originales à dire sur le sujet.

40:21
Invité

Merci. Henry ? Oui, alors sur les questions, moi je veux les trois et ça je vais aller dans le même sens et que je pense que Stand Up for Science est vraiment très important.

40:31
Présentateur

Ce jour-là, tout le monde est d'accord pour apporter son soutien aux scientifiques américains face aux mesures prises par Donald Trump. Une thématique choisie

40:40
Invité

et un député aussi. Ce qui s'est passé, c'est que c'est pas moi qui avais fait remonter ce sujet, même si c'est un sujet qui m'intéresse, mais en fait très vite une autre collègue, Sandrine Rousseau, l'avait remontée et moi j'ai appuyé juste la demande et après si c'est moi qui l'a fait par elle, c'était juste parce que j'ai fait moins de QAG qu'elle et qu'on a aussi un équilibre au sein du groupe. On y va ? Vendredi dernier, des scientifiques se sont mobilisés partout sur la planète à l'appel de chercheurs américains.

41:04
Présentateur

Avec ses collaborateurs,

41:05
Invité

le député écrit donc un premier G puis le retravaille. C'est plus stressant que le reste. D'abord, il y a deux raisons à ça. D'abord parce que c'est plein et du monde, c'est un peu vu par le public aussi à l'extérieur et deuxièmement, c'est qu'on a tout le panel des ministres, etc. C'est le grand spectacle donc non, c'est un moment assez particulier, assez stressant. Le chronomètre en main, le député sait qu'il n'aura que deux minutes

41:27
Présentateur

pour poser sa question au gouvernement. Mathilde Peneau, comment ça se passe chez les Insoumis ? Comment vous déterminez les thèmes, les orateurs ? Je pense que c'est à peu près comme ça dans tous les groupes. Nous, on a un bureau du groupe qui se tient la veille de la réunion de groupe du mardi avec les députés qui font remonter leurs propositions. Nous avons nous aussi une liste des députés qui ont déjà posé ou pas posé de questions pour faire tourner le plus de députés possible et que chacun et chacune puisse avoir un moment solennel autour des questions du gouvernement qui, je le rappelle, sont un moment de contrôle de l'action du gouvernement, donc un moment très important.

Et puis, à partir des différentes propositions, on fait des choix, notamment nous, chez les Insoumis, il y a l'idée qui est très fortement ancrée dans la manière dont on se représente d'être représentant et représentante du peuple, d'avoir un pied dedans, un pied dehors, c'est-à-dire de faire rentrer à l'intérieur de l'hémicycle les luttes populaires qui sont menées à l'extérieur sur des questions de licenciement lorsqu'il y avait les mobilisations retraites et puis de porter aussi des questions que sinon, peu de groupes vont poser, par exemple, depuis octobre 2023, nous avons posé quasiment chaque semaine une question au gouvernement sur le génocide en cours en Palestine et pour nous, c'est très important de pouvoir porter aussi l'écho de ces voix-là, donc en utilisant, voilà, en faisant attention d'avoir aussi des thèmes écologistes, des thèmes, mais en tout cas d'avoir un pied dedans, un pied dehors.

Et vous ne donnez aucun thème au gouvernement ? Vous ne dites rien ? Nous n'avons jamais aucun thème au gouvernement. Alors justement, Marc Fénaud, quand on est ministre des Relations avec le Parlement, le mardi matin, vous appelez chaque groupe, chaque ministre vous appelle pour connaître les questions, est-ce que vous les avez ? Est-ce que vous avez la liste ? Non. Alors, quand on est avec des groupes qui sont plutôt à soutenir le gouvernement, quand même, généralement, ils nous disent le thème, voire parfois, ils nous donnent la question.

Mais c'est un vrai débat, d'ailleurs, moi je trouve, comme ministre des Relations avec le Parlement, que j'ai toujours eu, parce qu'au fond, il y a des sujets, on parlait de l'affaire Cahuzac, j'imagine que même si vous avez appelé, ils pouvaient imaginer que la question porterait plutôt sur ça que sur la situation budgétaire, quand bien même ils n'avaient pas la question et que les collaborateurs avaient déduit de la question que vous alliez poser que ça serait peut-être sur ce sujet-là.

J'ai vu parfois des questions au gouvernement qui étaient très précises et au fond, venant de l'opposition sur un sujet d'une entreprise qui ferme, etc., et même si les ministres, par nature, on croit qu'ils sont omniscients, qu'ils savent tout de tout ce qui se passe dans toutes les entreprises de tous les territoires, j'ai parfois le regret qu'on ne puisse pas avoir une réponse complète et qu'après, on peut occuper les deux minutes, mais je trouve que c'est un peu regrettable quand on veut faire le travail de contrôle qui est légitime de pouvoir répondre précisément aux questions.

Après, on déduit, alors parfois, les parlementaires disent eux-mêmes les questions qu'ils vont poser, on voit bien le travail du humanisme de relation avec le Parlement, c'est de regarder l'actualité une fois qu'on sait quels sont les orateurs et de se dire ce sur quoi il est plutôt à poser des questions d'habitude ou pas. Et c'est comme ça qu'on essaye de travailler mais on n'a pas les questions au gouvernement et donc on essaie de déduire, et c'est tout le travail du ministre des Relations avec le Parlement, mais le nombre de fois où je suis arrivé avec la feuille avec, j'imagine que... – Et vous étiez dim, si vous n'avez pas pensé à ça.

– Et avec un problème d'ailleurs quand vous êtes au banc, c'est de flécher parce que... – Voilà, parce que c'est vous. – Il faut s'assurer qu'il y a quelqu'un quand même d'un pôle pour ne pas envoyer un porte-parole du gouvernement ou le ministre des Relations avec le Parlement dont ce n'est pas le rôle stricto sensu mais quand même aller répondre à une question sur laquelle il n'est manifestement pas le plus armé. – Puisque c'est vous qui faites un petit signe à la présidente de l'Assemblée pour dire voilà qui répond. – Il faut arriver que d'ailleurs des ministres n'aient pas envie de répondre en disant c'est plutôt au collègue de répondre.

– Ah parfois ils se refilent un peu la responsabilité. – Il arrive que selon la nature de la question, Annabelle Roger on l'a vu dans le reportage c'est deux minutes c'est à la fois court et long il y a aussi un droit de réplique c'est-à-dire que le député peut disposer de ces deux minutes comme il l'entend. Une première question la réponse du ministre et ensuite une réplique à la fin.

– Oui c'est très compliqué on le voit de toute façon depuis que ça a été mis en place deux minutes c'est très très court si on veut poser une question précise en donnant le contexte donc il faut que ce soit très court pour avoir 30 secondes 40 secondes une minute pour répondre derrière je pense que c'est vraiment une question de temps c'était trois minutes il y a quelques années autour des années 90 maintenant c'est deux minutes c'est vrai que c'est très très court pour faire une question et rebondir sur la réponse du ministre.

– Alors Mathilde Panot vous le disiez vous gardiez le secret sur vos questions au gouvernement et puis aussi sur parfois des manifestations dans l'hémicycle regardez c'était en mai 2024. – Mathilde Panot est-ce que vous étiez au courant de l'initiative du député de votre groupe est-ce que vous l'aviez validée ?

– Oui alors généralement on ne met pas au courant forcément tout le monde du groupe mais moi je suis très fière de cette action qui a été menée dans l'Assemblée qui a fait le tour du monde entier et qui montre qu'il existe aussi une autre voie de la France dans ce pays qui s'oppose de toutes ses forces au génocide en cours et qui surtout soutient la reconnaissance de l'État de Palestine.

Et en général parce que j'ai entendu ce qui était dit dans le plateau précédent sur le fait que nous ferions des coups d'éclat alors certes on dirait des coups d'éclat puisque on en parle mais je veux dire le but au départ n'est pas de faire des coups d'éclat le but au départ même si évidemment on a envie qu'on en parle mais le but au départ c'est aussi de réenclencher un cercle vertueux où le peuple est de retour en politique et où par la visibilité des citoyens et des citoyennes retrouvent le goût de la politique re-regardent la politique je ne sais pas si vous vous rappelez en 2022 les audiences record dont parlait LCP notamment sur les moments de question au gouvernement qui sont les plus visibles mais pas que et nous nous voulons aussi nous sommes les partisans d'une sixième république où les citoyens retrouvent un moyen d'intervenir tout le temps dans la politique et ne sont plus exclues de cette politique une précision c'est interdit dans l'hémicycle dans l'instruction générale du bureau à l'Assemblée nationale l'expression est orale on n'a pas le droit de s'appuyer sur un objet sur une pancarte donc vous vous assumez aussi de transgresser les règlements le règlement ici à l'Assemblée d'ailleurs rappelez-vous que le règlement a été changé à de nombreuses reprises justement pour que ça devienne interdit par exemple lorsque nous mettons des courses vous en parliez tout à l'heure lors de la question au gouvernement sur le fait qu'on baisse les APL dans ce pays c'est aussi une manière de rendre concrète le fait que ce dont nous parlons ce ne sont ni des chiffres ni c'est la question de la vie des gens et après tout la politique ce n'est que ça comment est-ce qu'on organise notre société en commun pour vivre ensemble et lorsque nous faisons cela c'est aussi une manière de rappeler que des millions de gens vont se retrouver en difficulté alors que je le rappelle nous sommes maintenant alors là nous sommes plutôt en 2017 mais nous sommes maintenant dans un moment où un français sur trois se prive régulièrement de repas pour pouvoir nourrir ses enfants où la faim revient dans la septième puissance économique au monde et donc c'est aussi une manière d'interpeller fortement sur ce qui se fait et de re-rendre visible le peuple en politique Annabelle Roger quand il se passe ce genre de moment que fait la présidente de l'assemblée nationale que font les journalistes quand vous vous le disiez vous êtes souvent en tribune quand il se passe quelque chose comme ça d'inattendu d'imprévu alors les journalistes hallucinent déjà même si on a pris l'habitude et surtout on regarde on regarde on note parce que comme on l'a dit déjà les caméras s'éteignent à ce moment là il faut savoir aussi que je pense que vous partagerez quand on est dans l'hémicycle ça n'a rien à voir avec ce qu'on perçoit quand on est à la télévision c'est très bruyant il y a une ambiance qui est complètement unique au sein de cet hémicycle donc on est vraiment très très concentré pour redire finalement aux gens réexpliquer derrière dans nos papiers dans nos reportages ce qui s'est passé avec la sensation qu'on a eu à ce moment là oui Daniel Fasquel c'est vrai qu'on parle souvent du décalage qu'on peut avoir dans l'hémicycle et sur les retransmissions dans l'hémicycle il y a souvent beaucoup de bruit beaucoup d'invectifs c'est aussi un hémicycle qui est construit de manière à ce que les voix portent et on a à la télévision peut-être une version parfois édulcorée au son en tout cas

49:48
Invité

moi j'étais député pendant 13 ans les questions gouvernement c'est un moment important évidemment puisque ça a été rappelé notre rôle de parlementaire c'est évidemment non seulement de voter la loi mais également de contrôler l'action du gouvernement et par une question ou par la répétition de la même question on peut effectivement faire gérer la vérité obliger le gouvernement aussi parfois à évoluer sur ses positions et je pense que de ce point de vue là c'était une bonne idée en 1974 de créer ces questions moi j'ai pas du tout été convaincu d'ailleurs quand on a ramené les deux séances du mardi du mercredi au mardi finalement on est revenu au mercredi la possibilité de répondre dont on s'est inspiré par rapport au Sénat finalement on n'a pas eu les effets qu'on espérait mais ce que j'ai souvent entendu aussi et je pense qu'il faut il faut en avoir conscience c'est de la part de mes électeurs de mes concitoyens des français c'est que parfois on donne aussi l'image d'un défouloir d'un foutoir certains diront et c'est tout à fait dommage et il faut quand même prendre conscience que si on peut parfois effectivement pour se faire entendre être dans la provocation le résultat quand même à la fin c'est de donner une image qui est négative de la politique négative de l'association et négative du travail des députés parce que ça fait vraiment pas sérieux ça fait vraiment cours d'école et ça je pense que certains n'en ont pas vraiment conscience et si aujourd'hui il y a un désintérêt des français pour la politique s'il y a de moins en moins de français qui vont voter si des français portent ce regard qu'ils portent sur la classe politique c'est aussi parce que parfois on leur offre un spectacle qu'on ne devrait pas offrir alors on se fait plaisir on se défoule sur le moment voilà on est peut-être satisfait de ce qu'on a fait mais le résultat à la fin il n'est pas bon en termes d'image pour la politique en France

51:40
Présentateur

il y a des moments de tension il y a des moments d'émotion aussi d'union je vous propose de regarder cette séquence c'était juste après les attentats qui avaient touché Charlie Hebdo

51:49
Invité

C'était parti

52:10
Présentateur

Daniel Fasquel d'un député de Vauran qui s'était mis à chanter la marseillaise

52:13
Invité

absolument je m'en souviens très bien j'étais présent et ça fait partie des moments qui m'ont marqué dans le cadre de ma vie de parlementaire

52:20
Présentateur

Marc Fénaud ces moments où la représentation nationale se retrouve après une tragédie ils sont importants aussi c'est pas forcément le lieu il y a beaucoup d'hommages il y a aussi un lieu de question il y a ces moments d'union aussi dans l'Assemblée oui ça compte ça vient parfois contrebalancer pour rebondir sur ce que disait Daniel Fasquel sur la capacité aussi dans des moments qui sont des moments souvent graves souvent tristes souvent importants la capacité que nous avons à montrer aussi ce que nous pouvons avoir en commun au-delà de toutes les divergences parce qu'après tout l'Assemblée c'est le lieu du débat et c'est normal qu'il y ait du débat je dis juste il y a quelque chose qui me gêne un peu mais c'est pas on va pas c'est l'objet de votre émission n'est pas d'être dans la controverse je trouve qu'on est dans une société de l'image et le Parlement c'est le lieu où on parlemente et on parle c'est les mots qui doivent avoir de la puissance et j'ai entendu y compris d'ailleurs chez Jean-Luc Mélenchon des discours dont la puissance du mot moi je trouve c'est important et les grands débats à l'Assemblée nationale ou au Sénat et quand on le remplace trop par le visuel on finit par accréditer la thèse que c'est ça qui pourrait compter et on se retrouve après avec un président argentin qui se balade avec une tronçonneuse je vous laisse répondre Mathilde Panot puisque et je trouve que attention pas de jugement chacun fait comme il veut mais je trouve que c'est tellement beau la puissance des mots et j'ai entendu sur tous les bancs des gens qui dans leurs questions dans leurs émotions dans leurs revendications ont été très puissants par les mots Mathilde Panot je vous laisse répondre puisque souvent les insoumis sont accusés justement de mettre le bazar et de donner une mauvaise image je pense il y a plusieurs choses on va se retrouver pour le coup sur la puissance des mots puisque je pense qu'on ne peut pas dire que dans le groupe insoumis il n'y a pas beaucoup d'oratrices et d'orateurs et le fait que justement nous nous accordons beaucoup d'importance au fait de porter la parole et le programme pour lequel nous avons été élus mais moi je voudrais redire ce que Jean-Louis Debré à qui nous venons de rendre hommage disait à l'époque il disait on n'est pas à l'Assemblée pour boire le thé il avait cette phrase dans une interview encore récente c'est dans les pays totalitaires que les assemblées sont parfaitement sages chez nous il est plus sain que tout cela s'exprime dans les mystiques plutôt qu'ailleurs et il faut quand même se rappeler qu'au départ la démocratie représentative elle est faite justement pour régler pacifiquement les antagonismes et que moi je préfère largement que nous ayons des mots qui certes peuvent être très durs qui ne sont jamais personnels mais très durs sur les projets politiques qui s'opposent avec derrière le retour du plus de monde possible et du peuple notamment dans le vote et dans le choix de notre destin commun plutôt que ça se passe autrement dans des affrontements et après tout c'est ça la démocratie on voudrait partager un dernier moment avec vous puisque dans ces 50 ans il y a eu aussi la crise la crise du Covid mais les questions au gouvernement étaient maintenues coûte que coûte

55:02
Invité

la France lutte et elle surmontera cette épreuve c'est pour cela que nous siégeons certes en format très restreint mais nous siégeons pour assurer notre mission constitutionnelle et faire vivre notre vie démocratique

55:16
Présentateur

Marc Fénaud à l'Assemblée a été un des premiers clusters comment est venue la décision de dire il faut maintenir la séance des questions au gouvernement je crois que c'était partagé par l'ensemble des groupes c'était l'idée que la démocratie ne pouvait pas être mise totalement en suspens elle a été mise dans des conditions le Premier ministre avait employé le terme de dégrader je crois parce qu'il y avait un représentant par groupe d'ailleurs on le voit dans les images et j'étais remis des relations avec le Parlement assez présents à ce moment-là on a réussi quand même je trouve que sur les débats y compris de est-ce qu'on ferme est-ce qu'on ouvre est-ce qu'on réouvre etc.

ça a été bien quand même qu'on arrive à faire un peu fonctionner la démocratie même si elle était forcément en mode dégradé avec des images hallucinantes une quinzaine de députés dans l'hémicycle qui représentaient l'ensemble de leur groupe vous le disiez et ça c'était très très important ça n'existe quasiment plus aujourd'hui et c'était la grande fierté d'ailleurs de Richard Ferrand qui dit on a réussi à faire fonctionner coûte que coûte l'Assemblée nationale et c'était un moment d'union nationale aussi parce que l'ensemble des députés a joué le jeu Daniel Fasquel Mathilde Panot vous étiez députée au moment du Covid il fallait malgré la peur malgré le stress maintenir cet exercice démocratique très rapidement l'un et l'autre moi très rapidement aucune crise sanitaire aucune crise internationale par ailleurs ne peut suspendre la démocratie je pense que c'est vraiment très très important et par ailleurs c'est une des raisons pour lesquelles nous dénoncions nous le conseil de défense où était prise beaucoup des décisions exercice indispensable donc Daniel Fasquel

56:37
Invité

oui absolument il fallait surtout pas capituler face au Covid et d'ailleurs ça ne nous empêchait pas de nous voir et de préparer ces questions à travers des séances de visio

56:47
Présentateur

on a découvert la visio

56:48
Invité

voilà donc on a découvert la visio mais enfin il faut savoir que si les députés étaient peu nombreux dans l'hémicycle pour autant les questions qui étaient posées étaient préparées et décidées par l'ensemble des membres du groupe donc c'était un exercice différent mais on a su faire vivre la démocratie et l'Assemblée nationale dans cette période très compliquée et on peut tous en être fiers

57:07
Présentateur

et bien merci à vous d'avoir regardé avec nous ces 50 ans d'archives merci à celles qui ont fouillé dans ces heures d'antenne Chantal Alès à la rédaction en chef Maïté Frémont à l'édition Samuel Boyer à la production toutes les équipes évidemment de la chaîne parlementaire quant à moi j'ai le plaisir de vous retrouver pas dans 50 ans évidemment tous les mardis les mercredis pour les questions gouvernement puisque c'est sur LCP évidemment à la rédaction

57:31
Locuteur

à la rédaction à la rédaction